L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

lundi, 21 mars 2016 16:43

The mean solar times

« The mean solar times » constitue déjà le cinquième elpee de Stay, une formation barcelonaise dont la musique devrait enchanter les nostalgiques de Ride, Kula Shaker ou encore The Stone Roses. Pas étonnant, lorsqu’on sait que lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours du guitariste Andy Bell (Ride, Hurricane # 1, Oasis, Beady Eye) pour trois titres (« Pinkman », « Smiling face », « Dirty alone ») et d’Owen Morris (The Verve, Oasis) à la mise en forme. Les cordes de guitares sont savoureusement tintinambulantes ou bringuebalantes ; il y a de l’orgue rogné (Farfisa, Rhodes), des harmonies vocales limpides, hymniques, sinusoïdales, beatlenesques et parfois même byrdsiennes (« Always here », « You know it’s right ») alimentant des mélodies hymniques. Sans oublier les interventions circonstancielles mais judicieuses d’un sitar qui donne à l’ensemble ce petit côté exotique bien en phase avec l’expression sonore.

Si à l’écoute de « All in your eyes » on ne peut s’empêcher de penser au « Magical Mystery Tour » des Beatles, le groove libéré tout au long de « Last time » ainsi que « Shake the sun » nous replonge dans l’univers du mouvement madchester qui a marqué la seconde moitié des eighties et la première moitié des nineties (NDR : pensez à The Stone Roses, of course)

Ce n’est pas nouveau, mais après avoir écouté un tel album, on peut continuer sa journée, le cœur léger…

lundi, 21 mars 2016 16:42

Mourn

Mourn est un jeune groupe catalan, fondé en 1996. Un quatuor dont la musique nerveuse, sauvage et énergique, aurait pu naître d’une rencontre entre celle de Throwing Muses, Bikini Kill, Sleater-Kinney, des Pixies et de PJ Harvey. Faut dire que le voix de Jazz Rodriguez Bueno doit autant à celle de Kristin Hersh que de Polly Jean. Elle chante d’ailleurs dans un anglais parfait ! Eponyme, le premier album de Mourn est découpé en 10 plages, dont la plupart ne dépassent pas les 2 minutes. Et l’opus va même à peine au-delà des vingt ! Manifestement, les musicos de Mourn doivent certainement avoir été biberonnés à la musique du début des nineties…

 

Hurricane # 1 s’est donc reformé en 2014, mais sans Andy Bell. Qui est quand même venu donner un coup de guitare sur un titre de cet elpee, « Think of the sunshine ». Un gage d’amitié pour Alex Lowe, victime d’un cancer, qui a composé les morceaux de l’album, alors qu’il suivait une chimiothérapie en milieu hospitalier. Parue en single, cette compo bénéficie d’un refrain particulièrement contagieux. Bref, en remontant le combo, c’était sans doute un acte davantage thérapeutique qu’artistique. Au sein du nouveau line up, figurent les frères Carlo et Lucas Mariani, respectivement gratteur et bassiste, ainsi que l’ex-Teenage FanClub, Chris Campbell, aux drums.

L’album recèle inévitablement des titres britpop, aux mélodies hymniques, sculptés dans des guitares épiques. A l’instar du titre d’ouverture, « Best is yet to come » ou du single (NDR : qui se termine même comme une jam). D’autres plus allègres. Comme « Crash », rogné de claviers ou « Where to begin », une piste bluesy caractérisée par des cordes grésillantes. Des compos sur lesquelles le timbre graveleux de Lowe manque quand même de justesse. On a même parfois l’impression qu’il essaie de pasticher Liam Gallagher. Mais en général, l’ensemble de l’opus est tramé dans l’instrumentation acoustique ou semi-acoustique. Et paradoxalement, c’est dans ce contexte que la voix de Lowe –bien plus limpide– révèle sa face la plus intéressante. Des plages qui sont très susceptibles d’émarger à l’americana. Il y a même de la slide sur la ballade uptempo « Has it begun » (Imitating life) » et de la pedal steel sur la valse « Coyote ahoy ». Enrichi par de superbes harmonies vocales, « Roomed in circles » aurait pu figurer au répertoire de Crosby, Stills & Nash, alors que tapissé de chœurs en arrière-plan et sublimé par une jolie conjugaison de cordes acoustiques, « Heathen mother » lorgne plutôt vers Poco. On se croirait revenu à la fin des 70’s en pleine période west coast. Et l’album de s’achever par le bouleversant « Find what you love, and let it kill you », une chanson hantée (NDR : et le mot est faible) par une chorale…

 

lundi, 21 mars 2016 16:32

The luminous veil (Ep)

The Artctic Flow est le projet de Brian Hancheck, un musicien issu de la Caroline du Sud, qui s’inspire, paradoxalement, de la scène musicale britannique. Celle qui a sévi au cours des 80’s, tout particulièrement. Depuis Aztec Camera au Cure, sous sa forme la plus allègre (pensez à « Love cats »), aux Smiths, en passant par Belle & Sebastian et Strangelove. Soit un mix entre cold wave, postcard, post punk atmosphérique et dream pop. Seul souci, hormis la dernière (NDR : la très new wave « Ready for the rain »), les trois premières plages sont imprimées sur un tempo binaire, par une boîte à rythmes. Dommage, car alimentées par des guitares carillonnantes ou subtilement gothiques, enrobées de claviers atmosphériques et dynamisées par des accès de basse aventureux (« Daffodils ») que soulignent des harmonies vocales célestes (« When we were something »), elles auraient mérité un meilleur support...

 

lundi, 21 mars 2016 16:30

Night thoughts

Suede, c’est en quelque sorte la réincarnation de la face la plus glam de Bowie. Ce n’est pas nouveau. A cause de Brett Anderson, bien sûr, dont la voix a toujours évoqué celle de son maître. Enfin, lors de sa période la plus décadente ; celle de « Ziggy stardust » voire de « Diamond dogs » ou encore d’« Aladdin Sane ». Pourtant, musicalement, Suede a toujours émargé à la britpop. Mais son style emphatique lui a permis de se démarquer des autres formations. Il faut cependant avouer que lors de sa séparation, en 2003, l’inspiration semblait tarie. Faut dire que depuis le départ du guitariste, Bernard Butler, on avait l’impression que le ressort était cassé. Lorsque le groupe se reforme en 2010, c’est avant tout pour se produire sur scène. Ce qui ne l’empêche pas de publier « Bloodports » en 2013, un opus d’honnête facture. Et puis ce « Night thoughts ». Un elpee précédé par la sortie d’un clip vidéo consacré à « Outsiders », relatant l’histoire d’une tragédie familiale qui a poussé un homme à se suicider, en se noyant dans la mer (voir ici).

Et de famille, il est encore ici question, tout au long de « Night thoughts », puisque thématique, cet LP traite notamment des rapports conflictuels entre le père et le fils, au cours desquels Brett a l’impression de devoir assumer les deux rôles…

Proposant 12 plages, ce long playing s’achève par trois pistes au cours desquelles on retrouve toute la grandiloquence de Suede. Des morceaux atmosphériques, mélancoliques, luxuriants, gonflés aux orchestrations symphoniques, même si la seconde version de « When you were young » est tramée sur un piano et autorise des effets électroniques. Mais venons-en aux trois premiers quarts de l’œuvre. Au cours desquels, Suede réussit la fusion entre arrangements somptueux et instrumentation basique. Parfois même en y ajoutant un zeste de psychédélisme (Love ?) Certains aspects sont cependant parfois davantage accentués. A l’instar de ce fameux « Outsiders » et de l’excellent « No tomorrow », deux plages ciselées dans des cordes de guitares limpides, cinglantes, réminiscentes de Bauhaus voir de Sad Lovers & Giants. Et lors de la deuxième, la voix overdubbée de Brett évoque tout bonnement… Bowie ! D’autres sont encore plus complexes. Comme « I don’t know how to reach you », la valse lente « Tightrope » ou encore la première version de « When you are young », qui ouvre l’oeuvre.

Et on épinglera encore le très offensif « Like kids », un titre contagieux, dont le riff accrocheur se mue en chorale d’enfants, lors de la finale. Génial ! Et comme toutes les plages de cet album se fondent l’une dans l’autre, on a l’impression de n’écouter qu’un seul morceau, démontrant ainsi que ce « Night thoughts est bien conceptuel…

 

Le célèbre claviériste britannique Keith Emerson s’est tiré une balle dans la tête, ce vendredi 10 mars 2016, à Los Angeles. Il était âgé de 71 ans et souffrait de dépression, consécutive à une maladie dégénérescente du système nerveux.

Né à Tordmonen, en Angleterre, il avait fondé The Nice en 1967 en compagnie de David O’List et de Lee Jackson, avant de monter le super groupe Emerson, Lake & Palmer. Respectivement ex-chanteur de King Crimson et ex-drummer d’Arthur Brown et Atomic Rooster. De cette aventure, le trio va publier 9 elpees, dont l’incontournable concept album, « Tarkus ». Emerson va se lancer dans de nombreux autres projets, et pas seulement en solitaire, mais ne rencontrera plus jamais le succès phénoménal récolté par l’EL&P, une véritable machine de guerre, dont le matos était véhiculé, lors des tournées, par 3 semi-remorques. Une démesure qui va finalement coïncider avec le déclin de la musique progressive, baliser le terrain pour une révolution dans l’histoire du rock’n’roll et favoriser l’explosion du punk.

Sans quoi, Emerson était un virtuose des claviers. Un innovateur et un fantastique showman, qui poussait son sens de l’humour jusqu’à planter des poignards entre les touches de son orgue. En outre, tant au sein de Nice, d’EL&P ou en solitaire, il a constamment cherché à établir des passerelles entre la prog, le rock, le jazz et le classique. Il a d’ailleurs régulièrement reçu le concours d’orchestres symphoniques.

R.I.P.

mercredi, 09 mars 2016 12:03

Blackstar

Le dernier album de Bowie a fait couler beaucoup d’encre. Enfin façon de parler. D’ailleurs, il suffit d’aller voir sur les moteurs de recherche, pour se rendre compte du nombre de chroniques qui lui ont été consacrées. Bref, votre serviteur va essayer d’aborder ce texte sous son angle, le musical possible. En remettant l’œuvre dans son contexte, bien sûr.

Si ses lyrics sont tour à tour explicites (NDR : au cours de « Dollar days », il confesse : ‘je vais mourir’) ou alors symboliques, il servent d’indices à un véritable jeu de piste qui scanne de nombreux moments de son existence. Un peu comme un mourant, avant de s’éteindre, repasse le film de sa vie. La booklet est de couleur noire, et les paroles sont en surimpression brillantes, mais de la même teinte. Pas toujours facile de les décrypter. Le titre de l’opus se réfère à l’étoile noire. Pas celle de Dark Vador, quand même. Suivant la bible, Jésus a ressuscité « Lazarus ». Bowie espérait-il secrètement un miracle ? Une chose est sûre, il avait parfaitement programmé sa fin de vie. Publiant, par ailleurs, cet opus, deux jours avant son départ. Vers quelle constellation ?

L’œuvre ne baigne certainement pas dans la béatitude. C’est sûr ! Le climat est sombre, très sombre, mais l’expression sonore est riche, très riche, même. Le premier instrument dont a joué l’artiste était le saxophone. Et lors des sessions, il a notamment reçu le concours d’un saxophoniste de free jazz notoire, en l’occurrence Donny McCaslin, qui accentue l’aspect dramatique et tourmenté de la plupart morceaux. A l’instar du titre maître (NDR : près de 10’ quand même), piste dont la succession d’atmosphères, entretenues par la voix (parfois overdubbée ou vocodée) de Bowie, embaumées de chœurs, mais aussi déchirées par les drums, parsemées d’effets électro et même balayées par un filet de flûte, évoque l’univers de King Crimson. Celui qu’a illuminé Mel Collins de son sax. Pensez à « In the wake of Poseidon », « Islands » et « Lizard ». Un instrument toujours très présent sur « ‘Tis a pity she was a whore », un titre bien enlevé par des drums métronomiques. Qui se révèlent bien plus amples sur « Lazarus », un morceau aux nappes sonores gémissantes, sensation de douleur accentuée de nouveau par ces cuivres.

Plus surprenant et même carrément angoissant, bien que rythmé, « Sue (Or in a season of crime ») nous replonge dans la galaxie de la bande à Robert Fripp qui aurait percuté celle de Boards of Canada après avoir frôlé une comète drum & bass. Incantatoire (NDR : cette voix suppliante !), « Girls love me » baigne au sein d’une atmosphère plutôt mélancolique, mais paradoxalement réminiscente de Peter Gabriel, circa « Us ». Même la voix et les arrangements rappellent l’œuvre la plus amère de l’Archange. Et si les deux derniers morceaux de l’elpee se révèlent davantage pop, ils ne sont pas pour autant plus allègres. « I can’t give » est hanté par un saxophone plus nightclubbien. Tout comme « I can’t give everything away » ; mais sur cette plage finale, la voix de Bowie se contente de crooner.

Un fameux testament, dont il faudra des années (lumières ?) avant d’en connaître tous les secrets… C’était certainement sa dernière volonté ! Coproduit par le fidèle Tony Visconti, et pas vraiment facile d’accès, « » est un album 5 étoiles, mais de couleur noire !

 

lundi, 07 mars 2016 18:24

Aphelion

The Noise Figures est un duo grec réunissant un chanteur/batteur/percussionniste (George Nikas) et un guitariste/vocaliste (Stamos Bamparis). Un tandem qui pratique une forme de garage/rock particulièrement riche, capable de se frotter à des tas de styles différents. Découpé en 10 plages, « Aphelion » en est une parfaite illustration.

Si le chant est clair et lancinant, tout au long de l’ouverture, « Shoot the moon », la mélodie vocale est à la fois hymnique et envoûtante (Dandy Warhols ?) Le spectre du Black Sabbath (NDR : le premier LP) plane tout au long de indolent « Aphelion » (NDR : c’est le titre maître !) mais aussi sur l’incantatoire « Feathers », mais uniquement entre les déflagrations électriques imprimées sur un tempo enlevé. A cet instant, le climat est manifestement métallique. Comme tout bon groupe de garage, The Noise Figure a bien sûr recours –circonstanciellement quand même– aux claviers vintage. A l’instar de « Run », réminiscent des Fleshtones. Et puis aux effets du vibrato, comme sur « Don’t throw your hand ». Et « Holy one » est également sculpté dans le garage/punk. Echevelé, « Blood » surfant même sur le psychobilly des Cramps. Et si « No use » valse au rythme de l’indie rock, la piste finale est sans doute la plus aboutie. S’ébrouant dans le psyché folk (Devendra Banhart ?) elle s’électrifie à mi-parcours, lorgnant alors vers l’univers de Kurt Vile.

Une excellente surprise !

 

lundi, 07 mars 2016 18:22

Synthia

The Jezabels est une formation australienne, issue de Sydney très exactement, qui récolte un beau succès au pays des kangourous. Un quatuor partagé entre deux garçons et deux filles. Et « Synthia » constitue son troisième elpee. Hayley Mary en est la chanteuse ; et elle possède une superbe voix, susceptible d’évoquer tour à tour Kate Bush, Lene Lovitch ou Elizabeth Frazer. Et ses interventions sont régulièrement enrobées de superbes harmonies vocales. Souci, toutes les compos sont outrageusement dominées par les claviers. Et comme la production a été particulièrement raffinée et enrichie d’orchestrations, c’est à peine si on se rend compte qu’au sein du band, il y a de la batterie, de la basse, des percus et de la guitare. Un phénomène qui contamine la musique d’une foultitude de groupes et d’artistes contemporains. Et qui pour la circonstance la plonge dans un climat synthétique, ténébreux et mélancolique, mais un peu trop linéaire. Dommage, car les mélodies sont superbes, mais faute de relief instrumental, on parvient difficilement à différencier chaque morceau. Enfin, les lyrics sont engagés et défendent la condition féminine. Tout à l’honneur du band ! Qui a dû (provisoirement ?) stopper ses activités, car la faculté a détecté un cancer des ovaires chez Hayley Mary, la claviériste. On ne peut que lui souhaiter un prompt rétablissement.

 

lundi, 07 mars 2016 18:19

After a thousand blows

« After a thousand blows » constitue donc le premier album de The Scrap Dealers, un disque qui fait suite à un Ep éponyme, réunissant 8 titres (?!?!?). Paradoxal, mais l’elpee n’en recèle que 5. Mais pour un peu plus de 50 minutes. En fait, hormis deux pistes plus punk/garage –le moins assuré (surtout côté vocal) « She doesn’t wanna leave your mind » et le garage/surf/lo-fi « That’s what we call love »– les autres sont particulièrement longues ; la dernière, traversée par une stridulation électrique envoûtante, « I lost my faith », s’étalant sur plus de 10’. Un morceau lancinant, incantatoire, qui aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Slowdive et The Horrors. Les deux autres compos trempent davantage dans le psyché/shoegaze. Atmosphérique, nébuleux, sonique, « Walking alone » nous replonge dans le climat très ‘Spiritualized’ de l’Ep. Cependant, et c’est vraiment bien pensé, les harmonies vocales sont particulièrement limpides. Tout comme sur le remarquable « Keep my silence safe ». Sur lequel on a parfois même l’impression d’entendre une chorale. Une plage dont la mélodie contagieuse, enivrante semble hantée par les Dandy Warhols. Quant à « I’ll never be like you », c’est du côté de Ride que le band liégeois semble lorgner. Mais toutes ces références, sont tellement bien digérées, qu’il est de plus en plus difficile de les discerner. 

Bref, un album 4 étoiles pour cette formation belge, capable de se démarquer de ses contemporains qui pour être dans l’air du temps, ne jurent plus que par les synthés, pour se fondre dans une masse inodore, incolore, et insipide...