La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Dernier concert - festival

The Cure
Jon Spencer

Half Japanese

Invicible

Écrit par

Half-Japanese compte déjà 45 années d’existence ; une formation d’art-punk au line up à géométrie variable, devenue culte (NDR : non seulement Kurt Cobain avait invité le combo à assurer la première partie d’une tournée de Nirvana en 1983, mais il portait un t-shirt à l’effigie du band à sa mort), fondée par les frères Jad et David Fair (NDR : depuis, ce dernier a quitté le navire). Notoire pour se servir d’une guitare à moitié désaccordée (NDR : rassurez-vous, on n’entend pas cette pratique sur disque), Jad Fair n’a pas pour autant perdu son inspiration en gravant ce 18ème album studio… Il a en outre, été diablement bien inspiré en baptisant sa nouvelle œuvre « Invincible » ! ‘Lo-fi’, dans l’esprit d’un Beat Happening, Half-Japanese n’a pas perdu sa verve. La voix chevrotante de Jad Fair rappelle celle du regretté Daniel Johnston (?) tandis que l’ambiance folk-punk (?), au sein duquel baigne l’elpee, lorgne plutôt du côté de l’univers d’un Violent Femmes. En tout cas, livrer l’un de ses meilleurs albums après plus de 40 ans d’existence est un sacré tour de force (« Love Explosion ») !

One Rusty Band

Voodoo Queen

Écrit par

One Rusty Band n'est pas le projet d’un seul musicien, mais le patronyme d’un duo responsable d’un blues boogie primaire et sans concession. Un couple qui s’était rencontré à Toulouse en 2015, et fait depuis route commune. Greg assume l'essentiel du contenu musical : voix, compos, guitares, harmonica et percussions au pied. Lea, sa partenaire, assure l'essentiel de l’aspect visuel : danses, figures aériennes, claquettes ; mais elle se consacre également au washboard. Le son est sauvage, brut de décoffrage et très énergique ; en outre, le tempo rapide trahit une attitude punk.

En intro, les claquettes de Lea et les accords métalliques de la cigar box s’apparentent déjà à un cri. Greg assure dès qu'il le peut en slide, une technique qui colle parfaitement à l’expression sonore. Il chante comme si sa dernière heure était arrivée sur "Devil Cave", une plage dont les effets ne tardent pas. Et franchement, tout au long de cet opus, sa voix passe bien la rampe. Pas vraiment de morceaux faibles sur cette plaque, mais au contraire, des moments forts. A l’instar de "Boogie woogie", "White trash blues" et "Under the moon", au cours desquels Greg se déchaîne, face aux soubresauts et poses savantes de sa partenaire. Vu qu’elle est douée pour les claquettes, Greg ose le rythme hispanisant, en mixant punk, surf et flamenco, à travers "Spanish desert". Le duo affiche une parfaite sérénité lorsqu’il s’enfonce dans les marais de La Louisiane, pour se frotter au blues empreint d’accents dramatiques ("I'm lost"). Et l’elpee de s’achever par "Road 66", une piste imprimée sur un rythme ferroviaire qui déboule à toute vapeur…

Face To Face

Protection

Écrit par

Il y a plus de 3 ans que cet album traînait sur la pile des ‘to do’… ; sa pochette relativement moche avait toujours empêché votre serviteur de se lancer dans l’exercice. Mais la découverte de cette dernière, punaisée au sein d’une chambre d’ado, dans la très bonne série ’13 Reasons Why’, l’a finalement incité à découvrir cette excellente collection punk signée sur la non moins prestigieuse maison californienne Fat Wreck !

Actifs depuis 25 ans, les vétérans californiens ont donc enregistré « Protection », leur 9ème elpee studio. La double pédale et cette basse très NOFX, les salves électriques et les jolies harmonies vocales, sans oublier cette conscience politique (« Bent But not Broken »), sentent bon le punk mélodique US. Le groupe a entamé son aventure aux côtés de The Offspring et Voodoo Glow Skulls, sans pourtant rencontrer la même notoriété de ce côté de l’Atlantique ; mais, dans la lignée des Decendents (Bill Stevenson, son batteur, a d’ailleurs produit le long playing), Face To Face tire généreusement parti de guitares soniques et métalliques aux sonorités très directes qui ne pourront que plaire aux fans de tous les groupes susvisés…

Mike Krol

Power chords

Écrit par

Grafic-designer de profession, Mike Krol déserte son bureau à ses heures perdues pour changer d’air et déverser son trop plein d’énergie dans la musique. Trois ans après avoir gravé son précédent opus, le Californien opère son retour en publiant un second album signé sur Merge (Arcade FIre, Lambchop, Destroyer, Dinosaur Jr, ...) Lors des sessions, il a reçu le concours de musicos issus des quatre coins des USA.

A l’instar d’un King Tuff ou du regretté Jay Reatard, Mike Krol maîtrise parfaitement son sujet. Ses morceaux sont sculptés dans un rock garage aussi mélodique qu’énergique. La machine est impeccablement huilée. Et Mike est aussi à l’aise sur les tempos lents que plus rythmés. Sous une production lo-fi, les riffs sont imparables et les refrains judicieusement repris en chœur. Les onze morceaux de “Power Chords” défilent sans le moindre contretemps.

Cet album constitue certainement l’un des meilleurs remèdes au spleen provoqué par le manque de lumière de ce mois de décembre…

Quintana Dead Blues Experience

Older

Écrit par

Manifestement, pour l’instant, la scène musicale hexagonale est en pleine effervescence. Patronyme à rallonge, le Quintana Dead Blues Experience n’est cependant qu’un one man rock'n'roll electro heavy blues band. Et pour cause, un seul personnage se cache derrière cette description exhaustive : Piero Quintana. Ce Grenoblois est considéré comme un vétéran. Et pour cause, ses premiers enregistrements remontent à 1993. Persévérant et un peu maniaque, il prend un malin plaisir à tirer le max de sa gratte et d'une vieille groovebox MC909, pour injecter de l’électro dans ses compos. En outre, il est plutôt doué pour torcher des chansons aussi variées qu’énergiques.

Piero attaque sauvagement ses cordes tout au long de "Stranger", le morceau d’ouverture. Pas de compromission instrumentale ! A contrario, sa voix n'est ni lourde, ni criarde, mais plutôt agréable à l’écoute ; ce qui lui permet de communiquer davantage de contrastes dans ses compos. De toute évidence, il est davantage influencé par le rock'n'roll que le heavy metal. Il introduit également des bruitages et des boucles électroniques, dans son expression sonore, à l’aide de son séquenceur. A l’instar de "Kinda low" et "Long way". Bien blues, "Sea Haven" nous transperce littéralement et finit par éclater. En fin de parcours, l’opus nous réserve deux superbes ballades, "Worn out" et "Fucking the devil", deux pistes qui grimpent progressivement en intensité…

Lady Lamb

Even in the tremor

Écrit par

Derrière le patronyme Lady Lamb se cache Aly Spaltro. Originaire du Maine, elle a posé ses valises à Brooklyn, il y a près de dix ans. C’est à cette période qu’elle embrasse une carrière en solo et commence à enregistrer. Paru en 2015, son second elpee, « After », lui permet de se produire sur le Vieux Continent, tournée qui va d’ailleurs passer par le Botanique à Bruxelles. Aujourd’hui âgée de 29 ans, elle nous propose donc son troisième opus, “Even in the tremor”, un disque paru sur le label Ba Da Bing.

Tout au long de cet LP, la songwritrice nous raconte des tranches de vie d’une voix bien maîtrisée. Elle évoque ainsi ses racines religieuses sur “Young Disciple” ou relate ses histoires d’amour tout au long de “Deep Love”. Tramées sur sa gratte acoustique, ses compos ont été ensuite enrichies par une instrumentation plus ou moins généreuse, suivant les morceaux. Faut dire que lors des sessions, elle a reçu le concours de brillants collaborateurs, dont Benjamin Lazar Davis (Okkervil River) à la basse et au synthé ainsi que le drummer Jeremy Gustin (croisé aux côtés de David Byrne et d’Albert Hammond Jr). L’opus nous réserve aussi bien des pistes strictement acoustique (“Without a Name”), aux accents clairement pop (“Deep Love”) que copieusement électriques, à l’instar du titre maître. Malheureusement, si les mélodies sont bien construites, il faut regretter qu’Aly en fasse parfois un peu trop, au détriment de sa spontanéité. En outre, la production est tellement léchée que régulièrement, les compositions pêchent par excès de lyrisme.

Sneaks

Highway Hypnosis

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Eva Moolchan, aka Sneaks, a sévi au sein de groupes noise avant d’embrasser une carrière solo. Et lorsqu’on écoute “Highway Hypnosis”, son deuxième LP signé chez Merge, les réminiscences de ce parcours initial sont flagrantes…

Derrière le spoken-word emprunté au hip hop, on a souvent l’impression de se farcir un post-punk sous sédatif. Le format court (rarement plus de deux minutes) des compositions nous le rappelle. L’album ne dure d’ailleurs pas plus d’une demi-heure pour treize titres. L’Américaine développe sur chaque morceau une instrumentation minimaliste alimentée par des éléments électroniques. Souvent le tempo musarde. A l’instar de “Suck like a Whistle” ou encore de ”Addis”, les riffs sont hypnotiques et planants. Cependant, afin de nous extirper de la léthargie dans laquelle l’opus nous plonge, l’Américaine nous réserve des intermèdes plus rythmés comme tout au long de “Holy Cow Saw a Girl Like Her” ou encore “And We’re Off”, au cours duquel des instruments se profilent avant de disparaître aussitôt.

Finalement, il faut bien avouer que le manque de chaleur et de fluctuation des compos, rend cet LP difficile à digérer…

Fat White Family

Un moment privilégié…

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Originaire de Peckham, en Angleterre, Fat White Family est un peu considéré, tout comme Girl Band, comme un des fondements du renouveau du rock. Pourtant, son parcours plutôt chaotique, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Saoudi ainsi que projets montés en parallèle, a failli lui être fatal. Et finalement, c’est en gravant un troisième elpee, « Serfs up » (voir chronique ici) que le band est parvenu à relancer la machine, avant de partir pour une nouvelle tournée, qui recueille d’unanimes échos favorables dans la presse et auprès du public. Bref, il ne fallait donc pas manquer son concert, prévu à l’Ancienne Belgique, ce lundi 9 décembre 2020.

Shht assure le suporting act, un sextuor issu de Gand considéré au Nord de la Belgique comme absurdiste, surréaliste et novateur. Tous les musicos grimpent sur l’estrade vêtus de salopettes, l’un d’entre eux, torse nu et tablier baissé, se distingue par un bandeau qui lui enserre la bouche. Tout un symbole !

La musique de ce band oscille entre disco, punk, metal, électro et funk ; et particulièrement remuant, le chanteur vient se balader, micro en main, dans une fosse à moitié remplie. Malheureusement, le volume sonore est excessif. Surtout pour une première partie. Et puis la plupart des vocaux sont vocodés. De quoi horripiler votre serviteur. Dommage, car la troupe tente des harmonies vocales atmosphériques, dans l’esprit d’Animal Collective, mais en préférant les filtrer, plutôt que de les conjuguer, elle accentue l’aspect artificiel de sa musique…

Fat White Family débarque sur le podium à 21 heures. Un septuor ! Deux claviéristes, dont un double au saxophone et à la flûte traversière, se plantent aux extrémités du podium ; respectivement Alex White et Nathan Fabian Saoudi. Adam Brennan (Meatraffle, Scud FM) se charge de la basse, Adam J. Hammer et Saul Adamczewski, ce dernier un bonnet enfoncé sur le crâne, se consacrent aux guitares, Lias Kaci Saoudi assure le lead vocal et l’ex-Temples, Samuel Toms, les drums. Transparente, sa grosse caisse contient la réplique d’une tête de porc de couleur rose. Humour ou symbolique ? Et dès le premier morceau, le mid tempo « Auto neutron », Lias, chaussé de lunettes fumées, dont il se débarrassera, à partir du deuxième morceau, se fraie un chemin dans la fosse ; et déjà c’est le tumulte. La bière coule à flots ; mais plutôt sur les vêtements des spectateurs ainsi que sur le parquet, qui devient rapidement collant. Le chanteur va d’ailleurs régulièrement y retourner, obligeant les roadies à le suivre pour tenir le fil du micro. Sa voix est ténébreuse, mais bien timbrée. Très expressif, sauvage et à l’attitude sexuellement rock’n’rollesque, c’est un remarquable showman. Il se contorsionne, pastiche le fascisme, se prosterne, adopte des attitudes à la Iggy Pop (les bras autour de la tête) ou de Liam Gallagher (les mains dans le dos). Et puis quelquefois, tout comme son frère, il lampe une bouteille de vin au goulot. Les guitares sont savoureusement cinglantes. Et tout particulièrement tout au long de « I am Mark E. Smith », hommage rendu à feu le leader de The Fall, dont la formation se considère comme l’héritière naturelle, alors que le saxophone entre dans la danse (NDR : tout au long du concert Alex va jongler entre cet instrument, une flûte traversière, ses claviers et des percus) pour apporter davantage de variation dans l’expression sonore ; que ce soit de la profondeur ou un surplus d’atmosphère. Lias en profite pour jeter son t-shirt dans la foule (NDR : sa ceinture, puis une serviette de bain, vont suivre, un peu plus tard), avant de se lancer dans son premier crowdsurfing, pendant le pulsant « Tinfoil Deathstar », un titre imprimé sur un tempo réminiscent du « What we all want » de Gang of Four, tempo qui va d’ailleurs revenir régulièrement à la surface au cours du show. Ce rythme devient tribal pour le bien post punk « Heaven on earth ». La set list ne censure pas le « Touch the leather », aux lyrics explicitement homoérotiques. Faut dire que la musique baigne au sein d’un climat malsain voire sordide. Lias attribue la paternité de « Hits, hits, hits » à Ike Turner. Claviers rognés aux sonorités Hammond et tonalités de gratte surf alimentent ce morceau au cours duquel Lias frappe sur un gong qui sonne comme une casserole. Il dédie ensuite « Cream the young » au prince Andrew. Les harmonies vocales deviennent incantatoires tout au long de ce titre balisé par une boîte à rythmes. Petit moment d’accalmie ensuite, grâce à deux ballades atmosphériques interprétées quasi en solo par Adam, les autres musiciens apparaissant et disparaissant en catimini suivant le rôle qui leur est alors dévolu. Applaudi, il soulève alors son bonnet pour remercier la foule. Et la suite va repartir en force, grâce à une majorité de compos issues du dernier LP. Mais adaptées au ‘live’, elles se révèlent plus percutantes et prennent une autre dimension ! Paso doble envoûtant, « Bobby’s boyfriend », est parcouru par un bip bip de synthé récurrent. Plus mystérieux, le lancinant « Special ape » est carrément hanté par Swans ; même que la voix devient aussi rauque que celle de Michael Gira. L’intensité monte en crescendo sur le tropical et hymnique « I believe in something better », une chanson que la foule reprend en chœur. Et cette intensité est toujours aussi fiévreuse sur le presque disco « Feet », que chante Lias, d’une voix déclamatoire. Ce dernier repart en crowdsurfing tout en continuant de chanter. C’est la folie dans la fosse. Les gobelets de houblon volent dans tous les sens. De plus en plus enthousiaste, le public chante, danse, frappe dans les mains et est heureux de vivre ce moment privilégié. Avant que « Is it training in my mouth » n’achève ce concert dans une forme d’apocalypse psychédélique. Pas de rappel et pas de « Bomb Disneyland » non plus, comme mentionné dans la set list. Une chose est sûre, le band a donné, ce soir, tout ce qu’il avait dans le ventre. Probablement un des concerts de l’année...

Setlist : Auto Neutron, I Am Mark E. Smith, Tinfoil Deathstar, Fringe Runner, Heaven on Earth, Touch the Leather, Hits Hits Hits, Cream of the Young, Drones, Goodbye Goebbels, When I Leave, Bobby's Boyfriend, Special Ape!, I Believe in Something Better, Feet, Whitest Boy on the Beach, Is It Raining in Your Mouth?, Bomb Disneyland

Voir notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Alter Bridge

La règle de trois…

Écrit par

Soirée métallique, ce soir au Cirque Royal, en compagnie de trois groupes. En l’occurrence Raven Age, Shinedown et Alter Bridge.  

Fondé en 2009, The Raven Age est un combo de metalcore mélodique britannique, fondé par les guitaristes Dan Wright et George Harris, le fils du bassiste d’Iron Maiden, Steve Harris. A son actif, deux elpees, « Darkness Will Rise », paru en 2017 et « Conspiracy », en septembre dernier.

Drivé par le chanteur et frontman Brent Smith, Shinedown est un band originaire de Jacksonville, en Floride. Son style ? A mi-chemin entre le hard rock et le post grunge. Six albums à son actif, dont le dernier, « Attention Attention », est sorti l’an dernier.

Et la soirée s’achèvera par Alter Bridge, une formation issue d’Orlando, également en Floride, qui implique le chanteur/guitariste Myles Kennedy, très souvent impliqué dans les projets de Slash, dont celui des Conspirators.

Début des hostilités ? 18h40 ! Pour un set bien cool de The Raven Age. D’une durée de 35 minutes, il va proposer 6 morceaux du dernier elpee et un du premier. Le groupe vient cependant d’engager un nouveau chanteur qui dépasse tout le monde de 3 têtes. Un géant qui répond au nom de Matt James. Quand il va chez le coiffeur, il fait des économies, car il ne coupe que le côté droit. Dan, le gratteur originel, a été remplacé par Rony Maue, en 2017. Le line up est complété par le bassiste Matt Cox, le drummer Jai Patel et bien sûr George Harris, balaise à la rythmique. Matt assure grave au micro, bien soutenu par Tony aux backing vocaux. D’excellente facture, les quatre premiers titres, dont le hit « Fleur de lis », ravissent manifestement l’auditoire… (pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Betrayal Of The Mind », « Surrogate », « The Day The World Stood Still », «Fleur De Lis », «The Face That Launched A Thousand Ships », « Seventh Heaven », « Angel In Disgrace »

Place ensuite au deuxième combo américain, Shinedown. En une heure, il va mettre littéralement le feu à l’auditoire. Brent Smith, le chanteur, est monté sur ressorts. Une vraie pile électrique ! Mais sympa, il vient serrer la main des photographes, en front stage. La foule participe activement au show. Le band dispose de son propre light show. Imposant, il balaie régulièrement la fosse. Le décor est constitué d’imposants points d’exclamation lumineux reproduisant ceux de son dernier elpee, « Attention, Attention ». Les musicos sont habillés en noir et jaune. Ce qui provoque un effet particulier sous les lumières. Les morceaux s’enchaînent et le band n’en oublie pas les deux tubes dévastateurs, « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) » et « Cut The Cord ». Véritable star de la soirée, Brent descend dans la fosse, et la partage en deux parties avant de l’inviter à chanter alternativement. Zach Meyers, le guitariste, et Eric Bass, le bassiste (NDR : vu son nom…), déambulent de long en large sur le podium. Seul le drummer Barry Kerch n’abandonne pas son poste, derrière les fûts, mais s’il avait pu le faire, il les aurait imités… (pour les photos, c’est là)

Shinedown a accordé un set super vitaminé. Après avoir vu ce quatuor en ‘live’, Papa Roach peut rentrer en maison de retraite et chausser ses charentaises…

Setlist : « Devil », « Diamond Eyes (Boom-Lay Boom-Lay Boom) », « Enemies », « Monsters », « Get Up», « Cut The Cord », « Second Chance », « Simple Man » (Lynyrd Skynyrd cover), « Sound Of Madness », « Brilliant ».

Alter Bridge, c’est donc le band de Myles Kennedy, la voix de Slash and the Conspirators. La formation est considérée comme ce qui se fait de mieux comme métal mélodique, depuis 15 ans. Mark Tremonti (guitare/voix), Brian Marshall (basse) et Scott Phillips (batterie) complètent le line up. Alter Bridge n’est plus une découverte pour votre serviteur, mais un combo qu’il apprécie voir et écouter. Aujourd’hui, il est venu défendre son dernier elpee, « Walk The Sky ».

L’intro du dernier album ouvre le set. Myles débarque 3 bonnes minutes après les 3 autres musicos. Si le drummer est planté sur une estrade surélevée, le reste de la formation dispose de tout l’espace pour se balader, sur les planches, de long en large. La combinaison des 5 écrans entourés de leds est impressionnante. Les baffles Marshall crachent un son assourdissant en début de parcours. En tout cas, lors des trois premiers titres, dont un « Wouldn't You Rather », extrait du dernier LP, en forme de coup de poing dans la figure. Heureusement, l’ingé-son finit par rectifier le tir, à l’issue de ce trio de tracks assommants. Les musiciens sont de véritables pros. Mais les regards du public se focalisent surtout sur Myles Kennedy. De jolies mélodies et de longs solos de gratte communiquent de bonnes vibrations à l’auditoire. Mark Tremontiest, le soliste est omniprésent. Il accorde, en outre, un solo génial, après celui de Kennedy, sur « Blackbird », en fin de concert. Le set va également nous réserver trois morceaux plus lents et acoustiques, comme « In Loving Memory », « Blackbird » et « Metalingus ». Un excellent show, même si celui de Shinedown lui a volé la vedette… (pour les photos, c’est encore ici)

Setlist : « One Life », « Wouldn't You Rather », « Isolation », « Come To Live », « Pay No Mind », « Ghost of Days Gone By », « White Knuckles », « Dying Light », « Rise Today », « Cry Of Achilles », « Forever Falling», « In Loving Memory», « Blackbird », « Open Your Eyes », « Metalingus », « Godspeed », « Addict To Pain ».

(Organisation : Live Nation)

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Le graphisme Punk s'expose au musée ADAM à Bruxelles

Depuis le 20 novembre dernier, l'ADAM (Brussels Design Museum) présente ‘PUNK GRAPHICS’, une exposition explorant le langage visuel singulier enfanté par le mouvement Punk, au cours des années '70 et identifié jusqu’au milieu des années '80. Pour être plus précis, on devrait parler de ‘Punk, Post punk et New-Wave Graphics’, car cette esthétique a également servi de véhicule visuel pour les mouvements apparus dans le sillage du ‘No Future’ de 1977. À travers des centaines d’images iconiques, le visiteur peut découvrir l’influence durable du mouvement punk sur le graphisme mainstream. Organisée par thème plutôt que par artiste, cette exposition quadrille l’histoire du punk pour explorer diverses techniques graphiques, comme le rôle des images appropriées ou empruntées, l’utilisation du collage et du montage ou encore les méthodes DIY des flyers et des zines. Musiczine a rencontré David Vermeiren, curateur de l'expo belge.

78723085_1302905043250904_2494828403530661888_n.jpgDavid, merci pour cette interview. Cette exposition est, à l'origine, bien américaine ?

David Vermeiren : Oui, elle a été présentée d'abord au Cranbrook Art Museum, près de Detroit et ensuite au Museum of Arts and Design (MAD) de New York. Elle s’appuie sur la collection d’Andrew Krivine, un banquier d’affaires new-yorkais qui a été le témoin privilégié de la naissance du mouvement punk. C'est Andrew Blauvelt, directeur du Cranbrook Art Museum, qui a sélectionné 500 pièces pour créer l'exposition. Pour ma part, j'en ai ajouté une série provenant de collectionneurs belges.

Comment peut-on caractériser cette esthétique Punk ?

ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-004_-_Copy.jpgD.V. : C'est une esthétique qui reflète l’attitude 'anti-système' de la culture Punk. Elle privilégiait une pratique DIY (‘débrouille’) et ‘artisanale’ alors même que le secteur graphique professionnel s’ouvrait aux outils informatiques. Les musiciens créaient leurs propres affiches et pochettes de disques, tandis que les fans confectionnaient flyers et fanzines à l’aide de machines à écrire, mais aussi en découpant des lettres dans les journaux et magazines.

L'esthétique Punk était aussi coutumière d'une une forme de plagiat, d'appropriation ?

D.V. : Oui, il existait une grande liberté d’inspiration. Elle puisait dans toutes les formes d’art ; la culture pop, la BD, les romans populaires, la science-fiction, les films d’horreur... Le collage était la technique de référence.

Comme, par exemple, sur la pochette de « Anarchy in The UK » des Sex Pistols...anarchy.jpg

D.V. : Oui, c'est une pochette réalisée par Jamie Reid, en 1976. L’image empruntée reste parfois telle quelle. C’est le cas du diagramme des ondes sonores d’un pulsar repéré dans un manuel d’astronomie et utilisé par Peter Saville pour l’album « Unknown Pleasures » de Joy Division ou de nombreux portraits de célébrités utilisés sur les pochettes des Smiths.

 

Les artistes Punk reprenaient également des images de la propagande communiste, comme par exemple sur la pochette de l'album « Sandinista ! », de The Clash...ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-002_-_Copy.jpg

D.V. : Oui, l'objectif était de montrer une image choquante pour susciter une réflexion. Des images de guerre ou de films d'horreur étaient également employées. Pour le mouvement ‘Rock Against Racism’, lancé après les déclarations racistes d'Eric Clapton, en 1976, le groupe s’est servi de l'étoile à 5 pointes, créée à l'origine par un graphiste russe, Lazar Lissitzky, dans les années 30.

Plus tard, ces techniques DIY se sont professionnalisées pour se transformer en un style largement diffusé...

D.V. : Oui, au début des années '80, on l’observe sur les pochettes d'OMD ou de New Order. Ici, l'influence vient surtout du Constructivisme, avec ses formes géométriques radicales.

Abordons la partie belge de l'exposition. Vous avez pu avoir accès à la collection d'Annick Honoré, je crois ?

plan_k_jd.jpgD.V. : Oui, pour ceux qui ne la connaissent pas, Annick était journaliste et elle s'occupait de la programmation des concerts du Plan K, la salle de concert mythique située à Molenbeek. C'est elle qui a permis à Joy Division d’y jouer, en octobre 1979 et en janvier 1980. Elle a aussi co-fondé les Disques du Crépuscule et Factory Benelux. Elle est malheureusement décédée il y a 5 ans. Tout au long de sa carrière, elle a accumulé des archives, auxquelles nous avons eu accès grâce à la précieuse collaboration de sa fille, Sasha Vernaeve. 

Annick était une femme extraordinaire. J'ai eu la chance de la connaître un petit peu. Elle nous a quittés beaucoup trop tôt. Quels sont les autres contributeurs pour la partie belge de l'expo ?

D.V : A côté d'Annick, il y a Arno Arnouts, Lieven De Ridder, qui a livré les pochettes de disques...

C'est Lieven de Ridder, du label Walhalla Records ?

D.V. : Exactement. Il y a aussi Touki, de Belgian Waffles Records, Etienne Vernaeve, le père de Sasha, Ruud Martens, Patrick Lemin, Christophe Malfliet et, enfin, Kloot Per W, qui a fourni les fanzines. A l’époque, il avait participé à l’aventure de Polyphonic Size.

Quelle est la caractéristique du graphisme Punk en Belgique ?ADAM-MUSEUM-Vincent-Everarts-011.jpg

D.V. : Le Punk était une petite scène en Belgique. Le mouvement a véritablement commencé au festival Jazz Bilzen en 1977, quand The Damned et Elvis Costello s’y sont produits. Soit l’année au cours de laquelle est paru le premier album de Hubble Bubble, avec Plastic Bertrand dans le line up. A la même époque, l'Ep de Chainsaw, « See Saw », est également sorti. Et l'année suivante, le premier elpee –éponyme– des Kids. On expose d'ailleurs une photo de leur concert immortalisée au festival Jazz Bilzen, en 1978.

 

A cette époque, la Belgique était, je crois, à la pointe de l'avant-garde grâce, entre autres, à la proximité géographique et culturelle avec l'Angleterre.

D.V. : Oui, le fait d'être un petit pays nous a donné une plus grande capacité d'ouverture. Le Plan K, par exemple, était un lieu culturel unique en Europe. Nous exposons d’ailleurs de nombreux posters du Plan K, mais aussi de l'Ancienne Belgique, du Beursschouwburg, etc. Il y a également des flyers DIY en noir et blanc, parfois écrits à la main. Les posters du Plan K sont, eux, plus professionnels. Ils présentent bien souvent des créations d'artistes renommés, comme celles de Jean-François Octave, qui utilisait, lui aussi, l'esthétique constructiviste.

new.jpgPour clôturer, quel est la pièce que vous préférez dans l'exposition ?

D.V. : C'est un poster de Peter Saville, réalisé pour New Order.

Merci !

L'exposition ‘Punk Graphics’ est ouverte jusqu’au 26 avril 2020, à l'ADAM Museum de Bruxelles (Heysel).

http://adamuseum.be/

Merci à David Vermeiren, ADAM Museum et BE CULTURE.

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