Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dernier concert - festival

The Cure
The Cure

Lee Fields

La soul dans toute sa splendeur…

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Lee Fields & The Expressions

Ce mardi soir, veille de la fête du travail, l’Aéronef accueille un vétéran (et précurseur) de la soul. Peu connu du grand public, Elmer ‘Lee’ Fields a quand même une carrière bien remplie. Outre sa ressemblance physique et vocale avec James Brown, le natif de Caroline du Nord a notamment bossé en compagnie de Kool and the Gang et B.B King. Il a également été samplé à de nombreuses reprises par des groupes de hip hop contemporain (NDR : dont A$AP Rocky et Travis Scott). Depuis le début de son parcours, entamé en 1969 (NDR : il n’a alors que 18 printemps), l’Américain n’a jamais cessé d’enregistrer. Il y a une dizaine d’années que les musiciens de The Expressions apportent leur collaboration à Lee Fields. Son dernier opus, « It Rains Love », constitue le cinquième de cette équipe. Dernier survivant de la scène ‘retro-soul’, depuis le décès de Charles Bradley, en 2017, il est devenu le parrain d’une nouvelle génération qui monte et au sein de laquelle Durand Jones and The Indications incarnent la relève. On ne pouvait donc rêver mieux d’assister au concert de Lee Fields and The Expressions en la salle lilloise…

Il est environ 21h lorsque les lumières s’éteignent. La salle est quasiment comble. Sur le podium, bien fringués, les musicos de The Expressions prennent leurs marques. Deux cuivres s’installent à droite, un guitariste et un bassiste de l’autre côté. Le line up implique également un batteur et pianiste. Au bout de quelques notes, Lee Fields entre dans l’arène. Il est vêtu d’une chemise dorée à paillettes. Dès les premières phrases, le public frissonne. L’Américain maîtrise son sujet. Et il peut s’appuyer sur un solide backing group qui manifestement réunit des musicos talentueux, à l’instar du bassiste dont les doigts se promènent littéralement sur son manche. Lee Fieds, malgré ses 69 balais, déborde d’énergie et ne manque pas de sex-appeal. Il arpente l’estrade sur toute sa longueur. Son expérience permet d’enflammer un auditoire qui réagit en se trémoussant, dansant et même en poussant des cris. Et au fil du set, l’ambiance est de plus en plus torride. Ce concert nous replonge plusieurs décennies dans le passé en nous servant toute la panoplie de la soul : une voix sensuelle, des cuivres chauds et du swing. Le tout sur des morceaux traitant de l’amour et la spiritualité sur des rythmes alternant moments langoureux et énergiques. La quasi-totalité de ses deniers morceaux y passent, notamment les excellents « Love Prisoner » et « Blessed with the rest ».

Après une bonne heure et demie, dont un rappel de deux morceaux, Lee Fields & Expressions quittent les planches sous les applaudissements d’un public épuisé mais aux anges. Quelques minutes plus tard, le vétéran de la soul est déjà occupé de signer des autographes. Une véritable star que l’on espère revoir au plus tôt…

(Organisation : Aéronef)

 

Les Nuits Botanique 2019 : vendredi 26 avril

Ce soir, à la Rotonde, dans le cadre des Nuits Botanique, deux artistes plutôt atypiques, si pas carrément décalés ont été programmés.

Dès 20 heures, Mathilde Fernandez grimpe sur les planches. Cette jeune Niçoise, aujourd’hui partagée entre Bruxelles et Paris, est un véritable OVNI dans le paysage musical. Dès les deux premières chansons, « Amérique » et « Egérie », on est plongé dans son univers singulier. Imaginez un mix entre la folie et la démesure de Catherine Ringer, le lyrisme de Kate Bush ainsi que la synth-pop aux accents gothiques de Mylène Farmer et vous obtiendrez une solution personnifiée par Mathilde Fernandez. Adoubée par la presse 'indé' et encensée, entre autres, par Christophe, cette artiste touche-à-tout, issue du milieu des arts visuels, échappe à toute catégorisation. Seule sur scène et vêtue d'une large jupe à carreaux colorés, elle fascine et provoque l'enthousiasme des fans venus nombreux en ce début de soirée.

Dans la setlist, elle a bien entendu inclus les titres de son deuxième Ep, « Hyperstition », paru il y a quelques semaines. « Oubliette » en constitue le morceau-phare et on se délecte à nouveau des envolées lyriques quasi-mystiques de Mathilde, exécutées avec une maîtrise irréprochable. Dans « Mon Dieu » et « Pressentiment Prémonitions », peut-être ses deux plus belles compos, la chanteuse se lance dans une danse empreinte d'une grande sensualité et, pour clôturer ce set endiablé, elle nous offre un inédit : « Temple Sourire ». Avant de quitter l’estrade, elle remercie le public et présente le spectacle suivant en précisant qu'elle ‘jalouse leur accent...’

Le principe d'un festival est d’aller à la découverte d’artistes ou de formations au hasard de la programmation élaborée par les organisateurs. Assister au show d’Hubert Lenoir, un illustre inconnu, revêtait donc pour nous un intérêt particulier. Très précoce, ce jeune chanteur québécois a formé son premier groupe à l’âge de 17 ans : The Seasons. Son premier LP, « Pulp », à l’origine d’une reconnaissance critique, lui a permis de partir en tournée un peu partout dans le monde. Intitulé « Darlène », son nouvel essai est un album concept, accompagné d’un roman du même nom, écrit par Noémie D. Leclerc, sa meilleure amie. Dans cet opus, Lenoir y marie les influences r&b, jazz, glam et psyché rock afin de réaliser une œuvre pop, éclectique, imprévisible et audacieuse.

Le résultat en live ? Un opéra post-moderne et une performance explosive et carrément punk. Soutenu par un groupe au complet, Hubert campe une créature hybride, un peu comme si Brian Molko avait mangé Eminem, Rita Mitsuko et Johnny Rotten. Complètement survolté, il passe en revue, au cours de sa prestation, tous les comportements outrageants du rock : stage diving, crachats, gestes obscènes et strip-tease (presque complet). Fidèle à son personnage ambigu, il échange des baisers appuyés à son guitariste et à sa choriste. Le public, en majorité québécois, réserve un triomphe au musicien et quand le groupe se retire, Lenoir refuse de quitter les planches afin d’accorder à son public un dernier titre a capella. Qu'on aime ou pas, il faut reconnaître que ce soir, Hubert Lenoir a retourné la Rotonde...

Hubert Lenoir – Mathilde Fernandez

(Organisation : Botanique)

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Priests

The seduction of Kansas

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Issu de Washington DC, Priests a enregistré deux albums à ce jour. Le premier, « Nothing feels natural », remonte à 2017. Et son deuxième, « The seduction of Kansas » vient de sortir. Un disque qui s’inspire de l’ouvrage de l’historien Thomas Frank, « What’s the matter with Kansas ». Publié en 2014, il explique comment les conservateurs ont gagné les voix des électeurs aux States. Depuis la sortie du premier elpee, la bassiste originelle, Taylor Mulitz a cédé le relais à la multi-instrumentiste Janel Leppin, qui avait déjà participé aux sessions du précédent long playing. Et c’est à nouveau John Cogleton qui s’est chargé de la mise en forme.

Maintenant, place à la grosse surprise de ce premier trimestre de l’année. Découpé en 12 pistes, ce long playing baigne, en général, dans le post punk. En extrapolant, on pourrait imaginer un croisement entre les Slits, Siouxsie & The Banshees et les Throwing Muses originels. La voix de Katie est très susceptible de passer de l’aigrelet au clair, mais aussi d’adopter un ton frénétique. Et elle est régulièrement soutenue par celle de Janel, quand cette dernière ne lui donne pas la répartie. Tour à tour effilées, chatoyantes ou carillonnantes, les cordes de guitare sont hantées par Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants), quand elles ne gémissent pas comme celles d’Andy Gill (« YouTube Sartre »), le leader de Gang of Four, sans pour autant adopter un profil funk blanc. L’ombre de SL&G rôde encore tout au long de « Not perceived », une excellente compo caractérisée par cette ligne de basse ascendante et celle de guitare descendante. Et si la basse est bien bavarde tout au long de « I’m clean », « Carol » se révèle paradoxalement à la fois glauque et complexe. Un autre sommet de cet LP. Les textes sont engagés, mais suscitent davantage de questions que de réponses. A l’instar d’« Interlude », un morceau au cours duquel, à travers un spoken word, le rêve américain est carrément dézingué. Car violé et abusé par les partis politiques et les multinationales, sur l’autel de la société d’hyperconsommation…

Un des albums de l’année !

En concert le 17 mai à l’Aéronef de Lille et le 20 au Botanique de Bruxelles.

Fontaines D.C.

Dogrel

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A l’instar de Slaves, Shame ou encore IDLES, Fontaines D.C. appartient à cette nouvelle vague punk qui apporte un vent de fraîcheur à la scène pop/rock contemporaine. La formation n’est cependant pas anglaise, mais irlandaise. Issue de Dublin, très exactement. Et elle affiche ouvertement cette appartenance à travers ses lyrics, des textes qui reflètent une passion pour la littérature et la poésie (The Beats, James Royce, Chevron, Patrick Kavanagh, …), ainsi que les questions liées au Brexit ; des chansons écrites par Grian Chatten, dans les pubs locaux, à la manière de Shane McGowan…

« Dogrel » constitue le premier elpee du quintet, un disque qui inclut cinq titres déjà publiés à ce jour, même s’ils ont été remixés pour la circonstance, dont les singles « Too real », « Chequeless reckless » et « Boys in the better land », ainsi que « Hurricane Laughter » et Liberty belle », qui figuraient déjà sur son Bandcamp. Sur les 11 plages de cet opus, il ne reste donc plus que 6 nouvelles compositions. N’empêche, elles ont toutes de l’allure. Et si vous aviez raté ces premiers pas, profitez-en, c’est le moment d’étancher votre soif à cette source rafraîchissante… 

Les compos sont souvent imprimées sur un tempo enlevé, tribal, voire frénétique, dans un style qui oscille du punk au post punk. Les accords de guitares sont tour à sinistres, pépiants, gémissants, chatoyants, bringuebalants ou carrément déstructurés, alors que la ligne de basse rappelle davantage celle tracée par Simon Gallup (Cure) que Peter Hook (Joy Division). Mais c’est la voix de Chatten qui focalise l’attention, une voix semi-chantée, semi-déclamatoire qui rappelle celle de feu Mark E. Smith, le leader de The Fall. L’opus s’achève par « Dublin city sky », une ballade somptueuse, romantique, digne de Shane McGowan, le parolier des Pogues.

Si vous appréciez ou avez apprécié Arctic Monkeys et les Srokes à leurs débuts, mais aussi les Libertines et Joy Division, vous ne pouvez passer à côté de ce « Dogrel »…

The Coathangers

The devil you know

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« The devil you know » constitue déjà le sixième opus de The Coathangers, un trio féminin issu d’Atlanta, dont le discours engagé est reflété à travers ses lyrics revendicateurs. Ainsi, ils n’hésitent pas à fustiger le port des armes à feu aux States, ainsi que les bavures qui en découlent, quand ils ne condamnent pas le capitalisme, le matérialisme, le harcèlement en rue ou encore ne critiquent pas les moralistes…

Atlanta oblige, la plupart des compos sont hantées par les B52’s. Surtout à cause des harmonies vocales, même si individuellement, la voix de Julia Kregel est plus douce et celle de Stephanie Luke, plus rugueuse et caustique. Les riffs de gratte sont énergiques, fulgurants, implacables, sauvages ou syncopés, un peu comme chez les Pixies. La ligne de basse est implacable et cotonneuse. Et le tempo imprimé par les drums est très souvent tribal. Bref, baignant au sein d’un climat post punk, les compositions sont redoutables, menaçantes, et s’autorisent même des breaks déroutants (« Crimson telephone ») ou des changements de rythme imprévisibles (« Last call »), s’achevant pourtant par un morceau plus doux, mais tout aussi sombre (« Lithium »).

Audacieux !

The Mekons

Deserted

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« Deserted » constitue le 22ème elpee de Mekons, un groupe britannique fondé en 1977. Du line up originel, il ne reste plus que Jon Langford et Tom Greenhalg ; mais en plus de quatre décennies, la formation est parvenue à conserver son identité et surtout son authenticité. Sans oublier son humour sinistre. Mais depuis 1983, année au cours de laquelle, Susie Honeyman a débarqué, le violon apporte une coloration spécifique à la musique du band.

Selon l’auteur de la chanson, le « Desert » s’inspire de celui du l’outback australien, pas du Texas, thème qui l’a inspiré. Les textes évoquent ainsi aussi bien les visions de Peter O’Toole, tel un pèlerin sur un chameau (« Lawrence of California ») que l’exil de Rimbaud en Ethiopie (« Havar 183 ») ou celui d’Iggy Pop à Berlin (« Weimar Vending machine / Priest ? »). Le premier évolue sur un rythme impétueux. Sur le second, les inflexions vocales de Greenhalg semblent empruntées à Ed Kuepper. Et le troisième baigne au sein d’un climat particulièrement complexe. Entre accès incantatoires et festifs, la plage véhicule à la fois des accents bowiesques, mais surtout réminiscents de Tuxedo Moon. Suivant son habitude, Mekons aime brouiller les pistes. Ainsi, si les harmonies vocales de « Into the sun / The galaxy explodes » semblent calquées sur celles de « C’est la ouate » de Caroline Loeb, et celles du titre maître sont carrément androgynes, valse folk, « How many stars » lorgne vers les Pogues et dans le même esprit, « Mirage » déboussole par le chant de Tom, semblable à un type complètement bourré (chanson à boire ?), alors que la fin de parcours est aussi déstructurée, expérimentale que psychédélique. Et si le long playing s’achève par « Afer the rain » (NDR : drôle d’idée quand on parle du désert), une piste pleine de contrastes, à la mélodie ‘kinksienne’, aux cordes de grattes crépitantes, avant de s’abandonner dans une forme de psychédélisme atmosphérique, le reste regorge de surprises…

Various Artists

Ces gens là

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Rendre un hommage à un mythe de la chanson française disparu, à travers le prisme de ses contemporains, n’est pas un projet bien neuf.

Une pléiade d’artistes multigénérationnels s’est en effet prêtée à l’exercice des reprises (parfois insolites) du répertoire de Jacques Brel qui aurait fêté ses 90 ans le 8 avril dernier. Et le résultat figure sur une compilation baptisée « Ces gens-là », une chanson datant de 1966, au cours de laquelle le grand Jacques nous racontait l’histoire d’un désespoir face à un amour impossible…

Le travail de réalisation de Larry Klein et la finesse des arrangements permettent de considérer les compositions sous un nouvel angle, certes ; mais le disque souffre malheureusement d’un manque de qualité des adaptations, une lacune sans doute due à ces artistes qui ont privilégié l’air du temps sur l’émotion originelle…

Hormis donc quelques exceptions comme « Port of Amsterdam », une cover au cours de laquelle Marianne Faithfull scande un refrain mille fois entendu, mais parvient à lui communiquer une dimension particulière grâce à sa voix caverneuse, presque venue d’outre-tombe ou encore celle, émouvante, de Michel Jonasz (« Les vieux »), le reste fait pâle figure par rapport aux morceaux originaux.

On épinglera cependant encore le joli clin d’œil de Dutronc junior adressé au paternel dans « Vesoul », lorsqu’il prononce la phrase ‘T'as voulu voir Dutronc et on a vu Dutronc’…

Bref, que Slimane, Zaz ou encore Carla Bruni sachent que se réapproprier une chanson de Brel n’est pas une mince affaire…

Pour célébrer cet anniversaire, il aurait peut-être fallu inviter des artistes plus motivés… 

Et pour que votre info soit complète, sachez que Carla Bruni, Thomas Dutronc, Marianne Faithfull, Claudio Capéo, Bernard Lavilliers, Oxmo Puccino, Slimane, Melody Gardot, Zaz, Gauvain Sers, Michel Jonasz, Madeleine Peyroux et Liv Del Estal figurent au casting de ce "Brel, Ces gens-là"…

Cass McCombs

Tip of the sphere

Écrit par

Neuvième opus solo pour Cass McCombs, un disque qui fait suite à « Skiff », un album enregistré par le supergroupe The Skiffle Players, projet auquel il participe. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours des fidèles musicos de son backing band, en l’occurrence le bassiste Dan Horne, le drummer Otto Hauser et le claviériste Frank LoCrasto.

Découpé en 11 pistes, cet LP ne souffre d’aucune faiblesse. Sur un ton relativement paisible, Cass aborde des thèmes tour à tour spirituels ou personnels mais parfois morbides. Il évoque la réincarnation sur « Estrella » ; baignant au sein d’un climat atmosphérique réminiscent de Dire Straits, cette plage rend hommage à l’artiste mexicain Juan Gabriel. Il aborde le thème du suicide sur « Sidewalk bop after suicide », une ballade mid tempo qui, malgré le recours aux synthés, nous replonge dans l’univers du Buffalo Springfield. Il parle de la lutte des classes sur « Sleeping volcanoes », une ritournelle caractérisée par une ligne de basse offensive. Enfin, tout au long du lugubre « American canyon sutra », il déclame ou chante d’une manière incantatoire, alors qu’une guitare semble sonner le glas. Valse lente, « Tying up loose ends » traite des derniers instants avant la mort. Bref, chaque chanson développe son propre thème. Mais penchons-nous davantage sur la musique.

Le disque s’ouvre ainsi par « I followed the river South to what », un morceau hypnotique tramé sur une guitare en picking, presque en boucle, alors que McCombs emprunte les inflexions vocales à John Wetton. Il adopte même le falsetto de Robert Wyatt tout au long d’« Absentee », une ballade qui mêle subtilement guitare fuzz, piano et saxophone, un cuivre que se réserve par ailleurs Sam Griffin Owens. L’album se referme par « Rounder », un morceau de 10’ dont la première partie, illuminée par une pedal steel, baigne dans l’americana (Wilco, Uncle Tupelo), et la seconde dans le jazz/rock, le spectre de Ray Manzarek planant tout au long des interventions au piano électrique.

Et le reste ne manque pas d’allure, d’ailleurs. A l’instar de « The great pixley train robbery », au riff de gratte central imparable ou encore de l’exotique « Real Life », dynamisé par le tabla indien.

Excellent guitariste, le toucher de cordes de Cass Mc Combs peut même faire penser à Mark Knoplfer voire à Richard Thompson. Une fameuse référence !  Et un excellent album !

Foals

Everything not saved will be lost (Part 1)

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Walter Gervers, membre fondateur et bassiste de Foals, a donc tiré sa révérence. Il n’a pas été remplacé. Les autres musicos ont donc décidé de pallier à cette absence par le recours à des lignes analogiques placées sur des synthés. Des textures électroniques qui reproduisent aussi bien des timbales, des clochettes, des marimbas que des beats. Parfois on pense à une rencontre entre Ryūichi Sakamoto et Depeche Mode. A l’instar du single « Exits », une compo caractérisée par ses harmonies vocales hymniques. L’esprit du musicien/compositeur/producteur japonais hante également l’excellent « White Onions ». Mais la quintessence de l’opus est atteinte sur la pop song classique et entraînante « On the luna », un morceau au cours duquel on retrouve ces riffs de gratte cinglants, ainsi que l’expérimental, particulièrement fouillé, « Cafe d’Athens », une piste dont la rythmique s’inspire de Radiohead alors que la mélodie lorgne vers Jamie XX. Mais hormis le saccadé « Syrups » ainsi que la plage finale « I’m done with the world (& it’s done wigh me) », sorte d’épitaphe en piano/voix, le reste fait quand même pâle figure, l’électro contaminant l’expression sonore au lieu de l’enrichir.

On retiendra quand même les lyrics des compos qui traitent aussi bien des troubles sociopolitiques, de l’instabilité économique que de l’inquiétude face au changement climatique.

A l’origine, Foals avait prévu de graver un double elpee. Finalement, il y en aura deux, dont le second devrait paraître dès l’automne prochain.

Weezer

Weezer (The Black album)

Écrit par

Après le départ de Matt Sharp, en 1998, parti fonder The Rentals, Weezer a mis sa carrière entre parenthèses, laissant même planer une séparation jusqu’en 2000. Mais depuis, le ressort semble cassé. Episodiquement, le band, et surtout Cuomo retrouve l’inspiration. Mais ces bonnes dispositions sont souvent passagères, se traduisant le plus souvent par la confection d’excellents singles : mais le soufflé retombe rapidement. Ce qui n’a jamais empêché le combo de vendre des millions d’albums.

Cet elpee constitue déjà le treizième de Weezer. Encore un éponyme sous-titré. Le sixième ! Il y a eu ‘The Teal’, un bleu, un vert, un rouge un blanc et aujourd’hui, place au noir. Et c’est à nouveau un four. Hormis le single « High as a kite », un morceau de power pop très 90’s, caractérisé par une superbe mélodie, et un « Byzantine » imprimé sur le rythme d’un mambo, l’elpee est aussi insipide que médiocre, malgré ses refrains addictifs. Festif, le morceau d’entrée « Can’t knock the hustle » aurait pu sortir la tête de l’eau si les cuivres mariachi avaient été davantage mis en évidence. Mais en optant pour un easy listening dominé par les synthés, faut-il le souligner, Weezer risque à nouveau de broyer du noir…

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