La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Ora Cogan
Afghan Whigs

Alice In Chains

Un concert d’anthologie pour les nombreux fans…

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L’Ancienne Belgique accueille ce soir deux poids lourds de la scène rock : Alice In Chains et Black Rebel Motorcycle Club. Si les souvenirs de votre serviteur sont exacts, c’est la première fois que le groupe issu de Seattle se produit dans la salle de la Rue des Pierres. Pour la formation originaire de San Francisco, mais établie à Los Angeles, il s’agit de la troisième (2008 et 2013). Par contre, elle a déjà foulé à quatre reprises les planches du Botanique, un endroit qui correspond mieux à l’esprit indie de sa musique. La salle est soldout depuis bien longtemps, c’est normal vu la présence de ces deux combos…

Black Rebel Motorcycle Club (BRMC) est un groupe californien, dont le patronyme est inspiré du film ‘L'Équipée sauvage’, un long métrage datant de 1953, mettant en scène Marlon Brando, chef d’une bande de motards. Le line up réunit les chanteurs/guitaristes/bassistes Peter Hayes et Robert Turner (NDR : aka Robert Levon Been, il a choisi un pseudo afin s'affranchir de l'influence de son père, feu Michael Been, qui n’était autre que le chanteur de The Call), ainsi que la drummeuse Leah Shapiro (NDR : cette ex-Raveonettes a intégré le groupe en 2008). Son dernier et neuvième elpee, « Wrong Créatures », est paru en 2018. 

En fond de scène, une toile a été tendue sur laquelle figure le logo du band ; en l’occurrence une tête de mort soulignée par deux pistons croisés. Un light show de couleur bleue inonde le podium pendant que le trio s’installe derrière son matos. Le band va nous proposer exclusivement des anciens titres. Ainsi le concert s’ouvre par « Red Eyes And Tears », issu du premier opus (NDR : un éponyme !), publié en 2001 et puis va se contenter de nous balancer une setlist constituée de standards du groupe. Bref, pas de surprise au cours de ce show un peu trop monocorde, mais qui néanmoins s’est certainement révélé agréable pour celles et ceux qui apprécient le rock alternatif teinté de psychédélisme, de blues et de garage de ce trio yankee…

Setlist : « Red Eyes And Tears », « Awake », « Beat The Devil's Tattoo », « Berlin », « Spook », « Spread Your Love ».

A l’instar de Pearl Jam, Nirvana et Soundgarden, Alice in Chains est un des pionniers de la scène grunge. Né en 1987, il s’est accordé une brève pause début du millénaire. Faut dire que son leader et chanteur, le charismatique Layne Staley, est décédé en 2002, après des années de combat contre une addiction aux drogues dures. Il a été alors remplacé par William DuVall. L’éventualité d’un changement de patronyme a même circulé au sein du band. Mais il n’en sera rien. Outre cette parenthèse, le combo n’a quasiment jamais arrêté de tourner. D’ailleurs, l’an dernier, il se produisait encore sur la scène principale de Rock Werchter.

De chaque côté de l’estrade du drummer, deux immenses murs de baffles dans lesquels sont intégrés 48 spots sont érigés. De temps à autre, ces lumières se transforment en écrans vidéo à LED afin de créer différents effets vidéo.

Le set va nous réserver 21 titres bien structurés, partagés intelligemment entre ancien et nouveau répertoire dont, bien sûr, des extraits du dernier opus paru l’an dernier, « Rainier Fog » (NDR : il s’agit de son sixième, et son titre doit son nom au mont Rainier, le volcan toujours en activité qui domine la ville de Seattle).

Le set s’ouvre par « Bleed the Freak », un extrait du premier elpee d’Alice In Chains, « Facelift ». La température dans la fosse est déjà élevée ; et elle ne fera que grimper au fil du show. La foule manifeste déjà son enthousiasme. William la salue et on sent déjà une belle osmose entre la formation et l’auditoire. Manifestement, il s’est très bien réapproprié les anciens morceaux ; ce qui permet au combo de s’en donner à cœur joie lorsqu’il s’attaque à les réinterpréter. Et puis la section rythmique apporte une base solide à DuVall pour prendre son envol vocal et compléter le travail discret mais efficace du gratteur et autre membre fondateur, Jerry Cantrell. A contrario, la voix de ce semble avoir perdu de sa superbe. Mais aux cordes, s’il ne déchire pas souvent, il accorde des solos remarquables. A l’instar de « Stone », « Man In The Box » de « Got Me Wrong » et même de « Rooster », une ballade éblouissante. Des solos mélodiques et sophistiqués dont il le seul à avoir le secret, tout en tissant ses lignes principales sur celles, rythmiques, de DuVall.

Le set principal s’achève cependant par deux des plus grands succès du groupe, « Angry Chair » et « Man in the Box ». Et après avoir littéralement retourné la foule, Alice In Chains est revenu nous accorder quatre morceaux. Un concert d’anthologie pour les nombreux fans présents ce soir…

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Bleed The Freak », « Check My Brain », « Again », « Never », « Themes Bones », « DamThat River », « Hollow », « Your Decision », « Rainier Fog », « Down In A Hole », « No Excuses », « Stone », « Red Giant », « We Die Young », « Nutshell », « Angry Chair », « Man in the Box ».

Rappel : « The One You Know », « Got Me Wrong », « Would ? », « Rooster ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sandor

Sandor la nuit, Virginie le jour...

Véritable révélation sur la scène pop synthétique francophone, la Suissesse Sandor aime cultiver l'ambiguïté. D'abord, son nom est emprunté à une comtesse hongroise du XIXème siècle qui a adopté le genre masculin ; une pionnière transgenre, en somme. Et le côté androgyne est bien sûr présent dans le personnage de la chanteuse valaisanne. Ainsi, dans le très explicite « Tu Disais », elle adopte tour à tour les points de vue narratifs masculins et féminins, avec un réalisme étonnant et des mots très crus. Autre ambiguïté : le mélange du sombre et du lumineux. Il y a quelque chose de la froideur 'new-wave' dans le premier opus de l'artiste valaisanne. Les synthés sont omniprésents et les arrangements font écho à Eurythmics, Rita Mitsuko, Niagara ou Mylène Farmer. Ce côté 'dark' constitue un exutoire pour cette institutrice de formation qui incarne Virginie le jour et Sandor, la nuit (NDR : pardon pour le jeu de mots).

Musiczine a rencontré la chanteuse lors d'une journée 'promo' organisée à Bruxelles. L'occasion de boire un thé maison sur la terrasse ensoleillée du Belga, en sa compagnie...

Comment définirais-tu ta musique ?

Perso, je n'aime pas définir le style de musique qui me correspond. Je laisse ce soin aux autres…

Tu accepterais le terme 'Pop synthétique' ?

Oui, bien sûr !

En y ajoutant un côté plus sombre, un peu 'new-wave', combiné à une tradition de la chanson française ? Dans l’esprit de Niagara, Eurythmics voire même Mylène Farmer ?

Effectivement. J'ai pas mal écouté de la chanson française au cours de mon enfance. Mes parents appréciaient Gainsbourg, Barbara, etc. Mon père s’intéressait plutôt au jazz et ma mère était plutôt branchée par la musique des années 'hippie', comme Melanie... Mais quand j'ai entendu Mylène Farmer, au début, j'ai été fascinée par les arrangements, surtout par les intros des morceaux, parce qu’elles étaient truffées de bruitages, de pleurs de bébés, de cris...

Vous partagez aussi un côté sensuel et même carrément sexuel...

Oui, ses textes étaient souvent provocants. J'aime ce côté direct, tout sauf réconfortant. Et c'est pourquoi je préfère les sonorités chaleureuses, dans le mastering, afin de contrebalancer les plus froides...

Le son de l'album est d'ailleurs très bon, ample et profond. Et les arrangements sont superbes.

Pour la plupart, ils sont signés par Jérémie Durciel.

Ils révèlent une richesse et une subtilité remarquables. Tu lui as dicté des consignes ?

Oui. C'est très facile de travailler avec lui parce que notre entente est parfaite. Je lui suggérais des ébauches et ensuite, il me renvoyait ses démos afin que j’exprime mon opinion. On a tenté de nombreuses versions avant d’obtenir le bon 'son'.

Tu as rencontré des problèmes pour « Tu Disais » ?

Oui. La chanson a été censurée sur les ondes radiophoniques, en Suisse. Quand elle a été diffusée la première fois, des plaintes ont été enregistrées. C'est étonnant parce qu'en fait, c'est simplement une chanson d'amour.

Ce sont les mots, très crus, qui choquent certaines personnes. Tu as envisagé de sortir une version édulcorée ?

On y a pensé mais finalement, j’ai abandonné l’idée. Ce serait dommage de dénaturer le propos. 30 ans plus tôt, des artistes comme Gainsbourg, Rita Mitsuko ou même Desproges jouissaient d’une totale liberté de ton. Aujourd'hui, on est soumis à davantage de contrôle. D'un côté, c'est judicieux, car le système permet de combattre les propos racistes ou homophobes mais d'un autre côté, on assiste à une radicalisation par rapport à la sexualité. Pourtant, on peut parler de sexe sans que le sujet soit obscène.

Ce côté explicite, un peu 'in your face' est familier au rap, surtout dans « Ange Gardien ».

Oui, surtout à cause du rythme. Le tempo est lent. Libé a baptisé « Tu Disais » de chanson 'rappeuse'.

Intéressant, tu incarnes parfois le rôle d'un homme dans tes chansons.

J'aime jouer sur cette ambivalence. Les chansons ont pour objectif de s’adresser à tout le monde. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai opté pour ce nom, Sandor. Il me permet d'exprimer mon profil masculin. 

As-tu l’impression de surfer sur cette vague de chanteuses francophones très féminines et un peu androgynes, impliquant, par exemple, Jeanne Added, Fishbach ou Clara Luciani ?

Oui. On relève de la même génération. On nous a inculqué les mêmes références au cours de notre enfance. Et on se laisse porter par elles sans avoir peur, sans complexes.

Tu connais bien la Belgique ?

Je me suis déjà produite dans le cadre des Nuits Botanique et ensuite, je suis revenue à la Rotonde et au Reflektor, à Liège, en compagnie de Juliette Armanet.

Tu retravailles tes morceaux pour le 'live' ?

Oui. Pour les rendre plus énergiques qu'en studio. Je me consacre à la guitare électrique pour que le son soit plus rock. On y intègre même des solos de guitares.

Y compris le son disto et tout ?

Bien sûr ! J'adore le rock des années '70 façon Led Zeppelin ou Deep Purple.

Et tu parles au public entre les morceaux ?

Au départ, cette démarche était difficile pour moi. Comme je suis d’un naturel très timide, j'ai écrit « Je ne sais pas parler », justement pour évoquer ce malaise. Quand je m’exprime entre les titres, j'ai l'impression de quitter le personnage de Sandor.

Il faudrait peut-être écrire des petites saynètes théâtrales, qui mettraient Sandor en scène.

Oui, ce serait une bonne idée. J’incarne déjà un personnage spécifique, grâce à un look androgyne et une coupe de cheveux particulière. Sandor constitue mon alter-ego intérieur qui se dévoile sur scène.

Là, ce n'est plus l'institutrice ! (rires)

Non ! Sur les planches, je lâche les chiens ! Et cette dualité dans la vie m’équilibre...

On attend impatiemment le prochain concert de Sandor en Belgique. Peut-être à la Rotonde du Botanique, en octobre. A confirmer ! En attendant, l'univers fascinant de la chanteuse sur son album éponyme est à découvrir ici 

Panda Bear

Buoys

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Après avoir délaissé l’Animal Collective (NDR : il n’avait d’ailleurs pas pris part à la confection du dernier elpee), Noah Lennox, aka Panda Bear, vient d’enregistrer son sixième opus solo. Il fait suite à « Panda Bear Meets the Grim Reaper », paru en 2015.

Ce nouveau long playing a été enregistré à Lisbonne où Lennox vit depuis un bon bout de temps. Pour la circonstance, il a invité une vieille connaissance, en l’occurrence Rusty Santos, mieux connu pour avoir bossé en compagnie de Born Ruffians et Owen Pallett, mais qui s’était déjà investi auprès de l’Américain pour mettre en forme l’excellent « Person Pitch ». Parmi les autres collaborateurs, on épinglera la présence de la Dj chilienne Lizz et du chanteur portugais Dino d’Santiago. Des coopérations apparemment efficaces, puisque les 9 pistes de ce long playing sont excellentes. « Buoys » révèle un Lennox paisible, nonobstant le climat mélancolique au sein duquel baigne l’elpee. Bien sûr, Noah aime toujours autant bidouiller ses machines et poser les harmonies vocales –souvent auto-tunées– en couches, mais en général, l’esprit des compos demeure fondamentalement folk. Et lorsque les différents composants entrent en osmose, on ne peut s’empêcher de penser à l’Animal Collective originel, même si l’aspect expérimental n’est pas aussi exploré que celui prospecté par la formation issue de Baltimore. « Buoys » nous invite à entrer dans la bulle créée par Lennox, une bulle probablement aquatique, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Dolphin »…

Bref, ce nouvel LP constitue certainement l’œuvre la plus sereine de Panda Bear, depuis 1999, c’est-à-dire ses débuts en solitaire. Cet artiste hors norme démontre en tout cas qu’il maîtrise toujours aussi parfaitement le sens de la mélodie…

Roméo Elvis

Chocolat

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Fils du chanteur Marka et de la comédienne Laurence Bibot, Roméo s’est affranchi de son pote Le Motel (dont l’ombre plane cependant encore sur la plage d’ouverture, « Intro ») en publiant un recueil de ‘poésies’ urbaines baptisé « Chocolat ».

Le titre de l’album n’a évidemment pas été choisi au hasard ! Il évoque (mais pas que !) ce rapport intime que le Belge entretien avec cette friandise. Et quoi de plus normal que de mettre en exergue la belle capitale lors d’un « Bruxelles », chanté dans les deux langues nationales en compagnie de Zwangere Guy, preuve que les tensions linguistiques n’existent que par ceux qui les créent.

Les collaborations sont nombreuses et s’internationalisent : Todiefor, Vladimir Cauchemar, Matthieu Chedid, Témé Tan ou encore Damon Albarn (Blur). Pas étonnant puisque le gaillard a acquis une certaine expérience en côtoyant, notamment, L’Or du Commun, Caballero & JeanJass, Angèle (évidemment), Lomepal, Thérapie Taxi ou encore HER…

Le frère d’Angèle s’offre le luxe de proposer un album varié et (réellement) engagé. Introspectif aussi lorsqu’il évoque ses ruptures à travers « Malade », « Parano » –morceau au cours duquel la griffe de -M- colle parfaitement à l’univers du rappeur tout en lui apportant une touche atmosphérique– ou encore le punchy « Dis moi » (et ses beats répétitifs), sans oublier ses amours au « Soleil » (chaleureux, rayonnant et positif), son succès « Solo » ainsi que « Normal » révélant ses rapports avec certaines substances illicites comme le souligne le titre maître…

Si la plupart des compositions n’apportent en réalité pas grand-chose, elles feront à coup sûr le bonheur des adolescents dans les cours de récréation qui y verront là un bon sujet de conversation. D’autant plus que l’absence de fine dentelle risque certainement d’alimenter leurs fantasmes (« T’es bonne »)...

Pour celles et ceux dont l’oreille est plus fine et exigeante, l’exercice devient réellement intéressant lorsque l’artiste s’y montre pourfendeur de la noble cause. A l’instar de « Cœur des hommes » qui traite de la xénophobie et du racisme sur les réseaux sociaux ou par ses prises de positions catégoriques, comme sur « Belgique Afrique » qui se penche sur le passé colonial de la Belgique...

Bref, un disque qui constitue un patchwork de ce qu’il y a de mieux et de pire dans le genre…

Avis aux amateurs !

Deaf Wish

Lithium Zion

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Trois années après la sortie de son premier elpee paru sur le mythique label indépendant Sub Pop, Deaf Wish propose son cinquième, un disque intitulé « Lithium Zion ». Si le quatuor australien jouit d’une belle notoriété dans l’univers de l’indie punk, votre serviteur doit reconnaître… qu’il vient de découvrir leur univers… et qu’il est particulièrement intéressant…   

En à peine 12 morceaux, pour un peu plus d’une demi-heure, le groupe parvient à nous replonger au sein de l’indie rock/punk/garage/noise (au choix), réminiscent de Sonic Youth voire de …And You Will Know Us By The Trail of Dead (« Metal Carnage »). Mais c’est celle du légendaire band new-yorkais qui s’avère la plus prégnante. Ainsi, les guitaristes prennent un malin plaisir à torturer leurs cordes et à les rendre incisives (« Ox ») ou à flirter avec les dissonances (« Easy »). En outre, le partage des voix en fonction des morceaux (parfois au sein d’un même) entre Jensen Tjhung et Sarah Hardiman (comme sur l’excellent « FFS ») rappelle cruellement le duo Gordon-Moore.

Bref, même si cet opus nous renvoie quelque part entre les eighties et les nineties, on prend beaucoup de plaisir à l’écoute de cet LP qui devrait figurer dans le peloton de tête des meilleurs de rock/garage pour 2019. Pas étonnant que le leader de Pissed Jeans soit un grand fan du combo et un de ses premiers promoteurs… 

Oui Oui Oui

OK OK !

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Plutôt trois fois ‘Oui’ qu’une pour ce band lyonnais qui vient de graver son premier LP. Tout au long de cet « Ok Ok ! », ce trio démontre qu’il est aussi influencé par la synth-pop (« Alive »), l’indie-rock (« So Long III ») que l’électro-pop (« No Futur ») chère à Metronomy. Cependant, Manon Rudant (au violoncelle et au chant), Jacques Vanel (à la guitare) et Arthur Delaval (aux claviers, chant et boite à rythmes) prennent un soin tout particulier à soigner les mélodies de leurs chansons interprétées dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Vu ses ambiances disparates, ce premier elpee ressemble davantage à une excellente compilation de différents groupes ou artistes à découvrir qu’à l’album d’un seul…

Vampire Weekend

Father of the Bride

Écrit par

Après la sortie de « Modern Vampires of The City », en 2013, les membres de Vampire Weekend ont développé leurs propres projets. Ils sont donc de retour pour ce quatrième LP baptisé « Father of the bride ». Enfin pas tous, puisque Rostam Batmanglij s’est distancié du combo depuis 2016, même s’il a apporté son concours sur un titre, comme producteur et co-auteur. Le line up du band implique donc aujourd’hui, le drummer Chris Tomson, le bassiste Chris Baio et le chanteur/guitariste/parolier Ezra Koening qui semble donc avoir pris le leadership.

Si vous avez aimez les rythmes caribéens des trois premiers essais, vous risquez d’être déçus. Et pourtant, tout au long des 18 compos de ce long playing, V.W. continue d’expérimenter. Mais en tirant un peu dans toutes les directions, le mélomane finit par perdre le fil conducteur. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques invités, dont Danielle Haim au chant, et tout particulièrement sur l’excellent titre d’ouverture, « Hold you now », une piste de country/folk alimentée par une guitare jouée en picking, du violoncelle, de la pedal steel et une chorale angélique. Puis Steve Lacy, le guitariste d’Internet. En particulier sur le jazzyfiant « Sunflower » et la samba/rock « Flower moon ». Parmi les titres qui sortent du lot, on épinglera « Harmony hall », une compo caractérisée par cette guitare encore et toujours en picking, mais en boucle, et des ivoires sémillantes comme chez Primal Scream. Caractérisé par cette ligne de basse jazz/fusion et ses orchestrations flottantes, « Unbearably white » lorgne carrément vers le « Graceland » de Paul Simon. Tout comme le rétro et minimaliste « Rich man », malgré des arrangements de cordes sinueux, presque orientaux. Et enfin, le singulier et enlevé « Sympathy » qui aurait pu naître d’une rencontre entre Arcade Fire et les Doobie Brothers.

Pour confirmer cette impression de fourre-tout, on pourrait encore signaler la présence d’une guitare gémissante empruntée à feu George Harrison, sur le folk futuriste « Big blue », une autre réminiscente de Big Country sur « We belong together », de la rumba, du cabaret, des figures de style baroques, du funk 70’s et des samples. On a même droit à ce clin d’œil adressé à Van Morrison sur l’insouciant et allègre « This life ». L’album s’achève par l’hymnique et mélancolique, « Jerusalem, New York, Berlin », une compo colorée par quelques jolis arpèges de piano.

Bref, une œuvre sans doute audacieuse, agréable à l’écoute mais manifestement trop longue et un peu trop décousue pour vraiment faire la différence.

Hater

Siesta

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En Scandinavie –et en Suède tout particulièrement– la scène inde/pop est toujours aussi fertile. Et régulièrement, elle accouche d’excellents artistes ou groupes dans le style.

Hater vient donc de s’ajouter à une longue liste sur laquelle figure déjà, entre autres, El Pero Del Mar, The Cardigans, The Radio Dept. Et plus récemment Death and Vanilla. Etabli à Malmö ce jeune quatuor nous propose son second elpee, un opus langoureux et acidulé truffé de perles romantiques. Dont « It’s So Easy » constitue le plus bel exemple. L’esprit innocent de Virgin Suicides y plane tout au long de cette plage… Les guitares délicatement ‘smithiennes’ de « Thing To Keep Up With » répondent aux interventions déroutantes du saxo qui soufflent sur « Fall Off » ou aux claviers atmosphériques propagés du côté d’« I Sure Want To ». En outre, la voix fragile et sucrée de Caroline Landahl risque de faire des ravages au sein des cœurs mélancoliques. Ils ne pourront d’ailleurs que chavirer à l’écoute de’« I Wish I Gave You More Time Because I Love You ». Si vous êtes fans de Belle and Sebastian, ne manquez pas l’aubaine !

Ossayol

1990

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Fondé en 2013, Ossayol est un trio bourguignon, issu de Le Creusot très exactement, drivé par le chanteur, compositeur, guitariste Mickaël Pillisio. Il est soutenu par un drummer et un violoncelliste. « 1990 » constitue son premier elpee, une œuvre empreinte de douceur et de mélancolie, mélancolie accentuée par les interventions graciles et langoureuses du violoncelle. Les drums sont arides, parfois martiaux (« The pines »). Mickaël joue de la guitare en picking (NDR : « Happy birthday » semble hanté par Léonard Cohen) ; on entend même parfois les doigts qui glissent sur ses cordes. Enfin, capricieuse, sa voix campe le plus souvent un hybride entre celle d’Andrews Finn (The Veils) et Cat Stevens, mais lorsqu’elle monte dans les tours (« A box ») elle devient carrément écorchée. Un album qui devrait plaire aux mélomanes qui adorent l’indie folk romantique…

Priests

Une messe pas très catholique…

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Responsable d’un superbe second album, « The seduction of Kansas », paru en avril dernier, Priests se produisait ce lundi 20 mai au Witloof Bar du Botanique. Un site presque désert, puisque seul ce concert y était programmé. Issue de Washington D.C, la formation a été réduite à un trio suite au départ de la bassiste Taylor Mulitz, qui a rejoint Flasher. Et si Janel Leppin a collaboré aux sessions d’enregistrement du dernier elpee, elle ne participe apparemment pas aux tournées. Pratiquant une musique qui oscille entre punk et post punk, le band se signale également par des lyrics engagés, socio-politiques, mais également féministes…

Lorsque le combo grimpe sur l’estrade vers 20h15, il doit y avoir une petite centaine de fidèles dans la chapelle. Pour ce périple, le line up bénéficie du concours de la bassiste Alexandra Tyson. Vêtue de noir, y compris le pantalon en cuir, longue chevelure de jais, elle affiche une attitude particulièrement placide, presque mystique. Daniele Daniele, la drummeuse, s’installe en arrière-plan. Devant son tapis de pédales, lunettes épaisses et classiques sur le nez, GL Jaguar ressemble à Ahmed Laaouej, mais en taille XXL. Quant à la chanteuse Katie Alice Greer, on la verrait bien jouer le rôle de Marilyn Monroe, au cinéma. Très jolie et sexy, elle a enfilé une robe décolletée de teinte jaune canari, courte et moulante, en latex vintage. Ses bas-résilles sont retenus par des porte-jarretelles et elle est chaussée de demi-bottes de cow-boy. Et tout au long du set, aguichante, glamour, elle va se déhancher sensuellement. Lors de la communion, on lui donnerait bien le petit Jésus sans confession et sans se faire prier…

La célébration s’ouvre par « Pink white house » et déjà on est impressionné par la voix de Katie, qui pourtant, et elle le signalera, n’est pas au top car, confesse-t-elle, elle a une grenouille (NDR : de bénitier ?) dans la gorge, suite à des problèmes de santé. Alors imaginez le potentiel si cette voix était immaculée ! D’ailleurs, parfois on pense à Adèle, Patti Smith ou même Siouxsie Sioux. Son amplitude lui permet de chuchoter un instant et libérer toute sa puissance, le suivant. Tout au long de « Good time Charlie », la ligne de basse devient carrément cold, dans l’esprit du Cure. Et pour accentuer ce climat, les interventions de gratte adoptent alors un profil atmosphérique, célébré en son temps par Robert Smith, Dik Evans (Virgin Prunes) et surtout Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants) ; une impression qui va se confirmer à plusieurs reprises, lors de cet office. Le groupe reprend le « Mother » de Dantzig ; se réappropriant la chanson pour la transformer en ‘protest song’ en faveur des droits des femmes en matière de procréation. Katie et Daniele troquent leurs places pour le funkysant « I’m clean » et « 68 screen ». De petite taille, le pantalon bouffant, cette dernière possède également une superbe voix, qu’elle n’assurait jusqu’alors que pour les backing vocaux. Et entre les morceaux, elle tente de prêcher quelques mots en français. Sympa ! Mais si Katie est partie s’asseoir sur le siège derrière la batterie, elle n’en joue pas, se contentant de contempler pieusement la boîte à rythmes tout en assurant également la contre-voix. Elle revient alors à l’avant-plan pour « The seduction of Kansas », le titre maître du nouvel opus. Le drumming de Daniele devient carrément frénétique tout au long de l’enlevé « Carol ». Sommet du set, « Nothing feels natural » se révèle plus complexe, même dans les vocaux. Faux départ pour « Texas ». La gratte de GL est désaccordée. Quelques secondes plus tard, tout rentre dans l’ordre, et lors de ce titre, Daniele imprime un tempo new wave à la compo, en frappant sur ses fûts à l’aide de ses maracas. Elle revient prendre le lead vocal sur « No big bang, un titre post punk caractérisé par des vocaux déclamatoires, presque hip hop, alors que les accords de basse tournent en boucle, comme s’ils cherchaient à s’enfoncer religieusement dans votre conscience… Après le sauvage « Control freak », le show s’achève par le superbe single baptisé « Jesus son » ; et c’est sous la bénédiction de l’auditoire que Priests quitte l’autel… Adorable !

Tracklisting

Pink White House
Good Time Charlie
JJ
Mother
Youtube Sartre
I'm Clean
68 Screen
The Seduction of Kansas
Carol
Nothing Feels Natural
Texas
No Big Bang
Control Freak
Jesus Son

Pour lire ou relire la chronique de « The seduction of Kansas », c’est ici

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