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Guns N Roses

Crystal Fighters

Tropical !

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Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos là)

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

The Young Gods

La voie de la sagesse passe aussi par l’expérimentation…

Écrit par

Après 8 longues années d’absence, les Young Gods viennent de publier leur 12ème elpee, un disque qui signe le retour du préposé aux samplers et aux machines, Cesare Pizzi, membre fondateur du trio. Mis en forme par Alan Moulder (Depeche Mode, Nine Inch Nails, Foals, Arctic Monkeys, Placebo, U2, …), il replonge dans l’expérimentation, mais une expérimentation tour à tour sonique, ambient ou psychédélique. La salle est comble (NDR : elle recense une majorité de quinquas) lorsque le trio helvète grimpe sur les planches. Compte-rendu.

La première partie du show va se focaliser sur « Data Mirage Tangram », le dernier opus du band. Et il s’ouvre par « Entre en matière » (NDR : titre judicieux…), une compo atmosphérique, truffée de bruitages qui va monter en crescendo. Et bonne nouvelle Franz Treichler se consacre à la guitare. Qui libère des sonorités floydiennes tout au long du plus enlevé « Figure sans nom ». Pendant le plus techno, « Tear up the red sky », les lumières rouges envahissent la scène, lorsque Franz prononce ces mots. Et puis, « All my skin standing » va nous asséner la première claque de la soirée. Un morceau envoûtant, hypnotique, tribal, déchiré par les interventions de Franz à la six cordes, des interventions réminiscentes de celles dispensées par Erik Brann sur le fameux « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. Mais c’est la densité du drumming de Bernard Trontin qui impressionne le plus. Et pourtant, il frappe ses fûts avec une facilité déconcertante. Il rappelle même un certain Christian Vander (Magma) lorsqu’il doit déstructurer ses mouvements. A l’instar du blues « Moon above ». Et lorsque Treichler souffle dans son harmonica, on ne peut s’empêcher de penser à une BO de western spaghetti (Ennio Morricone ou Sergio Leone, au choix !) C’est aussi le moment choisi par le leader, pour quitter sa gratte. Cesare entretient des infrabasses tout au long du tribal « About time », dans un registre particulièrement techno, au cours duquel Franz se met à danser. Place ensuite aux titres les plus notoires du répertoire…

Mais avant tout, Treichler remercie ses fidèles aficionados qui le suivent depuis si longtemps. « Envoyé » adopte le rythme du chemin de fer (NDR : Bernard y est une nouvelle fois étincelant), alors que Franz dirige son pied de micro, au bas duquel est accroché un projecteur, vers la foule en clamant ‘Et le gagnant est’ ou alors en anglais, ‘And the winner is’, un titre émaillé de nombreuses explosions électriques. Treichler reprend sa gratte pour « You gave me a name », un morceau psychédélique, atmosphérique, aux percus plus africaines, qu’entretient Pizzi, Bernard achevant le morceau debout, en se concentrant sur ses cymbales à l’aide de mailloches. C’est aussi le dernier morceau du set. Bras dessous, bras-dessus, le trio salue longuement la foule en la remerciant.

Mais il revient pour un premier rappel, au cours duquel « Kissing the sun » va déclencher un beau petit pogo, puis le blues « Gasoline man » et enfin l’inévitable « Skinflowers », dynamisé par ses jaillissements électriques produits par les samples, alors que Franz a de nouveau empoigné son pied de micro pour haranguer l’auditoire, en l’aveuglant du faisceau de lumière…

On aura même droit à un second rappel, mais d’un seul titre. En l’occurrence « Everythem », extrait du dernier elpee. Un morceau mid tempo, atmosphérique, subrepticement dub, au cours duquel les sonorités vaporeuses et frémissantes de la guitare, évoquent le toucher de cordes d’un certain Connan Mockasin.

Ovation dans la foule, vraiment heureuse d’avoir retrouvé les Young Gods en aussi bonne forme, assagis, sans doute, mais toujours aussi branchés sur l’expérimentation. Et le trio de resaluer longuement la foule, la main sur le cœur, avant de tirer sa révérence… (pour les photos, c’est ici)

C’est aMute, aka Jérôme Deuson, qui assurait la première partie. Habile touche-à-tout, il jongle constamment entre les différents instruments, multipliant les boucles, organiques (guitare, percussions, etc.) ou électroniques (pupitre, loops, etc.) Mais si sa musique est particulièrement expérimentale, elle souffre d’une carence en mélodie. Même sa voix se limite à des chuchotements. Dommage… (pour les photos, c’est là)

Setlist The Young Gods

Entre En Matière, Figure Sans Nom, Tear Up the Red Sky, All My Skin Standing, Moon Above, About Time, Envoyé, You Gave Me a Name

Encore 1:

Kissing the Sun, Gasoline Man, Skinflowers

Encore 2:

Everythem

(Organisation : Botanique) 

 

Balthazar

La fièvre du dimanche soir…

Balthazar a donc eu la bonne idée de s’arrêter à l’Aéronef de Lille, au cœur d'une tournée impressionnante. Responsable d’une pop alternative, inventive, lumineuse et nonchalante, boostée par une énergie brute, ce groupe belge s'est forgé une sacrée renommée internationale, grâce à ses trois premiers elpees.

Des bus entiers, au sein desquels on ne cause que la langue de Clouseau, ont transporté des centaines d’aficionados impatients d’assister au concert de leur band préféré. Faut dire que ce ‘Fever Tour’ ne s'arrête qu’à trois reprises en Belgique, et qu’il n’était pas aisé de se procurer les sésames.

Balthazar est venu défendre son quatrième opus, « Fever ». Depuis ses débuts, il a bien évolué et surtout pris de la bouteille. En outre, Martin Devolder et J. Bernhardt, les deux têtes pensantes du combo, se sont affirmées en acquérant une belle expérience née de leurs projets personnels, avant de mieux se retrouver.

Le départ de la violoniste Patricia Vanneste nous prive cependant d'une grande artiste et d’une représentation féminine au sein du line up ; mais qu'à cela ne tienne, les cinq gentlemen qui le composent aujourd’hui, ont vraiment tout pour convaincre.

L'Aéronef est donc comble pour accueillir le band coutraisien. Il règne cependant, dans la salle, une ambiance un peu smooth, en cette fin d'après-midi. L’assemblée dominicale a donc besoin d’être secouée...

Ces artistes sont séduisants. Pas étonnant, d’ailleurs que le public féminin se soit déplacé en masse. Faut dire que les musicos affichent un charme fou pour faire la java dans leurs petits pas chaloupés et roulements d'épaules.

Au cours des deux heures de ‘live’, le groupe va, bien évidemment, nous réserver les meilleurs morceaux issus de ses précédents long playings, parmi lesquels il n'y a pas grand-chose à jeter ; mais bien sûr, nous proposer des titres récents, issus de « Fever ». Ces morceaux-là, plus ‘groovy sexy’ se démarquent des trois elpees précédents. Le registre est davantage aigu et suave, mais surtout se nourrit d'électricité séductrice… Si, si !

Les titres s’enchaînent à une bonne cadence : des slows langoureux à danser en duo, empreints d’un chouia de mélancolie, aux refrains chantés en chœur par les cinq musicos, comme une bande d'amis qui passe la soirée ensemble, on frôle l'universel. Des interventions de cuivres (trombone et trompette) communiquent de la chaleur et de la rondeur à certains morceaux... Le tromboniste se prenant même pour la meute à lui tout seul.

Devant un décor ‘couleurs du moment’ (corail/jaune moutarde/bleu diva) les cinq dandys nous ont présenté un show bien chorégraphié et cadencé, mais également plein de classe et de sincérité.

Le public resté fidèle depuis ses débuts, le lui a bien rendu en ponctuant les refrains de ‘hou, hou’, en toute autonomie !

Parmi les moments les plus fusionnels, on épinglera « Blood like wine » (tous la chopine en l'air) et, sans grande surprise le nouveau tube "Fever", une composition d'une efficacité remarquable ; sans oublier le morceau tout joyeux issu du dernier opus, "Entertainement", parcouru d’autres ‘hou, hou’, mais ‘rollingstoniens’…

Grâce à ce concert pêchu, sexy et contagieux, Balthazar nous a transmis sa fièvre… du dimanche soir… (voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : A Gauche de La Lune)

No One Is Innocent

Même pas eu le temps de souffler…

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En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Charlie Winston

Après un Weekend Hobo fixe…

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Préalablement programmé ce 4 décembre 2018, le concert de Charlie Winston a donc été reporté ce jeudi 21 mars. Pas de chance, c’est le soir de la rencontre de football Belgique-Russie ; et le Cirque Royal est loin d’être comble. Charlie est venu défendre son dernier elpee, « Square 1 », paru le 29 septembre de l’an dernier. Un opus où figure le single « The Weekend », une chanson ludique et estivale qui raconte comment, le week-end, nous devenons d’autres versions de nous-mêmes, mais également une œuvre au cours de laquelle il revient sur ses thèmes engagés de prédilection, comme celui des réfugiés politiques…

Le supporting act est assuré par un de ses potes, David Zincke. Un Britannique (NDR : il est issu de Doncaster, une petite ville sise au Nord de l’Angleterre) établi à Nice. Et c’est Charlie qui vient le présenter à 19h20, devant un auditoire quasi-vide. Un mec sympa, cool, qui chante en s’accompagnant à la semi-acoustique et aux percus électroniques. Il a gravé son premier elpee, « Soul and bones », en juin de l’an dernier. Un disque mis en forme par Medhi, un musicien qui bosse également en compagnie de Winston.

ll entame son set par « Bright New Day ». Il y étale déjà sa dextérité sur ses cordes, un titre enlevé et nerveux qui baigne au sein d’un univers proche de Mumford And Sons. Lorsqu’il frappe ses percussions du pied gauche, l’ambiance monte d’un cran. D’autant plus qu’il est plutôt interactif ; et comme le public est aussi attentif que réactif…

Pas de ukulélé pour « Settle Down », mais la version demeure de toute bonne facture. Zincke chante d’une voix atmosphérique et chargée de feeling des textes à la poésie élégante. Délicat et précis, son toucher de gratte en picking est épatant tout au long de « Unfinished Mountain Song ». Il adapte parfaitement « The Boxer » de Simon Garfunkel, une chanson pour laquelle il sollicite le concours de la foule afin de reprendre le refrain. En cours d’interprétation, il lève le doigt et lance un ‘Yes’, pour marquer sa satisfaction, vu la participation de l’auditoire. Et après « Last Dance », une compo qu’il a d’ailleurs traduite en clip vidéo, tourné dans les rues du Vieux Nice (à voir et écouter ici), il clôt son récital par « On My ». Une chouette découverte !

Setlist : « Bright New Day », « Settle Down », « Unfinished Mountain Song », « The Boxer (Simon Garfunkel) », « Last Dance », « Oh My »

Tout au long de « Another Trigger », morceau d’ouverture, la silhouette de Charlie Winston se dessine derrière un paravent blanc inondé de lumière. Il fait le pitre quand il n’exécute pas une chorégraphie assez pointue et termine même ce morceau en pratiquant du ‘human box’. Et lorsqu’il quitte cette protection, il apparaît tiré à 4 épingles, le chapeau mou vissé sur le crâne, comme d’habitude. Il est soutenu par un drummer, perché sur une estrade, et un préposé aux synthés, dont il s’agit de la deuxième participation. Malheureusement, Mehdi n’est pas de la partie. Dommage ! Winston empoigne sa gratte semi-acoustique, qu’il ne lâchera que rarement (NDR : parfois pour une basse ou pour s’installer derrières les ivoires), alors que des roadies débarrassent le paravent pendant que les musicos nous réservent une musique assez rythmée, trempée dans le dub step et l’électro. Charlie est déjà chaleureusement applaudi. Il balance alors ‘Bruxelles, vous êtes là ?’.

« Kick The Bucket » opère un retour dans le passé. Le public est déjà debout ! Le dandy hobo lui demande de l’aide pour le refrain.

Charlie présente les compos de son dernier elpee. En français et en anglais. Des chansons qui s’inspirent d’anecdotes personnelles sur sa vie de famille (il est désormais papa de deux enfants), de son départ raté en Afrique pour 4 mois au Malawi, à cause d’un mal de dos récurrent…

Il descend dans la fosse pour « A Light (Night) », en transportant un tube néon, et traverse toute la salle, sous les acclamations de la foule. Avant d’aborder « Here I Am », il avoue avoir rencontré des problèmes avec ses profs car il était un peu dyslexique. « Airport » met en exergue son talent au piano. Bien sûr, les tubes « In You Hand » et « Like A Hobo » n’ont pas été oubliés et constituent d’inévitables moment forts du concert.

Mais le point d’orgue du spectacle se produira lors de l’arrivée de Baptiste Lalieu, l’homme bio aussi grand et fort qu’un Saule. Le quatuor se lance alors dans une superbe version de « Dusty Man », pour laquelle le bassiste a troqué sa quatre contre une six cordes. Et ce show généreux, au cours duquel Charlie a tout donné sur scène, de s’achever au bout de 120 minutes, par « Losing Touch ».

Charlie se produira à Enghien, dans le cadre du festival LaSemo d’Enghien, au mois de juillet prochain.

Setlist :

« Another Trigger », « Kick The Bucket », « Speak To Me », « Hello Alone », « Here I Am », « Photograph », « Until Tomorrow », « Get Up Stranger », « Airport » (Solo), « Rendez Vous », « Feeling Stop », « Spiral », « Generation Spent, Smile », « Like A Bobo », « A Light (Night) », « In Your Hand ».

Rappel : « Dusty Man » avec Saule, « Losing Touch ».

(Organisation : Live Nation en accord avec United Talent Agency)

Fufanu

The Dialogue Series

Écrit par

Malgré un patronyme cartoonesque qui prête presque à sourire, cette formation islandaise est responsable d’une musique plutôt sombre qui mêle techno et post-punk… Ciselées, les cordes de guitares et les programmations électroniques entrent en osmose tout au long de « The Dialogue Series », un 3ème album colligeant toute une série d’Eps touchant chacun à un style différent : des loops kraut-rock et trip-hop côtoient des salves plus rock, post-punk ou cold-wave. Un beau et inspiré dialogue de genres venu du froid…

 

Finn Andrews

One piece at a time

Écrit par

Premier album en solitaire pour Finn Andrews, le leader de The Veils, un groupe dont le line up a souvent été chamboulé. Enfin, pas tout à fait en solitaire, car lors des sessions, il a reçu le concours de quatre musiciens ainsi que d’une section de cordes (violons, violoncelle), un disque coproduit par Tom He. En fait, suite à la fin d’une relation amoureuse, Finn est reparti en Nouvelle-Zélande. Puis il a fouillé au sein d’un livre au sein duquel il a retrouvé des tas de chansons, qu’il avait accumulées depuis 5 ans, sans trop savoir qu’en faire. Il a commencé à en faire le tri, puis a alors décidé de les consacrer à cet opus solo, estimant qu’elles ne correspondaient pas à son groupe. Des compositions profondes, en général autobiographiques, dominées par la voix fragile d’Andrews, qui traitent de la mort, de la fin des relations et des vicissitudes de la vie, mais aussi de la déchéance des stars du cinéma (« Al Pacino – Rise &Fall », « Hollywood forever »). En résulte donc ce « One piece at a time », une œuvre qui montre une nouvelle facette de cet artiste talentueux, mais dont le climat mélancolique au sein duquel elle baigne, n’est pas de nature à vous filer du peps si vous avez chopé le bourdon…

Bobby Blackhat

Put on your red shoes

Écrit par

Originaire de Cleveland, dans l'Ohio, Bobby BlackHat Walters a passé 27 ans de sa vie dans l'armée. Ce bluesman vit aujourd’hui en Virginie, où il a entamé une nouvelle carrière comme compositeur, chanteur, harmoniciste, producteur, acteur et comédien. Il puise ses sources majeures à Chicago, Memphis, dans le blues du Delta et le Piedmont, dans un style fingerpicking, proche du ragtime.

Son sixième opus affiche 4 profils de son répertoire. "Something old" se consacre à de nouvelles versions d'anciennes compos, "Something new" s'intéresse à de nouvelles chansons, "Something borrowed" nous réserve ses adaptations de classiques et "Something blues" nous plonge, évidemment, dans le blues... 

Les sessions se sont déroulées près de chez lui en Virginie, en compagnie de son backing group. "I smell another man on you" ouvre la plaque, une plage qui augure une suite intéressante. Ce blues d’excellente facture met en exergue des musiciens chevronnés qui se partagent harmonica, piano, orgue et guitare. "Travelling lady" nous entraîne dans le Chicago southside, une piste bien rythmée au cours de laquelle Bobby se distingue par sa voix chaleureuse, lorsqu’il ne souffle pas dans son harmo. Passionné de southern rock, Larry Berwald se charge de la pedal steel, sur "This grey beard", un blues chargé de feeling, balisé par les cordes acoustiques. Et son instrument pleure littéralement, tout au long du poignant "May I have this dance". Le titre maître nous entraîne au cœur de la Nouvelle Orléans. Funky, "Put on your red shoes" se nourrit des percus de Michael Behlmar. Tout comme "Back to Cleveland", un morceau caractérisé par les interventions très recherchées aux ivoires de Lucy Kirkpatrick, mais également les envolées de Tom Euler aux cordes et de Bobby à l’harmonica. Du grand art ! Guitare et piano se réservent des billets de sortie, tout au long du rock’n’roll très énergique "Baby Mama Drama blues". Le long playing recèle deux covers. D’abord le "Hallelujah" de Leonard Cohen, une plage instrumentale chargée de feeling, puis le "You got me runnin" de Jimmy Reed, une compo imprimée sur un rythme incomparable. Mais encore deux longs blues lents empreints de mélancolie, "Grim reaper" et "I hear Mama's voice", une plage royale qui figurait déjà sur son premier opus, gravé en 2007, et au cours de laquelle Tom Euler laisse éclater les derniers sanglots de ses cordes…

Bill Ryder Jones

Yawn

Écrit par

Bill Ryder Jones a milité chez The Coral jusqu’en 2009, avant de se lancer dans une carrière en solitaire. « Yawn » constitue son quatrième elpee solo, un disque dont l’intensité électrique évoque tantôt Red House Painters voire Sun Kil Moon, Slowdive ou Low. Donc qui navigue quelque part entre sadcore, shoegaze, noisy et slowcore, au sein d’un climat, bien évidemment, empreint de mélancolie. Encore que l’abrasif « There are worse things I could do » lorgne plutôt vers les Pixies, lorsque le tempo s’élève. Et que tout au long de « John » le fond sonore est tramé par des scintillement électriques dignes d’And Also The Trees. Si « Recover » est traversé par les interventions gémissantes du violoncelle de Rod Skip, alors que Bill étale tout son talent au picking, l’excellent « No one’s trying to kill you », se distingue par ses harmonies vocales qui reposent sur un échange entre voix masculine et contre-voix féminine. Un superbe opus, au sein duquel on épinglera encore le lyrique « And then there’s you », qui alterne sonorités de gratte bourdonnantes, chatoyantes, vaporeuses, abrasives ou bringuebalantes ainsi que le ténébreux « Mither », qui aurait pu carrément figurer au répertoire de Mark Kozelek. Superbe !

Flasher

Constant image

Écrit par

Premier elpee pour ce trio issu de Washington DC, un disque qui a été enregistré au sein des studios de Brendan Canty (Fugazi), sous la houlette de Nicolas Vernhes (Animal Collective, War on Drugs, Deerhunter). La musique de Flasher est manifestement influencée par les eighties, et tout particulièrement, le post punk, la new wave, le shoegaze et la dream pop, naviguant à la croisée des chemins des univers alors fréquentés par les Cars, The Cure (cette basse propulsive à la Simon Gallup), Sad Lovers & Giants, Magazine, Modern English (ces harmonies vocales à trois voix !), les Pixies, My Bloody Valentine et même Wire (« Business universal »). Les mélomanes les plus jeunes évoqueront, sans doute, davantage Protomartyr, Ought et Preoccupations. Cordes de gratte tour à tour spasmodiques ou tintinnabulantes colorent généreusement cette expression sonore paradoxalement anxiogène et allègre. Anxiogène, à cause des lyrics qui reflètent l’inquiétude de nombreux Américains face à la politique de leur gouvernement et tout particulièrement de leur président. Allègre à cause du ton des compos qui semblent refléter une sorte d’insouciance. Et le résultat est excellent !

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