La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Editors
Ora Cogan

White Denim

Performance

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Fondé il y a déjà 15 ans, ce groupe texan nous propose son septième elpee, un disque paru pour la première fois chez City Slang, label américain qui héberge notamment Calexico, Lambchop ou encore Timber Timbre. Une nouvelle étape dans le parcours de White Denim, qui n’a cessé de gravir les échelons.

“Performance” constituait une étape ‘périlleuse’ dans la progression de White Denim, vu le changement de batteur et claviériste. Et autant le dire d’emblée, la transition a été parfaitement opérée…  

Si le quatuor emmené par le chanteur/guitariste James Petrolli continue sur sa lancée, il a laissé de côté ses influences psychédéliques. Dès le morceau d’entrée, “Magazin”, les guitares blues/rock spécifiques au band sont bien présentes. Et dans la foulée, le titre maître épouse le même profil. “Fine Slime” s’emballe. Le funk et le blues se conjuguent, libérant alors une bonne dose de swing. “Double Death” nous entraîne dans un univers proche de James Brown. Et le reste vaut également le détour, les Yankees prenant manifestement beaucoup de plaisir à alterner ou agréger les styles tout en adressant des clins d’œil répétés au bon rock’n’blues des 70’s.

Quel bonheur de remonter les décennies, loin des synthés, boîtes à rythmes et autres sonorités électroniques qui sévissent actuellement. Une véritable bouffée d’air frais !

Lonnie Holley

MITH

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A l’âge de 68 ans, Lonnie Holley a eu une vie bien chargée. Né en 1950 à Birmingham dans l’Alabama au sein d’une famille de 27 enfants, il a grandi dans un système américain ségrégationniste et a connu les champs de coton. Ce passé a forgé son caractère et son art qu’il a développé durant toute sa vie que ce soit à travers la sculpture, la peinture ou la musique. Le seul fil rouge de l’artiste est l’expérimentation et l’engagement politique. “MITH”, son troisième opus, ne déroge pas à la règle.

D’abord, il a l’audace de proposer une plage épurée de plus de 18 minutes (“Snuck off the slave ship”). Tout en mêlant le gospel, le blues ou encore le free-jazz, Holley Lonnie revient sur les thèmes qui ont marqué sa vie tels que le racisme (“I’m a Suspect”) ou encore l’engagement politique (“I woke up in a fucked-up America”). La musique de l’Américain est cependant souvent dépouillée. A l’instar de “Back for me”, qu’il interprète seul au piano, dans un style qui évoque Benjamin Clementine, sa voix empruntant un timbre fort proche. Pourtant, lorsqu’on écoute plus attentivement les compos, on décèle une texture sonore plus riche qu’elle n’y paraît, une texture sur laquelle les nappes de voix et les instruments se superposent (”How far is Space-out?”). 

Difficile d’accès à la première écoute, cet album mérite pourtant que l’on s’y attarde, que l’on prenne le temps de le découvrir et d’explorer la musique et les paroles des différents morceaux. A cette condition, vous n resterez pas indifférent à ce long playing de ce vieux ‘sage’...

Cachemire

Qui Est la Punk ?

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‘Qui Est la Punk ?’ constitue le second opus de Cachemire, un disque dont la pochette est illustrée par la photo d’une dame âgée résolument rock’n’roll. Le groupe breton ne ment d’ailleurs pas sur la marchandise. Ses salves électrisées ont été mises en forme par l’expérimenté Charles de Schutter (-M-, Superbus, Ghinzu, No One Is Innocent) alimentent un rock au teintes pop/punk assez basique et diablement énergique. Interprété en français, les 13 morceaux rentre-dedans nous réservent des refrains à reprendre en chœur. Sans être particulièrement orignaux, ces pistes devraient plaire aux fans de Tagada Jones, des Wampas et autres adeptes de riffs sur-vitaminés. Une texture sonore pas aussi délicate que le cachemire mais plutôt chaude comme un bon pull de laine qui tient chaud lors d’un festival, le soir, endroit le groupe doit probablement faire des étincelles…

Various Artists

The Rick and Morty Soundtrack

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Si l’univers totalement barré de ‘Rick et Morty’ ne vous est pas familier, on ne peut que vous conseiller de plonger avec délectation dans une série animée follement drôle et irrévérencieuse ne supportant pas la moindre limite quant à un éventuel bon goût… le petit (idiot !) et timide Rick suit Morty, son scientifique grand-père vulgaire et alcoolique dans des virées ‘sci-fi’ au mauvais goût joyeusement assumé. Ces aventures traduisent une réelle critique de la société comme le propagent depuis des années les Simpsons et autres South Park. Petit ovni musical, la bande-son de cet univers unique mixe des extraits sonores déjantés, des morceaux hip-hop humoristiques (« Alien Jazz Rap », « The Flu Hatin’ Rap » :  tout un programme !) et des compositions signées par quelques maîtres de l’indie-rock tels que Mazzy Star, Chaos Chaos, Chad VanGaalen ou Blonde Redhead. Les fans adoreront, les autres ne s’ennuieront pas une seconde. 

Les gagnants des « Octaves » 2019 sont connus!

Cela fait 15 ans déjà que l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels qui effectue la sélection.

La spécificité des Octaves, c'est clairement la diversité, le mélange des genres : pop/rock, classique, musiques urbaines et chanson française. La liste des lauréats et des gagnants 2019 a été dévoilée lors d'une conférence de presse tenue au sein de l'hôtel de ville de Bruxelles en présence de Jean-Jacques Deleeuw, Président des Octaves, Tony de Vuyst, Directeur général de PointCulture et Delphine Houba, échevine de la Culture de la Ville de Bruxelles.

Voici les gagnants des Octaves 2019 :

Chanson française : Kùzylarsen pour « Le long de ta douceur »
Pop/Rock : Sonnfjord pour « City Lights »
Musiques urbaines : L’Or du Commun pour « Sapiens »
Musiques électroniques : Zoë Mc Pherson pour « String Figures »
Jazz : Antoine Pierre URBEX pour « Sketches of Nowhere »
Musiques du monde : Baloji pour « 137 Avenue Kaniama »
Musique classique : Florian Noack
Musique contemporaine : Benoît Mernier
Album de l’année : « Bodie » de Veence Hanao & Le Motel
Artiste de l’année : Typh Barrow
Spectacle/Concert de l’année : Baloji
Octave de la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles : « Petit Charlot » de Claire Goldfarb & Jean Jadin
Octave PointCulture : Ammar 808
Octave Zinneke : The Klets
Octave de la Ministre de la Culture : Barroco Tout
Octave Fun Radio : HIDDN

L'Octave d'honneur est décerné au contre-bassiste Jean-Louis Rassinfosse. Présent lors de la conférence de presse, le célèbre musicien belge a gratifié le public d'une superbe improvisation, oscillant entre jazz, classique et rock (avec un clin d'oeil à « Smoke On The Water »).

La soirée des Octaves, qui met chaque année à l’honneur les lauréats, aura lieu le 3 juin à La Madeleine à Bruxelles. Pour avoir assisté aux éditions précédentes, nous ne pouvons que recommander cette soirée d'exception. En effet, il ne sera pas question d'une rébarbative remise de prix mais bien d'un spectacle musical complet, au cours duquel les musiciens primés présenteront des duos inédits.

Nous avons pu glaner quelques infos confidentielles sur ces collaborations. Ainsi, L'Or du Commun proposera deux créations : une avec The Klets et l'autre avec Antoine Pierre Urbex. HIDDN, de son côté, apparaîtra aux côtés de l'ensemble Barroco Tout et on attend avec impatience la prestation commune de Zoë Mc Pherson et Benoît Mernier. Et c'est Jean-Louis Rassinfosse qui assurera le 'fil rouge' musical de la soirée.

L'accès est gratuit mais il faut réserver en envoyant un email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Glen Hansard

A la gloire de la Saite-Trinité…

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Né à Dublin le 21 avril 1970, Glen Hansard a fondé The Frame en 1990, un groupe responsable de 7 elpees à jour (NDR : dont « Longitude » en 2015, après un hiatus de plus de 10 ans). En 2006, il avait délaissé son band pour lancer un nouveau projet, The Swell Season, pour lequel il va publier trois long playings. Sa carrière en solitaire, il ne va réellement l’embrasser qu’en 2011. Depuis, ce chanteur, compositeur, guitariste et acteur irlandais, a sorti quatre albums solo, dont le dernier, « The wild willing », est paru en avril dernier…

Le supporting act est assuré par Joe Quartz, un duo réunissant Jeanne Suzin et Olivier Schlegelmilch. La première se consacre au chant, au piano et parfois au melodica, Le second, multi-instrumentiste, se réserve le violoncelle, les drums, et se transforme en human beat box, lorsqu’il reproduit le son de la trompette à l’aide de sa bouche. Etabli à Paris, le couple est responsable d’une expression sonore qui mêle jazz, musique classique et contemporaine. La chanteuse raconte que le tandem avait rencontré Glen, lors d’une jam, il y a un peu plus de 2 mois. Dans la foulée, Glen les a invités à assurer la première partie de sa tournée européenne. A ce jour, la paire a publié deux Eps, et un premier album, « Self Afraid », en 2018, un disque qui avait quand même bien marché. Elle va puiser au sein de ses deux derniers essais pour alimenter sa setlist. 

Le timing est bousculé ; et pour cause, Joe Quartz entame les hostilités dès l’ouverture des portes, devant une salle presque vide. Douce et claire la voix de Jeanne est susceptible d’envolées atmosphériques. Etonnant, Olivier est capable de cumuler en même temps interventions au violoncelle et à la batterie. Et il faut reconnaître qu’il est particulièrement doué dans ces exercices de style. Baignant au sein d’une pop frenchy, « The New World » est dynamisé par des rythmes endiablés qui sentent bon les plages de Kingston… 

Lorsque Glen Hansard et sa troupe grimpent sur l’estrade, le Cirque Royal est à la moitié de sa capacité. L’artiste est soutenu par 9 musiciens, dont un trio à cordes (deux violons et un violoncelle), un claviériste, également préposé aux backing vocaux, un drummer, un saxophoniste qui jongle entre baryton, basse et alto, quand il ne joue pas de la clarinette, un bassiste, deux guitaristes, dont celui à la sèche (NDR : il joue dans un style flamenco) double à l’oud et l’autre qui passe naturellement de la sèche à la semi-acoustique. Le décor est assez sommaire et le light show plutôt dépouillé.

Glen voue une grande admiration à Van Morrison, Dylan, et Cohen, légendes qu’il a d’ailleurs baptisées ‘La Sainte Trinité’. Il raconte avoir assuré une première partie de Dylan et qu’en back stage après avoir pris un verre ensemble, ils sont devenus amis. Dès « Fool’s Game », on se rend compte qu’une grande importance est laissée à l’improvisation. On y décèle également des influences orientales et notamment iraniennes qui transparaissent sur son dernier long playing en solitaire, disque sur lequel les frères Khoshravesh ont participé. Armé de sa gratte semi-acoustique, Glen susurre ses mots, d’une voix légèrement vocodée, sur ce morceau d’une durée de plus de 6 minutes. Les cordes des violons communiquent un climat mélancolique aux compos. Mais ce sont surtout les interventions délicates de l’oud et des ivoires qui apportent une coloration originale à l’ensemble. En fin de parcours, la voix de la préposée aux ivoires semble sortir des profondeurs de l’enfer. Deux autres plages du nouvel LP embraient, en l’occurrence « I’ll Be You, Be Me » et « Don't Settle », des compos particulièrement abouties. Boosté par les cordes et le cuivre, « Don't Settle » monte en puissance et en crescendo, alors que la voix de Glen semble hantée et émaner du fond de ses tripes…

Extrait de l’éponyme « The Swell Season », « My Little Ruin » et dominé par les ivoires. Excellent, le morceau impressionne par la maîtrise des musicos, les interventions au piano débordant sur le titre suivant, « When Your Mind's Made Up  ». Aux ivoires, Glen murmure paisiblement ses mots. Ces instants de quiétude permettent à Glen d’asseoir son interactivité auprès de ses fans. Une discussion s’engage ainsi avec une dame… Les arrangements sont parfaits, la combinaison entre cordes de violons et du violoncelle, de la guitare flamenco ainsi que du cuivre subliment la compo qui s’achève par une communion parfaite entre l’artiste et l’auditoire, ce dernier reprenant en chœur le refrain.

Plus folk, « Bird Of Sorrow » est empreint de délicatesse et d’émotion. Extraite du dernier opus, « Mary » est une ballade aux accents celtiques et orientaux à la fois. Une perle ! La setlist est bien équilibrée. Alimentés par des guitares percutantes et des cuivres somptueux, « Way Back In The Way Back When », « Lowly Deserter » et « Fitzcarraldo » libèrent toute leur puissance, alors que « Winning Streak » trempe dans un americana pur et dur. Avant d’attaquer « The Closing Door », Glen nous parle de Bob Dylan et de la conception de la chanson, inspirée de cette rencontre unique. Tout au long de l’unplugged « Grace Beneath The Pines », on n’entend même pas une mouche voler. Dans un même registre, Glen, seul à la semi-acoustique, nous réserve « Leave a light ».

Après « Her Mercy », Joe Quartz débarque pour participer à l’interprétation de « Fitzcarraldo », une adaptation limitée au piano, à la voix et à la contrebasse. Tous les musicos sont de retour et se placent en ligne pour aborder le « Passing through » de Pete Seeger, un final acoustique au cours duquel, Hansard va jongler entre sèche, mandoline et contrebasse, une cover a cours de laquelle chaque musicien va se réserver un couplet de cette composition.

En 21 chansons sur plus de 145 minutes, Glen s’est livré littéralement corps et âme à son public…

Setlist : « Fool’s Game », « I’ll Be You, Be Me », « Don't Settle », « My Little Ruin », « When Your Mind's Made Up  » (cover The Swell Season), « Bird Of Sorrow », « Mary », « One Of Us Must Lose », « Winning Streak », « The Closing Door », « Race To The Bottom », « Didn't He Ramble », « Leave A Light », « Way Back in the Way Back When », « Grace Beneath The Pines » ( en acoustique), « Falling Slowly » (cover The Swell Season), « Her Mercy », « Fitzcarraldo » (cover The Frames), « Good Life Of Song », « Song Of Good Hope »

Rappel : « Passing Through » (cover Pete Seeger)

(Organisation : Live Nation)

LP

Une personnalité forte et fragile à la fois

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Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Les Nuits Botanique 2019 : samedi 4 mai

Vous connaissez la Loi de Murphy ? En voici un bel exemple ! Imaginez que vous êtes intéressé(e) par deux groupes ou artistes lors d'un festival et, malencontreusement, ils se produisent au même moment, sur deux scènes différentes. Le dilemme de ce soir, aux Nuits Botanique, c'est donc le choix entre Weyes Blood, dans la Rotonde, et Kompromat, sous le chapiteau. Choix cornélien, s'il en est, qui sera résolu à la manière de Salomon, en accordant une moitié du temps à chacune des prestations.

En toute logique, ce diptyque musical est entamé par Weyes Blood, car la pop orchestrale de l'Américaine constitue une idéale mise en bouche avant de passer à l'explosion électro de Kompromat. Natalie Mering, qui a choisi son nom de scène en référence au roman ‘Wise Blood’ de Flannery O'Connor, est un véritable OVNI sur la scène musicale. Dans une démarche 'rétro-futuriste', elle conçoit une musique vintage que l'on croirait issue des années soixante, voire même plus tôt encore. On pense aux Beach Boys, dont elle reprend d'ailleurs le « God Only Knows » en concert, mais aussi à Joan Baez, Procol Harum, The Carpenters, Jennifer Warnes, sans oublier le Jazz et Gershwin ! Ce cocktail suranné débouche, étonnamment, sur une 'dream-pop' moderne, fraîche et hypnotique, bercée par la voix voluptueuse de la jeune Américaine.

Ce soir, sur les planches, Natalie est vêtue d'un superbe costume deux pièces blanc, sur lequel ondule sa sublime chevelure noire. C'est que la chanteuse possède la beauté et l'élégance, outre son talent ; de quoi fasciner le public de la Rotonde. Soutenue par un groupe complet, elle se plante derrière son clavier Nord et, tout au long de la première partie de son set, interprète à la perfection une majorité de compositions tirées de son nouvel album, le 4ème, « Titanic Rising », dont « A Lot's Gonna Change » et son dernier single, « Everyday ». Les versions 'live' sont très proches de celles gravées en studio, ce qui est remarquable vu toute la richesse des arrangements originaux. Au début de « Picture Me Better », on ne peut s'empêcher de comparer les premières notes et les harmonies au « Don't Make Me Over » de Dionne Warwick, un titre repris en français par les Surfs. Tout au long de cette compo, le timbre cristallin et les harmonies stellaires emportent l’auditoire. Pas de doute : le spectacle est très réussi à tous point de vue mais il manque peut-être une petite touche de folie, de mystère pour enflammer complètement les cœurs.

C'est le moment choisi pour quitter l'ambiance intime de la Rotonde et rejoindre le Chapiteau pour le set de Kompromat. Ce duo constitue le nouveau projet de Vitalic et Rebekka Warrior, alias Julia Lanoë, de Sexy Sushi. « Kompromat », en russe, signifie ‘dossiers compromettants’, principalement en référence à une personne publique. Renforçant encore le côté international, les paroles des chansons du duo sont interprétées en... allemand. Un choix étonnant quand on sait que R. Warrior ne parle pas la langue de Goethe !

Qu'à cela ne tienne, le premier album de cette paire, « Traum und Existenz », est un missile ! Il réussit le mariage entre un style électro-clash façon The Hacker & Miss Kittin' et un synth-punk racé, élaboré avec maîtrise par Pascal Arbez-Nicolas.

Quand on connaît les extravagances scéniques de Sexy Sushi, il est naturel d’être curieux de voir ce duo opérer en 'live' ! Après quelques minutes et « Niemand », son premier hit, force est de constater que le show est, disons-le, classique dans un style typiquement Vitalic. Le musicien trône derrière une énorme table, sur laquelle sont disposés son matériel informatique et ses synthés analogiques. Le light-show est impressionnant, articulé autour de lasers placés sur les côtés et d'un gigantesque néon représentant le nom du groupe. Le son est à la hauteur des attentes, énorme. Inquiétante, de par sa coupe militaire et ses habits noirs, R. Warrior chante à la perfection, avec cette hargne typique de l'électro-clash. Pendant « De Mon Âme à Ton Âme », l'actrice française Adèle Haenel, présente sur l'original studio, rejoint le tandem sur les planches pour ce titre aérien et émouvant, qui apparaît dans le set comme une douce parenthèse.

On revient bien vite aux rythmes effrénés grâce à « Auf Immer und Ewig » et « Herztod ». A ce moment, on identifie clairement l'influence de l'EBM belge de Front 242, une influence revendiquée par Pascal Arbez-Nicolas dans ses interviews récents. Pour les fans de ce type de musique, comme votre serviteur, c'est véritablement une aubaine qu'un artiste de la renommée de Vitalic se lance dans un projet clairement orienté du côté 'dark' de la 'wave' !

Bref, on a assisté à un excellent concert ! On espère juste qu'au fil des représentations, R. Warrior s'enhardira quelque peu et qu'elle fera éclater le carcan 'live', un peu convenu pour l'instant, de ce projet hautement prometteur...

En point d'orgue de la soirée, le Français Romain Delahaye, alias Molecule, a déroulé son électro torride sous un chapiteau rendu... glacial par une météo décidément bien déréglée en ce début de mois de mai. Le musicien devait s'y sentir à l'aise, lui qui a élaboré son dernier album, « -22,7° » au... Groenland. Quand on est givré...

Weyes Blood + Kompromat + Molecule

(Organisation Botanique)

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Les Nuits Botanique 2019 : jeudi 2 mai

L'éclectisme qui régit les Nuits Botanique n'est plus à démontrer. Ce soir, il va de nouveau se vérifier, à travers une programmation qui opère un grand écart musical entre un pianiste d'inspiration classique et la nouvelle égérie de l'électro-pop française.

Lubomyr Melnyck nous a fixé rendez-vous dès 20 heure au Grand Salon. Ce pianiste et compositeur canadien d'origine ukrainienne est de retour deux ans après avoir accordé un concert au Cirque Royal, en première partie de Terry Riley. Affichant plus de 70 printemps, il est mondialement connu pour sa technique du jeu ininterrompu. Dans son travail, on peut entendre les influences de Ravi Shankar et d'autres musiciens indiens, tandis que les textures répétitives évoquent souvent Steve Reich et Philip Glass.

Ce soir, il joue à guichets fermés dans le Grand Salon. Arborant un look de patriarche slave, le magicien du piano apparaît seul sous les projecteurs et remercie le public de sa présence. Tout au long du concert, il multipliera les interventions au micro, expliquant les différents aspects de sa technique et présentant le contexte et la signification de chacune de ses compositions.

Dès les deux premières pièces, « Illirion » et « Butterfly », on est frappé par l'incroyable dextérité du musicien. Sa technique consiste à construire un flot ininterrompu de notes en glissant très rapidement sur les ivoires. C'est comme une vague irrésolue qui se déroule en va-et-vient sur toute la longueur du clavier. Au milieu de ces triples ou quadruples croches, Melnyk martèle plus fortement certainement touches, révélant ainsi la mélodie dominante. 

En outre, le Canadien est un maître de l'improvisation, ce qui lui permet d'inventer littéralement de nouvelles compositions tout en jouant. Notons, au passage, qu'il a établi deux records mondiaux, en 1985 à la Sigtuna Stiftelsen, en Suède. Au cours d'un concert enregistré, il a joué avec chaque main jusqu'à 19,5 notes par seconde tout en maintenant une moyenne entre 13 et 14 notes pendant une heure complète. Eddie Van Halen peut aller se rhabiller... 

Modeste, l'artiste rappellera d'ailleurs pendant le concert que sa technique est unique et impossible à reproduire pour les autres pianistes, fussent-ils virtuoses.

Après une courte pièce intitulée « Rondo Gaze », composée, dit-il, pour s'amuser, le Maître s'attaque ensuite à un des piliers de la setlist : « Love song of Bonnie and Clyde », une composition pour deux pianos et un synthétiseur (NDR : un Korg pour être précis). Accompagné par une bande enregistrée, il se lance à nouveau dans une sarabande de notes virevoltantes, au sein desquelles on distingue une mélodie toute simple, évoquant les canons de Pachelbel ou certaines partitions de Vangelis.

Enfin, pour clôturer son concert, Melnyk nous offre « The End of the World », un tour de force de plus de 20 minutes mettant en scène une sombre apocalypse en accords mineurs, suivie d'un motif répétitif qui, tel un mantra, convoque un nouvel espoir et fait apparaître, sous la forme d'accords majeurs, une lumière qui s'entrouvre sur l'éternité...

Les applaudissements du public sont encore nourris lorsque nous mettons le cap sur le Chapiteau, où Jeanne Added entame le cinquième titre de sa setlist. Et non des moindres, puisqu’il s'agit d'un des hits de son nouvel opus, « Mutate ».

Jeanne Added est une musicienne surdouée. Après avoir accompli de brillantes études musicales, elle a entamé une carrière solo orientée, dans un premier temps, sur une ligne plus rock, ponctuée de touches new-wave. Sur son deuxième album, « Radiate », publié il y a quelques semaines, elle a pris un virage à 180°, en empruntant la voie de l'électro-pop, dans un style qui oscille entre l’univers de Ladytron, Goldfrapp et Florence and The Machine. Sur les planches, elle affiche un look assez ambigu, subtilement 'tomboy', qui évoque bien sûr Chris(tine and the Queen), un look qui lui permet d'incarner une icône LGBT, une communauté présente en masse devant le podium...

‘C'est ici que j'ai enregistré mon nouvel album’, précise la chanteuse. ’A Molenbeek !’ (NDR : prononcez ‘Molenbèk’). » Très à l'aise sur les planches, la Française n'hésite pas à papoter entre les morceaux et à chaque fois que la musique devient plus remuante, elle esquisse agilement quelques pas de danse que ne renierait pas la Reine Chris ; encore elle. Les arrangements sont 100% électro, interprétés par deux claviéristes du beau sexe et un batteur.

Dans « Falling hearts » et « Back To Summer », la chanteuse s'amuse clairement avec les rythmiques et les progressions électro, voire même disco-funky. Ces dernières provoquent de belles réactions du public, dans un Chapiteau rempli aux trois-quarts. Par moments, on pense aussi à Austra, le groupe canadien de Katie Stalmanis.

Après le très calme « Look at them », « A war is coming » installe une ambiance menaçante, presque apocalyptique mais qui ne s’éternise pas, car « Lydia » vient à nouveau stimuler les gambettes grâce à des rythmes syncopés et à la superbe envolée de sirènes synthétiques.

Le concert se clôture par « Before the Sun » dont le final est hymnique. Au cours du rappel, Jeanne propose tout d'abord une jolie séquence seule-en-scène à l'entame de « Song 1 2 » et conclut par un « Suddenly » ponctué par les ‘oh oh oh’ repris en chœur par le public. Pas de doute, en ‘live’, Jeanne propose une réelle valeur ajoutée... A real ‘Added’ value...

Lubomyr Melnick + Jeanne Added

(Organisation : Botanique)

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Alan Parsons

Hanté par le spectre d’Eric Woolfson…

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Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

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