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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Dernier concert - festival

The Cure
Editors

Dany Franchi

Problem child

Écrit par

Né à Gênes, il y a 28 ans à peine, ce chanteur/guitariste est considéré comme un des grands espoirs du blues contemporain. Il a ainsi tapé dans l’oreille du redoutable gratteur texan, Anson Funderburgh. C’est d’ailleurs lui qui produit son troisième elpee, en compagnie de Kirk Fletcher et Sean Carnes. Son premier opus, « I believe, remonte à 2014. Depuis, il s’est produit sur les scènes internationales. Les sessions se sont déroulées au studio Wire Recording, à Austin. Le long playing recèle dix compos personnelles et trois canons du blues. Pour la circonstance, il a reçu le concours du bassiste Nate Rowe, du drummer Wes Starr (Jimmie Vaughan, Anson Funderburgh), du claviériste Jim Pugh (Robert Cray Band) ainsi que de quelques invités prestigieux… 

L’album s’ouvre par "Back to the river". Alimentée par les ivoires et les cuivres des Texas Horns, l’intro est nerveuse. Dany chante d’une voix un peu cassée et prend son envol sur ses cordes, à la manière du notoire Jimmie Vaughan, avant qu’Anson Funderburgh ne prenne le relais, en égrenant parcimonieusement ses notes. Entretenu par les ivoires de Pugh, "Give me a sign" emprunte le tempo du boogie rock, mais surtout révèle l'incroyable talent de Franchi sur sa gratte. La classe ! "Big town playboy" est un classique d'Eddie Taylor. La version est traitée en Chicago shuffle, livrant un duel entre les cordes du leader et l'harmonica torride du Texan Greg Izor, convié pour la circonstance. Cuivrée par les Texas Horns, "Real love" est une ballade lente à coloration Stax. Le spectre de Guitar Slim rôde tout au long de "You don't want me", un r&b très louisianais que ponctue un solo remarquable, une nouvelle fois digne de Jimmie Vaughan. Andy T se consacre à la guitare rythmique et Kaz Kazanoff, au saxophone, sur "Don't steal my time", un autre r&b, mais abordé dans l’esprit de Chicago, et chanté d’une voix empreinte d’une grande maturité. Jim Pugh double orgue Hammond et piano sur "My only one", un blues lent et dépouillé au cours duquel le toucher de cordes est presque magique, libérant un feeling permanent. La cover du "Everything gonna be alright" de Willie Dixon est attaquée dans l’esprit du Westside Chicago, si cher Magic Sam. "Problem child" constitue le meilleur album de blues, paru depuis le début 2018 ! 

 

Rex Granite

Spirit/Matter/Truth/Lies

Écrit par

Fondé en 2002, le Rex Granite Band est originaire d'Omaha, dans le Nebraska. Son premier elpee, "Rollin' & Tumblin'", remonte à 2003. Le RGB vient de représenter l'état du Nebraska dans le cadre de l'International Blues Challenge de Memphis, en janvier dernier. Drivé par le préposé à la slide, le combo se singularise par le concours à la guitare et aux vocaux de Miss Sarah Benck. Mais il a cependant fallu attendre plus de 14 années avant que le band ne grave son second opus. Kevin Loomis, aka Rex Granite, signe la quasi-intégralité des compos.

Sémillant, "Stop doing what you want" place le quartet sur orbite. Si la voix de Sarah domine le sujet, les sonorités métalliques de la slide dispensées par le leader crèvent littéralement l'écran. Soutenu par les ivoires de Daniel Crawford, "What you're missing" évolue sur un tempo aussi enlevé. Rythme qui joue les prolongations tout au long de "Cadillac car", caractérisé par des interventions de slide à l’excellente tonalité. Le long playing ne recèle qu’une seule reprise, en l’occurrence le "Please send me someone to love" de Percy Mayfield. La voix de Sarah ne colle pas à cette cover. Par contre, le doigt d’acier de Rex Granite vibre remarquablement le long de son manche et fait la différence. Jolie plage roots, "Sail away" (Pt1) emprunte manifestement un riff aux Stones. La voix s’enflamme face aux cuivres et à l’harmo tout au long du blues/rock nerveux "Steamroller". Excellent ! Le titre maître diffère radicalement de l’ensemble. Plus hard, il se distingue par des riffs élaborés entretenus par les grattes de Rex et Sarah. Imprimé sur le tempo du chemin de fer, "Two trains" nous entraîne aux confins d’un boogie que réverbère la slide aux sonorités dépouillées… 

 

Jan James

Calling all saints

Écrit par

Originaire du Michigan, Jan James est chanteuse de blues/rock. Elle apprend à chanter au sein d’une chorale, à l’église. Son voisin, Craig Calvert, devient son partenaire musical, un guitariste/compositeur qui militait alors dans un groupe punk. Le duo part alors à Chicago, la cité du blues. Il se produit en club, et notamment au Buddy Guy's Legend ainsi qu’au House of Blues. Le tandem publie un premier elpee, "Last Train", chez le label batave, Provogue. Puis tourne en Europe, où il acquiert une popularité certaine. Ce qui va lui permettre de graver de nouveaux albums. Jan et Calvert continuent leur chemin ensemble ; ce dernier est d’ailleurs toujours son guitariste, mais est devenu son producteur.

Et c'est ce dernier qui lance rapidement la machine sur les rails, dès "I'm a gambler", un blues imprimé sur un mid tempo tout au long duquel la voix puissante de Jan se distingue, alors qu’offensive et limpide, la gratte se détache de l’ensemble. "Heart of the blues" bénéficie d’une excellente intro, chargée d’un maximum de feeling, sur les cordes. Sans équivoque, Calvert tire sur toutes les ficelles du guitariste de blues rock! Le long playing recèle quelques blues lents, dont le superbe "Losing man", une plage saturée d’émotion, et abordée dans le respect du Chicago blues side, si cher autrefois à Muddy Waters. Sans oublier la finale "Black Orchid blues" et "Bucky blues, une piste colorée par l’harmonica. Country/blues, "Battle of Jesse" est un morceau acoustique attaqué à la manière de JJ Cale, mais que chante Jan, d’une voix tellement féminine. Excellent come-back !

 

Little Boys Blue

Hard Blue Space

Écrit par

Little Boys Blue a choisi pour port d’attache, Jackson, une ville sise dans le Tennessee, le long de la A40, à mi-chemin entre Memphis et Nashville. La formation compte plus de 20 ans d’existence et constitue un véritable déjà trait d'union entre les deux grandes cités du Tennessee. Memphis pour le blues et le rockabilly ainsi que Nashville pour la country. Publié en 2016, le précédent opus, "Tennissippi", avait littéralement enchanté la critique.

Le quintet implique le chanteur/harmoniciste JD Taylor, le bassiste Dave Mallard, le batteur Mark Brooks ainsi que les guitaristes, Alex Taylor et John Holiday, alias Kid Memphis. Ce dernier vient de débarquer dans le line up. Agé de 46 balais, cet enfant de Memphis est à la fois musicien et acteur. Il avait ainsi interprété le rôle de Carl Perkins dans le film consacré à Johnny Cash, ‘Walk the line’. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Jackson et Memphis. Dix titres originaux ont été mis en boîte à l’aide de quelques amis, dont les gratteurs, Andrew White, Brad Webb et Wes Hensley, ainsi que le claviériste Dave Thomas.

Dès le titre d'ouverture, "Six foot down", on est emporté par les envols majestueux des cordes, mais également les interventions de l’harmo, dispensées face à l'orgue Hammond. Celles d’Alex sont à la fois fragiles, chargées de feeling et brillantes tout au long du Memphis blues, "Loving kind", avant qu’il ne soit rejoint par Kid. "Blues bug" et "If the blues start calling" sont deux excellents blues lents. Le premier est tapissé par un orgue chaleureux. Le second, se singularise par des accès de slide dégoulinantes. Ballade soul bien construite, "Got a mind of your own" met en exergue l’harmonica. Shuffle entraînant, "Going back to Memphis" clôt ce superbe long playing…

Johnny Max Band

Roadhouse soul

Écrit par

Chanteur de blues et de soul, Johnny Max, aka John McAnenay, est avant tout un homme de scène. Un entertainer qui donne tout ce qu’il a dans le ventre, sur les planches. Sa musique mêle blues, funk, r&b et soul. "Roadhouse soul" constitue son septième opus! Il l’a enregistré chez lui à Toronto. Et signe ou cosigne les dix compositions, principalement avec son guitariste, Kevin Vienneau.

L’elpee s’ouvre par le rythmé "Couldn' happen to a nicer guy". Grave et motrice, la voix se détache d’une excellente orchestration tramée par le piano de Rob Gusevs et les cordes de Vienneau. Mais le Johnny Max Band brille surtout lorsqu’il pratique du roadhouse rockin' blues. Tapissé de claviers et imprimé sur un tempo idéal pour la route, ce style a été pérennisé par les Rolling Stones. Et notamment tout au long de "Little yellow dress", une piste qui adresse un clin d'œil à John Lee Hooker. Puis "Roadhouse soul" et "Time well wasted", deux plages très rock'n'roll, au cours desquelles la guitare largement amplifiée prend son envol. Piano et mandoline dominent "I'm broke", un r&b à coloration néo-orléanaise. Le long playing s’achève par "We've been together for such a long time". Imprimé sur le tempo d’une valse, ce titre roots est illuminé par les interventions des ivoires et des cordes réverbérées…

 

Ron Sexsmith

The Last Rider

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Condamné à un injuste anonymat, diamétralement opposé à son talent d’écriture et son agrément par la critique, Ron Sexsmith –aujourd’hui quinquagénaire– a une nouvelle fois sorti sa plus belle plume pour concocter 15 nouveaux morceaux qu’il a gravé sur ce « The Last Rider ». Un 14ème opus studio qui pourrait bien être son dernier, son ultime ‘ride’, comme mentionné dans son titre…

Racé, son songwriting agrège –et ce depuis ses débuts, en 1991– romantisme pop et folk un brin suranné. Et cette pop, il la sculpte comme un véritable artisan ; sans le moindre artifice et en toute humilité. Il serait dommage que « The Last Rider » constitue son dernier périple, quand on sait que l’artiste est capable de marcher sur les traces de McCartney (« Our Way »), Lennon (« Dreams are Bigger ») ou encore Costello (« West Gwillimbury»). La scène pop/rock y serait largement perdante. Rien qu’en écoutant « Upward Dog », on ne peut qu’être inquiet de sa future décision…

 

Fractional

Tepes

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Douze années déjà que Pierre Remy a lancé son projet Fractional. « Tepes » succède à « Blood », paru en 2010. De nationalité belge, cet artiste propose une musique électronique fortement contaminée par l’indus. On pourrait ainsi la décrire comme idéale pour sonoriser un film au climat post-apocalyptique du style ‘Blade Runner’. Mais les influences ne s’arrêtent pas en si bon chemin, puisqu’on y décèle également des traces de noise, breakcore et dubstep. Ainsi, la transe synth-wave de « Sionvi » répond au plus cinématographique et sombre titre maître. Se référant au nom du célèbre comte Dracula (Vlad Tepes), « Tepes » n’est certainement pas l’album le plus facile d’accès de Fractional, mais il devrait plaire aux mélomanes, à la recherche d’une électro plus aventureuse et alternative.

 

Nightlands

I Can Feel the Night Around Me

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Lorsqu’il ne se consacre pas à la basse chez War on Drugs, Dave Hartley s’investit au sein d’un projet qu’il a baptisé Nightlands. « I Can Feel the Night Around Me » constitue déjà son troisième opus, des disques publiés sur le label texan, Western Vinyl, une écurie qui héberge,  notamment, Bonnie Prince Billy et Dirty Projector…

L’Américain a enregistré cet elpee, seul, chez lui. Neuf plages de folk/rock atmosphérique légèrement teintées de psychédélisme. Le tempo est indolent et vous berce constamment. La voix de Hartley et l’instrumentation –riche par ailleurs– est chargée d’effets, comme si elle était recouverte d’un voile. L’expression sonore navigue quelque part entre The War on Drugs et Tame Impala, mais sous prozac. Pas vraiment idéal si vous souhaitez un bon coup de boost. Bien sûr, Dave affiche une impeccable maîtrise instrumentale, mais le long playing recèle bien trop de compos soporifiques pour maintenir l’esprit en éveil de bout en bout…

 

Romano Nervoso

Une faim de loup…

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Les papes autoproclamés du spaghetti rock ont publié un nouvel opus, en février dernier. Intitulé « I don’t trust anybody who doesn’t like rock and roll », ce troisième opus a été mis en forme par le célèbre producteur Pelle Gunnerfeldt qui a notamment bossé pour The Hives, The Knife et Peter Björn. Il y a 5 ans que la formation n’avait plus mis les pieds au Salon de Silly. La soirée promet d’être ‘Sex, drugs and rock’n’roll’.

The Glücks assure le supporting act, un duo ostendais réunissant la drummeuse Tina et le gratteur Alek. Particulièrement populaire et considérée comme le combo le plus rock’n’roll au Nord de la Belgique, la paire est programmée lors de la plupart des festivals estivaux. A son actif trois elpees, dont le dernier s’intitule « Run amok » (NDR : le mot ‘Amok’ est issu du malais ‘amuk’ qui se traduit par ‘rage incontrôlable’, un terme récupéré par les Britanniques pour décrire le comportement meurtrier sans discernement…) Le couple va nous en proposer de larges extraits, ce soir.

Il doit y avoir plus ou moins 200 âmes dans le Salon. « Why Do I Love You » entame le set ; c’est également le morceau qui ouvre le dernier long playing. La frappe de Tina est sauvage, tribale même, un peu dans l’esprit des Cramps, voire de The Experimental Tropic Blues Band, mais à la sauce noir-jaune-rouge. Garage/punk/rock, la musique est chargée de testostérone, brute de décoffrage, sans concession. Elle évoque tour à tour celle de Ty Segall, des Stooges, de Metz et même du Clash ! Le tandem est particulièrement fusionnel. D’un simple hochement de tête ou d’un regard, ils se comprennent instantanément. Alek est intenable aux cordes et quand il n’ondule pas sur place, il vient régulièrement affronter sa partenaire dont le traitement infligé aux fûts est impitoyable. Quand il hurle pour libérer toute sa rage, le spectre de Jon Spencer rôde. Et lorsque Tina se consacre au chant, à l’instar d’« Uninvited », l’expression sonore vire au psychédélisme voire à la noisy. La température grimpe inévitablement au fil du show qui s’avère finalement, une excellente mise en bouche, avant la tête d’affiche…   

Setlist : « Why Do I Love You », « Uninvited », « Cu Cu Cool », « Youth On Stuff », « Kill The King », « Tough Luck », « Dig !Dig !Dig ! », « A World You Do No Own », « Generation Undefined », « Don’T Want To Be Like  You », « Shoot Myself », « Under The Gun ».

Lucas Lepori s’installe derrière ses fûts et assure le tempo d’une frappe métronomique, en attendant que ses acolytes débarquent. Enfin, Fabrice Giacinto (basse), Chainis et Rugerio Catanio (guitares) font leur apparition. Giacomo Panarisi, le leader, arrive en queue de peloton. Vêtu de son habituel pantalon à paillettes, il dépose le panneau ‘La Louvière’, à ses pieds. Il réajuste son froc, empoigne son micro fétiche et attaque « American dream », extrait du nouvel opus. Le ton est donné ! Un titre bien rock’n’roll qui reflète ce rêve américain auquel le band aspire depuis si longtemps. Et de rock’n’roll, il en est encore question tout au long de « Sex, Drugs, Rock n Roll & Dolce Vita », un morceau qui adresse un clin d’œil à feu Ian Dury. Davantage garage/pop, mais bien électrique, « Rocking Machine » le réserve à Blur. Chaussé de lunettes fumées, Giac est une vrai rock star, une bête de scène si vous préférez.

Imprimé sur un tempo 4/4, « Rather Kill A Man » déborde d’énergie. Le spectre des Ramones plane. Tout comme pour « Blues Is The Teacher », un titre qui monte dans les tours et fonce même pied au plancher. Le titre le plus radiophonique du dernier LP. « Thursday Night Fever » lorgne vers le Slade au sommet de son art. Il et vrai que Romano Nervoso puise également ses influences dans les seventies. Et pas seulement pour l’attitude glam. Surf, « Meet The 300 Sicilians » baigne au sein d’un climat digne d’un film western spaghetti. Inévitablement, des images de grandes chevauchées à travers les plaines du Far West galopent dans votre esprit. Mais les pâtes sont servies al dente. Faut dire que ce soir, le groupe à une faim de loup… Et ce set de haut vol de s’achever par «  In The Name Of The Lord ».

En rappel, la formation va nous réserver trois titres dont la cover du « Orgasm addict » des Buzzcocks, démontrant ainsi qu’elle reste un des fers de lance du rock, en Wallifornie…

Setlist : « American Dream », « Sex, Drugs, Rock’n’Roll & Dolce Vita », « Rocking Machine », « Party Time », « Rather Kill A Man », « The Story », « Thursday Night Fever », « Superstar », « Blues Is The Teacher », « Meet The 300 Sicilians », « Looking For The Sun », « Televised », « In The Name Of The Lord ». 

Rappel : « The Fleming », « Orgasm addict », « Mangia Spaghetti ».

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Rolling Blackouts Coastal Fever

Tôt ou tard, ce sera le retour de la Guitare…

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Considéré comme un des groupes les plus prometteurs sur la scène indie antipodale, Rolling Blackouts Coastal Fever a choisi un patronyme à rallonge. Votre serviteur avait déjà flashé sur son Ep, « Talk tight », et a de nouveau été séduit par son tout premier album, « Hope downs ». La formation implique deux frères et deux cousins, mais surtout trois chanteurs/guitaristes (NDR : deux grattes électriques et une acoustique !). Et pratique une musique qui rappelle les Go-Betweens ainsi que la scène néo-zélandaise du label Flying Nun (NDR : pensez à The Bats, The Chills ou encore Jean-Paul Sartre Experience). On reviendra plus tard sur ce nouvel opus, mais place au compte-rendu du concert…

En débarquant dans l’AB Club, Stella Donnelly est encore sur les planches. Très jolie, portant un pantalon aux motifs probablement empruntés aux aborigènes, elle est armée d’une six cordes électrique et possède une superbe voix, dont les tremolos sont très susceptibles d’évoquer Jeff Buckley. Elle a beaucoup d’humour et déclenche régulièrement des rires dans un auditoire, constitué alors d’une cinquantaine d’âmes. Quand elle gratte ses cordes, les compos sont plutôt arides. A contrario, en picking, elles passent beaucoup mieux la rampe. Elle s’autorise une reprise de la chanson la plus insipide des Beatles, « Across the universe ». Ce qui ne va pas l’empêcher de recueillir, avant de quitter l’estrade, de chaleureux applaudissements. A revoir en compagnie d’un véritable groupe…

Les haut-parleurs diffusent le « Rock you baby » de George McRae. Puis les musicos de Rolling Blackouts Coastal Fever montent sur l’estrade. Il doit y avoir maintenant plus ou moins 120 personnes dans la salle. Les trois chanteurs/guitaristes se posent en front de scène. Joe White (NDR : il est roux !) à gauche. Fran Keany (NDR : un hybride entre Jim Morrison et Bryan Ferry), au milieu (NDR : c’est lui qui joue de la sèche électrifiée) et Tom Russo, à droite. Son frère, Joe Russo, le préposé à la basse, tourne régulièrement le dos au public. Il se tient près du drummer, un peu comme pour faire bloc avec son partenaire. Bien post/punk voire cold wave, ses interventions sont aussi ténébreuses et vibrantes que celles des bassistes de ce style tellement prisé au cours des eighties. Episodiquement, il s’autorise un petit pas de danse. Mais le chef d’orchestre, c’est le drummer, Marcel Tussie. Il donne le départ des compos, de deux coups de sticks et achève en catimini, chaque morceau, avec un soin particulier. Son drumming est à la fois ample et fédérateur. Le show s’ouvre par « Clean Slate ». Le son est parfait. Les voix sont extrêmement complémentaires, et le plus souvent se répondent comme dans l’univers du hip hop (NDR : du hip hop pareil, je veux bien en écouter toute la journée !), mais se conjuguent également en harmonies. Et le drumming talonne judicieusement ces harmonies sur « The Hammer » et tout au long du ‘byrdsien’ « Sick Bug », une chanson qui relate l’histoire d’un gars qui se sent comme un insecte infectieux à la vue de son amant. Chargées d’intensité, les sonorités de guitares sont tour à tour carillonnantes, cristallines, savoureusement discordantes, vertigineuses ou enchanteresses. Elles deviennent même orgiaques pendant « Mainland » et lors du titre qui clôt le set, « French press ». Ensoleillées, presque californiennes, les mélodies ondulent comme des vagues qui s’abattent sur les récifs coralliens. Pendant « Colours run », Tom casse une corde de sa Gretsch. Stella Donnelly se mue en roadie. Elle lui branche une autre guitare, mais les tonalités ne semblent pas plaire au musicien. La Miss fonce alors en coulisses pour remplacer cette corde et la repose sur le rack. Pendant ce temps, les autres musicos se lancent dans une jam débridée. Et lorsque l’instrument est à nouveau au point, le band reprend le morceau en cours. Manifestement, il y a une parfaite osmose chez ce quintet. Le tempo est constamment enlevé ; il est même rapide tout au long de « Wide eyes ». Les mélodies sont soignées, parfois même contagieuses, à l’instar de « Talking Straight ». Le public jubile. Il est chaud. Remue, danse ou dodeline de la tête, et surtout savoure ce concert exceptionnel qui libère un doux feeling. On n’a pas envie de regarder sa montre. Ou alors on oublie d’y jeter un coup d’œil. On voudrait que le concert se poursuive encore pendant des heures. Mais vers 22h15, il s’achève. La formation revient quand même accorder un rappel. Un seul titre. En vitesse ! Puis elle s’éclipse. Avant de réapparaître quelques minutes plus tard, dans la salle, pour démonter son matos, écouler son stock de merchandising, signer pochettes ou tickets du concert, faire des selfies, mais aussi discuter avec les spectateurs, parfois pendant de longues minutes. Des gars talentueux et vraiment sympathiques. Mais surtout impressionnants sur les planches ! Un grand groupe vient probablement de naître…

Rolling Blackouts Coastal Fever se produira dans le cadre du Pukkelpop, ce samedi 18 août (voir aussi notre section photos ici)

Setlist

Clean Slate
Talking Straight
Julie’s place
Wither with you
Carreer
The H
ammer
Sick bug
Colours run
A/C Man
Bellarine
Mainland
Fo
untain of good fortune
Wide eyes
French press

(Organisation : Ancienne Belgique)

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