Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Dernier concert - festival

Editors
Editors

Stereophonics

Scream Above the Sounds

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« Scream Above the Sounds » constitue le 10ème elpee de Stereophonics. Un disque paru dans le cadre de son 25ème anniversaire d’existence. Première constatation, le chanteur, Kelly Jones, a toujours cette voix savoureusement écorchée, qui rappelle tour à tour Rod Stewart ou Mike Scott. Et curieusement, hymnique, le premier titre, aurait pu figurer au répertoire des  Waterboys. L’opus recèle plusieurs ballades, souvent émouvantes, parfois mid tempo, dont la finale, « Elevators », est bercée par les sonorités tintinnabulantes de la guitare, un peu comme chez REM, des sonorités pimentées par les gémissements de la slide. Mais la plus réussie est sans doute « What’s all the fuss about ». Soulignée de chœurs, elle est sublimée par des interventions de trompette bouchée, dispensées en filigrane. Les musiciens de Radiohead devraient apprécier. Un saxophone jazzyfiant colore également l’allègre et spasmodique « Geronimo », une piste qui s’appuie sur les accords du piano. Entraînants et offensifs, « Cryin’ in your beer » et « Chances are » sont deux excellents rock’n’roll ; le premier est traversé, en milieu de parcours, par une intervention frénétique au sax, et le second concède des accents blues/rock ‘zztopiens’. Malgré quelques plages qui trempent dans le mélo FM, l’album est, dans son ensemble, plutôt agréable à écouter…

 

Neil Young

Paradox

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« Paradox » constitue la bande originale du film du même nom, réalisé par la compagne de Neil Young, l’actrice Darryl Hannah. Un western tourné dans les Rocheuses, au Canada et aux States, au cours duquel le Canadien et les musiciens de Promise of The Real jouent le rôle de cow-boys plongés dans une aventure futuriste et surtout farfelue.

Il s’agit cependant du troisième LP pour lequel le Canadien a reçu le concours de cette formation, au sein de laquelle figurent les fils de Willie Nelson. Sur les 21 plages de ce long playing, figurent de nombreux interludes, parfois de quelques secondes, qui ont également servi à la B.O. de ce moyen métrage (NDR : 1h13). L’opus alterne morceaux acoustiques et électriques. Il y a même un extrait de 46’, réservé au « Happy together » des Turtles, chanté quasi-a cappella, si on ne tient pas compte des sifflotements et des quelques accords de banjo. D’ailleurs, de nombreux titres semblent avoir été enregistrés atour d’un feu de camp.

On va donc ce pencher sur la quintessence de cet opus. Côté ‘unplugged’, on épinglera une version épurée de « Show me », une plage issue de « Peace trail », qui aurait pu figurer sur l’album « Harvest ». Puis le titre maître de cet opus susvisé, interprété à l’orgue à soufflets. Tout comme le crépusculaire « Pocahontas ». Lukas, le fils de Willie, se consacre au micro sur quelques morceaux, dont le blues « How long » et « Diggin’ in the dirt » composé par Neil et les deux fistons du légendaire octogénaire. Face électrique, l’elpee recèle une adaptation de « Cowgirl in the sand » (« Everybody knows this is nowhere ») rebaptisée pour la circonstance « Cowgirl jam ». Dix minutes instrumentales, chargées d’intensité crazyhorsienne. Dommage, que la voix du Canadien soit totalement absente. Puis deux pistes imprimées sur un tempo tribal, amérindien, soit « Hey » et encore un blues intitulé « Running to the silver eagle ».

Bref, en tirant dans toutes le directions, Neil et sa bande n’ont blessé personne. C’était du cinéma ! D’ailleurs en final, caractérisé par sa jolie mélodie et ses arrangements à la Walt Disney, « Tumblewood » pourrait servir à la bande originale d’un dessin animé pour enfants. Un autre paradoxe !

 

Bardo Pond

Under the pines

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Fondée en 1991, Bardo Pond est une formation qui pratique une musique atmosphérique agrégeant une multitude de styles : psychédélisme, noisy, shoegaze, prog, space, drone, dream pop et tutti quanti. Si la guitare ‘Gibson’ libère des sonorités parfois proche du Crazy Horse de Neil Young, alors que la ligne de basse se complait dans sa ligne constamment floue, les compos sont imprimées sur un tempo lent ou parfois un mid tempo, des compositions propices à la méditation, envoûtantes, hantées par la voix limpide et étrange d’Isobel Sollenberger (NDR : hormis sur la plage finale instrumentale « Effigy ») et circonstanciellement traversées par des interventions de flûte. Pourtant, elles sont complexes, ondulent, tourbillonnent, avant de pénétrer profondément dans votre subconscient, en vous communiquant alors une forme d’angoisse. A l’instar du ténébreux titre maître. A contrario, plus paisible, « Moment to moment » se distingue par ses cordes lumineuses. Tant électriques qu’acoustiques. Dix minutes réminiscentes du Floyd circa « More »… Bardo Pond se produira au Magasin 4, ce 4 juin 2018.

 

Buffalo Tom

Quiet and peace

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Buffalo Tom compte aujourd’hui 30 années d’existence, trois décennies au cours desquelles, il a publié un une pluie d’Eps et de singles, mais surtout dix albums, dont neuf studios et un ‘live’. Et sous un même line up, soit Tom Maginnis à la batterie, Chris Colburn à la basse et Bill Janovitz à la guitare, ces deux derniers se partageant les vocaux. Après avoir pratiqué une forme de pop/rock juvénile et incandescente, dans la lignée de Hüker Dü voire de Dinosaur Jr (NDR : paru en 1990, « Birdman » avait d’ailleurs été produit par J. Mascis), la formation s’est quelque peu égarée dans une forme de folk/rock inoffensive. Avant d’en revenir à un style plus électrique, comme à ses débuts. « Quiet and peace » propose des morceaux qui privilégient ce format, même si certaines plages adoptent un profil plus pop, mais dans l’esprit de Bruce Springsteen voire de REM. L’aspect mélodique est toujours aussi soigné et les harmonies vocales échangées entre Chris et Tom, savoureuses. Sarah Jessica vient même apporter sa collaboration aux vocaux sur « Hemlock », alors que Lucy, la fille de Bill, s’y colle pour la cover de Simon & Garfunkel, « The only living boy in New York ». De ce très long opus, on épinglera néanmoins le flamboyant « All be gone », en ouverture, le nerveux « Least that we can do », un morceau caractérisé par un groove électro-acoustique irrésistible et puis surtout en bonus, une superbe version de « The Seeker » du Who, à la fois respectueuse de l’originale, et particulièrement vivifiante. Une excellente surprise !

 

Martin Carr

New shapes of life

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Martin Carr, c’était la tête pensante du défunt Boo Radleys, un groupe issu de Wallasey, dans le Merseyside (NDR : c’est près de Liverpool) qui n’a jamais été reconnu à sa juste valeur et s’est séparé en 1999. Après avoir embrassé une carrière solo sous le pseudo de Brave Captain, il décide alors de continuer l’aventure en solitaire, sous son propre nom. Mais depuis, malgré d’excellentes productions, il continue de végéter dans la zone crépusculaire de l’underground. Et ce « New shapes of life » risque fort de ne toujours pas l’en extraire. Pourtant, cette œuvre pop est particulièrement mélodieuse, contagieuse même, sophistiquée, et les arrangements sont particulièrement soignés. Surtout tout au long des deux premier tiers du long playing. Ouvrant la plaque, le titre maître adopte, en début de parcours, un tempo rappelant le « Why can’t we leave together » de Tiny Thomas. Régulièrement, les spectres de Bowie, Todd Rundgren, McCartney ou encore Talk Talk se mettent à planer. Le genre de compos qui mériterait largement d’être diffusées sur la bande FM. Ce qui changerait de ces titres insipides, matraqués tout au long de la journée, pour des raisons sombrement commerciales…  

 

Editors

Violence

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Deux ans plus tôt, Editors avait déjà opéré un tournant majeur, en optant pour un musique plus électro et surtout mainstream, en publiant l’album « In dreams ». Rebelote en 2017 pour un opus dont le climat baigne cependant au sein d’un climat sombre, indus et parfois même sinistre. Si « Hallelujah (so low) » se distingue par quelques accès plus fulgurants, un peu dans l’esprit du « Thought Contagion » de Muse, seul le plus élaboré « Belong », qui clôt le long playing, et « No sound but the wind », nouvelle version d’une compo qui figurait sur la B.O. d’un épisode de la saga ‘Twilight’ et dont le synthé a été remplacé par le piano, tiennent la route. Certaines compos adoptent pourtant un ton susceptible de rappeler… The National ; mais en général, grandiloquent, il finit par agacer. On a même droit à un morceau inspiré par Giorgio Moroder. A force de vouloir tâter de l’électronique pour être dans l’air du temps, les artistes et les groupes pop/rock en oublient ce qui faisait leur spécificité. Pire parfois, en appuyant sur la même gâchette, sans prendre garde, ils finissent par se tirer une balle dans le pied ! Violence mal placée !

 

Gordi

Reservoir

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Sophie Payten, alias Gordi, a grandi dans un village australien. Dès son plus jeune âge, elle est sensibilisée à la musique. Elle apprend, au fil des années, la guitare et le piano. Elle commence à écrire ses propres morceaux alors qu'elle est encore au lycée. Plus tard, elle migre à Sydney. C'est dans la métropole qu'elle décroche ses premiers succès. Elle bénéficie alors d'un programme gouvernemental qui lui permet de se forger un nom et d'être repérée par le célèbre label américain, Jagjaguwar (Bon Iver, Angel Olsen, Unknow Mortal Orchestra, ...) Son premier Ep (« Clever Disguise ») lui permet d'assurer la première partie d'artistes tels que Bon Iver, Asgeir ou encore Son Lux. Après avoir passé quelques temps aux USA et en Islande afin d’acquérir davantage d’expérience, la jeune artiste, âgée aujourd'hui de 25 ans, grave son premier album intitulé « Reservoir ».

Musicalement, Gordi excelle dans son mélange de folk et d’électronique. Le rapprochement avec Bon Iver est inévitable (d’autant qu’elle a été tout un temps sa choriste). Pas étonnant, dès lors, qu’elle ait invité S.Carey, musico qui a notamment bossé pour Justin Vernon, à participer au titre « I’m Done ». Comme sur le dernier opus de ce dernier, la demoiselle a recours aux beats électroniques et se sert de l'auto-tune pour la voix, une voix éthérée qu’elle superpose en couches. Ce qui ne l’empêche pas d’enrichir le tout d’instruments acoustiques, tels que le piano et la guitare. Elle excelle également dans la construction de morceaux qui prennent aux tripes, en tirant profit des crescendos. Et si certaines pistes baignent au sein d’un climat mélancolique, à l’instar de « Bitter End » ou « Myriad », elles sont toutes d’une efficacité remarquable. Mieux encore, ce premier essai est haletant de bout en bout !

Aux côtés des Bon Iver, Asgeir ou autres James Vincent Mcmorrow, Sophie Payten constitue certainement une incarnation féminine idéale de ce style musical...

Car Seat Headrest

Le rock à guitare(s) a encore de beaux jours devant lui…

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L’éclosion de Car Seat Headrest, opérée il y a quelques années au sein du paysage musical pop/rock, a fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais pour tous les amateurs de ce style. Et pour cause, ce groupe s’est jamais senti obligé de tapisser ses compos de claviers, pour être dans l’air du temps. En outre, il est devenu d’autant plus intéressant, que non seulement, il incarne le chaînon manquant entre les Strokes et Nirvana, mais il a consacré Will Toledo. Ce fameux songwriter, qui se cache derrière ce projet, est ainsi capable de torcher des pépites sonores, à la pelle. Alors qu’il n’a pas encore 20 printemps, il avait déjà publié sept albums autoproduits, sur son Bandcamp. Et trois autres dans la foulée, avant de graver son premier LP sur le label indépendant Matador, en 2015. Son troisième opus, « Twin Fantasy », est sorti en février sur la même écurie. Et à l’instar des précédents long playings, c’est un condensé de hits… 

Un an après être passé par le Botanique, Car Seat Headrest était donc de retour en Belgique ; mais, pour la circonstance, à l’Ancienne Belgique. Une belle occasion de se rattraper, pour toutes celles et tout ceux qui avaient manqué le précédent concert.

Après une première partie assurée par Seattle Naked Giants, un trio punk issu de Seattle, les lumières s’éteignent. Il est 21 heures. Les musicos de Car Seat Headrest grimpent sur les planches. Will Toledo se plante au centre du podium derrière son micro ; ce qui ne va pas l’empêcher d’empoigner une gratte, à plusieurs reprises. Un batteur et un percussionniste s’installent derrière lui. Il est en outre, épaulé par un bassiste. Ainsi que deux guitaristes, c'est-à-dire les 2/3 du supporting act. Chaussé de lunettes, Will Toledo a un look d’adolescent adepte de jeux vidéo. On dirait même qu’il sort tout droit du lycée. Difficile d’imaginer qu’il s’agit d’un des compositeurs les plus brillants de sa génération. Tout en maîtrise, Toledo enfile les morceaux issus de ses différents long playings. Malgré un manque de charisme sur les planches, il parvient à séduire l’auditoire. A contrario, hormis le batteur, ses acolytes sont plutôt mobiles. Energiques, les passages instrumentaux sont parfaitement maîtrisés. Mais surtout, certaines compos sont de véritable hymnes ; à l’instar de « Drunkdriver/Killer Whales » ou encore « (Joe Gets Kicked Out of School for Using) Drugs With Friends (But Says This Isn’t a Problem) ». Ce qui ne va pas empêcher le combo de puiser au sein de son ancien répertoire. Faut dire qu’il y a du choix ! Après une bonne heure, toute l’équipe vide les lieux.

Will Toledo revient flanqué d’un guitariste pour attaquer "Sober Death ". Il est bientôt rejoint par les autres membres du band. Et le morceau s’achève par la reprise en chœur du refrain par la foule : ‘You and Me won't be Alone no more’. Après un deuxième titre intitulé « Stop Smoking », le concert prend fin. Pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, les spectateurs risquent fort de siffloter les mélodies des chansons de Car Seat Headrest. Contrairement à ce qu’une certaine presse, de plus en plus de labels et certains organisateurs de concerts affirment, le rock à guitare(s) a encore de beaux jours devant lui…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

A Supernaut

La menace

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Pour enregistrer cet album, le trio bruxellois a reçu le concours de Mike Black et Rémy Lebos, à la production, ce dernier se chargeant également de la masterisation. Un disque qui s’intitule « A Supernaut », en référence à « Supernaut », titre d’un album de Black Sabbath, paru en 1972. C’est également une des influences majeures de ce trio bruxellois. Sisters of Mercy, en est une autre. Blues gothico-atmosphérique, « The sword part 2 » en est une parfaite démonstration. Et surtout « The future ». A cause de la voix qui épouse les inflexions d’Andrew Eldritch. Mais également le spectral « Shadow », même si on y décèle des traces de Nine Inch Nails, tout comme sur l’incantatoire « See me ». L’opus s’ouvre par « Ice », un morceau hypnotique et aux chœurs opératiques réminiscents de… Magma. Certaines compos circulent à une cadence effrénée. A l’instar du titre maître et de « Xeption », sortes de danses du scalp (NDR : cette voix aiguë !) débridées. Maléfique, « Deep inside » s’enfonce au cœur d’un univers ténébreux hanté par Marylin Mansun et Sabbath (NDR : le tout premier elpee !) Et le long playing s’achève religieusement par « Fantomas begins », une plage assez brève jouée sur un orgue d’église…

 

Israël Nash Gripka

Rain plans

Écrit par

Israel Nash Gripka n’a aucun lien de parenté avec le célèbre Graham, qui a sévi au sein des supergroupes Crosby, Stills, Nash avec ou sans Young. Originaire du Missouri, il s’est établi à New York City, en 2006, avant de se fixer à Austin, dans le Texas. Pourtant sa musique trempe dans le country/folk/rock, dans l’esprit du célèbre trio ou quatuor. Si les harmonies vocales sont parfois dignes du tandem Crosby/Nash, les mélodies rappellent très souvent Neil Young. Ethérée, sa voix est parfaitement soutenue par des cordes de guitare acoustiques, électriques, de steel ainsi que par une solide section rythmique. Nostalgiques, ses textes évoquent la solitude et les paysages qui ont bercé son enfance. Si vous appréciez les quatre mousquetaires susvisés, vous ne pouvez passer à côté d’Israel Nash.

 

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