Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Ora Cogan

Calum Scott

L’émotion à fleur de peau…

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Calum Scott entame sa tournée européenne, un périple destiné à promouvoir son premier elpee, « Only Human », paru en mars dernier. Un disque enregistré sous la houlette des producteurs Fraser T Smith (Adele, Ellie Goulding), Jayson DeZuzio (Skylar Grey, Imagine Dragons) et Oscar Görres (Taylor Swift, Britney Spears). Scott est considéré comme un véritable phénomène au Royaume-Uni.

Mais la véritable surprise va nous venir du supporting act. En l’occurrence Daniel Docherty. A cause de sa technique en picking et de sa voix à l’accent scottish qui sent bon les Highlands. Les sonorités de sa gratte sont tellement cristallines que vous en avez des frissons partout. Il se produit seul, armé de sa semi-acoustique et d’une loop machine qu’il maîtrise à merveille. Même les tapotements sur le corps de son instrument servent à créer des boucles et surtout le rythme. Et c’est en superposant ces différentes couches sonores, qu’il élabore ses mélodies. Trempée dans le folk, sa musique est plutôt vivifiante et me fait penser tour à tour à celles de The Passenger, Ed Sheeran, Jeff Buckley, Matt Simons ou encore Mumford and Sons. Conteur et troubadour des temps modernes, ce natif de Glasgow a un énorme potentiel. Qu’il est possible de discerner sur ses deux Eps, gravés à ce jour « This Holy Fire » (2016) et « Life Is What Make Of It » (2017), et surtout son hit « Hold Me », une véritable petite perle…  

Place ensuite, à la tête d’affiche. Sur les planches Calum Scott est soutenu par un bassiste, un drummer, un claviériste/pianiste et un guitariste/claviériste. Il débarque vêtu d’une veste cintrée de couleur noire, jaquette qu’il laissera rapidement tomber. Et il salue d’emblée le public.

Sa voix est particulièrement émouvante, une émotion décuplée suivant les morceaux choisis, et tout particulièrement lors de la chanson dédiée à sa sœur. 

Le set s’ouvre par le hit « Come Back Home ». Calum joint le geste à la parole et tend régulièrement la main gauche vers la foule. Il saute sur place lorsque le rythme s’accélère. Son timbre devient carrément soul tout au long de « Only Human », un titre au cours duquel il ouvre son cœur, même si la section rythmique finit par s’imposer pour libérer un solide groove. Et dans le même esprit, caractérisé par ses beats électro, « Rhythm Inside » est destiné au dancefloor.

Premier single issu de l’opus, « You Are The Reason » évoque la douleur dans l’amour. Grâce à sa voix, il parvient à transformer cette souffrance en beauté positive. Interactif, il va expliquer, pendant 5 bonnes minutes, sa démarche artistique et sa conception de l’écriture de son album. La musique est devenue, en quelque sorte, une thérapie qui lui a permet de contrôler ses émotions...

Il dédicace « Good To You » à la ville de Bruxelles. Agglutiné devant le podium, le public féminin réagit et pousse des cris. Une des filles lui adresse un ‘I love You’. Il répond dans un français presque parfait ‘Moi aussi, je vous aime tous’.

Il interprète « Not Dark Yet » armé de sa sèche, mais uniquement accompagné du pianiste. Et c’est limité aux ivoires et à sa voix, qu’il attaque « Hotel Room », tout au long duquel on n’entend pas une mouche voler. Le public boit littéralement ses paroles. Les autres musicos deviennent alors spectateurs en regardant Calum dans son exercice vocal. Et suivant la même formule, « Won’t Let You Down » est enrichi par les chœurs de ses musicos.  Des chœurs ‘cathédralesques’ ! Dans ces circonstances, le travail opéré par l’ingé son est primordial, et à cet égard, il est à féliciter. « Won’t Let You Down » est la fameuse compo écrite pour sa frangine qui a lancé sa carrière. Et l’artiste est tellement ému qu’il ne peut retenir ses larmes en fin de parcours. Il lui faudra quelques secondes pour reprendre ses esprits, avant qu’il ne s’excuse auprès du public de cet épanchement de sensibilité, qui l’applaudit chaleureusement. Manifestement, on peut affirmer qu’il s’agit d’un artiste à taille humaine. Electro/pop nerveux, « Give Me Something » clôt une jolie prestation d’une bonne heure ; mais en quittant l’estrade, Scott signale qu’il accordera un rappel.

Un encore au cours duquel il est en parfaite communion avec la fosse, tout au long de « If Our Love Is Wrong », qui connaît les paroles par chœur ; et qu’il ponctue par la somptueuse cover du  « Dancing On My Own » de Robyn, à nouveau abordée en mode piano/voix. Tout au long de ce set chargé d’émotion, l’artiste s’est mis à nu en vidant son cœur et son âme.  

Setlist : « Come Back Home », « Only Human », « Rhythm Inside », « You Are The Reason », « Good To You », « Not Dark Yet », « Hotel Room », « No Matter What », «Won’t Let You Down », « What I Miss Most », « Give Me Something ».

Rappel : « If Our Love Is Wrong », « Dancing On My Own ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Spinning Coin

Permo (2)

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Après avoir publié plusieurs singles, quelques cassettes et accordé de nombreux concerts, notamment sur le Vieux Continent, en première partie de Teenage Fanclub et Real Estate (l’année dernière au Botanique), il est enfin venu le temps pour ce quintet originaire de Glasgow de livrer son premier album. Il s’intitule « Permo » et est paru chez Geographic Music (The Pastels).

Contrairement à beaucoup de groupes de leur génération, les Ecossais n’ont pas cédé aux sirènes des claviers et ont opté pour les bonnes vieilles guitares. Spinning Coin consomme un pop/rock efficace qui allie à merveille les morceaux mélodiques apaisés, parfait pour l’été, et les plages plus tranchantes et énergiques. Deux faces du groupe qui sont incarnées chacune par l’un des compositeurs. Davantage imprégnées de cet esprit punk bien britannique, Jack Mellin, se réserve les plus nerveuses. Sean Armstrong, les plus mélancoliques. Et ces dernières, à l’instar de « Raining on hope Street » ou encore « Money for breakfast » lorgnent plutôt vers Real Estate voire Whitney.

 

Peter Broderick

All Together again

Écrit par

A seulement 31 ans, l’Américain Peter Broderick peut se targuer de déjà avoir un sacré parcours. Outre sa dizaine d’essais (albums, vinyles, cassettes, 7 inches, etc.), dont certains sont parus chez Erased Tapes, et d’autres, sur Bella Union, il a participé à de nombreux projets et multiplié les collaborations. Bossant notamment en compagnie de M.Ward, Loch Lomond ou encore son compagnon de label, Nils Frahm. Sans oublier son concours apporté lors des concerts de la formation danoise, Efterklang.

« All Together Again » réunit des plages composées lors de la dernière décennie. Un opus hétérogène où il affiche sa parfaite maîtrise instrumentale. Et il le démontre, dès le morceau d’ouverture, « If I Were A Runway Model », imaginé dans le cadre d’un défilé de mode organisé à New York, au cours duquel piano et violon font bon ménage. Tout au long de la paisible croisière « A Ride on the Bosphore », on a l’impression d’être caressé par une douce brise. Plus folk, « Emily » a été écrit pour un mariage.

Polyvalent, Peter est aussi à l’aise pour composer des B.O. ou des morceaux symphoniques, en solo ou au sein d’un groupe…

Downtown Boys

Cost of Living

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Ces ‘gars de banlieue’ sont des punks ! Issus de Providence (Rhode Islands), ils sévissent depuis 2011 en manifestant un esprit de rébellion commun contre le capitalisme, l’homophobie, les suprématistes blancs et toutes formes de fascisme, à travers une expression sonore dominée par le saxo de Joey La Neve DeFrancesco et la voix puissante de Victoria Ruiz. Sur ce second LP, produit par Guy Picciotto (Fugazi), les Downtown Boys conservent leur esprit diablement politisé (mais en adoptant un ton souvent optimiste !) tout en élargissant leur audience via ce passage sur la toujours mythique maison Sub Pop. Telle une série d’uppercuts assénée à Trump, le gang se sert de ses instruments pour le remettre à sa place et ce dès l’inaugural « A Wall » dézinguant le mur entre les USA et le Mexique. Que ce soit en anglais ou en espagnol, les fougueux Downtown Boys ravivent l’esprit punk de fort belle manière !

 

Franz Ferdinand

Always Ascending

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Les dandys pop allaient-il survivre au départ de Nick McCarthy, leur guitariste historique (remplacé par l’ex-1990s, Dino Bardot) et l’arrivée de Julian Corrie aux claviers ? L’appel au mythique producteur Philippe Zdar (du non moins mythique duo Cassius) leur permettait, en tout cas, d’envisager « Always Ascending » comme une forme de nouvelle ascension. L’écoute de ce 5ème opus démontre rapidement que les Ecossais sont loin d’être en manque de mélodies imparables, malgré 14 ans de carrière ! Dopé aux sonorités nouvelles bien plus électroniques, le son du gang de Glasgow se fait plus disco dès l’inaugural « Always Ascending » ou à travers le single « Lazy Boy » ; et on ne peut non plus nier l’influence de leur collaboration avec les Sparks au sein de FFS sur des morceaux tels que « Lois Lane ». S’il leur sera toujours impossible de surpasser leur premier prodigieux elpee, « Always Ascending » figurera au panthéon de Franz Ferdinand lorsque adviendra l’heure d’établir les comptes…

Grand Corps Malade

Plan B

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Qui n’a jamais un jour ou l’autre recherché une solution de secours, de remplacement, un moyen alternatif, une seconde opportunité lorsque la première a déjà échoué ? Généralement, on parle alors de « Plan B ».

Celui de Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, en est un exemple. Et pour cause, il est allé se réfugier dans l’écriture à la suite d’un accident de natation qui a failli le laisser cloué au lit pour le reste de ses jours.

Devant renoncer définitivement à la carrière sportive de haut niveau qu’il embrassait, il prend alors goût pour les mots et en extrait un jus concentré de poésie urbaine déclamée sur fond de rythme scandé.

« Midi 20 », tiré d’un titre éponyme où il place sa vie à l'échelle d'une journée, lui permet d’atteindre rapidement un succès médiatique retentissant ; et ce lorsque Ardisson l’invite sur son plateau pour chanter « Mon Cœur, ma tête », où on apprendra que les ‘couilles’ dictent bien souvent les décisions de la gente masculine. Le début d’un ‘burne’ out ?

Les quinze nouveaux morceaux présentés sur ce sixième opus ne transgressent en rien la ligne de conduite artistique que GCM s’est fixée depuis le début.

Sa plume est ciselée, précise et protéiforme ! Elle dépeint toujours aussi facilement les travers du quotidien, tout en nous adressant ce petit clin d’œil, parfois dépité, parfois emphatique.

Le tout est complété par une narration d’histoires aux subtilités insoupçonnées, parfois presque militantes, qui se construisent insidieusement et progressivement tout au long des morceaux de ce joli format.

Ces compositions restent donc très fidèles aux précédentes. Les thématiques sont toutefois davantage recentrées sur l’artiste, conséquence d’une sorte d’introspection obligée pour celui qui flirte aujourd’hui avec la quarantaine.

On retiendra essentiellement le destin tragique d’une jeune syrienne Yadna (« Au feu rouge »), l’hommage rendu à ses deux enfants (« Tu peux déjà »), la très jolie déclamation d’amour à celle qui partage sa vie depuis 10 ans (« Dimanche soir ») ou encore « Espoirs adaptés », tiré de la bande originale du film du même nom.

Si le concept peut vite ennuyer et se montrer répétitif, force est de constater qu’il a au moins le mérite de montrer tout le potentiel de la langue française, mais abordé sous un angle différent.

Après tout, pourquoi pas ?

 

Jean Jean

Froidepierre

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Depuis la sortie de son premier elpee (« Symmetry »), Jean Jean a subi pas mal de bouleversements. Après avoir accompli une tournée de plusieurs mois à travers l’Europe mais également les USA et le Mexique, les deux membres fondateurs, Edouard Lebrun et Sébastien Terregossa avaient décidé de limiter leur projet à la formule duo avant de finalement intégrer un troisième larron. En l’occurrence le claviériste Gregory Hoepffner (Almeeva, Kid North).

Dès les premières secondes d’écoute de cet opus, le ton est donné. Alors qu’auparavant, Jean Jean nous proposait un math-rock énergique et enjoué, « Froiddepierre » baigne au sein d’un climat énigmatique. Les morceaux affichent une plus grande maturité et recèlent davantage de nuances. Outre l’énergie très ‘math-rock’ dont il a fait sa marque de fabrique, le combo français alterne ici passages atmosphériques et ondoyants. L’omniprésence d’un clavier apporte, à n’en pas douter, une dimension supplémentaire. Les conditions d’enregistrement (les sessions se sont déroulées dans un chalet au sein des Alpes) ont peut-être eu raison de l’humeur festive, vu le ton légèrement mélancolique des plages. Quoi qu’il en soit, c’est une réussite et on y adhère pleinement !

 

The Pinkertons

What Goes Around Comes Around

Écrit par

Un groupe wallon qui répond au patronyme de The Pinkertons ne pouvait qu’être influencé par Weezer ; et des titres tels que « Sweet Little B… » ou « Unsent » le prouvent. Du début à la fin, c’est une certitude « What Goes Around Comes Around » s’avère être particulièrement influencé par les années 90. Depuis Genappe, ce quatuor réunissant Christophe Charmant (chant et guitare), Alain Jonet (basse), Alexandre Delcroix (guitare) et Nicolas Closjans (batterie) dévoile 10 morceaux qui doivent tout au power-rock américain (et californien en particulier) de ces nineties et à des groupes comme Lit (« Blue as Hell ») ou Jimmy Eat World. Beau boulot !

 

The Bronzed Chorus

Summering

Écrit par

Issu de Greensboro (Caroline du Nord), ce duo réunit le guitariste Adam Joyce et le batteur Hunter Allen. Polyrythmique et syncopé, son math rock tient parfaitement la route tout au long d’un 3ème elpee, qui réalise un beau mélange entre technicité (« Books ») et aisance mélodique (« Hounds of the Barrier »), dans un style proche de Battles. Jamais délibérément complexe pour son seul plaisir, The Bronzed Chorus parvient, en outre, à libérer une véritable émotion à travers des titres épiques tels que « How Gooda Friends Are Ya ? » ou « Decollage » et ses samples ‘en français dans le texte’…

 

G3

G3 = 3 + 1

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Joe Satriani a décidé de remonter son G3, un projet à géométrie variable, fondé en 1996. Une quinzaine de musiciens ont déjà transité par le trio, dont les plus notoires sont Steve Vai, Brian May, Robert Fripp, Eric Johnson et Steve Lukather. Ce sont tous des guitaristes. La nouvelle mouture implique celui de Dream Theater, John Petrucci (NDR : ce n’est pas sa première collaboration), et l’ex-Scorpions (NDR : il a quitté la formation allemande, en 1978, quand même), Uli Jon Roth. Six concerts ont été programmés dans l’Hexagone, y compris celui de ce soir, qu’accueille le Zénith de Lille, et un en Belgique, au Stadsgebouw d’Anvers (voir les photos ici). Le spectacle est divisé en quatre parties, dont trois sont réservées à chaque gratteur et la dernière fédérant la triplette. La salle n’est pas comble, mais bien remplie d’une foule dont la majorité est constituée de quadras, quinquas et sexagénaires.

Habituellement logée dans les gradins, la console des jeux de lumières a été déménagée dans la fosse afin de laisser place à trois énormes projecteurs vintage qui vont se focaliser sur les membres du G3. Et ce sont trois malabars qui les manipulent. La mise en scène est dépouillée : une estrade centrale pour le drummer et une autre, à droite pour les claviers. Enfin, un écran est placé à l’arrière-plan, sur lequel seront projetées des vidéos. Petite précision, un bassiste va se placer sur la même ligne que la ou les têtes d’affiche…

Uli Jon Roth fait cavalier seul depuis qu'il a quitté les Scorpions. Il a cependant participé à une partie de la tournée du band allemand. Guidé par une certaine forme de spiritualité, il reconnaît pour influence majeures, Jimi Hendrix et la musique classique. Yngwie Malmsteen et Edward Van Halen le considèrent comme un de leurs maîtres…

Bandana pour retenir sa longue chevelure, son look rappelle celui des artistes glam rock du début des seventies. Sur les planches, il est flanqué, outre le batteur et le claviériste, de trois gratteurs. Il dispose de trois guitares ornées de plumes sur le haut du manche. Dès « Sky Ouverture », il démontre toute sa virtuosité sur le manche. On est en admiration devant ses doigts qui y glissent, avec une aisance remarquable. Il dédie « Sun In My Hand » à son frère, Zéono Roth, décédé en février dernier. Les cinq morceaux proposés sont issus du répertoire des Scorpions, mais il prend soin de les revisiter à sa sauce personnelle. Et le résultat est épatant. Dommage que sa voix ait tant perdu de son éclat…

Setlist : « Sky Ouverture », « Sun In My Hand », « We'll Burn The Sky », « Fly To The Rainbow », « The Sails Of Charon ».

John Petrucci débarque en compagnie d’un préposé aux fûts et d’un bassiste. Il s’agit de Dave LaRue. Faut croire qu’au cours de sa tendre enfance, John avait une Gibson à la place d’un hochet. Physiquement, il ressemble à Sébastien Chabal, le célèbre rugbyman français et pourrait servir de modèle au dessin animé les Pierrafeu. Bref, il a une bonne bouille et est particulièrement interactif. Ses interventions aux cordes sont sauvages, nerveuses, huileuses, graisseuses même. Sur le podium, ce véritable guerrier des temps modernes se transforme en bête de scène ; et ses acolytes ne sont pas en reste. L’expression sonore varie entre métal mélodique et black métal. Le volume des grattes domine l’instrumentation, mais les compos prennent littéralement aux tripes. Les projos accentuent le climat mystérieux, parfois ténébreux du concert. Du pain béni pour les photographes ! Bref, c’est la partie du set qui a le plus botté votre serviteur.

Setlist : « Wrath Of The Amazone », « Jaw Of Life », « The Happy Song », « Damage Control », « Glassy-Eyed Zombies », Glasgow Kiss ».

Ancien professeur de guitare –il compte parmi ses anciens élèves, Steve Vai, Kirk Hammett (Metallica), Alex Skolnick (Testament) et Larry Lalonde– Joe Satriani puise essentiellement ses sources chez Jimi Hendrix. Pourtant, il pratique une forme de hard rock instrumental. Pour l’anecdote, il a également été le soliste de Mick Jagger.

Dans le cadre du G3, la setlist de Joe Satriani est alterne invariablement reprises et compos personnelles. Il n’est laissé guère de répit à l’auditoire, qui va encaisser un déluge de décibels et assister à une multitude de soli administré par Joe, à la six cordes. 

Sur le podium, il est soutenu par un drummer, un claviériste/gratteur (NDR : il est coiffé d’un Stetson) et d’un bassiste. Joe change de gratte avant d’attaquer chaque nouvelle compo. Sous le feu des projecteurs, sa silhouette brille de milles éclats. Crâne rasé, chaussé de grosses lunettes noires, cool, il fait son show. Suivant les sonorités de son instrument, il agite tous les membres de son corps et adopte des mimiques différentes, suivant son feeling. Il fait corps avec sa gratte et accompagne ces exercices de style de déhanchements. Il ne chante pas, et n’ouvre la bouche que pour respirer ou s’adresser à la foule, notamment pour la remercier. Il nous réserve de larges extraits de son dernier opus, « What Happens Next ». Et ne concède qu’un seul titre plus calme, dispensé dans l’esprit de Carlos Santana. Le second gratteur s’installe derrière les claviers pour aborder « Cherry Blossoms » ; le natif de Westbury (NDR : c’est dans l’Etat de New York) le talonne à la note près. Il est totalement hanté par Hendrix quand il mord dans ses cordes. « Catachysmic » est le cataclysme attendu. Debout comme un seul homme, le public jubile. Les riffs sont dévastateurs. Une déferlante qui va s’achever par « Summer Song », au bout d’une heure…

Setlist : « Energy », « Catbot », « Satch Boogie »/ « Cherry Blossoms », « Thunder High On The Mountain », « Super Funky Badass », « Catachysmic », « Circles », « Always With Me, Always With You », « Summer Song »

Maintenant, les maîtres sont au  nombre de 3 : le G3 ! Le grand père Uli, le grand frère Joe et le petit frère John. 30 minutes de pure jouissance traduite par 3 reprises. Tout d’abord le « Highway Star » de Deep Purple, au cours duquel un chanteur débarque pour se consacrer au micro. Mais c’est Petrucci qui tire ici son épingle du jeu. De quoi en attraper des frissons partout, alors que l’histoire du rock défile dans votre imaginaire. La cover du « All Along The Watchtower » de Dylan, ensuite. Cuisinée à la mode Hendrix, elle est caractérisée par un crescendo opéré à tour de rôle sur un même riff, avant que les trois ne l’exécutent ensemble. Et enfin une version d’« Immigrant song » de Led Zeppelin. Et c’est Uli qui se consacre au chant. Pour avoir eu la chance d’assister au concert du célèbre dirigeable en 1979 et Plant à plus d’une dizaine de reprises, un sentiment de douce nostalgie commence à envahir l’esprit de votre serviteur. Mais quel bonheur d’avoir pu assister à un tel show !

(Organisation : Gérard Drout Productions et Verone productions)

 

 

 

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