Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Ora Cogan

Wild Beasts

Last night all my dreams came true

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« Last Night All my Dreams came True » constitue une forme de testament pour Wild Beasts. En septembre dernier, la formation anglaise annonçait la fin de son parcours entamé début de ce millénaire. En une quinzaine d’années, ponctuées de cinq albums, Wild Beasts s’est inscrit sur la scène mondiale comme l’un des groupes de pop/rock les plus originaux.

Avant de nous quitter, le quatuor nous lègue un opus réunissant treize titres enregistrés en public au AT RAK Studio de Londres. La majorité des morceaux sont issus du dernier elpee, « Boy King », paru en 2016, mais quelques uns, de plus anciens long playings, à l’instar des excellents « Hooting & Howling » et « All the King’s men », deux plages qui figuraient sur leur meilleur opus, « Two Dancers », gravé en 2009. Tout au long de ce live, on peut se rendre compte de la qualité et la complexité des compos de ce band insulaire et surtout de la somptueuse combinaison entre les voix de Tom Fleming et de Hayden Thorpe.

Ce dernier essai paraîtra certainement inutile à celles et ceux qui possèdent déjà l’intégralité de sa discographie, car les versions ne diffèrent pas énormément des originales. Cependant, « Last Night All my Dreams came True » est un moyen parfait pour appréhender ce groupe que l’on regrettera certainement…

Doc Gyneco

1000%

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Deux décennies plus tôt, un certain Doc Gynéco, affabulateur des temps modernes, assénait dans une diction nonchalante très caractéristique, les bandes FM de compos osées comme « Viens voir le docteur » ou encore « Vanessa » (NDR : Paradis), titre au cours duquel il aimait raconter, et de manière à peine voilée, que la petite l’inspirait sous les draps. Doux euphémisme !

Sa « Première consultation », véritable torrent médiatique qui s’est déversé au milieu des nineties, a par ailleurs inspiré des dizaines d’artistes qui n’ont jamais vraiment rivalisé. Obsédé… textuel, est-ce là peut-être l’origine de son succès ?

La suite ? Des apparitions sporadiques sur les écrans télévisuels, des chroniques au côté de Marc Olivier Fogiel et une sympathie clairement affichée pour Sarkozy qui lui a valu son lot de critiques acerbes.

Quant au volet musical, l’homme n’a jamais plus rencontré un succès aussi inespéré qu’inattendu. Ses « Liaisons dangereuses » (dont un featuring avec un Tapie vindicatif à propos de l’OM) faisaient pâle figure tandis que son « Peace Maker » ne lui a accordé aucun soubresaut de survie.

Ce « 1000% » est sans doute l’album, si ce n’est celui de la rédemption, au moins de la renaissance. En tout cas, la concrétisation d’un besoin de se réinventer avec tact, intelligence et sobriété.

Enregistré au Sénégal, en Côte d’Ivoire (il n’oublie pas son pays adoptif sur « France »), cet opus nous permet de découvrir un Docteur aimant et joyeux. Et cette attitude lui va plutôt bien !

Il fait table rase des rimes rappées et corrosives de sa jeunesse, hormis l’une ou l’autre influence homéopathique, à l’instar de « Je suis ce que je dis ».

Le résultat est plutôt festif « Ca va aller ». Le temps où la morale facile et pas chère prévalait semble maintenant révolu.

Bruno Beausir est désormais plus apaisé et mature. En phase avec lui-même, « Ma fille » prend le temps de décrire (d’écrire) les événements et les hommes, tout simplement. Même si un brin d’introspection dans l’« Obscurité » est dispensé sur fond de nostalgie « Egoïste ».

Bref, en publiant cet LP, le Doc nous livre une prescription magistrale. Les uns s’en contenteront, les autres changeront de toubib…

Une chose est certaine, il s’y est investi à 1000%…

 

Hookworms

Microshift

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C’est en 2013 que l’on découvrait ce quintet originaire du Nord de l’Angleterre, de Leeds très exactement, à travers son premier opus, « Pearl Mystic ». Son psyché/rock s’inscrivait directement dans l’esprit de celui pratiqué par Black Angels. Un an plus tard, il embraie par un deuxième elpee, également de toute bonne facture. Certaines épreuves vont cependant freiner son ascension. Comme lorsque son studio est ravagé par une inondation, en 2015. Il a donc fallu quatre années au groupe pour remonter la pente...

Contrairement aux elpees précédents, « Microshift » paraît résolument optimiste et se signale par ses mélodies réjouissantes. Sans pour autant négliger la forme psyché, toujours bien vivace. Les riffs sont hypnotiques, les claviers, omniprésents et les voix sous reverb’, persistantes. Sans oublier ce sens mélodique accrocheur qui contamine les plages de cet LP. C’est même plutôt impressionnant. Impossible de résister au jouissif « Ullwater » (NDR : plus de plus de six minutes, quand même) ou encore au planant « The Soft Season », qui aurait pu figurer au répertoire de Flaming Lips.

Après quelques années de disette, Hookworms revient en grande forme. Le changement d’état d’esprit qui le guide vers une musique plus colorée n’a rien enlevé au potentiel du combo insulaire... 

 

Les Nuits Botanique 2018 : dimanche 6 mai

Alors que les Nuits entrent dans la dernière ligne droite, on peut d'ores et déjà dresser un bilan positif de cette 25ème édition. Quelques chiffres :

- 52 concerts dont la moitié ont affiché complet ;

- 124 formations artistiques, dont 51 formations belges (environ 40% de la programmation) ;

- plus de 30.000 festivaliers porteurs d’un sésame.

Parmi les moments forts du festival, on épinglera surtout les prestations de Charlotte Gainsbourg, Angèle, Juliette Armanet, Fakear, Insecure Men, Blanche, Feu ! Chatterton, Lucy Dacus, Amen Dunes, Juicy, Idles, Veence Hanao x Le Motel et Trixie Whitley. On retiendra également la percée marquante du hip-hop et des musiques urbaines en général, au détriment de certains courants un peu délaissés, comme l'électro et la ‘wave’. On regrettera également l'abandon du concert ‘Musiques Nouvelles’ dans la Cathédrale des Saints Michel et Gudule, qui était devenu une bien belle tradition les années précédentes.

Mais ce qui fait la spécificité des Nuits, c'est bien entendu le volet ‘créations’. Et cette année, on a été gâtés grâce à rien moins que 8 soirées exclusives, dont les créations de BRNS & Ropoporose, Haring Live, ‘L’expérience Pi’ de Pitcho & Musiques Nouvelles ou encore Cocaine Piss et Mette Rasmussen.

C'est précisément une de ces créations que nous sommes invités à découvrir ce dimanche soir en l'écrin de la Rotonde. Rodolphe Coster, électro(n) libre bien connu de la scène indie bruxelloise, membre de plusieurs groupes (Flexa Lyndo, Baum, Poni, Cafeneon), y propose un spectacle unique articulé autour de son nouvel EP « Plantes », publié par Le Pacifique Records.

Quand il prend possession de la scène, à 21h30, il est accompagné d'une sorte de 'supergroupe'. Le line up implique l'excellente Maya Postepski alias Princess Century (TR/ST, ex-Austra), à la batterie, la Japonaise Atsuko Hatano (qui a assuré la première partie en solo), au violon, Jean-Paul Dessy (Musiques Nouvelles) et une de ses collègues, aux violoncelles et, enfin, un bassiste. Pour certains morceaux, le spectacle est rehaussé par la présence de deux danseurs (les Mybalés), dans un style croisant figures classiques et hip-hop/break.

La musique de R. Coster & Band oscille entre un rock sombre et une musique mutante (electronica, punk, techno, indus, shoegaze). Une forme de no wave moderniste, frisant la dissonance et flirtant avec le noise, mais bien décidée à déstructurer les modèles, à faire éclater les genres. Au fil des compos, l’expression sonore oscille entre Fever Ray, Spacemen 3, My Bloody Valentine, NIN et Suicide. A tout moment, on imagine que R. Coster, hurlant au micro ou triturant sa guitare et ses pédales d'effets, va carrément péter un câble, mais il est systématiquement remis sur les rails par la batterie, puissante et précise, de Maya Postepski.

En fin de set, le musicien bruxellois descend de la scène pour rejoindre la fosse et offrir un final tout en riffs stridents empreints d'une incandescente énergie.

On est impatient de découvrir les nouvelles productions de ce diable de Rodolphe, surtout l'album produit par Matt Jones au Studio G., à New York, dont la sortie est prévue en septembre 2018.

Setlist: DOGSTROKE - DOLLS THEIR MAPS - SEAGULLS FLY ON HIGHWAYS - DERLISH - GILLES MEMORY - PLANTE - BURGLAR BLAMES SHADOWS - MY DEAR HIDDEN KRAUTY - HOUSY PUNK

(Organisation : Botanique)

Saule

Ce soir, Saule était dans son Salon…

Température tropicale au Salon de Silly pour accueillir Saule (NDLR : idéal quand on cherche de l’ombre…) Et pour cause, le concert est soldout. C’est la quatrième fois que la bande à Baptiste Lalieu s’y produit. Faut croire qu’il s’y plait bien. Et puis, il est venu, notamment, présenter quelques nouvelles compos d’un nouvel album à paraître…  

Lisza assure le supporting act. Fondé en 2014, ce projet réunit Lisa Debauche et Vincent Liben. En 2015, lors du BSF, cette comédienne assurait les chœurs au sein du backing group de Vincent. Le couple, sur scène comme à la ville, est venu défendre son premier elpee, « La Vie Sauvage », paru en février 2017. C’est un peu le Bruxellois qui l’a poussée à se lancer dans une carrière musicale. Souvenez-vous, avant d’embrasser une carrière solo, il a milité au sein de Mud Flow, de 1994 à 2010. 

« Orphelin » ouvre le concert. Un titre douloureux mais également lumineux et aux mots empreints de délicatesse. Amoureuse des mots, passionnée de littérature, Lisa s’est détournée des pages pour écrire sa propre histoire en quelques couplets finement ciselés. Le phrasé dans sa voix est précis et épanche un sentiment de mélancolie. « Les Rives Rouges » évoque la perte de l’innocence. Les textes portent le poids des souvenirs et des sentiments douloureux. Le dialogue est permanent entre le chant et les instruments.

Lisza est accompagnée par deux excellents guitaristes. Vincent et son ami Fred, ce dernier se chargeant également des claviers. Et ce sont ces deux musicos qui assurent la rythmique des compos. Quant à Lisa, elle me fait parfois penser… à feu Barbara… qui aurait été plongée dans un environnement contemporain…  

Setlist : « Orphelin », « Cendres », « Les Rives Rouges », « La Confession » (reprise de Lhasa, « Accident », « Faux Semblants ».

Saule a composé de nouvelles chansons. Enfin Baptiste Lalieu. Il se sert du public, un peu comme un laboratoire, avant d’en réaliser les versions définitives… La dernière fois que le groupe s’était produit au Salon, il avait adopté une configuration scénique atypique et originale. En fait, il ne s’était pas installé sur le podium, mais au milieu de la salle, pour s’y entourer de l’auditoire. C’était en 2016. Aujourd’hui, il a opté pour une autre disposition. Ainsi, lorsque le set démarre, Baptiste est assis dans un sofa, planté sur une avancée scénique. Il est accompagné par son guitariste. Le duo attaque alors « Maman Seul », à la sèche. Une entrée en matière paisible et atmosphérique, au cœur d’un décor insolite.

Véritable bête de scène, Lalieu a la pêche ce soir. Et il est en totale interactivité avec son public qu’il va faire participer tout au long de son set. Mr Bio vient nous parler en toute intimité et humilité de sa crise de la quarantaine à travers ses « 40 Ans ». Un cap qui n’est parfois pas facile à vivre, car on a l’impression d’être entre deux âges…

En ‘live’ la version de « Comme » est bien nerveuse. Un morceau dont la musique lorgne vers Charlie Winston, alors que le texte est aussi soigné que chez de Dominique A.  

En milieu de set, Saule invite les rappeurs Céo et Bâti sur les planches. Et ils vont électriser la foule de leurs impulsions vocales (NDR : ces artistes apportent leur soutien à Baptiste, au projet destiné aux enfants ‘Zombie kid’, une histoire de zombies qui nous plonge au sein d’un univers effrayant, sis à la croisée des chemins de Tim Burton et de Gorillaz, mais se termine bien). Camille Bazbaz est également convié à grimper sur l’estrade comme guest, pour chanter et donner un coup de clavier. Saule va nous réserver 4 titres issus de son futur opus. Outre « Maman Seule » et « 40 ans », il interprètera encore « Troue » et « De L'Autre Côté De La Route ».

Face à un public survolté et participatif, Saule va accorder deux rappels, dont le fameux hit « Dusty Man », mais sans Charlie Winston. On soulignera, une fois de plus, la qualité du son. Saule l’a promis, il reviendra à Silly. Cool, quand on est dans son Salon…

Setlist : « Maman Seule », « Je Reviens », « Mieux Nous Aimer », « Delove Song », Type Normal », « Comme », « (Elle Sait) LC », « Eclaircie », « 40 Ans », « Des Mots », « Troue », « Infini Solitude », « Personne », De l’Autre Côté De La route ».

Rappel 1 : « L’Homme Bio », « Inventaire », « Breath ».

Rappel 2 : « Dusty Man », « Silent ».

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Les Nuits Botanique 2018 : samedi 5 mai

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Trixie vient de terminer l’enregistrement de son troisième opus, à Brooklyn, sous la houlette du producteur hip hop new-yorkais Torbit Schwarz, aka Little Shalimar, qui a notamment bossé, en compagnie de Run the Jewels. Il est également responsable de la bande-son de 'Rubble Kings', un documentaire consacré à la guerre des gangs dans le Bronx.

Pas de supporting act. Les hostilités débutent à 20h30. Sur les planches, on remarque la présence d’un piano à queue, d’un synthé analogique et de deux guitares électriques, qui reposent sur des trépieds. Sans oublier une machine de marque ‘Roland’, que la Gantoise a baptisée sa ‘Rolande’… La Rotonde est soldout et il y fait très chaud.

Rayonnante, Trixie Whitley grimpe sur l’estrade, vêtue d’une sorte de salopette en cuir noir. Elle signale en néerlandais qu’elle a l’intention d’explorer de nouveaux sentiers et demande au public s’il est prêt à l’accompagner dans son nouveau voyage expérimental très introspectif. Et surtout intimiste…

Elle entame son set par « Peace », un extrait de son premier elpee, « Fourth Corner », paru en 2013, un titre plutôt cérébral et déroutant. Et surtout électro, bien loin des styles, lounge, rock ou blues, qu’elle nous dispense habituellement, lors de ses concerts. Torturée, sa voix s’emballe. Elle pousse ses cordes vocales à la limite et joint le geste à la parole en gesticulant nerveusement sur place. Alors qu’elle continue à tapoter sur son clavier, sa ‘Rolande’ diffuse des sonorités de percus préenregistrées. Et le morceau suivant, « Oh, The Joyce », extrait du même opus, est de la même veine. Trixie avoue que les nouvelles chansons sont déjà mises en forme, mais que celles proposées ce soir sont dispensées dans des versions différentes. Et le dernier single, « Heartbeat », en est une belle illustration. En fait, au cours de son processus d'écriture, elle ne s’est plus laissée guider par des progressions d’accords, mais s’est servi du rythme comme point de départ. En quelque sorte, Trixie utilise son auditoire, comme un laboratoire. Drôle d’impression de servir d’éprouvette ! Autre nouveau morceau, « Touch » est interprété en mode piano/voix. Et le résultat est tout à fait convainquant. Sa guitare semble hantée par Jimi Hendrix, tout au long de la ballade « Fishing For Stars ». « Dare To Imagine » est une chanson très intéressante. Elle s’est inspirée d’un livre intitulé « To Dare Imagining », que lui a refilé un ami guitariste. Ce bouquin s’intéresse à une démocratie socialiste fondée sur l'égalité des sexes, instaurée à Rojava, une province autonome du nord de la Syrie. Elle conclut sa prestation par la ballade qui l’a fait connaître au grand public, « Breathe You In My Dreams » (« Fourth Corner », 2013), en s’accompagnant aux claviers. Et c’est bien l’avant-dernière respiration, puisque après avoir salué le public et s’être retirée sous les applaudissements, quelques minutes, elle reviendra bien en rappel, mais pour n’accorder qu’une seule compo, « Soft Spoken Words », jouée au piano…

Trixie Whitley

(Organisation : Botanique)

Pour les photos, c'est ici

Les Nuits Botanique 2018 : vendredi 4 mai

Fidèle à sa vocation de festival éclectique, les organisateurs des Nuits Botanique se devaient de programmer une soirée dédiée au punk/postpunk et aux musiques plus 'noisy'. Le line up prévu ce soir est, à cet égard, des plus alléchants, puisqu’il propose Fontaines D.C., Idles et Metz. Trois formations invitées à secouer nos pavillons acoustiques et à faire trembler les murs de l'Orangerie.

En lever de rideau, Fontaines D.C. constitue d'emblée une excellente surprise. Les jeunes Irlandais pratiquent un post punk qui ranime le souvenir de Joy Division, Undertones, Buzzcocks et Echo and the Bunnymen, pour notre plus grand plaisir. La référence à la 'Division de la Joie' est d'autant plus opportune que le chanteur arbore un look et une attitude qui évoquent irrémédiablement Ian Curtis. Pantalon trop court, chemise en toile, regard embué, perçant et habité, il adopte un style nerveux, légèrement épileptique et tout au long de la (trop courte) prestation du band, on reste sous le charme. Mention spéciale pour les compos « Boys in the Better Land » et « Chequeless Reckless ». Belle découverte !(Pour les photos, c'est ici)

Après l'apéritif, place au plat de résistance : Idles. Un combo britannique issu de Bristol. En 'live', c'est une véritable bombe. Le quintet agrège fureur du punk, énergie débordante et paroles musclées. Sans oublier d’y ajouter un grain de folie. Après une multitude de singles et d’Eps, il a gravé son premier opus, « Brutalism », l’an dernier, chez Balley Records. Un album judicieusement intitulé, car Idles déchire tout sur son passage. Et ce soir, dès l'entame du set, on en a la confirmation, car le spectacle est total.

Le point focal du combo est sans nul doute son charismatique chanteur, Joe Talbot. Croisement improbable entre Ian Dury et Liam Ghallagher, il communique une énergie parfois violente mais sans agressivité, et toujours en la teintant d’une pointe d'humour. Sa voix graveleuse éructe des paroles percutantes et engagées, qu’il dispense d’un accent dialectal qui fait toute la saveur des formations insulaires. Les deux guitaristes sont déchaînés : ils sautent en l'air, font mouliner leur instrument et ne se privent pas de descendre dans la fosse pour faire monter la pression. La musique lorgne du côté de The Fall, Ian Dury et Protomartyr ; un peu comme si les gars de Sleaford Mods étaient tombés dans une marmite punk.

Mention spéciale pour leur nouveau titre « Mother », qui est une tuerie absolue, provoquant un pogo, voire une émeute au sein des premiers rangs. « I Am Scum » prolonge l’agitation, comme d'habitude, par un chant de Noël (« All I Want For Christmas is You ») interprété a capella : fun ! Mais c'est vers la fin du concert que se produit le moment phare grâce à « Well Done », repris à tue-tête par les fans et, enfin, « Rottweiler ». Un concert impressionnant, en forme de coup de poing...(Pour les photos c'est là)

A notre avis, Idles a volé la vedette à la tête d’affiche, car, quelque minutes plus tard, quand Metz (pour les photos c'est ici), vient dérouler son noisy-punk-grunge-metal, on a l’impression que l'enthousiasme est un peu retombé. C'est la troisième fois que le trio canadien brûle les planches du Bota ; mais, après la claque que l'on vient de recevoir, la prestation fait un peu pâle figure, par manque cruel de subtilité. On est en permanence dans l'overdose sonore et les hurlements du chanteur sont, au final... lassants. Que ce soit tout au long de « The Swimmer » ou lors du brûlot « Mr Plague », on pense à une version hardcore de Nirvana (ils ont le label Sub Pop en commun) et, par moments, aussi à A Place to Bury Strangers, The Melvins ou Sonic Youth.

Alex Edkins, Hayden Menzies et Chris Slorach sont de véritables furies et soumettent le public, consentant, à un déluge de décibels, surtout pendant « Eraser ». Ici, les protections auditives sont hautement recommandées ! Mais pour nous, la « Metz » est dite. Ce qui ne va pas nous empêcher de quitter le Botanique satisfaits, le coeur réchauffé par une soirée de rock incandescent que l'on n'est pas prêts d'oublier!

(Organisation : Botanique)

Protomartyr

Pas de la petite bière…

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Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos là)

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

Les Nuits Botanique 2018 : mercredi 2 mai

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Après avoir ouvert une parenthèse, au cours de laquelle Tim Darcy (NDR : surnommé Tim Beeler, il est né en Arizona) a tenté une aventure en solitaire, Ought a enregistré un nouvel elpee. Paru sur le label Merge, « Room Inside the World » constitue le troisième opus du quatuor. Un combo établi à Montréal. Qui se produisait donc dans le cadre de l’édition 2018 des Nuits Botanique. Ce mercredi 2 mai, l’Orangerie accueille également la jeune Américaine Lucy Dacus et le combo suédois, Hater.

Malheureusement, votre serviteur est arrivé trop tard pour assister à la prestation de la formation scandinave. Ce n’est que partie remise…

Place donc à Lucy Dacus qui grimpe sur l’estrade devant un public plutôt clairsemé. Elle est épaulée par un trio classique, guitare/basse/batterie. Oscillant quelque part entre Cat Power et Angel Olsen, son indie pop ne manque pas d’allure, sur disque. En live, bien que mélodieuse, l’expression sonore fait un peu pâle figure. Le guitariste tire pourtant bien son épingle du jeu, mais la jeune dame ne parvient pas à transcender sa musique sur scène. Si bien qu’au bout de quelques minutes, l’attention de l’auditoire commence à se dissiper. Les spectateurs vident alors peu à peu les lieux ; si bien qu’au bout 30 minutes, temps dévolu à l’artiste, il n’y a plus grand monde dans la salle. Un concert qui ne restera pas dans les annales…

Après une petite demi-heure de break, retour dans l’Orangerie pour assister au set de la tête d’affiche. Et il s’agit déjà du troisième passage du quartet, au Botanique. Il est 22 heures, et la salle est à moitié pleine (NDR : ou vide, selon), quand Ought débarque sur les planches. Elle ne va se remplir qu’après quelques titres. Armé de sa gratte, Tim Darcy s’installe au milieu du podium entre le claviériste et le bassiste. Filiforme, le jeune dandy ne manque pourtant pas de charisme. Profonde, nasillarde, mais capable de monter dans les aigus, sa voix impressionne. Il interprète ses morceaux, comme si c’était un acteur. Un rôle qu’il joue à merveille. Il focalise tous les regards. Riche et diversifiée, la setlist ne compte aucun temps mort. Elle recèle de nombreux titres issus du dernier long playing, dont les deux singles, « Desire » et « Disgraced in America », compos qui s’enfoncent encore davantage dans un univers proche de Joy Division. Mais puise également au sein d’un répertoire plus ancien, à l’instar de « Men for Miles » et « Beautiful Blue Sky », deux plages issues du second LP. Et pour couronner cette prestation, il nous réserve les deux morceaux les plus excitants de sa discographie, « Today More than any other day » et « The Weather Song ».

Ce soir, Ought a démontré une nouvelle fois, qu’il avait un énorme potentiel, un groupe capable de torcher des mélodies implacables, mais également de concocter des compos progressives ou expérimentales. En outre, Tim Darcy confirme qu’il est des chanteurs les plus charismatiques de sa génération…  

Ought + Lucy Dacus + Hater

 

Selah Sue

En attendant la sortie du troisième album…

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La tournée semi-acoustique de Selah Sue passait par l’Ancienne Belgique, ce mardi 1er mai. De son véritable nom Sanne Putseys, la Louvaniste compte, à ce jour, deux elpees à son actif : un éponyme paru en 2011 et « Alone », en 2015. Après avoir accouché de son premier enfant, Selah devrait sortir, début 2019, un troisième album. Ce qui ne l’a pas empêchée de participer à la B.O. du film « Jazz Loves Disney 2 ». Du jazz et de la lounge, des styles auxquels elle a décidé de se frotter après avoir exploré la soul, la pop, le reggae, le dancehall et l’électro contemporaine. Elle est en début de périple. Hier, elle se produisait à la Roma d’Anvers (voir les photos ici). Toutes les dates sont sold out.

Su les planches, Selah est épaulée par son compagnon, Joachim Saeren, au piano et aux claviers, ainsi que Semon Lenski, à la ‘double bass’ (instrument qui cumule violoncelle et contrebasse). Elle se consacre à la guitare sèche amplifiée. Une prestigieuse ‘Martins and Co’ de couleur jais.

A 20 h 30, les lumières s’éteignent. On entend une bande sonore, émaner de fond de la scène. Il s’agit de « Game Is On ». Elles se rallument et Selah apparaît, vêtue simplement d’un legging noir et d’une chemise ample à fleurs. Après une intro aux cordes, les ivoires illuminent une compo que chante Sue, d’une voix trempée subtilement dans la reverb. Elle devient douce sur le lent « So This Is Love », un titre qui navigue quelque part entre lounge et jazz, et que module la contrebasse. Déjà, le corps de Selah ondule sensuellement. A l’issue de ce morceau, Selah salue la foule en français, néerlandais et anglais. Elle ajoute : ‘C’est le début de la tournée, on a quelques nouvelles chansons, mais on a surtout encore le droit de se tromper’. Le tout sur un ton espiègle. Ce qui déclenche de nombreux applaudissements dans la fosse. Et ces nouvelles compos, manifestement, sont bien moins mélancoliques. Il ne faut pas oublier qu’elle souffre de dépression bipolaire. Si pendant « In A Heartbeat », ses cordes sont vaporeuses, celles du violoncelle, torturées, libèrent de l’agressivité. Elle interprète de manière plus académique « Night And Day », un deuxième nouveau morceau.

Elle se sert de sa loop machine pour « Fyah Fyah » et « Peace Of Mind », deux anciennes compos et parvient à superposer sa voix en couches, tout en lui communiquant différentes intonations, alors que le synthé reproduit des sonorités d’harmonium. Et son flow est toujours aussi fluide. Superbe !

Petit problème technique pour « Alone ». Enfin de sangle. De quoi détendre l’atmosphère. Elle nous réserve une cover du « Whatever Will Be, Will Be » de Doris Day. Et soulignée par les ivoires, la version est superbe. Dynamisés par des beats électro, « My Love » et « This World » adoptent un ton davantage électro. Ce sont également les deux morceaux qui achèvent le concert. Avant un rappel unplugged : Selah Sue et sa sèche ! Mais, c’est le public qui choisit les compositions à interpréter…

Setlist : « Game Is On », « SoThis Is Love », « In A Heartbeat », « Night And Day », « Fyah Fyah », « Peace Of Mind », « I Want Go For More, « Alone », « Full Of Love », « Whatever Will Be, Will Be », « I Need », «  My Love »/ « This World ».

Rappel : « Break », « Mommy », « Explanations », « Ragga Medley ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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