Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Kris Lager

Love songs & life lines

Écrit par

Issu du Nebraska, le Kris Lager Band pratique ce qu’on appelle, de l’americana. Les musicos se proclament d’ailleurs, des ‘roots revivalists’. Et il est vrai que dans l’expression sonore de la formation, beaucoup d'éléments s'y retrouvent : blues, rock, funk, r&b, folk, country, latin, cajun, gospel et hip hop. Le backing group du chanteur/guitariste, Kris Lager, implique le bassiste Aaron Underwood, le batteur John Fairchild, alias Scooby Sha Bo Bo, et le claviériste Jeremiah Weir. Sans oublier, un jeune saxophoniste, qui répond au nom de Lefever. Entre 2006 et 2009, le groupe se produisait sous le patronyme d’Indigenous pour soutenir le chanteur, Mato Nanji, dans un registre bien plus rock! C'est Jim Gaines en personne qui a assuré le mixage de ce nouvel opus, le combo se partageant la production.

Instrumental, "Aurora Borealis" ouvre l’opus et annonce déjà la couleur. Rythmées, les atmosphères sont particulièrement agréables. La conjugaison entre cordes acoustiques et l'arsenal de percussions dont disposent Scooby Cha Bo Bo et Adrian Underwood fait mouche. Très riches, les compos bénéficient d’excellentes harmonies vocales. Baignant au sein d’un tempo exotique, mais bien cadencé, "The heart wants what the heart wants" est traversé par une slide hantée par Ry Cooder. Ballade tendres, "Sweet magnolia" et "San Francisco Bound" sont comparables à des friandises sucrées par la slide, les percussions et le saxophone de Lefever. Talentueux, ce dernier colore judicieusement la plupart des plages. Mais il brille surtout tout au long de la superbe ballade, "You know I love you", une piste tapissée par l’orgue et au cours de laquelle les répliques vocales excellent. Ainsi que sur le r&b dansant et entraînant, "You and I". Ses envols rejoignent ceux des cordes pendant "Pickin' up the piaces" ; et ils sont beaux à pleurer. Kris Lager a un don pour torcher des jolies ballades bien mélodieuses, à l’instar de "Guiding light" et "I'm still here & I ain't lettin' go", au cours duquel la chaleur débordante de l'orgue Hammond souligne le chant profond. Un très bon album, dans le style…

 

Artur Menesez

Keep pushing

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Brésilien, Artur Menezes est un chanteur/guitariste, mais il vit aujourd'hui à Los Angeles, ainsi que son groupe. Il a atteint la finale du dernier ‘International Blues Challenge’ de Memphis, et y a décroché le ‘Gibson/Albert King Award’, comme meilleur guitariste. Dans son pays, il est considéré comme une star du blues. En outre, il est très investi dans l'organisation de concerts et événements de ce style musical. "Keep pushing" constitue déjà son quatrième. Il y signe les 10 plages. Pour l’enregistrement, il a bien sûr, reçu le concours de son backing group, en l’occurrence, la bassiste Daniel Ages, le batteur Gary Novak, le claviériste Carey Frank ainsi que deux préposés au cuivres. Josh Smith (NDR : âgé de 38 ans, ce chanteur/guitariste a essentiellement accompli sa carrière en Floride, mais il vit depuis, à L.A.) s’est chargé de la production.

Soutenu par les cuivres, "Now's the time" s’ouvre dans un climat soul, mais teinté de jazz. Artur prend un billet de sortie, dans un style très personnel, caractérisé par sa vitesse d’exécution sur les cordes. Et il récidive tout au long du titre maître, un blues/rock au cours duquel agréable, la voix se détache devant les ivoires de Carey Frank. Il la force, cependant, sur "Come with me", un morceau davantage hard, balisé par de solides riffs, et qui se signale par des interventions de gratte aussi allumées qu’aventureuses. Nerveuses, elles entrent même en délire sur "Til the day I die", une plage balisée par les percussions de Novak. Si "Love 'n' roll" agrège rock'n'roll et jazz, "Can't get you out of my mind", conjugue blues et jazz. Un titre indolent qui met en exergue l’incursion douce et légère de Jamelle Adisa, à la trompette. Enfin, bien blues, "Pull it throuh" est imprimé sur un mid tempo...

 

Julien Pras

Wintershed

Écrit par

Il y a des secrets qu’on aime garder pour soi… Responsable d’une irrésistible indie pop, Calc –qui a sévi de la fin des 90’s au début du nouveau millénaire– constitue l’un d’entre eux. Cette formation hexagonale était emmenée par le très doué Julien Pras, un artiste qui a décidé depuis, de multiplier les projets, dont Pull, Victory Hall, Mars Red Sky (consacré au stoner !), outre son intéressante carrière solo.

C’est cette dernière qui nous intéresse. Loin des riffs de Mars Red Sky, le Bordelais nous propose, tout au long de « Wintershed », des compositions pop/folk mélancoliques aux mélodies crève-cœur, influencées par la lointaine étoile d’Elliott Smith.

Pour ce troisième chapitre de son aventure en solitaire, il a reçu le concours de l’ingénieur du son Leonard Brémond et d’Helen Fergusson aux chœurs. Le titre de cet LP colle parfaitement à sa musique. Et pour cause, ‘Wintershed’ signifie ‘abri pour l’hiver’ et on s’imagine à merveille se blottir au coin du feu tout en se délectant de ses harmonies. Julien Pras est un artiste à chérir… car il est capable de réchauffer les cœurs, auprès de l’âtre, lors de grands froids… et même tout de suite, en plein été... Qu’importe !   

 

Keeshea Pratt

Believe

Écrit par

Issue du Mississippi, Keeshea Pratt est une chanteuse de blues et de soul. Depuis un peu moins d’une année, elle est soutenue par son propre backing group, à Houston. La formation a remporté l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Le Keeshea Pratt Band implique huits musicos, dont le bassiste Shawn Allen (NDR : c’est également lui qui assure la direction musicale), le guitariste Brian Sowell et le drummer Nick Fishman. Sans oublier la section de trois cuivres qui réunit le saxophoniste Dan Carpenter ainsi que les trompettistes James Williams III et Misaki Nishidate, de nationalité japonaise. Shawn Allen signe l'essentiel du répertoire. Apparemment, plusieurs invités ont participé aux sessions, mais les notes reproduites sur la pochette restent assez énigmatiques sur le sujet. Chris ‘Kid’ Andersen, le célèbre gratteur des Nightcats de Rick Estrin est bien mentionné parmi les guests. Et apparemment, Nick Fishman et sa troupe (Charlie Gurke, Ken Moran, Henry Hung, Tommy Folen, Colin Hogan, Bob Welsh ainsi que Joshua Cook) apportent également leur collaboration…   

Bien posée, la voix de Miss Pratt domine parfaitement son sujet. A l’instar de "Make it good", un r&b lent bien soutenu par les cuivres et l'orgue Hammond. Ou encore du blues indolent, "It's too late". Fishman imprime le tempo du r&b nerveux "Have a good time Y'all", alors que Carpenter s’autorise un billet de sortie au saxophone. Ballade soul, "In the mood" met en exergue les parties de gratte. Exotique, "Shake off these blues" se caractérise par l'envol des trompettes et les brefs soli des différents instruments. Un tour de rôle qu’on retrouve tout au long du funky "Out of mind". Solide, le titre maître est souligné par des interventions à la slide, chargées de feeling. La section rythmique sculpte les riffs du blues/rock "Can't stop now", une plage au cours de laquelle les guitares sont vraiment accrocheuses. Enfin immortalisé ‘live’, "So bad blues" est un blues lent qui s’étire sur plus de 8'…

 

Kid Ramos

Old school

Écrit par

Agé de 59 ans, David ‘Kid’ Ramos est un guitariste qui possède un fameux CV. On ne compte plus le nombre de musiciens talentueux en compagnie desquels il a joué. Ce qui lui a permis de se forger une solide réputation. Ses débuts remontent à 1980. Il y partage alors un duo auprès de l'harmoniciste californien James Harman, une aventure qui va durer huit longues années. Il sévit ensuite, mais brièvement, au sein du big band, Roomful of Blues. De 1993 à 2002, il milite chez le notoire Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson. Il entame alors une carrière solo tout en continuant à participer au projet de Mannish Boys, le groupe maison du label Delta Groove. En août 2012, on lui diagnostique un cancer. Après ses traitements, il est considéré comme en rémission complète, dès 2014. Avant de publier ce nouvel opus personnel, il en avait déjà gravé quatre, sur les écuries Black Top et Evidence. Et son dernier, "Greasy kid stuff", remonte à 2001. 17 ans plus tard, il nous propose donc son cinquième, "Old school", enregistré au sein du studio de Big Jon Atkinson, situé non loin de San Francisco. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’excellents musiciens, dont Bob Welsh aux claviers, Kedar Roy à la basse et Marty Dodson à la batterie.

Kid est avant tout guitariste, c'est donc sans surprise que l'on retrouve plusieurs plages instrumentales. Et tout d’abord "Kid's Jump", une plage qui rend hommage à BB King, dans un style jump si prisé par Ramos. Puis "Mashed potatoes and chili", un morceau qui lorgne davantage vers Freddie King. Et enfin, "Wes side", un blues lent teinté de jazz, abordé dans l’esprit de Wes Montgomery! Ramos a invité Johnny Tucker (NDR : établi aujourd’hui à Los Angeles, ce vieux bluesman de couleur noire à joué, dans le passé, en compagnie de Philip Walker) et Lowell Fulsom, deux vieilles gloires du L.A. blues pour chanter quatre titres, dont deux excellents blues lents. En l’occurrence le très dépouillé "You never call my name", interprété en duo voix/guitare, et "I can't wait baby", un titre au cours duquel la gratte est saturée de feeling. Agé de 17 printemps, son jeune fiston, Johnny Ramos, opère ses débuts en se consacrant au micro tout au long du "All your love" de Magic Sam, et "Anna", une gentille ballade qui aurait pu garnir un juke-box, au cours des années 50. Kid Ramos se réserve les vocaux sur deux pistes qui baignent dans une forme de pop latino ; mais on ne peut pas dire que sa voix sorte de l’ordinaire. Big Jon Atkinson a prêté son studio, mais il chante également une des compos issues de sa plume, le blues bien senti "Weight on my shoulders". Rôle qu’assume également Kim Wilson (NDR : c’est l'ancien boss de Kid, chez les Fabulous Thunderbirds) à travers une reprise classieuse du "High Society" de T-Bone Walker…

 

The Kills

Une manière de confirmer Kills arrivent là où on ne les attend pas…

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Assister à un concert de The Kills constitue toujours une expérience pleine de surprises. Soit Alison est perturbée par des substances illicites et le set est à la mesure de ses errements, soit son esprit est très clair et le concert devient carrément ennuyeux. Ce soir, à l’Ancienne Belgique, elle semble avoir enfin trouvé le bon équilibre. Finie l’époque où le service de sécurité la portait à bout de bras pour la débarrasser du plancher. Aujourd’hui, c’est une jeune femme en pleine forme et lucide qui se produit sur scène…

Et on s’en rend dompte dès les premières notes. Les guitares crissent, les cheveux d’Alison flottent. On se rend compte que The Kills n’est pas venu pour faire de la figuration, mais bien pour nous délivrer un concert brut, sauvage et très rock’n’roll, conforme à sa réputation. Lorsque Jamie Hince, le guitariste britannique, s’écrie : ‘It is so lovely to be back in Brussels’, c’est toute une salle qui jubile.

Aucun répit n’est laissé entre les morceaux qui s’enchaînent à un rythme hypnotique. L’alchimie entre Alison et Jamie, malgré les années qui passent, est toujours intense. Ils sont comme la glace et le feu. On hésiterait presque à les déranger tant ils peuvent sembler seuls au monde lors de ces moments où leurs regards se croisent.

Pendant « Fried my Little brain », Jamie harangue la foule tel un messie. Le moment est tendu, sexy, glamour, à l’image de ce duo qui se renouvelle autant qu’il exploite et maîtrise à merveille son rock garage…

Alison se permet de former quelques cœurs à l’aide de ses doigts, à l’opposé de son image de chanteuse ‘so West Coast américaine’ ; ce qui constitue sûrement la seule faute de goût de la soirée.

Point d’orgue de la prestation, « Pots and Pans » s’érige certainement comme le sommet de la prestation et fait littéralement exploser la salle. Le moment est tendu, fiévreux, parfait. Alison entame en solo le premier rappel, « That Love », qu’elle joue à la batterie avec une intensité rare. Les musicos vont se faire plaisir à travers deux derniers titres, totalement antinomique à leur répertoire traditionnel. D’abord, le « Stepping razor » de Joe Higgs. Un reggae. Puis, plus étonnant encore, le « List of Reparations » de Joe Higgs. Du hip hop !

Deux exercices de styles différents pour achever la soirée ; une manière de confirmer Kills arrivent là où on ne les attend pas, tout en prouvant –mais est-ce nécessaire ?– que le rock’n’roll n’est pas mort… et qu’il a encore bien sa place dans le décor…

Pour les photos de The Kills, c’est ici, et pour celle de The Pearl Hearts, qui assurait le supporting act, c’est là.

(Organisation : Live Nation)

 

 

Werchter Boutique 2018 : samedi 16 juin

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Jusqu’où êtes-vous prêts à vous déplacer (par amour) pour un artiste ? Réponse de votre serviteur : au Werchter Boutique ! Sans autre référence de prestige que la tête d’affiche, une météo prévue capricieuse, et la difficulté  de rejoindre le site, nombreux sont les aficionados d’autres festivals qui renonceraient à un tel projet. Mais lorsqu’on est fan, tout est possible : récit d’une mission to (Bruno) Mars…

Et comme le dit Conficius, ‘Qui veut déplacer une montagne, commence par déplacer de petites pierres’. C’est donc à un véritable travail d’investigation de chaque artiste (ou groupe) qui va se produire sur scène, auquel il faudra se livrer, au fur et à mesure de cette journée, avant d’assister au show de la tête d’affiche…

Une journée qui commence par Jessie J.. Une Londonienne qui se serait hissée un peu plus haut dans l’affiche, il y a quelques années… Mais après publié trois elpees, entre 2011 et 2014, qui ont récolté un succès certain, elle a consacré plus de temps aux crochets télévisuels (The Voice UK et Australia) qu’aux sessions d’enregistrement. Et son dernier opus, « R.O.S.E. » (NDR : acronyme de ‘Realisations, Obsessions, Sex & Empowerment’), qui rend notamment hommage à sa mère, paru fin mai 2018, n’a visiblement pas encore été écouté par le public. La belle Anglaise a enfilé un ensemble argenté, style chic et sport. Elle ôte rapidement sa veste. Mais en milieu de parcours, elle est victime d’un incident vestimentaire. Son pantalon s’est déchiré et elle forcée de s’éclipser pour en changer, abandonnant ses musicos qui improvisent pendant quelques minutes, pour meubler son absence. Son set démarre par le jazzyfiant « Who you are », une compo qui évolue en crescendo et au cours de laquelle la voix monte dans le aigus. Le nouveau single, « Real deal », ne soulève pas encore l’enthousiasme au sein de la fosse. La frontwoman se livre quand même totalement et se fend de discours empreints de pensées positives (NDR : dont un ‘Every lady must be treated like a Queen’, pour introduire le titre « Queen »). Il faudra cependant attendre la fin du show, et tout particulièrement « Bang bang », pour voir l’artiste se déhancher un peu plus, et entraîner dans son sillage, quelque peu le public, dans un répertoire mêlant, bien sûr, pop, rap et r’n’b. La fine pluie qui tombait alors se dissipe et le soleil commence à poindre le bout de son nez. C’est le moment choisi par Jessie J. pour aligner une série de tubes, et tout particulièrement le final explosif « Price tag », dont le refrain ‘We don't need your money money money. We just wanna make the world dance’ déclenche une belle ferveur dans la foule…  

Le décor ne varie guère pour le set de Years & Years. Sur fond rouge, le podium est rehaussé d’une estrade centrale. Efféminé, le chanteur se distingue par une chevelure de la même teinte. Il est soutenu par un claviériste/bassiste, un claviériste/percussionniste et une drummeuse. Sans oublier les quatre chorégraphes (trois hommes et une jeune femme) qui ne cessent d’accompagner le leader dans ses danses parfois un peu trop langoureuses (NDR : compte tenu des nombreux enfants présents dans le public). Mais au fil du temps, ces ballets souffrent d’une absence de relief. D’ailleurs, aux premiers rangs, certains spectateurs battent en retraite, alors que d’autres bavardent sans guère se soucier du spectacle proposé. Il faudra attendre le tube « King », dispensé en finale, pour que le set reprenne un peu de poil de la bête, dans un style rappelant… Michaël Jackson (NDR : on en reparlera…)

C’est en 2012, dans le cadre de PiaS Nites, que votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à la prestation d’Oscar & The Wolf. Depuis, on a la nette impression que le spectacle du band, en ‘live’, n’a guère évolué, même s’il est toujours cinématique. Vêtu d’une combinaison argentée, Max Colombie dégaine tous les classiques de son répertoire. Des compos romantiques, mélancoliques même, parmi lesquelles on épinglera « The game », « So real » et enfin, le morceau final, « Strange entity ». Comme il est programmé au Sportpaleis d’Anvers, pour deux soirées, en octobre prochain, il faut croire qu’Oscar & The Wolf est toujours aussi populaire au Nord de la Belgique. Et pourtant, on ne peut pas dire que sa prestation accordée ce soir, ait été transcendante.

Pas de doute, en observant la foule qui se masse devant le podium, la majorité du public est venue exclusivement pour le concert de Bruno Mars. Il faut l’avouer, votre serviteur également. Que ce soit lors de son passage en mars 2017, dans un Sportpaleis comble, malgré un prix d’entrée exorbitant, et dans le cadre de l’édition 2011 du Rock Werchter, ses prestations ont toujours été appréciées par le public. Après quinze longues minutes de retard, une fumée blanche (NDR : serait-elle annonciatrice d’un nouveau pape ?) se propage depuis les extrémités de la scène, cachée par un grand rideau de couleur blanche. Des écrans vidéo stimulent l’enthousiasme d’une foule déjà chaude-boulette. On peut y lire différents messages comme ‘Beautiful people, are you ready ? You have waiting so long’ ou encore ‘Let me hear you scream’, à la suite duquel une clameur s’élève dans la fosse, pour toute réponse. Habillé aux couleurs de l’équipe de basket yankee, les Chicago Bulls en l’occurrence, la star débarque sur les planches, flanquée de ses fidèles musiciens, également vêtus d’équipements de ce sport, mais sous le pavillon d’autres teams. Ce backing group implique un batteur, un guitariste, un bassiste et deux guitaristes, outre les danseurs et choristes. Et d’entrée de jeu, on a l’impression de revivre le fameux clip de James Brown, « Living in america ». « Finesse » enchaîné au tube « 24K magic » et à un « Treasure » bien cuivré, embrase la foule. Bruno empoigne une gratte pour attaquer « Calling all my lovelies ». Au cours du set, il nous propose des morceaux complètement réarrangés, à l’instar du notoire « Marry me », imprimé sur un tempo plus rapide et oscillant entre folk et rock. Pas étonnant qu’un solo de batterie vienne servir d’entracte, en milieu de parcours, afin de permettre aux musicos de reprendre leur souffle, en coulisses. Les singles s’enchaînent jusqu’au final, « Just the way you are ». Avant un bref rappel, au cours duquel « Uptown funk » va mettre une dernière fois, le feu sur la plaine.

A l’américaine, ce show n’a souffert d’aucun temps mort et nous a valu de vivre de nombreux moment forts. Et de se rappeler le concert que Michaël Jackson avait accordé, au même endroit, 30 ans plus tôt. Et si comparaison n’est pas raison, force est de constater que Bruno Mars est incontestablement devenu une des méga stars de la pop…

(Organisation : Live Nation)

Wolvennest

Un crossover entre black metal, dark ambient et psychédélisme, mais pas seulement…

Wolvennest (ou WLVNNST) est en quelque sorte un ‘super groupe’ constitué de musiciens chevronnés issus de la scène alternative. Basé à Bruxelles, il pratique un cocktail unique entre black metal, psyché et dark ambient, en lui communiquant une dimension tribale. Les compositions ressemblent à de longues incantations bâties sur un 'wall of sound' de guitares abrasives, au cœur duquel s’enfonce une rythmique répétitive, se distingue une 'lead guitar' mélodique mais reptilienne et, last but not least, s’élèvent des voix hypnotiques, quasi-chamaniques.

Le line up réunit Michel Kirby, Marc De Backer, Corvus Von Burtle et Shazzula. Sur les planches, il est complété par John Marx (Temple Of Nothing), à la basse, et Bram Moerenhout, à la batterie.

Après avoir gravé un premier opus, pour lequel le quatuor avait reçu le concours d’Albin Julius et Marthynna, de Der Blutarsch and The Infinite Church Of The Leading Hand, le combo vient de publier son deuxième. Intitulé « V.O.I.D. », il est paru sur le label allemand Ván Records. L’elpee a, cette fois, été composé exclusivement par les membres de la formation et Shazzula s’y réserve la plupart des parties vocales. Deux invités ont néanmoins participé aux sessions, Ismaïl Khalidi et Alexander von Meilenwald (The Ruins of Beverast). « V.O.I.D. » a été enregistré dans le 'home studio' du band, Forbidden Frequencies, sous la houlette du producteur DéHà.

Wolvennest a été programmé dans de nombreux festivals tels que le Roadburn, House Of The Holy, Desert Fest ou encore Acherontic Arts Fest III et a assuré la première partie d'Electric Wizzard, Urfaust, de DOOL et Wolves In A Throne Room. Plus récemment, il s’est produit à l'Ancienne Belgique et au Beursschouwburg, à Bruxelles.

C'est précisément au 'Beurs' que l’interview s’est déroulée, juste avant le concert organisé dans le cadre de la release party.  

Avant d’entrer dans le vif du sujet, passons aux présentations et aux projets au sein desquels les musicos militent…

Michel Kirby (MK) : Outre Wolvennest, je participe également à ceux de Length of Time, La Muerte, et d’Arkangel. Et puis je suis propriétaire d’un magasin de disques, Elektrocution, à Bruxelles.
Marc DeBacker (MDB) : Le mien, en parallèle, c’est Mongolito ; mais auparavant, j'ai coopéré à de nombreux projets et groupes, dont Dog Eat Dog et 10000 Women Man.
MK : En fait, Marc et moi, nous nous connaissons depuis plus de 30 ans. A nos débuts, on a joué ensemble chez Mental Disturbance, une formation qui pratiquait du hardcore un peu crossover.
Corvus Von Burtle (CVB) : J'ai entamé mon parcours musical en 2005, dans l’univers du hardcore. Aujourd'hui, je suis impliqué dans différents projets, dont Cult of Erinyes est probablement le plus notable. C’est du black metal ! Un album est prévu pour cet automne. Puis également Monads, un groupe de funeral doom, LVTHN, responsable d’un black metal très violent, et encore d'autres auxquels je prends part anonymement, pour entretenir le mystère...
Shazzula : Perso, j’ai vécu l’aventure d’Aqua Nebula Oscillator entre 2006 et 2011, puis j'ai collaboré avec White Hills, Kadavar, et contribué à d'autres productions. Maintenant, je réalise essentiellement des vidéos et des films, dont un en 16 mm, « The Essor », qui traite, entre autres, des univers parallèles et du chamanisme. Mais mon projet principal, c'est ‘The Spirit Trilogy’, une installation vidéo triptyque qui se focalise sur trois films. Parallèlement, je m'intéresse aussi à la musique techno-indus. D'ailleurs, sous cette forme, j’accorderai mon premier ‘live’, en solo, demain à Zurich, dans le cadre du Rhizom fest.

Wolvennest opère un crossover entre le black metal, l'ambient et le psyché. Ca vous convient come description?

CVB : Le noyau de base est orienté black metal ! La plupart des riffs correspondent à ce style, mais le rythme est plus lent...
Shazzula : ...et plus hypnotique.
MDB : En fait, il s’agit d’un crossover entre plusieurs personnes dont les goûts sont différents. Moi, je connais surtout le black metal classique, mais récemment, je me suis surtout intéressé au 'dark ambient' et aux styles plus psychédéliques.
MK : Chacun a apporté sa pierre à l'édifice pour créer Wolvennest. Marc, Corvus et moi avons lancé le projet, puis Shazzula est arrivée. Son profil est également très spécifique et ses influences, particulières. On les intègre toutes dans l’ensemble, et chacun y retrouve ce qui lui appartient.

Quelle est l’origine du patronyme, Wolvennest ?

MK : D’un ‘Bed & Breakfast’, établi aux Pays-Bas, qui s'appelle ‘'t Wolvennest’. Il se traduit par ‘le nid des loups’. On cherchait un nom depuis pas mal de temps et quand j'ai vu ce B&B, j’en ai conclu que Wolvennest illustrait l’aspect crossover, les différentes influences qu'on tente de fusionner.

« V.O.I.D. », votre deuxième opus, est paru sur le label allemand, Ván  Records. Une raison ?

MK : C'est le plus représentatif dans le genre musical que nous proposons. Dans son catalogue, figurent Urfaust, The Devil's Blood, The Ruins of Beverast et encore bien d'autres.
MDB : King Dude, également…
MK : On connaissait Sven (NDR : Sven Dinninghoff, le patron de Ván Records) grâce à Leslie, qui est notre 'visual producer'. C'est quelqu'un de passionné. Il a écouté notre premier album, paru chez WeMe, un label belge, et il a flashé. Il a contacté la boîte et repris la licence pour le rééditer ; et maintenant, il sort le deuxième.

Il ne faut bien sûr pas oublier votre producteur, Déhà ?

MK : C'est le 8ème membre du groupe, à côté des 6 musiciens et de Leslie. Il est producteur dans notre home studio. Il mixe les tracks...
MDB : Et il a également un rôle créatif important, en proposant de nouvelles sonorités...
MK : Il a aussi créé toutes les parties de batterie sur l'album.
CVB : Auparavant, Déhà était domicilié en Bulgarie ; mais maintenant, il vit en Belgique. Il était donc présent en permanence, dans notre home studio, lors des sessions ; ce qui nous a permis d'obtenir exactement le son que l'on avait en tête.

Sur le premier elpee, Marthynna, la chanteuse de Der Blutharsch and The Inifinite Church Of The Leading Hand, se consacrait aux vocaux ; mais tout au long de « V.O.I.D. », c'est toi, Shazzula, qui prend en charge toutes les voix féminines ?

Shazzula : Oui, je chante sur la plage titulaire, sur « Ritual Lovers » et sur « The Gates ». Mais en ‘live’, j'ai repris toutes les voix féminines, comme par exemple sur « Unreal », extrait du premier album. Et petite précision qui a son importance, le visuel de la pochette de « V.O.I.D. » a été réalisé par Bobby Beausoleil. J'ai d'ailleurs réalisé un clip pour lui il y a peu et on va probablement encore collaborer.

Quelle a été l’évolution entre le premier et le second LP ?

CVB : Je crois que le 2ème bénéficie de l’expérience acquise lors de nos prestations live, entre-temps. Il sonne plus 'rock', plus 'live'. Le premier était très minimaliste alors que, pour VOID, on est parvenu à construire un son plus vivant, en studio... Et la production est nettement meilleure. Les instruments ont trouvé leur place. Il y a davantage de claviers, parfois 5 ou 6 pistes en même temps. 

Deux guests participent aux vocaux ?

MK : Alexander von Meilenwald de The Ruins of Beverast chante sur « L'Heure Noire » et Ismaïl Khalidi, sur « The Gates ». Ismaïl est un ami. Je l'ai rencontré quand il était à la recherche d’un groupe. Quand on s'est croisés, il était au septième ciel parce qu'on appartenait à toutes ses formations favorites (rires). Plutôt, doom, assez sludge sa voix colle bien à notre musique.

Passons en revue quelques tracks de l'album. Qu’évoque « V.O.I.D. », la plage titulaire ?

MK : Il reflète l'impression d’être au sommet d'une montagne. Une sensation de vide, d'où le titre. Chacun peut s'imaginer ses propres paysages et sa propre interprétation, mais c'est un peu le sentiment de liberté que l'on ressent dans la montagne. Ou dans le désert. C'est la bande-son idéale pour un trip comme celui que j'ai accompli au Maroc, en compagnie d’Ismaïl.

« Silure » se réfère au fameux poisson qui dévore les pigeons ?

MDB : Exactement. Le mot est magnifique. Il évoque plein de choses : ‘ciguë’, ‘souillure’, et sonne bien malsain (rires).

« Ritual Lovers » a également une signification particulière ?

CVB : Oui, c'est une référence à The Devil's Blood, le groupe signé sur le même label, mais qui n'existe plus, depuis que le leader a mis fin à ses jours.
MK : Selim Lemouchi était un de mes amis proches et « Ritual Lovers » est un morceau très important pour moi car je voulais rendre hommage a la complicité très forte qui régnait entre Selim et sa soeur Farida et à tout ce qu'ils ont réalisé au travers de The Devil's Blood.
CVB : Perso, j’estime qu’ils ont ouvert la voie au revival du style black metal seventies et, dans le genre, ils étaient de loin les meilleurs.

Au niveau vocal, c'est un morceau très mélodique...

Shazzula : Oui, c'est une compo intéressante au niveau du chant. Je m'amuse bien en l’interprétant sur scène! Il est assez progressif et permet de libérer beaucoup de force.

Sur les planches, tu te sers également du thérémine ?

Shazzula : Oui, mais je dispose également d’un Moog Rogue et manipule pas mal de pédales d'effets, dont une de distorsion, plus agressive. Mais j’accorde toujours une large place à l'improvisation ; j'ai toujours fonctionné ainsi. 

Dans l'ensemble, vous avez composé le disque en studio ?

MDB : Oui, la majorité des titres y sont nés. Tout naturellement, car il y avait un très bon feeling...

Comme une alchimie ?

MDB : Oui, les composants se sont emboîtés presque par magie et lorsque j'écoute le disque maintenant et que je regarde la pochette, j’en conclus qu’il existe une vraie cohérence, un produit fini.
MK : Et ensuite, on a évidemment dû travailler pour convertir la musique au 'live', définir qui fait quoi sur scène et concevoir un 'show'...

Grâce à votre label, vous allez normalement acquérir un crédit plus important sur le plan international ?

MK : Oui, le label accomplit du très bon boulot. Mais tout dépendra quand même de la réaction du public. On sent qu'il y a un intérêt. On a reçu de belles propositions et elles devraient bien se développer au cours des prochaines semaines…

Pour écouter la plage titulaire de « V.O.I.D. », c’est ici  

Pour acheter le nouvel album, c’est là.

Pour écouter la version audio de l'interview, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission WAVES: ici en français et ici en anglais. 

Rostam Batmanglij

En véritable chef d’orchestre !

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Qui est Rostam Batmanglij ? Un petit prodige qui a fait ses classes à l’Université de Columbia. Mais encore ? Lui et Wesley Miles, membre de Ra Ra Riot, ont fondé le groupe électro Discovery. Il a également sévi chez Vampire Weekend, au début de son aventure. Il a gravé, en compagnie de Hamilton Leithauser, « I Have a Dream That You Were Mine », un des meilleurs albums de l’exercice 2016. Et l’an dernier, ce multi-instrumentiste publiait son premier opus solo, intitulé « Half-Light », un disque salué unanimement par la critique. Enfin, il est plus que probable que vous ayez entendu une de ses compo sur l’une ou l’autre station radiophonique. On avait donc hâte de découvrir l’univers de ce musicien talentueux, qui se produisait donc ce mardi 12 juin, au Botanique de Bruxelles…

Dholes assure le supporting act. La formation belge est venue défendre un premier LP qui devrait bientôt sortir. Il n’y a malheureusement pas grand monde, dans la Rotonde, pour accueillir le quintet. Bien en place, il nous réserve une expression sonore rappelant Balthazar et ses déclinaisons, Warhaus et J.Bernardt, et au sein de laquelle la voix grave du chanteur, qui milite également au sein d’Elvis Black Stars, est particulièrement habitée…

Il est 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. La salle est à présent à moitié pleine (ou vide, selon). Rostam se plante au beau milieu du podium. Devant lui prend place une section de cordes, réunissant trois violonistes et un violoncelliste. Et à l’une des extrémités, s’installe un percussionniste. Devant une toile sur laquelle sont projetés des vidéos, Rostam débute son show par « Wood », un morceau aux accents orientaux qui témoigne de ses origines iraniennes. Les arrangements sont recherchés et plein de finesse, preuve des talents du musicien. Polyvalent, il est capable d’alterner des morceaux pop tel que « Bike Dream », compos issues du répertoire de Discovery, et titres plus expérimentaux, sur lesquels il n’hésite pas à se servir de l’auto-tune.

Tout au long du set, il semble prendre du bon temps et surtout parvient à communiquer sa bonne humeur en faisant participer l’auditoire.

Lors du rappel, Rostam va nous réserver une chouette version du « Pink moon » de Nick Drake, à la sèche.

Pendant une bonne heure, le mélomane a pu s’immerger dans l’univers de ce véritable chef d’orchestre responsable d’une musique aux influences multiples. Des ingrédients qui ont contribué à une soirée pleinement réussie !

(Organisation : Botanique)

Julien Doré

Frappé d’une flèche dorée en plein cœur !

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Après avoir accompli une longue tournée (NDR : trois ans quand même), pour défendre son album « LØVE », été certifié quadruple disque de platine en France et d’or en Belgique et avoir décroché une Victoire de la Musique comme Artiste de l’année, Julien Doré a eu besoin de se ressourcer. Avec lui-même et les autres. La Nature et le Monde. Et c’est dans cet état d’esprit, qu’il a imaginé "&", quatrième elpee, une œuvre cocoon, solaire, humaine, caractérisée par son écriture unique, entière et poétique, et dont les mélodies transpercent, brûlent ou caressent. Puis en février dernier, il a gravé un opus acoustique, intitulé « Vous Et Moi ». Il y revisite seul, à l’aide de sa gratte, sa voix et ses ivoires, le fameux « & ». Et c’est dans ce contexte qu’il a décidé de reprendre la route. En baptisant son périple du titre de ce dernier LP, une tournée –soit dit en passant– sold out.

Pour en assurer le supporting act, Julien a choisi des artistes en devenir sur base de vidéos qu’il a demandé de lui transmettre. Pour le concert du Bozar à Bruxelles, c’est Céline qui a été sélectionnée. Agée de 17 printemps, cette jeune fille chante en s’accompagnant au piano. En un quart d’heure, elle va enchanter l’auditoire de sa voix cristalline. Lors du dernier morceau, « Ne me laisse pas », Julien arrive sur la pointe des pieds, micro dans la main gauche et caresse ces ivoires. Cécile se lève alors, et quitte discrètement les planches, sous de chaleureux applaudissements.  

La scène est cosy et intimiste. Et baigne au sein d’un climat mystérieux. A cause des bougies allumées un peu partout. Sur la gauche on remarque la présence de trois guitares et d’un ukulélé. Un fauteuil rouge campe sur une estrade et juste à côté, une lampe de chevet est posée sur une petite table…

Julien s’assied sur son siège et attaque « Le lac » à la gratte semi-acoustique. Son toucher de cordes est empreint de délicatesse. En fin de chanson, il s’adresse à la foule et lui crie ‘Avec moi !’. La réaction est immédiate. Il apprécie ce moment et écoute chanter l’auditoire. Les lumières s’éteignent. Le thème de l’eau hante Julien. D’ailleurs, il poursuit son répertoire par « Les Bords de mer ». La fosse baigne alors dans un light show de couleur bleue. Un faisceau blanc descend du plafond et vient se stabiliser sur l’horizon, tel un coucher de soleil. C'est vraiment quand il est dans la simplicité et le naturel que Julien nous touche le plus et, sans doute, est au sommet de son art. Changement de gratte pour « Mon Apache », une chanson d’amour signée par son fidèle guitariste, Armand Méliès. Délicate, entrecoupée de ‘oh’ pudiques, suave, sa voix reflète le sentiment d’un cœur blessé, probablement le sien. Un grand moment d’émotion au cours duquel il se met littéralement à nu. La setlist semble avoir été établie au feeling. Doré passe ensuite derrière le piano pour quelques titres. Dont « Kiss me forever », moment au cours duquel ce sont des boules de teinte rouge qui descendent alors du plafond, s’immobilisant à différentes hauteurs. Il promet qu’il va se calmer, surprend les spectateurs en lançant des paillettes dorées, sifflote, signale qu’il est une boule d’amour, ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire, parle de sa besace, de sa chemise qui a rétréci, de ses cheveux qui ont poussé en deux heures et qu’il n’aime pas les comédies musicales. C’est vrai, Julien s’est assagi, mais son humour est toujours aussi décalé. Cinéphile, il a vu pourtant assisté à la projection de ‘La La Land’ et ‘City Of Star’. Et ose une adaptation de « Cet air là » de France Gall. Il joue de sa gratte en picking et sollicite la foule pour l’accompagner. Il est passé au ukulélé pour « Don’t be afraid », un morceau au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Et nous gratifie d’une sublime version d’« Aline » de Christophe ; mais le public change les paroles du refrain en ‘Julien, tu nous reviens’. L’auditoire a marqué des points. Le natif d’Alès est frappé d’une flèche dorée en plein cœur. Il le remercie. Et le set de s’achever par « Porto Vecchio ». Ce soir, Julien Doré nous a réservé un exercice de style acoustique qui mérite cinq étoiles et démontré qu’il est incontestablement, un artiste complet…  

(Organisation Botanique + Bozar + Nada Booking)

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