La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Sharko

Glucose

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Il y a des histoires qui s’écrivent et d’autres qui se vivent.

C’est ainsi que pourrait se résumer la carrière artistique du leader charismatique de Sharko, David Bartholomé. Il entame, dès 2017, une tournée acoustique ; un périple qui l’entraîne parfois à se produire au sein d’endroits insolites. En juin 2019, son ‘Hometour Acoustic Woaw’ prend fin.

Un succès d’estime et critique s’ensuit, reléguant aux oubliettes l’échec cuisant essuyé par « You Don’t Have To Worry », un elpee produit par Mark Plati et gravé en 2016.

Ces deux années de régime drastique vont donc permettre au combo d’amorcer une nouvelle direction. Et surtout de concocter un recueil de compositions stylistiquement très différentes, puisque « Glucose », éminemment étiqueté « Sharko », épouse cette fois une courbe électro-pop.

Pour ce huitième essai, Bartho’ a donc changé de fusil d’épaule en s’autorisant des sonorités qui ne sont pas sans rappeler les années 80 ; une approche à laquelle le travail de production de Luuk Cox n’est pas étrangère. 

On notera aussi, au passage, la contribution du musicien finlandais, Jukka Jahnukainen, de Maxime Firket (Compuphonic), et de la chanteuse lauréate de The Voice en 2018, Valentine Brognion, qui prête sa voix sur le titre « Sunny ».

Après plus de vingt ans au service du rock au sens le plus noble du terme, la formation belge a décidé d’adopter une formule plus contemporaine, tout en conservant l’identité première de Sharko. Tout y est : l’esprit, cette voix un brin rocailleuse reconnaissable entre mille, cette fausse nonchalance dans le phrasé et ces mélodies addictives

Si, par le passé, la musique de Sharko naviguait constamment entre ténèbres et la lumière, ce nouvel opus se révèle, au contraire, ensoleillé, radieux, joyeux et pétillant.

C’est dansant, précis et accrocheur. Bref, un disque qui devrait plaire au plus grand nombre, grâce à son approche relativement pop et ‘sucrée’.

Et que ceux qui se sentent trahis par ce virage à 180 degrés, qu’ils se rassurent, le long playing réserve, quand même, l’une ou l’autre plage plus rock, comme ce « Cold War », propulsé par une ligne de basse entêtante.

Bref, du sucre à consommer sans modération !

Uzeda

Quocumque Jeceris Stabit

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Il y a un bail qu’on avait plus entendu parler d’Uzeda, une formation sicilienne, fondée en 1987 ; « Stella », son précédent elpee, remontait quand même à 2006 ! Il est vrai qu’à partir de 2001, Agostino Tilotta et Giovanna Cacciola, les figures de proue du band, se sont concentrés sur le projet Bellini. Dans le passé, Uzeda a souvent été comparé à Big Black, Sonic Youth, Girls Against Boys voire The Jesus Lizard. Entre noise et alt rock, sa musique n’a jamais été facile d’accès. Mais elle a le mérite d’être originale. Mis en forme, de nouveau par Steve Albini, ce « Come » ne déroge pas à la bonne règle. Quoique, le noisy semble avoir laissé place à une expression sonore plus tendue, complexe mais bien construite.

Mais ce qui frappe d’abord, à première écoute, c’est la voix de Giovanna. Perçante, déchirante ou fragile, suivant les émotions qu’elle cherche à communiquer, elle rappelle tour à tour Ari Up (The Slits) ou Kristin Hersh. S’appuyant sur une section rythmique souple, l’expression sonore est chargée d’une intensité électrique à la fois sauvage et lancinante.

Si l’un des gratteurs, Giovanni Nicosia, a quitté le navire en 1987, les quatre autres membres du groupe sont toujours au poste depuis les débuts de l’aventure. Ce qui explique cette étonnante complémentarité entre les différents musicos pour dispenser cette musique toujours aussi alternative. Et il est rassurant de constater qu’il existe encore des artistes qui ont l’audace de privilégier la créativité sur la rentabilité…

New Model Army

From here

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Les sessions d’enregistrement du quatorzième elpee de New Model Army se sont déroulées en Norvège, dans un studio sis sur une petite île du nord de ce pays, baptisée Giske. Et ces paysages sombres, glaciaux et accidentés (NDR : l’eau, la neige, la roche, etc.) ont eu une incidence sur le climat au sein duquel baigne cet opus. 

Découpé en 12 pistes, « From here » mêle l’exaltation de Killing Joke à l’intensité d’un Psychedelic Furs. Mais en plus soft. Même que la voix rauque de Jim Sullivan campe souvent un hybride entre celle de Jaz Coleman et de Richard Butler. La description est schématique, mais elle permet de vous donner une petite idée du style proposé par la formation issue de Bradford.

Souvent épiques voire hymniques, les compos bénéficient de refrains accrocheurs (NDR : « When I am » se révèle même contagieux !). Les plus luxuriantes sont parfois enrichies de chœurs et/ou d’arrangements de cordes et de cuivres. Les percus sont tribales ou martelées, mais également grandiloquentes tout au long de « Maps », une valse traversée par l’intervention d’un violoncelle. La conjugaison entre cordes de gratte électriques et acoustiques est bien équilibrée. La ligne de basse palpite ou gronde. Bref, si le climat général de cet opus est ténébreux, il recèle cependant des titres plus offensifs, à l’instar du plus optimiste « Never arriving », de « Watch and learn » et puis de « The weather », morceau qui décrit les problèmes sans cesse croissants causés par le changement climatique.

Le titre maître clôt l’opus ; une plage de 8’ construite en crescendo qui synthétise bien le style épique de cet LP, plutôt réussi.

Jane Weaver

Loops in the Secret Society

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Deux années après la sortie de son dernier opus, Jane Weaver livre un elpee différent du reste de sa discographie. Jusqu’à présent, la Liverpuldienne était responsable d’un cocktail original entre folk, psychédélisme et électronique. « Loops in the secret society » creuse davantage dans l’expérimentation.

Publié chez Fire (Howe Gelb, Half Japanese, The Chills), cet LP s’inspire d’une série de prestations ‘live’ accordées par la songwritrice ; des sets au cours desquels elle s’était imposée cet exercice sans avoir recours aux bandes préenregistrées. Sur les 22 plages de ce long playing, dix constituent des ‘loops variations’. Hypnotiques, ces morceaux qui trempent dans une forme de rock psychédélique sont exécutés à grand renfort de claviers. Les autres pistes figuraient sur ses deux derniers albums, « The Amber Light » (2015) et « Modern Kosmology » (2017). Mais pour la circonstance, Jane Weaver a décidé de les propulser en apesanteur à l’aide d’éléments synthétiques.

Atmosphérique et réconfortant, ce périple sonore démontre tout le talent d’écriture et la polyvalence de l’artiste, mais se révèle également propice à la relaxation…

Bazar Bellamy

Jusqu’ici tout va bien

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Entre la rage électrique d’un Dolly et l’univers poétique d’Eiffel, Bazar Bellamy parvient à tirer son épingle du jeu dans la jungle sauvage de l’industrie musicale.

Né des cendres de Plugin Sparta, le combo montalbanais, réuni autour de Monsieur Georges (ex-Lagony), s’inscrit dans une veine résolument rock avec cette volonté de jouir de toute la richesse et de la subtilité de la langue française.

Enregistré en compagnie de Nicolas Bonnière (ex-complice d’Emmanuelle Monet), ce premier opus fait la part belle aux guitares virevoltantes et rythmes endiablés comme un livre ouvert vers de grands espaces californiens.

Les textes sont rigoureux, les thématiques sont viscérales et dépeignent l’humanité au sens large du terme. L’intention se veut plutôt littéraire. Notamment en s’inspirant du ‘If’ de Rudyard Kipling sur « Un Homme » ou encore en osant une référence cocasse au ‘Bel Ami’ de Maupassant pour choisir patronyme du groupe (NDR : le ‘Y’ a été ajouté pour rendre hommage au chanteur de Muse, Matthew James Bellamy).

La narration est incantatoire et renvoie par moments à l’univers d’Hir*shima M*n Am*ur. Cette dualité constante entre gravité et légèreté dans le propos en est la plus belle illustration...

« Jusqu’ici tout va bien », premier album, dont le titre est tiré d’une réplique culte du cinéma français (La ‘Haine’ de Mathieu Kassovitz) est plus raffiné qu’il n’en a l’air. Fougueux et intrépide, il baigne dans un jus brut dont on ne sort pas indemne.

Du septième art, il en sera encore question sur « Garde les Yeux Ouverts », un morceau qui recèle un sample de ‘99 francs’, une adaptation sur grand écran du roman du même nom de Frédéric Beigbeder.

Bref, Bellamy fout un sacré ‘bazar’ et offre là un genre qui n’est certes pas nouveau, mais constitue tout de même une belle curiosité tout en opérant une ouverture sur le monde.

Verdée

Dans nos pas (Ep)

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La musique de Verdée mêle synthétique et organique. Suivant qu’elle émane d’oscillations électriques ou de sonorités confiées à Dame Nature. Un mix qu’elle assure en personne, afin d’en extraire la quintessence. Une nature qu’elle aime, qu’elle chérit, comme s’il s’agissait du prolongement de son âme.

Un premier album intitulé « Dans nos pas » réalisé par Dominique Brusson (également compagnon d’armes de Dominique A) devrait sortir début de l’année 2020.

En attendant, cet Ep nous propose trois titres qui devraient faire saliver les plus impatients : « Le cœur et la sève », « Reine et roi » et « Atome ». Une mise en bouche donc qui confère à cette artiste hybride une ouverture à connotation poétique verte et végétale.

Ça sent l’herbe fraîche, les prés fleuris, les champs à perte de vue. Les textes sont éminemment engagés et apportent un souffle nouveau à la nouvelle chanson française.

L’enveloppe sonore se veut fraîche et légère comme l’eau de source. Une ode à la détente et au bien-être. Un style qu’elle définit elle-même comme ‘chansons électro-organiques’.

Il y a dans l’univers de cette femme quelque chose d’inventif, de frais, avec ce brin de virginité dans les vocalises comme une invitation à se poser et contempler indéfiniment le monde qui nous entoure.

Verdée serait-elle immaculée ? L’avenir nous le dira ! En attendant, il est bon de s’abreuver à ce doux élixir électro… orgasmique !

Last Train

Aussi efficace qu’à Lille, mais en plus condensé…

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Après avoir accordé un remarquable concert à l’Aéronef de Lille, en octobre dernier, Last Train, se produisait à la Rotonde du Botanique, ce jeudi 19 décembre. Votre serviteur n’est pas trop enthousiaste de revoir un même artiste ou groupe dans un laps de temps aussi court ; mais comme il était prévu de rencontrer la formation alsacienne dans le cadre d’une interview, juste avant le show, il semblait logique d’y assister. D’ici une quinzaine de jours, vous pourrez d’ailleurs découvrir cet entretien dans ces colonnes. Mais place au compte-rendu.

Il revient à Elvyn Birds d’assurer le supporting act. Il s’agit du projet solo de Renaud Ledru, le chanteur/compositeur du duo Alaska Gold Rush. Il va nous proposer des chansons poétiques incitant au voyage et à la réflexion, en s’accompagnant à la sèche qu’il joue le plus souvent en picking. Et parfois, il souffle dans un harmo posé sur un rack. En outre, il ne manque pas d’humour, en s’adressant à l’auditoire. Mais le plus étonnant procède de ses inflexions vocales qu’il emprunte régulièrement à Bob Dylan. Il termine son set par un morceau relatant le parcours des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leurs vies. Le set tient la route, mais trop confiné à l’univers du folk, il devient progressivement monocorde. Suffirait cependant du soutien d’un violoniste et/ou d’un violoncelliste pour que l’expression sonore prenne une autre dimension. Enfin, ce n’est qu’un avis personnel…

Place ensuite à la tête d’affiche. Le « The lonely shepherd » du célèbre flûtiste roumain Gheorge Zamfir sert d’intro. La scène est plongée dans un décor en noir et blanc. Le quatuor grimpe alors sur l’estrade sous les applaudissements de la foule. C’est sold out, ce soir ! Jean-Noël balance un premier ‘Bonsoir Bruxelles’, avant d’attaquer « All Alone ». Déjà les trois gratteurs déambulent de long en large droite sur le podium, comme ils vont très souvent le faire au cours du show. Ceux-ci incitent la foule à frapper dans les mains, tout au long de « House on the moon ». Plus élaboré, « On our knees » s’ébroue sur un tempo plus lent. Une compo atmosphérique qui subit quelques déflagrations électriques, avant le retour au calme, moment choisi par les trois guitaristes pour faire face au batteur. Puis le drumming devient martial et conduit à l’explosion finale. « One side road » est imprimé sur un tempo bien carré. Les six cordes vibrent comme à l’époque du Creedence Clearwater Revival. Puis Jean-Noël descend dans la fosse, la traverse, monte les marches, va taper dans la main de l’ingénieur du son, derrière sa table de mixage. Et quand il remonte sur le podium, le band est prêt à attaquer « Between wounds ». Lors des refrains, la foule chante. Jean-Noël tourne le micro vers la fosse. Ce qui n’empêche pas la compo de multiplier les déflagrations sonores. Et le groupe de d’embrayer par un instrumental décapant, au cours duquel la foule est à nouveau invitée à frapper dans les mains. De petites mélodies sont échangées entre les deux guitares tout au long de « Disappointed ». Caractérisé par cette ligne de basse bourdonnante, percutante, ce titre est manifestement hanté par Muse. Entre accalmies et explosions sonores, la foule reprend les lyrics de « Fire » en chœur, et Jean-Noël présente encore son micro à l’auditoire. Il empoigne un tambourin avant d’aborder « Leaving you now », le dernier morceau du set, puis quelques secondes plus tard, le jette en coulisses. La fin du show est à nouveau très électrique, presque psychédélique, et lorsque le combo se retire, la foule réserve une belle ovation au band. Elle en veut encore. L’attente est longue. En remontant sur l’estrade, le vocaliste remercie tout son staff, puis décrète que ce sera la dernière chanson du concert. En l’occurrence, « The big picture ». Un spectateur lui répond alors qu’il en veut davantage. Et qu’après ce morceau, il en faudra un deuxième, puis un troisième, et pourquoi pas un quatrième. Et qu’il sait où le groupe a garé son véhicule… Ce qui déclenche l’hilarité dans le public mais aussi chez les musicos. La foule reprend de nouveau les paroles en chœur pendant ce morceau. Enfin, sauf quand les musiciens se déchaînent sur leurs instruments. Jean-Noël jette son pied de micro sur les planches. Le soliste s’autorise un long feedback, alors que Jean-Noël brandit sa guitare d’une seule main bien levée vers le ciel, un peu comme un sportif qui exhibe son trophée. Et avant de prendre congé, comme à l’Aéronef, les musicos de Last Train vont se serrer dans les bras, visiblement heureux d’avoir conquis l’assemblée. Un concert aussi efficace que celui accordé à Lille, mais en plus condensé...

(Voir aussi notre section potos ici)

Setlist :

All Alone, Way Out, House on the Moon, On Our Knees, One Side Road/Between Wounds, Disappointed, Fire, Leaving You Now

Encore:

The Big Picture.

(Organisation : Odessa Maison d'artistes)

GrandGeorge

Une chorale à vous laisser sans voix…

Écrit par

C’est en 2015 que Benjamin Grandgeorge, ingénieur de formation, alors âgé de 30 balais, fait son apparition dans le paysage musical francophone, en gravant le futur tube « So Fine ». Ce single, véritable succès diffusé sur toutes les ondes durant l’été 2016, est rapidement suivi par son premier elpee, « So Logical ». À la clé : un D6Bels Music Award et une tournée de plus de 100 dates en Belgique suivie par une armée de fans.

Ce soir, le Versaillais se produit à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve, et il va bénéficier du concours d’une chorale de luxe : la Patshiva Cie. Bonne nouvelle, le show est sold out.

Coline et Toitoine, c’est-à-dire Coline Debry (chant, guitare, ukulélé) et d’Antoine Jorissen (synthés, machines) assurent le supporting act. Un duo que votre serviteur avait découvert dans le cadre de la finale de l’Envol des Cités, au Manège de Mons. Un couple fort sympathique qui propose une électro/pop sautillante, rafraîchissante et dansante. 

Judicieusement intitulé, « Opéra » permet à Céline d’afficher ses capacités vocales. Finalement, dans ce registre, elle pourrait postuler au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Tout au long d’« Alicia », dont le dernier clip affole les compteurs, Coline semble montée sur ressorts. L’avenir de ce duo est franchement prometteur…  

Setlist : « OAEOA (version longue) », « Tossed But Not Sunken », « Anxiously Me », « Opera », « Write A Song », « Alicia », « North ».

Sur les planches, Grandgeorge est soutenu par son backing group ; en l’occurrence le bassiste Nicolas L’Herbette, sa choriste (NDR : sa voix est vraiment puissante !) Stefy Rica, le drummer Samuel Rafalowicz et le claviériste Xavier Bouillon (Mister Cover, Lemon Straw, Antoine Hénaut). Benjamin se consacre à la semi-acoustique et au chant. Et ce soir, la formation va bénéficier de la participation de la Patshiva Cie, une chorale féminine constituée, ce soir, de 9 vocalistes (Dounia Depoorter, Camille Lanet, Manuela de Tervarent, Dorothée Dassy, Marie Caillou, Stéfanie van Leemput, Nelliyú Gutiérrez, Valeria Garre et Amélie Dieudonné).

Chez les Tziganes, le Patshiv' est célébré lorsque plusieurs collectivités du même groupe ethnique se retrouvent lors d'escales de voyages. Ces fêtes propices à la musique et à la danse exaltent des amitiés durables, invitent au partage et la mémoire de la culture, des gens et de leur histoire (NDR : suivant le site web de la troupe)

Les pompiers sont prévenus car Benjamin avait annoncé qu’il allait mettre le feu dans la salle pour ce concert unique et le dernier de l’année. Benjamin et Rafi débarquent pieds nus. Le très beau « Fading Away » nous emmène au Mali. Souriant, comme toujours, Benjamin joint le geste à la parole et mime une petite dance africaine en utilisant ses mains comme un volatile qui prend son envol. Cette entrée en matière, talonnée par les percus et les claviers, est vraiment magique. Rafi pousse ses cordes vocales dans ses derniers retranchements tout au long de « Sunny Anyway ». On ne reconnaît pas immédiatement la chanson, mais bien les paroles. D’ailleurs l’auditoire chante le refrain en chœur, bien soutenu par la chorale. Faut dire que si les titres s’enchaînent, ils bénéficient ce soir de nouvelles versions, et très souvent elles sont dynamisées par des rythmes exotiques. Benjamin et ses musicos quittent la scène pour laisser le chantier libre à la Patshiva Cie qui se lance alors dans un exercice de polyphonie à vous laisser sans voix…

En rappel, on aura droit à 4 morceaux dont « Petit Dje», qui va transporter l’auditoire jusque la Nouvelle Orléans. Un concert exceptionnel sublimé par la conjugaison entre les voix de la chorale, de Benjamin et de Stefy…

Setlist : « Fading Away », « Sunny Anyway », « Easy Emotion », « Dancing », » Warmer », « Go For A Ride », « So Cold  », « Patshiva et Cie seule », « Men Should », « Intro+ Spondo », « Just In Time », « I’ll Be Traying»

Rappel 1 : « Another Day », « Losing You », « So Fine », « Petit Dje ».

Rappel 2 : « Sunny Anyway », « So Logical ».

(Organisation : Ferme du Biéreau et UBU Productions)

Jon Bryant

Cult Classic

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Malgré quelques albums à son actif qui ont rencontré un certain succès au pays des caribous, Jon Bryant n’est toujours pas parvenu à faire son trou en Europe. Pourtant, il mérite clairement qu’on s’intéresse à son folk mélodique. Ce quatrième album est marqué par des évènements qui ont particulièrement touché le songwriter. Avant de se lancer dans la composition de cet opus, il s’était engagé au sein d’un organisme censé proposer des évènements sur le développement personnel et professionnel. Seulement, après une enquête du FBI, il est apparu que le NVXIM (dites Nexium) était une secte notamment responsable de trafics sexuels. Plusieurs membres de cette organisation ont alors été condamnés. Cette expérience vécue transparaît à travers le nouvel opus de l’artiste.

Les mélomanes qui apprécient Asgeir, James Vincent McMorrow voire Bon Iver devraient également être séduits par la musique du Canadien. A l’instar de ces artistes susvisés, Jon Bryant possède une voix capable de décrocher des aigus tout en y ajoutant des tremolos soul/r’n’b. Et il le démontre particulièrement tout au long de “Cultivated”. Si le substrat de l’expression sonore trempe dans le folk, Bryant l’enrichit d’éléments électroniques (principalement des nappes de claviers et des rythmiques) ou encore de chœurs. Aussi, tout comme chez les artistes évoqués ci-dessus, c’est la mélancolie qui berce ce “Cult Classic”.  Si certaines plages retiennent moins l’attention, d’autres, comme “Superstition”, “Did What I Did” ou encore “5 Years” valent le détour et frôlent même le sublime…

Espérons pour Jon Bryant que ce quatrième elpee lui permette de forcer les portes de cette vieille Europe.

Whitney

Forever Turned Around

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Fondé sur les cendres des valeureux Smiths Westerns, disparus en 2014, Whitney avait frappé fort dès 2016, en publiant « Light Upon the Lake », un premier album au charme fou ; un opus bourré d’harmonies vocales désarmantes (dont le hit « No Woman »). Le guitariste Max Kakacek et le batteur Julien Ehrlich continuent sur cette lancée en gravant « Forever Turned Around », une nouvelle livraison qui émarge à une forme d’indie pop solaire, cuivrée (« Friend of Mine »), bercée de doux falsettos et aux mélodies belles à pleurer (« Forever Turn Around »). Les influences soft-rock 70’s sont prégnantes à l’écoute de ces pépites issues des cerveaux en ébullition de ces jeunes chicagoan. Une parfaite ‘Feel good music’ teintée d’une belle mélancolie…

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