Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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The Cure
Biohazard 8/8/26

Exploded View

Obey

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Exploded View est un projet né de la collaboration entre Annika Henderson, journaliste politique reconvertie à la musique, et de trois Mexicains, en l’occurrence Martin Thulin (producteur du groupe Crocodiles), Hugo Quezada (Robota, Lorelle Meets The Obsolete) ainsi que le préposé à la guitare et aux synthés, Amon Melgarejo. Depuis la sortie de son premier elpee, gravé il y a deux ans, la formation mexicano-britannique a perdu ce dernier. Ce départ a cependant été considéré comme une occasion rêvée pour revoir la manière de travailler d’Exploded View. Ainsi, alors que l’elpee précédent avait été enregistré dans des conditions ‘live’, “Obey” a été concocté en studio, à Mexico. Le résultat est saisissant. Le trio nous livre un opus riche en influences et ambiances, une œuvre qui agrège subtilement folk, krautrock, new wave et psyché/rock.

L’album s’ouvre par deux titres de dark folk imprimés sur un tempo relativement lent. L’univers macabre, voire angoissant (à l’image de cette nature morte qui sert d’artwork) d’Exploded View transparaît dès les premières notes. Caractérisé par ses rythmes techno, “Dark Stains” baigne au sein d’un même climat. Les choses sérieuses peuvent alors commencer. La basse s’emballe et les sonorités électroniques se réservent davantage d’espace lors de morceaux particulièrement hypnotiques. Anika s’autorise des incantations sur une trame bruitiste, voire psychédélique, sur le titre maître…  

Bref, se nourrissant de multiples influences, les onze plages de cet LP se distinguent par leur singularité ; mais si le résultat peut sembler hétérogène, il définit un style unique en son genre… 

Alain Gibert

Canyon Alibi

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A première écoute, on a l’impression que l’univers sonore d’Alain Gibert est très proche de JP Nataf, alors que sa voix évoque plutôt Etienne Daho, un univers qu’on pourrait qualifier de savamment classieux et frais.

Il s’agit de son second opus et il mérite qu’on y prête une oreille attentive…

Son « Canyon Alibi » sert de refuge au sein duquel l’artiste se livre sans concession sur des sujets aussi divers que variés, un peu comme un melting-pot philanthropique. Il s’y épanche joyeusement, ses compositions, avouons-le, se révélant, le plus souvent, d’une légèreté parfois confuse et dérangeante. Le tout au travers un prisme d’arrangements judicieusement orchestrés grâce notamment à la patte de l’ingé-son Fred Lafage.

Si le choix des thématiques manque d’audace et d’(auto) persuasion comme sur « L’amour est un duel » (en duo avec Laurie Mammoliti) ou encore « Retour métropole » qui narre le retour au pays d’un expat’, la vraie richesse de cet opus se loge au cœur des lignes mélodiques aux cordes en forme des couleurs de l’arc-en-ciel, le tout saupoudré d’un soupçon d’orgue et d’interventions de piano jazzyfiantes (« Les portraits qui s’ennuient »). Lorsque ce n’est pas la steel guitare qui prend le pas sur « Le meilleur pour la fin » ou encore la six cordes pour une « Opération Topaze ». Et si le violon traverse « La terre de tes ancêtres », un banjo berce « Tristan et Juliette ».

Sous cette légèreté faussement apparente, ne se cacherait-il pas en toile de fond un travail extrêmement riche et audacieux, voire abouti, où le musicien s’engage sans contrefaçon, ni apparat ? Effectivement, on peut le penser…

Bref, si le format n’est pas d’une modernité absolue, il reste tout de même un bon album de chanson française, qui finit par séduire si l’on s’y attarde.

Ian Sweet

Crush Crusher

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De son véritable nom Jilian Medford, Ian Sweet est une chanteuse, guitariste et compositrice. Etablie à Los Angeles, elle avait publié un premier elpee, en 2016. Intitulé “Shapeshifter” ce disque était paru sur le label (fondé par Sub Pop) Hardly Art (Protomartyr, La Luz, etc.) Après avoir notamment assuré la première partie de Frankie Cosmos, elle a décidé de se débarrasser de ses deux acolytes, et puis d’enregistrer un nouvel opus. Bien qu’elle signe l’intégralité de son répertoire, pour concocter « Crush crusher », elle a quand même reçu le concours du producteur Gabe Wax (Deerhunter, War on Drugs, ...)

“Crush Crusher” recèle dix plages forgées dans un indie-rock qui semble débarquer en droite ligne des 90’s. Ce n’est pas dans l’air du temps, mais l’Américaine n’incorpore aucun clavier ou rythmes électroniques (hormis le morceau maître) dans son expression sonore. Au menu : une guitare, une basse et une batterie. Et puis sa voix, dont la singularité émane de la reverb, une technique qui inocule à l’ensemble des accents dream-pop. A l’instar de son elpee précédent, elle nous délivre ses états d’âme sans prendre de pincettes. D’une voix haut perchée, elle nous communique ses émotions et tout particulièrement lorsqu’elle hausse le ton, comme sur l’excellent “Falling Fruit”.

Grâce à des morceaux parfaitement ficelés, empreints de simplicité mais chargés de feeling, la songwritrice parvient à nous tenir en haleine de bout en bout…

Jerusalem in my Heart

Daqa’iq Tudaiq

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Jerusalem in my heart est le projet du Libano-Canadien Radwan Ghazi Moumeh, une figure de proue de la scène indie montréalaise. Aussi bien pour son job de producteur (Suuns, Ought), ses nombreuses coopérations que pour la création (réalisée en compagnie d’autres membres issus de formations hébergées par le label Constellation) du studio devenu mythique ‘Hotel2Tango’. Chez cet artiste, l’aspect visuel n’est jamais négligé ; ainsi l’artwork de la pochette a été imaginé par Charles-André Coderre, un réalisateur de films et de clips qui participe à également à ce projet.

Jerusalem in my heart compte déjà plusieurs albums à son actif, mais également issus de multiples collaborations. Notamment, lorsque Radwan et Suuns ont enregistré ensemble, en 2015, un LP sobrement baptisé “Jerusalem in my heart and Suuns”.

“Dada’iq Tudaiq” s’inscrit dans la lignée des précédents opus. Le musicien prend un malin plaisir à mélanger les ambiances, en se servant aussi bien de l’instrumentation occidentale qu’orientale, brisant ainsi les frontières entre ces différentes cultures…

Un LP partagé en deux parties de quatre pistes. D’une durée de vingt minutes, la première est consacrée à une adaptation de « Ya Garat Al Wadi », un classique de la musique arabe signé par l’Egyptien Mohammed Abdel Wahad (décédé en 1991). Pour la circonstance, il est allé à Beyrouth pour enregistrer ‘live’, ce titre, entouré d’une quinzaine de musiciens locaux.

Sur la seconde il opère un retour dans l’expérimentation, à travers une expression sonore dense qui mêle électronique et musique ‘arabisante’, un style que l’on avait déjà eu l’occasion d’appréhender sur ses anciens long playings.

Jerusalem in my Heart se produira en concert le 4 juin, à l’Ancienne Belgique.

Beautiful Badness

Avancez d’une place !

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La Rotonde du Botanique constitue un endroit idéal pour une release party. Et celle de Beautiful Badness, qui va se dérouler ce mercredi 3 avril, va de nouveau le démontrer.

Beautiful Badness vient de sortir un troisième Ep, baptisé « Walking A Mirror », en mars dernier, des plages qui figureront sur le futur elpee « Rewind », dont la sortie est prévue pour cette année, un disque mis en forme par Marlon B (Brigitte, Benjamin Clementine, Juliette Armanet) et pour lequel Albin De La Simone a participé.  

Le supporting act est assuré par Léo Nocta. Il milite également au sein d’autres groupes, et notamment chez Delta, formation que votre serviteur avait découverte dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017. Elle va d’ailleurs repartir en tournée, à partir du 25 de ce mois. De grande taille, il est soutenu par un drummer. Les interventions au piano de Léo sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, finalement assez proche de celle de Sesboué, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion. Pas étonnant que Gabriel l’ait choisi pour se produire en première partie. Il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, dont « Satellites », en ouverture, et son nouveau single « When We All Fall », gravé en février dernier, pour clore ce set bref, mais de très bonne facture…

Setlist : « Satellites », « How Many Roads », « Higher Than Here », « Rose », « I Can’T Feel My Face », « When We All Fall ».

Outre le chanteur Gabriel Sesboué, Beautiful Badness implique Olivier Delescaille (NDR : d’ordinaire préposé à la gratte, ce soir il va se consacrer, à la basse, aux claviers et aux machines) et Gilles Servais (drums), un trio soudé depuis 7 longues années. Il s’est quand même élargi à un quatuor depuis l’arrivée de Lou Wery, qui se charge des claviers et également des vocaux.  

Gabriel vit intensément ses chansons. Il s’exprime aussi avec les mains, un peu à la manière de feu Joe Cocker. Capable de passer des graves aux aigus avec une facilité déconcertante, son spectre vocal est ample et lyrique.

La salle est comble et tous les spectateurs sont debout. « A Sunny Morning » ouvre le concert, un morceau au cours duquel Gabriel étale déjà toutes ses capacités vocales. Tour à tour, cette voix me fait penser à Jón Þór Birgisson (Sigur Rós), Antony/Anhoni Hegarty, Rufus Wainwright, Agnès Obel, Woodkid ou encore Freddy Mercury. Et lorsqu’elle se conjugue à celle de Lou et d’Olivier, on assiste à de véritables exercices de polyphonie vocale. Quant à l’univers sonore de Beautiful Badness, il navigue à la croisée des chemins empruntés par AaRON, Queen, ou encore Jeff Buckley.

L’atmosphère au sein de la Rotonde est tellement feutrée qu’on se croirait au sein d’une cathédrale. « Blackbird In The Storm » est littéralement raffiné par les ivoires. Gab signale qu’il s’agit de la 10ème fois qu’il se produit au Bota, et pour la première, comme tête d’affiche. Et il en est très fier. Mais encore qu’il a écrit « The Train », entre les sessions d’enregistrement, lorsqu’il se déplaçait de Paris à Bruxelles ou inversement. On le sent à la fois concentré et étonnamment cool…

 « I’ll Be There For You » se distingue par sa mélodie contagieuse. Bonne surprise, Sasha et Julie (Juicy) débarquent sur les planches pour assurer les chœurs de « Walking On The Mirror », en compagnie de Lou (NDR : on comprend mieux pourquoi Gab et Oli avaient assisté à leur show, samedi dernier). Toute l’équipe est en cercle sur le podium pour interpréter cette chanson, a cappella. Magique ! A vous flanquer des frissons partout !

En rappel, les filles sont encore de la partie pour nous réserver « Silent and still », avant que le groupe n’achève le concert par une plus ancienne compo, « One Step Forward »… et c’est le cas de le dire, Beautiful Badness, avancez d’une place…

Setlist : « A Sunny Morning », « Blackbird In The Storm », « Freedom », « Wave On Me », « 11011 Days », « The Game Is Over », « Winds Blows », « The Train », « I’ll Be There For You », « Everything I Have », « Walking On The Mirror » (avec Juicy)

Rappel « Silent And Still » (avec Juicy), « One Step Forward ».

(Organisation : Botanique)

Photo : Pierre Destrebecq

Larkin Poe

Entre roots, blues et rock’n’roll sudiste…

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Larkin Poe est une formation yankee drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du groupe est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. La formation vient d’achever une tournée, pour laquelle elle assurait le supporting act de Bob Seger, et se produira en ouverture du concert de ZZ TOP, ce 25 juin, à Forest National, dans le cadre des 50 ans de carrière du célèbre trio de blues/rock.

Ce soir Larkin Poe se produit à la Madeleine de Bruxelles, devant une salle à moitié pleine (ou vide, selon). D’ailleurs des tentures ont été tirées pour délimiter l’espace réservé à l’auditoire. Le quatuor va nous proposer de larges extraits de son troisième elpee, « Venom & Faith », paru en novembre dernier.

La première partie est dévolue à Foreign Affair, un duo issu de Bristol qui pratique une forme de country/rock, assez proche de celui pratiqué par les Pierce Brothers. Encore une histoire de famille, puisqu’il réunit les frangins Adam et Lawrence Purnell…

Puissante et lyrique, la voix de Lawrence, le cadet de la fratrie, est grisante. Les grattes (une semi-acoustique et une électrique) trament les compos soignées mais énergiques, des compos dynamisées par une cymbalette, pour l’un, et par une grosse caisse, pour l’autre, manœuvrées au pied. Une excellente entrée en matière !   

Setlist : « The Opener », « Piece Of Work », « Name On It », « Name On It », « I'm Your Man », « Faded », « Say What You Want About Me », « We Don't Know ».

Une bande enregistrée diffuse de la musique d’ambiance feutrée, comme celle programmée sur des tas de radios FM aux States, alors que le light show inonde la scène de tonalités bleutées... 

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) au chant et à la lap steel guitar. Si cette dobro se joue posée sur les genoux, contre le corps, elle est adaptée pour s’en servir en position debout. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, en retrait, et Chad Melton à la basse.  

C’est d’ailleurs ces deux derniers qui débarquent les premiers sur le podium. Lorsque Rebecca rapplique, d’un pas décidé, sa superbe Gibson à la main, elle s’adresse immédiatement aux premiers rangs en leur demandant : ‘Are you ready to rock’n’roll’, ajoutant sur un ton persuasif : ‘We do Rock’n’roll’.

Le show s’ouvre par « Summertime Sunset ». Déjà elle arpente les planches de long en large. Sa voix me fait penser à un hybride entre Beth Hart et (la petite fille de) Tina Turner. Le son est excellent. Très électriques, ses interventions aux cordes sont hantées par Joe Bonamassa voire Jimi Hendrix. Celles de Megan à la lap steel guitar sont particulièrement métalliques. Elles entrent régulièrement en duel, face à face. Les deux sœurs sont d’ailleurs très complices. On s’en rend compte à travers les regards qu’elles s’adressent. En général, Megan assure les chœurs. Son timbre est plus doux et éthéré. On le remarque dès qu’elle se réserve le lead vocal. Plus paisible, « Trouble in Mind » est un blues qui nous entraîne dans le Delta. La cover du traditionnel « Black Betty », popularisé par Ram Jam en 1977, galvanise le public. Lorsque la section rythmique s’emballe, c’est pour entretenir un rock bien sudiste.

Rebecca reprend le leadership au chant pour « Bleach Blonde Bottle Blues ». Les filles frappent sur le sol en cadence et les chœurs sont impeccables. La musique passe très facilement des traditions du roots & blues contemporain au rock & roll musclé, métallique et sauvage. Empreint de sérénité, « Look Away » permet à ce petit monde de reprendre sa respiration. La setlist va nous réserver quatre reprises. D’abord la version très roots du « Preachin’ blues » de Son House. Une autre adaptation d’un traditionnel, « John The Revelator ». En finale le « Wanted woman » d’AC/DC et lors du rappel le « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson…

Rebecca troque sa gratte pour pour un banjo sur deux morceaux, « Mad As A Hatter », dédié à son grand-père paternel, et « Run For Your Money ». Avant d’attaquer ces compos, elle explique la thématique. Elle demande souvent à la foule si le public est satisfait du concert et s’il apprécie la musique proposée.

Au bout de 90 minutes, Larkin Poe tire sa révérence sous les acclamations nourries du public. ZZ Top a certainement eu le nez creux en choisissant ce combo pour ouvrir son concert-anniversaire à Forest National…

Setlist : « Summertime Sunset », « Trouble in Mind », « Black Betty » (traditional cover), « Bleach Blonde Bottle Blues », « Look Away », « Preachin' Blues » (cover de Son House), « Freedom », « California King », « John The Revelator » (traditional cover), « Might As Well Be Me », « Black Echo », « Hard Time Killing Floor Blues », « Mad As A Hatter », « Run For Your Money », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman (cover d’AC/DC »).

Rappel : « Come On In My Kitchen » (cover de Robert Johnson).

(Organisation : Gracia Live)

 

Juicy

Fallait pas manquer le début de la soirée…

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Ce samedi 30 mars, Juicy vient présenter présenter son second Ep, « Crumbs », au Vaartkapoen (Vk). Mais au cœur d’une soirée qui proposera 5 sets, dont ceux de Commander Spoon et Darrell Coole, qui ont déjà participé aux tournage de clips des deux filles, ainsi que Dj Lefto, en after party. Et elles vont nous réserver une belle surprise, en nous livrant, dès l’ouverture, un petit concert acoustique. Il s’agit de la seconde release party, puisqu’une première avait déjà été accordée à Paris, une semaine plus tôt.

Quand on débarque dans la salle, on remarque la présence de six sièges devant la table de mixage entourant un énorme clavier (celui de Julie), des chaises devant lesquelles sont installés des supports de partitions. Elles sont destinées à un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes (NDR : dans le désordre Élise Rens, Amandine Flandre, Pascale Simon, Philippe Laloy, Pauline Boron, Marie-Sophie Van Goethem Sgarioni et Fil Caporali). Tout ce beau monde est tiré à 4 épingles. Les nanas de Juicy se plantent derrière les ivoires pour un duo à quatre mains. Cet hors-d’œuvre va nous réserver cinq morceaux réarrangés par Jean-Marie Rens (qui doit être le père de Julie), dont « Seed And Ride » et « I Wanna, Yes, I Wanna », deux plages issues du nouvel Ep. Et le moment est tout bonnement magique. La foule, déjà bien compacte, entoure le cercle et se montre particulièrement attentive. Bref, grâce à cet exercice de style périlleux, les filles ont démontré qu’elles étaient capables de se fondre au sein d’un autre environnement sonore. Une nouvelle preuve de leur immense talent ! Fallait donc pas manquer le début de la soirée… Rendez-vous à 23 heures pour le retour de Juicy, mais sur les planches…

Setlist : « Something Is Gone », « Seed And Ride », « La Gigue De La Ket », « I Wanna, Yes, I Wanna », « For Hands On Ass ».

Commander Spoon réunit le saxophoniste Pierre Spataro (Oyster Node, Rue des Pêcheries), le guitariste Florent Jeunieaux (Murmures, Geffrey Fiorese Tentet, La Chiva Gantiva, Aneta Nayan, Echt), le contrebassiste Fil Caporali et le drummer Samy Wallens. Le combo est venu défendre son premier Ep 4 titres, « Introducing », paru en novembre dernier. La musique du groupe bruxellois est essentiellement instrumentale. Les titres des morceaux respectent une simple numérotation logique (part1, 2, 3 et 4), un peu comme pour les concertos de musique classique. Pourtant, le quatuor pratique un jazz/rock contemporain, électrique et chargé de groove. Les duels sont permanents entre les différents instruments. Jimi Hendrix et Carlos Santana semblent hanter le gratteur, Florent. Mais bien que d’excellente facture, la musique de Commander Spoon s’adresse surtout à un public averti…

Darrell Cole est né à Londres, en 1989 à Londres. Sierra-léonaise, sa famille a fui les tensions politiques de son pays et s’est finalement réfugiée à Anvers, en Belgique. Très tôt, il s’est tourné vers le hip-hop. Son dernier elpee, « Fully Loaded », est paru en octobre dernier. Il va nous en proposer de larges extraits. Plutôt remuant sur le podium, il est soutenu par un préposé aux platines qui dispense des sonorités assez dansantes. Le flow de Cole est constant. Il invite la foule à se rapprocher de l’estrade. A partir de cet instant, l’interactivité va parfaitement fonctionner entre l’artiste et l’auditoire. Un second MC’s vient l’épauler le temps de quelques morceaux. Bref, un show aussi efficace que technique…

Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, Juicy pratique une forme de r&b insolite et complètement déjanté. Fidèles à elles-mêmes, elles continuent ici à développer leur univers délirant, à prendre cependant au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi.

A 22h00, les lumières s’éteignent. La foule est impatiente d’assister au spectacle ; et pour cause, il est chaque fois différent. Que ce soit la chorégraphie, l’interprétation et même l’interactivité. Sans oublier les costumes. Presque fusionnelles, les filles sont très complices. On imaginerait presque qu’elles sont sœurs.  

Les lumières bleues se focalisent vers le fond de la salle où elles tournent le dos à l’auditoire, les bras en l’air. Elles ont enfilé des pantalons et des vestes à capuche et franges de couleur noire. Et entament leur prestation par « LTGL ». Elles se consacrent aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty en dubstep. Les donzelles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Un fantôme remplace Julie derrière les machines. A l’issue de ce morceau, Sasha signale qu’elles sont contentes d’être là et ajoute que la foule est magnifique. Bien que d’ordinaire paisible, « Seed And Ride » se révèle davantage r&b et nerveux sur les planches. Pierre Spataro vient souffler dans son saxophone sur « I Wanna, Yes, I Wanna », une nouvelle compo. Elles en profitent pour nous proposer une chorégraphie très étudiée et dansante. Il est encore de la partie pour « What You Can’t Confess », mais également Darrell Cole au micro. Sasha se sert de sa gratte électrique tout au long de « Didn’t Knockout », un morceau au vocal empreint de sérénité. Les lumières s’éteignent pendant « Knock ». Julie dirige un spot orange vers son visage et Sasha de couleur verte. Et l’effet est bluffant. « See Me Now » clôt le set.

Lors du rappel, « Something Is Gone » et « Count Our Fingers Twice » vont mettre littéralement le souk dans la fosse.

A l’issue de la superbe prestation de Juicy, une bonne partie de la foule vide les lieux. Dommage pour Lefto, mais au bout de quatre spectacles, elle semble rassasiée…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Hard Nut To Crack », « I Wanna, Yes, I Wanna », « Didn’t Knockout », « Knock », « What You Can’t Confess » (Avec Pierre Spataro et Darrell Cole), « Over My Shoulder », « Ghb », « Mama Told Me », « See Me Now » 

Rappel : « Something Is Gone », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : VkConcerts et Back In The Dayz)

 

Dan Mangan

More or Less

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Au fil des albums, ce Canadien s’est forgé une certaine popularité. Et pour cause, il a décroché différents prix et partagé l’affiche avec de nombreux groupes, dont Father John Misty, Broken Social Scene ou encore Great Lake Swimmers. Sur le Vieux Continent, par contre, sa notoriété est plutôt confidentielle.  

Faut dire qu’après avoir sillonné les routes et à s’investir dans la musique, il a décidé de se consacrer davantage à lui et à sa famille. A présent père de deux enfants, il était normal que cette paternité se reflète –et elle est omniprésente– tout au long de son cinquième opus intitulé “More or Less”.

Si sur son précédent album, un disque fondamentalement plus rock, le songwriter avait reçu le concours du groupe Blacksmith. Tout au long de ce dernier, il privilégie une formule indie-folk qui sent bon les espaces verts (NDR : c’est dans l’air du temps). Et on pense tout particulièrement à “Just Fear”, sculpté dans un folk old school ou encore au minimaliste “Fool for Waiting”, dominé par les ivoires. D’ailleurs, la guitare acoustique et le piano servent, le plus souvent, de structure aux morceaux. Ce qui n’empêche pas Mangan d’enrichir certains titres d’éléments électroniques, à l’instar de la plage d’ouverture, “Lynchpin” ou encore, mais de manière plus subtile, de l’excellent “Peaks & Valleys. Exception qui confirme la règle, “Troubled Mind”, une piste énergique qui trouble la sérénité du paysage sonore…

Enfin, les changements de rythmes ainsi que la délicatesse des arrangements confèrent à cet LP une richesse et un charme dont vous ne soupçonneriez pas l’existence… A conseiller vivement ! 

Cullen Omori

The Diet

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Il y a cinq ans, le groupe chicagoan Smith Westerns splittait, laissant en héritage trois superbes albums. Depuis, les différents membres ont poursuivi leur petit bonhomme de chemin à travers des projets qui ont connu plus ou moins de succès. Ainsi, si Whitney est parvenu à tirer son épingle du jeu, Cullen Omori est resté curieusement dans l’ombre…

Deux ans après avoir publié un premier elpee de bonne facture, ce dernier nous propose son second essai, “The Diet”. Sur ce nouvel LP, l’Américain, désormais établi à Los Angeles, revient à ses fondamentaux ; c’est-à-dire à une forme de psyché/pop ensoleillée et rafraîchissante qui a fait le succès (relatif) de Smith Westerns. Caractérisés par leurs mélodies efficaces, les onze morceaux tissent une texture cristalline de cordes acoustiques et électriques que brode une voix éthérée. Une expression sonore qui lorgne vers des formations telles que MGMT, Unknown Mortal Orchestra ou encore Foxygen.

Au vu de la qualité de ce second opus, on est en droit d’espérer que Cullen Omori puisse atteindre une juste reconnaissance, et pourquoi pas semblable à celle acquise par ses ex-acolytes de Whitney. Une chose est sûre, pas besoin de se mettre au régime pour savourer “The Diet”…

Tahiti 80

The Sunshine Beat Vol. 1

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Plus grand monde ne semble se soucier des élégantes et régulières sorties de Tahiti 80 sous nos latitudes… pourtant les Français ont toujours le même talent pour composer des hits aux mélodies imparables. Et ils le démontrent, une nouvelle fois, tout au long de « The Sunshine Beat Vol.1 », un album présenté comme une collection de chansons nées de la rencontre entre la quintessence de la sunshine pop chère aux Beach Boys et du power beat de Big Star.

Depuis ses débuts (NDR : en 25 ans, le combo a gravé 7 elpees) la bande à Xavier Boyer, à l’instar de leurs compatriotes Phoenix, défend une certaine idée de la pop. Considéré comme un groupe culte au Japon, comme ses acolytes le sont aux States, Tahiti 80 tisse des mélodies ultra ‘catchy’, alimentées par une voix claire, une ligne de basse caoutchouteuse et des mélodies réellement imparables (« Natural Reaction »). La corrélation entre le band versaillais et rouennais est d’ailleurs évidente sur des titres comme « Hurts » ou « Wonderboy ». Que de bonnes ondes pop ensoleillées sous les tropiques de Tahiti 80 !

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