Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Viagra Boys
L7

Polvo

Exploded drawing

Bob Weston, compère de Steve Albini au sein de Shellac produit le quatrième album de cet ensemble new-yorkais (Chapell Hill). Ce qui explique sans doute pourquoi ce morceau de plastique risque de passer moins inaperçu. Et pourtant, la musique de Polvo vaut son pesant d'or expérimental. Si à première écoute, on a l'impression de retrouver les prémices de U2, donc du fameux elpee "Boy" ; au fil des écoutes, c'est plutôt du côté de Wire, Captain Beefheart et Television qu'il faut lorgner. Et là, ce sont des références! Maintenant, n'imaginez surtout pas que cet ensemble yankee se contente de revitaliser ce prestigieux passé; vous vous berceriez de douces illusions. En fait, tout comme Archers of Loaf et Superchunk, il affronte un punk pop sans doute mélodique, certainement teinté d'exotisme, très branché sur l'électricité des guitares (deux!), mais surtout découpé dans des rythmes très versatiles, tantôt lents, obsédants ou rapides, lorsqu’ils ne sont pas déchiquetés à la manière du légendaire et défunt Pixies...

 

Plumb

Plumb

Une formation installée à Nashville qui ne pratique ni la country, ni le blues, c'est plutôt rare. Et pourtant, Plumb entre dans cette catégorie d'exceptions. Un quatuor drivé par une fille. Tiffany Aubuckle, chanteuse et responsable de la plupart des compositions ; rôle qu'elle partage avec un certain Matt Bronleewe, qui n'est paradoxalement pas membre du groupe. Si le timbre vocal de Tiffany rappelle tantôt Nena, Juliana Hatfield ou même Alanis Morisette, Plumb appartient plutôt à cette nouvelle catégorie de groupes qui ont à la fois recours à l'instrumentation conventionnelle et à la technologie moderne. On pense ici, plus précisément à Garbage. Sur son premier opus, Plumb semble cependant encore chercher son style. Pas tellement convaincant dans ses égarements sub No Doubt, il peut se révéler tendre et intimiste, comme sur l'élégant " Pennyless ", souligné par les interventions délicates d'un violoncelle. Mais aussi fort bien inspiré lorsque ses mélodies pop énigmatiques se laissent envahir par le trip hop de Portishead voire de Massive Attack ; ou alors lorsque l'électricité des guitares devient franchement agressive, mais sans jamais déborder de son cadre de référence, celui d'une chanson...

 

Bernard Plouvier

A feeling of déjà vu

" A feeling of déjà vu ", premier album solo de Bernard Plouvier (surnommé Be) serait-il, enfin, la consécration de sa carrière artistique? Qui a transité de Ninove à Mad Dog Loose et en passant par Odieu. Il faut croire que oui. Be a en effet réussi à mélanger admirablement toutes les approches musicales qu'il a expérimentées depuis sa tendre enfance. Le résultat? Un voyage intemporel aux confins du classique, du rock et de la chanson française. Dans un langage plus rock, à la croisée des chemins de Bowie, Queen, Tuxedomoon et de dEUS. Un voyage intemporel, où se mêlent et s'entremêlent piano, violon, guitare, basse, batterie, claviers et même électronique, destiné à vous plonger dans une atmosphère chargée de romantisme, de tristesse, de nostalgie, de mélancolie et même d'humour. En un mot: somptueux!

 

Pizzicato Five

Sister freedom tapes

Si au Japon, il existe une scène pop/rock particulièrement florissante, il faut reconnaître qu'à ce jour peu de groupes sont parvenus à s'imposer sur la scène internationale. Il y a bien eu le Yellow Magic Orchestra, duquel ont émergé Yukuhiro Takahaski et Ruichi Sakamoto, le groupe féminin Shonen Knife et puis aujourd'hui Pizzacato Five. A l'origine constitué d'un trio, il vient d'être réduit à un duo depuis quelques mois. Une formation souvent comparée à Saint Etienne. A cause de cette approche glamour, kitsch, romantique, synthétique de la pop. Or, il faut reconnaître que dans le domaine, Pizzicato Five se débrouille plutôt bien. Aussi bien que les Cardigans. Et ça, c'est une référence!

 

Pizzicato Five

Happy end of the world

Stereolab japonais ou St Etienne nippon ? En fait, il y a un peu des deux dans cette formation de Tokyo réduite à un duo depuis le départ de K-Taro Takanani. Yasuharu Koneshi et la chanteuse au timbre vocal kitsh, glamoureux, sensuel, Maki Nomiya se partagent donc, tout au long de cet " Happy end of the world ", guitare, synthés, claviers, samples et autres bidouillages pour dispenser un mélange plutôt réussi de pop, de disco, de soul sixties et bien sûr de techno. Le tout raffiné par des orchestrations aussi somptueuses que chez Burt Bacharach et des arrangements dignes de Yellow Magic Orchestra. Nonobstant l'un de l'autre titre expérimental, suspecté d'un peu trop tirer en longueur, cet " Happy end of the world " ne manque pas d'allure. Mais la meilleure surprise nous est venue de " Collision and improvisate ", fragment qui s'aventure avec beaucoup de bonheur dans le jazz/pop/rock moderne...

 

Pigeonhed

The full sentence

Pigeonhed est un duo composé de Shawn Philipps et de Steve Fisk. Pas des types tombés de la dernière pluie, puisqu'ils travaillent, depuis plus de dix ans, chacun de leur côté, sur de multiples projets. Qui ne les empêchent pas de collaborer régulièrement aux sessions d'enregistrements de tas d'autres groupes. Et en particulier ceux qui occupent l'avant scène de Seattle. Steve a, en outre, commis quatre albums en compagnie de Pell Mell, produit une multitude d'artistes, alors que Shawn partage son temps entre Brad et Satchel, lorsqu'il ne tourne pas avec Afghan Whigs. Pour enregistrer ce " Full sentence ", leurs potes ont bien sûr rappliqué. Et parmi ceux-ci on retrouve Matt Chamberlain (ex Pearl Jam), Kim Thayil (Soundgarden), Jerryl Cantrell (Alice In Chains) et quelques autres. Un disque que nous pourrions qualifier de trip hop funk soul, et ce nonobstant le falsetto étrange de Shawn, rappelant plutôt Robert Wyatt que Prince. Encore que pour la musique ce soit plutôt le contraire. Car Pigeonhed a probablement atteint sur cet opus, ce que Prince tente désespérément de décrocher depuis plus de dix ans...

 

Sam Phillips

It's only a flesh wound lambchop

Pour enregistrer cet album, Sam Phillips a reçu le concours de toute une flopée de musiciens, parmi lesquels Jim Keltner, Matt Chamberlain (ex drummer des Smashing Pumpkins) et T Bone Burnett, semblent avoir été les plus actifs. C'est même ce dernier qui a assuré la production de cet opus. Beaucoup de cuivres également. Parfois impliqués sous la forme d'une section, à l'instar d'un Dexy's Midnight Runners. Mais le plus souvent des solistes de jazz. Dont les interventions, tantôt satinées, tantôt lascives, sont destinées à entretenir le climat intimiste des chansons. Nées de la plume de Sam Phillips. Sur les douze titres de cet " It's only a flesh wound lambchop ", elle n'a d'ailleurs accordé ses faveurs qu'à une seule reprise, signée REM: " Slapstick heart ". Elle possède, en outre, une très jolie voix. Dont le timbre navigue quelque part entre celui de Kristin Hersh et de Marianne Faithfull, une voix qui apporte beaucoup de relief à des chansons fondamentalement pop, parmi lesquelles " Entertainment " et " Faster pussycat to the library ", mériteraient assurément une gravure en single.

 

Penthouse

Gutter erotica

Torturé, sombre et malsain, le blues urbain de Penthouse est hanté par les spectres de Birthday Party, Stooges, Scientists, Blue Cheer, Velvet Underground et Sun Ra, lorsqu'il ne macère pas dans l'univers claustrophobie de Fall ou encore lorsqu'il ne partage pas le même culte du sordide et de la lubricité d'un Jesus Lizard. Pas un album facile donc que ce " Gutter erotica ", à la limite dérangeant. Certains le suspecteront même de pratiquer une véritable opération dans l'underground contemporain sans anesthésie. Sexe, voyeurisme, satanisme et mort alimentent d'ailleurs les lyrics de cette formation, qui compte pour compagnon spirituel Gallon Drunk, et au sein de laquelle on retrouve Tim Cedar, drummer de Ligament...

 

The Rolling Stones

Bridges to Babylon

C'est vrai que nous n'avons pas été tendre avec les Stones, lors de la sortie de leur dernier opus, " Voodoo Lounge ". Soufflant plus le froid que le chaud. Douchant l'enthousiasme que nous avions manifesté pour " Steels Wheels ". Sorti en 1989, déjà, il est vrai. Avec le recul, même les aficionados le connaissent. Nous attendions donc ce " Bridges to Babylon " de pied ferme. Et, si ce n'est pas encore Byzance (NDR : sorry pour le jeu de mot), ce n'est plus Waterloo (NDR : évidemment, pour la photo de la pochette, c'est raté !). Un album solide (NDR : du Rolling Stones quoi !) produit, comme d'habitude serions-nous tenté d'ajouter, par Don Was, et découpé en 14 fragments dont nous vous proposons une brève radiographie. Groove et tempo irrésistible dès l'intro, " Flip the switch ". Normal puisque Jim Keltner est commis aux percussions. Tout comme sur " Too tight ", d'ailleurs. Phrasé de guitare très caractéristique de Richards sur la ballade douce amère " Anybody seen my baby ? ", sorti depuis en single. Riffs fouettés, syncopés pour le classique " Low down " (Start me up ?), assénés par Ronnie Lane. Funk blanc déchiqueté, décapant, aride, enrichi d'envolées d'électricité ‘crazyhorsienne’ avec " Gunface ". Reggae pour " You don't have to mean it ". Rythm 'n blues circa Temptations avec " Out of control ". Sans oublier la ballade countryfiante, " Always suffering ", le r&b blues sordide (Mink Deville ?) de " Thief in the night " et de " How can't stop ". Mais la meilleure composition nous est venue de " Might as well get juiced ". Sorte d'urban rock sauvage, lancinant réminiscent des Stooges, nonobstant cette coloration bluesy apportée par le souffle fiévreux de l'harmonica de Mick ...

 

Republica

Republica

Totalement subjugués par la vidéo du single " Ready to go ", nous espérions, tout naturellement, découvrir un album de la même trempe. Il a malheureusement fallu déchanter rapidement. Parce que le reste de cet opus éponyme se contente de négocier une forme de techno pop très superficielle. Etonnant lorsqu'on sait que le groupe implique un ex claviériste de Flowered Up et le drummer du défunt Bow Wow Wow. Il y a bien sûr la voix lascive, glapissante de Saffron, mais elle ne parvient jamais à s'extraire d'un bouillon sonore particulièrement indigeste. Ce n'est pas parce qu'on se procure les meilleurs légumes qu'on est capable de faire la meilleure soupe. Contentez-vous du single!