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The Van Jets

Des références bien rock’n’roll…

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En 2004, The Van Jets remportait le Humo Rock Rally. Depuis, on peut affirmer que le quatuor ostendais a fait du chemin. Son cinquième elpee, « Future primitives », est paru en octobre dernier. Mais on se souviendra surtout de son tube, « The future », qui a littéralement squatté les ondes de Studio Brussel, au cours de l’année 2010. Un véritable hymne pour toute une génération issue du Nord de la Belgique.

Le supporting act est assuré par The Equal Idiots, un duo qui pratique du rock/garage énergique, à la croisée des chemins de The Experimental Tropic Blues Band, Mountain Bike et Black Box Revelation. Originaire de Hoogstraten, il a gravé son premier opus, « Eagle Castle BBQ », en juin dernier. Il implique le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

Les sonorités de gratte sont instinctives, huileuses, graisseuses même. La frappe du batteur est à la fois primaire et métronomique. Pensez aux Ramones ! On aura cependant droit à une reprise étonnante du « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand, une version qui reflète l’esprit bien punk du tandem. Et la prestation va s’achever par un « Put My Head In The Ground » sismique…

Johannes Verschaeve est coiffé de son éternel chapeau noir et chaussé de souliers de couleur rouge. Il se consacre à la guitare et au chant. Il est soutenu par son frère Michael, aux drums, le second gratteur Wolfgang Vanwymeersch et le bassiste Frederik Tampere. Ce soir, le line up est enrichi d’un claviériste, probablement engagé pour accompagner le quatuor en tournée. Tant derrière que devant, des toiles, de dimensions différentes, ont été tendues. Y sont reproduits, tantôt le titre du dernier long playing, un soleil, un revolver, des signes cabalistiques ou un majeur pointé vers l’avant.

Le musique de The Van Jets puise son inspiration à la fois chez Bowie, The Stooges, T. Rex, les Stones, et parmi les bands les plus contemporains, The Raconteurs et les Black Keys. Bref, pas de contestation, les références sont bien rock’n’roll, même si le tout est régulièrement assaisonné à la sauce électro. Et l’ensemble tient la route. En outre, charismatique, le vocaliste ne tient pas en place et arpente le podium, de long en large.

Issu du dernier LP, « 21st century boy » ouvre le concert. Incontestablement, malgré les boucles électro, c’est un clin d’œil adressé à Marc Bolan (NDR : ce titre !) Quatre autres plages de ce nouvel essai figureront dans la set list. « Rewild » d’abord. Un morceau caractérisé par ses cordes torturées à la manière de Jimi Hendrix, sur « Highway chile ». Puis le sémillant « Fiction vs Fiction », réminiscent des B52’s. Et encore le bondissant « Bang », moment choisi par Thibaut Chrisiaensen, le chanteur/guitariste de The Equal Idiots, pour rejoindre le band et se lancer (NDR : bondir ?) dans la fosse afin d’entamer un long exercice de crowdsufing. Puis enfin, cadencé par ses sonorités électro hypnotiques, « Days On Clouds », un titre qui donne pourtant libre cours à l’agressivité des six cordes. A cet instant, le volume sonore est vraiment à son paroxysme. Et pourtant, il faut avouer que si les compos sont sauvages, les mélodies restent soignées. Verschaeve ose également un petit plongeon dans la foule, pendant « Ready Made Wild Life »…

En rappel, le frontman interprète le bluesy « Here Comes The Light », alors que ses acolytes assurent uniquement les chœurs. Et bien sûr, c’est le hit « The future » qui clôt définitivement le show.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Coely

Un Coely de fruits tropicaux…

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Issue du Nord de la Belgique, Coely est considérée comme la nouvelle voix du hip hop. Une voix plus que puissante capable de séduire l’assistance par son énergie explosive libérée sur les planches. Elle démontre ainsi que le rap noir-jaune-rouge peut aussi s’écrire au féminin. Son premier elpee, « Different Waters » est paru en mars dernier. Enfant prodige du hip hop old school, elle a fait ses premiers pas sur la scène européenne à l’âge de 22 ans…

Votre serviteur avait été littéralement scotché par sa prestation accordée aux Lokerse Feesten en août dernier. Ce soir, elle se produit pour la deuxième fois consécutive, dans la banlieue d’Anvers, là où elle a grandi. Point de chute : le Casino de Saint-Nicolas. Les deux spectacles sont sold out. La salle est superbe, le personnel accueillant et le son excellent. Que demande le peuple ?

C’est Amazuni qui assure le supporting act. Elle a été finaliste du concours ‘The Nieuwe Lichting » organisé par Studio Brussel, compétition remportée par Tamino. Gantoise, mais de souche népalaise, elle vient de graver un Ep intitulé « V For Venom », au sein duquel elle va puiser largement lors de son set. Sur les planches, elle est soutenue par un black aux platines et aux machines. Barbu et capuche sur la tête, il est impassible et froid devant son matos. De grande taille, voilée d’un châle noir (NDR : les vêtement des deux artistes sont de la même couleur !), qu’elle ôte dès qu’elle apparaît derrière son micro, Amazuni affiche un visage sur lequel une ligne… noire… est dessinée sous le menton. Le duo pratiquerait-il une musique sombre et industrielle ? Pas du tout, plutôt un rap très technique, chargé de groove et teinté de r&b et de drum&bass, sur lequel, elle pose un flow agressif, interactif et bien calibré. Bref, le son est vraiment unique en son genre. Le bassiste de Coely vient même prêter sa voix pour un titre.

Le Black Mamba est le nom d’un serpent noir particulièrement venimeux, dont la piqûre peut s’avérer mortelle, qui vit en Afrique. C’est également le patronyme d’une djette qui va tenter de conserver l’esprit des spectateurs en éveil. Peine perdue, l’auditoire préfère discourir…

Coely pratique un cocktail détonnant de hip hop old school, soul, r&b, gospel, funk et dance-hall. Ses vibes sont parfois très susceptibles de rappeler Laurijn Hill. Elle est capable de donner des coups d’accélérateur dans le style de Busta Rymes ou même d’assurer une séance de human beatbox. Elle rappe d’ailleurs comme une Américaine. En outre, elle peut compter sur ses potes, les Mc’s Dvtch Norris, dont la voix soul est particulièrement solide, ainsi que Darrell Cole, pour mettre le feu aux planches. Il y en aura même un troisième, pour un titre, au cours du spectacle…

C’est « Same Waters » qui l’ouvre, alors que l’espace scénique baigne dans la couleur bleue. Darrell Cole apparaît, micro en main, pour accueillir la princesse Coely. Elle a enfilé un jeans seyant, est chaussée de rangers de teinte noire et a recouvert le tout d’un long imperméable gris (NDR : comme le temps en Belgique). Ses dreads sont ramenés en deux chignons (NDR : pas trois comme sur la photo !) Outre les Mc’s qui participent circonstanciellement au show, elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux platines et aux machines ; ce dernier s’est planté à l’arrière.

Lorsque les deux Mc’s se produisent au même moment, ils dansent en parfaite synchro. Le flow est continu, efficace et dynamique. Coely demande au public de lever les mains. Il s’exécute instantanément. Le light show est passé au blanc et au rouge pour « Different Waters ». Tapissée par l’harmonium, cette compo se distingue par les claquements de la basse et le déchaînement du drummer sur ses fûts. On est proche du tsunami sonore, mais la princesse calme le jeu de sa voix soul, empreinte d’émotion. Néo soul ou r&b contemporain (NDR : les avis divergent !), « My Tomorrow » incite irrésistiblement à remuer l’arrière-train. Coely invite la foule à applaudir. Réaction immédiate. Les ‘boom, boom, ratata’ fusent aux quatre coins de la salle. Autre morceau soul, mais plus paisible, « Can’t get away » permet à tout le monde de reprendre son souffle. Mais la pause est de courte durée, car Coely vide littéralement ses tripes tout au long de « On My Own », un autre r&b. Elle y étale toute sa puissance vocale. Percutant, « Hush » agrège rap et dancehall. Et « Magic Carpet » clôt le set.

En rappel, « Wake Up Call » est interprété en mode ‘Old School’. Fruité et rafraîchissant ! Et le concert de s’achever par « The Rise » et « Celebrate », deux raps carrément incendiaires. Votre serviteur est rentré chez lui, la banane aux lèvres. Ce soir la prestation de Coely était tout bonnement tropicale…

(Organisation : De Casino)

Machine Head

Il n’est pas rare que la démo soit meilleure que la version finale…

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2017 arrive presque à son terme que l’année suivante se profile déjà. Et elle sera importante. Mais également intéressante. Métalliquement parlant. Et pour cause, Machine Head s’apprête, le 26 janvier prochain, à publier son neuvième opus studio, « Catharsis ». A quoi dès lors s’attendre ? Que nous a réservé la bande à Robb Flynn ? Afin de tenter d’y voir plus clair, rien de tel que de s’informer auprès du Général en personne. Comme d’habitude, ce fort en gueule ne va pas mettre de filtre.

En tournée dans toute l’Europe, afin de tailler le bout de gras auprès de la presse, Robb Flynn a largué ses amarres en Belgique, le temps d’une journée, dans une chambre du prestigieux hôtel bruxellois Radisson Blu. Son homme de confiance m’ouvre la porte et m’invite à m’asseoir. Robb apparaît dans la pièce, prend place dans un canapé à mes côtés, et entame un copieux hamburger posé devant lui. ‘Ne t’inquiète pas, je mange vite’ me confie-t-il en continuant à fixer son pain double étage. Il finit par déposer son plateau à l’arrière de la chambre et se frotte la bouche d’un revers de la main. L’entrevue peut commencer.

Les premiers mots que tu prononces sur ce nouvel elpee, ‘Fuck the World’, reflètent-ils l’état d’esprit dans lequel tu étais plongé lorsque « Catharsis » a été composé ?

Robb Flynn : (il rigole) Je ne sais pas s’ils reflètent l’état d’esprit dans lequel j’étais tout au long des sessions d’enregistrement, mais bien lors du morceau d’ouverture ! Cette chanson a été en effet écrite et enregistrée le jour de ces atrocités commises à Charlottesville (NDR : le samedi 12 août), cette fameuse date marquée par ces fêlés de la suprématie blanche. Je me souviens… je me suis senti vraiment bizarre en regardant les événements relatés à la TV. C’était juste dingue : voir cette voiture débouler dans la foule et tuer cette fille… Horrible ! Je pense que j’ai écrit ce morceau dans les vingt minutes qui ont suivi le drame. Il s’agit donc là d’une interprétation très brutale et à chaud de mon ressenti par rapport à ce qui s’est produit. Tout ce que j’ai pu y éprouver s’y retrouve.

Le titre de l’album m’interpelle : doit-on y voir ta propre catharsis via ce nouvel LP ou une forme de catharsis offerte à celles et ceux qui vous écouteront ?

Je pense qu’il s’agit un peu des deux… En ce qui me concerne, cet album –mais la musique en général– est très cathartique pour moi. J’avais seize ans quand j’ai commencé à assister aux concerts de Thrash Metal… Je me souviens encore de ce jour où j’ai vu Metallica en ouverture de Raven, devant 250 personnes. C’était mon moment Beatles à moi ! A partir de ce jour-là, j’ai empoigné une guitare et j’ai tout de suite pris conscience que la musique pouvait revêtir ce pouvoir cathartique. C’est ce que j’évoque notamment au cours d’un des morceaux : ‘la seule chose qui me maintienne sain d’esprit / la musique dans mes veines /et si ces mots sont mes poings / peux-tu ressentir ma catharsis ?’ En prenant un peu de recul, je pense qu’il s’agit vraiment d’un album très éclectique : il est d’un côté très sérieux par son approche critique, humaine et politique de la société. Mais d’un autre côté, c’est aussi un appel à la fête. ‘Fuck the World !’ On y passe souvent de la dépression à la joie, en retrouvant tout un panel d’émotions entre les deux. La catharsis est un nettoyage, elle permet de faire table rase de beaucoup de choses. C’est exactement ce qui se produit dans cet album.

C’est également votre opus le plus long : quinze morceaux pour un peu plus d’une heure et quart !

En effet ! Quinze morceaux, c’est quasi le Seigneur des Anneaux (il rigole) ! Pas mal de monde m’a demandé pourquoi je m’entêtais à réaliser des disques aussi longs alors qu’aujourd’hui, on était davantage dans l’ère du single… ?  C’est vrai, il n’y a peut-être que trois morceaux qui en ressortiront vraiment et la plupart des gens ignoreront probablement le reste. Et tu sais quoi ? Ce n’est absolument pas un problème et c’est ainsi ! Je ne vais de toute façon pas changer la façon dont les gens consomment aujourd’hui la musique… C’est notre neuvième LP, j’ai cinquante balais et je le fais comme je le sens. D’ailleurs, je le considère un peu comme un film : une collection de quinze morceaux interconnectés entre eux, qui deviennent une œuvre d’art quand tu prends la peine de l’appréhender dans sa globalité. Tu préfères n’écouter qu’une partie ? Comme tu le sens ! Mais si tu veux gratter un peu plus, comprendre le contenu plus en détail, écoute alors l’ensemble et tu verras…

J’ai aussi l’impression que plus les années passent, moins tu te soucies de ce qu’on peut penser de ton groupe et/ou de toi. Un constat qu’on retrouve dans ce choix audacieux pour votre prochaine tournée, réservant uniquement des dates ‘an evening with…’ Peux-tu nous éclairer un peu plus à ce sujet ?

L’idée remonte à 2012, une année au cours de laquelle on s’est produit dans presque tous les festivals de la terre (il rigole). Et… ça m’a vraiment fait chier. Je n’ai pas du tout aimé. Absolument aucune connexion entre le groupe et l’auditoire. Une vraie perte de temps. Ce n’était ni productif, ni bénéfique, autant pour nous que pour nos fans. On s’est mis alors autour d’une table, on en a discuté et on en a conclu qu’on fonctionnait ainsi depuis vingt-cinq ans, mais que ce n’était pas pour autant la panacée. A-t-on vendu plus de disques ? Non ! A-t-on touché davantage de monde ? Non, au contraire, on était de moins en moins en contact avec notre public ! On a donc pris une décision, celle de mettre un terme aux festivals et de laisser la place aux ‘evening with’ où on jouera entre 2h30 et 3h par soir. Point ! Je suis conscient que cette résolution peut paraître un peu insensée à premier abord, parce qu’on rencontre un certain succès… mais c’est comme ça ! Et oui, on gagnera en effet moins d’argent, parce que les festivals paient les plus gros cachets. Mais tu sais quoi ? Ces ‘evenings with’ sont vraiment plus gratifiantes car on y ressent un lien super fort avec notre audience. Et puis, c’est aussi une manière de remotiver nos fans ! Vous voulez assister à un set de Machine Head ? Rien ne sert de vous rendre dans tel ou tel festival où on ne jouera quand même que quarante-cinq minutes. Mais venez par contre nous voir en salle et vous ne serez pas déçu·e·s ! C’est un peu comme Bruce Springsteen, il n’y pas tout le temps cinq groupes qui ouvrent pour lui. C’est Bruce Springsteen, point ! Comme pour AC/DC ou les Foo Fighters ! Il existe une ancienne tradition dans l’univers du métal qui consiste à proposer des packages de groupes par tournée ou encore des affiches sur lesquelles figurent des dizaines de formations… C’est peut-être bien pour certains bands, mais plus pour nous.

Mais ces premières parties, n’est-ce pas une opportunité accordée à de plus petits combos de se faire connaître ?

(il sourit en coin) … allez, soyons honnêtes, la foule ne se déplace jamais pour les petits groupes, mais bien pour les têtes d’affiche ! Et tu sais, je n’ai rien contre les promoteurs de festival… c’est juste que pour nous, ce système ne fonctionne plus. Mais je pense qu’il demeure, par contre, très intéressant pour de plus petites formations, où elles gagnent là à être connues.

Lors d’une précédente interview accordée au magazine anglais Metal Hammer, en novembre 2014, le journaliste affirmait que Machine Head était finalement et uniquement le groupe de Robb Flynn. Partages-tu son point de vue ?

(il sourit et s’enfonce dans son fauteuil)… je sais que ma réponse peut paraître arrogante, mais oui, c’est le cas. C’est mon groupe. J’ai trouvé le nom. J’en ai dessiné le logo et je suis le seul qui fasse partie du line up originel… Donc, ouais, c’est le mien ! Et je n’ai pas honte d’en être fier ! Il y a vingt-cinq ans que je me casse aussi le cul pour ça. Mais bon… Dave (NDR : McClain, le batteur) milite au sein du line up depuis maintenant 22 ans. Phil (NDR : Demmel, le guitariste), depuis 14 ans. Il y a un bail que ces gars et moi jouons de la musique… et c’est très important pour nous de former un véritable collectif, dans le sens où on bosse tous ensemble. Tu sais, Machine Head, c’est un peu comme une bagnole : je l’ai achetée moi-même mais on a mis ensemble de nouveaux pneus et on a refait la peinture. Mais au final, c’est vrai qu’il n’y a qu’un volant et que je suis le gars qui est derrière.

En 2007, Machine Head publiait « The Blackening » et rencontre alors son plus gros succès à ce jour. Penses-tu avoir atteint ton ‘golden age’, il y a maintenant dix ans ?

Je ne pense pas avoir atteint un quelconque ‘golden age’, du moins je ne pense pas en ces termes là… C’est sûr que grâce à ce disque, on a vécu des moments de dingue. C’était un peu comme sur des montages russes, notre parcours partait dans tous les sens et à une vitesse folle. Mais je reste quelqu’un de frustré, j’ai et j’aurai toujours quelque chose à dire. Je veux donc toujours aller plus loin. D’autant plus que dans l’univers du Metal, je ne me sens pas toujours respecté. Et je voudrais changer la donne ! On n’est jamais nominé pour des ‘Grammy Awards’, par exemple ! Aucune section n’est consacrée au Metal ! On est à des années lumières de recevoir une invitation pour ce genre de cérémonie. Et pourquoi ? On écrit pourtant des chansons. On joue sur nos propres instruments. On n’arrête pas de se produire en concert. Etc. Notre style musical est moins bien que les autres ? Je pense que comme musicien qui pratique du Metal, il est nécessaire de changer son fusil d’épaule et tout faire pour toucher davantage de monde, en intéresser de plus en plus et ne pas sans cesse rester cachés dans l’underground.

… tu n’appartiens donc pas à cette catégorie d’artistes qui voient le streaming musical d’un mauvais œil ?

Alors là pas du tout, j’adore ça ! Le streaming a changé ma façon d’écouter et d’apprécier la musique ! Je passe ma vie à parcourir le monde, je ne vais quand même pas sans cesse me balader avec une valise pleine de cd ! Même mon ordinateur portable n’a plus d’entrée pour les cd, c’est dire… Tout est à présent dans mon téléphone et je dois avouer que je suis devenu un accro à Spotify. Toute l’histoire de la musique est ainsi à portée de main. Tu aimes les Misfits ? Tape le nom du groupe et tu tomberas sur 20 singles différents, des faces B, des morceaux rares, des titres live, etc. Putain, mais c’est génial quand même ! Je n’ai plus aucune utilité de me rendre au disquaire du coin, qui n’aura de toute façon pas ce que je cherche… Grâce au streaming, tu peux aussi voir ce que les gens aiment actuellement, les morceaux les plus écoutés, etc. Il faut s’y faire : on est devenu une société à la demande. Tu en connais encore beaucoup toi des gars qui vont louer des DVD ? (rires).

Revenons à votre nouvel album : lors du processus d’écriture, penses-tu déjà à l’impact que pourrait provoquer un morceau lors de son interprétation en live ? Je pense notamment à « Kaleidoscope », qui semble être taillé pour la scène !

... bonne question. Je n’en ai vraiment aucune idée. Tu sais j’écris et j’enregistre les chansons comme elles me viennent et je ne pense pas vraiment à sa transposition sur les planches. Mais c’est marrant que tu évoques ce titre car la façon dont on l’a enregistré, et tout l’album d’ailleurs, était vraiment neuf pour nous. Comme d’habitude, on a répété près du studio d’enregistrement, là où on avait notamment mis en boîte « The Blackening ». Mais dès qu’on disposait de trois pistes, on filait au studio, on les enregistrait en une prise ou deux et puis on ressortait tout aussi vite. Pas question pour la circonstance de rester enfermés des semaines entières afin d’arranger telle ou telle partie de chanson pour qu’elle sonne idéalement. En se servant de ce système, on avait à peine joué les riffs quelques fois qu’ils étaient déjà dans la boite ! Ce qui insuffle aux compos une incroyable énergie. On ne les a pas répétés cent fois avant, on fonce et on y va ! Tu sais, particulièrement dans le Metal, il n’est pas rare –voire même fréquent– que la démo soit meilleure que la version finale, car elle conserve précisément cette énergie et cette spontanéité ! Et justement, pour « Kaleidoscope », c’était la toute première fois qu’on l’interprétait en entier, notamment au niveau des paroles. Je tenais ma feuille sur laquelle figurait les lyrics en main pendant que je les chantais et c’était à peine si je savais suivre ! Et rien à faire, ce côté spontané, on le ressent ! On a essayé ensuite de la réenregistrer mais les prises suivantes n’ont rien donné du tout. On perdait alors cette tension où tout pouvait déraper. Après… c’est toujours facile de tout lisser en se servant de logiciels tels que Cubase ou ProTools. J’adore pourtant ces logiciels, mais la perfection n’entre pas dans l’esprit du Metal. On a donc ici expressément voulu laisser quelques imperfections sur cet album.

… et puis,  le Metal n’a de toute façon jamais été quelque chose de parfait !

Tout à fait ! Et justement, c’est ce qui est génial : c’est un beau bordel. Mais il n’empêche pas notre nouvel essai de bénéficier d’une grosse production. On voulait qu’il soit imposant et épique. Et aussi cinématique ! C’est un film !

Peux-tu finalement réserver quelques mots l’artwork de Catharsis ?

Une fois qu’on est tous tombé d’accord sur le nom de l’album, on a imaginé différentes manières pour l’illustrer. Il s’agit d’un concept qui n’est pas si évident à mettre en images… Après quelques recherches sur Internet, j’ai découvert une photo représentant un corps recroquevillé en sang et entouré de roses. L’idée me semblait simplement géniale ! Je l’ai donc transmise aux autres membres du band. Ils ont tout de suite aimé ! J’ai demandé au gars qui avait réalisé cette photo, s’il pouvait nous en recréer une dans le même style. Mais… il m’a répondu que si je l’aimais, je pouvais la prendre et m’en servir ! On a donc ensuite réalisé avec lui un shooting dans le même esprit, afin de compléter l’artwork. On a envoyé le tout à Nuclear Blast et les responsables du label nous ont informé qu’ils allaient imprimer un livret de 24 pages ! Ce booklet me tient à cœur. Quand on l’ouvre, on ne tombe pas simplement sur les paroles. Ce n’était d’ailleurs pas mon souhait. Je veux qu’elles soient immergées dans notre monde et qu’on la fasse voyager !

Interview réalisée le 25 octobre à Bruxelles.

Merci à Jaap (Nuclear Blast) !

LANY

Un bel LANY mâle…

Écrit par

Il est 19 heures, et un fort contingent de jeunes midinettes peuple les couloirs du Botanique. Normal, ce soit, quatre beaux gosses se produisent à l’Orangerie ; en l’occurrence LANY (acronyme pour ‘Los Angeles New York’), une formation qui comptabilise des millions de vues sur Youtube depuis 2014. Les filles adulent Paul Klein, un chanteur particulièrement charismatique et séducteur. En outre, non seulement l’identité visuelle du band est impeccable, mais les hits sont super catchy. La voie du succès est donc toute tracée. Il est d’ailleurs exceptionnel qu’il se produise dans de petites salles. L’an dernier, il a ainsi été programmé lors de grands festivals, dont celui de Rock Werchter… 

Ritual sert de supporting act. Un trio londonien, dont le premier Ep, « The Fall », est paru en 2014, et qui a longtemps entretenu le mystère sur l’identité de ses membres, qui préféraient préserver leur anonymat. Ainsi, aucun nom, ni aucun visage n’a jamais été révélé. Ce qui n’a pas empêché le groupe de faire les gros titres du Billboard, The Fader et The Line of The Best Fit.  

Les trois musicos se servent de synthés. L’un se consacre à la gratte semi-acoustique ou électrique et le deuxième à la basse. Le troisième –c’est également le plus grand– se réserve le chant. Bien que de couleur blanche, il possède une voix soul très black. Des vocaux enrichis par de multiples harmonies féminines et masculines, dispensées par des samples. L’expression sonore baigne au sein d’un climat post-dubstep, c’est-à-dire quelque part entre hip-hop ambiant, funk, folk et r&b. Les lyrics sont à la fois sensuels et tranchants. Les arrangements musicaux sont soignés et l’excellent feeling du préposé au micro favorise une belle interaction entre la foule et le combo. Un set cependant trop court pour se faire une idée exacte du potentiel de Ritual.  

Place ensuite à LANY. Trois estrades ont été dressées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer. Du milieu, au pianiste. Et de droite, au guitariste. Ces deux derniers se consacrent cependant, d’abord, aux synthés. Derrière-elles on remarque autant de toiles immenses, tendues, sur lesquelles seront projetés vidéos et effets lumineux. Paul Klein occupe tout l’espace scénique. Il déambule, ondule, bondit et harangue la foule. Une véritable bête de scène (NDR : un bel Lany mâle ?) ! Il joue de la gratte électrique, du piano (NDR : un droit !) ou des claviers, parfois debout sur son siège. Il se prend même pour un équilibriste en grimpant sur la grosse caisse du drummer. A souligner : le son est parfait !

Lorsque des filles balancent des roses rouges et blanches sur les planches, Paul les renvoie généreusement dans la fosse. Sucré, « Pink Skies » provoque des gémissements au sein du public féminin. Paul a le don de l’apprivoiser. L’intensité monte au fil du set. L’euphorie de l’auditoire également. Lors des compos les plus paisibles, Paul siège derrière ses ivoires. A l’instar de « Walk Away », « 4 Ever ! », « Quit » et « Someone Else ». Un moment de pause avant que le show ne reprenne son cours normal ; c’est-à-dire endiablé. Tout au long de « The Breakup » le light show inonde la foule de ses couleurs. Enfin, pour clore le show, Paul revient derrière son piano pour interpréter un medley de covers signées Harry Styles, « Pancakes/Sign of the Times /Current Location ».

Et le rappel de s’achever par l’incendiaire « ILYSB », une compo qui les a fait connaître. A revoir lors des festivals d’été !

(Organisation : Botanique)

Spinning Coin

Permo

Écrit par

Spinning Coin est un quintet issu de Glasgow. Et « Permo » constitue son premier elpee. Un disque paru sur le label des Pastels, Geographic. Ce qui explique sans doute pourquoi Katrina Mitchell, la chanteuse du groupe de Stephen McRobbie, a posé sa voix sur un titre de l’opus, mais également qu’Edwyn Collins l’a coproduit. Tour à tour mélancoliques ou tranchants, les morceaux de cet elpee lorgnent d’ailleurs régulièrement vers Orange Juice, Wedding Present et bien sûr les Pastels. Les mélodies sont faussement joyeuses et pas toujours faciles à appréhender. D’ailleurs, il faut souvent plusieurs écoutes avant de commencer à les apprécier. Spinning Coin est drivé par deux auteurs-compositeurs, Jack Mellin et Sean Armstrong. Le premier propose des compos plus post punk, sauvages, urgentes et bancales, l’autre, anti-pop, davantage mélancoliques, visionnaires et rafraîchissantes, ce qui ne l’empêche pas de parfois virer circonstanciellement dans le chaos organisé. La voix de Sean est tendre et chancelante, alors que celle de Jack libère davantage de punch. Cependant les deux leaders parviennent à être complémentaires, ce qui n’est pas nécessaire évident ni risqué, surtout quand on sait que cette situation conduit souvent à des conflits entre les têtes pensantes. Et au split du band ! Bref, c’est un véritable régal d’entendre ces cordes de gratte sinueuses, bringuebalantes, savoureusement discordantes, cette ligne de basse aventureuse, ces drums spasmodiques, et ces mélodies sous-jacentes, sans oublier ces harmonies vocales tour à tour limpides ou capricieuses. Et ce qui ne gâte rien, les lyrics tiennent la route, traitant notamment des inégalités qui rongent la société contemporaine.

 

Un chouette album !

 

Anoïa

Un autre hiver

Écrit par

Suivant la bio, Anoïa est un mot grec ancien qui décrit l’incapacité de percevoir et de comprendre le monde. C’est également le patronyme d’un trio belge fondé en 2013. Ses influences majeures ? Le grunge et le rock frenchy. Le grunge, lorsque les grattes se révèlent particulièrement marécageuses et que la voix de Laurent devient de plus en plus lancinante. Le rock frenchy, car les textes sont interprétés dans la langue de Molière, mais aussi parce que l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Luke, Noir Désir et Ason Villa (NDR : devenu depuis Astonvilla), l’amplitude vocale de Laurent empruntant même des inflexions à Bertrand Cantat ou Fred Franchitti, selon les plages, alors que lorsque les grattes adoptent un profil bien métallique, on ne peut s’empêcher de penser à la bande à Thomas Boulard. Découpé en 10 plages, « Un autre hiver » constitue le premier opus d’Anoïa, un disque qui a été mixé par Roland Degreef (Machiavel). Le combo jouit d’une excellente réputation sur les planches, mais il devra se forger une identité propre et digérer toutes ses influences, s’il souhaite devenir une valeur sûre du rock noir-jaune-rouge (qui a dit bleu-blanc-rouge ?)

 

Immigrant

Wounded Healer

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Depuis le split acté en 2001, Royal Trux, l’un des duo les plus rock’n’roll de ces dernières décennies, était resté plutôt discret. Après avoir quitté Washington D.C pour Los Angeles, Jennifer Herrema a monté RTX, rebaptisé par la suite Black Bananas, mais s’est également lancée dans des domaines plus lucratifs, dont une ligne de jeans et la création de bijoux. De son côté, Neil Hagerty a poursuivi sa carrière chez The Howling Hex.

En 2015 les anciens comparses se sont retrouvés pour accorder quelques concerts. Ce qui a sans doute poussé le tandem à publier un album ‘live’. Deux ans plus tard, Hagerty et Herrema décident de sélectionner 12 titres représentatifs de leur parcours (NDR : jalonné d’une dizaine d’elpees, gravés entre 1987 et 2001) et de les interpréter, sans aucune répétition, lors de deux shows, l’un à New York et l’autre à Los Angeles. Intitulé « Platinum Tips and Ice Cream », cet opus résume donc ces événements, en douze pistes. Soutenu par un drummer et un bassiste, le tandem nous y réserve un rock/garage brut de décoffrage. Et rien n’a été n’a été planifié pour en faciliter la digestion. Le duo ne semble pas s’être assagi et continue à entretenir son mythe créé sur les excès du passé. Difficile de comprendre, au-delà de l’intérêt financier que l’on imagine, celui que revêt cette production…

 

Jason Loewenstein

Spooky Action

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Jason Loewenstein, ce nom ne vous dit rien ? Mais si, il a sévi au sein de plusieurs groupes, dont The Fiery Furnaces et Sebadoh ; au sein de ce dernier, il y militait déjà en 1989 et a rejoint le trio, lors de sa reformation, en 2007.

« Spooky Action » constitue seulement son second LP solo. Son premier, « At Sixes and Sevens », était paru en 2002 ! Si vous souhaitez vous faire une idée plus ou moins précise de son style, imaginez un Dinosaur Jr. sous speed. Car sa musique flaire bon les nineties, ses grattes bavardes et saturées, une certaine indolence rebelle, un esprit grunge de circonstance et une ‘coolitude’ naturelle…

Mais quel plaisir de se coltiner les 13 morceaux de ce « Spooky Action » ! Les compos baignent dans un rock bien poisseux, à l’instar de « Machinery » et « Correction ». En outre, l’expression sonore puise également des références dans le métal et la country, un peu comme chez Pearl Jam au sommet de son art ! Que du bonheur pour les fans des groupes précités et un excellent cadeau de Noël.

 

Ojos Rojos

Sons of love and death (Ep)

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Ep 5 titres (NDR : un peu plus de 25 minutes quand même) pour ce quartet californien, issu de Claremont, très exactement. Un disque qui fait suite à deux albums, « 13 », paru en 2007 et « Disappear », en 2010.

Ojos Rojos pratique une forme de shoegaze qui doit autant à Ride, My Bloody Valentine que Dead Meadow. Et les 26 minutes de « Sons of love and death » ne dérogent pas à la règle. Les sonorités de guitares sont lysergiques, torturées, saturées, grinçantes, chargées de feedback ou de fuzz… Les voix éthérées, languissantes, la basse, circonstanciellement hypnotique et les drums, offensifs. « Say goodbye » se distingue par sa jolie accroche mélodique alors que la trame du titre final, « So free », adopte un profil hypnotique. A conseiller vivement aux nostalgiques du style ! Manque plus que la fumée pour choper les yeux rouges…

 

Royal Trux

Live - Platinum Tips + Ice cream

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Depuis le split acté en 2001, Royal Trux, l’un des duo les plus rock’n’roll de ces dernières décennies, était resté plutôt discret. Après avoir quitté Washington D.C pour Los Angeles, Jennifer Herrema a monté RTX, rebaptisé par la suite Black Bananas, mais s’est également lancée dans des domaines plus lucratifs, dont une ligne de jeans et la création de bijoux. De son côté, Neil Hagerty a poursuivi sa carrière chez The Howling Hex.

En 2015 les anciens comparses se sont retrouvés pour accorder quelques concerts. Ce qui a sans doute poussé le tandem à publier un album ‘live’. Deux ans plus tard, Hagerty et Herrema décident de sélectionner 12 titres représentatifs de leur parcours (NDR : jalonné d’une dizaine d’elpees, gravés entre 1987 et 2001) et de les interpréter, sans aucune répétition, lors de deux shows, l’un à New York et l’autre à Los Angeles. Intitulé « Platinum Tips and Ice Cream », cet opus résume donc ces événements, en douze pistes. Soutenu par un drummer et un bassiste, le tandem nous y réserve un rock/garage brut de décoffrage. Et rien n’a été n’a été planifié pour en faciliter la digestion. Le duo ne semble pas s’être assagi et continue à entretenir son mythe créé sur les excès du passé. Difficile de comprendre, au-delà de l’intérêt financier que l’on imagine, celui que revêt cette production…

 

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