Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Dernier concert - festival

Hooverphonic
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 19 août 2015 19:34

Hot reckless, Totally insane

Best Friends est un quatuor insulaire qui nous vient de Sheffield ; et « Hot reckless, totally insane » constitue son premier album. Après avoir observé la pochette et en abordant le premier titre, « Fake spirit », on imagine que sa musique trempe dans le psychédélisme à la Spiritualized. Trente secondes plus tard, le ton change, et l’expression sonore passe au pop/rock typiquement insulaire. Un titre bien enlevé, au cours duquel les tonalités de gratte évoquent Johnny Marr époque Smiths. Et ce style, qui baigne l’essentiel de cet opus, est le plus souvent teinté de garage (« If you think too much your brain will fall out » et ses guitares à la Electric Prunes). Parfois imprimé sur un mid tempo. A l’instar de « Cold shapes », dont les refrains euphorisants (chœurs hymniques et envolées shoegaze) lorgnent à la fois vers les Libertines et Slowdive. Les cordes sont savoureusement discordantes tout au long de « Dr Mario » (The Dodos ?). Et tour à tour tintinnabulantes ou croustillantes sur le speed funk « Baba vanga ». Ou encore ‘cornemuses’ (Big Country ?) sur « Shred til you’re dead », dont le refrain pourrait se siffloter sous la douche. Et l’elpee de s’achever par « Orange juice », un titre qui rend hommage à Edwyn Collins, une hymne sincère et tonique. Enfin, si le chanteur (Lewis Charman) n’a pas une voix exceptionnelle, juvénile, elle colle parfaitement au genre. Quant aux mélodies, particulièrement contagieuses, elles s’inscrivent dans la lignée d’Arctic Monkeys, Palma Violets et bien sûr des Libertines. Une bonne surprise !

 

Finaliste du Humo's Rock Rally en 2014, Yawns est un quatuor campinois responsable de ce 45trs. Deux pistes : « Lucid dream » et « Where nobody knows my name » qui trempent dans une forme de néo psychédélisme réminiscent de Spiritualized. Surtout à cause de cette rythmique métronomique et des accès de gratte spatiaux. Encore que les harmonies vocales réverbérées, sinusoïdales, s’inspirent manifestement des Beatles circa « Magical Mystery tour ». Difficile d’en dire davantage. Lors de la sortie d’un Ep ou d’un premier album, l’analyse devrait être plus pertinente…




mercredi, 19 août 2015 19:30

Wasteland

Stray Dogs est le projet d’un duo de producteurs belges réunissant Koenraad Ecker et Frederik Meulyzer. Leur expression sonore s’inspire de l’électronique, du dub ainsi que de la musique contemporaine classique et expérimentale. Pour y parvenir, ils se servent de machines et de synthés analogiques, mais également d’un violoncelle, de la guitare acoustique et électrique, ainsi que d’un éventail particulièrement large de percus. Sans oublier quelques vocaux torturés. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’une église désacralisée à Anvers. La presse (très) spécialisée estime qu’elle pratique du drumming rituel (NDR : pourquoi pas ?) Ténébreux, les morceaux de ce disque baignent forcément au sein d’un climat indus, notamment à cause de la désintégration des orchestrations. Propices à la méditation, ils ne s’adressent pas au mélomane lambda. Même les inconditionnels d’Einstürzende Neubauten risquent la prise de tête…

Et pour être complet, sachez que Legoman a apporté sa collaboration à une performance audiovisuelle de l’LP.

 

FKA Twigs vient de publier un nouvel Ep. Intitulé « M3LL155X », il propose 5 titres audio et 1 vidéo conceptuelle, en quatre actes, traitant de la douleur, la créativité naissante et la libération sexuelle. Figure notamment dans le casting de cette vidéo, Michèle Lamy. Et pour voir la série de clips, c’est ici 

Tracklisting

01 Figure 8
02 I'm Your Doll
03 In
Time
04 Glass & Patron
05 Mothercreep

 

Le nouvel opus des Chills sortira enfin ce 30 octobre chez Fire Records. Martin Phillipps nous en avait parlé l’été dernier (voir interview ici ), dans le cadre du festival Boomtown ; mais c’est officiel, “Silver Bullets” paraîtra donc 19 ans après le précédent elpee studio. Et vu le concert accordé par la formation néo-zélandaise au Handelsbeurs, en juillet 2015, il devrait ravir les aficionados.

Le premier titre « America Says Hello » est en écoute sur Soundcloud, et c’est là 

Prerorders :

http://www.firerecords.com/site/index.php?page=release&releaseid=01155
https://thechillsmusic.bandcamp.com/album/silver-bullets

http://www.softbomb.com/
https://www.facebook.com/thechills

 

samedi, 01 août 2015 14:07

David Gilmour enfermé à double tour…

David Gilmour a dévoilé la vidéo de "Rattle That Lock" (voir ici). Etonnante, l’animation a été réalisée par la boîte de production londonienne, Trunk Animation. "Rattle That Lock" est le titre maître du nouvel opus de Gilmour, dont la sortie est prévue pour le 18 septembre.

www.davidgilmour.com

 

mardi, 28 juillet 2015 17:41

Lou Barlow a le vague à l’âme

Lou Barlow publiera son nouvel album ce 4 septembre. Intitulé “Brace the Wave”, il fait suite à “Goodnight Unknown”, paru en 2009. C’est son troisième en solo. Et il a été enregistré sous la houlette de Justin Pizzoferrato (Dinosaur Jr.n Farm, I Bet on Sky).

En concert

30/9: Sugarfactory, Amsterdam

1/10: Doornroosje, Nijmegen

2/10: Trix, Antwerp

4/10: Paris, FMR

http://www.loobiecore.com/

 

mardi, 21 juillet 2015 01:00

Boomtown 2015 : mardi 21 juillet

Sun Kil Moon, le projet de Mark Kozelek, se produisait dans le cadre du festival Boomtown de Gand, ce 21 juillet. Dans la salle du Handelsbeurs. Ses deux derniers elpees « Benji » (2014) et « Universal Themes » (2015) n’ont guère eu d’écho au sein du Vieux Continent, et tout particulièrement en Belgique. Faut dire qu’ils sont parus sur le propre label de Kozelek, Caldo Verde, qui ne bénéficie apparemment d’aucune distribution officielle. Sans doute faut-il se tourner vers l’import pour se les procurer ou se contenter des plates-formes de téléchargement voire de streaming pour l’écouter… Natif de l’Ohio, le chanteur/compositeur ne jouit pas d’une excellente réputation dans le milieu musical. Plutôt misogyne et dédaigneux aussi bien à l’égard des médias que des attachés de presse, on ne peut pas dire que le personnage soigne sa popularité. Pourtant, il a un talent fou. Et une voix remarquable. Une voix chaude, profonde, un peu rauque, parfois même aussi confessionnelle, gutturale, belliqueuse ou encore vindicative

En 2014, il avait également participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Desertshore, « Migrations of class » (NDR : publié par son écurie) et à la tournée destinée à le défendre. Et c’est justement par deux adaptations de cet opus que le set débute. Soit « Mariette » et le tribal voire totémique « Hey you bastards I’m still here ». Sur la seconde, à travers ses lyrics, il prétend avoir rencontré feu Anton Szandor LaVey, le fondateur de l'Église de Satan et l’auteur de l'ouvrage ‘La Bible satanique’. Line up curieux mais impressionant pour Sun Kil Moon ce soir, puisque outre Mark (NDR : qui ne va guère jouer de guitare pour ce concentrer sur le chant, un tom basse et une cymbale), il implique l’ex-Slowdive Neil Halstead (il restera assis tout le show) et Dave Divine (NDR : également préposé aux backing vocaux) aux grattes. Pas de basse, mais deux drummers. Soit le fidèle Mike Stevens, mais également Steve Shelley, l’ex-batteur de Sonic Youth.

Kozelek est de bonne humeur aujourd’hui, et il sort quelques vannes qui ne font pas nécessairement rire ; s’adressant à une fille de petite taille pour lui demander si elle a eu l’autorisation de ses parents pour se rendre au concert. Il s’étonne cependant qu’on le taxe de sexiste. Et puis il envoie une pique aux organisateurs, car lors de son dernier passage au Boomtown, il s’était brisé une dent pendant le repas ; ce qui lui avait causé 3 000 $ de frais chez le dentiste.

Lorsqu’il ne frappe pas sur son tambour, il arpente les planches en tenant son micro en main, soit pour chanter ou donner le tempo. Pendant « Carissa », il demande à l’auditoire de reprendre le refrain en chœur. Résultat des courses, on se croirait au beau milieu d’un office religieux. Lorsqu’il attaque le percussif et sauvage « Richard Ramirez died today of natural causes », sa voix est carrément devenu déclamatoire, presque comme lors d’un slam. Un morceau au cours duquel les deux drummers –qui sont complémentaires, rarement synchros– se réservent une montée en puissance qui va plonger le concert dans une autre dimension. Remarquable ! Sun Kil Moon embraie par une cover du « The Weeping son » de Nick Cave. Mark lui adresse ainsi une pensée émue, suite au décès de son fils, victime d’un accident d’escalade. Il faut attendre « Alesund » pour qu’il empoigne enfin sa guitare dont il joue alors sans onglet. A cet instant les sonorités libérées par les 3 sixcordistes nous propulsent au cœur d’une atmosphère proche de Durutti Column. Il entame « I watched the film the song remains the same » a cappella, avant de s’arrêter net. Puis taquine ses musicos, en leur demandant quand ils vont enfin se décider de jouer. Tout au long de l’hypnotique « Dogs », il gratte ses cordes –en se servant alors d’un médiator– de la main droite tout en gardant son micro de la gauche, pour chanter. Et le set de s’achever par le titre le plus long (NDR : au propre comme au figuré) de la set list, « This is my first day and I’m Indian and I work at a gas station », une chanson mid tempo au ton résolument plus optimiste. Kozelek a viré sa guitare et de nouveau repris son stick, sur cette excellente compo qui baigne dans un climat fort proche du Red House Painters, son ancien groupe. A cet instant, la combinaison des tonalités électriques produites par Neil et Dave touche au sublime. Des cordes bringuebalantes, atmosphériques, chatoyantes ou encore tintinambulantes. Au bout de 70 minutes, la formation se retire. Hormis l’un ou l’autre interlude un peu trop ‘planant’, il faut reconnaître que ce concert a été exceptionnel. Il s’est déroulé dans un Handelsbeurs plein à craquer, et je dois avouer y avoir rarement vu autant de monde.

En sortant de la salle, Unknown Mortal Orchestra a déjà entamé son set. Un quatuor partagé entre Yankees et Néo-Zélandais, dont la presse dit le plus grand bien. La plaine de Kouter est également bondée. Suis resté 20 minutes. Le chanteur/guitariste n’a pas une voix transcendante. Ce sont pourtant d’excellents musiciens. Leur technique est impressionnante. Mais leur expression sonore baigne au sein d’un univers jazz/rock réminiscent de la seconde moitié des seventies, même si elle concède des accents funkysants. Et ce type de revivalisme me pompe l’air. Le sixcordiste, le claviériste et le drummer s’autorisent même des petits solos pour démontrer leur savoir-faire. Le nombrilisme dans toute sa splendeur ! Négligeant ainsi l’aspect mélodique des compos. Non, franchement, ce n’est pas (plus) ma tasse de thé ; alors je préfère tirer ma révérence… Serait dommage de gâcher l’impression laissée par le concert de Sun Kil Moon…

(Organisation : Boomtown)

Voir aussi notre section photos ici

 

dimanche, 12 juillet 2015 01:00

Cactus 2015 : dimanche 12 juillet

Après Goose et Balthazar, un troisième formation belge va clôturer la journée : dEUS. Le band anversois tourne également tout l’été dans les festivals. L’an dernier, il a fêté ses 20 années d’existence ; et puis c’est une valeur sûre du rock noir-jaune rouge, mais également international. Le temps est plus frais aujourd’hui. Tant mieux ! Quelques gouttes de pluie tomberont au cours de la journée, mais sans devoir pour autant sortir les k-ways et les parapluies…

Benjamin Clementine a publié son premier opus cette année. Il s’intitule « At Least for Now ». Ce Londonien d’origine ghanéenne (NDR : installé aujourd’hui à Paris) possède un fameux organe vocal, dont l’amplitude oscille entre le baryton et le ténor. Une sorte d’hybride entre Terence Trent d'Arby et Anthony Hegarty des Johnsons. Et profonde, sa voix est capable de toucher l’âme. La répétition de la mélodie et des paroles est souvent utilisée, ce qui rend les compos à la fois méditatives et hypnotiques. Il s’accompagne au piano, et est soutenu par un violoncelliste, un bassiste et un drummer. Et il nous raconte ses récits de vie qu’ils soient douloureux ou sensuels, qu’il interprète parfois d’une manière théâtrale ou lyrique, sur une musique qu’on pourrait qualifier de soul/jazz…

Two Gallants n’a pas autant de succès que les White Stripes, Black Keys ou Royal Blood, mais le duo possède un style bien spécifique, une sorte d’indie lo-fi au sein duquel interviennent des éléments de folk, blues, rock et punk. Tout ayant le soin de préserver le sens mélodique. Une musique authentique, mordante, crue, aux textes surprenants et profonds, presque poétiques qui évoquent des images de l’Ouest sauvage, ses hors-la loi, leurs peines d'emprisonnement, leur solitude, etc.

Le hurlement de Stephens est desséché et guttural. Les assauts de Vogel sur son tambour sont puissants, violents même ; et pourtant, il parvient à combiner la brutalité et une finesse technique peu commune. Mais il faut croire qu’au fil du temps, le duo a ajouté davantage de subtilité à son expression sonore. Emeute viscérale, chœurs morbides, cordes de guitares glissando, piano et accès d’harmo s’intègrent parfaitement à une musique bruitiste dont la sensibilité est à fleur de peau. « We Are Undone », leur dernier LP est paru en février dernier…

Multi-instrumentiste, James Vincent McMorrow est également compositeur et chanteur. Cet Irlandais possède un falsetto qui évoque Bon Iver, sans les overdubs. Il reprend le « Higher love » de Steve Winwood, un artiste qui doit avoir marqué James, même si sa musique est davantage coulée dans une fusion de folk, de pop et de roots… 

Anna Calvi est britannique. Particulièrement douée à la six cordes, elle reconnaît pour influence majeure Jimi Hendrix. Une référence de choix ! Et elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre PJ Harvey, Nina Simone et Tania Donelly, dont elle joue comme un instrument. Une voix tour à tour veloutée, frénétique ou frémissante. Sur les planches, elle est soutenue par un drummer un claviériste qui passe parfois à la gratte et une préposée aux percus, aux synthés et au xylophone, qui se sert également d’un orgue à soufflets comme chez Lola Colt. Le set s’ouvre par la cover du « Ghost rider » de Suicide. Et inclura une autre reprise, le « Jezebel » de Frankie Lane. Le son est parfait. Et le répertoire oscille entre titres de britpop mid tempo, malheureusement sans grand relief, et morceaux plus complexes et percutants. C’est dans le second registre que sa musique botte le mieux votre serviteur, évoquant paradoxalement la scène west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service, Grateful Dead et même parfois aux Doors. Sous cette forme, les compos sont vraiment épatantes ; elle y donne tout ce qu’elle a dans les tripes et vous flanque des frissons partout. Et ses riffs ainsi que ses solos se révèlent alors aussi ravageurs qu’incisifs… A ce jour, elle ne compte que deux albums à son actif. Si elle a l’audace de s’ouvrir de nouveaux horizons plus expérimentaux, elle peut devenir une nouvelle figure incontournable de la scène rock (NDR : qui a dit que le rock était mort ?)

Après le set de Thurston Moore, je le confirme, il est toujours bien vivant… Le natif de Floride s’était déjà produit au Cactus en 2013, flanqué de son Chelsea Light Moving, pour un show mémorable. Et celui-ci ne le sera pas moins. Le line up a changé, puisque c’est l’ex-My Bloody Valentine, Debbie Googe, qui se consacre à la basse et l’ex-Nought, James Sedward, à la seconde gratte ; mais apparemment, ce n’est pas l’ancien drummer de Sonic Youth, Steve Shelley, qui se charge aujourd’hui des fûts. Car de Sonic Youth, il faut en parler ; et pour cause, la musique de Moore semble reprendre son chemin là où il avait laissé « Bad moon rising », « Evol » et « Daydream nation »…

Le set démarre avec 10 minutes d’avance sur l’horaire prévu. L’intro est bruitiste, psyché. C’est l’ouverture de « Forever more », une compo de plus de 10 minutes. Le ton est donné. Et la plupart des morceaux seront aussi longs (NDR : si pas plus), complexes, intenses, hypnotiques, climatiques, parfois langoureux et le plus souvent mélodiques. Thurston s’appuie sur un pense-bête placé sur un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa voix est déclamatoire. De temps à autre vindicative. La ligne de basse est implacable et les drums souples. Et le second gratteur conjugue ses cordes à celle de Thurston, à la perfection. Ce noisy rock est parfaitement maîtrisé par le quatuor, même quand Moore vient coller sa six cordes contre l’ampli pour en extraire du feedback. Mon coup de cœur pour l’édition 2015 du Cactus.

Place ensuite aux Kooks. Lors de la sortie de leur premier elpee, en 2006, « Inside In/Inside Out », la consécration leur était promise dans un futur proche. Faut dire que cet opus était excellent, et puis que la formation insulaire pouvait compter sur un contingent d’aficionados (des filles surtout) particulièrement fidèle et exubérant. Malheureusement, la sauce n’a pas pris et The Kooks milite aujourd’hui dans la zone crépusculaire du pop/rock. Tout en continuant à séduire les adolescentes. Britpop à l’origine, leur musique s’est teintée de funk, de r&b, de gospel et d’électro. Elle est donc dans l’air du temps et plus vraiment originale. Mais finalement, devant un auditoire –inévitablement plus jeune– la bande à Pritchard (NDR : qui alterne constamment gratte acoustique et électrique) va accorder un set sympathique à défaut d’âtre transcendant, proposant des compos contagieuses, optimistes, agréables à l’oreille, et finalement bien meilleures que celles qui figurent sur les trois derniers elpees.

Restait donc dEUS. Depuis un an déjà, la bande à Barman célèbre son quart de siècle d’existence. Bien sûr, le line up du groupe a souvent changé et aujourd’hui il réunit Tom, Mauro, Klaas Janzoons, Stephane Misseghers et Alan Gevaert. La set list va puiser un peu dans toute la discographie du combo. Les meilleurs titres interprétés ? « Slow », « If you don’t get what you want », « 4 mains », « Bad timing » et le séduisant « Instant street », sans oublier les splendides « Little arithmetics » ainsi que « Serpentine ». Et enfin de parcours on aura droit aux plus classiques « Hotellounge », « Suds & soda » ainsi que « Roses ». Un bon concert, mais qui n’a rien apporté de neuf à tout ce qu’on a pu raconter sur la formation anversoise, au cours des derniers mois. On attend d’ailleurs qu’elle entre en studio pour enregistrer –enfin– un nouvel album…   

A l’année prochaine ! (Merci à Johan)   

(Organisation : Cactus Festival)

samedi, 11 juillet 2015 01:00

Cactus 2015 : samedi 11 juillet

La deuxième journée du Cactus va se dérouler sous un soleil radieux. Pour ne pas dire de plomb. Heureusement, au sein du Minnewaterpark les arbres procurent de larges zones d’ombre… Compte-rendu.

Sohn, alias Christopher Taylor, est un auteur/compositeur/interprète insulaire, londonien pour être plus précis, qui pratique un cocktail ténébreux et minimaliste de trip hop et de dubstep. Sur les planches, il est soutenu par deux autres préposés aux synthés et aux machines, dont l’un se charge également et épisodiquement de la basse. Christopher a une voix étonnante, fragile et mélancolique, capable de monter dans les aigus avec une facilité déconcertante. Une expression sonore destinée à créer des paysages visionnaires susceptibles de vous plonger dans une transe collective. A cette heure de la journée…

Le Black Rebel Motorcycle Club compte déjà 17 années d’existence. A son actif, 9 elpees, dont un live, paru début de cette année. Si Peter Hayes et Robert Turner (NDR : né Robert Levon Been, c’est le fils de feu Michaël Been, le leader de The Call) sont toujours bien au poste (NDR : ce sont aussi les membre fondateurs), Leah Shapiro se charge des fûts depuis 2008. Les deux leaders sont tout de noir vêtus. Pantalons et vestes. En cuir. Et chaussés de lunettes fumées. Leur musique est toujours aussi sombre, languissante, un rock’n’roll malsain, crade, fuzzy, ténébreux, balayé de références bluesy. Les voix se conjuguent à la perfection. Et la drummeuse balise impeccablement l’expression sonore. Un zeste d’harmo et de tambourin ne nuit pas à leur musique qui tient toujours aussi bien la route, mais qui tarde quand même à se renouveler…

Chanteuse, Jessie Ware est également londonienne. Elle est responsable de deux long playings à ce jour et surtout de deux tubes, « Running » et « The wildest moment ». Certains medias estiment qu’elle incarnerait le chaînon manquant entre Adele, Sade et Frank Ocean. Sa musique s’inspire du r&b des 80’s. Sophistiquée, elle privilégie les titres mielleux, abordés dans l’esprit de Whitney Houston voire Beyoncé. Jessie est cependant bien plus efficace lors de titres plus funk. Surtout qu’ils ne manquent pas de groove et sont très susceptibles de libérer des beats contagieux. L’auditoire semble pourtant apprécier.   

La bonne surprise va nous venir d’un sexagénaire, John Hiatt. Bien épaulé par son backing group, son roots rock va littéralement faire mouche. Et pourtant les compos interprétées cet après-midi datent de 20 voire 30 ans (NDR : il a publié plus d’une vingtaine d’elpees au cours de sa carrière !) Depuis l’ouverture « Your dad did » à son tube « Have a little faith in me », en passant par les classiques « Perfectly good guitar », « Real fine love » et « Tennessee plates ». Son attitude positive et son enthousiasme vont littéralement enflammer le public. Une belle plume au chapeau de l’édition 2015 du Cactus !

Balthazar clôture cette deuxième journée. La formation courtraisienne vient de sortir son troisième opus, « Thin Walls », un disque très bien reçu par la critique. Et en progression constante, elle accorde des sets de plus en plus consistants. Ce qui explique sans doute pourquoi, elle a été invitée à participer à la plupart des festivals estivaux. Le quintet pratique une forme de britpop. Donc aux mélodies soignées. Mais les interventions de la violoniste apportent une profondeur à sa musique. Et puis une certaine spécificité. Alors que le rythme est sautillant, saccadé, mordant ou séduisant, selon les compos. Bref, au Nord du pays, les medias estiment que Balthazar marche sur les traces de dEUS. C’est certainement sur la bonne voie…

(Organisation : Cactus Festival)