L’appel à débrancher des Burning Heads

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

Gary Numan
Biohazard 8/8/26

Féloche

Chimie vivante

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Féloche ? Cet artiste vous est complètement inconnu ? Pourtant tout bébé déjà, il prêtait sa voix au gimmick ‘boom tschak’, le générique de ‘La Grande Famille’ sur Canal Plus.

Au-delà de cette parenthèse infantile, initiée du reste par feu son paternel et compositeur Hugues Le Bars, surtout connu pour ses collaborations avec Béjart, Félix, à l’état civil, connaît un succès d’estime en 2010 suite à son passage aux Francos et au titre évolutionnaire « Darwin avait raison » issu de « La Vie cajun ».

Entre électro (« Crocodiles ») et accents populaires (« Combien y a-t-il ? »), « Chimie vivante » s’avère particulièrement varié.

D’emblée, ce troisième elpee disque divise autant qu’il pose question. Un concept qui mêle thématiques telles que l’enfance, la mémoire ou encore la passion de vivre ; mais traitées sous une angulaire fantasque et jubilatoire, il peut a priori paraître original et mérite que l’on s’y attarde.

La prise de risques est osée et tellement rare dans le métier qu’il faut l’encourager et l’applaudir des deux mains. Malheureusement si l’objectif final se veut burlesque au sens noble du terme, il finit par devenir presque absurde et ridicule. Au fond, n’est pas saltimbanque qui veut !

Faussement drôles, les compositions tiennent plus à l’affabulation qu’à l’espièglerie et manquent cruellement d’éléments constructifs : pas de relief et aucune âme à l’instar de la plage d’ouverture « Le Miroir », dont la narration au ras des pâquerettes s’étiole maladroitement dès les premières notes...

Paru chez Silbo Records, label qu'il a créé pour l'occasion, le format contient objectivement une bonne dose d’implication, de la passion, de la compassion (« Capucine »), de l’investissement, de l’amour et une bonne dose d’originalité (de la mandoline mêlée à d’autre sonorités, par exemple), mais s’enfonce au cœur de domaines gentiment saugrenus comme dans « P’tite tête » dominé par le rap. Ce sont des qualités indéniables !

Là où le bât blesse, c’est le manque cruel d’humanité qui s’en dégage. L’auteur semble s’amuser plus qu’il n’amuse et l’écoute devient d’une passivité rapidement malsaine et malodorante. Car oui, n’en déplaise aux puristes, ça pue l’ennui !
Résultat, sa chimie n’a vraiment rien de vivante et serait plutôt soporifère…

Nathaniel Rateliff

Le nouvel axe du Stax…

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Pour la seconde soirée consécutive, le Cirque Royal programme Nathaniel Rateliff, au sein d’un Cirque Royal complètement rénové et à l’acoustique digne de celle de l’Ancienne Belgique. Et l’hémicycle est comble pour accueillir le natif du Missouri, flanqué de ses Night Sweats. Il y a cinq ans, il avait gravé « In memory of loss », un album sculpté dans le folk/americana. En mars de l’an dernier, il a publié « Tearing at the steams », un opus tout au long duquel il a généreusement coloré sa musique de soul, de r&b et de gospel ; mais dans un style rétro, inspiré du meilleur des fifties et des sixties, dans l’esprit ‘Stax’ (NDR : pas pour rien que cet LP est paru sur le label Stax Records !) tout en conservant une touche bien personnelle. Et cet elpee a bénéficié des arrangements de Richard Swift (bassiste des Black Keys), un concours qui a apporté davantage de modernité et de fluidité à l’ensemble.

Beth Lowen assure le supporting act. Blonde, pétillante, féline et sexy, elle grimpe sur l’estrade en compagnie d’un bassiste, d’un guitariste et d’un batteur. Cette chanteuse/guitariste possède une voix puissante rappelant tour à tour Lzzy Hale (Halestrom), Beth Hart et même Tina Turner, quand elle monte dans les tours. Musicalement, le set va osciller entre blues et rock réminiscent des 70’s. Hormis le blues lent « Self control », le répertoire est plutôt énergique, le drumming technique et percutant constituant une remarquable assise pour l’ensemble du répertoire. Pas de « Stay » au menu, pourtant prévu dans la setlist…

Setlist : « Hitman », « Stay », « Self Control », « Natural Disaster », « Second Hand », « Home », « Oh No », « Wolf ».

Huit musiciens accompagnent Nataniel Rateliff sur les planches : le bassiste Joseph Pope III, le drummer Patrick Meese, le claviériste/pianiste Mark Shusterman, le trompettiste Scott Frock, les saxophonistes Andreas Wild et Jeff Dazey ainsi que deux guitaristes, dont Luke Mossman. Séducteur, Stetson rivé sur le crâne, Nataniel se consacre au lead vocal et à la gratte (électrique ou semi-acoustique).  A noter que la section de cuivres se charge des percus accessoires, et notamment du djembé, alors que tous les musicos assurent les chœurs, qu’on pourrait qualifier de gospel.

Amorcé par ces percus, pêchu et chargé de groove, « Shoe Boot » entame le set comme il ouvre le nouvel opus. Bien soutenue par les cuivres et le Hammond, la voix de Rateliff est à la fois très soul et sucrée/salée. « Be There » embrasse une multitude de styles, depuis le r&b au gospel, en passant par la soul, le folk, le blues et l’americana, synthétisant parfaitement celui de Nataniel. « I Did It » fait la part belle aux cordes dont l’intensité graduelle va être poussée jusqu’à la rupture. Des cordes qui vont se révéler étincelantes sur un lit de Hammond tout au long du bien cuivré « A Little Honey ». Des cuivres qui vont même s’enfiévrer sur « Babe I Know », incitant la foule à jumper

Entre chaque chanson –ou presque– Nataniel change de gratte et lorsqu’il la projette dans les airs, son roadie est attentif pour la rattraper… et éviter la casse.

« S.O.B. » achève show, une compo qui évoque l’épisode de ‘delirium tremens’ vécu par le chanteur, avant qu’il ne décide d’arrêter de boire. Nathaniel Rateliff avoue pourtant n’avoir jamais beaucoup aimé la chanson qui a pourtant permis de le faire connaître hors de son Colorado béni. Et pour la circonstance tous les musiciens nous gratifient d’un chœur… gospel.

Dans le genre, Nataniel Rateliff est devenu un fameux concurrent pour Marcus Mumford et Bon Iver…

Setlist : « Shoe Boot », « Be There », « Look It Here », « I've Been Failing », « I Did It », « Say It Louder », « Howling At Nothing », « A Little Honey », « Coolin' Out », « Out On The Weekend », « Shake », « You Worry Me », « Wasting Time », « Babe I Know », « Still Out There Running », « Intro », « I'll Be Damned », « S.O.B. ».

Rappel : « Hey Mama », « I Need Never Get Old ».

(Organisation : Live Nation)

 

Hollie Cook

Sur disque ça passe, en live, ça casse…

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Le paternel de Hollie, Paul Cook, se chargeait des drums au sein du mythique Sex Pistols, un groupe légendaire (?!?!?) que votre serviteur avait eu l’opportunité de revoir à Lokeren, Il y a plus de 12 ans, lors d’une reformation éphémère, consécutive à une sombre histoire de pognon. Boy George est son parrain et sa mère, Jennie Matthias, était choriste chez Culture Club. Elle a entamé sa carrière musicale, en 2006, alors qu'elle est encore au lycée, en assurant les chœurs pour les Slits. Mais en 2010, Ari Up, sa chanteuse, décède des suites d’un cancer, disparition qui met un terme à l’histoire de ce band féminin.

A ce jour, Hollie a publié 4 elpees, dont un remix du premier, produit par Prince Fatty. Gravé en 2011, son premier opus recelait les hits « Body Beat » et « Shadow Kissing ». Son dernier, « Vessel of Love », est paru l’an dernier. Ce soir elle va largement puiser dans cet LP pour forger sa setlist.

Pas de supporting act. Le show débute à 20h30 précise. Il y a du peuple à l’AB Club ! Sur les planches, Hollie Cook est soutenue par un claviériste, un drummer et un guitariste. Vêtue d’une robe à fleurs assez ample, elle a la danse dans la peau. Sa musique est moelleuse, chaude et sucrée, une forme de reggae fortement teintée de dub et de rock steady, qu’elle qualifie elle-même de Tropical Pop.

Le début de set est prometteur : « Postman », « Body Beat » et « That Very Night » passent plus ou moins bien la rampe. Mais il y a quelque chose qui cloche. On n’entend pas trop ce qu’elle raconte. Le son est gâché par les infrabasses. Et le préposé aux manettes est probablement sourd pour ne pas se rendre compte que le décibelmètre dépasse allègrement les 100 db. D’ailleurs pas mal de spectateurs vident les lieux au bout de quelques titres. Et sans bouchons dans les oreilles, c’est insoutenable

Avant le rappel, votre serviteur tire sa révérence, déçu de na pas avoir pu savourer en live, les compos de son excellent dernier long playing…  

Setlist : « Intro SFX », « Postman », « Body Beat », « That Very Night », « Shadow Kissing Pull », « Shadow Kissing », « Sugar Water », « Ghostly Fading », « Used To Be », « Turn It Around », » Lunar Addiction », « Survive », « Sweet Little Chocolate », « Angel Fire », « Together », « 99 ».

Rappel : « Milk And Honey », « Stay Alive ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

     

Therapy?

Sympa, mais sans surprise…

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Therapy ? compte quand même 30 années d’existence. Il a même publié un quinzième elpee, l’an dernier. Intitulé « Cleave », il a bénéficié de la mise en forme de Chris Sheldon, dont la carte de visite mentionne, notamment, Foo Fighters, Garbage, et les Pixies.

Mais le supporting act est assuré par Adolina. Une formation mouscronnoise que votre serviteur avait déjà eu l’occasion de voir à plusieurs reprises lors de festivals hennuyers (Rock’n’troll, D’hiver rock, etc.), et pour laquelle il avait à cœur d’assurer le compte-rendu d’un de ses concerts, un jour ou l’autre. Après s’être cantonné au Hainaut Occidental, fin des 90’s, le groupe hurlu a donné un gros coup d’accélérateur vers 2006, en sortant ses premières démos. Puis il a multiplié les concerts. Plus de 300 ! Accordés en Belgique mais aussi en France, aux Pays-Bas et en Suisse, partageant même l’affiche avec, notamment, Chokebore, 31 Knots ou encore Girls in Hawaii. Et tout au long de cette période, il a gravé trois elpees et deux eps.

Ce soir, en grimpant sur l’estrade, les sympathisants sont déjà bien nombreux, aux premiers rangs, même si la salle va se remplir progressivement, au cours du set. Les deux gratteurs balancent du lourd. De quoi décrocher les piliers de comptoir et les spectateurs qui en ont marre de faire des (toujours) longues files au bar. Si leurs riffs empruntent à God Machine, la section rythmique basse/batterie rappelle plutôt d’Helmet, alors que l’énergie, retenue ou maîtrisée selon, lorgne vers Fugazi voire Unwound, le chanteur arborant même fièrement le t-shirt du band d’Olympia. Si l’expression sonore est résolument noisy et réminiscente des 90’s, elle laisse également de l’espace au math et au post rock (Godspeed You! Black Emperor, 65daysofstatic). Et lorsque les deux chanteurs s’éclipsent, c’est pour permettre aux guitares de nous plonger au sein d’un climat plus mélancolique, en empruntant une grande route ténébreuse digne de l’univers de David Lynch sur « Lost Highway » ; le titre d’intro, sobrement intitulé « Night drive », corroborant cette métaphore. Bref, une première partie qui valait le déplacement. D’ailleurs la foule ne s’y est pas trompée, en nourrissant généreusement, ses applaudissements.

Set list : Night drive, Bad timing, Posology target, Headache, Boiled frog, Mauvaise graine (bande), Versus (bande), Jackie Chan, Charlie B, Nouvelle

Therapy ? tourne régulièrement chez nous. Sous différentes formules. En acoustique, au cours du mois de novembre 2016 au même Bota. En électrique, au cours du mois de septembre 2017 à l’AB où ils se produisaient en première partie de Sisters of Mercy. Ou plus récemment encore au Depot de Louvain, en novembre dernier. Pas de surprise, ce soir, puisque la set liste est quasi identique à celle proposée, lors de ce dernier concert. Difficile de blâmer le groupe, quand on connaît son parcours, car vu la présence d’un auditoire constitué de quadras et de quinquas qui semble avoir mal vieilli, on peut comprendre que le trio se repose sur ses acquis et ne cherche plus à l’étonner. Dans ces conditions, on voit mal le band avoir l’audace d’ignorer ses hits, lors d’un concert, pour se concentrer sur son catalogue expérimental ou constitué de flip sides, un peu comme l’ose Radiohead ou Morrissey. D’ailleurs, ce public reste amorphe à l’écoute des morceaux issus du dernier opus, « Cleave », ne s’enthousiasmant que sur des tubes comme « Die Laughing », « Screamager », « Potato Junkie » ou encore « Nowhere », exécuté lors du rappel. Il y a bien quelques timides pogos et même du gentil stage diving. On épinglera, quand même la version de « Teethgrinder » et l’hommage rendu à Triggerfinger. Et puis surtout le coup de gueule à l’égard du Brexit et de Donald Trump, poussé par Andy Cairns –dont la coupe de cheveux est aussi punk que rebelle– en intro de « Kakistocracy ».

Bref, un concert bien trop lisse. Sympa, comme une bonne copine dont on ne tombera jamais amoureux, mais sans surprise. Un peu comme ceux accordés par Nada surf ou Fun Lovin’ Criminals, au cours des dernières années, reflétant quelque part une image bien terne, à l’instar de cette toile tendue en arrière-scène ou des pochettes d’albums, pas toujours très recherchées. Il serait quand même temps, s’il n’est pas trop tard, que Therapy explore de nouveaux horizons ou prenne davantage de risques.

 (Organisation : Botanique)

Verdiana Raw

Whales know the route

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« Whales know the route » constitue le deuxième elpee de Verdiana Raw, un disque qui fait suite à « Metaxy », paru en 2012. Et lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu, notamment, le concours d’Ericka Giansati (alto, violon, violoncelle), Antonio Bacchi (guitare) et Fabio Chiari (drums). Italienne, Verdiana est auteur/interprète/pianiste/violoniste/interprète et combine diverses disciplines : musique, théâtre, danse, musicothérapie, peinture et poésie. Fille de pianiste, elle a reçu, tout naturellement, une formation classique. Chopin, Debussy ou encore Satie figurent d’ailleurs parmi ses références majeures. Pas étonnant que la majorité des titres soient tramée par le piano. Si sa voix est susceptible de rappeler PJ Harvey, Patti Smith, An Pierlé voire Lisa Gerrard, sa musique est à la fois riche, complexe et difficile d’accès. Et tout concourt, y compris le violoncelle, les claviers rognés, tourbillonnants (« Time is circular »), les cordes de gratte en slide (« Planets ») ou cristallines (« On the road to Thelema ») à entretenir ce climat tourmenté et parfois même anxiogène…

Tall Tall Trees

Freedays

Écrit par

Maître ès-banjo, Mike Savino a une manière très particulière d’utiliser son instrument. Sous son patronyme Tall Tall Trees, il s’en sert à travers loopings, déviations progressives et autres programmations électroniques afin de créer des ambiances psyché rappelant les Fleet Foxes (« Backroads »), quasi ‘dream-pop’ (« Lost in Time »), lorsqu’il ne s’autorise pas des envolées americana pur jus (« SeagullxEagle »). Les harmonies sont léchées et l’interprétation délicate tout au long de « Freedays » un 3ème album délicieux de bout en bout. Manifestement, ces ‘Tall Tall Trees’ côtoient les plus hautes cimes !

The Aints!

The church of simultaneous existence

Écrit par

Ed Kuepper a donc décidé de reformer The Aints, en lui collant un point d’exclamation à la fin. Une formation qui a sévi de 1991 à 1995, mais dont le line up, hormis le leader, ne recèle plus d’autres membres originels, mais le bassiste des Sunnyboys, Peter Oxley, le batteur Paul Larsen Loughhead (The Celibate Rifles, The New Christs), le pianiste de jazz Alister Spencer, ainsi qu’une section de trois cuivres impliquant l’arrangeur Eamon Dilworh (trompette, tuba, bugle), Rafael Karlen (clarinette, sax ténor et alto) ainsi que Kyrie Miskin (trombone). Et c’est Tim Pitman (Hard Ons) qui se charge de la coproduction ! Après la séparation des Saints, Ed avait monté une nouvelle formation. Baptisée The Laughing Clowns, elle a sévi de 79 à 1985. Et il ne faut pas oublier sa carrière solo, riche en albums. Sans oublier qu’en 2008, il a remplacé Mick Harvey au sein du backing group de Nick Cave, The Bad Seeds. Mais venons-en à cet elpee, dont les compos datent de plus de quarante ans, certaines même remontant à 1969, lorsqu’il était encore au lycée. Mais pas question de compilation, car tous les morceaux sont interprétés par le nouveau line up.

Bien cuivré, l’opus s’ouvre par l’enlevé « Red Aces », un titre qui aurait pu figurer sur un album des Aints. La plupart des plages sont d’ailleurs bien rythmées, à l’instar de « You got the answer », une piste caractérisée par un zeste de claviers rognés et des accords de piano ‘plink plonk’, le bien punk « Elevator (a song for Barking Lord Jeff) » ou encore le punk roots « SOS ‘75 ». Ballade mid tempo atmosphérique, « Country song in G » aurait pu figurer dans le répertoire classique de l’Australien, au cours des 90’s. Entraînant, « Winters way » avait déjà été adapté par les Laughing Clowns, en leur temps. La voix de Kuepper est particulièrement sombre tout au long du filmique « You’ll always walk alone », une déclaration antagoniste au célèbre hymne des Reds de Liverpool. Elle est proche d’Iggy Pop, notamment dans les intonations, sur « Demo girl », une plage au cours de laquelle les interventions de basse de Pete Oxley sont énigmatiques, celles du piano, graciles, et de cuivres, jazzyfiants. Hypnotique, parfois psyché/garage, « Goonight ladies (I hear a sound without) » est une longue piste qui autorise d’excellentes digressions de guitare, tout en baignant au sein d’un climat réminiscent de Hunters & Collectors. Et le long playing de s’achever par le ludique « The rise and fall of Hoopnoch Eefill”, qu’on aurait pu imaginer naître d’une rencontre hypothétique entre Ringo Starr et les Monthy Python, et pas seulement à cause du sifflotement insouciant et contagieux qui musarde en cours de chanson.
Ah oui, un deuxième cd propose les versions instrumentales de tous ces morceaux.  

Bref un excellent album pour cet artiste injustement méconnu qu’on espère voir en concert, flanqué de ses Aints, bientôt en concert, près de chez vous…

Oi Va Voi

Memory Drop

Écrit par

Le dernier elpee de Oi va Voi, « Travelling the Face of the Globe », remonte à 2009. Un bail ! Depuis, le groupe a recruté la chanteuse Zohara Niddam, qui se réserve le micro sur 6 des 11 plages de « Memory drop ». Et sa voix limpide, éthérée, colle parfaitement à une musique essentiellement orchestrale, illuminée par la clarinette de Steve Levi, qui chante également sur les autres titres. Violon et trompette enrichissent également cette expression sonore qui mêle klezmer et pop occidentale au sein d’un climat romantique. Deux pistes adoptent un profil davantage cold wave. Tout d’abord « Big Brother » ; à cause de ces interventions de guitare inspirées de Cure. Puis « Searchlight », à la section rythmique très caractéristique. Et si « Empty boxes » lorgne vers Calexico (NDR : cette trompette !), « Shelter », piste finale, nous transporte au cœur d’un univers stratosphérique, réminiscent de Dead Can Dance. Bref, un album plutôt agréable à écouter, pas révolutionnaire, et qui prend vraiment toute sa dimension sur les plages les plus enlevées…

No Money Kids

Trouble

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« Trouble » constitue le troisième album de No Money Kids, un duo parisien qui pratique une forme d’élecro/blues/rock que la presse d’outre-Quiévrain a qualifiée d’audacieuse. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours de quelques featurings, dont le rappeur Charles X, lors de l’excellente entrée en matière, « Chains » et Toxic Avenger, préposé aux bidouillages électroniques sur le plus léger « Lost generation ». Sur les 13 plages de cet elpee, figure une cover de Gnarls Barkley, « Crazy. Mais dans l’ensemble, si les pistes les plus blues/rock, probablement tracées par The Kills et The Black Keys, tiennent plutôt bien la route (« See me laughing », « Better »), le reste est gâché par cette boîte à rythmes binaire, qui sert surtout à faire danser. C’est dans l’air du temps, mais bien regrettable, car les compos auraient pu prendre une autre amplitude si elles avaient été dynamisées par les interventions d’une véritable batterie.

Ghern

Fortune

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Deux années seulement après avoir publié un premier Ep baptisé « Réconcilier », l’artiste francophone, livre un six titres sobrement intitulé « Fortune ».

Lors des sessions d’enregistrement, Ghern s’est adjoint les services de musiciens expérimentés : Fred Lefranc (Baden), Gautier Vexlard (Talisco) et Lola Frichet (Pogo Car Crash Control).

Abandonnant au passage un prénom encombrant (Jérôme), le songwriter a pris le parti d’un résultat relativement hétéroclite en s’appropriant un spectre de poésies charmantes et de fantaisies fulgurantes entre pop et folk (« Calavera »), parsemé ci et là d’accents new wave (« Les Rochers »).

Sans bénéficier d’une grande voix, celui qui pourrait incarner un condensé de toutes les personnes issues de la nouvelle chanson française (Biolay, Daho, Miossec ou encore Cali) n’en demeure pas moins authentique à travers des textes qui content et chatoient une impossibilité narrative, mais dont les mélodies s’avèrent entêtantes.

Mention spéciale pour « Je pensais venir de l’espace » dont le down tempo, les nappes synthétiques enivrantes et la diction linéaire renvoient inévitablement à la « Folie » des Stranglers.

Au final, un disque aux allures de laboratoire et dont l’approche artistique n’est pas sans rappeler un certain… Hiroshima Mon Amour !

Enigmatique donc à l’instar de l’artwork représentant un visage masqué adroitement par deux morceaux de ballons déchiquetés.

A découvrir. Vraiment !

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