L’appel à débrancher des Burning Heads

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Biohazard 8/8/26

Cercle Metal 2018 : samedi 6 janvier 2018

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Située à Chapelle-Lez-Herlaimont, Le Cercle est une salle dont la gestion a été reprise par l’ASBL Hell&M Prod, en septembre dernier. Et quand une équipe est aussi motivée en Wallifornie, il ne faut pas hésiter à la féliciter. C’est si rare aujourd’hui. D’ailleurs, organiser un festival metal réunissant 10 groupes, est une belle preuve d’audace. Les formations vont se relayer sur deux podiums différents. L’endroit est sympa, le son est bon et plus de 250 personnes se sont déplacées pour assister à cet événement, dont les têtes d’affiche sont des vieux de la vieille, Tagada Jones et Drakkar, mais qui ont encore bon pied bon œil. Le reste sera partagé entre découvertes, dans des styles –métalliques quand même– différents.  

Votre serviteur débarque pendant la prestation d’Octane, sur le podium ‘Club’. Fondé en 2012, ce quatuor est issu de Laval en Mayenne. Aujourd’hui, le line up implique la jolie Morgane au micro, Laurent à la basse, Alexandre (NDR : chef d’entreprise le jour et rockeur le soir) à la gratte et au chant ainsi que Fabien aux drums. Le groupe reconnaît pour influences majeures Foo Fighters, Alter Bridge, Stone Sour et AC/DC. La voix d’Alexandre est burnée, celle de Morgane, claire, mélodieuse et haut perchée, un peu comme Lzzy Hale d’Halestorm. En outre, elle déménage sur l’estrade. De la setlist, on épinglera l’excellent « Religion », compo au cours de laquelle les deux voix brillent par leur complémentarité, le drumming est métronomique et la gratte, particulièrement sauvage. Et puis surtout « Bullshit ». On a l’impression qu’il y a des échanges entre deux six cordes, mais en fait, c’est Laurent qui joue alors de la basse comme sur une guitare. Et le show de s’achever par le lumineux (?!?!?) « I Saw The Light ».

Ithilien se prépare à grimper sur la grande scène. Se consacrant au chant, à la guitare solo et au bouzouki, Pierre Ithilien en est, bien évidemment, le leader. Il est soutenu par Tuur (gratte rythmique), Ben (basse), Myrna (violon), Davy (flûte), Jerry (drums), Hugo (cornemuse) et Sabrina (vielle à roue, nykelharpa). Cet octuor pratique le folkcore. Soit du folk à la sauce métallique. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus « Shapin The Soul », paru en février 2017. Le set s’ouvre par le titre qui entame l’opus, « Blindfolded ». La voix de Pierre est gutturale, mais mélodique. Les instruments traditionnels apportent une coloration particulière à l’expression sonore. Parfois même, ils prennent littéralement leur envol. La section rythmique est particulièrement efficace. « Lies After Lies » monte en crescendo, ce qui permet aux différents instruments de s’emballer et même d’entretenir un climat conflictuel. « The Dive » est d’abord dominé par la cornemuse, avant que le calme ne cède le relais à la tempête. Instrumental frémissant, « Danse de L’Ours » baigne dans le punk/rock celtique. Ithilien se produira dans le cadre du festival Propulse, ce 2 février au Botanique, et le 6 avril, dans celui du Durbuy Rock. 

Cathubodua –qui signifie ‘corneille de bataille’– est le nom d’une déesse guerrière celte. C’est également le patronyme choisi par un sextuor issu du Nord de la Belgique, impliquant une chanteuse, une violoniste, deux guitaristes, un batteur et un bassiste. A son actif, un Ep gravé en 2016, « Opus I : Dawn ». A l’instar d’Epica, la formation pratique du metal symphonique et épique. Le plus souvent, c’est le violon qui domine l’ensemble de l’instrumentation. La vocaliste a du coffre, mais son chant est mélodieux. En cours de set, cette dernière agite deux ailes, tel un oiseau, et en profite pour se ventiler la tête. Et en même temps, celles des spectateurs agglutinés aux premiers rangs. Jolie chorégraphie, par ailleurs… 

Originaire de Tunisie, Carthagods grimpe sur la main stage. Né en 1997, il réunit le chanteur Medhi Khéma, le bassiste Yessine Belghitith, le drummer Mohamed Ben Hadidia ainsi que les gratteurs Tarak Ben Sassi et le Batave Marcel Coenen (NDR : il a milité chez Sun Caged et Stormrider et c’est également le producteur du band). C’est la première fois que le quintet se produit en Belgique. Eponyme, son premier LP est paru en 2015. Lors du soundcheck, on est convaincu que le combo va envoyer du lourd. Pas étonnant que son metal old school puise ses racines chez Saxon, Iron Maiden, Def Leppard et encore Judas Priest. Les deux guitaristes sont complémentaires, la section rythmique est efficace, la voix est démoniaque, mais c’est la basse –qui compte six cordes !– qui trace la ligne de conduite. Tout au long de « A Last Sight », le combo affiche toute sa maîtrise technique. Il nous réserve une reprise nerveuse et longue de 6’ de « I Am A Viking », une compo signée par le ‘guitar héro’ suédois, Yngwie Malmsteen. Bien heavy rock, « Memorie Of Neverending Pain » clôt la prestation de ces metalleux pur jus…

Retour sur la petite scène pour accueillir Baraka, des ‘barakis’ particulièrement poilants et festifs. Issus de Braine-l’Alleud, ils viennent sans doute d’inventer le frit-bier-core. Et de la bière, ils en consomment ! Déguisés, ils pratiquent un cocktail de death-hard-punk-black-metal aussi sauvage que délirant. Déjantées, les grattes dépotent et les beuglements sont gutturaux. Les textes ? Ils ne veulent pas dire grand-chose et sont à prendre au troisième degré. Même le Grand Jojo est passé à la moulinette. Ces noceurs ont la patate et sont peut-être les cousins du combo hexagonal, Ultra Vomit. Car finalement, malgré l’exiguïté de la fosse, la mayonnaise prend et la réaction du public est enthousiaste… On assiste même à la formation de ‘circle pits’ ! Après un tel boxon, il est temps de prendre un bol d’air…  

D’autant plus que c’est Drakkar, le plus ancien groupe wallon de métal, qui embraie sur le podium principal. Son speed métal est technique et mélodique. Les papys n’ont rien perdu de leur dynamisme. Le son est excellent. Le chanteur occupe tout l’espace scénique. Bref, le set est excellent, mais comme le groupe n’a rien à proposer de neuf et que votre serviteur a déjà assisté, à leurs prestations, de nombreuses fois, il en profite pour se restaurer et s’oxygéner…

Le set de Tagada Jones va débuter avec une demi-heure de retard, suite à quelques soucis pratiques. Lorsque le concert débute, il y a du monde dans la fosse. Depuis la parution du dernier long playing, « La Peste Et Le Cholera », le combo rennais n’a pas composé de nouvelles chansons. Parabellum, Les Sheriff, The Exploited, The Ramones, Bad Religion, Suicidal Tendencies et Bérurier Noir constituent ses influences majeures. Au fil du temps, la musique du groupe breton a évoluée, avant d’émarger tout simplement au punk rock. Sérieusement engagés, les textes sont chantés dans la langue de Voltaire, d’une voix rageuse, par Niko.

En live, la musique de Tagada Jones est brute de décoffrage. Mais ce soir, il manque un des guitaristes. Ce qui finalement ne va pas nuire à la prestation, particulièrement rock’n’roll. Et ce malgré les petites touches discrètes, mais judicieuses d’électro. Les riffs de gratte sont racés et incisifs. Et si les pecus jouent un rôle essentiel, la ligne de basse lui sert de tremplin. « De l’amour et du sang » coulent dans leurs veines. Tout au long d’« Instinct Sauvage » et de « Zero De conduite », les cordes de gratte tagalopent. « La peste et le choléra », titre maître du dernier LP, est un des sommets du show. Au cours duquel l’interactivité entre le groupe et la foule est totale. « Je suis Démocratie » nous rappelle l’attentat dont a été victime la rédaction de Charlie Hebdo. Un concert de Tagada, c’est de l’énergie, de la sueur, de la testostérone, de la bonne humeur et une solide ambiance...

Le Cercle Metal festival est était sa première édition. Votre serviteur a passé une belle journée métallique. A l’année prochaine !

Tagada Jones + Drakkar + Carthagods + Ithilien + Trikhorn + Innerfire + Baraka + Cathubodua + Octane + Out The Monster

(Organisaton : ASBL Hell&M Prod)

Fischbach

Fischbach, c'est le côté sombre de Flora...

Au moment de clôturer cette année 2017, un bilan s'impose : Fishbach est 'la' révélation de ces derniers mois dans l’univers de la chanson française !

De son véritable nom Flora Fischbach, cette chanteuse est originaire de Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. A seulement 26 ans, elle fait déjà l'unanimité auprès de la critique et du public.

Sa musique est étrange et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et... Mylène Farmer. Un cocktail étonnant, voire détonnant ! Le premier album de l'artiste, « A Ta Merci », publié par le petit label Entreprise et distribué par Sony Music, révèle une flopée de titres jouissifs, au son très orienté années 80 et traversés par une obsession : la mort. Fishbach danse sur les tombes...

Après avoir accordé deux concerts à Bruxelles (au Nuits Botanique et au BSF) et trois en Wallonie (Namur, Liège et Arlon), Fishbach se produisait il y a peu à La Louvière, dans un théâtre communal fraîchement rénové. Nous avons pu rencontrer l'artiste dans les loges, avant le concert... 

Penchons nous, tout d'abord, sur l'influence exercée par la musique des années 80. D’où vient-elle ? De tes parents ?

Fishbach : Je crois que c'est surtout l'influence involontaire de la radio. Je suis née au début des années 90 et on y diffusait pas mal de musique des eighties, parce que ce style était encore assez récent. Mes parents n'écoutaient pas un artiste en particulier mais j'ai dû baigner là-dedans. Il y avait aussi les jeux vidéo et les génériques à la télévision, comme 'Les Mystérieuses Cités d'Or'. Ou 'L'inspecteur Gadget', par exemple. C'est un peu comme une madeleine de Proust pour moi, à cause des accords un peu funky, des synthés et de la production audacieuse. Quand j’ai commencé à créer de la musique à l’aide de mon ordinateur, ma tablette ou en me servant des synthés, elle parlait à mon coeur. Et lorsque je compose, ces sonorités résonnent et me font vibrer. Je n'ai pas cherché à singer quoi que ce soit, à m'inspirer des années 80 ou d'un artiste en particulier.

Si on devait citer quelques noms de cette époque-là, qui mentionnerais-tu ?

Là, en ce moment, j'écoute de tout, Toto Coelo, Queen –je suis une grande fan de Freddie Mercury–, les Sparks, Vladimir Cosma, ce genre de trucs. J'aime les musiques aventureuses en général et je crois qu’à cette époque, il y avait une audace, une recherche. Je n'essaie pas de la copier mais j'aime bien bidouiller des sons et créer des atmosphères très denses, voire même parfois 'too much'...

Lors d’une interview, tu avais cité Kas Product. Là, on baigne en plein dans la musique 'new-wave' ou 'wave'...

Oui, c'est un duo issu de Nancy...

Je crois d'ailleurs qu'il existe encore : il est de retour depuis 2005.

C'est vrai : je l’ai vu en concert, il y a quelques années. Au début, je partageais également un duo, en compagnie d’un ami...

Oui, un projet au nom bizarre : Most Agadn’t ?

Exact ! Un nom impossible à prononcer et à retenir (rires). C'était très audacieux aussi comme musique, un peu synthé-punk-metal. Mais je me sentais proche de Kas Product aussi parce que les musiciens sont issus de l'est de la France. Je suis originaire de Charleville-Mézières. On partage une vision commune, assez froide, revendicatrice, pas nécessairement sous un angle politique, mais plutôt dans les sentiments. Quelque chose de dur...

Un côté un peu 'punk', d'une certaine façon ?

Clairement. Je ne me suis jamais excusée d'être à ma place, sur scène, derrière un micro. Avoir la liberté de pouvoir interpréter des chansons, pour soi d'abord, se libérer de plein d'histoires ou s'amuser, et puis après, les proposer en live et les partager, c’est génial...

Te souviens-tu de ton premier flash musical quand tu étais jeune ?

La première chanson dont je me rappelle, je la cite souvent, c'est « Il est libre, Max » d'Hervé Christiani. Le souvenir du lieu et du moment est précis. Certaines comptines pour enfants sont gravées en mon for intérieur depuis ma tendre enfance. Elles appartiennent à mon ADN. J'aime beaucoup les mélodies faciles à retenir, qui s'accrochent et finissent par faire partie de toi.

Et au moment où tu composes, y penses-tu ? Ou plus exactement, voudrais-tu, peut-être, que tes chansons ressemblent à des comptines, faciles à retenir ? Ou alors est-ce carrément un jaillissement, un phénomène d'incontrôlé...

J'y pense sans y penser. Cette nostalgie se réfère à des odeurs, des bruits, des sons, qui évoquent un sentiment confortable, peut-être. De rassurant. Ou alors, au contraire, de dramatique, de tragique… Le choix des sons s’opère à ce moment-là et je me laisse emporter par ce qui me traverse...

En général, tu travailles sur ordinateur ?

Oui, c'est l'outil parfait. Je peux, toute seule, réaliser des productions globales de mes chansons, et y ajouter des arrangements. Créer des maquettes dont la couleur est déjà bien définie. C'est ce qui m'amuse. En me limitant à la guitare et ma voix, je ne pourrais pas aller au bout de ce que j'ai dans la tête. Je ne suis pas une très bonne musicienne, mais plutôt quelqu'un qui perçoit la chanson dans son ensemble...

L'habillage est-il très important pour toi ? Est-il destiné à la création d'atmosphères ?

C'est même plus qu'un habillage, c'est carrément tout un décor qui se pose grâce aux arrangements et aux choix précis et particuliers, même s'ils sont parfois discutables. En tout cas, cette exploration, au-delà de la pure composition des mélodies, m’amuse...

Des musiciens de ta génération m’ont avoué, lors d'interviews, que c’est utilisant les plug-ins et les banques de sons des ordis qu’ils ont découvert, par hasard, les sons des années 80, comme les synthés Roland Jupiter, etc. ; et simplement ils leur ont plu. Bref, ce n’était pas pour plagier une époque ou un artiste bien précis.

Tout à fait d’accord ! Evidemment il doit exister une trace dans l'inconscient, là où on garde nos souvenirs d'enfance. Mais en même temps, c'est dangereux, parce que l'ordinateur, c'est l'infini, l'éternité. La musique est immatérielle. Ce sont des ondes. Mais en se servant de l’ordinateur, elle devient encore plus immatérielle, comme un nuage sans fin...

Disposer de ce nombre infini d’alternatives doit être parfois paralysant, non ?

Non, parce que les filtres te correspondent et tu construis un univers qui te rassure, des bases...

Te limites-tu, par exemple, à certains sons, à certains plug-ins ou bien t'autorises tu à partir dans toutes les directions ? Parce qu'il existe quand même une cohérence dans ta musique, un son...

Ah oui, bien sûr ! Au départ, je me limite à certains sons. Je dispose d’un panel que j'utilise chaque fois de manière un peu différente. Et puis, en parallèle, quand mon objectif est précis, j’entreprends des recherches. Je m'autorise à m’égarer et d'ailleurs il faut se perdre un peu. Et de manière fortuite, tu peux tomber sur des trucs que tu n'aurais pas imaginés au départ.

Il me semble que l’autre face de ta personnalité musicale, c'est ce côté 'dark', un peu obscur, sombre, voire mystique. Donc, même question : comment cette sensibilité est-elle apparue dans tes créations ?

Je crois qu'on a tous une part d'ombre en nous et cette ombre peut se faufiler à travers la musique. C'est un exutoire aussi, comme le sport. Composer des chansons est thérapeutique. Ce n'est pas plus compliqué que ça. On a tous nos soucis, nos drames et nos rêves... J'ai remarqué, par exemple, que ceux qui font du 'metal', une musique brutale et pleine de testostérone, sont en fait, dans la vie, extrêmement doux, bienveillants, galants, alors que ceux qui font de la pop gentille, endurent plein d'histoires à la Dallas ou rencontrent des problèmes avec leurs maisons de disque. Bref, ils accumulent les problèmes. David Lynch disait que son art, qui est assez 'deviant', assez 'chelou', lui permettait précisément d'être quelqu'un d'assez équilibré dans la vie réelle, justement parce qu'il déversait tout dans son art, que ce soit le cinéma, la musique, la photographie, etc. Perso, je déverse aussi dans mon art tout ce qui est sombre en moi. Fishbach, c'est le côté sombre de Flora.

Les aspects sombres que tu déverses, ils t’attirent également, non ?  

Mais bien, sûr, le côté obscur de la Force ! (rires) Non, je crois que cette vision se limite à ce que je viens de t'expliquer. Dans mon cas, ce n'est pas plus compliqué que ça.

Et si on parlait de tes projets ?

Là, c'est la fin de la tournée qui a traversé la France, la Belgique et la Suisse.

C'est la première fois que tu te produis dans cette région-ci ? (NDR : La Louvière)

Je suis déjà venue en Belgique à plusieurs reprises. Au Botanique et dans le cadre du BSF à Bruxelles, puis à Namur, Liège et aussi Arlon, dans une église...

Ah, dans une église ? J'ai raté l’événement !

J'aime beaucoup jouer dans les églises. Et plus, à Arlon, le prêtre nous a accueilli très chaleureusement, le son ainsi que les lumières étaient très chouettes et le public belge est très cool… Un très beau moment !

Mais donc, c'est la première fois que tu te produis dans cette partie de la Belgique. D'ailleurs, tu racontes dans tes interviews que, quand tu habitais près de la frontière, tu aimais bien sortir dans les boîtes en Belgique. On peut savoir où ?

Je ne m'en souviens plus vraiment. J'étais très jeune ! (rires) On allait parfois jusqu'à Anvers.

Pour terminer, pourrais-tu partager un coup de coeur avec nous ? Un groupe ou un artiste, actuel, que tu aimes vraiment ?

Un groupe français a développé un univers un peu fou. J’ai vu cette formation aux Transmusicales mais je la connaissais déjà auparavant. Elle s'appelle Le Groupe Obscur... Voilà, tu souhaitais un truc 'dark'... (rires) Les musiciens sont très jeunes. Ils sont issus de Rennes, portent des costumes complètement dingues et leur musique, c’est un peu du Kate Bush à la française...

Ouh là ! Très intéressant !

Leur univers est très années 80, très lyrique. Il y a des guitares et des batteries. Ils ont même inventé une langue qu’ils ont baptisé l'obscurien. Je te conseille leur titre « L'Oiseau de Feu ». Il faut les écouter, aller les voir en concert et les encourager parce que leur projet est très prometteur...

Merci, Flora !

Merci à toi !

Remerciements: Flora, ‘C'est Central – La Louvière’, Les Disques Entreprise, Sony Music Belgium, Valérie Dumont, Patrizia Merche et Laetitia Van Hove.

L'interview audio de Fishbach sera diffusée dans le cadre de l'émission WAVES. A suivre via Facebook ou Mixcloud.

Photo : Phil Blackmarquis

Sarah Walk

Little Black Book

Écrit par

Premier album pour Sarah Walk, une auteur/compositrice/interprète américaine dont la voix évoque, tour à tour, Joni Mitchell, Leslie Feist, Cat Power, Suzanne Vega ou Selah Sue. Tramées sur le piano, au jeu rythmique unique, les compos véhiculent des lyrics intimistes, mélancoliques, douloureux et introspectifs. Sur les 12 morceaux de « Little Black Book », 8 privilégient des ballades lentes ou mid tempo, parfois enrichies d’arrangements de cordes flamboyants. Mais les 4 autres sont bien plus intéressants. A l’instar de l’hymne angoissant « Can’t slow down », mais surtout du single « Wake me up », une plage aux couplets étranges et aux refrains explosifs. Explosifs comme le percutant « Bored to death » (Amanda Palmer ?), une piste caractérisée par sa basse pulsante, et puis le titre maître, une plage fiévreuse, aux envolées frénétiques. Dommage que tout le long playing ne soit pas de la trempe de ce dernier tiers…

 

Bully

Losing

Écrit par

Deuxième elpee pour Bully, formation drivée par Alicia Bognanno, ex-stagiaire chez Steve Albini. C’est d’ailleurs au studio Chicago Audio, qu’elle l’a enregistré. Très nineties, la musique du band puise ses sources chez les artistes indépendants qui ont marqué cette époque, comme Sonic Youth, Nirvana, Sebadoh, Pixies, mais surtout Breeders, Veruca Salt, L7, Sleater-Kinney et Hole, soit le fameux riot grrrl. Pas étonnant que les lyrics de plusieurs morceaux débattent de la condition féminine. Mais la plupart traitent de la séparation douloureuse entre Alicia et l’ex-drummer, Stuart Copeland (NDR : un homonyme du batteur de Police). Des textes qu’elle chante d’une voix frottée au papier de verre, mordante ou impétueuse, régulièrement overdubbée, alors qu’habilement discordantes, les cordes de gratte gémissent ou grincent… tout en cherchant constamment à préserver le fil mélodique… Les nostalgiques de la dernière décennie du XXème siècle devraient apprécier, mais l’ensemble de l’opus est quand même fort brouillon…

 

CousteauX

CousteauX

Écrit par

Douze longues années après la séparation de Cousteau, le principal auteur-compositeur Davey Ray Moor et le chanteur Liam McKahey ont décidé de remonter le groupe. En ajoutant un X au patronyme, signe censé symboliser un baiser et une cicatrice. Entre 2009 et 2015, le combo a publié deux albums, d’une musique que les médias ont décrite comme née d’un croisement entre celle de Burt Bacharach, Scott Walker et David Bowie circa « Lodger ». Issu de son opus éponyme, le single « The Last Good Day of the Year » figure dans la B.O. du film « Il se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », long métrage mettant en scène Charlotte Gainsbourg. Et ce titre rencontre un certain succès.

Découpé en 10 pistes, cet elpee est riche en instrumentation. Outre la structure basique basse/guitare/batterie, on y croise piano, cuivres, contrebasses, violons, violoncelles, marimbas, sans oublier les chœurs, une boîte à rythmes et les arrangements. Dans un style qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre The Apartments, Tindersticks et Divine Comedy, McKahey venant y poser son baryton expressif, sis entre feus Colin Vearncombe (Black) et David Bowie. Les ballades sentimentales mélancoliques sont légion. Parfois elles trempent dans le jazz/blues quand elles ne sont pas nightclubbiennes ou alors tramées dans la pop noire, décadente, baroque voire soul. Il y a bien le plus offensif et électrique « This red lines », mais le meilleur titre est incontestablement la valse lente « The innermost light », un morceau coécrit par Carl Barât (Libertines), dans un registre digne de la version du « I put a spell in you » d’Alan Price Set (NDR : pour rappel c’est une compo signée Screamin’ Jay Hawkins).

Bref, une œuvre qui ne manque pas de charme, mais qui souffre d’une trop grande uniformité dans le ton…

 

EMA

Exile in the outer ring

Écrit par

Avant d’entamer une carrière en solitaire, Erika M. Anderson a milité chez Amps for Christ et Gowns, groupe en compagnie duquel elle a enregistré « Little Sketches on Tape », en 2010. « Exile in the outer ring » constitue son troisième opus solo. Il fait suite à « Past Life Martyred Saints », paru en 2011 et de « The Future’s Void », gravé en 2014. Et avant de publier ce nouvel LP, elle avait réalisé la bande originale d’un film d’épouvante, c’est-à-dire en 2015.

Electro/folk expérimental, la musique d’EMA intègre régulièrement des éléments de drone et de noisy. Pour y parvenir, elle se sert d’une boîte à rythmes, de synthés, d’une guitare, d’une basse et sans doute d’autres machines notamment responsables de samplings. Son expression sonore est destinée à véhiculer des textes sociopolitiques particulièrement engagés mais sombres. Comme les problèmes rencontrés par la population urbaine aux States. Les titres sont suffisamment évocateurs : la berceuse « I wanna destroy », la ritournelle « Blood and chalk », l’hymne « Always bleeds » ainsi que les electro indus « Fire water Air LSD » et « 33 Nihilistic and female », deux pistes abordées dans l’esprit de Ministry, Nine Inch Nails voire Marilyn Manson. Des morceaux qu’Erika chante d’une voix légèrement acide, un peu à la manière de Siouxsie Sioux. Et pour résumer le tout, l’opus s’achève par un titre de circonstance : « When the darkness began », raconté en spoken word.

 

Alex G

Rocket

Écrit par

Alexandre Giannascoli, aka Alex G ou encore (Sandy) Alex G, s’est révélé grâce à sa participation aux albums de Frank Ocean ainsi qu’à la plate-forme Bandcamp. Et surtout lors de la publication de son sixième elpee (NDR : le premier qui n’a pas été autoproduit), « DSU », en 2014. Depuis, le natif de Philadelphie a été signé chez Domino et a gravé « Beach Music » en 2015 et enfin ce « Rocket », en mai dernier.

La musique de ce nouvel LP baigne au sein d’un style toujours résolument lo-fi et éclectique rappelant parfois Elliott Smith (« Proud »), et dans un esprit si cher au nineties (NDR : pensez à Pavement). 

Après, sans bien connaître le reste de l’œuvre de l’étrange G, l’ensemble semble à la première écoute parfois quelque peu bâclé ; et entre les nombreux instrumentaux de brève durée et les salves punkysantes sans grand intérêt (« Brick »), peu de véritables morceaux semblent sortir du lot. Mais, à force d’écouter ces plages, on finit par déceler quelques petites perles. Dont deux pistes plus country. Soit « Poison root », enrichi par des interventions de banjo, et « Bobby », à laquelle Emily Yacian à participé. Mais également l’americana « Powerful Man », le r&b déviant et autotuné « Sportstar, sans oublier les jazzyfiants « County » ainsi que « Guilty », au cours duquel s’invite le saxophone.

La solution sonore de « Rocket » est longue en bouche. Elle gagne en profondeur au fil du temps et son sens mélodique se dévoile tout aussi progressivement, laissant entrevoir une plume de très grand talent capable de livrer des compos à l’instrumentation riche et variée…

 

Joni Void

Selfless

Écrit par

Derrière le pseudonyme de Joni Voice se cache le Français Jean Cousin. Originaire de Lille, il s’est établi à Montréal, en 2012, pour y suivre des études de cinéma. Avant de sortir ce premier album, il a notamment publié quelques Eps sous le pseudo de Johnny Ripper. En peu de temps il est parvenu à se forger un nom dans la ville québecquoise, puisqu’il a eu la chance de pouvoir signer sur le prestigieux label Constellation (Godspeed You ! Black Emperor, Silver Mount Zion, Do Make Say Think, …)

Avant d’être compositeur, Jean Cousin est avant tout un bidouilleur hors pair. Sur ce premier opus, aucune ligne n’a été composée par le Français. La totalité des morceaux a été créée grâce à des samples que Joni Void sélectionne et colle bout à bout afin d’obtenir des pièces musicales originales d’une grande qualité.

« Selfless » est un album hétérogène qui, au-delà de la technique utilisée, présente des univers différents. Ainsi, si « Song Sienne », la plage qui ouvre l’elpee, trace des lignes de piano, « Doppler » lorgne vers l’électronica, mais dans l’esprit de Boards of Canada ; et alors que « Yung werther (ogun’s song) » adopte un profil hip hop, « Abjection » véhicule des accents indus, inspirés par Aphex Twin.

Même si l’opus est inégal, il faut reconnaître que l’artiste impressionne par sa technique ainsi que la force visuelle véhiculée par certains morceaux. On suivra donc avec intérêt, la suite de la carrière de Jean Cousin…

 

ASHES (France)

Something In The Air (Ep)

Écrit par

Clémence de la Taille a choisi comme patronyme musical ASHES. La Bordelaise milite également au sein du duo Calame, en compagnie de son frère Arthur. Cette auteur/interprète est également peintre et sculpteur sur métal. Son projet implique également Syan, aux claviers et machines, matos dont se sert également Clémence. Cependant, elle se réserve les vocaux.

Ténébreuse, son électro/pop laisse quand même filtrer quelques rayons de lumière. Ce qui lui permet de créer des paysages sonores atmosphériques et envoûtants.

Il est clair que Clémence recherche la légèreté dans la puissance, la lumière dans l'ombre et l'équilibre dans la violence.

« So Do I » est censé transporter le mélomane au sein d’un univers vaporeux ; mais après s’être immiscé subrepticement sans le creux de l’oreille, la voix de Clémence est rattrapée par les beats frénétiques…

« Something In The Air » n’est pas une reprise de Thunderclap Newman, mais une plage électro/pop sucrée/salée par la voix feutrée de la vocaliste (le clip est à découvrir ici)

Une voix qui lorgne plutôt vers celle de Sharleen Spiteri sur « Lady In Black », une compo tendre, plaisante et à la mélodie accrocheuse… 

Le titre maître est étrange, envoûtant même. Il pourrait même servir de B.O. pour un film d’épouvante. Le spectre de Mike Oldfield plane même. Faut dire que son titre, « Ashes », a peut-être brûlé en enfer…

Jo Wedin & Jean Felzine

Pique-Nique

Écrit par

Fondé en 2015, ce duo atypique réunit la Suédoise Joanna Wedin (NDR : non, non, elle n’est pas ministre dans le gouvernement belge, mais c’est une ex-membre de MAI) et le Français Jean Felzine, toujours impliqué chez Mustang. Les deux artistes partagent une même passion pour les belles voix et les compositions issues des 60’s ainsi que des 70’s. Yéyés ou pop ! Qu’elles soient issues de l’Hexagone ou de l’autre côté de l’Atlantique. En 2016, la paire avait gravé un premier Ep. Intitulé « Les Hommes (Ne Sont Plus Des Hommes) » il baignait dans la french pop underground.

Rétros, les compos du tandem se caractérisent par leurs refrains contagieux et le chant à deux voix.

Véhiculant des accents caribéens, « Les Hommes (Ne Sont Plus Des Hommes) » est sculpté dans un disco/funk empreint de nostalgie…

Slow crapuleusement langoureux, « Idiot » aurait pu figurer au répertoire de Françoise Hardy.

Tapissé par le Hammond, « After Laughter (Comes Tears) » est une reprise signée Wendy Rene. Un soul/blues rappelant que Wedin est une grande admiratrice de feu Otis Redding.

Guitares mélancoliques et ivoires lancinants plongent « Un Jour De Plus Un Jour De Moins » au sein d’un climat cinématographique. Et on pense ici tout particulièrement aux B.O. pour westerns spaghetti signés Ennio Morricone.

« Femme De Chambre » surfe sur des cordes de gratte menaçantes… des cordes surf, mais aux saveurs multiples qui envahissent « Le jeu »…

Glam/rock, « Ne Fume Jamais Au Lit » évoque et ne suscite pas l’ennui…

Corrosif, l’amour laisse des cicatrices. Sur le « Nez, Lèvres et Menton ». Besoin de chirurgie esthétique ? 

S’enfonçant aussi bien dans les sixties que les seventies, le délicieux « Pique-Nique » passe à la moulinette rocksteady, rockabilly, pop française et soul blanche.

Entre nostalgie et modernité…

 

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