L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Dernier concert - festival

Editors
Gary Numan

Jake Bugg

Avec le minimum, Jake Bugg fait le maximum…

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Jeune prodige, Jake Bugg est déjà responsable d’un quatrième elpee, à l’âge de 23 ans. Un disque paru en septembre dernier. Produit par Auerbach, le leader des Black Keys, il a été enregistré à Nashville. En 2012, il avait déjà montré tout son talent, en assurant le supporting act de Michael Kiwanuka. Ce soir, il se produit dans l’Ancienne Belgique en mode flex.

Issue de Nottingham, Georgie assure la première partie. Soul, sucrée, sa voix évoque tour à tour Stevie Nicks, Carole King ou Joni Mitchell. Elle joue de la guitare en picking. Et sa technique est imparable. Clairsemé lors du début de son set, le public va devenir de plus en plus conséquent. Plutôt dissipé il n’accorde que peu de crédit à sa prestation, pourtant parsemée de quelques superbes compos, dont les singles « Hard Times », « This Ain't Heaven » et la cover de Fleetwood Mac, « Landslide ». Pas très sympa ! (Pour les photos, c’est ici)

Le concert de Jake Bugg va se révéler aussi minimaliste. Et pourtant, on peut dire qu’il a pris de l’assurance. Enfin, d’un point de vue instrumental, car son attitude continue d’être gênée aux entournures. Pas de jeux de lumière, de décor, de costume ou de backing group. Il alterne différentes sèches. Quatre Gibson et une Martin’s. Qu’il joue en picking. Toujours assis sur un siège, un coussin moelleux amortissant son séant… Ample, sa voix peut devenir éraillée, notamment lorsqu’il conte ses histoires empreintes de vécu et d’émotions. Délicate elle évoque Gabriel Rios, une voix qu’il entretient parfois à l’aide de ‘gin tonic’.

Il entame son set par le très beau et dylanesque « Hearts That Strain », titre éponyme de son nouvel LP. « How Soon the Dawn » nous transporte à Nashville. Bucolique, « Saffron » démontre que les titres les plus paisibles collent parfaitement à son répertoire. Emouvant, « Strange Creatures » est un blues particulièrement épuré. Dans son style, « Country Song » l’est tout autant. Il y excelle à la gratte. Découpé en 21 plages, sa setlist alterne anciennes et nouvelles compos, dont 6 morceaux du dernier long playing. Tout au long de « Broken », l’auditoire est silencieux, respectueux et attentif. Impressionnant ! On se demande même parfois où l’artiste puise cette profondeur d’interprétation.

Plus dansantes et chaleureuses –assez rare quand même– certaines compos évoquent Ed Sheeran. D’autres s’autorisent quelques jolies envolées de guitares. A plusieurs reprises, il s’adresse à la foule et est manifestement à l’aise dans cet exercice. Le seul hic, c’est qu’il a un accent à couper au couteau, et que le spectateur lambda ne comprend qu’un mot sur deux de ses propos…

Il n’en n’oublie pas son dernier single, « Waiting », (NDR : qu’il interprète sur disque, en duo avec Noah Cyrus), une ballade qu’il chante à la manière d’un crooner. Avant de clore le set par « Lightning Bolt », un morceau hanté par un certain Johnny Cash. Ce soir, avec le minimum, Jake Bugg a fait le maximum. En outre, sa prestation a libéré énormément d’ondes positives. De quoi oublier les préoccupations de la vie quotidienne... (Pour les photos, c’est là)

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

Iron & Wine

Un set en forme de best of…

Écrit par

Ce soir l’AB est en mode flex pour accueillir Sam Beam, un artiste dont le projet, Iron & Wine, sévit depuis plus de 10 ans. Son sixième opus, « Beast Epic », est paru en août dernier. Si vous appréciez sa musique, vous devriez également aimer celle de Bon Iver, Sufjan Stevens, The Tallest Man On Earth, Fleet Foxes, Nick Drake, Sun Kil Moon voire d’Elliott Smith. Sam s’était produit en compagnie de Jesca Hoop, en septembre 2016, à l’Orangerie du Botanique.

Le supporting act est assuré par un trio flamboyant issu de Brooklyn : Half Waif. Le line up réunit Nandi Rose Plunkett (chant, claviers), Zack Levine (drums, percussions électroniques) et Adan Carlo (basse). Pas de six cordes en vue. La formation est responsable d’un album, « Probable Depths », gravé en 2016, ainsi que de quelques Eps, dont le dernier, « Form/a » est sorti, il y a juste un an. Et elle va nous en proposer de larges extraits.

Les nombreux nuages qui surplombent les artistes préludent un show atmosphérique. Le light show projeté sur ce décor rend le concert à la fois intrigant et quelque peu mystique. La musique de Half Waif oscille entre pop électro et expérimentale, baptisée avant-pop. Voluptueuse, proche d’Agnès Obel, la voix de Nandi Rose ne manque pas de charme et hante des plages hypnotiques et spectrales comme « Severed Logic » ou l’élégant « Wave ». « Frost Burn » baigne au sein d’un psyché disco lumineux digne d’Arsenal. Caractérisé par son remarquable break au piano, « Night Heat » est à la fois minimaliste et sucré. Et le set de s’achever par le classieux « Cerulean »…  

Setlist : « Severed Logic », « Wave », « Parts », « Frost Burn », « Know Your Body », « Night Heat », « Back In Brooklyn », « Keep It Out », « Lavender Burning », « Tactilian », « Cerulean ».

1 200 spectateurs acclament Sam Beam, quand il grimpe sur les planches. Il est accompagné par un violoncelliste, un préposé à la basse, contrebasse et gratte semi-acoustique, ainsi que d’une claviériste et d’une drummeuse, deux jolies femmes qui vont également se charger des chœurs. On retrouve, dans le décor, ces fameux nuages (NDR : une trentaine). Ils s’assombrissent et s’électrisent lorsque l’expression sonore devient tempétueuse ou diluvienne, c’est-à-dire lorsque les cordes de Sam (NDR : il se sert égalent d’une gratte semi-acoustique) s’envolent ou que sa voix s’élève à la limite de la rupture, alors qu’il se colorent de bleu et de rose, lors des moment les plus angéliques. Une voix qu’il est capable de moduler à son gré.

« The Trapeze Swinger » ouvre le set. Les interventions au violoncelle sont fascinantes. Les sonorités de gratte sont empreintes de calme et douceur. Les clochettes que fait tinter la drummeuse flattent l’oreille. Les chœurs sont à la fois précis et finement ciselés. Dès la fin de cette compo, Sam remercie le public et réclame un peu de silence, car c’est son show. Faut dire qu’on entend des gobelets vides craquer aux  pieds des spectateurs. Il est cool est une complicité interactive s’établit naturellement entre l’artiste et la foule, réceptive et acquise à sa cause. Il est très attentif à son auditoire, et tous les 3 ou 4 titres, entame une petite conversation à bâtons rompus, en y communiquant sa bonne humeur teintée d’humour. Il boit régulièrement quelques gorgées de vin, dans un verre, placé sur un siège, à sa gauche.

En ‘live’, l’artiste ne se contente pas de restituer ses compos. Il prend des risques, revisite son répertoire, bouleverse son univers. C’est plus caustique, tout en restant poignant. La musique oscille du blues à la pop, en passant par le folk, la country, le bluegrass, l’americana et le jazz, sans oublier les influences africaines qui la dynamisent. Les claviers envoûtent. Les orchestrations sont soignées, léchées même. Mais Sam va également épater la galerie en solitaire, armé de sa gratte semi-acoustique, en s’autorisant quelques morceaux ‘unplugged’, dont une reprise folk du « Love Vigilantes » de New Order. La seule cover de sa setlist.  

« Last Night » adopte un profil théâtral et lyrique. « Passing Afternoon » et « Carousel » nous replongent dans les 70’s et peut-être même dans les 60’s. « Flightless Bird-American Mouth » se distingue par ses harmonies vocales sophistiquées. Tout au long de « Glad Man Singing », les cordes de guitare percutent alors que les clochettes continuent d’exercer leur pouvoir enchanteur. Un chouette concert, au cours duquel Iron & Wine s’est finalement fendu d’une sorte de ‘best of’ de son répertoire. Jugez plutôt :

Setlist : « The Trapeze Swinger », « Grace For Saints And Ramblers », « About A Bruise », « Last Night », « Flightless Bird / American Mouth », « Call Your Boys », « The Truest Stars We Know », « Glad Man Singing », « Carousel », « Love Vigilantes », « Song In Stone », « Passing Afternoon », « Call It Dreaming », « Bird Stealing Bread », « Winter Prayers », « Dearest Forsaken », « House By the Sea », « Someday The Waves », « Claim Your Ghost ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Wolvennest

Le sombre hurlement des loups...

Vous ne connaissez pas Wolvennest ? C'est en quelque sorte un ‘super-groupe’, basé à Bruxelles, et constitué de musiciens chevronnés issus de la scène alternative. Ce soir, ils se produisent au sein de la grande salle de l'AB dans le cadre du mini festival ‘The Sound of the Belgian Underground’, organisé par l'Ancienne Belgique en coopération avec Subbacultcha.

Quand on pénètre dans l'antre des loups (« Wolvennest »), vers 19h15, l'atmosphère est déjà bien installée. Un crâne doré placé sur une table diffuse des volutes d'encens et la musique de fond concède des accents psyche, ambient et arabisants. Après une courte introduction prononcée par un des organisateurs, la meute prend possession des planches. Et il y a du beau monde ! Jugez plutôt : honneur aux dames, on retrouve tout d'abord Shazzula, artiste aux multiples talents, ex-Aqua Nebula Oscillator, grande prêtresse des nuits bruxelloises. Elle se consacre, pour la circonstance, au chant, au thérémine et aux effets sonores. Habillée tout de noir, elle arbore sa célèbre mèche sur le front. A droite, Marc DeBacker, coiffé d’un chapeau noir et chaussé de lunettes fumées (NDR : cet ex-Dog Eat Dog, puis 10000 Women Man a monté depuis son projet solo 'dark ambient', Mongolito) se réserve la ‘lead’ guitare. A gauche, les grattes rythmiques sont assurées par un duo infernal : Michel Kirby (Length Of Time, Arkangel, Deviate et La Muerte) et Von Burtle Corvus (Cult Of Erinyes). Sur les planches, le quatuor est soutenu par le bassiste John Marx (Temple Of Nothing) et le batteur Bram.

Dès les premières notes de « Partir », extrait de l'excellent premier opus, éponyme, de Wolvennest, on se doute que la musique sera puissante, hypnotique et sombre, ... très sombre. Dans un style qu’on pourrait décrire comme du post-metal psychédélique dont le côté répétitif s’inspire manifestement du 'krautrock'. Articulée autour d'un beat lent et d'un riff à l'orgue irrésistible, la composition s'étend sur plus de 9 minutes. Les guitares dressent un véritable mur du son tandis que Shazzula chatouille son thérémine pour en tirer de maléfiques bruitages.

Tout au long d’« Unreal », elle s'acquitte brillamment des parties vocales exécutées, sur le disque, par Marthynna, la chanteuse de la formation autrichienne Der Blutharsch and The Inifinite Church Of The Leading Hand. Mais c'est lors du troisième titre, « Out of Darkness Deep », en partie écourté, que Shazzula va se réveiller. La féline commence à onduler tout en scandant les mélodies telle une possédée. Il n'en faudra pas plus pour que Marc DeBacker se déchaîne également, arrachant de sa guitare et de sa pédale wah wah des hurlements sataniques, pour le plus grand plaisir d'un public pris au piège dans une sarabande démoniaque. 

Au final, ce casting de rêve s’est rendu coupable d’un concert d'enfer ! Trop court, bien sûr, festival oblige. Autour d'un verre, le groupe nous a confié que leur second LP est quasi prêt. Et la bonne surprise, c'est que cette fois, c'est Shazzula qui assurera les parties vocales. On est impatient de découvrir le résultat ! On savait qu'une louve baptisée Naya s'était introduite en Belgique... mais sous l’impulsion de Wolvennest, on peut s'attendre à l’invasion d’une meute !

Des vidéos 'live' du concert sont disponibles. Celle de « Partir » est ici et d'« Unreal », là

Notons que le mini festival a également permis de découvrir d'autres projets hautement intéressants : Sale Gosse, Afia, Christine Denamur, Vaal, Le77, Obsequies, Crowd Of Chairs (excellent hard post punk!), Air LQD et Golin.

Organisation : AB + Subbacultcha

Omar Souleyman

Bien loin de la guerre civile qui ronge la Syrie, depuis trop longtemps…

Écrit par

La dernière fois qu’Omar Souleyman s’était produit en Belgique, c’était en 2015, au sein d’une ABBox bondée. Le phénomène syrien est de retour, mais à l’Orangerie du Botanique, et le concert et soldout depuis quelques mois. Omar est né en 1966, à Tel Amir, un village situé dans le nord-ouest de la Syrie. Un vrai phénomène musical à lui seul. Depuis le début de la guerre civile, il s’est installé en Turquie. Il a publié son quatrième album studio « To Syria, With Love », en juin 2017, un opus auquel ont contribué Four Tet, Gilles Peterson et Modeselektor. Tout en se concentrant sur des sonorités très orientées techno aux claviers, il y rend hommage à sa terre natale.

Le supporting act est assuré par Dj Gan Gah. Désormais établi à Bruxelles, ce jeune producteur a été biberonné aux rythmiques traditionnelles gnawas et berbères depuis sa plus tendre enfance, dans les faubourgs d’Agadir. Musicien accompli, il sévit depuis plusieurs années comme beatmaker sous d’autres pseudonymes. Proposant un astucieux mélange entre Club Music et musiques traditionnelles d’Afrique du Nord, son premier Ep, « Souktronics », constitue une déclaration d’amour à ses racines marocaines et à la musique électronique contemporaine.

Vêtu d’une djellaba de couleur noire, il monte sur l’estrade, ouvre son PC et commence à triturer les boutons de ses machines. Il faut bien 15 minutes avant de s’imprégner de cette expression sonore aux accents orientaux, fruit de la rencontre entre techno et électro. Mais il est particulièrement doué, et parvient à inciter la foule à sauter, applaudir et danser pendant une bonne heure, grâce à ses beats ensorcelants. Pourtant, il n’y a pas d’interaction entre l’artiste et la foule. Et il n’émet aucun commentaire. Ce qui ne va pas empêcher l’auditoire de lui réserver une belle ovation, à l’issue de sa prestation…

Les innombrables traditions musicales de l’Irak reflètent, dans la musique d’Omar, le melting-pot culturel d'un pays où cohabitent irakiens, turcs et kurdes en grand nombre. Les hymnes populaires sont traduits en frénésie techno-pop festive (le ‘dabkeh’, un style folklorique, mais proposé dans une version moderne) ou en chansons plus solennelles et contemplatives (l'ataba, une forme traditionnelle de poésie populaire, équivalent de la soul). Souleyman chante en ‘mawal’ sur des poèmes signés par son complice de longue date Mahmoud Harbi. Les soli arabisants de synthés opérés par Rizan Said (NDR : un musico d’origine turque) se mêlent à l'oud, au saz, aux percussions et aux youyous, pour un résultat tout à fait déconcertant…

Sut le podium Omar est uniquement accompagné de Rizan. Deux synthés sont plantés au milieu du podium et légèrement en retrait. Toutes les sonorités, même celles de l’oud, du bendi (clarinette arabe) et de tambourin ont été synthétisées. A 21h05, Rizan, Said s’installe derrière ses machines et aligne deux instrumentaux. De quoi faire démarrer la Dabka en mode électro. Mais tous les yeux et les smartphones sont rivés sur la gauche de la scène. Et pour cause, le public très multiculturel attend le roi de la musique syrienne. Keffieh rouge vissé sur le crâne, vêtu d’un dishdasha, moustache rutilante et lunettes noires scellées sur nez, Omar Souleyman déboule sur les planches. Il est chaudement applaudi par un public acquis à ce type de musique traditionnelle du Proche-Orient, mise à la sauce électro. Il tient son micro à la main et déambule de gauche à droite en incitant l’auditoire, à l’aide de gestes, à applaudir et à danser. Un jeu de scène résumé à sa plus simple expression. Plusieurs spectateurs tentent de grimper sur l’estrade. Mais le service de sécurité les en empêche. Dommage, à l’AB, Omar avait apprécié ces débordements bon enfant…

Tous les classiques vont défiler, depuis « Warni Warni » à « Bahdeni Nami », en passant par « Salamat Galbi Bidek », « Wenu Wenu » et « Leh Jani », des morceaux au cours desquels les 'yalla' (Trad : ‘allez !’) vont fuser aux quatre coins de la salle. Sans oublier le single qui a précédé le dernier LP, « Ya Bnayya », une compo qui nous transporte au cœur des déserts syriens. Il n’y manque que le sable brûlant et les tambourins arabes, ici samplés par les machines de Rizan.

D’une durée de 50’, le set était particulièrement propice à la danse. Votre serviteur a découvert une Syrie chaleureuse, souriante, dansante, aimant la joie de vivre. Qui sait faire la fête à la musique et aux humains bien loin de la guerre civile qui la ronge depuis trop longtemps…

(Organisation : Botanique)

Winterfest 2018 : samedi 20 janvier

Débuts prometteurs pour le Winterfest !

Tout était parfait, sauf l'endroit. Et la météo... L'expression est lapidaire, mais elle résume bien l’impression laissée à l'issue du festival. Petit frère hivernal du plus notoire W-Festival, le Winterfest fêtait ses débuts samedi dernier, au Kompass, à Gand. Située dans un complexe industriel abandonné, cette salle accueille en général des soirées techno. Elle pourrait bien servir de cadre à un festival 'dark', un peu dans l’esprit du Rockerill ou des E-Werke en Allemagne mais ici, rien n'a été aménagé. L'eau filtre à travers les plafonds et il fait très froid, sauf dans la ‘petite’ salle, où une soufflerie a été installée.

Malgré ces conditions difficiles, le festival nous a offert un spectacle remarquable. Non moins de 17 formations se sont succédé sur les deux scènes à un rythme effréné. Soulignons ici la programmation, très bien étudiée. Des formations 'classiques', actives depuis les années 80, ont côtoyé des groupes plus récents qui ont pris le relais et prouvent que la scène 'wave' est bel et bien vivace aujourd'hui!

En raison d'embouteillages sur le ring de Bruxelles (salon de l'auto oblige!), il n’a pas été possible d’assister aux prestations de Herrnia, Mildreda, The Hermetic Electric et She Pleasures Herself. Originaire du Portugal, She Pleasures Herself est une des rares formations étrangères à l’affiche, l'essentiel du line-up proposant des artistes belges.

Quand on débarque sur les lieux, le set de Doganov tire à sa fin. On entend au lointain une adaptation du « Headhunter » de Front 242, dans un style hybride new-wave/metal assez intéressant. Un bon début !

Echo West est la première (belle) découverte de la journée. Originaire de Dortmund, le combo pratique une electro-darkwave élégante, dominée par les sons synthétiques. La voix de Dirk T. Klein (NDR : il milite également chez Intensive Care Unit et Silent Signals) est envoûtante. Il est soutenu par un percussionniste et un claviériste. Le band va livrer une prestation remarquable, rehaussée par des vidéos gothiques à souhait.

Dans la grande salle, l'Anversois Gerry Vergult présente son nouveau projet, créé suite à la dissolution d'Aroma Di Amore. Zool surprend par son style hors contexte, plus orienté post-rock, mélangeant synthés et guitares. A découvrir !

hordA peine le temps de déguster un vin blanc et cap vers la seconde salle pour retrouver, avec grand plaisir, H ø r d. Le Bordelais, Sébastien pour les amis, est un des meilleurs représentants de la vague synthwave française; mais il va bien plus loin en y intégrant des éléments techno, psyché et synthpop. Nappes de synthés cristallins, voix éthérées et mélancoliques, sans oublier les vidéos oniriques : on semble vivre au cœur d’un rêve éveillé, bien trop court, malheureusement. Les deux groupes suivants, Your Life On Hold et Ground Nero, ont certainement dû ravir les aficionados de rock gothique, mais il faut bien faire une petite pause de temps en temps…

LuminanceA 18h30, retour dans la grande salle pour Luminance, le projet de David-Alexandre (DA), notre ami français basé à Bruxelles. Multi-instrumentiste surdoué, il a explosé sur la scène 'dark' en proposant une musique crossover unique, entre synthpop, darkwave et ambient. D’entrée de jeu, DA nous gratifie de deux superbes inédits, le hit potentiel « What They See » et « Great Sinister with Silent Nails ». Tous deux figureront sur un album 'split', à paraître bientôt. Pour compléter la setlist, on aura encore droit à trois extraits de l'excellent elpee « Sans Visage », l'hallucinant « Martyr » et deux titres plus anciens, « Walk » et « Seeds ». Un set très réussi ! Dommage que le concert programmé dans la salle 2 ait commencé trop tôt, provoquant un déplacement prématuré du public.

Il est vrai que la prestation d'Enzo Kreft est, elle aussi, très attendue. Ce musicien malinois a fait sensation ces derniers mois en sortant une compilation de titres datant de 1983-84 et pas moins de deux albums de nouvelles compos : « Turning Point » et « Wasteland ». Essai transformé en 'live' grâce à un set intense et énergique.

Le marathon musical se poursuit, et en beauté, par The Breath of Life, probablement le meilleur groupe de rock gothique / darkwave, en Belgique. Actif depuis 1990, il compte à son actif quelque neuf LP. Un exemple de constance dans la qualité. Boostés par la superbe voix lyrique d'Isabelle Dekeyser, les musiciens wallons nous ont, une fois de plus, émerveillés. Envolées vocales, volutes de violon, riffs de guitare : tout concourt à créer une ambiance unique, particulièrement palpable dans les titres du nouvel opus et, bien sûr, tout au long de leur hit intemporel « Nasty Cloud », toujours aussi impressionnant, 23 ans après sa sortie. Magnifique !

Les voix restent féminines et pour notre plus grand bonheur, car c'est Simi Nah qui prend le relais dans la deuxième salle. Cette Française établie à Ostende figure également parmi nos chouchous. Flanquée de son 'partner in crime', Kenny 'KGB', elle pratique une dark synthpop teintée d'éléments EBM et d'influences françaises, Mylène Farmer en tête. Au Winterfest, le duo a livré une prestation parfaite et particulièrement émouvante. Les proches de Simi redoutent qu’elle mette fin à sa carrière cette année et se retire dans son pays natal. Il plane donc une certaine gravité sur le podium. Par moments, Simi affiche un regard quelque peu mélancolique, perdu dans les spotlights. Espérons que son prochain opus, annoncé comme le dernier, sera couronné de succès et qu'elle reviendra sur sa décision ; car franchement, on souhaite qu'elle continue ! Non moins de quatre nouveaux titres figuraient sur la setlist, dont deux inédits : « Le Chant des Loups » et « Morte et Moi ». « Chacun Pour Soi », quant à lui, est bien parti pour devenir un 'club killer'! Superbe show !

A 21h30, c'est au tour de TB Frank de grimper sur le podium dans la grande salle. Moitié du groupe belge (malheureusement disparu) Neon Judgement, le chanteur et guitariste flamand vient présenter son tout nouvel album, « Tock ! », réalisé en collaboration avec Baustein, un musicien allemand maintenant basé au Limbourg. Le côté new-wave électronique des années 80 est bien sûr toujours présent, mais l’expression sonore se nourrit également de country/folk, de rock et de reggae. On pense, tout à tour, à Johnny Cash, P.I.L., King Dude, Talking Heads ou The Prodigy. Pour satisfaire les fans, TB Frank interprètera deux titres de Neon Judgement issus de sa plume, « Fashion Party » et « Chinese Black ».

W. FlurRetour dans la deuxième salle pour découvrir une véritable légende vivante : Wolfgang Flür. Ce musicien allemand a fait partie de Kraftwerk de 1973 à 1987, soit la période dorée des pionniers de la musique électronique. Percussionniste à l'origine, c'est lui qui a développé les batteries électroniques de la formation teutonne. Après son départ, il a développé une carrière solo, concrétisée, entre autres, par l'album « Eloquence ». Sur le podium, Herr Flür est planté derrière ses 2 ordinateurs Mac et nous réserve d'excellents 'reworks' de titres de Kraftwerk, tels que « Home Computer », « Neon Lights » ou « Pocket Calculator ».

W. FlürMais également des compositions plus personnelles, pour lesquelles il a reçu le concours de différents musiciens, dont Bon Harris, le leader de Nitzer Ebb. Le show s'apparente davantage à un DJ set, agrémenté de vidéos basées sur des photos de l'époque Kraftwerk et des films plus récents. Le public est conquis par ce ‘Flürilège’ de hits électros. Un joli moment ! Musiczine publiera sous peu l'interview de Wolfgang Flür, réalisée après le concert.

Pour clôturer ce festival en beauté, The Alarm va électriser les planches de la grande salle. Considérés comme les petits frères de U2, les Gallois n'ont jamais réussi à se forger un succès comparable. Et de loin ! On se souvient du concert que le combo avait accordé en supporting act de U2, à Forest National, en 1984, et qui avait affolé les sismographes. Mais ce qui avait provoqué de terribles vibrations, ce n'était pas le set de U2, mais bien, selon nous, la basse synthé Moog Taurus de The Alarm. Ici, au Winterfest, le cadre est plus minimaliste ; ce qui n’a pas empêché le chanteur, Mike Peters, seul membre original, et ses musiciens, de mettre une très bonne ambiance grâce, entre autres, aux hits « The Stand » et « Blaze of Glory ».

winterfestAu moment de quitter les lieux, on ne peut que féliciter l'équipe du festival, Erik De Ridder, Tineke Bultinck, Franky Jodts et Pascal Vanovertveldt. Comme nous l'a confié Erik, la prochaine édition se déroulera au sein d’une salle plus appropriée et dans ces conditions, le succès devrait être au rendez-vous. En attendant, rendez-vous est pris du 16 au 19 août à Amougies, pour un W-Festival qui s'annonce d'ores et déjà légendaire.

 

Pour regarder les photos de Felicie Novy, c'est ici. 

Wavves

You’re welcome

Écrit par

Sixième album pour Wavves, formation californienne (NDR: issue de San Diego, très exactement), dont le garage/pop sent bon le soleil, la plage et son sable chaud ainsi que le skate…

En 2010, « King Of The Beach avait marqué les esprits en proposant une musique qui aurait pu naître de la rencontre entre Green Day circa « Dookie » et le 13th Floor Elevator, soit entre le pop/punk et le psychédélisme le plus acide. Dans la foulée, le combo avait signé chez un major, pour qui il a publié deux albums peu inspirés. Il a donc décidé de revenir sur un label indépendant afin de retrouver sa muse. Sur lequel il a donc sorti ce « You’re Welcome », un disque de pop/punk/garage/surf assez agréable à l’écoute, mais pas vraiment révolutionnaire. Le spectre de Weezer est toujours bien présent, mais même les plages enlevées ne sont pas vraiment incendiaires. Les mélodies sont contagieuses, les harmonies vocales soignées et s’aventurent parfois dans le doo wop, le candide ou le burlesque. On a même droit à un morceau imprimé en 4/4, comme chez les Ramones (« Hollowed out »), alors qu’en finale, « I love you » adresse un clin d’œil plus qu’appuyé à feu John Lennon, la voix de Williams trempant alors dans la reverb. Un album bienvenu, mais pas la peine d’en faire des vagues…

 

Calexico

The thread that keeps us

Écrit par

Le 9ème opus de Calexico a été enregistré au Nord de la Californie, au Panoramic House, une maison aménagée en studio baptisée ‘The phantom ship’ (Trad : le bateau fantôme), sous la houlette du fidèle Craig Schumacher. Et dans le but de promotionner cet album, Joey Burns et Jon Convertino ont accordé une interview à Musiczine (à lire ici). Penchons nous dès lors sur le contenu.

Le disque s’ouvre par l’excellent « End of the world with you », une piste qui aurait pu figurer au répertoire de Wilco et s’achève par « Music box », une chanson d’amour destinée à ses enfants afin de préserver les rêves dans une réalité troublée…

Bien électrique, « Voices in the field » est très typique du son Calexico. Caractérisé par ses riffs plaqués, « Bridge to nowhere » change de rythme entre couplet et refrain. Imprimé sur une boîte à rythme, « Under the wheels » adopte un tempo reggae, une plage dansante enrichie de cuivres. Des cuivres qu’on retrouve discrètement sur la ballade mid tempo « The town and Miss Lorraine ». Toutjours dansant, mais bien latino (NDR : ces cuivres !), « Flores y tamales » est interprété dans la langue de Cervantès. Tapissé par un orgue vintage, le complexe « Another space » emprunte le rythme réminisent du « Juke Box Baby » de Suicide avant de dériver dans le free jazz, les cuivres partant à l’aventure, un peu comme dans la musique de Miles Davis. « Unconditionnal waltz » est une valse, comme son titre le précise. « Girl in the forest » constitue une fable qui se dresse contre la déforestation. L’empreinte écologique est d’ailleurs le thème majeur de cet opus. La voix de Joey est aussi emphatique que celle de Richard Ashcroft sur « Eyes wide awake », alors que les guitares gémissent comme chez les Pixies. Elle devient même caverneuse sur le plus rock « Dead in the water ». Deux instrumentaux. D’abord le psyché visionnaire « Spinball ». Puis « Shortboard », où il n’y manque que la voix de… Jim Morrison…

A consommer sans modération !

 

Exit Index

Grooms

Écrit par

Travis Johnson est le chanteur/guitariste d’Exit Index. Le leader également. Il est le copropriétaire d’une boîte à Brooklyn, le Death by Audio Effects, depuis 2008, où on y fabrique des pédales de distorsion, en quantité limitée. Et il en a confectionné une neuve, au vibrato bien spécifique, avant d’enregistrer cet elpee. Le cinquième du trio. Le dernier disque enregistré au studio Magic Shop, avant qu’il ne ferme boutique.

Intitulé « Grooms », cet opus est découpé en 10 pistes qui baignent au sein d’une forme de dream pop atmosphérique, mélancolique, aventureuse, proche du shoegazing, mais déchirée entre climats sombres ou lumineux. Des plages élégantes, raffinées, éthérées qui réalisent pour la plupart, la fusion parfaite entre synthés et sonorités de guitare. Et comme les harmonies vocales sont vaporeuses, diaphanes, voire spectrales, on ne peut s’empêcher de penser à un Connan Mockasin, mais en plus dynamique.

On épinglera cependant le morceau d’entrée, « The directory », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse, le plus noisy « Some fantasy », et puis surtout la finale, « Thimble », une compo plus complexe, légèrement cuivrée, sorte d’expérience sensorielle psychédélique, colorée de cordes de gratte tintinnabulantes, abordée dans l’esprit de Kevin Ayers circa « Whatevershebringswesing »… Un chouette album !

 

Gary Numan

Savage (Songs from a broken world)

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« Savage » constitue le 21ème opus de Gary Numan en 40 ans de carrière, une sorte de concept album qui s’inspire de la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord climatique de Paris. Une œuvre au cours de laquelle, Numan imagine un monde post apocalyptique, consécutif au réchauffement de la planète. Il narre donc ces dangers comme une fiction dystopienne. Faut dire qu’au fil du temps, les disques du Londonien sont devenus de plus en plus sombres et menaçants.

Les 10 plages de cet LP tiennent parfaitement la route. S’ouvrant par le lugubre « Ghost nation » et s’achevant par l’épique « Broken », il puise ses sources à la fois dans l’électro, la pop et l’indus. Que ce soit le funk futuriste « My name is ruin », l’atmosphérique « An it all began with you », le goth disco « When the world comes apart », le minimaliste (IAMX ?) « Mercy », le majestueux « What god intended » ou le martial « Pray for the pain you serve ». Régulièrement, les synthés se teintent de sonorités arabisantes ; et des choeurs célestes, féminins viennent parfois soutenir l’ensemble. Quant à la voix de Gary, elle n’a jamais été aussi proche de celle de Dave Gahan (Depeche Mode).

 

Amy Oelsner

Elastic

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Amy Oelsner, alias Amy O, est américaine. Et plus précisément originaire de Bloomington, dans l’Indiana. Au départ, elle faisait cavalière seule, mais au fil du temps, elle s’est entourée de musiciens, pour finalement driver un véritable groupe, dont elle assure, bien sûr, le leadership.

« Elastic » constitue son second album (mais le premier enregistré dans un véritable studio). Il fait suite à un premier paru en 2016 et intitulé « Arrow ». Elle nous y propose douze plages énergiques, sculptées dans un indie rock sans grande prétention, mais agréables à l’écoute, qui ne marqueront cependant pas l’histoire du rock de leur empreinte. Paradoxal, si certains thèmes de ses compos sont plutôt douloureux, comme celui de la mort d’amis proches, les mélodies paraissent particulièrement légères. Mais néanmoins efficaces, à l’instar de « Cherry Blossom » ou encore « Soft Skin ». Dominées par les guitares et la voix d’Amy O, les titres sont quelquefois soulignés par des chœurs ou soutenus par une ligne de clavier…

 

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