L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Au Carré 2018 : lundi 2 juillet 2018

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Cette année encore, le festival ‘Au Carré’ intègre la jolie cour de l’ancienne caserne montoise, Major Sabbe. On ne peut rêver mieux pour ce premier rendez-vous de l’été…

Incontournable, cet évènement culturel propose une déferlante d’artistes hors du commun. Entre théâtre, cirque, musique, danse, fêtes et soirées thématiques, les spectateurs ont l'embarras du choix.

En pénétrant au sein de cet espace, votre serviteur jette un regard contemplatif sur les immenses bâches blanches qui surplombent l’ensemble. Majestueuses, elles semblent établir le trait d’union entre différents bâtiments qui abritent désormais l’école supérieure des Arts plastiques.

Le soleil frappe fort en ce début juillet ! Ces toiles gigantesques jouent leur rôle à merveille en procurant un ombrage adapté à l’ensemble et une fraîcheur ostentatoire.

Inutile de préciser que les terrasses qui fleurissent le parterre sont bondées. Des couples de quinquas constituent la majorité du parterre.

Peu enclins à s’endimancher, les hommes ont revêtu leur bermuda, laissant apparaître une masculinité affirmée, tandis que le public féminin a adopté une tenue toute aussi légère, dévoilant le plus souvent une plastique empreinte de grâce…

Mondial de football oblige, une poignée d’olibrius a décidé soutenir les ‘Diables Rouges’, en arborant fièrement des t-shirt tricolores.

La Belgique est également à l’honneur aujourd’hui. Et pour cause, les organisateurs ont convié trois artistes noir-jaune-rouge à se produire sur l’estrade montoise : Isadora, Greg Houben et Témé Tan.

Isadora, jeune femme d’à peine une vingtaine d’années, porte une robe légère que la brise du vent vient effleurer de temps à autre. Très naturelle, son sourire rayonne de bonheur. D’emblée, son jeune âge traduit mal une très grande aisance scénique. Elle avance d’un pas décidé.

Artiste originaire de Liège, elle a étudié au Conservatoire de Bruxelles. Elle est devenue populaire, suite à un passage remarqué dans le télécrochet ‘The voice’, version française, au cours duquel sa reprise du « Killing me softly with this song » des Fugees a marqué les esprits.

Elle campe devant un clavier. Le gaillard qui l’accompagne alterne tour à tour saxophone et cajon (instrument de musique inventé au Pérou au XVIIIème siècle) sur lequel il restera d’ailleurs assis, histoire de ne pas se fatiguer les guiboles.

Isadora possède une tessiture vocale qui lui permet de monter dans les aigus avec une facilité déconcertante. Son univers pop/soul, mâtiné de couleurs jazzyfiantes, est proche de celui d’Alicia Keys dont elle s’empare d’ailleurs brillamment d’un titre.

Le set d’environ une demi-heure laisse un goût de trop peu. Malgré tout, la donzelle a montré l’étendue d’une belle palette artistique et est parvenue à conquérir un public manifestement enjoué.

Greg Houben lui emboîte le pas ! Sombrement vêtu et chapeau de paille sur la caboche, sa silhouette et sa dégaine évoquent étrangement… Bourvil…

Il s’avance presque timidement, flanqué de deux musicos. L’un se place devant les claviers et l’autre, Lorenzo Di Maio, figure de proue, se charge –entre autres– de la six cordes.

D’emblée, il souligne son attachement pour le pays qui l’a adopté lors d’un voyage initiatique alors qu’il n’avait que 17 ans. Belo Horizonte, Sao-Paolo et Rio ont semble t-il transformé le Liégeois d’origine.

Trompettiste de formation et comédien de théâtre, il est venu défendre un premier opus de chanson française intitulé « Un Belge à Rio », un disque enregistré en partie à Copacabana au sein du studio mythique, ‘Cia dos técnicos’.

Comme pour assurer la véracité de sa légitimité, il tient son bébé fraîchement enregistré entre les mains, fruit d’un travail acharné de deux ans, précise-t-il, d’un ton quelque peu ironique.

Armé d’un cuivre, il entame un tour de chant qui sent forcément le sable chaud, les cocktails largement garnis de glaces pilées, de citrons verts écrasés et de sucre de canne.

Le public écoute presque religieusement cette fresque haute en couleurs, mais aux subtilités insoupçonnées. On rêve, on s’extase, on ferme les yeux et on entend la mer au loin. On se laisse bercer par les rayons généreux du soleil et ce vent léger qui nous rafraîchit quelquefois la peau. L’écoute est jouissive et maculée de bonheur.

Cette culture musicale forte et profonde est parfois difficile d’accès pour les non-initiés. On est en effet très loin du tout grand ramdam commercial. Pourtant, qu’on ne s’y trompe guère, les aficionados vivent le show, sans crier gare, confortablement assis dans leurs sièges les yeux rivés sur le podium. Le temps s’écoule lentement, paisiblement…

En pleine extase, Gregory tend même les bras vers le ciel tel le Christ Rédempteur du haut du mont du Corcovado, comme pour remercier le créateur de lui avoir permis d’assouvir cette jolie passion jusqu’au bout.

A cet instant, un tourbillon de folie souffle sur quelques énergumènes éparpillés ci et là. Les cris et les applaudissements fusent. La Belgique vient de gagner sa place vers les quarts de finale. Les autres semblent s’en foutre royalement et ne se laissent pas perturber par la quiétude du spectacle.

Houben va nous réserver bien des surprises. A l’instar de cette reprise pour le moins inattendue du « Pourvu qu'elles soient douces » de Mylène Farmer, dont le clip fait revivre François l'Embrouille en guichetier de la SNCB. Ou encore, cette version d’un titre de France Gall, interprétée en compagnie d’Isadora, venue soutenir vocalement son troubadour.

Il y a l’artiste, mais aussi l’homme. D’une sensibilité à toute épreuve, à l’écoute des autres. Sans tralala, il se dévoile insidieusement au travers l’une ou autre ritournelle ‘On dit que je suis souvent assis dans mes spectacles’ ; il se lève alors, fait deux mètres et… se rassied aussitôt sous les applaudissements hilares…

Enfin, c’est par "Animal", une chanson qui aborde humoristiquement le thème de la soumission sur un tempo des plus accrocheurs, qu’il termine une prestation qui restera à jamais ancrée dans la mémoire collective.

Une belle découverte !

Après une pause d’environ une quinzaine de minutes, histoire d’ingurgiter quelques pintes, le troisième larron prend place. Témé Tan ? Quel drôle de pseudonyme !

Derrière l'avatar aux deux T se cache Tanguy Haesevoets. Filiforme, cheveux hirsutes, dégaine d’ado attardé vs Kev Adam et gueule d’ange, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Il s’affranchit rapidement au milieu des machines à loops et séquenceurs. D’origine congolaise, TT a grandi entre Kinshasa et Bruxelles.

‘Je suis né à Kinshasa, en République Démocratique du Congo’ clame-t-il tout haut en confessant à la foule les souvenirs liés à son enfance, les balades dans la brousse avec sa famille, et la difficulté de vivre dans un environnement austère.

Des hautes herbes africaines à l’urbanisation massive de nos villes, le chemin parcouru est long. Cette conjonction authentique l’a sans aucun doute transformé en une personne singulière…

Seul sur les planches, il est entouré de machines bizarroïdes, comme si elles émanaient d’un autre monde. Sa voix est angélique. Sa musique foisonne d’influences accumulées au gré de ses nombreux voyages. Multiples et cosmopolites, elles oscillent du hip hop à la dance, en passant par la world brésilienne et congolaise. Et elles mettent en exergue autant ses racines ensoleillées que sa recherche de modernité, en y ajoutant ce soupçon de névrose qui rend son approche si attachante. Enfin, ses compos se savourent comme la bande-son d’une vie arc-en-ciel.

Chargées de contrastes, mais paradoxalement minimalistes, les chansons, certes assez inégales, sont riches en harmonies suaves tout en libérant un groove entêtant…

Dans sa set list, il n’oublie pas d’intégrer « Améthys », la plage d’ouverture de sa digne création, référence au cristal de quartz de teinte violette (NDR : que sa mère lui a offerte dès son plus jeune âge) et qui possède, paraît-il des vertus de concentration et de méditation. A démontrer…

Ou encore son hypnotique « Matiti », sobriquet africain pour désigner des hautes herbes du Congo où enfant il s’amusait à jouer à cache-cache avec ses frères aînés. Signification à double lecture puisque cette ode a été écrite à la gloire d’une grand-mère maintenant partie rejoindre ses ancêtres.

‘Ce sera ma dernière chanson calme’, signale-t-il avant d’embrayer par des rythmes plus relevés provoquant un raz-de-marée de gonzesses venue expressément se tortiller le popotin sur une piste improvisée, face à la stage.

Témé Tan creuse son sillon là où beaucoup se seraient déjà cassés les dents. La fougue de sa jeunesse, sa capacité à se remettre en question et la recherche absolue de la perfection, en font le candidat idéal promis à un bel avenir…

Un parfait antidote à la morosité…

Isadora + Greg Houben + Témé Tan

(Organisation : Mars)

Dorja

Du metal conjugué au féminin…

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Un peu plus de 150 âmes s’étaient déplacées pour le concert de Dorja, une formation féminine au sein de laquelle milite Mylène Letertre, à la batterie. Originaire de Silly, elle a choisi pour nom de scène, Anna Mylée, et s’est entourée de quatre autres filles. Une Californienne (NDR : issue de Los Angeles) et trois Britanniques, partenaires qu’elle a rencontrée au gré de ses pérégrinations, aux States et en Angleterre. Le combo a donc accepté de revenir sur les terres de sa drummeuse, pour y accorder un show au Salon. Une belle preuve de reconnaissance pour le public régional. A ce jour, le band a publié un Ep (« Target Practice »), et un album (« Gemini »), qu’il va défendre ce soir.

Le supporting act est assuré par Recall, un sextuor tout à fait local, au sein duquel figure le papa de Mylène, essentiellement préposé à la gratte. Le line up implique un second sixcordiste, une chanteuse, un bassiste et un claviériste. Votre serviteur n’est pas très passionné par les covers bands, même s’ils attirent du peuple. Néanmoins, il faut reconnaître que le set va se révéler de bonne facture, grâce à la prestation très solide et tempétueuse de la vocaliste. En rappel, la formation va même nous proposer une étonnante reprise du « Helter Skelter » des Beatles, au cours de laquelle Mylène va nous en mettre plein la vue, derrière les fûts…

Outre Anna, le line up de Dorja réunit aujourd’hui la guitariste Sarah Michelle (une Irlandaise !), qui a remplacé Holly Henderson, en mai 2017, la chanteuse Aiym Almas, la seconde gratteuse Rosie Botterill et la bassiste Becky Baldwin.  

Dorja Band puise ses influences essentiellement dans le hard rock des seventies et des eighties, et tout particulièrement chez Led Zeppelin et Guns N’ Roses, même si on recèle dans sa musique des accents de garage/rock plus modernes, adoptés dans l’esprit d’un certain Royal Blood. Mais la sensibilité féminine en plus.

La section rythmique est puissante. Le sens mélodique, soigné. Les guitares sont huileuses, graisseuses. Singulière, graveleuse, capable de passer des aigus aux graves avec une facilité déconcertante, la voix d’Aiym rappelle parfois celle de Janis Joplin ; elle est même capable de talonner l’instrumentation…

Des ventilateurs sont installés au sol devant les artistes. Et pas seulement parce qu’il fait chaud. Cette technique permet de souffler les cheveux de la vocaliste, en arrière, un peu comme Robert Plant.

Le set s’ouvre par « Reaching Out », morceau au cours duquel la section rythmique démontre toute son efficacité. Bien cadencé, « Limitless » met déjà bien en exergue les deux grattes. Les backing vocaux ont soutenus. Les interventions de Becky à la six cordes sont complexes tout au long de « Gemini », un titre qui oscille entre grunge et alt rock.

Une ligne de basse flemmarde amorce « Use You », avant que Mylène ne s’emballe derrière ses fûts. Et elle va étaler tout son talent sur le judicieusement intitulé « Drum solo ». La version métallique du « Give In To Me » de Mickaël Jackson, est paradoxalement hantée par… Slash. Et le set de s’achever par le flamboyant « Fire », compo qui a permis au groupe de se faire connaître.

En rappel, on aura droit à une autre reprise du « Helter Skelter » des Beatles ainsi qu’à celle –et c’était prévisible, vu la passion de Mylène pour ce mythe– du célèbre « Whole Lotta Love » du dirigeable. Un set énergique, excitant et chargé de bonnes vibrations. Que demander de plus ? Sans doute davantage de notoriété. D’ailleurs, prochaine étape du quintet : se produire dans de grandes salles et des festivals majeurs… C’est tout le mal qu’on lui souhaite.   

Setlist : « Reaching Out », « Limitless », « Too High », « Gemini », « Uninvited », « Far Gone », « Silence », « Drum solo », « Target Practice », « Give In To Me » (Michael Jackson), « Use You », Chainbreaker », «  Fire »

Rappel : « Helter Skelter », « Whole Lotta Love »

(Organisation : Le Salon de Silly)

Photo Dawn Bowery

Couleur Café 2018 : vendredi 29 juin

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L’insoutenable légèreté de l’été commence ici à Couleur Café, au sein du parc Osseghem, à deux pas de l’Atomium. Les mélomanes sont présents en nombre et s’approprient l’espace qui leur est dédié. La pyramide des âges est bien respectée. Les différentes scènes voient défiler des familles, des amoureux, des jeunes tout juste extirpés de leurs sessions d’examens. C’est agréablement festif. Les boissons coulent à flots. Les artistes sont prêts.

Sur la ‘Red Stage’, une brise légère s’invite sur l’estrade. La jeune Angèle démarre en douceur le festival. Accompagnée de ses musiciens, l’artiste de vingt-deux printemps met déjà l'ambiance grâce à une petite ballade reggae. Elle s'installe au clavier pour le second titre et ne le quittera plus (ou presque) jusqu’au dernier morceau. Après l'entame du premier couplet, la chanteuse lâche ses ivoires artificiels et sautille sur les planches. Le public s'amuse. Ça sent l'été.

Après quelques compos devenues notoires, la chanteuse remercie chaleureusement Couleur Café : ‘Il n’y a pas longtemps, je venais ici pour aller voir des artistes et maintenant je suis là devant vous et c’est un putain de plaisir !’. Visiblement très émue, l’Uccloise de naissance adresse un clin d’oeil à sa famille et ses amis venus la voir. Angèle incarne cette jeunesse insouciante mais réaliste. Tout peut arriver si on s’en donne les moyens. Le message est passé. Une nouvelle étoile était peut-être présente dans l’arène. 

Dans un autre registre, Amadou et Mariam nous parlent de leur beau pays à travers leurs chansons. Revêtus de leurs costumes traditionnels, de couleur rouge comme le nom donné à la scène, les musiciens maliens, tous deux aveugles, invitent le public à chanter et à danser ensemble. Il n’en fallait pas plus pour que les festivaliers se déhanchent au rythme de la guitare électrique et basse ainsi que des percussions. L’ambiance est bon enfant. Mariam, la vocaliste lance, en affichant un large sourire et dans un néerlandais plus que correct : ‘Dank u wel’. Elle nous rappelle que la musique n’a pas de frontières et la langue ne doit pas être un frein au contact des cultures. Il se dégage autant parmi les musiciens que les badauds une belle énergie positive. La fin est même plus allègre. Le public, complètement conquis, chante en chœur la célèbre chanson « Dimanche à Bamako ».

Sur la « Green Stage », Selah Sue arbore une tenue décontractée, très classieuse. Sur l’estrade, un piano, une guitare et un violoncelle. L’amphithéâtre est plein à craquer. Il est difficile de se frayer un chemin. Les premiers titres invitent les mélomanes à une sorte de contemplation. Un recentrage sur soi-même. Un yoga de l’esprit. Sa voix presque méconnaissable résonne autour de la scène. Après quelques chansons qui semblent plonger le public dans la réflexion, elle lui adresse la parole : ‘Cela fait quelques années que je fais des concerts, avec la même énergie, la même intensité et la naissance de mon premier enfant, ici, je reviens avec d’autres chansons plus intimistes.’ Les morceaux se suivent mais n’incitent pas le public à danser, certains festivaliers ont lâché prise. Même le dernier titre dédié à son petit garçon laisse pantois un auditoire médusé.

Pour clôturer cette première soirée du festival, le reggaeman Alborosie, Sicilien d’origine mais établi depuis maintenant vingt ans en Jamaïque, se montre dans l’arène après une phrase mélodique donnant la part belle à une ligne de basse bien soutenue. Le digne représentant de Bob Marley a propulsé la foule sur la planète reggae. Dans tous les coins de la ‘Red Stage’, les spectateurs foulent le sol sur des rythmes binaires syncopés par le décalage d’un temps fort. Aucun répit n’est donné. Il est impossible de résister à ce tourbillon né de cette fusion entre ska et calypso, ce dernier originaire de Trinité-et-Tobago. Entre des titres devenus célèbres, il arbore fièrement ses dreadlocks et annonce que son nouvel opus « Unbreakable » est sorti aujourd’hui. Le chanteur est partout sur la scène, on le voit même sur la table de mixage…

La période des festivals est lancée.

Angèle + Amadou et Mariam + Selah Sue + Alborosie

(Organisation : Couleur Café)

Voir photos sur le site nl ici

Bryan Adams

Un Bryan brillant !

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Bryan Adams est un rocker à succès. Il a vendu plus de 100 millions d’albums dont 15 elpees studio –le dernier en date, « Get Up », remonte à 2015, un disque produit par Jeff Lynne (ELO)– et quelques compiles, parmi lesquelles on épinglera « Ultimate », un long playing publié l’an dernier qui recèle par ailleurs deux inédits, « Ultimate Love » et « Please Stay ». Sans oublier 7 Dvd et 4 elpees ‘live’, dont le « MTV Unplugged », paru en 1997, ainsi que 12 collaborations à des B.O. de films. En outre, on ne peut passer sous silence son engagement en faveur de l'environnement, la lutte contre le cancer du sein ainsi que ses campagnes en faveur de la protection animale, à travers l'association PETA.

Pas de supporting act. La salle est comble pour accueillir le Canadien. En attendant le spectacle, l’artwork du dernier LP est projeté sur un immense écran. Une grue virtuelle vient y plaquer la tête de Bryan, de profil. Différents personnages apparaissent sous la forme d’hologrammes et viennent le saluer, dépoussiérer son image, lui remettre un GSM, qu’il jette derrière lui. Fun ! Au cours du set, cet écran va alterner prises ‘live’ du concert, prises de vue de la foule qui y assiste, vidéos consacrées au morceau ad hoc ou encore les paroles qui défilent, comme lors d’un karaoké. Interdiction de prendre des photos ou de filmer. La sécurité veille !

Sur les planches, Bryan –qui débarque bien sûr, le dernier– est flanqué de quatre musicos. En l’occurrence Mickey Curry aux drums, planté sur une estrade, Gary Breit au piano à queue, le fidèle Keith Scott à la gratte électrique et… un bassiste… Adams se consacre tour à tour à la sèche ou à l’électrique.

Le show s’ouvre par le rock’n’roll puissant « Ultimate Love », un morceau qui adresse un clin d’œil à ZZ Top. Le son est bon. Le light show est déjà impressionnant. Il y a des stroboscopes qui pulsent un peu partout : une quinzaine délimitent le tour du podium, d’autres sont suspendus au plafond où on remarque également la présence de néons multicolores ; et tout cet éclairage monte ou descend en fonction des compos. L’auditoire reprend les paroles en chœur ; et 20 000 personnes à l’unisson, c’est impressionnant ! A la fin du titre, Bryan pointe sa gratte en l’air. « Can't Stop This Thing We Started » embraie. Adams et Scott chantent en duo. Ce dernier arrache littéralement ses cordes. Régulièrement, il vient à l’avant-plan pour s’autoriser de longs solos. Sur la toile tendue en arrière-plan, une femme en hauts talons court dans la rue d’une grande ville. Les deux compères s’affronteront régulièrement manche contre manche. Plusieurs micros sont disposés à l’avant du podium, afin de permettre à Adams de se balader sur les planches, tout en continuant d’assurer les vocaux. Les lumières blanches émanant du plafond mettent en exergue les costumes des artistes et entretiennent ainsi une ambiance… monochrome. Breit a troqué ses ivoires contre une gratte pour le plus paisible « Run To You ». Idéal pour enlacer sa partenaire, sur la piste de danse. La planète bleue arbore toutes ses facettes sur l’écran. Un cosmonaute plane autour d’une navette. Bryan a empoigné, pour cette circonstance, une sèche. Il incite la fosse à participer, en exécutant des gestes de la main. Il prend une pause et salue l’auditoire et après avoir s’être présenté, signale qu’il s’agit de son show. Il rend hommage à Tina Turner… et à cet instant, on imagine qu’elle va débarquer sur le podium. C’était une vanne... Néanmoins, elle hante littéralement « Go Down Rockin' » et « It’S Only Love ». Il adresse un mot particulier aux femmes. Et puis, salue également la victoire des Belges au Mondial. Et lorsqu’il entonne le « Seven Nation Army » des White Stripes, la foule reprend le refrain en chœur.

Les hits défilent et le public semble ravi. Une belle interactivité s’est établie entre l’artiste et l’auditoire, depuis le début du concert. Lorsqu’il se consacre en solo à la semi-acoustique, on n’entend pas une mouche voler. Pendant, « (Everything I Do) I Do It For You », Bryan, Scott et le bassiste font face au drummer, dos au public. Ils balancent tous les trois, le popotin. Bryan ose une claque sur les fesses de Scott, ce qui déclenche l’hilarité générale.

Assez long, le rappel va proposer trois titres acoustiques et puis surtout la cover des Crickets, « I Fought The Law », immortalisée par The Clash, ainsi que « Straight From The Heart », morceau au cours duquel Bryan Adams –en grande forme, malgré ses 59 balais !– va briller à l’harmonica. Au bout de 120 minutes, la setlist aura parcouru l’intégralité des titres –pour la plupart des hits– qui figurent sur cet « Ultimate Love »… entre autres… et permis au public de vivre un bon moment, mais surtout d’oublier les tracas de l’existence ; et ça, c’est l’essentiel…

Si vous voulez revivre l’intégralité du concert, ici

Setlist : « Ultimate Love », « Can't Stop This Thing We Started », « Run To You », « Go Down Rockin' », « Heaven », « This Time », « It’S Only Love », « Cloud #9 », « Young Belong To Me », « Summer Of 69 », « Here I Am », « Lonely Nights », « (Everything I Do) I Do It For You », « Back To You », « Somebody », « Have You Ever Really Loved a Woman? », « The Only Thing That Looks Good On Me Is You », « Cuts Like a Knife », « 18 Til I Die », « I'M Ready », « Brand New Day ».

Rappel : « I Could Get Used To This », « I Fought The Law », « Whiskey In The Jar », « Straight From The Heart », « When The Night Comes », « All For Love ».

(Organisation : Live Nation)

Beechwood

La musique, c’est notre choix de vie…

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Beechwood et un trio new-yorkais réunissant le bassiste Sid Simons (21 ans), le guitariste Gordon Lawrence (23 ans) et le batteur Isa Tineo (25 ans) ; ces deux derniers assurant également les parties vocales. A l’issue de leur concert accordé à la Cave aux Poètes, de Roubaix, les musicos se sont volontiers pliés à l’exercice de l’interview, sous l’oreille attentive de leur manager, Cynthia Ross (NDR : bassiste de B-Girls, formation féminine de power pop/punk/rock qui a sévi de 1977 à 1981). A leur actif trois albums, dont les deux derniers, « Songs from the land of nod » (voir chronique ici) et « In the flesh hotel », sont sortis respectivement en septembre 2017 et ce 8 juin 2018. Deux opus qui réunit de très bonnes chansons aux mélodies particulièrement soignées et parfois même contagieuses…

Deux long playings en neuf mois, c’est plutôt rare chez un artiste ou un groupe aussi jeune. Mais cette tendance prolifique ne cache-t-elle pas l’envie d’écouler un stock de compos à écouler ?

Gordon réagit : « La majorité des titres du précédent album avaient déjà été enregistrées sous forme de démos. En fait, on est tout le temps occupés d’écrire. Et vu cette activité, on est constamment forcé d’accomplir des allers-retours entre la route et le studio. En général, on compose le week-end ; et on a d’ailleurs déjà les morceaux du prochain album. Qu’on enregistrera, fin de cette année… » Faut croire qu’ils ne dorment jamais. La réponse d’Isa fuse : « Jamais ! On dort quand on est fatigués… » Le père d’Isa bossait dans le business de la musique. Il disposait d’une fameuse collection de disques. Fatalement, il a dû puiser ses sources d’inspiration en les écoutant. Mais cette culture, l’a-t-il partagée avec ses amis, et tout particulièrement Sid et Gordon… Il acquiesce : « C’est exact. J’ai moi-même une belle collection de disques. Mais tout jeune, je n’avais qu’à piocher dans celle de mon paternel… » Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Junkyard Ju-Ju –au départ batteur de formation– qui milite toujours au sein du duo de hip hop aux influences latines, Beatnuts, en compagnie de Psycho Les… Il poursuit : « Et puis j’ai pu assister aux sessions d’enregistrement. Ce qui m’a permis d’observer son fonctionnement et d’acquérir de l’expérience dans ce domaine. Et je suis reconnaissant à mon père de m’avoir fait découvrir cet univers de la musique. Et cette expérience, j’ai pu également en faire profiter mes potes, et bien sûr Gordon. Ce qui n’a pas été difficile, car il en avait déjà acquise une, de son côté… »

Le trio apprécie un large spectre de groupes ou d’artistes. Mais c’est la scène de Detroit qui semble inspirer d’abord ces musicos. Depuis Son House aux Stooges, en passant par les Stooges, MC5 et les White Stripes... Sid confirme « Oui, oui, les White Stripes ! » Gordon reprend le crachoir, parfois d’une voix qui devient de plus en plus caverneuse : « En fait, aujourd’hui, c’est à Detroit que tout se passe. A New York, la scène est plus underground. Mais on n’est cependant pas hermétiques. On aime également la musique qui vient d’Angleterre. On est ouvert à tout… » Le combo a ainsi adapté le ‘I’m not like everybody else’ (Trad : ‘Je ne suis pas comme tout le monde’) des Kinks, un titre qui figure sur « Songs from the land of nod ». Gordon explique pourquoi le combo a choisi cette cover : « C’est une chanson que je voulais reprendre quand j’étais ado. Mais aujourd’hui on peut plus facilement se connecter aux paroles. Au message. Ce n’était pas toujours le cas, à l’époque… » Et quand on les compare aux Troggs, mais un Troggs à la sauce contemporaine, les musicos estiment que c’est un compliment, et que votre serviteur a touché leur corde sensible… leur look y est également pour quelque chose, soit dit en passant…

Néanmoins, si la musique de Beechwood est essentiellement garage/rock, elle trempe également dans le psychédélisme, évoquant même parfois Syd Barrett, Brian Jones, le 13th Floor Elevators, ainsi que les Beatles circa ‘Magical Mystery Tour’. A cause des voix. Des voix qui peuvent aussi parfois rappeler Big Star. Isa se défend : « On est incapable de répondre à ce type de comparaisons. On aime tous ces groupes et ces artistes. Surtout leur musique… » Et tout au long de « Bigot in my bedroom », une plage issue de « In the flesh hotel », on ne peut s’empêcher de penser à T Rex. Gordon réplique : « Je n’ai jamais pensé faire sonner cette chanson comme T Rex, même si les mélomanes ont cette impression. C’est sans doute dû au groove de la chanson… »

Lors d’une interview publiée sur la toile, ils avaient déclaré que s’ils n’étaient pas devenus musiciens, ils seraient probablement morts aujourd’hui. Pourtant, ce sont tous des caïds du skate. Isa et Gordon se sont d’abord rencontrés à l’âge de 16 ans en se consacrant à ce sport. Et puis, le premier écrit des poèmes, alors que le second est branché sur la photo et la peinture. Ce dernier s’épanche : « La musique, c’est notre choix de vie. On laisse le champ libre à nos envies et nos passions. Tout le monde devrait faire ce qu’il a envie de faire. Il y a un moment de l’existence où on peut se permettre de réaliser ce qu’on aime. Les 18 premières années de ta vie, tu es contraint d’aller à l’école. C’est une obligation, on ne peut y déroger. Puis tu vas au collège. Et t’es parti pour 4 ans, avant de savoir ce que tu veux vraiment faire. Tu es dans le système. Mais dès que tu t’en libères, tu dois foncer tout de suite ».

Quand on parle à Gordon, de sa ferveur pour les Ramones, il remet la place de ce quatuor mythique dans son contexte. « En fait, ce qui m’intéresse chez les Ramones, c’est de figurer au sein d’un groupe, de ressentir quand on y est, d’y vivre... C’est ainsi que j’ai découvert que j’aurais pu participer à leur aventure…. » Une forme d’incarnation subjective ? Il précise : « C’est plutôt ce que la formation représente pour moi. Quand on écoute un groupe, on apprend de ce groupe. On ne va pas se limiter aux Ramones, pour les influences, car il en existe de nombreuses. Ma vie, c’est de jouer de la guitare et d’être connecté à un niveau plus profond. Quand j’aime une formation, ce n’est pas seulement la musique. Je ne limite pas ma vision du band au guitariste. Mais lorsque je l’écoute, je me sens dans le groupe… » Isa avait de son côté, déclaré que la batterie était une manière de libérer sa colère. Mais contre qui ou quoi est-il en colère ? Il répond : « Il n’y a pas d’analyse à réaliser. J’insuffle toute mon énergie et toutes mes émotions dans mon drumming. Mais il n’y a pas de colère vis-à-vis de mes partenaires. C’est bon pour ma santé d’afficher une attitude jeune et naturelle. J’ai joué dans une autre formation avant celle-ci. La manière dont je jouais des drums était plus agressive. Je suis capable de l’adapter à des tas de styles et de cogner très fort sur mes fûts… Cependant, je joue de manière ‘éthique’, c'est-à-dire que j’affiche un aspect de ma personnalité que je veux la plus humaine possible... »

Mais penchons-nous un peu sur le dernier opus de Beechwood, ‘In the flesh hotel’. Et tout d’abord sur le recours à ces instruments complémentaires comme l’orgue ou peut-être un farfisa. Gordon rectifie : « Il s’agit d’un harmonium. Et puis, il y a également un piano. Les sessions se sont déroulées dans une maison d’un de mes oncles. Vu l’éventail mis à notre disposition, la pièce ressemblait un peu à une salle de jeu. Lorsqu’on enregistre, on essaie de faire de notre mieux. Nous ne sommes pas des pianistes, mais avant de nous y coller, on entend d’abord ces interventions dans notre esprit. On peut comparer chaque chanson à un univers et on fait en sorte que tout tourne dans cet univers. Il n’existe qu’une seul règle : c’est bon ou pas bon ! Nous ne nous imposons aucune limite dans notre processus. Par exemple, si l’un se réserve la guitare, l’autre se consacre à la slide et le troisième à l’harmonium… »

Le long playing est également mieux produit. Isa en donne son explication : « C’est parce qu’on est meilleurs et qu’on sait mieux ce qu’on veut. On a plus de maîtrise. On expérimente ! Quand j’écoute ‘Flesh Hotel’, c’est nous ! » Et Isa de clarifier : « En fait Sid a joué un grand rôle dans le son ». Gordon confirme : « Son implication a été importante dans la mise en forme. Ce qui compte, c’est d’être vrai par rapport au son. De ne pas se trahir. On ressent le fait qu’on a franchi une étape. On a progressé. Cette production est donc supérieure…. »

Parmi les plages de cet LP, ‘Amy’ et ‘I found you’ pourraient facilement sortir en single. Gordon tempère : « Ce n’est pas prévu de sortir des singles et des 7 inches en vinyle. Pour la promo, les chansons vont cependant sortir successivement en clips vidéo… et quand l’album sortira, les chansons seront déjà périmées… » (rires)

(Merci à Vincent Devos)

 

Billy Idol

Un Billy chasse l’autre…

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De son véritable nom William Broad, Billy Idol a sévi brièvement au sein des Banshees de Siouxsie. Il rejoint ensuite le groupe punk Chelsea en 1977, comme guitariste, qui change alors son patronyme en Generation X. Après le départ de Gene October, il en devient le leader et chanteur. C’est en 1981, qu’il entame alors une carrière solo, une carrière qui va s’avérer fructueuse, tout au long des eighties. Outre ses huits elpees publiés à ce jour, il a gravé quelques tubes dont les incontournables « Rebel Yell » et « Flesh for Fantasy ». En 2014, il a sorti son neuvième album studio, « Kings & Queens of the Underground », et l’an dernier réédité « Cyberpunk », bien évidemment après remasterisation…  

Vu la rencontre de football opposant la Belgique au Panama, dans le cadre de la ‘Coupe du monde’, en Russie, le concert a été retardé, afin que le public puisse assister à la retransmission du match. Le show débutera donc à 21h15. Pas de supporting act.

Il doit y avoir plus ou moins 2 000 âmes pour accueillir l’artiste britannique et sa troupe, dans un Forest National qui paraît vide… Pendant, l’intro préenregistrée, les musicos viennent s’installer. Billy possède toujours sa tignasse peroxydée et a enfilé son inévitable long manteau de cuir noir. Son backing group implique le bassiste Erick Elenius, le drummer Erik Eldinius (NDR : installé sur une estrade en retrait et protégé par une paroi en plexiglas), le préposé au synthé (NDR : parfois à la gratte) Paul Trudeau, et deux guitaristes dont Billy Morrison et le légendaire Steve Steevens. Pour tout décor, une toile zébrée par le célèbre éclair rouge et surmontée d’une couronne a été tendue en arrière-plan. 

Le set s’ouvre par « Shock To The System ». Déjà, Billy vient affronter la foule, sur deux petits tréteaux placés à hauteur des retours de scène. La setlist embraie par la cover du « Dancing With Myself » de Gen X. Grave, la voix de Billy est toujours aussi puissante. Billy brandit un poing revanchard vers l’auditoire et l’invite à danser. Pour la circonstance, Trudeau a abandonné ses claviers pour une six cordes. Mais c’est Steven qui assure le show. Agiles, ses doigts se déplacent sur le manche, à la manière de Satriani, Vai, Slash voire Bonamassa. En outre, il semble avoir tout appris de l’attitude de Jimi Hendrix, quand il joue de son instrument dans le dos ou mord dans les cordes. La foule et même Billy l’applaudissent régulièrement. Le climat baigne cependant davantage dans le hard que dans le punk. L’ambiance monte graduellement en puissance. Billy enlève son t-shirt, enfile une veste plus courte et s’accoutre de ses colliers fétiches autour du cou. Il se pavane et grogne, convaincu que le rock guérit toutes les maladies. Le combo reprend subtilement le « L.A. Women » des Doors. Un roadie file une gratte électrique à Billy. Les quatre manches sont en ligne rapprochée. Quand le tempo ralentit, le spectre des Doors, et surtout de Jim Morrison, rôde. Steve nous réserve un long solo, talonné par une section rythmique lancée au galop. Le light show devient aveuglant. Billy parcourt les planches de long en large en criant « Scream », à tue-tête, tout au long de ce morceau nerveux et percutant. Puis, Billy s’éclipse, laissant Steven de nouveau tirer son épingle du jeu, tout au long du paisible « John Wayne ». Il va y étaler toute sa virtuosité à la sèche, un exerce de style de 7 bonnes minutes virant même au flamenco et que les claviers atmosphériques de Trudeau vont conduire vers un climat prog/rock. De retour pour quelques morceaux, le natif de Stanmore avoue adorer l’inévitable « Rebell Yell ». Le public également, apparemment. Billy Idol ôte son nouveau tee-shirt et bande les muscles, laissant apparaître de fameuses plaquettes de chocolat. A l’issue de ce morceau, le band se retire sous les acclamations de l’auditoire.

En rappel, toute l’équipe va nous réserver « White Wedding » et la cover du « Mony Mony » de Tommy James and The Shondells. Ce soir, le concert semi/punk, semi/metallique nous en a mis plein la vue et les oreilles. Ce qui change d’un autre Billy (Bragg), qui la veille, nous avait presque anesthésiés…

Setlist : « Shock To The System », « Dancing With Myself », « Daytime Drama », « Can’t Breack Me Down », « L.A. Women » (Doors Cover), « Scream », « John Wayne », « Eyes Without The Face », « Guitar Solo », « World’s Forgotten Boy », « Whisky And Pills », « Blue Highway », « Rebell Yell ».

Rappel : « White Wedding », « Mony Mony »

(Organisation : Gracia Live)

Voir auszi notre section photos, ici

 

Billy Bragg

Bragg a pris un solide coup de vieux…

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En mai 2018, c’était le cinquantenaire de la révolte étudiante parisienne qui a secoué toute l’Europe (le fameux Mai 68). L’Ancienne Belgique s’empare volontiers de cette thématique et joue la carte de la musique contestataire, qui trouve (malheureusement) un terreau fertile dans le climat politique et social actuel. L’AB creuse le sillon du ‘Sound Of Protest’ et fait résonner les voix de la révolte sociale turque, du grime londonien, du mouvement Black Lives Matter et des icônes du Punk, le tout porté par l’appel à un monde (et une musique) sans frontières. Ce soir, l’Ancienne Belgique accueille une figure emblématique de la contestation insulaire de la seconde moitié des eighties : Billy Bragg.

Musicien solitaire et respecté, Billy Bragg fait figure de vétéran du combat social dans un pays où le rock ne sait plus être un instrument de contestation. Chroniqueur régulier des disparités de la société britannique et fondateur du Red Wedge, exemple historique de mobilisation artistique en soutien aux mineurs grévistes en 1984, ce redresseur de torts impénitent a aussi le bon goût de parler politique avec légèreté et esprit. Bien entendu, il vénère Clash, une autre icône du punk engagé sous l’angle sociopolitique.

Ses revendications, quand il n’aborde pas des thèmes plus romantiques, il les traduit à travers des textes, qu’il dispense sur une musique qui mêle folk urbain et punk rock. Au cours de ses trente années de carrière, il a publié 16 albums et collaboré, entre autres, en compagnie de Johnny Marr, Michelle Shocked, Less Than Jake, Kirsty MacColl, des membres de R.E.M. et Wilco.

Pas de supporting act de prévu. La salle est comble. Dépouillé, le décor se limite à deux guitares électriques, une pedal steel, autant d’amplis Marshall, une table basse et un tabouret.

La setlist va proposer des titres issus des albums « Life’s a riot with spy vs spy » (83), « Brewing up with billy bragg » (84), « Talking with the taxman about poetry » (86) et « Workers playtime » (88), ainsi que quelques plages plus récentes.

Le set s’ouvre par « Sexuality ». Le son est excellent. Billy est armé d’une semi-acoustique et son partenaire, d’une électrique. Et en début de parcours, le public semble enthousiaste. Billy va même saluer des spectateurs aux premiers rangs, tout en continuant à interpréter cette chanson au refrain accrocheur. Billy a des messages à faire passer, et il ne va pas s’en priver. Il parle des guerres au Moyen-Orient, du Brexit, des déplacements de population, des migrants, de la mondialisation, etc. Chacune de ses interventions précède la chanson et elles semblent parfois interminables. Au début ça passe, mais à la fin, ça lasse ! Billy est passé à la gratte électrifiée pour « The Warmest Room », une compo paradoxalement nerveuse et molle. Pourtant, c’est sous cette configuration qu’il se révèle le plus performant. Pour attaquer le « I ain’t go no home » de Woodie Guthrie, il a récupéré sa sèche, alors que son compère se consacre à la pedal steel ; un titre qui baigne dans l’americana, suggérant des images des grandes plaines de l’Ouest américain. Pendant que Billy blablate, son collègue s’éclipse. Il ne reviendra cependant sur l’estrade que 40 minutes plus tard. Entre-temps, outre ses bavardages, il va proposer des titres tour à tour folk ou punk. Enfin un punk bien sage, comme s’il le destinait aux pensionnaires d’une maison de retraite. Le concert commence à tirer en longueur, et adopte un ton de plus en plus monotone. Assis, votre serviteur commence à s’assoupir et gagné par l’ennui, décide de quitter les lieux, au bout d’une bonne heure. Plusieurs spectateurs prennent d’ailleurs la même décision.

Le punk de Billy Bragg a pris un solide coup de vieux. Pour lui insuffler un peu d’énergie, il aurait sans doute fallu, au moins, une section rythmique…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Zola Jesus

Okovi

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Outre son nom assez incongru, Zola Jesus se pose en véritable ovni musical qui ferait de Nicole Hummel (ou Nika Roza Danilova selon les jours !) une sorte de Björk aux tendances gothiques. « Okovi » constitue le cinquième elpee de l’Américaine, une œuvre de pop expérimentale aux influences clairement industrielles. De retour chez Sacred Bones, Zola s’est inspirée des malheurs de ses proches (cancer, suicide et dépression, entre autres joyeusetés…) sur des titres au lourd contenu rappelant les textes de Virginia Wolfe ou les poèmes de Percy Shelley. Les pistes baignent au sein d’un climat ténébreux mais sincère et permettent à Nicole Rose Hummel d’exorciser ses démons, mais également aux mélomanes de se délecter de petites perles de pop noire, telles que « Witness » ou « Half-Life ». Un must pour les amateurs du genre !

 

Marcia Ball

Shine bright

Écrit par

Née au Texas, Marcia Ball vit depuis très longtemps en Louisiane. Chanteuse et pianiste, elle est aujourd'hui âgé de 69 ans et possède une très longue expérience musicale. Elle agrège bien les blues pratiqués au Sud des Etats-Unis, soit le swamp, le texan et le néo-orléanais. Elle est particulièrement active dans le milieu de ce style, depuis 1970. Sa discographie personnelle est abondante. Son premier elpee, "Soulful dress", est paru en 1984, sur l’écurie Rounder. En 2001, elle signe sur le plus célèbre label chicagoan, Alligator. Et "Shine bright" constitue déjà son 8ème LP paru sur cette firme de disques. Les sessions se sont déroulées au sein des studios Dockside, en Louisiane et à Austin, au Texas, sous la houlette de Steve Berlin. Pour la circonstance, elle a reçu le concours de toute une flippée de collaborateurs. Enfin, ce long playing est dédié à la mémoire d'Allen Toussaint, Buckwheat Zydeco et Fats Domino, trois grands artistes louisianais disparus respectivement en 2015, 2016 et 2017!

Quatre plages ont été immortalisées à Maurice, près de Lafayette. Marcia y est soutenue par deux artistes locaux, piliers des Hub City All Stars, Eric Adcock (orgue Hammond) et Roddie Romero (guitare et accordéon). Plusieurs compos baignent donc au sein du climat festif néo-orléanais. A l’instar d’"I got to find somebody" et de "When the Mardi Gras is over", une piste entretenue par le piano, les rythmes syncopés et les cuivres, ainsi que "Once in a lifetime" et la finale au parfum zydeco, "Take a little Louisiana", deux morceaux qui mettent en exergue Romero. D’abord aux cordes, puis à l’accordéon.

Des sessions opérées à Austin, on épinglera le titre qui ouvre la plaque, "Shine bright". Nerveux et agréable, il se distingue par les interventions brillantes de Marcia aux ivoires et de Mighty Mike Schermer aux cordes. Puis "What would I do without you", un blues lent enrichi par une section de cuivres au grand complet et tapissé par l'orgue Hammond de Red Young, une plage que chante Mrs Ball, d’une voix très expressive. Mais également, "World full of love", une bien jolie ballade interprétée en trio, piano/orgue/sèche, et que pimentent des chœurs chargés de passion. Et encore "I'm glad I did what I did", un r&b tonique, dansant, consolidé par la section de cuivres. Sans oublier le très rock’n’roll "Too much for me", au cours duquel les cordes de Schermer s’imposent…

Barbarossa

Lier

Écrit par

Depuis la sortie de son dernier album, « Imager », la vie de James Mathé, alias Barbarossa, a connu quelques turbulences. Le Londonien d’origine est devenu père et a quitté la frénésie de la capitale anglaise pour s’installer à Margate, une petite ville côtière, sise à l’Est de l’Angleterre. C’est dans ce nouvel environnement que le Britannique a composé son cinquième opus, intitulé « Lier », dont les thèmes principaux traitent de la géographie et des bouleversements personnels. 

Si on avait déjà discerné les penchants de James Mathé pour la musique électronique tout au long de ces long playings précédents, sur celui-ci, il a décidé de franchir une nouvelle étape, en se servant plus que généreusement des sonorités synthétiques. Une contribution qui souligne, cependant, un songwriting encore bien ancré dans le folk. Le piano constitue toujours le fil conducteur de ses compos, à l’instar de l’excellent « Cyclone ». Néanmoins, certaines plages se concentrent davantage sur les claviers et les rythmiques électro, une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix paisible et sensuelle de James Mathé, tellement proche de celle de son compatriote James Blake (« Aluminium Skies »).

Sans faire de bruit, Barbarossa enchaîne des albums de très bonne facture. Hormis la reconnaissance de ses pairs (notamment de José Gonzalez, en compagnie duquel il a joué), James Mathé mériterait une reconnaissance au-delà de l’Albion. Espérons que « Lier » y parvienne !

 

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