Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Maître Gims

Ceinture noire

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Pour enregistrer ce troisième opus solo, l’artiste issu du collectif ‘Sexion d'Assaut’ a mis le paquet !

Doux euphémisme puisqu’il propose quarante titres dans un box étrangement intitulé « Ceinture noire » et répartis sur trois disques (« Première Dan », « Deuxième Dan » et « Troisième Dan »).

Il était parvenu à tenir ses plus fidèles aficionados en haleine, juste après l'élection de Donald Trump à la présidentielle des Etats-Unis, le 8 novembre 2016, où marquant sa colère sur Instagram, il avait annoncé qu'il arrêtait la musique le lendemain…

Renaud Rebillaud est toujours préposé à la réalisation de la majorité des morceaux en collaboration avec Bugatti Beatz qui lui signe neuf sons.

Si l’idée est plutôt sympa sur le papier, qu’en est-il exactement ?

Une fois n’est pas coutume, Gims est d’une extrême générosité en invitant certains de ses congénères à venir pousser la chansonnette, comme Vianney (« La Même »), Orelsan et H Magnum (« La nuit c'est fait pour dormir »), Lil Wayne (« Corazon »), Dadju –le petit frère du chanteur– (« Tu ne le vois pas »), MHD (« Appelez la police ») ou encore Quincy (« Caméléon »). Ce qui nous réserve des featurings aussi surprenants qu’inattendus !

Les styles sont plutôt variés aussi. Si d’emblée, le formule semble accrocher, force est de constater que la matière est majoritaire et l’impression de trop plein se manifeste rapidement.

Dans le passé, le trentenaire se limitait à la variétoche pure et dure. Il extrapole ici (courageusement) en s’ouvrant d’autres horizons oscillant de la pop au rap, en passant par les sonorités latines, africaines, la rumba congolaise et l’afrobeat, et même en y ajoutant un soupçon de tonalités orientales (« Mi Gna »). Le tout avec une facilité déconcertante. Mais l’absence de fil rouge laisse pantois et communique vite l’impression de tournis !

En filigrane, on comprend une volonté de montrer une palette bien plus large que celle à laquelle il habitue ses aficionados depuis ses débuts. Choix purement artistique ?

Il s’offre même le luxe de se frotter à la langue de Shakespeare sur un très réussi « Everytime », passeport mérité vers la lorgnette d’un marché anglo-saxon tout proche.

Bien évidemment, on ne peut lui reprocher d’être une machine à tubes (« PS », « Chien de la casse ») destinés aux plus jeunes qui écoutent les radios dites généralistes. Mais ceux qui le suivent et le vénèrent depuis les premières heures s’y retrouveront plus difficilement.

Ce qui a fait sa marque de fabrique de starisation, le rap, y est en effet beaucoup moins présent. Exception faite de quelques rares titres tels que « Loup Garou » où le Sieur prouve accompagné de Sofiane qu’il n’a heureusement rien perdu de son flow puissant et grave.

Au-delà d’être trop hétérogène et franchement moins digeste, ce nouveau format tombe donc dans la facilité et le remplissage à tout prix privilégiant l’effet de masse au détriment d’un minimum de qualité !

Et c’est là le vrai drame au final dans lequel tombe de nombreux chanteurs contemporains. Faire du chiffre quoi qu’il en soit. Dommage !

En bref, l’album de Maître Gims est à la musique ce qu’est la tartiflette reblochon en pleine canicule : lourde et inappropriée.

Tristesse Contemporaine

L’art de mélanger les genres…

Ils vivent tous trois à Paris mais sont issus d'horizons différents. Leo Hellden (déjà aperçu chez Aswefall) est suédois d'origine, Narumi vient du Pays du Soleil Levant et Maik (ex-Earthling), de Jamaïque, après un crochet par Londres. Leur rencontre a accouché d’un trio unique de musiciens éclectiques, qui font éclater les limites fictives entre les genres musicaux. Ils mélangent ainsi post-punk, minimal synth, kraut, house et même rap au sein d’un cocktail véritablement singulier. Remarqué en 2012 par Karl Lagerfeld, qui les avait programmés lors du défilé ‘Chanel Printemps/Eté’, le groupe a depuis tracé un profond sillon dans le paysage de la musique alternative, signant trois albums et trois Eps remarquables. Musiczine les a rencontrés en marge du concert accordé à l'Atelier 210, à Bruxelles, aux côtés de Vox Low et Radar Men From The Moon, une soirée mise en place par Goûte mes Disques et Les Actionnaires.

Parlons tout d'abord de ce patronyme : Tristesse Contemporaine. Il s’inspire d'un bouquin, si je ne m'abuse ?

Leo : Oui, écrit par un historien de l'art, un Belge, justement, Hippolyte Fierens-Gevaert, un livre publié en 1899. Il s'intitule ‘Tristesse Contemporaine, un essai consacré aux grands courants moraux et intellectuels du XIXe siècle'. Je travaillais dans les ouvrages anciens et l'expression 'tristesse contemporaine' m'a plu.

Votre style musical est unique en son genre. On y décèle, entre autres, une inspiration très orientée 'wave', voire même ‘post punk'. Exact ?

Leo : Beaucoup de gens pensent que nous nous sommes inspirés des noms en langue française des groupes des années '70-'80, comme Cabaret Voltaire ou Trisomie 21...
Narumi : Liaisons Dangereuses...
Maik : Depeche Mode... Tiens, ils ne sont pas de nationalité belge, Depeche Mode ? (rires)
Leo : D'une certaine façon, on avait envie de revivre cette époque des eighties, un âge d'or dans beaucoup de domaines artistiques. Mais l'objectif n'était pas de créer nécessairement de la musique orientée 'wave'.
Narumi : On souhaitait juste opter pour un nom de groupe en français, vu qu'on était tous les trois des expatriés vivant en France.
Leo : Au début, on avait écrit une chanson très 'wave', intitulée « In The Wake », en forme de clin d'oeil à The Wake, une formation de post-punk issue des années quatre-vingt.

Mais le titre de TC le plus emblématique, le plus connu, c'est quand même « I Didn't Know » (en écoute ici) ?

Leo : Oui, c'est celui qui a rencontré le plus de succès.

Où puisiez-vous votre inspiration, à l’origine ?

Narumi : L'album qui nous relie tous les trois, c'est « Seventeen Seconds », de Cure.
Leo : J'ai aussi flashé sur Cocteau Twins, suite à une rencontre avec son guitariste, Robin Guthrie. C'est un peu plus soft, onirique, mais ça me plaît beaucoup.
Narumi : Oui, Cocteau Twins, c'est énorme.
Leo : J'aime surtout les sonorités de guitare. Par exemple, sur notre premier titre, « 51 Ways to Leave Your Lover », en fin de parcours, elles sont très inspirées de Robin Guthrie. A l'époque, j’avais même acheté le même matériel que lui.
Narumi : On est aussi marqués par Can et le krautrock en général. A cause de cet aspect répétitif...
Leo : Hypnotique…
Narumi : On aime aussi le krautrock électronique, comme, par exemple, celui de Cluster.

En outre, dans votre musique, il existe un élément 'dance', 'groovy', un côté syncopé qui rend les chansons irrésistiblement dansantes...

Maik : Oui, on a un 'shuffle' très post punk, inspiré par Martin Hannet. Et on est très créatifs en matière de sons. On utilise des canettes de bière, même des paquets de chips ! (rires)

C'est une démarche très 'industrial', très berlinoise, abordée un peu dans l’esprit de Einstürzende Neubauten !

Leo : Oui, c'est très 'industriel'. On aime mélanger les genres.

Abordons vos productions récentes. L'année passée, vous avez publié l'album « Stop and Start » et il y a quelques jours, un single « Out of my Dreams » (en écoute là) qui, à mon sens, présage une nouvelle direction ?

Maik : Pour ce morceau, oui mais pour la suite, on ne sait pas. On l'a enregistré assez rapidement, sans réfléchir. Il est plus rap.

Oui, en tout cas dans la partie vocale.

Maik : Toutes nos nouvelles compos convergent vers le rap. Mais c'est un rap anglais, très trash, très punk, pas du tout comme le rap américain. On est plus proche de celui pratiqué par Sleaford Mods.

Au niveau de la musique, j'ai décelé dans le ‘track’ un côté années '90, un peu 'acid'...

Leo : Ce titre était un peu une expérimentation. C'est pourquoi on ne peut pas dire que ce soit vraiment une nouvelle orientation pour notre projet. Une de nos influences actuelles est Rage Against The Machine. Je rêve depuis longtemps de réaliser un morceau aussi puissant que « Killing In The Name of ». L'autre option, c'est d'aller vers quelque chose de plus 'freaks', un peu comme Marilyn Manson. L'envie de choquer un peu.

De sortir de sa zone de confort ?

Leo : Oui. De réaliser quelque chose qui dérange un peu.
Maik : Il existe aussi le côté 'emo-rap'. On aime bien flirter un peu avec cette vague qui marche très fort pour l'instant. Le trash et même le mauvais goût...
Narumi : C'est un peu comme dans la mode. Elle peut être 'shocking' et en même temps, très 'classe'.

En conclusion, que recommanderiez-vous comme titres intéressants à (re)découvrir ?

Maik : J'ai récemment entendu un morceau de MorMor intitulé « Heaven's only wishful ». C'est davantage de la pop que de la wave mais j'aime bien ce mélange de genres.
Narumi : Perso, il s’agit d’un titre de Not Waving, avec le featuring de...

... de Marie Davidson ?

Narumi : Oui, c'est ça : « Where are we ».
Leo : De mon côté, je choisis le remix que nous avons réalisé du titre « Piscine Palace » de LuLúxpo. C'est un couple franco-argentin qui vivait en Suisse et s’est aujourd’hui établi en Espagne.

Merci à Tristesse Contemporaine, Atelier 210, Goûte Mes Disques, Les Actionnaires, Corida, WAVES et Radio Vibration.

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

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Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

The Wombats

Beautiful people will ruin your life

Écrit par

A première écoute, ce long playing a de quoi emballer. Les compos sont mélodieuses, accrocheuses, allègres, bien britpop et certaines vous donnent même envie de danser. A l’instar du contagieux « Cheetah tongue » ou de l’intense « White eyes », la meilleure plage de l’opus, qui se distingue par ses riffs en spirale et ses drums souples. Mais en passant du punk rock à l’électro pop, The Wombats a perdu de sa créativité ce qu’il a gagné en homogénéité. Finalement, ce sont les titres qui s’écartent le plus de la norme qui font la différence. Comme l’ironique « I only wear black », abordé dans l’esprit des Strokes et dont le riff rythmique rappelle étrangement le « Black is black » de Los Bravos. Puis « Dip you in honey », hanté par le « Tomorrow never knows » des Beatles. Et le résultat est vraiment superbe. Enfin, « Ice cream », plus élaboré et à la ligne de basse mélodieuse, presque cold wave (The Cure?). Une ligne de basse qui enrichit d’ailleurs l’hymnique « Out of my head », mais ne parvient pas a lui communiquer une autre dimension. On en oublierait presque les interventions de guitare, à la fois judicieuses et pétillantes, qui évoquent, le plus souvent Shed Seven. Bref, si cet elpee reste très agréable à écouter, il ne brille certainement pas par son originalité.

 

Peter Astor

One for the ghost

Écrit par

Après avoir sévi chez The Loft et Weather Prophets –c’était avant 1988– Peter Astor s’est lancé dans une carrière solo. Mais on ne peut pas dire qu’elle ait été prolifique, puisqu’à ce jour, il n’a publié que 8 elpees studio. Faut dire qu’entre 95 et 2005 et 2006 et 2001, il s’est réservé plusieurs pauses, notamment pour enseigner et donner des conférences à l’Université de Westminster à Londres. En 2016, il avait quand même gravé « Spilt milk », un disque pour lequel il avait reçu le concours d’un solide backing group impliquant notamment la chanteuse Pam Berry ainsi que James Hoare (Ultimate Painting, Proper Ornaments, Veronica Falls), à la mise en forme, à la gratte électrique, aux claviers, aux drums, à la basse et tutti quanti. Et si les mêmes collaborateurs sont toujours de la partie pour « One of the ghost », c’est la section rythmique de Wave Pictures, en l’occurrence le bassiste Franic Rozycki et le batteur Jonny Helm, qui ont apporté leur concours.

Le titre du long playing se réfère à l’habitude prise par Peter de servir deux verres, quand il déguste son meilleur vin. Il s’en réserve un pour lui et l’autre pour les amis disparus. Et cette compo épouse un sens mélodique proche d’un Guided By Voices. Les harmonies vocales sont superbes, byrdsiennes même, tout au long de « Walker ». Imprimé sur le tempo du boogie, « Water tower » est particulièrement accrocheur. Et si « Only child » trace une ligne de basse réminiscente de T.Rex, le riff de gratte rythmique adopte celui du Creedence Clearwater Revival. Des éclats de gratte torturés alimentent le vif « Goden boy ». Subtils et carillonnants, il enrichissent un groove folk rock emprunté à Go-Betweens, à moins que ce ne soit à un Robyn Hitchcock de ses débuts, sur « You better dream » et semblent hantés par le spectre de Roger McGuinn sur le plus pop « Magician & assistant ». La voix de Peter rappelle celle de Stephen Duffy sur « Injury time », un autre folk rock, mais à coloration 60’s. On épinglera encore deux pistes plus minimalistes, abordées dans l’esprit du titre maître. Donc avec l’humour qui caractérise l’artiste. D’abord la ballade « Tango uniform », un portrait bouleversant des derniers moments de la vie. Puis « Dead Fred », une référence à la fois poignante mais pleine de philosophie à feu Fred Astaire.

 

James Elkington

Wintres Woma

Écrit par

James Elkington est né à Chicago, mais a opté pour la nationalité britannique. Faut dire qu’il y a été élevé au cours des seventies et des eighties. Et c’est un fameux guitariste ! Dont le toucher de cordes, en picking, est aussi subtil que celui de Mark Knopfler, voire de Bert Jansch ou de John Fahey, mais qu’il met au service de compos plus enlevées. S’il a bien sévi au sein d’un groupe, baptisé The Zinc, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, il a surtout forgé sa notoriété en bossant pour d’autres artistes, et en particulier Richard Thompson, Jeff Tweedy, Steve Gunn et Laetitia Sadier… Minimaliste, introspective, fondamentalement folk, sa musique évoque Nick Drake. Parfois traversée par un zeste de percus, de steel, d’harmonica, de basse, d’orgue, de violoncelle ou de banjo, les compos s’avèrent particulièrement agréables à l’écoute ; et si la voix de l’artiste n’est pas exceptionnelle, elle est chaleureuse, bien timbrée, et colle parfaitement à l’ensemble.

 

Briana Marela

Call it Love

Écrit par

Deux ans seulement après la sortie de son deuxième album, « All Around Us », et après avoir accompli plusieurs tournées aux côtés de Jesca Hoop ou encore Alex Cameron, Briana Marela nous propose un nouvel LP, paru de nouveau sur l’excellent label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Dinosaur Jr, …). La jeune femme installée à Seattle n’a donc pas chômé et surtout rien perdu de sa muse. Elle confirme ainsi tout le bien que l’on pouvait penser d’elle.

« Call it Love » recèle dix titres inspirés qui traitent des relations sentimentales (comme son titre l’indique, d’ailleurs). Sa musique évoque parfois Beach House, surtout la voix sensuelle de la jeune femme. La songwritrice alterne morceaux atmosphériques tels que « I’m Sorry » et titres plus rythmés à l’instar de « Give Me Your Love » ou encore « Quit ». Briana Marela superpose avec grâce les nappes de claviers pour aboutir à une musique éthérée qu’on pourrait qualifier de dream-pop. Elle parvient également à torcher des mélodies recherchées qui parviennent à emballer l’auditeur sans jamais le plonger dans l’ennui.

Autant dire que « Call it Love » est album très plaisant à écouter. On suivra donc de très près l’actualité de l’artiste...

 

The Monochrome Set

Maisieworld

Écrit par

Après avoir publié le superbe « Spaces everywhere », en 2015, The Monochrome Set est donc de retour pour un 14ème elpee. Et suivant la bonne habitude du groupe, cet opus a de quoi décontenancer. En fait, les compos changent régulièrement de registre entre couplets et refrains, se référant régulièrement au music-hall, comme chez Divine Comedy. Même la voix de Bid est aussi versatile et nasillarde que celle de Neil Hannon. Parfois cyniques et souvent truffés de jeux de mots, les textes ont aussi des connotations à caractère sexuel. Ce n’est pas neuf dans l’œuvre du band britannique. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant d’appréhender cet LP. Non, mais imaginez le topo : punk, vaudeville, boogie, flamenco, rock, pop, sonorités mécaniques (Un « Mrs Robot » qui navigue quelque part entre Talking Heads et XTC) et tutti quanti alimentent des morceaux susceptibles d’inviter cuivres, orgue vintage, rogné, voire piano électrique (Benmont Tench ? Ray Manzarek ?) ou encore banjo au sein d’une instrumentation organique plutôt classique, la guitare s’autorisant l’un ou l’autre petit solo élégant et parcimonieux. Si vous appréciez le typiquement british, cet LP est votre tasse de thé…

 

Pierre Rapsat

L’essentiel Live + Studio

Écrit par

Pierre nous a quittés le 20 avril 2002. Quinze années après sa disparition, le label Team For Action a décidé de publier deux compiles. Tout d’abord un ‘best of’ de ses titres enregistrés en studio. Dix-neuf en tout. Depuis « Les rêves sont en nous » à « Elle m’appelle », en passant par « Passagers de la nuit », « Illusions », « Judy & Cie », « Comme un brasero » ou encore « Ensemble ».

Puis un coffret de quatre cd’s baptisé « L’essentiel live », qui immortalise ses concerts accordés à Gouvy (1981) flanqué de son groupe Transfert, dans le cadre des Francofolies de Spa (1996) et au Cirque Royal (2001). Ce dernier reproduit l’enregistrement intégral de ce concert au cours duquel il avait reçu la collaboration de l’Ensemble Musiques Nouvelles.

Remarquable mélodiste, Pierre devra cependant attendre 2001 pour atteindre la consécration en France. Soit un an avant son décès. La Belgique et le Canada l’avaient reconnu depuis bien longtemps, mais quand on chante dans la langue de Molière, l’Hexagone et tout particulièrement Paris, constituent toujours le passage obligé… surtout pour un artiste belge…

 

Samuele

Les filles sages vont au paradis. Les autres où elles veulent

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Fille du regretté Gaston Mandeville, Samuele est canadienne. Québecquoise, très exactement. Engagée en faveur des minorités queer et des droits des femmes, elle nous propose son second long playing. Et le titre d’entrée, « Egalité de papier », est une ode au féminisme, un spoken word sur le discours égalitaire et la place réservée aux femmes dans la sphère sociale. La deuxième piste, « La sortie », traite de la solidarité féminine et de l’autodétermination. Bref, le ton est donné. Ce qui n’empêche pas l’artiste d’écrire également des chansons d’amour. Alternant compos bien électriques, qui auraient pu figurer au répertoire de Stephen Stills (NDR : mais alors dans la langue de Shakespeare), qu’elle enrichit circonstanciellement de cuivres, et pistes minimalistes, elle nous propose, soutenue par un solide quatuor, un cocktail de blues, rock et folk, dont les mélodies pop, sont particulièrement soignées. Et chante d’une voix, dont les inflexions sont susceptibles de rappeler, surtout quand elles deviennent versatiles, Véronique Sanson (NDR : oui, c’est vrai, Sanson et Stills ont divorcés en 1980, mais il reste quand même des traces musicales…) Mais l’opus varie les plaisirs. Depuis le blues cool au minimalisme, en passant par le mid tempo et même le jazz, à l’instar du syncopé « Sirène », qui met en exergue une trompette bien sentie et dont le drumming spécifique y contribue largement. Sans oublier les arrangements de cuivres particulièrement r&b qui enrichissent le tendre « Compter sur ça ». Une excellente surprise !

 

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