L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Guns N Roses
L7

My Life Story

The golden mile

My life story est un groupe ambitieux. Il veut réconcilier la pop et le music hall en s'inspirant de Love et des bandes sonores de James Bond, en associant Scott Walker et les Pet Shop Boys, tout en cherchant à réaliser la fusion parfaite entre les styles de Divine Comedy, Pulp, Jack et de Marc Almond. Mais en plus, il s'est donné les moyens pour réaliser cet objectif. En s'entourant d'une bonne vingtaine de musiciens (cuivres et cordes en tout genre), pour enregistrer les douze compositions de ce " Golden mile ". Des chansons extravagantes, débordant d'arrangements somptueux, sur lesquelles viennent se greffer la voix de crooner de Jack Shillingford. Et le résultat est assez surprenant. Il ne fait aucun doute que ces mélodies kitsch et grandiloquentes, qui dessinent cet opéra burlesque, vont conquérir le cœur du public qui ne jure que par la pop orchestrale. Mais, d'un autre côté, cette démarche risque fort d'agacer les puristes du rock, qui estimeront, sans doute, que My Life Story vient de signer un pacte diabolique avec la musique de variétés...

 

The Mutton Birds

Envy of angels

Fin 95, nous avions découvert l'existence de cet ensemble néo-zélandais à travers " Nature ", un superbe album qui avouait de nombreuses affinités avec les Moffs, Church et autres Go-Betweens. Un groupe drivé par un certain Mc Glashan. Nous n'allons pas prétendre qu'il tire toutes les ficelles. M'enfin presque. Se réservant la guitare, la plupart des compositions et surtout le chant. C'est vrai qu'il a une superbe voix. Capable d'épouser tour à tour les inflexions de Michaël Stipe, de Michaël Been (The Call), de Denny Lane (Moody Blues) de Robert Wyatt ou d'Adrian Gurvitz (Counting Crows). Apportant une dimension émotionnelle à des chansons résolument pop. Produit par Hugh Jones, " Envy of angels " possède tout les atouts pour décrocher la timbale. Suffit qu'il puisse les abattre! Les atouts, bien sûr...

 

The Muffs

Happy birthday to me

Nouvel album pour cet ex-quartet (aujourd'hui réduit à un trio) issu de Los Angeles. Ensemble de punk pop drivé par Kim Shattuck. Chanteuse et guitariste dont la voix nous fait inévitablement penser à celle de Courtney Love. Une voix rageuse, cassée, arrogante, envoûtante, profilée sur une texture où guitares crépitantes, basse ronflante et rythmique énergique se mélangent pour finalement enfanter de très jolies chansons, mélodieuses, à la croisée des chemins d'un Hole et d'un Weezer.

 

Motorpsycho

Angels and daemon at play

Écrit par

Il faut reconnaître que depuis 1991, date de la sortie de son premier album, " Lobotomizer ", cette formation norvégienne a fait d'énorme progrès. D'un mélange rudimentaire de formes musicales empruntées au passé, le groupe est parvenu, au fil des albums, à se forger un style remarquable, et surtout très personnel. Toujours influencé par la fin des sixties et la première moitié des seventies, il s'est cependant adapté à la technologie des nineties. Ce qui nous permet d'espérer un nouveau souffle pour la musique dite ‘progressive’, dont l'unique flamme, aurait pu s'éteindre, si Peter Hammill ne s'était pas chargé de la préserver; et ce depuis plus de vingt ans.

" Angels and daemon at play " propose onze morceaux dont l'intensité et la richesse sont assez étonnantes. A premier abord, on a l'impression de retrouver tantôt le krautrock de Can, voire d'Amon Düül, l'ambiant jazz de King Crimson circa Islands, la phase la plus jaunissante du Floyd (" Wish you were here ") ou même le grandiose de Magma. Tout un ensemble de références héritées du passé que l'on retrouve aussi bien dans les climats les plus planants, les plus atmosphériques, les plus intimistes que lorsque la texture prend de l'amplitude ou de la puissance. Mais sans jamais tomber dans le revivalisme. Un véritable tour de force réalisé par Motorpsycho qui parvient à digérer toutes ses influences pour les transformer en pop contemporaine. Tantôt à la manière de Clean, lorsque les chansons se font plus claires, plus mélodiques, tantôt de Wire, lorsqu'elles sont filtrées dans le psychédélisme post industriel. Ou alors et plus fréquemment encore, de Sonic Youth, parce que les sonorités torturées, acides, stridulantes des cordes de guitare décapent littéralement le son...

 

Motörhead

Overnight sensation

La tête à moteur a retrouvé la formule sacrée du trio, puisque aujourd'hui, seuls restent aux côtés du chanteur/bassiste et leader Ian Lemmy Killminster, le guitariste Campbell ainsi que le drummer Mikkey Dee. Le dernier album de Motörhead, n'a pas la prétention de rechercher l'innovation. Il y a bien quelques bribes de guitare acoustique et un morceau presque dansant, mais fondamentalement il dispense le même hard rock, sans compromis, limité aux trois accords de base... M'enfin, pourvu que la machine à riffs soit bien huilée et que le volume sonore soit poussé au maximum, c'est tout ce que les aficionados du groupe souhaitent...

 

Morrissey

Maladjusted

Neuvième album pour Morrissey, ex-leader du mythique et défunt Smiths, dont les membres se sont séparés voici déjà dix ans. Un disque d'honnête facture, qui comblera, cependant, les inconditionnels de Mozz. Enfin, de son timbre vocal... Pour le reste, l'artiste n'a pris aucun risque, se contentant de ciseler, mais à la perfection, à l'instar du single " Alma matters ", toutes les caractéristiques mélodiques de sa pop mélancolique. Onze pop songs contagieuses, découpées dans des cordes de guitares tendres, chatoyantes, chansons élégantes, caressées de rythmes feutrés et enrichies d'arrangements somptueux. Morrissey y exorcise de sa voix, à l'aide de lyrics profonds, mais souvent ambigus, durant un peu moins de 45 minutes, tout son mal de vivre, sa solitude, sa tristesse... Dommage que l'opus manque cruellement d'agressivité. Une agressivité qui avait rendu son précédent opus, si attachant.

 

Monaco

Music for pleasure

Saint Etienne, Geneva, Monaco ; visiblement, les villes européennes inspirent les combos britanniques. Mais venons en à la nouvelle formation de l'ex bassiste de Joy Division et de New Order , Peter Hook. Bien sûr, l'ombre de ces deux ensembles mythiques plane plus que jamais sur " Music for pleasure ", premier album de Monaco. Et pas seulement à cause de la digitalisation des compositions ou parce que le timbre vocal de David Potts glisse, à l'instar de Bernard Summer, anonymement, introspectivement sur le glacis mélodique des compositions. Mais surtout parce que Peter Hook pille son propre passé. Celui de " Low life ", de " Technique ", et même de " Brotherhood ". Encore, que " Junk " lorgne plutôt vers la house d'Electronics, " Sweet lips " vers le disco des night clubs (NDR : tiens, ce n'est pas de la techno qu'on y dispense ?) et, exception qui confirme la règle, " Buzzgum " la britpop des Charlatans, voire d'Oasis...

 

Mogwai

Young team

Si à l'origine, cet ensemble glaswegien avait un net penchant pour la musique underground US. Celle de Sonic Youth et de Slint, en particulier, il faut reconnaître que leur nouvel album a pris une toute nouvelle orientation. Plus extatique, à l'instar de Labradford, plus psychédélique dans l'esprit de Spacemen 3 et surtout plus noisy. Dans la lignée de My Bloody Valentine. Encore, que parfois, lorsque l'électricité devient franchement luxuriante, c'est plutôt du côté du prog rock de King Crimson circa " Lark's tongues in aspic ", que nous lorgnons. Peu de vocaux sur leurs compositions, à la limite quelques chuchotements, Mogwai privilégiant les longues périodes atmosphériques, paysages sonores au sein desquels les envolées de guitare immaculées de Stuart Braithwite déversent tantôt tout leur spleen, tantôt toute leur fureur; en résumé, toutes leurs émotions...

 

Wim Mertens

Jardin clos

Écrit par

Wim Mertens n'est pas n'importe qui. En effet, puisqu'après avoir obtenu une licence en science politique à l'UCL, il s'adonne à l'étude de la musicologie et publie en 1980 son premier ouvrage sur la musique répétitive américaine. Ce n'est qu'un an plus tard qu'il se tourne vers sa principale passion. Seul ou avec son premier groupe: Soft Verdict. 16 ans plus tard, Wim est toujours là, fidèle à son style. La musique est peut-être plus enrobée, plus maximaliste, mais le piano occupe toujours la place centrale de son œuvre. Oscillant entre le classique et l'électronique, les chansons sont sans textes, mais parfois Wim y ajoute des vocaux dénués de toute signification. Un peu comme Enya ou Enigma. Mais uniquement du point de vue textuel, pas musical! Paradoxal pour cet intellectuel qui a certainement beaucoup à dire et qui se hâte de répliquer qu'aucun texte n'est plus expressif qu'une mélodie. Et sa réponse trouve dans ce " Jardin clos ", encore toute sa pertinence...

 

The Melvins

Honky

Les Melvins nous gratifient, de temps à autre, d'un album expérimental; comme cet " Honky ", que nous pourrions même qualifier d'étrange. On y retrouve bien sûr encore quelques traces de métal, et en particulier de grunge, traces héritées de leur admiration sans borne pour le premier elpee de Black Sabbath; mais en général, le trio explore ici, à l'instar de Swans, une sorte de no wave teintée de psychédélisme morbide. En plus cosmique, en plus viscéral, mais aussi en plus sinistre. Ce qui vous donne un petit aperçu de l'ambiance qui règne tout au long de l'opus; surtout lorsqu'on connaît le côté joyeux des compositions du duo Gira/Jarboe. L'ex-Babes In Toyland, Katherine Bjelland, est venue donner un petit coup de main, ou plus exactement de la voix. Sur " They all must be slaughtered ". Un titre sur lequel, son gémissement perçant associé au grognement de King Buzzo, entretient parfaitement le climat général du disque...