Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Mouse On Mars

Wow

Huit petits mois après la sortie de « Parastrophics », un ovni dont le titre rimait quelque peu avec claustrophobique, les souris surfent sur la vague et nous pondent un mini album dans la foulée.

Anxieux et hésitant, je glisse la galette dans le micro-ondes et craint d’emblée devoir se farcir des bribes de morceaux réchauffés.

Heureusement, les doutes et craintes sont assez vite dissipés.

Là où son prédécesseur martelait frénétiquement notre système nerveux central avec une hargne répétitive, éveillant des convulsions épileptiques dans nos arrières trains, « Wow » s’avère très différent.

Plus ludique, axé club, et donc plus accessible aussi, mais en gardant cette qualité irréprochable qui sauve le groupe depuis ses débuts.

Ce disque est un peu à l'image de Mouse On Mars : improbable, paradoxal et malgré tout cohérent.

Impossible de coller une étiquette stylistique tant chaque morceau part dans une direction différente, soulignant le génie du duo teuton, dont le talent est de rejoindre tous les points de cette palette sonore extra-terrestre, pour les assembler en un tout homogène.

Au final, « Wow » est un parfait complément à « Parastrophics », une sorte de cerise sur le gâteau pas indispensable mais qu'on s'empresse malgré tout d'avaler, par pure gourmandise.

 

Phil Odgers

The Godforsaken Voyage

Écrit par

Phil Odgers est un vétéran insulaire. Faut dire que c’est le leader de The Men They Couldn’t Hang, une formation de folk punk, née en 1984. Il nous invite à participer à un périple, « The Godforsaken Voyage ». Et manifestement, en écoutant sa nouvelle œuvre solo, on a l’impression de voyager. Hors du temps. Comme si on était transporté à l’intérieur d’un pub anglais, où un artiste s’époumone, de sa voix profonde, en s’accompagnant à la guitare et à l’harmonica.

Il y a plus de 30 ans que Phil ‘Swill’ Odgers mène sa barque. Donc, il sait parfaitement ce qu’il fait. Pas d’esbroufe ou de pause ‘trendy’, mais des chansons intemporelles. L’ambiance est celtique (« Coming Home ») ou est propice aux refrains à reprendre à l’unisson, à l’instar du plus enjoué « The Wrong Side ». Des reprises ? La cover du « Sunday Morning Coming Down » de Kris Kristofferson et du « Bottom of the World » de Tom Waits. Mais pas de réelle surprise. Même si l’accordéon, le banjo et une seconde voix féminine, sont parfois éclaboussés d’interventions de mellotron. Des invités ? Ils sont légion. On épinglera quand même la présence de Nick Reynolds (Alabama 3), Johnny Bridgewood (Morrissey), Slim (Urban Voodoo Machine), Tom Spencer et Jon Odgers (The Men They Couldn’t Hang).

Si vous êtes aficionado du style, cet opus devrait vous ravir. Dans le cas contraire, vous risquez de vous décrocher la mâchoire, à force de bâiller. Pourtant les lyrics sont soignés, quoique prévisibles. Et pour que votre info soit complète, sachez que « The Godforsaken Voyage » a bénéficié de la production de Mick Glossop (The Waterboys, Zappa, Van Morrison).

 

Pirato Ketchup

That’s right (Ep)

Écrit par

C’est un poil malin qui se cache dans la main, un poil qui gratte, démange, secoue le bas des reins.

Un poil retors, qui fait la nique à la bonne éducation et aux conventions.

C’est une tache qui s’étend, fait mauvais genre, fait du bien.

Une grosse tache de ketchup, et le ketchup, on le sait, ne part pas facilement, en machine ou à la main.

C’est un art, c’est un style, un poil macho, juste ce qu’il faut mais pas trop.

C’est une auréole de contestation, iconoclaste, qui se moque du bien pensé, et s’étend, roule comme la vague, vient lécher le sable et baiser nos pieds.

Un bain de jouvence, un bain de minuit, un bain séant.

Dans le clapotis d’une sauce qui prend au fond d’une vielle casserole, dans la rouille d’un cocktail qui fleure bon le Rock & Roll.

L’histoire est un plat qu’on ressert froid, mais qui passe tellement mieux arrosé de Tequila.

Echoué sur les plages de Wallifornie, Dick Dale s’étire longuement dans le panache d’un missile cubain oublié pendant cinquante ans sur la plage humide de désirs refoulés et portés à leur paroxysme. Moment choisi pour envoyer la sauce en une giclée de sperme rouge sucré. « That’s Right ! »

Les poulettes du coin se trémoussent dans leurs maillots deux pièces dont le tissu transparent peine à cacher l’émoi. « Bikini B**ch Party ».

La mort elle-même secoue son squelette en haut de la dune et glisse entre deux collines tropicales surmontées de tétons violacés. « Los Tres Tikis ».

Enfin, la lune s’étrangle dans un dernier orgasme alors qu’un avion espion pénètre son atmosphère en franchissant le mur du son. « Kelly Johnsson ».

Quatre titres qui donnent le ton, la couleur, le son de la bonne humeur.

 

Kelly Richey

Sweet spirit

Écrit par

Chanteuse, guitariste et compositrice, Kelly Richey vient juste de fêter ses 50 balais. Elle est originaire de Lexington, dans le Kentucky. Elle monte son KRB (NDR : Kelly Richey Band) en 1990. Son premier opus, "Sister's gotta problem", paraît en 1994. Trois ans plus tard, elle s’établit à Cincinnati, dans l’Ohio. Son style ? Le blues rock. Pas étonnant que ses héros répondent aux noms de Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et Roy Buchanan.

"Sweet spirit" constitue déjà son douzième elpee. Son backing group réunit le bassiste Freakbasse, le drummer Robby Consenza et le percussionniste Duane Lundy (NDR : qui se charge également de la production). Et plusieurs invités, sont venus participer aux sessions d’enregistrement.

L’ouverture est plutôt classique. "Feelin' under" est un rockin' blues bien ficelé. Kelly possède une bonne voix, déjà érodée par le temps, mais qui s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Très soudée, la section rythmique supporte parfaitement son leader. Blues lent rituel, "I went down easy" véhicule des accents dramatiques. Les cordes sont attaquées dans l’esprit d’Hendrix, et libèrent des sonorités, à limite, déjantées… Solide, la section rythmique épaule son leader tout au long de "Leavin' it all behind", un rockin' blues robuste, autorisant quelques petites sorties en dérapage contrôlé. Mélodique, mais personnelle, "Something's going on" est une compo contaminée par un funk instinctif, réminiscent de Stevie Ray Vaughan. La tigresse se calme quelque peu sur "Everybody needs a change". Même sur ses cordes. La présence de Bernie Worrell (ex-Parliament/Funkadelic) à l’orgue explique peut-être cette attitude moins sauvage. "Fast drivin' Mama" est certainement la plage au cours de laquelle elle semble être réincarnée par SR Vaughan. Un titre qui libère énormément de groove. Kelly tire un max de sa Fender Stratocaster. Elle dirige parfaitement la manœuvre tout au long de "One way ticket". Sa voix est décharnée et ses cordes sont bien inspirées. "Risin' sun" est une plage étonnante, différente de l’ensemble. Mais également remarquable. Les sonorités de cordes sont plutôt lugubres. Le timbre de Miss Richey évolue en mode mineur. Les interventions de guitare pénètrent alors dans un univers magique, proche du délire psychédélique. Un morceau étonnant, mais particulièrement réussi. Elle devrait d’ailleurs davantage creuser dans ce style… Indolent, "Dyin" est dépouillé à l'extrême. Apaisées, les cordes réverbèrent des accords travaillés. En final, "Hard workin' woman" replonge dans le rockin' blues nerveux. Elle force quelque peu sa voix. Robert Lee Carroll siège derrière l'orgue. De bonne facture, ce long playing est quand même un peu court, à mon goût. Et pour cause, il ne dure à peine que 30'.

 

Le nouvel album de Bombino produit par Dan Auerbach !

Écrit par

Musicien touareg, Omara ‘Bombino’ Moctar a été invité par Dan Auerbach (Black Keys) à enregistrer son troisième opus dans son studio à Nashville. L’artiste nigérien n’a pas hésité une seconde et a fait le voyage en quatrième vitesse, pour ne pas manquer cette opportunité. Intitulé « Nomad », le disque est paru ce 29 mars.

Le titre « Azamane Tiliade » est à découvrir sur YouTube :

http://www.youtube.com/watch?v=zzBpSclwhsM

En concert le 10 avril à l’AB Club à Bruxelles et le 3 mai au Cactus à Bruges.

http://www.nonesuch.com/artists/bombino

http://www.youtube.com/user/BombinoOfficial/featured

https://www.facebook.com/bombino.official

 

Cave Painting, le chaînon manquant entre Fleet Foxes et Yeasayer ?

Écrit par

Cave Painting est un quintet issu de Brighton, en Angleterre. Mystérieuse et planante, leur musique n’est pas sans rappeler des groupes étasuniens comme Fleet Foxes ou Yeasayer.

Cette jeune formation britannique a publié un LP, intitulé « Votive », en septembre dernier.

Vous êtes probablement passés à côté de cet ensemble plus que prometteur…

Voici de quoi vous rattraper…

http://www.youtube.com/watch?v=f0a7p2L937M

http://www.vevo.com/watch/cave-painting/rio/GBUV71101937

https://soundcloud.com/cavepaintingmusic/

http://pigeonsandplanes.com/2013/03/premiere-cave-painting-midnight-love/

https://www.facebook.com/cavepaintingmusic

 

Tracklisting

1. Leaf
2. Gator
3. So Calm
4. Handle
5. Only
6. Gator (interlude)
7. Pair Up
8. Simoleon
9. Rio
10. Me You Soon
11. Nickel
12. Forming

 

 

Des enfants pas si S.A.G.E.

Écrit par

S.A.G.E. est un groupe franco-belge qui s’est servi de l’acronyme des prénoms des membres du groupe, à savoir Steve (à la basse), Aurélie (au chant), Grégory (à la guitare) et Eric (à la batterie), pour choisir son patronyme. 

Leur style ? Pop rock. Energiques, leurs compos reposent sur un mélange de cordes électriques et acoustiques. La voix de la chanteuse est rauque, mais suave. Les influences majeures ? Noir Désir et Téléphone. Sur les planches, outre leurs compos personnelles, ils n’hésitent pas à proposer des versions personnelles de classiques intemporels, qu’ils empruntent tantôt aux Beatles, à Lynyrd Skynyrd ou aux White Stripes, notamment.

Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur leur page MySpace (ici) ou Facebook ()

Ou alors tout simplement à aller les applaudir, ce 27 avril au Noir et Blanc à St Mard (Virton).

 

Bonaparte

Too much !

Écrit par

Très étonnant que la salle du Grand Mix ne soit qu’à moitié remplie pour accueillir la nouvelle sensation de la scène électro-pop française. En l’occurrence, La Femme. Enfin, la raison procède peut-être du rôle qui lui est dévolu ce mercredi soir : le supporting act. En vedette, pour ce spectacle, se produira le collectif extravagant Bonaparte, réputé pour ses prestations scéniques. Malgré ce peut d’engouement, l’auditoire va passer une excellente soirée, en compagnie de ces deux formations…

Dès 20h30, La Femme débarque sur les planches. Emmené par Sacha Got et Marlon Magnée, le combo est entouré d’une belle panoplie de claviers. Un matos qui lui permet de nous balancer de jolies vignettes pop, particulièrement marquées par les eighties. Tout en affichant une attitude décalée et résolument kitsch, le band issu de Biarritz parvient à mêler des influences a priori contre nature. Un peu comme si on avait organisé une rencontre hypothétique entre Taxi Girl, The Drums et… Sttellla ! Quoique superficiels et très accessibles, les hits –dont le fameux et radiophonique « Sur la Planche »– sont chics et frais mais ne devraient pas passer l’été. La Femme est légèrement surfaite. Et le buzz qui va avec aussi. Mais le concert s’est toutefois avéré plaisant…

Vers 22h, les doux allumés de Bonaparte déboulent à leur tour sur l’estrade. Ils portent, comme d’hab, des déguisements aussi loufoques que trash. Basé à Berlin, ce collectif réunit des musicos issus des quatre coins de la planète (Suisse, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, etc.) Drivé par Tobias Jundt, une véritable pile électrique, qui a teint ses cheveux en rose, le band ne permettra jamais au public de reprendre son souffle. Alignant les saillies punks (« Anti Anti »), s’autorisant d’incroyables chorégraphies (NDR : enfin ses divas) qui ne reculent devant rien –même pas une séance de gym collective– dans le but ultime d’exciter un auditoire qui ne demande que ça… Ajoutez-y des danseuses couvertes de sang, une femme chef d’orchestre à tête de cheval, un ‘cannonman’ mélomane mais adepte du pogo, des combinaisons en latex ainsi qu’une femme-ordinateur… Pas toujours facile, d’ailleurs de se concentrer sur la musique, vu le spectacle. La setlist pioche principalement dans le répertoire du premier album, « Too Much ». Le titre-phare va d’ailleurs clôturer le set ; enfin, pas tout à fait, puisqu’on aura encore droit à un rappel particulièrement déjanté. Et le mot est faible ! En 1h30, Bonaparte a démontré qu’il était un des meilleurs groupes ‘live’ au monde. Suivant l’adage, les absents ont eu tort…

(Organisation : A gauche de La Lune + Le Grand Mix)

 

 

The Tall Ships (UK)

Everything Touching

Écrit par

‘T=O’

Ou comment placer d’emblée l’auditeur dans un carrousel dont la vitesse gravitationnelle s’amplifie au fil des secondes, atteint son apogée, puis freine sa course jusqu’à l’arrêt.

Sur le tableau noir du Math Rock, l’équation Tall Ships reste d’une évidente limpidité.

Les variables s’entrechoquent, se bousculent, frétillent, éclaboussent. Elles altèrent les mouvements circulaires comme les rampements reptiliens d’un vumètre en léthargie. Bref, ces paramètres tiennent de la recette savamment appliquée. Sauf qu’il y a cette étincelle qui à un certain moment fait jaillir le feu sacré.

Un morceau qui frôle l’extatique jouissance immédiate. Il s’intitule « Gallop » et emporte tout dans son sillage.

La voix se fait grave, caresse, embrasse, étreint, tandis que la montée d’adrénaline consume nos sens étourdis.

Un moment de grâce, une flamme, qui malheureusement s’éteint avant la fin de l’album.

Car ni « Send News » en interlude mal positionné, ni « Books » qui révèle les faiblesses vocales, ni « Murmurations » posté en épingle, lors du final, ne viendront raviver le plaisir de la sixième plage, celle où s’échoue les plus belles ambitions de Tall Ships.

Le carrousel a cessé de tourner, mais nous, nous avons toujours la tête qui tourne.

 

Tosca

Odeon

Écrit par

Tosca est un duo viennois réunissant Richard Dorfmeister et Rupert Huber. Son électro est assez légère et se teinte volontiers de mélodies mélancoliques. « Odeon » constitue leur sixième opus. Un disque pour lequel les deux compères ont souhaité –de leurs aveux même–  emprunter une orientation musicale plus sombre et lourde, tout adoptant un profil ambient nettement plus prononcé.

Et manifestement, les 10 titres de cet elpee sont particulièrement atmosphériques. Une approche accentuée par des interventions au piano, bien plus généreuses. 

Le long playing s’ouvre par « Zur Guten Ambience ». L’intro est assez planante voire même relaxante, mais plaisante. L’ambiance est douce. Plus jazzy « What If » est entretenu par des percus et embrasse une forme plus ‘lounge’. C’est d’ailleurs dans ce style que le reste de l’album va glisser.

Si la plupart des morceaux sont sympathiques, le climat ‘calme et contrôlé’ ne m'a pas véritablement séduit ; d’autant que les morceaux sont assez longs. Paradoxalement, la piste la moins convaincante est le single, « JayJay ». Elle est imprimée sur un tempo bien trop lent, presque poussif. A contrario, « Soda » et une belle réussite, une plage instrumentale qui démontre que Tosca ne manque pas de potentiel…

Quoique différent et plus ‘lounge’ que les albums précédents, « Odeon » a quand même eu le bon goût de conserver sa ‘patte’, celle qui rend les artistes identifiables… 

 

Zanzibar

Tribute to Bessie

Écrit par

Zanzibar est une formation réunissant des artistes issus de différents pays. Un projet interracial, interculturel, destiné à mettre en exergue une musique très ‘black and white’, où se rencontrent blues et jazz. Le collectif a eu la bonne idée de rendre ici hommage à Bessie Smith, la première diva du blues. Elle a commencé à enregistrer en 1923. Elle va même faire fortune, avant de sombrer dans l'alcoolisme et la misère, après la Grande dépression de l’année 1930. Elle est décédée tragiquement, à l’issue d’un accident de voiture qui s’est produit à Clarksdale, au cœur du Delta. Elle avait 43 ans. En fait, elle a perdu la vie, vidée de son sang, car un hôpital réservé aux blancs n'avait pas voulu la prendre en charge. Elle avait mis en boîte plus de deux cent chansons dont une bonne partie figure sur cet opus. Le métissage de la musique de Zanzibar est naturel dès lors qu'il appartient à l'héritage culturel de trois continents. Le responsable de ce projet est un Belge, un digne représentant du piano boogie woogie et barrelhouse, Renaud Patigny. La chanteuse est congolaise. Elle est âgée de 90 balais. En outre, Sylvie Nawasadio possède une morphologie assez proche de l’Impératrice du blues. La section rythmique est constituée de deux percussionnistes togolais et d’un joueur de tuba, le Belge Didier Heggerick. Enfin, une section de cuivres, réunissant trois saxophonistes, complète l'ensemble.

"Devil's gonna get you" ouvre la plaque. La musique est douce. La voix veloutée. Le piano bien senti, face aux interventions de basse du tuba! Blues lent, "Yellow dog blues" est signé par le légendaire W.C Handy. Membre du Fats Domino, Jimmy Molière se réserve la gratte. Tout comme sur "Hop scop blues". Trois plages issues du répertoire du Bessie sont interprétées en lingala : "On revival day", "Poto Poto" et "Yembela ye" ; ce qui communique un climat encore plus afro aux trois pistes. Miss Smith a décroché son plus grand succès en 1929, "Nobody knows when you're down and out". La voix de Sylvie est empreinte de passion sur ce morceau, appuyé par les interventions brillantes de Renaud, aux ivoires. "Cake walkin babies from home" démontre la corrélation qui existait alors entre les musiques populaires afro-américaines : jazz, blues, ragtime. Titre amusant, "Kitchen man" constitue un exercice de style vocal pour notre Congolaise. Tout en délicatesse, le piano barrelhouse de Patigny colore "Lock and key". Voix empreinte de sensualité et cuivres chatoyants alimentent "Careless love", un superbe blues fin de soirée. Chargé de passion, ce long playing s’achève par "Tossing and turning", une relecture contemporaine d'un style ancestral.

 

Alex Beaupain

Après Moi le Déluge

Écrit par

Après lui le déluge. Apparemment. Si le constat s’avère quelque peu alarmant, Alex Beaupain risque en effet de laisser pas mal de ses confrères à des encablures derrière lui, grâce à sa nouvelle collection estampillée variété française haut-de-gamme. Tout d’abord remarqué par son travail opéré aux côtés du réalisateur Christophe Honoré pour qui il avait écrit la bande-son du film ‘Chansons d’Amour’, un long métrage d’ailleurs inspiré par son histoire personnelle (son amie était décédée à la suite d’une malaise à la sortie d’une soirée…), le Français s’était révélé peu à peu comme une nouvelle figure attachante de la chanson française, dans la lignée des illustres Souchon, Biolay ou Marchet. Son cercle d’aficionados devrait encore quelque peu s’élargir, après la sortie d’« Après Moi le Déluge », son 4ème album. Un opus pour lequel il a reçu le concours, apparemment fructueux, de Julien Clerc. Ce qui semble avoir libéré le jeune homme de 39 ans ; et cette nouvelle liberté est reflétée tout au long de ce disque partagé en 12 titres (dont le très cool « Coule », composé en compagnie du même Clerc). Piano, sèches et cordes (le magnifique « Pacotille », balayé de violons 60’s) alimentent les arrangements destinés à exacerber les sentiments amoureux sous toutes ses coutures et mais aussi douleurs (« Je peux Aimer pour Deux »). Souvent vache, Beaupain n’hésite pas affronter l’autocritique (le superbe « Profondément Superficiel »). En outre, le single qui manquait à sa discographie figure probablement parmi les titres de ce nouvel essai agréable à écouter, bien écrit et jamais lassant…

Après lui, le déluge sur la France ; et ce n’est pas Grégoire qui affirmera le contraire.

 

The Growlers

Hung At Heart

Écrit par

Chevauche ton fier destrier, Ô abscons rebus de l’univers ! Que valsent les variations allotropiques réglées au dixième de seconde sur l’horloge de nos vies flétries.

Reprenez donc une de ces petites pilules colorées.

Non, pas celle là, plutôt celle-ci.

Oups ! Trop tard.

The Growlers s’invite dans les esprits irrigués par le flux morose de l’univers et réinvente les golden sixties pour les régurgiter dans un panache de couleurs.

Fenêtre ouverte sur une quelconque planète baignée d’une aura rosâtre, soleils déclinants sur de bleutées collines aux contours érodés par les vents de l’espace et les soupirs du temps qui passe.

Tel un organe expulsant une longue complainte psychotrope, « Hung At Heart » prend possession de nos sens par des chemins biaisés.

A l’image de la pochette, cette solution sonore ressemble fort, au premier plan, à un fameux bric-à-brac.

Et dans ce bordel, il y a fort à parier qu’il y ait à boire et à fumer.

Quinze titres, dont certains au sens plus qu’incertain (« Salt On A Slug », « Use Me For Your Eggs ») qui redessinent les contours psychédéliques de ce groupe de surfeurs signant ici leur troisième essai.

Le plus abouti, le plus riche aussi.

Sorte de trip à demi-éveillé qui voit s’entrechoquer les petites cuillères flottantes du film Drugstore Cowboy dans la caboche du chat du Cheshire, debout sur une planche flottante, trois pieds (ou trois pattes) au dessus d’une vague de coulis sucré multicolore : cet album régit à sa manière le genre évoqué.

C’est complètement allumé, génialement foutraque et pourtant diablement accrocheur.

Les mélodies adhèrent aux parois cérébrales du subconscient, le tremolo fait mouche, l’écho renvoie dans l’un de ces tubes aqueux s’échouant sur une plage de Californie, et on se sent bien. On se surprend un sourire béat figé au dessous du nez. Les globes oculaires roulant sur des pentes extatiques.

Tout a l’air si simple…

Mais qu’on ne s’y trompe ! Derrière cette aura pailletée se trame une mélancolie qui sans raviver un sentiment de tristesse ou de nostalgie, rappelle néanmoins qu’ici, tout n’est pas rose bonbon.

Donc, point de mièvrerie. Plutôt un carrousel d’images tendres et drôles qui dans la vitesse du mouvement se marient avec bonheur.

On se réveille groggy, la chemise hors du slip, mâchouillant une sandale ou faisant des papouilles au lapin angora.

Et même dans les rares moments de faiblesse, The Growlers nous tient par la main et nous propulse au-delà de l’arc en ciel.

Délesté de toute inutile sensation.

Un jeu kaléidoscopique dans l’optique tronquée d’un prisme scintillant.

Prenez ! C’est de la bonne !

En concert ce vendredi 12 avril chez Madame Moustache (Bruxelles) et le lendemain au Trix (Anvers).

 

Jeff Hershey

As the years go passing by

Écrit par

Jeff Healey était un remarquable guitariste canadien de blues, rock et jazz. Il vivait à Toronto. Il avait perdu l’usage de la vue, alors qu'il n'avait qu'un an! Il est décédé en 2008, à près de 42 ans. Mi-80’s, il fonde son Jeff Healey Band, en compagnie d’une section rythmique qui lui restera fidèle jusqu'au bout : le bassiste Joe Rockman et le drummer Tom Stephen. Son premier album, étrangement intitulé "See the light", paraît en 1988.

Ce coffret réunit trois CDs, immortalisés ‘live’, en Allemagne, mais accordés à autant d’endroits différents. Un premier pour l’émission Ohne Filter Extra en mai 1989, le second pour Extraspät, en avril 1995 et le dernier à nouveau pour Ohne Filter Extra, en octobre 2000. Un répertoire souvent semblable mais dispensé à quelques années d'intervalle. Ce qui explique son intérêt!

En 1989, il se produit en formule trio. Le premier elpee était paru peu de temps auparavant. Six titres en sont extraits. La plaque s’ouvre par "I'm tore down", un classique de Freddie King. Jeff démontre déjà tout l'étendue de son talent sur ce blues imprimé sur tempo très enlevé. Son approche personnelle des compositions de John Hiatt, "Confidence man" et surtout le sensible "Angel eyes", est étonnante. Il reprend à sa sauce le "When the night comes falling from the sky" de Dylan avant de se calmer pour aborder "River of no return", une plage issue de la plume de Jon et Sally Tiven. Et la guitare s’y autorise quelques dérapages savamment contrôlés. Le "Roadhouse blues" des Doors est rendu à la manière… des Doors. Il termine ce premier chapitre, par "See the light", se permettant même des exercices de style inspirés par Hendrix.

Nous sommes en 1995. Au cours de cette année, il avait gravé "Cover to cover", un long playing consacré à des reprises. Sept pistes figurent au répertoire du concert. Pour la circonstance, il avait recruté un second gratteur : Pat Thrall, un ancien acolyte de Johnny Winter, de James Cotton et du Downchild Blues Band! Parmi les meilleurs moments de ce compact disc, on épinglera le délicieux "Stop breaking down" de Robert Johnson, le blues lent "As the years go passing by", une superbe version, empreinte de sensibilité, le "Yer blues" de John Lennon, caractérisé par ses riffs lourds et ses changements de tempo, mais surtout ses interventions de slide acharnées, infernales. Le "Roadhouse blues" s’étale sur près de 10', alors que la cover du "While my guitar gently weeps" de George Harrison est fantastique…

Fin 2000, il se produit à nouveau sous la forme d’un quatuor. Comme deuxième guitariste, il a choisi le prometteur Philip Sayce, alors sixcordiste pour la chanteuse américaine Melissa Etheridge (NDR : depuis, il a embrassé une carrière en solitaire). Jeff venait de publier "Get me some". Trois morceaux y sont puisés. Soit "Which one", le captivant "Love is the answer" (Neil Young?) et le brillant "Feel better". La voix de Healey est plus éraillée. L'accumulation des tournées explique sans doute ce phénomène. Sa guitare est plus bavarde mais toujours aussi experte. Il restitue toute l’intensité dramatique du célèbre blues lent "How blue can you get", un titre issu du répertoire de BB King. Sayce se réserve le micro tout au long du "Put the shoe on the other foot" d'Albert Collins, un blues lent de bonne facture, qui passe ensuite en mode funky. La troisième mouture d’"Angel eyes" est la meilleure.

Un bel hommage à la mémoire de feu cet artiste attachant! 

 

The Irrepressibles

Nude

Écrit par

The Irrepressibles est un orchestre titubant dans l’atmosphère qui se raccroche à l’infini en s’agrippant désespérément aux cordes vocales de son leader, Jamie McDermott.

C’est beau, poignant, mais il manque quelque chose à cette belle aura. Comme la buée s’échappant d’une gorge chaude dans l’air glacé, prête à être cristallisée ; et qui au final s’évaporerait dans l’air ambiant.

La voix magnifique s’envole certes dans de hautes sphères qui ne sont pas sans rappeler tantôt Perry Blake ou Antony & The Johnsons, mais dégage elle aussi cette impression de froideur distante qui me laisse clouée au sol comme un enfant regardant la danse de milliers de flocons de neige.

Alors, oui, c’est foncièrement joli, mais un peu plat.

Ce « Nude » dégage une belle esthétique dans l’ensemble, mais semble si convenu, qu’au final, je me lasse.

Là où « Mirror Mirror » ouvrait une voie royale à cet ensemble baroque, « Nude » ne renvoie plus que de lointains échos qui se dispersent dans la longueur de cet elpee.

Une  statue de marbre, copie d’un Apollon, que le temps aura sans doute tôt fait de recouvrir…

 

Will Johnson

Scorpion

Écrit par

Will Johnson est toujours aussi prolifique. Leader de Centro-Matic et de South San Gabriel, ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (NDR : et peintre, par ailleurs) milite également chez Monsters of Folk, New Multitudes et Overseas. A une certaine époque, il a sévi au sein de l’Undertow Orchestra tout comme David Bazan, Mark Eitzel et le regretté Vic Chesnutt. Sans oublier ses projets parallèles, dont un duo échangé avec feu (décidément !) Jason Molina, en 2009, et en compagnie de Jay Farrar, Anders Parker et Yim Yames, pour concocter l’album « New Multitudes », l’an dernier… En outre, il lui arrive également de publier des disques en solitaire. Son dernier opus solo, « Survey/Voyage », remontait quand même à 2005.

Peu de monde pour le soutenir sur « Scorpion ». Il y a bien l’ex-Shearwater Howard Draper aux claviers, Scott Danbon (Centro-Matic) au violon et un préposé à la scie musicale ; sans oublier le fidèle Matt Pence au mixing. Mais pour le reste, Will se réserve le reste de l’instrumentation. Qu’on pourrait qualifier de dépouillée, de minimaliste ou de lo-fi. A vous de choisir !

Découpé en 10 plages, cet elpee baigne dans un climat crépusculaire, douloureux, mélancolique et reflète sans doute de la solitude vécue par l’artiste. On pense à Mark Linkous (NDR : oui, je sais, il a aussi retourné sa brouette…), Richard Buckner et même à Mark Eitzel (« Winter screen four »). Mais il y a comme une forme d’esthétisme et de charme dans ce déversement de spleen. Les lyrics sont le plus souvent chuchotés. Les chœurs furtifs ou angéliques. La voix est souvent overdubbée. Un peu de guitare électrique quand même (NDR : en particulier sur « It goes away so fast »), mais en général c’est la guitare acoustique (parfois électrifiée) qui domine le sujet. Et dont les cordes peuvent même parfois être volontairement désaccordées pour accentuer le sentiment de souffrance. A l’instar de « Bloodkin push (forget the ones) ». Mais également de « Riding from within ». Et pas seulement la sèche, puisque banjo et violon épousent un même profil discordant, une plage dont les vaguelettes sonores semblent poussées par une houle indolente… Ou évoluer sous la forme d’arpèges comme sur le titre maître, bercé par une jolie mélodie. Enfin, les deux pistes qui achèvent l’elpee sont sans soute les plus sinistres. Malgré son sifflotement cinématique (Ennio Morricone ?), « Truss of Ten évolue sur une tempo monocorde, presque spectral, marqué par un martèlement de tambour sépulcral. Et puis, « Vehicular and true », un titre aride, ponctué de quelques gouttelettes de piano sonore. Un titre instrumental : « Rosanky ». Une compo qui diffère de l’ensemble. Plus americana. Plus sauvage, rythmée et désincarnée, aussi. Mais c’est l’exception qui confirme la règle. N’empêche, cette œuvre est à la fois belle et déchirante. Mais je vous la déconseille si vous êtes dans le trou (NDR : enfin, pas comme Molina, Chesnutt ou Linkous, quand même…)

 

Deb Landolt

Raise your hands

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Elle est jeune, compose et chante tant le blues que la soul. Deb Landolt est issue d'El Paso, au Texas, tout près de la frontière mexicaine. Elle vit cependant aujourd’hui à Colombus, dans l'Ohio où elle drive son groupe, les Drifter Kings. La formation avait gravé un premier elpee, intitulé "Diamonds on the desert floor", en 2011. Un disque qui n’était pas passé inaperçu à l'International Blues Challenge de Memphis. Le line up de Drifter Kings réunit John Popovich (du Sean Carney Band) aux claviers, Sean en personne aux cordes, Melvin Powe à la basse et Jan Roll à la batterie. De nombreux amis sont venus apporter leur concours, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Cadiz, dans l’Ohio.

"What would a good woman do" ouvre l’elpee. La voix de Deb colle parfaitement à ce titre de southern soul. Elle est soutenue par Philip Pemberton, préposé actuel au micro, chez Roomful of Blues. Et est enrobée de chœurs sur "Hush your mouth", une ballade bien funky. Le tempo s'accélère et emprunte celui du chemin de fer imprimé par Jan Roll. Un country blues parcouru par la slide de son ami californien, Colin John. Une intervention judicieuse, face à l’orgue de Popovich. "Let's get lost" est une tendre ballade trempée dans la soul. La voix de Deb est très expressive. John double à l'orgue et au piano électrique. "The last time" est un excellent soul blues. San Carney (NDR : un remarquable gratteur établit à Colombus) met le nez à la fenêtre. Son doigté est empreint d’une grande délicatesse. Ce qui n’est guère une surprise. Deb chante passionnément, tout en en gardant sous la pédale, "Coa breeze", une plage soul imprimée sur un mid tempo. Blues funky, "Married to the blues" bénéficie de la participation de trois guitaristes invités pour la circonstance. Jimmy Thackery (ex-Nighthawks), Matt O'Ree (il est issu du New Jersey) et Bart Walker (lui, de Nashville) se relaient. De son timbre de baryton, Big Lou prêche à l'avant-plan. Slow blues de toute bonne facture, "Finally forgot your name" est enrichi par la présence des cuivres du Roomful of Blues. Compo très mélodieuse, "Raise your hands" passe bien la rampe. Tout est parfaitement en place. Depuis le chant à l’orgue, en passant par les chœurs et la six cordes de Brent Pennell. Gospel blues, "To find his home" est une compo chargée d’émotion. Face au piano de Popovich, les cordes acoustiques et les nombreuses voix, notamment celles de Jim Pemberton et Shaun Booker, s’emboîtent impeccablement. Le long playing recèle deux reprises en fin de parcours. Tout d’abord le "Muddy Jesus" du Texan Ian Moore. La coloration de la piste est davantage blues rock. A cause des cordes. Que se réservent les Floridiens JP Soars (leader des Red Hots) et Damon Fowler. Et enfin, le "New coat of paint" de Tom Waits, une piste intimiste, dépouillée, limitée aux vocaux et aux ivoires…

 

Lüger

Concrete Light

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Projet secret des forces intersidérales sises dans les entrailles de Madrid, le vaisseau Lüger est parti depuis quelques mois déjà et file actuellement à des années-lumière de notre astre terrestre.

Possible même qu’aidé par un trou de verre, il soit déjà quelque part dans un futur lointain, à se taper une Jam avec des singes sur une planète qui ressemblerait vaguement à la nôtre.

« Concrete Light » sert donc de testament, jusqu’à un retour improbable.

Comme les couloirs du temps ont tendance à s’entrecroiser, s’emmêler et bifurquer en tous sens, et à déformer l’espace par la même occasion, il n’est pas étonnant que l’expression sonore de ces Espagnols remémorent le Kraut d’autres contrées et d’une certaine époque.

Mais les influences ne s’arrêtent pas aux seuls Can et Hawkwind, car les traces de Stoner qu’on retrouve collées à la paroi synthétique de la capsule de navigation indiqueront sûrement à nos descendants qui auront (ont ? eurent ?) l’honneur de les accueillir ; que toute cyclique que nous semble être la musique en nos jours, elle reste la somme du passé conjuguée au plus qu’imparfait, la perfection étant à jamais d’un ennui profond.

L’album s’ouvre sur un instrumental spatial. « Belldrummer Motherfucker » nous propulse d’ailleurs en apesanteur.

La suite gravite autour de « Draculs’s Chauffeur Wants More », sans doute le titre le plus efficace, le plus direct aussi.

« Shirokovsky Pallasite » se décline en deux volets dont les nappes hypnotiques déjouent les lois de cette pesanteur.

Enfin, « Zwischenspiel / Quidquid Latet Apparebit » achève le voyage dans ces confins de l’espace-temps, à l’aide d’un sitar au mantra obsédant qui nous emmène dans une spirale aspirante.

Bref, « Concrete Light » ne servira pas d’étendard pour les générations à venir ; celles qui auront à cœur de se trémousser sur le dancefloor en s’aspergeant de boissons énergisantes. Mais comme disait Einstein : ‘Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement’.

 

Tom Morgan

Orange Syringe

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Tom Morgan nous livre une très belle surprise ; un deuxième album qu’il a intitulé joliment « Orange Seringue ». Soulignons, au passage, l’élégant artwork qui habille la plaquette (Orange dominant, évidemment !)

Souvent resté dans l’ombre, Tom Morgan n’en est pas moins un compositeur et un songwriter de talent. Ancien frontman du groupe indie pop Smudge, le musicien australien a été surtout reconnu pour l’intelligence de ses textes et la qualité d’écriture qui ont largement contribué au succès du célèbre groupe power pop de Boston : The Lemonheads. Une coopération auprès d’Evan Dando particulièrement fructueuses sur les excellents « It's a Shame About Ray » et « Come On Feel the Lemonheads ». L’auteur-compositeur-interprète australien est aussi responsable de nombreuses collaborations. Apportées notamment à Sneeze, The Givegoods, Godstar, Tofu Kok et Bambino Koresh.

Ce touche-à-tout multiplie les genres musicaux et, paradoxalement, au terme de ce périple sonore, il s’engouffre au sein d’un album pop-folk plutôt conventionnel. Un dix titres dont la qualité repose principalement sur le songwriting et la voix agréablement rocailleuse du chanteur. Un opus alternant pop et folk, guitares acoustiques et électriques, véhiculant des paroles fortes. Des paroles sombres et mélancoliques à la conduite pop.

L’œuvre s’ouvre sur « One True Love », une ballade noire où la mort et la possession d’un amant sont livrés avec un sac en plastique pour l’asphyxie. Une vision troublante, peut-être lucide, de l’amour ! L’artiste de 43 ans use de son expérience pour moduler les genres et les sons sur le carillonnant « Best Thing For Baby », une plage trempée dans l’alt-country rock, profite de « Taste For Blood » pour revêtir les habits de Lou Reed et nous gifler d’une pop excitée aux riffs agités. Influences qu’il utilise aussi sur la mélodie adroite de « Father Land » aux couleurs prononcées des Lemonheads. Une vague électrique qui retombe sagement sur le folk acoustique plus tendre de « Mess With The Bull » et « Final Final The One The One », en fermeture d’album. 

Un deuxième long playing sans grande prise de risque dont les mélodies risquent de toucher un large public. 

 

Palma Violets

180

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Il n’a fallu qu’un an à Palma Violets (formé en 2011) pour contaminer le public et la presse de son virus punk-rock garage aux touches psychédéliques. Inconnu il y encore six mois, invisible et inaudible sur Internet, le quatuor londonien explose radicalement et devient très vite l’une des révélations britanniques de 2013 (une nomination aux BBC Awards dans la catégorie meilleur son, deux victoires aux NME Awards dans la catégorie meilleur nouveau groupe et meilleur morceau, « Best of Friends » ; le tout en 2013). Une presse dithyrambique qui le compare déjà à des groupes tels que les Clash, les Libertines ou encore WU LYF. Il suffit d’observer la pochette du disque pour vite se faire une idée des influences punk-rock des quatre ‘branchouillards’ de Big Smoke.

Les débuts de « Palma Violets » suggèrent un potentiel indéniable qui devrait leur assurer un avenir brillant. Un groupe qui ne se noie pas dans la masse des révélations éphémères venues d’Angleterre et qui disparaissent l’instant d’un album.

A l’instar des Libertines, il signe un elpee impétueux doté d’une puissance de choc précoce, non dénué pourtant de grandes mélodies. Ultra-performant sur scène, le quatuor déglingué sera d’ailleurs très vite remarqué par l’écurie Rough Trade.

Cependant, « 180 » présente également un tout autre visage, livrant des mélodies moins spontanées et plus structurées. Une maturité apportée par le producteur Steve Mackey (Pulp), privilégiant l’accessibilité plutôt que l’authenticité brute et délabrée du live qui fait le charme de cette jeune formation. Les deux rives sauvages qui bordent le même fleuve de l’amont à l’aval. Une schizophrénie musicale qui, dans les deux cas, reste de bonne facture.

Car, malgré une production soignée, Steve Mackey est parvenu à préserver l’âme du band et réussit à garder des sons passablement bruts, non raffinés sur l’énervé « Johnny Bagga’ Donuts ». Ici, tout baigne comme dans un bon concert. Les morceaux ne sont pas lisses. Ils présentent d’ingénieuses imperfections sonores (grain grossier, réverb cradingue…) qui donnent plus de profondeur aux titres enluminés du timbre de voix rageur du chanteur (voix souvent comparée à celle de Joe Strummer). Cette plaquette préserve des titres aux paroles simples, courtes et efficaces, taillées dans le roc, conférant aux refrains puissance et charme qui enivre. Le single monstrueux « Best Of Friends », en ouverture, incarne un gothique tourbillonnant, un psych-garage festif aux accents punks donnant la tonalité générale d’un disque qui montre peu de faiblesses.

Hormis le rock standard peu original de « Rattlesnake Highway » et le manque de rigueur de « We Found Love », Palma violets présente un premier album d’une rare qualité. 

Démontrant une inventivité d’une telle teneur et par ailleurs si constante, les quatre jeunes Londoniens viennent de poser les solides fondations d’une carrière qui devrait traverser le temps.

 

PAON

Shine Over Me (Ep)

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Malgré quelques récentes déceptions, la scène rock belge n’est pas encore passée de vie à trépas. Elle présente d’ailleurs toujours de très intéressants soubresauts (NDR : Dan San et BRNS en sont de parfaits exemples) et se fait même parfois incestueuse… En effet, Ben Baillieux-Beynon et Aurelio Mattern, leaders respectifs des Tellers et de Lucy Lucy, se sont associés pour donner naissance à Paon, un animal hybride et bicéphale aux nobles ambitions rock. Et « Shine Over Me », leur premier Ep, laisse dès les premières notes entrevoir de douces et belles promesses… Les 4 titres proposés par les Bruxellois laissent augurer un futur brillant car c’est quasiment un sans-faute sur toute la ligne : depuis « Shine Over Me », caractérisé par sa mélodie 60’s et ses claviers vintage à « My Luck is Gone », titre à l’efficacité pop toute british, en passant par « Instrumental # », une plage instrumentale (NDR : on s’en serait douté !) énergique, balayée par un harmonica, et le mélancolique « Sweet Snow » bercé par un riff de guitare rétro. Un premier effort qui ouvre et prépare assurément nos oreilles pour la suite !

En concert dans le cadre des Aralunaires, le 3 mai, à Arlon.