Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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L7

La Grande Sophie

Cet instant

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« Cet instant » constitue une œuvre tout simplement magique et magnifique à la fois ; et elle devrait assurément combler les aficionados de la Grande Sophie. Mais également les autres mélomanes…

Pour ce huitième opus, Miss Huriaux emprunte une emphase incantatoire où le temps reste l’axe central (« Une vie », « Hier », « Nous étions »). Celui qui passe, ronge, (s)’explique. Elle dépeint des instants de vie dans lesquels chacun y trouvera son compte. L’écoute dématérialise la conscience humaine et aborde une réflexion à laquelle on ne peut rester indifférent.

Tout va vite, beaucoup trop vite. Si l’exercice est à considérer comme un polaroïd de notre époque irrémédiablement brouillée, la dame n’en explore pas pour autant les travers nostalgiques.

Elle aborde cette thématique avec une neutralité toute relative et un positivisme qui sent bon la joie de vivre. Ses compositions, si elles peuvent être consensuelles, se posent sur des rythmes qui peuvent également se révéler aussi sacrément endiablés (« Missive », « Tu ne me reconnais pas »).

La prise de risque est évidente et à cinquante berges, la demoiselle livre là un bel hommage à cette notion clé dans l’existence humaine. Un essai qui lui va à ravir et dont elle devrait s’inspirer encore.

D’autant plus que c’est au piano que les morceaux ont été composés et construits, alors que la guitare reste son instrument de prédilection.

Et même si l’approche des arrangements s’avère contemporaine, ses chansons conservent une authenticité quasi-candide.

Enfin, cette voix à la fois personnelle et passe-partout fait d’elle l’artiste très populaire qu’elle est devenue.

Cette Sophie a vraiment tout d’une grande !

Squid

Town Centre (Ep)

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Premier Ep pour Squid, un quintet issu de Brighton drivé par le chanteur/drummer Ollie Judge. Son style ? Capricieux ou joyeux, mais aussi envoûtant et frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), puisant ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Découpé en quatre plages et produit par Dan Carey (Black Midi, Fontaine D.C.), ce disque s’ouvre par un titre instrumental, atmosphérique, vaporeux même, limité aux cordes, percus, effets de distorsion et traversé par une intervention à la trompette. Une trompette utilisée dans un style free jazz réminiscent de Miles Davies. Ou alors de Steven Brown (Tuxedo Moon), à l’instar de « Match bet », une compo davantage propulsive que chante Ollie d’une voix presque déclamatoire, parfois frénétique (NDR : le tout compensé par des harmonies vocales paisibles), évoquant tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s). Tout comme sur le plus dansant « The Cleaner », un morceau plutôt disco/funk. Et ce cuivre traverse également « Rodeo », une piste au climat oriental presque cinématique que rejoint un violon grinçant et qu’imprime une boîte à rythmes digne d’un bontempi vintage. On attend l’album avec impatience…

Stephan Eicher

Homeless Songs

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L’année 2019 a été prolifique pour Eicher. D’abord, il a publié « Hüh ! », un album consacré aux reprises de ses chansons sous un angle audacieux. Ensuite, il a gravé un huitième exercice original, sobrement intitulé « Homeless Songs ».

C’est donc un Stephan plein de peps que l’on retrouve aujourd’hui, laissant loin derrière lui les problèmes juridiques qu’il a rencontrés avec sa maison de disques. Sans oublier les ennuis de santé auxquels il a dû faire face.

Il y a 7 longues années que l’artiste n’avait plus publié d’elpee réunissant de nouvelles compos. Des compos qui figurent sur cet essai aux allures libres et sauvages…

Empreint d’une pointe de mélancolie, les chansons embrassent une large palette d’émotions sur un laps de temps parfois très court, à l’instar de « Broken » (43 secondes seulement) ou très long (plus de 6 minutes pour « Niene dehei »). Des morceaux qui adoptent tour à tour un profil folk, dépouillé ou au contraire savamment orchestré (« Wie Einem Der Gewissheit Hat »).

L’artiste bernois jongle une nouvelle fois entre les idiomes –anglais, suisse ou allemand– qu’il maîtrise à merveille en y apportant cette petite pointe d’accent fébrile qui le rend unique et très attachant.

Son comparse de toujours, Philippe Djian, lui offre à nouveau fois cette plume particulière qui sublime cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre toutes.

L’artwork représente une femme que l’on devine plus que l’on ne distingue. « Homeless Songs » en est l’allégorie. Il faut du temps pour en cerner tous les charmes avant de l’apprivoiser.

Proche de la soixantaine, Stephan respecte la ligne artistique qu’il s’est fixée depuis quelque temps. Son LP ne recèle pas de morceaux nécessairement ‘tubesques’ (si l’on excepte « La fête est finie » en compagnie d’Axelle Red et Miossec qui pourrait faire l’effet d’une bombe), mais s’écoute comme s’il avait été posé dans un écrin de velours.

Enfin, il semble avoir retrouvé une certaine sérénité et va pouvoir maintenant réellement déjeuner en paix…

Jeanne Cherhal

L’An 40

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Alors qu’elle affiche à peine 41 balais, Jeanne Cherhal compte pourtant à son actif deux décennies d’une carrière très riche.

Pour ce passage à la quarantaine, l’artiste a senti le besoin de s’exprimer sur le prisme de sa vie en réalisant un album de chanson française dont la source d’inspiration a été puisée à la fois dans la Drôme, en Auvergne ou même à la Réunion.

« L’An 40 », sixième du nom, est la résultante d’un patchwork posé sur un lit de piano/voix à la cambrure poétique au cours duquel les arrangements subtils et royalement orchestrés épousent une tessiture de voix addictive et apaisante.

Enregistrées entre Paris et Los Angeles, les compositions décrivent le temps qui passe et sont joyeusement, circonstanciellement et judicieusement colorées de cuivres ou d’une chorale gospel (« Racines d’or »).

Entre la naissance (César relate sa césarienne) et la mort (un hommage vibrant à Jacques Higelin), il n’y a qu’un pas que Cherhal ose pourtant franchir pour se concentrer sur les émotions en s’émancipant même sans fausse pudeur lors d’un « Soixante-neuf » qui évoque une pratique sexuelle sans la moindre équivoque.

Jeanne a décidemment plusieurs cordes à son arc !

The Mountain Goats

In League with Dragons

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Hormis la voix nasillarde si reconnaissable et particulière de son chanteur Jeff Darnielle, il est parfois difficile de suivre The Mountain Goats, car sa musique part un peu dans tous les sens… et ce depuis ses débuts discographiques, en 1994. Entre un magnifique album consacré au catch (« Beat the Champ »), un autre à la culture gothique (« Goth ») ou encore dédié à sa ville de Portland (« We Shall All Be Healed »), cette formation a décidé de s’inspirer des légendes de ‘Donjons & Dragons’ pour enregistrer son 17ème elpee, en osant une comparaison entre les sorciers déchus et les athlètes rincés (« Doc Gooden ») ou les rockeurs vidés (Ozzy Osbourne sur « Passiac 1975 ») après avoir accompli de longues carrières… Rien que ça ! Libre comme jamais, le groupe s’offre, en outre, Owen Pallett pour orchestrer ses morceaux d’obédience country-folk. Pour un résultat assez bluffant. Entre les immédiats « Done Bleeding » et « Passaic 1975 », on épinglera néanmoins les interventions de pedal steel sur « Younger » et les magnifiques chœurs de « Clemency for the Wizard King ». The Mountain Goats n’avait plus affiché une telle forme depuis longtemps !

Mes Souliers Sont Rouges

Ce qui nous lie

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Une chose est certaine, après avoir écouté un album de Mes souliers sont rouges, pas question de broyer du noir !

Née en 1991, la formation originaire de Caen s’est autorisé quelques parenthèses. A l’origine branchée sur la musique traditionnelle française et plus particulièrement normande, elle s’est ensuite orientée vers la variété hexagonale, avant de revenir aux fondamentaux.

 « Ce qui nous lie », 7ème du nom, n’échappe pas à cette règle intangible. Faire d’un disque une parabole de chansons à la fois drôles et intransigeantes.

Parce que le secret de la formation procède de sa recherche de compos hautement symboliques tout en conservant une certaine indépendance vis-à-vis des styles.

Après avoir écoulé 250 000 albums et accordé 75 dates de concerts qui ont accueilli au moins 120 000 personnes, les joyeux drilles caennais revendiquent aujourd’hui tantôt une filiation québécoise ou irlandaise. Cependant, ils n’en oublient pas pour autant leur culture profonde en se servant d’une syntaxe qui sent bon la fraîcheur des marées et la bise poétique surannée.

Grâce à des chansons allègres imprimées sur des rythmes frénétiques, ces drôles de godasses narguent les côtes maritimes et affichent une diversité où se mélangent avec enthousiasme, guitares, violons, accordéons et flûtes enchanteresses.

Finalement, composer une musique colorée, inspirée, mais surtout qui se reflète dans un arc-en-ciel de bonheur, c’est ce que ce combo fait de mieux…

Sonic City 2019 : dimanche 10 novembre

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L’édition 2019 du festival Sonic City était particulièrement alléchante. Sous la houlette des curateurs Cate le Bon et de Shame, elle va proposer une quarantaine de groupes pendant 3 jours. Un bon millier de personnes a répondu présent le dimanche et un peu moins le samedi. Votre serviteur y était ces deux jours. Compte-rendu.

On débarque juste avant le concert de Squids (NDR : traduisez calamars !) Bonne initiative de la part de l’attaché de presse chez PiaS d’avoir transmis l’Ep de cette formation issue de Brighton, sans quoi on manquait un des meilleurs moments du festival. Squids, c’est un quintet réunissant deux gratteurs dont un gaucher, un bassiste qui double à la trompette, un claviériste (NDR : encore que ces musicos sont capables de changer d’instrument en cours de parcours) et un drummer qui se charge également du lead vocal. Un fait assez rare pour le souligner, d’autant plus que ce Ollie Judge assure parfaitement les deux rôles. C’est même lui qui sert de chef d’orchestre chez le combo. Son chanté/parlé évoque tour à tour feu Mark E. Smith (The Fall), David Byrne (Talking Heads) ou encore Fred Schneider (B52’s), alors que capricieuse mais joyeuse, mais aussi envoûtante ou frénétique, voire atmosphérique et tentaculaire (?!?!?), la musique de Squids puise ses sources aussi bien dans le post punk, le jazz, la soul que le funk blanc. Et le résultat est aussi rafraîchissant qu’original. Et puis certaines interventions à la trompette s’évadent à la manière d’un Steven Brown (Tuxedomoon). Ollie vient interpréter un morceau plus paisible sans frapper sur ses fûts, mais simplement sur une cymbale, pour accélérer le tempo. Une belle salve d’applaudissements va ponctuer cette prestation particulièrement convaincante.

The Murder Capital est un autre band dublinois, responsable d’un premier album. Baptisé « When I have fears », il est paru en août dernier, un elpee chroniqué dans nos colonnes ici. Le quintet monte sur le podium : deux guitaristes, un bassiste, un batteur et le chanteur James McGovern. Le show s’ouvre par les deux versions de « Slowdance », deux morceaux relativement indolents et monochromes. McGovern secoue un tambourin, s’en sert même comme un éventail avant de la balancer dans les mains d’un roadie prêt à le recevoir en coulisses. Cheveux coupés assez courts, il a une tête plutôt patibulaire voire inquiétante. Les mains dans le dos, il regarde le sol. Quoique caverneuse, sa voix passe bien la rampe. Le bassiste, Gabriel Paschal Blake ne tient déjà pas en place et se contorsionne d’un air menaçant en exhibant son instrument. Et sa ligne de basse palpite comme un cœur atteint de tachycardie. Gémissements et crépitements de cordes alimentent « Love, Love, Love ». Le drumming de Diarmuid Brennan est aussi syncopé que celui de Stephen Morris (Joy Division). Et « For everything » trahit bien des références aux Young Gods, comme sur le long playing. « Green & blue » constitue un monolithe post punk imposant, taillé par un riff de basse puissant. Le show monte encore en crescendo tout au long de « For everything ». Mais à partir de « Don’t cling to life », la fièvre va s’emparer du band. Des mouvements de danse, puis des pogos se propagent dans la foule. Mais aussi le crowdsurfing. Le leader ouvre alors la fosse à partir de « More is less », et saute dedans pendant le final « Feeding faces ». Paradoxalement, si au fil du set les titres proposés sont devenus plus durs, ils sont restés mélodieux. D’ailleurs, de nombreux spectateurs ont repris les paroles des chansons en chœur. Un des points culminants du festival !

Setlist : Slow Dance I, Slowdance II, Love, Love, Love, Green & Blue, For everything, Don’t cling to life, More and less, Feeling faces

Corridor se produit à l’étage. Un quintet montréalais signé chez Sub Pop. Rien d’extraordinaire jusque-là, sauf que les compos sont interprétées en français. Une première pour le label ! Maintenant, en ‘live’, il faut bien reconnaître que les paroles sont un peu noyées sous le flux des instruments. Le line up réunit deux guitaristes, un drummer, un percussionniste/claviériste et le bassiste/chanteur Dominic Berthiaume ; Jonathan Robert, l’un des deux gratteurs assurant la seconde voix. Et c’est sans doute au niveau des harmonies vocales et de l’intensité des cordes électriques que reposent toute la force de ce band qui doit probablement puiser certaines de ses influences majeures chez Big Star et les Byrds. Malheureusement, les compos manquent cruellement de relief et on a parfois l’impression que tout est dispensé sur un même ton… post punk. Dommage, car ce Corridor mérite de sortir du couloir de l’anonymat…

Deerhunter est né en 2001. Issu d’Atlanta, il est considéré comme un des groupes les plus brillants de sa génération. A son compteur, 8 albums dont le dernier, “Why Hasn’t Everything Already Disappeared?”, est paru au début de l’année. Bradford Cox en est le leader. Grand, filiforme, ce n’est pas vraiment un top model. D’ailleurs, il pourrait incarner facilement un rôle dans un film de zombies. Ce soir, il porte un blouson d’aviateur, des bottillons rouges et est chaussé de lunettes de soleil roses. Elégance ne rime pas nécessairement avec décadence. Un blouson qu’il va ôter assez rapidement, tout comme ses lunettes. Il est épaulé par un claviériste/saxophoniste, un drummer, un bassiste et un guitariste. Suivant les chansons, Cox se consacre exclusivement au micro ou au chant et à la guitare. Des grattes qui peuvent vraiment se charger d’une belle intensité quand un max d’effets est injecté dans des couches délavées, pétillantes, atmosphériques, bringuebalantes ou bourdonnantes. Il dédie « Plains » à son amie Cate Le Bon, une compo qu’ils jouent d’ailleurs ensemble régulièrement. Mais pas ce soir. Il croone aussi sur les morceaux les plus lents, comme lorsqu’il s’assied un moment sur le bord de l’estrade du batteur, pour une composition acoustique, avant que cette valse accélère sous une forme, à nouveau, bien électrique. Le temps d’un morceau, le claviériste empoigne et souffle dans son saxophone, en démontrant toute sa virtuosité sur son instrument. Tout le backing group est d’ailleurs constitué d’excellents instrumentistes. Et puis, un violoniste vient se joindre au band lors d’un final dantesque, propice à la distorsion et au feedback, lors de « He would whave laughed », un hommage au regretté Jay Reatard. 1h20, finalement, c’était vraiment trop court, car le concert était vraiment remarquable.

Setlist : Death in Midsummer, No One's Sleeping, What Happens to People?,  Revival, Desire Lines, Sailing, Take Care, Futurism, Plains, Coronado, Nocturne, Agoraphobia, He Would Have Laughed

Prévenu, votre serviteur prend du recul avant d’assister au show de Shame, un combo bien punk, dans la tradition des Sex Pistols. Issu du Sud de Londres, il a la réputation d’accorder des prestations incendiaires. 

Les baffles crachent la musique du film ‘Les dents de la mer’. Le groupe débarque enfin sur les planches avec 10 minutes de retard. Charlie Steen, le chanteur, porte un costume en pied de poule, dont il va rapidement enlever la veste, puis le t-shirt, pour finir torse-nu.  Mais dès les premiers accords, c’est le délire ! Les musiciens de The Murder Capital envahissent le podium depuis les coulisses et balancent bière et eau dans le public, gobelets et bouteilles en plastique, y compris. Et certains d’entre eux le rejoignent pour lancer la première série de crowdsurfing. Qui ne va d’ailleurs plus d’arrêter avant la fin du show. Certains spectateurs se hissent sur l’estrade et replongent aussitôt dans la fosse. Le bassiste court de gauche à droite quand il ne bondit pas comme un kangourou. Et les autres musicos se démènent presque autant. Seul le drummer (cheveux longs ?) se contente d’imprimer un tempo infernal. Puis avant « The lick », Charlie saute dans cette fosse pour déclarer l’ouverture des moshpits. Quand McGovern, le chanteur de The Murder Capital, réapparaît, c’est pour monter sur la scène et rouler un patin à Steen. Votre serviteur n’a pas pris assez de recul et doit se résigner à battre en retraite, car l’effervescence dans le public gagne du terrain. 2/3 de la foule est en ébullition. Faut dire que Charlie jette littéralement de l’huile sur le feu pour activer cet incendie sonore, en invitant notamment la foule à s’approcher du podium. Il porte son pied de micro sur les épaules comme un haltérophile. Un fameux showman ! Et pourtant, malgré cette sauvagerie, certaines compos sont tramées dans de savoureux échanges de grattes électriques. En 50 années de concerts, il faut avouer que votre serviteur a rarement connu un tel chaos. Mais dans une chouette ambiance. Car il n’a engendré aucune échauffourée et a permis aux festivaliers de manifester –sans doute spontanément– leur bonheur de vivre intensément le moment présent. Bon, il doit bien y a voir quelques bleus ou dents cassées à l’arrivée ; mais les intrépides qui se sont lancés dans la mêlée connaissaient les risques. D’ailleurs, à la fin du spectacle, Steen est revenu sur le podium pour s’inquiéter d’un iPhone perdu et de quelques objets trouvés.

Setlist : Another, Niigel Hitter, Concrete, The Lick, One Rizla, Cowboy Supreme, Tasteless, Human, for a Minute, March Day, Friction, Dust on Trial, Snowday, Gold Hole,

Bref, ce Sonic City était assurément d’un tout grand cru. Maintenant, impossible d’assister seul à tous les concerts. A minuit, ce dimanche, les jambes devenaient lourdes, très lourdes même ; raison pour laquelle entre les shows, il était important de se reposer dans la salle prévue à cet effet. Tiens petite anecdote, quelque temps après le show de The Murder Capital, James McGovern y est passé en catimini, vêtu d’un long manteau, un fichu sur la tête et chaussé de lunettes fumées. Enfin, il faut remercier les organisateurs pour leur accueil et leur sens de l’organisation. Presque tous les groupes ou artistes ont respecté le timing. Le prix des consommations était raisonnable et il y avait de la bière blanche. Epuisée, néanmoins, le dimanche à 22 heures. Seul bémol, le prix du parking. Et impossible d’éviter les emplacements payants, dans les artères adjacentes, sous peine d’amende. Et comme les transports en commun ne peuvent plus vous ramener plus ou moins près de chez vous en fin de festival, comment se passer de véhicule ?

A l’année prochaine !

(Organisation : Wilde Westen)

Squids + The Murder Capital + Corridor + Deerhunter + Shame

Fontaines D.C.

Une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre…

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La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

Sonic City 2019 : samedi 9 novembre

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L’édition 2019 du festival Sonic City était particulièrement alléchante. Sous la houlette des curateurs Cate le Bon et de Shame, elle va proposer une quarantaine de groupes pendant 3 jours. Un bon millier de personnes a répondu présent le dimanche et un peu moins le samedi. Votre serviteur y était ces deux jours. Compte-rendu.

Priests avait accordé un excellent concert au Botanique en mai dernier. On espérait donc voir confirmer cette prestation dans le cadre du Sonic City. Le set s’ouvre par le single « Jesus’ son ». Belle entrée en matière ! GL Jaguar, le guitariste, est coiffé d’un chapeau de cow-boy comanche. Cheveux blond platine, chaussée de grandes lunettes de soleil, Katie Alice Greer a enfilé un top de couleur lilas aux reflets scintillants, une salopette blanc/beige dont elle laisse les bretelles retomber pour exhiber son nombril. De teinte orange, mais en latex, le top de la drummeuse, Daniele Daniele, est particulièrement sexy. Légèrement transparent, il dévoile de jolis mamelons… Mais passons au concert. Si la voix de Katie est toujours aussi radieuse, empruntant parfois les inflexions à Siouxsie Sioux voire Kate Pierson, et les envolées de gratte dispensées par GL Jaguar évoquent celles immortalisées par Tristan Garel-Funk chez Sad Lovers & Giants, les balances sont trop approximatives ; et puis le son est trop fort. En outre, les musicos semblent précipités ; et à trois reprises, la préposée aux fûts doit reprendre les morceaux au bout de quelques secondes. Cette dernière vient chanter deux titres, dont « I’m clean », un long morceau coincé entre disco et funk, pas vraiment convaincant. Et si les harmonies vocales échangées entre les deux vocalistes sont très susceptibles de rappeler les B52’s voire les Slits, on regrettera amèrement que le quatuor ne soit pas parvenu à canaliser son énergie furieuse, comme au Bota. Dommage !

Koichi Yamanoha, c’est l’ex-chanteur/bassiste du groupe japonais Screaming Tea Party. Etabli à Londres, il s’est lancé dans un nouveau projet qu’il a baptisé Grimm Grimm. Seul sur le podium, assis sur un siège, il se sert d’une gratte semi-acoustique et de bidouillages électroniques, pour dispenser un acid folk baroque, futuriste et surtout expérimental. Pourtant, ses mélodies sont soignées et les harmonies vocales sous reverb’ et dédoublées réveillent le souvenir des Beatles. C’est très agréable à écouter, éthéré dans l’esprit de Mercury Rev voire de Perfume Garden, mais au bout d’un bon quart d’heure, les compos commencent à toutes se ressembler. Pour info, sachez que cet artiste a été signé par le nouveau label de Kevin Shields (My Bloody Valentine).

En juillet dernier, Whispering Sons s’était produit dans le cadre du festival Cactus et avait laissé une impression mi-figue mi-raisin, ne parvenant pas à entraîner l’auditoire au cœur de son univers, sans doute à cause d’un environnement un peu trop mainstream. Chemisier blanc sur pantalon beige, qui contraste avec les vêtements de couleur noire des autres musicos, Fenne Kuppens, la chanteuse, ne tient pas en place tout au long du set. Elle s’agite comme un pantin désarticulé. Parfois on a même l’impression qu’elle entame un jogging. Si certaines sonorités de guitare semblent héritées de Danse Society, le spectre de Sisters of Mercy rôde régulièrement, la voix de Fenne semblant refouler sa colère, campant même le pendant féminin de celle d’Andrew Eldritch. Mais bonne surprise, les claviers infiltrent judicieusement la solution sonore et le light show colle parfaitement au climat sombre entretenu par le band. Manifestement, le post punk de Whispering Sons s’exprime beaucoup mieux en salle qu’en plein air… Anecdote, lors du dernier morceau l’alarme incendie s’est déclenchée ; ce qui a fait bien rire Fenne…

Cate Le Bon était une des curatrices de l’édition 2019 du Sonic City. Une Galloise qui compte quand même 5 albums à son actif, dont le dernier, « Reward », est paru en mai dernier. Sur scène, elle est soutenue par cinq excellents musicos, dont un drummer et quatre multi-instrumentistes qui se partagent saxophones, claviers, marimba, basse et guitares. Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Cate ; vulnérable, cristallin, son soprano évoque parfois celui de Kate Bush. Elle ne se consacre cependant pas uniquement au micro, se consacrant également et régulièrement à la gratte. Entre certains titres, elle interroge l’auditoire avec un regard noir et une expression stoïque. Et quand elle chante ‘I love you, I love you, I love you’, tout au long de « You don’t love me », on dirait qu’elle parle dans le vide. Multiforme, tour à tour minimaliste ou luxuriante, joyeusement excentrique ou furieusement irrésistible, oscillant entre folk, dub, pop, r&b, jazz, cabaret et post punk (NDR : la ligne de basse, surtout !), la musique emprunte même des accents prog réminiscents du Van Der Graaf Generator (deux saxos, cependant), et tout particulièrement lors de « Wonderful ».

En final, le groupe va nous réserver une version percutante de « What’s not mine », Cate (NDR : qui a adopté une coupe de cheveux à la Jeanne d’Arc) en profitant pour étaler toute sa virtuosité sur ses six cordes. Et un petit millier de personne est tombé, ce soir, sous son charme…

Petit détour par le club où Mega Bog se produit. Il s’agit du groupe d’Erin Elizabeth Birgy, une Américaine dont le répertoire propose des chansons nerveuses qui naviguent quelque part entre jazz, folk et indie, mais dont les morceaux s’achèvent souvent de manière impromptue. Blonde, Erin possède une jolie voix, également susceptible de rappeler Kate Bush. Et curieux, le drummer tient presque constamment un stick et un maracca dans une de ses mains, pour frapper ses fûts. Mais trop synthétique, le clavier ne colle pas vraiment au style musical. Aussi, on en profite pour aller casser la croûte…

Après avoir assisté à deux remarquables concerts, dans le cadre du festival Cactus, il y avait de quoi être enthousiaste à retrouver le Thurston Moore Band sur les planches. Il vient cependant de publier « Spirit counsel », un elpee expérimental, pour lequel il a fait appel à des tas de collaborateurs (pour la plupart des amis) dont une douzaine de guitaristes. Et bien ce soir, Thurston va nous réserver deux extraits de cet opus, « Alice Moki Jane » et « 8 Spring street », lors d’un set qui va durer un peu plus d’une heure. Le premier morceau rend notamment hommage à Alice Coltrane, maîtresse de jazz spirituelle, Moki Cherry, artiste plasticien et musicien suédois, et la poète politique Jayne Cortez, trois femmes qui se sont sans doute forgé une identité artistique singulière, en marge de leurs maris célèbres (John Coltrane, Don Cherry et Ornette Coleman, respectivement). Enfin, « 8 Spring Street » tire son nom de l'ancien discours du compositeur Glenn Branca, mentor et guide spirituel de Moore dans l’underground.

Sur les planches, Thurston est soutenu par un second guitariste (NDR : ils jouent tous les deux de grattes à 12 cordes), en l’occurrence James Sedwards, la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, et Pete Shelley, l’ex-drummer de Sonic Youth. Et dès le départ on est un peu décontenancé par la musique proposée qui sera exclusivement instrumentale. Pete (dont la grosse caisse porte le sigle ‘The Style Council’) joue très souvent debout en se concentrant sur les cymbales, alors que les deux gratteurs tissent de longues envolées atmosphériques, psychédéliques, bourdonnantes ou mystiques, des envolées qui montent et redescendent en crescendo en alimentant une forme d’ambient très électrique qui ne néglige ni le feedback ni les longues stridulations. Les deux guitaristes glissent même des sticks à travers leurs cordes pour produire des sonorités proches d’une boîte à musique.

En fin de parcours Moore tient sa guitare horizontalement au-dessus des têtes du public en laissant ses cordes vibrer et rugir frénétiquement.  

Un set parfait, mais terriblement difficile à digérer si on n’a pas écouté l’album. En fait, Thurston est à nouveau en pleine phase expérimentale, dans la tradition la plus pure de la noisy, un peu comme aux débuts de Sonic Youth, mais aussi dans l’esprit de ses nombreuses collaborations ou aventures en solitaire. Le spectateur lambda, amateur de rock plus ou moins classique, a lui dû trouver le temps bien long…

A demain !

(Organisation : Wilde Westen)

Priests + Grimm Grimm + Whispering Sons + Cate le Bon + Mega Bog + Thurston Moore Band

The Murder Capital

When I have fears

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La scène post punk irlandaise, et tout particulièrement dublinoise, est en ébullition. Girl Band a tracé la voie ; et depuis, des groupes comme Fontaine D.C., Melts, Thumper, Silverbacks et The Murder Capital se sont engouffrés dans la brèche. The Murder Capital a donc gravé son premier elpee. Intitulé « When I have fears », il a bénéficié de la mise en forme de Flood, aka Mark Ellis (U2, New Order, Nick Cave & The Band Seeds, Nine Inch Nails, Smashing Pumpkins, PJ Harvey, Depeche Mode, etc.).

Première constatation, cet elpee est sombre. Très sombre même. Voire lugubre. Deux morceaux rendent même hommage à des proches décédés. Tout d’abord à la mère d’un des musicos sur « Don’t cling to life ». Puis d’un ami qui s’est suicidé sur « On twisted ground ». Côté textes, les compos traitent cependant à la fois de malaise existentiel, mais aussi de sujets personnels. En outre, tout au long de ce long playing, le spectre de Joy Division plane. A cause de ce drumming spasmodique, convulsif et parfois martial ainsi que de cette ligne de basse cotonneuse, parfois même douloureuse. Finalement, ce sont les grattes qui apportent une coloration spécifique à l’ensemble. Tour à tour déchiquetées, limpides (Sad Lovers & Giants ?), luxuriantes (And Also The Trees ?), acérées, frénétiques ou tumultueuses, lorsqu’elles se conjuguent en harmonie, elles sont de toute beauté. Comme sur l’instrumental « Slowdance II ». L’opus recèle cependant l’une ou l’autre compo plus indolente. A l’instar de l’élégiaque et minimaliste « How the streets adore me », une plage tramée sur des accords de piano. Enfin, si la voix James McGovern n’est pas exceptionnelle, elle colle parfaitement à la musique. Un peu comme feu Ian Curtis chez Joy Division… Elle peut ainsi devenir mélancolique, chuchotée, irascible, caverneuse, déchirante ou encore mélodieuse, suivant les émotions qu’elle cherche à communiquer.

Enfin deux pistes affichent des références à l’indus. Tout d’abord le final « Love, love, love ». Puis le morceau d’entrée « For everything », au cours duquel on retrouve ces changements de tempo climatiques si chers aux Young Gods.

Et pour que votre info soit complète sachez que le titre de l’opus s’inspire d’un poème de Keats, alors que l’illustration de la pochette est une photo de réfugiés s’abritant d’une tempête dans le désert…

The Murder Capital se produira en concert, dans le cadre du Sonic City, ce dimanche 10 novembre 2019 et le 11 février 2020 au Botanique de Bruxelles.   

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