Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
The Cure

Danny Brillant

Revelation

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Au cours des dernières années, ce jeune chanteur/guitariste s’est forgé une solide notoriété. Agé de 37 ans, il a acquis suffisamment de maturité pour faire évoluer son blues/rock. Danny a accompli ses premiers pas, sur la scène musicale, chez Redeye Band, combo au sein duquel son père, Ken, se réservait la basse. Depuis 2002, il publie régulièrement ses propres albums. Son dernier, "Big! Live in Europe" était paru voici moins d'un an, un disque enregistré en compagnie d’un octuor impliquant une section de cuivres. Et c’est cette formule qu’il a reconduite pour ce nouvel elpee. 

Quelques notes de piano introduisent le titre maître, avant que souveraine, la voix n’entre en scène. Pas besoin de forcer pour quelle s’impose. Elle est alors soulignée par l'orgue Hammond de Richard Hammerton (NDR : il se charge également de la production ; mise en forme impeccable, il faut le mentionner). L’intervention à la trompette de David Maddison est superbe et s’intègre parfaitement dans un une ambiance latine à peine voilée. Bryant privilégie les tempos lents. Ils collent parfaitement à son style. C’est d’ailleurs dans cet exercice qu’il est le plus performant. A l’instar d’"Isolate", au cours duquel la voix autoritaire est talonnée par ses cordes largement amplifiées mais toujours chargées d’un max de sensibilité. "Liars Testament" et en finale, "Yours for a song", baignent au cœur d’un climat théâtral aux accents dramatiques. Véritable blues lent, "May I have a talk with you" a été composé par la légende Howlin' Wolf. Et Danny ne manque pas de panache pour en restituer sa version. Généreusement cuivrés, "Truth or dare" et "Sister decline" évoluent sur un tempo bien enlevé.

 

Ducktails

Jersey Devil

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Il s’agit de toujours dissocier la vie, les convictions ou les actes d’un artiste de son œuvre… si on peut être aujourd’hui interloqué par les nombreuses plaintes posées par des femmes (dont Best Coast) à l’encontre de Matt Mondanile, accusé à de possibles harcèlements sexuels, on ne peut nier qu’en matière d’orfèvrerie indie pop, on a pas fait beaucoup mieux que Real Estate (qu’il a été forcé de quitter à la suite de ces accusations) ou Ducktails (son projet solo), ces dernières années.

Et ce n’est pas « Jersey Devil », son sixième album, qui changera cette norme d’excellence. Enregistrés dans la cave de sa mère, au New Jersey, les morceaux constituent de nouveaux exemples d’écriture pop alliant une apparente simplicité à une réelle finesse mélodique et une profondeur d’arrangements (« Light A Candle »). Les lignes de guitares ciselées et les synthés savoureusement vintage soulignent la voix claire si chère à Mondanile. Le diable de Jersey se pare de ses plus beaux habits… tentez « Solitary Star » pour voir… ou plutôt entendre…

 

I Marc 4

Nelson Psychout - Original Italian Library Music from the Vaults of Nelson Records

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Cette nouvelle compilation Vampisoul nous plonge dans le répertoire de Nelson Records, collectif fondé en 1970 par quatre requins de studio surnommés ‘I MARC4’ pour Maurizio Majorana (basse), Antonello Vannucchi (Hammond), Roberto Podio (batterie) et le surdoué Carlo Pes (guitare). Et au sein des studios Telecinesound, ils ont expérimenté inlassablement pour forger leur propre son naviguant entre soul-pop (« Dirottamento »), jazz (« André ») et psyché/pop (« Compression »), un son qu’ils avaient baptisé la ‘New Italian Library’. Parfaites vignettes acides comme toile de fond pour vos BBQ ensoleillés et arrosés.

 

Högni Lisberg

Two trains

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Högni Egilsson est loin d’être un inconnu. Cet Islandais a notamment drivé un groupe pop répondant au patronyme de Hjaltalin, mais surtout milité au sein de la formation électro GusGus. « Two Trains » constitue son premier essai en solo. Un disque paru sur l’excellent label Erased Tapes, écurie qui héberge déjà pas mal de ses compatriotes…

La plus ancienne chorale islandaise chante a cappella, « Andadu », le morceau qui ouvre l’elpee. Une intro religieuse, avant d’entrer dans le vif du sujet. Et ce sujet est… essentiellement électro. En fait, l’artiste semble être revenu à ses premiers amours. A l’instar de l’excellent « Shed Your Skin », sur lequel il vient poser sa voix aigue, rappelant Thomas Dybdahl voire James Vincent McMorrow, sur des nappes de claviers… omniprésentes. Quand l’artiste a le bon goût d’y intégrer tantôt quelques cordes ou des chœurs, le résultat tient la route, par contre, lorsque les pistes sont exclusivement instrumentales (« Dragu Mig »), la forme électronique fait un peu pâle figure… 

 

RG Lowe

Slow Time

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Après 10 ans d’excellence instrumentale au sein de Balmorhea, Rob Lowe a ressenti le besoin de voler de ses propres ailes. Il a donc choisi le pseudo RG Lowe sous une enveloppe oscillant entre pop et r&b alternatif. Le Texan s’est envolé vers Philadelphie afin d’enregistrer ses morceaux en compagnie de Jeff Ziegler, déjà vu aux côtés de Kurt Vile ou The War on Drugs. Caractérisé par ses mélodies assez ‘catchy’, « Slow Time » laisse découvrir une voix malléable à souhait soutenue par un synthé Wurlitzer. En outre, la touche suave et le groove de l’ensemble rappellent les meilleurs moments des Wilds Beasts. A suivre…

 

Tony Melvil

La Relève

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Etienne Villeminot, aka Tony Melvil, est né en 1982 à Dijon. Artiste accompli, il est violoniste, guitariste, comédien, choriste et compositeur de musique, même pour les enfants.

Après trois Eps, il vient de publier son premier elpee, un disque qui oscille entre punk, rock et chanson française. Plus de la moitié des plages figuraient déjà sur ses premiers essais.

Tony a déclaré la guerre au monde stupide qui l’entoure, mais également à nos folies et nos paradoxes. A travers une poésie fragile, empreinte d’une grande sensibilité, il cherche à communiquer des messages sans se prendre au sérieux. « Wagon A Bestiaux » relate le parcours de voyageurs du chemin de fer, qui sont entassés comme de vulgaires cochons, dans des wagons à bestiaux. Baignant au sein d’un climat mélancolique, « Les miroirs à l'envers » et « Le tango des armes a feu » nous rappellent qu’il est violoniste depuis l’âge de 4 ans. Et qu’il y excelle ! « Mourez Les Vieux » est une compo assénée comme un véritable coup de poing, au troisième âge. « Palmyre » revient sur la guerre au Moyen-Orient. « 3 M2 » nous envoie en taule. « Au Courage » met le doigt sur la bêtise humaine, en revenant sur les attentats de ‘Charly Hebdo’. Il ne veut être ni analyste, ni polémiste, mais simplement observateur d’un événement, qu’il estime particulièrement complexe et douloureux. En milieu de parcours, un long passage instrumental permet de reprendre son souffle au sein d’un climat devenu irrespirable. Tony passe aisément de l’ombre et la lumière, du sourire au chaos. Bien qu’à prendre au second degré, les paroles qui figurent dans « L'esprit Aventurier » reflètent parfaitement sa philosophie…

 

Cali

Les choses sont toujours bien défendues…

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Ce dimanche de Pentecôte, la ‘Caravane des solidarités’ faisait une étape dans la ville d’Ath, la cité des géants, à deux pas de la grand-place, sur le site de l’Esplanade. Une soirée toute en couleurs est programmée dans Le Magic Mirrors, un chapiteau dont l’art déco des années 20 se distingue par son parquet en chêne, ses miroirs incorporés dans de magnifiques bois sculptés, ses velours rouges et ses lustres de cristal. En outre, incomparable, l’acoustique est digne d’un studio d’enregistrement. A l’affiche, ce soir, un duo entre Cali et Steeve Nieve.

Les portes s’ouvrent à 20 heures. Un public nombreux et multigénérationnel s’est déplacé pour assister au spectacle. Il y a même une octogénaire, sa fille et sa petite-fille, ainsi que de jeunes adolescent(e)s et des aficionados venus spécialement de l’Hexagone…

Steve Nieve (NDR : il a accompagné Elvis Costello, pendant près de 20 ans, mais également et notamment bossé pour Robert Wyatt, Daniel Darc, Morrissey et David Bowie) ouvre le bal, derrière son piano. Et nous réserve un instrumental de toute beauté.

Cali débarque lors du deuxième morceau, sous un tonnerre d’applaudissements. Il va alors proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Les Choses défendues ». Son expression est toujours aussi théâtrale, se servant de l’énergie des mots à travers ses chansons qu’il interprète avec une sincérité et une générosité notoires. Et c’est devenu une tradition, en cours de show, il se laisse porter à bout de bras par la foule… avant que des fleurs ne lui soient offertes. Steve Nieve est à nouveau sous le feu des projecteurs, en chantant un titre, derrière les ivoires. Et il y démontre encore tout son talent sur son instrument. Cali revient ensuite accompagné de deux ados, Guillaume et Alexandre ; et ces derniers vont fredonner quelques réponses aux paroles du Perpignanais… Un grand moment d’émotion ! A deux reprises, il veut mettre un terme au concert ; mais en liesse, le public réclame des prolongations… Elles seront accordées à travers une remarquable reprise du « Perfect day » de Lou Reed, qui pour rappel, était un ami de Steve… Une superbe soirée que Cali a eu le bon goût de proposer sous la forme d’un nouveau projet…

(Organisation : Solidarités)

Isaac Gracie

Un avant-goût de Rock Werchter…

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Isaac Gracie avait fait forte impression en supporting act d’Angus et Julia Stone, tant à Forest National qu’au Zénith de Lille. Agé de 22 ans, il possède une voix qui campe un hybride entre feu Jeff Buckley et Damian Rice, et vient de publier un premier opus. Un éponyme. Un disque qui fait suite à une pluie d’Eps, gravés depuis deux bonnes années. Ce soir, l’AB Club est soldout pour accueillir le Londonien. Et au sein de l’auditoire figurent pas mal de néerlandophones…   

Emy assure la première partie. Elle avait décroché la troisième place lors de l’édition 2017 du Humo Rock Rally. Seule, armée d’une gratte semi-acoustique, elle chante d’une voix soul qui évoque, tour à tour Tracy Chapman, Amy Winehouse ou encore Lianne La Havas. Elle n’a que 18 printemps et a encore une belle marge de progression. Mais en solitaire, son set manque de relief. En cause ? Des compos construites, pour la plupart, sur un même rythme…

Setlist : « The love », « Talk », « Divine », « Hurricane », « Confinished », « Hold My Breath », « Down The Lonely », « Star », « I Dunno », « See What’S Real », « Youth ».

Isaac Gracie, belle gueule d’ange à la longue tignasse blonde est vêtu d’une chemise à fleurs et porte un impressionnant crucifix autour du cou. A ses pieds, on observe la présence d’un verre rempli d’un liquide de couleur jaune, probablement pour le rebooster. Il est accompagné d’un bassiste et d’un drummer. Le set s’ouvre par « All In My Mind », une compo aux tonalités gospel, qu’il susurre en libérant une énorme dose de spleen. Rien d’étonnant dès lors que la foule l’écoute religieusement. Isaac signale que c’est la dernière date d’une tournée éprouvante. Il est fatigué mais affirme qu’il va accorder un concert exceptionnel. En général, dans ce cas de figure, l’artiste se lâche et donne tout ce qu’il a dans le ventre. « That Was Then » est un morceau empreint d’une grande douceur. Uniquement épaulé par son bassiste, il attaque « Love (Ain’t Always So Good) », une chanson d’amour empreinte d’une grande sensibilité. Si son toucher en picking est impressionnant, Isaac brille également sur la gratte électrique. A l’instar de « Reverie », un titre enrichi par les interventions du piano et de la batterie. Fragile, sa voix fait craquer le public féminin, tout au long de « Terrified ». Plus nerveux et surtout électrique, « The Death Of You And I » adopte un format folk/rock réminiscent de Mumford And Sons voire de The Lumineers. Une compo où il parvient à communiquer ses émotions, qu’elles soient d’amour ou de colère, à l’aide de sa voix. Et c’est « Last Words », single qui a précédé la sortie de l’opus, qui clôt le show. Avant de vider les lieux, Gracie remercie la foule. 

En rappel, il va nous réserver trois morceaux, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, dont une version respectueuse de l’originale, du « No surprises » de Radiohead. Isaac se produira dans le cadre de l’édition 2018 du Rock Werchter.

Setlist : « All In My Mind », « That Was Then », « Terrified », « All The Burning Lovers », « Love (Ain't Always So Good) », « Telescope », One Night », « Silouettes Of You », « Hallow Crown », « Death Of You And I », Running On Empty », « Reverie », « Last Words ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Equal Idiots

Volcanique !

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Equal Idiots est un des finalistes de l’édition 2016 du concours ‘Nieuwe Lichting’, organisé par Studio Brussel. Ce soir, il est venu défendre son premier elpee, « Eagle Castle BBQ », paru en juin 2016.  

Le supporting act est assuré par Robbing Banks, un Batave bien sympathique. Véritable homme-orchestre, il est originaire d’Utrecht. Il chante, joue de la guitare et de la batterie. Un kit composé d’une grosse caisse, d’une claire et de pédales montées sur cymbalettes, qu’il manœuvre à l’aide de ses pieds. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son long playing, « This and that ». Nerveux, son garage/rock est largement teinté de glam. On se croirait revenu au tout début des seventies. Lorsque sa voix monte dans les aigus, on ne peut s’empêcher de penser à Noddy Holder, le chanteur de Slade. Il est particulièrement impressionnant aux percus, qu’elles soient tribales, sauvages ou imprimées sur un tempo à deux temps. Rockabilly, « Let's go home » est chargé de testostérone. Il nous réserve une version plus folk et plutôt paisible du « Bad Man » d’Oblivians, un combo garage/punk yankee. Et le show s’achève par le judicieux « Let's All Go To The Bar », une nouvelle compo. Et pour cause, l’artiste déclare qu’il nous y attend…

Setlist : « Head For The Coast », « Let'S Go Home », « Bad Man », « Search And Destroy », « Sleep This Off », « God Love Need Money », « Lilyfield », « Time Bomb », « Best Friend », « Let's All Go To The Bar ».

Le rideau rouge est fermé. A 21h00 précises, la Koninklijke Harmonie Sint-Cécilia de Westmalle grimpe sur le podium. Soit une section de cuivres de 7 musicos (sax, bugles, trompettes, flûte à bec et, clarinette) et en retrait, un drummer équipé d’un kit, réduit à sa plus simple expression. Et cet orchestre attaque alors une adaptation du « Escape (The Piña Colada Song) » de Rupert Holmès, que l’auditoire, constitué d’une majorité de néerlandophones, fredonne...

Puis, le team se retire pour laisser la place à Equal Idiots, un duo réunissant le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

La ‘Blitzkrieg’ est déclarée. Titre d’ouverture, « Seduction Of Judas » dégouline de riffs en fusion. La voix de Thibaut semble hantée par Ty Segall. La frappe de Pieter est à la fois primaire, instinctive, sauvage, tribale et métronomique. Mais dès « Hippie Man, un spectateur monte sur l’estrade. Il se retourne, regarde Thibault qui hoche la tête. C’est le signal. Ce spectateur se jette alors dans la foule. Et on est parti pour une séance interminable de crowdsurfing. Thibaut va à son tour s’y lancer. Il exécute même un aller-retour entre le podium et le fond de la salle. Il est facile à repérer, à cause de sa tignasse rousse. Le public est très jeune. Quelques parents ont cependant accompagné leur progéniture. Il y a une ambiance de feu dans le cratère de l’AB. La montée en température est éruptive et phréatomagmatique, surtout lors des hits « Salmon Pink » et « Toothpaste Jacky », que l’auditoire reprend en chœur. Soudain une voix puissante émane du fond de la salle. Dvtch Norris saute au-dessus des barrières dévolues à la protection des consoles. Il traverse la foule et monte sur les planches pour se joindre au duo afin d’aborder « Money Man Midas ». Le flow est rapide. Cordes et fûts alimentent un rap punkysant digne d’une compo de Run DMC. La prestation terminée, le rapeur de Coely Dvtch s’éclipse, sous les acclamations d’un public… bouillant. Pendant « Fuck the politicians ! » et « Fuck the N-VA! », le public semble ravi. Thibault nous demande s’il peut chanter en français. Pourquoi ? Pour nous réserver le « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertand. Et le délire atteint son apothéose dès les premières mesures de « Butter (Up Down) ». Robbing Banks débarque et empoigne la gratte de Thibaut. Ce dernier s’installe derrière un tom bass. Dieter Beerten, le drummer de High Hi, rejoint l’équipe, et se consacre à l’autre tom bass. Les percussions alimentent un climat véritablement volcanique. Fin du set ? Pas vraiment ! Le public applaudit à tout rompre. Et le duo revient en rappel pour accorder deux compos. Tout d’abord le titre maître de l’album « Eagle Castle BBQ », puis un « Put My Head In The Ground » littéralement sismique…

En une heure, Equal Idiots nous a proposé un show terriblement efficace tout en laissant vagabonder notre imagination à travers des références qui ont oscillé des Ramones (Ces ‘Ho, ha’ caractéristiques) à Nirvana, en passant par Pearl Jam, et pour les combos les plus contemporains, Metz, Idles, voire Black Box Revelation…   

Setlist : « Escape », « Seduction Of Judas », « Styx », « Cover The Corpse », « Hippie Man »,  « What You Gonna Say », « I Know », « Toothpaste Jacky », « Salmon Pink », « Money Man Midas », « Ca Plane Pour Moi », « Butter (Up Down) ».

Rappel : « Eagle Castle BBQ », « Put My Head In The Ground ».    

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Sohn (SOHN)

Chamane de l’électro…

Écrit par

Prévu en octobre dernier, le concert de Sohn a été reporté ce lundi 14 mai. La pression était trop forte. L’artiste a préféré prendre du recul, postposer sa tournée et présenter un set pertinent. De son vrai nom Christopher Taylor, ce producteur et musicien insulaire est originaire de Londres, mais s’est exilé à Vienne depuis 2012, année où il a signé sur le label 4AD. Outre son talent de remixeur pour Disclosure et The Weeknd ainsi que compositeur pour Rihanna, ce maître de l’électro/soul a publié deux albums à ce jour, « Tremors » en 2013 et un « Rennen » en 2017.

Nouvelle sensation pop/r’n’b danoise, Goss assure le supporting act. Il débarque dans l’obscurité totale. Puis, on remarque la présence d’une dizaine de projecteurs qui partent depuis le bas de son pied de micro vers le haut, disposés en cercle. Elles se focaliseront exclusivement sur le Scandinave. Il chante en s’appuyant constamment sur des samples dispensés par un ordinateur. Mais il a beau avoir une belle voix, les morceaux se suivent et se ressemblent sur un ton, bien trop monocorde…

Trois estrades sont disposées sur le podium. L’une est destinée à un bidouilleur coiffé d’une casquette de rapeur, la deuxième à un préposé aux percus électronique, et la troisième à Sohn, un bonnet rivé sur le crâne, qui se consacre aux claviers ou à la guitare, et bien sûr au chant. La formation est disposée en triangle, afin de renforcer la cohésion du band.

Le set débute par le tout nouveau single, « Hue ». La voix est tour à tour puissante, écorchée ou délicate, mais en général, elle est surtout incantatoire et cristalline ; et quand elle devient atmosphérique, propices aux harmonies visionnaires, on ne peut s’empêcher de penser à l’Islandais Ásgeir. Tout au long de « Fool » (« Tremors »), le cerveau est torturé par des boucles électroniques oppressantes dispensées par les claviers, alors que le martèlement des percus nous plonge dans une forme d’angoisse. Et manifestement, les arrangements électroniques sont bien maîtrisés. Dignes de James Blake voire Brian Eno. La voix sublime l’instrumentation sur l’électro/pop, « Oscillate », une compo mélancolique. Sohn adresse un timide remerciement à l’auditoire. Minimaliste et vaporeux, « Signal » constitue le point d’orgue (?!?!?!) du set. Pourtant, l’électro y domine les vocaux. Les battements des percus électroniques sont rapides. Généralement, troisième élément de l’expression sonore, le synthé s’impose par ses samples répétitifs, mécaniques même, se succédant comme un vieux vinyle rayé. Eblouissant (NDR : dans tous les sens du terme), parfois démesuré (NDR : Orbital et White Stripes en avaient également abusé au sein de cette même salle), le light show est parfaitement modulé en fonction de la musique et atténue heureusement son intensité, lorsque le Londonien est au micro. Ainsi, sur le slow langoureux, « Nil », flip side du dernier single, il met en exergue sa voix soul et pleine de groove.

En 70 minutes, ce chamane de l’électronique est parvenu à envoûter son auditoire. Cela valait la peine d’attendre plus de 6 mois pour un vivre un concert aussi exceptionnel.

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

 

 

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