Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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The Cure

Hurricane # 1

De Stones Roses à Oasis…

Ride, c’était avant tout Mark Gardener et Andy Bell. Aussi, lorsque le premier cité a décidé de quitter le groupe, Andy n’a plus eu la force de poursuivre l’aventure. Il a préféré décrocher quelque temps, histoire de remettre de l’ordre dans ses idées. Quelle n’a pas été notre surprise d’apprendre qu’il avait déjà repris du service au sein de Hurricane # 1. Quoique, après avoir écouté leur premier album, nous devons avouer qu’il n’a pas manqué son retour. D’abord, l’opus est excellent, et puis, sur les planches, la formation a vraiment la pêche. A un tel point qu’on se demande si un nouveau super groupe n’est pas occupé de naître. Accompagné de Gareth Farmer, son drummer, Andy s’est enfin décidé de rompre le silence ; bien que de confidences, il en soit toujours aussi avare…


Qui est responsable du split de Ride ? Mark ou Andy, Et pourquoi ?

A : Officiellement, Mark est responsable de la séparation, puisqu’il a quitté le groupe, mais d’une manière générale, nous sommes tous responsables, parce qu’il doit exister une raison à son départ. Je pense qu’il a quitté le groupe parce que personne n’a eu le courage de dire que nous ne partagions plus son point de vue. En fait, l’origine de ce conflit remonte déjà à la naissance de la formation. A cette époque, les personnalités des différents musiciens s’accordaient à la perfection. Et nous n’avons jamais imaginé que nos conceptions de la musique auraient pu un jour, nous diviser. Aussi, plutôt que de parler, nous sommes restés polis, calmes, refoulant nos ressentiments, nos secrets, au plus profond de nous-mêmes. Et ce comportement a perduré jusqu’au moment où on a plus été capables de se supporter. Personnellement, j’ai beaucoup souffert de cette crise, dont le point culminant s’est situé au cours de la tournée que nous avons effectuée entre 92 et 93. C’était vraiment très pénible à supporter. Et puis curieusement, les choses ont commencé à s’améliorer. La vie d’un groupe est une situation que l’on ne peut constamment maîtriser. C’est à la fois étrange et difficile à expliquer. Parce que le public ne comprend pas toujours bien les raisons d’une séparation. Lorsqu’on a été heureux et fier de faire partie d’une formation comme Ride, on tombe de haut de tout voir s’effondrer. En plus, à ce moment là, je ne m’y attendais vraiment pas…

Andy, tu as déclaré que “Tarentula” aurait pu être le premier album de Hurricane # 1. Un regret ?

A : Aujourd’hui, j’ai changé d’avis. C’était un disque curieux pour moi, et je ne suis toujours pas convaincu, même pour l’instant, d’avoir pris la bonne décision en le sortant. Nous vivions, tous les membres, des moments difficiles, et on ne donnait pas cher de la peau de notre album. Aussi, un doute subsistera toujours dans mon esprit ; mais je ne pense pas que les regrets puissent changer quelque chose. Tu dois décider sur le moment ce que tu veux faire et vivre avec…

On suppose que lorsqu’un journaliste s’est permis d’écrire, lors de la sortie de cet album : ‘Oublie Ride, ils étaient occupés de revenir au style du premier album des Stone Roses !’, cela n’a pas dû te faire plaisir ?

A : Qui a écrit cela ?

Le Melody Maker !

A : Je suis incapable de répondre quoi que ce soit à ce propos. Cela ne veut rien dire. Sans commentaire.

Pourtant, tu as déclaré tout récemment que Hurricane # 1 était un secteur de la ligne qui va de Stone Roses à Oasis. A ce propos, tu parlais de britpop ou de Manchester ?

A : Si je dois opter entre la britpop et Manchester, je vous laisse le choix. Mais je suis d’accord pour admettre l’idée que nous faisons partie d’une ligne directe qui mène Stone Roses à Oasis.

Stone Roses et Primal Scream sont des références pour Hurricane # 1. Quels sont leurs disques que vous préférez ?

G : Des influences ? Certainement. Le premier opus des Stone Roses, parce qu’il est aujourd’hui considéré comme un classique.
A : Je préfère le single qui est sorti juste après l’album. Sur ce disque figurent les deux meilleures chansons qu’ils n’aient jamais composées. Quand à Primal Scream, j’ai surtout un faible pour “Vanishing point” et “Screamadelica”.

Quelle est la composition des Beatles la plus importante pour Hurricane # 1, “Tomorrow never knows” ou “Magical mystery tour” ? Et pourquoi ?

A : “Tomorrow never knows”, définitivement ! C’est l’époque où la musique nous a rattrapés, et en même temps c’est le moment où le reste du monde a rattrapé les Beatles. Je pense que Chemical Brothers nous donne aujourd’hui un nouvel exemple de ce phénomène. Et c’est en même temps un souvenir important. J’avais 12-13 ans lorsque j’ai entendu cette chanson pour la première fois, et je n’envisageais pas les Beatles capables de créer une telle musique. Je les imaginais toujours occupés à ressasser des trucs comme “Please, please me” ou “Help”. Et soudain, il y a eu cette chanson, vraiment différente. Je ne pensais pas que c’était permis. Quelque part, c’était peut-être criminel…

Dans les textes de vos chansons, on retrouve souvent des invitations au rêve. Quelle place prennent-ils dans la musique de Hurricane # 1 ? Composez-vous en rêvant ?

A : Lorsqu’on écrit les chansons, on est supposé être responsable de ce phénomène. Donc, il m’appartient de répondre à cette question. Je ne compose pas encore en rêvant. Mais je voudrais essayer ces ‘rêves lucides’. J’étais presque sur le point, un jour, d’acquérir une de ces ‘machines à rêver’. Mais alors quelqu’un m’a dit que Kurt Cobain en avait une, et qu’elle était responsable de son état dépressif. Quand il l’utilisait, il s’enfonçait de plus en plus, et s’approchait du suicide… Mais j’aime l’idée…

Avez-vous un goût particulier pour les tournesols ?

A : Pas particulièrement.

Pourtant, sur de nombreuses photos destinées à la presse, vous êtes entourés par ce type de fleurs.

G : Il s’agissait simplement d’un décor destiné à meubler les poses prises à Amsterdam…

Paul Oakenfoald a remixé la meilleure chanson de votre album, “Step into my world”. Etes-vous satisfait du résultat ?

A : Nous avions toujours rêvé de travailler avec lui. C’est chose faite aujourd’hui. Mais le plus fantastique, c’est qu’il était ravi du résultat. Autant que nous, si pas plus !…

Merci à Jean-Baptiste Ducrotois et à Tim Rowan.

Version originale de l'interview parue dans le n°60 de février/mars 1998 du magazine Mofo

Bis

Blur plutôt qu’Oasis…

Écrit par

En 32 ans d'existence, le ‘Top of the Pops’ n'avait jamais connu un tel événement : programmer un groupe non signé. Au début 96, Bis, jeune trio écossais n'avait pas encore conclu le moindre contrat au moment de son passage télé. Depuis, la formation –constituée de Manda Rin, de John Disco et de Sci-fi Steve– a déniché un label (Wiiija, en l'occurrence), sorti quelques Eps et un premier album (« New transistor heroes »). Le groupe a aussi effectué un saut par la Belqique, au Pukkelpop, où Bis a donné une prestation remarquable au point qu'on peut considérer qu'il figure parmi les rares révélations du festival. C'est Manda, la chanteuse/claviériste et John, le bassiste, qui ont accepté de répondre à nos questions.

Ce passage à ‘Top of the Pops’ est un bon souvenir? 

J : Oui, nous nous en souviendrons encore longtemps. Beaucoup de monde nous associe, encore aujourd'hui, à l'émission. Même si depuis, nous n'y avons plus été invités...
M : Ce qui était exaltant pour nous, ce n'est pas d'y être passés alors que nous n'avions pas de contrat, mais bien d'être programmés dans cette émission légendaire, entre Take That et Gary Numan... qui est un héros de John! C'est un rêve d'enfance de pouvoir y participer. ‘Top of the Pops’ nous semble avoir toujours existé...

Lorsque vous étiez jeunes, vous regardiez souvent cette émission?

J : Oh, tu sais, Top of the Pops était programmé tous les jeudis soirs. On la regardait après avoir avalé son 4 heures. On ne l'aurait manquée pour rien au monde.

Sci-fi Steve, John Disco et Manda Rin : pourquoi tous ces surnoms?

J : Pour le plaisir, l'esthétique. Les noms de famille sont ennuyeux !
M : Et ce choix permet d'éviter qu'un tueur fou ne regarde dans l'annuaire pour rechercher notre adresse!

Qui a dessiné de la pochette de votre album? Que représentent pour vous la BD japonaise, les mangas ou ‘Dragonball’?

M : C'est moi qui me suis chargé du graphisme de la couverture, mais nous avons tous collaboré aux dessins et au montage à l'intérieur du livret. J'aime beaucoup le dessin, tandis que John et Steve préfèrent le collage et l'assemblage... Je me suis toujours beaucoup intéressée à la BD japonaise, mais elle n'est pas très populaire en Ecosse. En ce qui concerne l'art japonais, je ne l'ai découvert que récemment, et je dois avouer qu'il a quelque chose qui me fascine.
J : Nous apprécions tous la culture asiatique, japonaise en particulier. En plus, nous sommes devenus rès populaires au Japon!
M : Nous y avons vendu 100 000 albums au cours des deux premières semaines de sa sortie. C'est dingue. Nous sommes donc devenus des stars quelque part dans le monde!

Un amour pour Blur

Est-il exact que vous souhaitez devenir aussi populaires qu'Oasis et Blur réunis?

M : Et même plus importants!
J : Ce serait vraiment bien si nous pouvions convaincre les fans d'Oasis d'aimer Bis. Mais apparemment, auprès des fans d'Oasis, cela n'a pas tellement l'air de marcher.
M : De toute façon, moi, je ne suis pas une grande admiratrice d'Oasis. Et puis, ils ne sont pas très intéressants, lorsqu'ils se produisent sur scène : il n'y a rien à voir! Je préfère un concert de Blur. Ca déménage beaucoup plus. Blur est un des rares groupes que nous aimons tous les trois! En fait, nous avons des goûts musicaux différents. Nous sommes très proches de Blur, parce que leur musique change constamment. Lorsqu'ils composent de nouvelles chansons, on ne sait jamais à quoi s'attendre. Elles peuvent être rapides, lentes. Alex et Graham peuvent aussi suppléer Daman au chant. Et cette formule s'apparente très fort à celle de Bis. Oasis, on sait exactement à quoi leur prochain single va ressembler : toujours le même rythme. Ce n'est pas le cas chez Blur.
J : Ouais, et Radiohead aussi est bien plus attachant que le groupe des frères Gallagher...
M : Il y existe beaucoup de groupes plus passionnants qu'Oasis. J'ai l'impression que les gens se sentent obligés d'acheter leur album pour être dans le coup. En ce qui nous concerne, nous voudrions réussir, mais tout en conservant le contrôle de notre création, de notre avenir. La plupart des formations qui deviennent très importantes sont souvent dépassées par les événements. Elles prennent leurs distances vis à vis de leurs fans. L’idéal pour nous, ce serait de rester proches de notre public.

Que représentent pour vous les influences qu'on vous prête comme X-Ray Spex ou les B52's?

M : X-Ray Spex? Je les ai seulement découverts lorsque des magazines nous ont comparé avec eux et finalement, j’avoue qu'ils me plaisent beaucoup. Leur album est remarquable. Et dans ces conditions, si nous sommes souvent comparés à ce groupe, c'est plutôt bien.
J : Les B52's n'étaient pas non plus un groupe ordinaire. Ils avaient quelque chose d'unique, le public n'était pas trop habitué à leur style. C’est sans doute ce qui les a rendus célèbres.
M : ils n'ont pas peur de montrer qu'ils sont heureux. Beaucoup de groupes ont peur de sourire sur les photos, de peur de ne pas avoir l'air cool. Je suppose aussi que les mélodies au clavier ont quelque chose de commun avec nous. Et puis peut-être aussi cette joie qui transpire de leur musique? Hors de ce contexte, la chanteuse des B52's ne serait sûrement pas très heureuse si on comparait ma voix et la sienne! Ce serait d'ailleurs abusif ! Pourtant, j'adorerais chanter comme elle, mais je ne sais pas, question de timbre! Et puis, il y a plus de mordant dans mes inflexions, non ?

Sur votre album, deux chansons (« Everybody thinks » et « Dinosaur germs ») sont particulièrement marquées par le ska. Comment avez-vous pu être influencés par cette musique qui était en vogue alors que... vous veniez à peine de naître?

J : Les Specials et Madness sont mes groupes préférés! Ce sont des formations sur lesquelles nous pouvons nous appuyer, parce que leur musique était rafraîchissante et leurs prestations live toujours délirantes. A 2 ou 3 ans, j'avais déjà leurs disques! Et j'ai continué à les écouter jusqu'à mes douze ans.

L’école forcément !

Pourquoi la plupart des vos textes concernent-ils l'école, les drogues et le vandalisme?

M : John, comme moi, n'a que 20 ans, et Steven à peine 21. La plupart de notre vécu, c'est l'école où nous avons passé plus de 10 ans. Et puis, l'école est forcément un épisode de la vie qu'on n'oublie pas. Les autres sujets que tu cites : la violence? Je ne sais pas vraiment... La drogue? Je suis tout à fait contre...

N'est-il pas paradoxal d'afficher un look très juvénile, alors qu'au moins l'un d'entre vous pense que l'enfance était horrible? 

J : Le commun des mortels pense que dès tes 18 ans, tu dois devenir un adulte, te comporter comme un adulte et penser comme un adulte. Il est utopique de changer d'apparence et d'état d'esprit, à cet âge-là. Nous n'avons pas honte de chanter les plaisirs de la jeunesse, même si en général, il n’est pas courant de se focaliser sur ce type de sujet. Nous décrivons ce qui nous rend heureux ou tristes, et puisque nous avons souvent été heureux pendant notre jeunesse, nous en parlons. La jeunesse nous inspire plus que l'amour, par exemple, parce que là, nous ne savons pas très bien de quoi parler!

(Merci à Jean-Baptiste Ducrotois)

Article paru dans le n°51 de mars 1998 su magazine Mofo

Dinosaur Jr.

Hand it over

 

Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre " Take a run at the sun ", sur l'une ou l'autre station radiophonique, en pensant peut-être que cette chanson émanait de la plume d'Evan Dando des Lemonheads. Non, non! Il s'agit bien d'une composition de John Mascis écrite pour le film d'Alison Anders, " Grace of my heart ". Tout comme " Don't you think it's time " et " The pickle song ". Ces trois titres figurent d'ailleurs sur le bonus CD de l'édition limitée du nouvel album, " Hand it over ". Mais, pas de panique! La musique dispensée tout au long de l'opus est toujours aussi savoureusement électrique. L'intensité blanche qui s'en dégage, fastueusement crazyhorsienne (NDR: par rapport au Crazy Horse de Neil Young, pas à la revue parisienne, bande de coquins!) ou alors capricieusement lo-fi, comme chez Pavement. Pas sur tous les morceaux. M'enfin, sur les meilleurs. Ce qui ne veut pas dire que le reste ne soit pas à la hauteur. Que du contraire! Notamment lorsque, à l'instar de Smashing Pumpkins, le mellotron s'infiltre au cœur même des mélodies, accentuant ainsi l'aspect torturé, dramatique, des compositions. Autoproduit, " Hand it over " a, en outre, reçu le concours de Kevin Shields, matière grise de My Bloody Valentine. Pas à la guitare, mais aux backing vocaux. Ce qui doit vous permettre de vous faire une petite idée de la qualité des harmonies vocales.

 

 

Oasis

Be here now

Non, " Be here now " n'est pas le meilleur elpee d'Oasis. Mais, comme le souligne si bien la presse insulaire, c'est un foutu bon album. Avec ses forces et ses faiblesses. Ce qui explique pourquoi, à notre humble avis, cet opus a peu de chances de figurer parmi les dix meilleurs de l'année. Une situation qui ne devrait cependant pas compromettre la vente de ce morceau de plastique, et surtout empêcher la formation de Manchester de trôner au faîte des charts pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. De décrocher une belle panoplie de disques de platine, à travers le monde (NDR : à leur échelle, l'or n'est plus que subsidiaire). Plus prosaïquement de se faire un maximum de fric (NDR : les frères Gallagher n'ont jamais caché leurs ambitions : devenir riches et célèbres !) Enfin, et heureusement, de combler leurs fidèles et nombreux aficionados...

Mais entrons dans le vif du sujet. Troisième album, " Be here now " a été enregistré à Londres dans les célèbres studios Abbey Road. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l'ombre des Beatles ne plane pas sur cette œuvre ? Auparavant, ces références étaient encore relativement occultées. Ici, elles sont flagrantes. Vous avez, sans doute, déjà eu le loisir d'entendre, mieux d'écouter, le single, " D'you know what I mean ? ". Avec en intro la reproduction du décollage d'un avion, entrecoupé, comme sur le déjà classique " Planet Claire " des B52's, de signaux T.S.F. ; il épouse un profil mélodique fort proche de celui des Stones circa " Gimme shelter ". Mais sans jamais parvenir à en restituer la fascination maléfique. Faut dire qu'en y apportant un feedback réminiscent des Beatles, et d' " I feel fine " en particulier... " Magic pie " aurait pu devenir une très belle chanson, si elle n'avait pas été écrasée par une surproduction, franchement déprimante. Même qu'Oasis aurait pu se dispenser d'en rajouter une couche, en pastichant la cacophonie consommée sur le final de " Good morning good morning "... Encore heureux que les arrangements destinés à enrichir la texture des autres compositions ne soient pas aussi surchargés. On est d'ailleurs totalement rassurés à l'écoute du futur single, " Stand by me ", chanson sentimentale, facilement mémorisable, raffinée par une section de cordes digne d'ELO. Une impression qui s'amplifie au fil des neuf minutes de l'hymne " All around the world ". Pour finalement prendre une ampleur plus somptueuse, plus " philspectorienne " (NDR : Phil Spector était le célèbre producteur qui avait notamment remodelé " Let it be "). Et c'est encore plus manifeste sur " Don't go away " ! Si " I hope, I think, I know " éprouve quelques difficultés à s'extraire de ses clichés et que le lymphatique, légèrement countryfié " The girl in the dirty shirt " passe totalement inaperçu, la suite vaut son pesant de platine (NDR : non, non, pas d'or !). " Fade in out ", par exemple. Tantôt sculptée dans les sonorités semi acoustiques (Fleetwood Mac sous son profil " Albatross " ?), tantôt floydiennes (Meddle ? Dark side of the moon ?), cette superbe composition nous plonge dans un monde étrangement caustique. Tout aussi excellent, le titre maître. Très carré, affrontant avec un réel bonheur le rock pur et dur des seventies, et en particulier celui des Small Faces. Mais notre coup de cœur va aux deux fragments qui dispensent une intensité blanche digne de " Definitely maybe ". Intensité nitroglycérinée par des cordes de guitares vivifiantes, féroces, pétillantes. Sur " It 's getting better ". Et surtout chez " My big mouth ". Traduisez : ma grande gueule. Liam le proclame avec malice! Et le reconnaît avec humour. Encore que lorsqu'on connaît les altercations incessantes qui éclatent entre les deux frangins, cette réflexion aurait tout aussi bien pu concerner Noël...

Evidemment, toutes les considérations émises à l'égard des compositions de ce disque sont à placer sur un même dénominateur commun : la britpop. Propre à Oasis. Hyper mélodique. Unique en son genre, parfois linéaire, mais à la simplicité désarmante...

 

2 Foot Flame

Ultra drowning

2 Foot Flame, c'est encore une formation satellite de Mecca Normal, puisqu'on y retrouve Jean Smith et Peter Jefferies en sus de Michaël Morley. Un projet expérimental, puisque hormis trois titres, plus minimalistes, limités, un peu à la manière de Wim Mertens au piano et à la voix, le reste farfouille dans l'underground. Du Velvet ironiseriez-vous? Du Velvet; et ce n'est pas le fruit du hasard! A cause de ces mélopées monocordes envahies par un harmonium funèbre. Pensez un peu à Nico. D'autant plus que la voix de Jean possède des inflexions très proches de celles de feu la déesse de la lune. Mais encore et toujours le Velvet, lorsque meurtries par un feedback continu ou fouetté par un tempo tribal, hypnotique, les compositions développent un climat franchement obsessionnel...

 

22 Pistepirkko

Zipcode

Pour fêter le quinzième anniversaire de son existence, cette formation finlandaise a contacté une multitude de collaborateurs à travers le monde. Pas pour jouer sur cet album, mais tout simplement pour les inviter à remixer l'une ou l'autre composition de leur répertoire. Et quelle n'a pas été la surprise du groupe de recevoir une multitude d'expérimentations les plus intéressantes les unes que les autres. Pas possible, cependant de tout inclure sur un même morceau de plastique. C'est donc la mort dans l'âme que la formation a décidé de n'en retenir que quatorze, nous supposons les meilleures, pour graver " Zipcode ", se réservant quand même une petite place dans l'opération du reliftage. Parmi les heureux élus, on y retrouve cependant que du beau monde; et notamment, Arno, Peter Zaremba des Fleshtones, Martin Rev (Suicide), Jimi Tenor et encore bien d'autres. Evidemment, pour ceux qui s'attendaient à retrouver un album de psyché garage, ils en seront pour leurs frais, car ce projet ne s'adresse qu'aux inconditionnelles de la musique technologique...

 

18 Wheeler

Year zero

Après avoir gravé deux elpees de psyché pop, largement influencés par les Beach Boys, Big Star et les Byrds, ce quatuor écossais vient de découvrir la technologie contemporaine. Mais pas pour la mettre systématiquement au service de la " dance ". Heureusement! Encore que certaines compositions produisent un groove fort proche du " Screamadelica " de Primal Scream. En fait, 18 Wheeler a recours aux samples, boucles et autres artifices électroniques pour enrichir son psychédélisme. S'il n'atteint d'ailleurs pas la profondeur abyssale d'un Spiritualized, c'est parce que la structure de ses chansons est toujours échafaudée sur la mélodie. Mais aussi à cause du soin tout particulier apporté aux harmonies vocales, dominées, il est vrai, par le timbre languissant de Sean Jackson...

 

16 Horsepower

Low estate

16 Horsepower avait fait une tout grosse impression lors de ses derniers passages en Belgique. En l'occurrence au Torhout/Werchter et puis au Pukkelpop. Dans la foulée, le groupe vient d'enregistrer un nouvel album, " Low estate ". Produit par John Parrish, ce disque de country/folk/punk spectral, troublant, mais bigrement bien ficelé, recèle des influences aussi diverses que fortes. Notamment celles de Gun Club, Violent Femmes, Nick Cave et Johnny Cash. Tout un programme ! Un groupe moitié français, moitié yankee, drivé par un certain David Eugene Edwards. Fils de pasteur, responsable de lyrics qui se réfèrent constamment à la Bible, il narre des contes sordides de péché et de châtiment, des chansons qu'il interprète d'une voix craquelée, poussiéreuse, usant même parfois d'un ton épileptique...

 

Archive

Londinium

Nouveau groupe de trip hop. Dans la lignée de Massive Attack, Tricky, Portishead voire Saint Etienne. Un mélange d'électro, de techno, de soul, de hip hop et de rap. Le tout enrobé dans une nébuleuse de claviers et d'effets atmosphériques. " Londinium ", titre maître de l'opus, avait été élu single de la semaine, par le magazine musical britannique " Melody Maker ". Chose qui après écoute nous paraît tout à fait justifiée. Et puisque l'opus est de la même veine, nous vous conseillons vivement de ne pas archiver ce disque avant de l'avoir écouté...

 

The Apartments

Apart

Si cet ensemble australien n'avait eu la mauvaise idée de mettre ses activités entre parenthèses de 80 à 84, il aurait pu fêter ses 20 années d'existence, l'an prochain. Pourtant, au cours de cette longue période, il n'a enregistré que quelques singles, une poignée d'Eps et quatre albums. Quatre elpees absolument remarquables qui n'ont eu, malheureusement, qu'un succès trop confidentiel. D'ailleurs, la notoriété des Apartments n'a, à ce jour, touché qu'un public de connaisseurs et de mélomanes. Nouvel opus, " Apart ", inonde de mélancolie les coins les plus tourmentés de votre conscience. Un disque dont la fraîcheur et l'intensité émotionnelle rappelle encore et toujours l'âge d'or du ‘postcard’. Pas exactement celui d'Orange Juice ou d'Aztec Camera, comme sur les trois précédentes œuvres, mais plutôt de Paul Quinn. Parce que les guitares sont moins présentes. Laissant une plus grande place aux orchestrations opulentes, somptueuses. Ou, paradoxalement, se réfugient sous les accords minimalistes d'une trompette ou de quelques accords de piano spectral, jazzyfiant, permettant ainsi à la voix grêle, étrange, gémissante, de Peter Walsh, de mieux déchirer votre âme...