La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26654 Items)

Le bassiste de WU LYF rouvre son grenier à musique…

Écrit par

Francis Lung, bassiste de ‘feu’ WU LYF, recycle pour le plaisir de nos oreilles. Il nous propose une vieille démo datant de 2009. Un morceau imprégné de son époque, simple et spontanée, qui touche par sa maladresse. Un bel exemple de recyclage réussi dont on risque de reparler prochainement.

Maintenant, à vous de juger : http://youtu.be/OQfxQB8kSGc

 

De la Badoit pour Django Django !

Écrit par

Le dernier single de Django Django, « Wor », sert de support à la nouvelle campagne de pub pour l’eau de Badoit. Il vient également de sortir sous la forme d’un clip. Fasciné par ‘The Infamous Indian Well of Death Riders’, la formation écossaise a fait appel à Noisey pour filmer cette vidéo, en collaboration avec Dave Maclean (batteur et producteur du groupe). Et le tournage s’est déroulé à Allahabad, en Inde.

http://www.youtube.com/watch?v=mvOiFmjExx4

http://www.youtube.com/embed/eatznq5Ti1c

 

Les leaders de Xiu Xiu et d’Oxbow en duo

Écrit par

Jamie Stewart (Xiu Xiu) et Eugene S. Robinson (Oxbow) ont décidé de monter un projet ensemble. Le résultat de leur collaboration devrait paraître ce 28 avril chez Aagoo Records. Et il s’intitulera « Sal mineo ». Vu l’esprit tordu de ces deux zigomars, le résultat d’être épique !

http://xiuxiu.org

http://www.eugenesrobinson.com

http://www.theoxbow.com

 

Le plaisir coupable de The Happy

Écrit par

The Happy est un projet réunissant des membres de Das pop et d’Isbells. Leur nouveau single, « 218 », a été enregistré en compagnie de l’Orchestre Philarmonique de Bruxelles.

Le 29 mars, les Belges dévoileront « Guilty Pleasure » avant une mini-tournée qui passera par le Vooruit de Gand (29/03) et le Beursschouwburg à Bruxelles (03/04).

https://itunes.apple.com/be/album/218-single/id604039282?l=nl

http://www.facebook.com/thehappybelgium

The Happy – Guilty Pleasure

1.Another Day
2.Wishfull Thinking
3.In The Blink Of An Eye
4.218
5.Moonshine
6.Mister Black
7.No a&r
8.Miracles And Wonders
9.Smile
10.Life
11.Young Girl
12.Goodnight

hidden track: Guilty Pleasure

 

Go Butterfly

Go Ahead

Écrit par

C’est l’histoire d’une boulangerie perdue au milieu d’une grande métropole.

On n’y faisait qu’une seule sorte de pain. Blanc, simple.

Fade mais pas infect.

Juste un simple pain, quoi !

Peu de clients y étaient fidèles. Tout au plus l’un ou l’autre riverain trop paresseux pour aller voir plus loin.

Et bien sûr, cette boulangerie n’attirait aucun curieux, puis qu’elle ne proposait rien de spécial à découvrir.

Et le boulanger et la boulangère n’avaient d’ailleurs pas d’autres ambitions, que de contenter ces quelques clients polis qui venaient de temps à autre pour leur petit pain, s’en retournaient avec leur petit pain, pour le garnir de charcuterie sans goût, dans leurs vies sans goût.

Et tout le monde se foutait de cette histoire et continuera à s’en foutre encore longtemps…

 

IAMX

Le petit Prince est de retour...

IAMX, le projet de Chris Corner (ex-Sneaker Pimps), inaugurait sa tournée ‘Animal Impulses’ à l'Ancienne Belgique, le 28 mars dernier. C'est la 4ème fois en 4 ans que la formation réserve cette salle mythique bruxelloise au cours du mois de mars : une belle régularité! Cette tournée sert à promouvoir le cinquième opus du groupe, "The Unified Field", sorti le 15 mars.

Mais c'est d'abord Moto Boy qui ouvre les hostilités. Oskar Humlebo est un bellâtre suédois un peu efféminé qui chante des mélodies douces d'une voix touchante et quasi-religieuse, proche de Jeff Buckley... Que ce soit soutenu par une bande-son ou seul à la guitare, il parvient à attirer l'attention du public, surtout au moment où, délaissant son micro, il vient se planter au devant de l’estrade pour chanter sans amplification. Une découverte intéressante.

Pour son nouveau spectacle, IAMX a disposé, sur le podium, trois écrans vidéo. Un à chaque extrémité et le troisième derrière devant une grande toile qui sert également aux projections. On remarque également la présence d’un fût de bière au milieu du jeu de quilles. Serait-ce un clin d'œil adressé à une des spécialités de notre beau pays ? La clameur du public devient insistante et derrière la scène, on aperçoit l'ombre de Chris Corner qui se sert un verre de vin. Jolie entrée en matière! La formation monte sur les planches pour entamer "Animal Impulses". Un choix étonnant, car la chanson n'est pas vraiment un hit. Egalement tiré du dernier opus, "Sorrow" permet à l'ambiance de monter d'un cran, surtout au moment du superbe refrain. En plus de Janine Gezang, la fidèle complice, aux claviers et au chant, Corner est accompagné de Richard Ankers à la batterie, Alberto Alvarez à la guitare et d'une très jolie blonde aux claviers : Sammi Doll. Le son est excellent et la voix de Corner, forte et cristalline. Par contre, le groupe nous a malheureusement choisi un light-show très minimaliste. Ainsi, la plupart du temps, le spectacle est plongé dans l'obscurité.

Soudain retentit le riff de basse synthé de "Kiss + Swallow" et toute la salle s'embrase. Ce hit imparable date de 2006 et n'a pas pris une seule ride. Chacun se surprend à chanter à tue-tête ‘Echo, Echo, I know it's a sin to Kiss and Swallow’. L'intensité se prolonge sur "Kingdom of Welcome Addiction" et "Tear Garden", au cours duquel Corner se déchaîne aux percussions. Après le très beau "My Secret Friend" et le plus terne "Trials", c'est un nouveau moment phare du concert : "The Unified Field", probablement le titre le plus efficace du nouvel album éponyme. Un beat électro irrésistible, un riff de synthés et des mélodies accrocheuses. Tout y est! La réaction du public est enthousiaste (NDR : voir ici)

Ensuite, le groupe aligne une succession ininterrompue de hits, jusqu'au dernier morceau du set : "The Alternative". Mais IAMX revient bien vite pour trois titres supplémentaires: "I Come With Knives" (NDR : à regarder ), une chanson forte et hypnotique incluant un poème en allemand chanté par Janine Gezang et Sammi Doll, suivi de l'incroyable et très burlesque "President", avant de finir par un "Nightlife" (NDR : à découvrir encore ici) très bien enlevé, qui se termine a capella, à l'unisson avec le public.

Dans la setlist, on remarque l'absence de certains titres phares comme "Spit It Out" ou "After Every Party I Die" mais dans l'ensemble, c'est une bonne combinaison de nouveautés et de 'classiques'. Le groupe est en pleine forme et semble même avoir reçu une nouvelle impulsion grâce au nouvel opus. Evidemment, on regrette la folie qui animait les premiers concerts de Corner en 2006-2007, mais le musicien a mûri et reste quoi qu'il en soit un des meilleurs singers/songwriters des 10 dernières années. Multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et producteur, il a réussi à développer un univers musical étonnant, qui combine avec bonheur des éléments new-wave, funk, dance et indie-pop, soulignant le tout de paroles intelligentes et extrêmement sexy. Le petit Prince est de retour et il assure grave!

Setlist:

Animal Impulses
Sorrow
Kiss + Swallow
Kingdom
Of Welcome Addiction
Tear
Garden
My Secret Friend
Trials
The Unified Field
Cold Red Light
Walk With The Noise
Music People
The Alternative

Rappel :

I Come With Knives
President
Nightlife

(Organisation : Nada Booking & AB)

 

Foals

Holy Fire

Écrit par

Le carton plein est consommé ! « Holy Fire », troisième LP de Foals est celui qui propulse la formation dans la stratosphère. Le décollage initié à la sortie de « Total Life Forever » se confirme. Depuis leur signature auprès de Transgressive Records en 2006, suivi en 2007 de la publication de « Hummer », un premier single bien torché, puis encore un an plus tard d’un « Antidote » ultra addictif, les Anglais n’ont eu de cesse de perfectionner leur art du Math-Rock. Notamment en y incorporant des touches subtiles de Pop, de New Wave et de Post Punk.

Le quintet allume le feu sacré, trois ans après avoir été touché par la grâce sur un « Total Life Forever » de toute beauté. « Holy Fire », à son tour, réunit dix mélopées oniriques révélant une nouvelle fois la maîtrise quasi irréprochable des cinq musiciens. Outre les singles « Inhaler » et, évidemment, « My Number », qui ont largement amplifié les ventes de leur discographie, ce nouvel opus n’atteint certes pas les sommets de somptuosité de « Total Life Forever », mais n’en est pas moins un digne successeur.

La mise en bouche aérienne du « Prelude » déboule sur un « Inhaler » explosif. Un Foals ‘vénère’ qui enchaîne sur un « Miami » bis (« My Number ») et des « Everytime », « Late Night » et « Out Of The Woods » à la fois élégants et atmosphériques. Foals prend son temps. Finie l’urgence distillée sur « Antidote ». Ici, les compos sont de celles qui ne sont pas nécessairement accrocheuses à la première écoute mais qui, tôt ou tard, vous tombent dessus comme une évidence. A l’image d’un « Providence » rageur ou des ballades « Stepson » et « Moon ». 

Grâce à « Holy Fire », Foals se dirige lentement mais sûrement vers les grandes arènes. Des arènes que les cinq gaillards d’Oxford sont maintenant plus que jamais disposés à mettre sur les genoux, fidèles à leur réputation ‘live’. Celle-ci a d’ailleurs été démontrée une fois encore de façon magistrale sur la scène de l’AB le 15 mars dernier. Tout simplement remarquable.

Foals sera de retour en Belgique à deux occasions. Un premier arrêt sur la plaine de Kiewit le 17 août lors de la 28ème édition du Pukkelpop. Et un second rendez-vous au Cirque Royal à Bruxelles, le 11/11. Dépêchez-vous, il n’y aura très certainement pas de place pour tout le monde !

 

Depeche Mode

Delta Machine

Le titre de ce 13ème album du trio de Basildon donne le ton: "Delta Machine". Il évoque le côté ‘blues’, celui du delta du Mississipi et le côté synthétique, pour ‘Machine’. En plus, jolie trouvaille, les initiales ‘DM’ correspondent à celles du groupe. Sorti près de quatre ans après "Sounds Of The Universe", "Delta Machine" a été enregistré l'année dernière en partie à New York et aussi à Santa Barbara. Il a été produit par Ben Hillier et mixé par Flood.

Il est toujours ardu de chroniquer le nouvel album d'un groupe très connu. Il faut pouvoir faire abstraction de ses propres attentes et de la 'machine' de marketing qui matraque ses messages subliminaux. Il faut se concentrer sur la musique, uniquement la musique. Et de ce point de vue, "Delta Machine" est un très bon album. Plus direct, plus organique, plus pop que "Sounds Of The Universe", qui était, lui, très cinématique. "Delta Machine" renoue avec les ambiances de "Violator" (surtout "Personal Jesus") et de "Songs Of Faith And Devotion". On y retrouve ce mélange de blues, de thèmes liés au sexe, à la religion et à l'amour, le tout rehaussé par des sonorités et des mélodies très accrocheuses.

"Welcome To My World" commence en douceur, contaminé par des accents dub. On imagine que DM a viré dubstep ou lorgne vers ce style de musique comme Muse mais non, ce n'est qu'un clin d'œil car la chanson se développe dans un style typiquement synth-pop lent, débouchant sur un très beau refrain chanté en harmonie par Gahan et Gore. On connaissait déjà "Angel", un morceau quasi gospel articulé autour de textures synthétiques très incisives, quasi industrielles. "Heaven" est une des plus belles compositions de Martin L. Gore, un classique basé sur une descente au piano ‘lennonesque’ et sur une mélodie qui évoque aussi Radiohead ("Karma Police"). "Secret To The End" est ici la première composition écrite par Dave Gahan en collaboration avec Kurt Uenala, un musicien/ingénieur du son d'origine suisse et le résultat est ma foi fort bon. C'est un titre typiquement synth-pop, très bien construit, presque archétypique de Depeche Mode.

Changement d'ambiance pour "My Little Universe", qui sonne très assez trip-hop et on pense évidemment à Portishead. Le chant est assez discret, façon crooner et la plage se termine en une construction 'minimal techno' très expérimentale : fun! A nouveau, un virage à 180 degrés et c'est l'intro carrément bluesy de "Slow", à la guitare. Ici, le rythme est louvoyant, très sensuel et le chant est ouvertement sexuel. Une bande-son à essayer pendant la galipette!

Dans "Broken", Dave Gahan démontre à nouveau qu'il est parfaitement capable de composer un classique de Depeche Mode. Tout y est : la rythmique, les harmonies et les mélodies. Le plus étrange, c'est que cette composition sonne plus ‘old school’ que celles de Gore, sensées apparaître comme plus ‘modernes’, plus expérimentales. "The Child Inside" est la ballade calme 'habituelle' chantée par Martin Gore, ici enrichie de jolis motifs synthétiques. "Soft Touch / Raw Nerve" est direct et sans fioriture : une rythmique saccadée, des vocaux libérés et au final, un hit imparable. "You Should Be Higher" est signé Gahan. Dès les premiers accords, on est immédiatement accroché par la base rythmique très sensuelle, qui évoque "Closer" de NIN et le refrain est tout bonnement sublime, aérien et hypnotique : une merveille! 

L'intro et les arrangements de "Alone" évoquent John Foxx And The Maths, surtout dans les arpèges synthés galopantes et les nappes éthérées. La chanson commence en douceur mais se muscle au fur et à mesure pour se clôturer sur un tapis de séquences analogiques. Ensuite, place à "Soothe My Soul", un hit absolu pour pistes de danse. Un beat electro irrésistible, combiné à des mélodies 'catchy' et vous vous surprendrez à monter le volume, puis d'improviser un pas de danse dans votre salon... Ce titre a d'ores et déjà gagné sa place dans la playlist de mon prochain DJ set! En point d'orgue du CD, la boucle est bouclée sur un ton bluesy dans l'intro et le couplet de "Goodbye". Par contre, le refrain est une réelle surprise. Très sixties, il lorgne carrément vers les Beatles voire les Stones ("Goodbye, Ruby Tuesday"). On peut s’attendre à voir le groupe inviter le public à le chanter en boucle, à la fin d’un concert!

En bonus, sur le double Cd et le double LP, figure la seule chanson composée ensemble par Gore et Gahan: "Long Time Lie". C'est un morceau lent, ensorcelant dominé par un refrain très mélodieux et des sons électroniques analogiques très crus. "Happens All The Time", issu de la plume de Gahan et Uenala, s’inscrit dans la même veine ; mais la programmation est un peu moins bien réussie. "Always" est une nouvelle ballade chantée par Gore et le tout dernier titre, "All That's Mine", qui était déjà inclus sur l'Ep "Heaven", prouve la qualité des compositions de Gahan/Uenala. J’estime même qu'il méritait mieux qu'un morceau 'bonus'.

Au moment de tirer les conclusions, on se doit de reconnaître que cet album est une vraie réussite. Les compositions sont brillantes, les arrangements audacieux et inventifs et le son, résolument moderne. Après 30 ans de carrière, les vieux complices n'ont rien perdu de leur inspiration et semblent très heureux d'être ensemble et de repartir sur la route. Pas de doute, Depeche Mode est toujours à la... mode!

Tracklisting :

1. Welcome To My World
2. Angel
3. Heaven
4. Secret To The End
5. My Little Universe
6. Slow
7. Broken
8. The Child Inside
9. Soft Touch/Raw Nerve
10. Should Be Higher

11. Alone
12. Soothe My Soul
13. Goodbye  

Bonus sur le 2CD Deluxe et le 2LP

14. Long Time Lie
15. Happens All The Time

16. Always
17. All That's Mine

La version Deluxe propose aussi un très beau livre de 28 pages de photos réalisé par leur collaborateur artistique historique Anton Corbijn.

 

Vadoinmessico

Archeology Of The Future

Écrit par

Une véritable auberge espagnole, tant culturelle que musicale, c’est la description qui correspond le mieux à ce groupe aux allures de tour de Babel branlante sur ses propres structures.

Mais l’édifice tient bon, contre vents et marées.

Deux Italiens, un Mexicain, un Autrichien, un Anglais se sont réunis sous le ciel plombé insulaire et proposent une Pop décomplexée, baroque, joyeusement bric-à-brac.

Seulement, là où un tel brassage pourrait donner lieu à un bordel insignifiant, voire horripilant, « Archeology Of The Future » apporte une touche de nostalgie à un futur pas encore dessiné.

Certainement enfouis sous des tonnes d’indifférence, Vadoinmessico ressurgira un jour futur et enthousiasmera nos lointains descendants tout à la joie de découvrir qu’au vingt et unième siècle, de joyeux fêlés pouvaient encore se fendre de telles pépites dans un climat plutôt propice à la grisaille.

Un album foncièrement déconcertant et foutrement agréable, même si voué à l’oubli. Loin des modes, doté de sa propre norme esthétique, pluriel et à la fois si singulier.

Une trace intemporelle de l’éclectisme Pop faisant le grand écart entre les Continents du globe.

 

Opossom

Electric Hawaii

Écrit par

Que reste-t-il d’« Electric Hawaii » si on soustrait d’emblée la somme de clichés indéfectiblement liés au son de cet album et si on évite d’emblée les évidents raccourcis ?

Un excellent album de Pop dans son interprétation la plus large.

Faisons donc fi de la fratrie de Kody Nielson, qui serait bien là le seul point à mettre en commun avec Unknown Mortal Orchestra et chassons de nos esprits les encombrants spectres de Brian Wilson et consorts, qui reviennent aux lèvres comme l’écume à la bouche dès qu’il s’agit d’évoquer les sonorités des sixties, le surf et les veillées auprès d’un feu crépitant dans la nuit étoilée.

Car si c’est bien dans cette veine que le poison Opossom se distille avec allégresse, l’album se veut certes quelque peu irrévérencieux mais point iconoclaste.

Brassées dans un bain psychédélique, toutes les influences de ce Néo-Zélandais revenu en ses terres éclatent comme autant de bulles oniriques à la surface d’un océan de fausse candeur.

Car le spectre de couleurs auquel ces dix titres renvoient n’est pas à l’abri de certaines parts d’ombre.

Et si d’entrée, c’est de nos corps que « Girl » prend possession, emmenant dans son sillage un vent de fraîcheur ensoleillé (joli contre-pied pour un disque conçu principalement de nuit), bientôt, c’est de nos esprits que cet elpee aura raison.

Responsable d’un son ample, jouant avec l’espace et le temps, et ses airs de ne pas y toucher, Opossom, à l’instar du marsupial à qui il estropie le nom, colonise un terrain pas forcément gagné d’avance.

Et on ne songerait même pas à l’en déloger !

 

Rikslyd

Ecotone

Écrit par

Tel un iceberg dérivant vers notre Continent, le son de cette jeune Norvégienne, dont le patronyme signifie précisément le son national, glisse imperturbablement entres nos écoutilles attentives à l’approche de ce qui pourrait bien être une révélation.

Pop dans ses gènes mais sans gêne quand il s’agit de mixer les genres, la DJ (connue sous le pseudonyme de Diis Paradis) propose une synthèse de ses influences qui à l’image d’un glacier retenant la lave d’un volcan, laisse exploser ses paradoxes au gré de ses envies.

Projetant en perspective un univers excitant où les styles musicaux se télescopent sous une chape de froid qui n’est que superficielle.

Car une fois au cœur de cette calotte glacière, la température monte d’un cran, frôlant même une transe purement primale propre à exciter les sens les plus introvertis (NDR : l’imparable « All In Love »).

A trop naviguer, l’embarcation s’égare parfois dans des paysages convenus et telles les ondes à la surface de l’eau, l’intérêt se perd peu à peu dans un océan de déconcentration.

Mais un nouvel écart en terres inconnues relance bientôt l’attention.

Soufflant ainsi en alternance le chaud et le froid, Rikslyd évite l’enlisement et suscite assez d’engouement pour que l’on prolonge le désir.

Fourmillant de bonnes idées, « Ecotone » s’avère un objet dansant non identifié, qui titille la curiosité et demande bien plus qu’une écoute distraite.     

 

Doug Macleod

There's a time

Écrit par

Doug Macleod est originaire de New York ; cependant, il a beaucoup bourlingué au cours de son existence. Il s’est cependant fixé à Los Angeles, depuis un bon bout de temps. A l'origine, il se contentait de chanter du country blues. C’est au contact de George ‘Harmonica’ Smith, un prestigieux harmoniciste qui a sévi au sein de la bande à Muddy Waters, mais aussi de Pee Wee Crayton et Lowell Fulson, qu’il a pris de la bouteille. Prolifique, cet auteur/compositeur compte plus de 300 chansons à son actif. Dans l’univers du blues, on le considère comme un narrateur. Son premier album, "No road back home", date de 1984. Depuis, il en a sorti une vingtaine d'autres.

Ce nouvel elpee recèle 14 compositions personnelles. Elles traitent de sa vie et de ses expériences. Il est soutenu par le drummer Jim Bott (NDR : un ancien membre des Mighty Flyers de Rod Piazza et des Fabulous Thunderbirds) et de son fidèle bassiste Dennis Croy.

Quelle excellente entrée en matière que ce "Rosa Lee" ! Doug fait vibrer les cordes de sa National ResoPhonic. Son attaque est rugueuse et nerveuse. La voix est naturellement puissante. Il shoute littéralement son amour pour la dame. "Black nights" est un blues lent chargé d'émotion. Il pense tellement à sa déception amoureuse, que même lorsque l'aube pointe à l'horizon, il est toujours plongé dans la nuit. Le dépouillement de cette plage authentique est surprenant, mais aussi réaliste. Son jeu en picking libère toute sa férocité sur "My inlaws are outlaws". Il parvient à faire souffrir les cordes de sa vieille Gibson C-100. "The entitled few" est un autre blues totalement dépouillé. Doug ne tolère que de timides et lugubres percussions. Il se met en colère, en voyant un automobiliste qui abuse d'une carte destinée aux handicapés pour garer sa voiture. Macleod est attachant tant il arrive à exprimer ses sensations, ses humeurs et ses sentiments. Il les traduit à travers le timbre de sa voix et la tonalité qu'il communique à ses cordes. A l’instar de "Run with the devil". Ou encore d’"I'll be walking on", une piste au cours de laquelle la puissance et la rage de son chant contrastent avec la délicatesse du toucher de cordes. Son approche du réalisme est toujours aussi étonnante sur "East Carolina woman", le récit d’une nouvelle désillusion amoureuse. Ou le dramatique "The night of the devil's road". Enfin, l'artiste crie une dernière fois sa douleur sur "Ghost". Et elle est intolérable !

 

Big Bill Morganfield

Blues with a mood

Écrit par

Bill est le fils de McKinley Morganfield, mieux connu sous le sobriquet de Muddy Waters, l'un des artistes de blues les plus mythiques, disparu en 1983. Son frère aîné, Larry ‘Mud’ continue de perpétuer le fabuleux héritage laissé par Waters. C'est bien plus tard que Bill se rend compte qu’il dispose d’un réel potentiel. A son tour, il se met alors à chanter le blues. Il faudra cependant attendre 1999 pour saluer son début prometteur, intitulé "Rising son". L’artiste embraie ensuite par "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" en 2003. Dès 2009, il fonde son label, Black Shuck, et publie "Born lover", un elpee coproduit par Bob Margolin, un ex-membre du Muddy Waters Band.

L'enregistrement a été réalisé à Nashville. Big Bill se réserve le chant et la guitare slide. Il est épaulé par le bassiste Tom Brill, le drummer Chuck Cotton et toute une série d'invités. Il signe sept des onze plages.

L’ouverture est royale. " Look what you done" baigne dans le climat du Chicago southside de Muddy Waters. Grave et puissante, la voix rappelle également celle du maître. Steve Guyger souffle comme un dieu dans son harmonica. Big Bill chante avec discernement le blues lent "Havin' fun", face à la lourde basse acoustique de Mookie Grill et le piano enchanteur d'Augie Meyers (NDR : Texan, c’est un ex-Sir Douglas Quintet). "Money's getting' cheaper" est également de toute bonne facture. Impeccable, la guitare d'Eddie Taylor Jr s’intègre parfaitement dans l’ensemble, balayé par les saxophones de Jim Horn. Nouvel arrêt dans le Southside, lors du remarquable "Ooh wee", une compo issue de la plume de Willie Dixon. A nouveau, Margolin et Guyger (tellement proche de Little Walter) sont au sommet de leur art, sans oublier Clark Stern, au piano. Ils font littéralement tourner la machine pour obtenir le meilleur rendement. Colin Linden se réserve le bottleneck sur "No butter for my grits". La voix devient grave, sombre et caverneuse. Elle soulève un problème vital : l'absence de beurre dans les céréales du grand Bill. Et cette situation le met en colère… Direction New Orleans pour le séduisant et percutant "Tight things". Tous les instruments s'emboitent à merveille : slide, piano, sax et drums. La slide de Morganfield dirige la manœuvre sur "Devil at my door", une rencontre avec le diable caractérisée par une sortie remarquée de Doc Malone à l’harmo. Très rythmé, enlevé même, "I feel alright again" est un blues qui permet une sortie téméraire du sax de Horn. Swing et jump se conjuguent sur l'entraînant "Another lonely night", une piste alimentée par le piano, les cordes (NDR : probablement celles de Linden) et le honky sax! Cet excellent long playing s’achève par "Son of the blues". Les interventions de slide sont magiques. Mais cette plage trempe dans un climat plus proche de John Lee Hooker que de Muddy.

Lisa Cee

My Turn

Écrit par

Lisa Cee a accompli de respectables études dans le domaine de la musique et des arts théâtraux. Doué d’une très bonne voix, cette chanteuse est aussi capable de livrer toute son âme dans son interprétation. Elle vit à Los Angeles. Ce qui lui a permis de monter sur les planches, auprès d’artistes locaux de blues comme Johnny Mastro et ses Mama's Boys, Canned Heat, Kid Ramos, Kirk Fletcher, Rod Piazza, Robert Lucas ou encore Mickey Champion. Une certaine presse raconte que sa voix et son charisme rappellent de grandes dames du passé ; et en particulier Janis Joplin et Lydia Pense (de Cold Blood) ou encore Bonnie Raitt. Je n'irai pas jusqu’à oser ces comparaisons ; mais il faut reconnaître que Miss Cee est une fameuse vocalise, outre son talent de compositrice.  

En 2005, elle avait publié "Beast of honey". Pour concocter cet opus, elle a reçu le concours de son backing groupe habituel. En l’occurrence, l'excellent gratteur BR Million et le bassiste Mike Highwater, sans oublier Albert Trepagnier et Jim Kersey qui se partagent la batterie.

Le signal de départ est donné par "What good am I", un blues qui rocke vachement bien. Il semble calqué sur "Messin' with the kid", un classique de Junior Wells. Tout aussi nerveux, il est marqué au fer rouge par la guitare de Millon, alors que Lisa reste sur sa réserve. "Fire in the sky" est teinté de funk. La voix domine son sujet. Le tempo est appuyé par le sax baryton de Ron Dzuibla. De toute bonne facture, "Lost you" est un blues lent qui baigne au sein d’une atmosphère dépouillée à l'extrême. Lisa chante face à la guitare réverbérée de Scott Abeyta, le boss du label Rip Cat, alors que le soliste se réserve une nouvelle brillante sortie. Abeyta est toujours au poste pour entretenir le tempo boogie de "Good-bye baby", se frottant aux sonorités plus trash de l’autre gratte. Il ne faut pas oublier que les musicos de Canned Heat, considérés comme les rois de la boogie music, sont issus de la même cité. "Fire" est sculpté dans du pur funk. Lors de cette invitation à se secouer les hanches, la guitare rythmique répète ses accords à l’infini, alors que Dzuibla en profite pour faire hurler son saxophone. Ballade roots sensuelle, "My turn" est illuminée par une superbe partie de slide, signée Scott Abayta. Dansante, "I'll take you there" trempe dans le jazz R&B. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Lisa est drapée de chœurs masculins. La sèche concède des accents manouches. Max Bangwell est une gloire locale. Il se charge des bongos. La basse de Mike fédère l'ensemble. Dès les premières notes de "Right man", on reconnait Johnny Mastro, à la puissance de son souffle dans l’harmo. Mais le leader des Mama's Boys n’empiète jamais sur la voix de Lisa, lorsqu’elle chante ce blues nerveux! Pour votre info, sachez quand même que c’est Mastro qui se charge de la production de cet opus. Très rythmique, le chant est talonné pare la guitare largement amplifiée de Million sur "Stop tryin", un blues climatique. Lent, "Bright shiny world" est un blues chargé d’intensité. Edo Guidotti siège derrière l'orgue Hammond. Féline, la voix de Lisa est de plus en plus furieuse. "Cold hearted woman" prend la direction de la Nouvelle-Orléans. Les percus sont bien mises en évidence. Le chant est plus tourmenté. Lisa et ses acolytes partagent le micro sur le paisible "Evil wind", une piste au cours de laquelle la guitare brille de mille feux. Une surprise ? La cover du "White rabbit" de Jefferson Airplane, une compo signée Grace Slick. La nouvelle version est superbe. Miss Cee chante divinement face au sax impérial de Dzuibla. Excellent, ce long playing s’achève par "Already", un titre folk empreint de tendresse, que Lisa interprète devant le violoncelle de Chris McCarthy.

 

Devon Allman

Turquoise

Écrit par

Si vous aimez le blues, le southern rock ou toute forme de jam session, vous ne pouvez être insensible à tout ce qui touche à la famille Allman. Devon est le fils de Gregg, leader charismatique et intemporel de l’Allman Brothers Band. Originaire de Corpus Christi (NDR : c’est au Texas), il est âgé de 40 balais. Il a été élevé par sa mère, Sjhelley Kay Jefts, mais il a hérité des gènes musicaux de son père.

Il opère ses débuts au cours des années 90. A l’époque, il vit à St Louis, dans le Missouri. Il adoptera un style plus franchement blues, à partir de ses trente ans. Son album favori était "Layla" de Derek and the Dominoes. Eric Clapton en était le leader, mais le groupe pouvait aussi compter sur l’oncle de Devon, Duane Allman, virtuose de la guitare slide. En 1999, il fonde Honeytribe, une formation qui va s’accorder une pause dès 2001, avant de reprendre le collier dès 2005. Au fil des ans, il se produit aux quatre coins du monde. Il publie également deux albums, "Torch' en 2006 et "Space age blues" en 2010. L'année suivante, il rejoint le Royal Southern Brotherhood, un supergroupe de blues rock, au sein duquel militent le chanteur/percussionniste Cyril Neville (NDR : il est issu de la Nouvelle Orléans) et le très prometteur chanteur/guitariste Mike Zito. Le combo grave un elpee éponyme en mai 2012. Mais déjà, fin du mois de septembre, il entre en studio à Memphis, sous la houlette de Jim Gaines, pour enregistrer son premier opus personnel : "Turquoise". Lors des sessions, il a bénéficié du concours d’une section rythmique, soit le drummer Yonnico Scott et le bassiste Myles Weeks, mais également de quelques invités.

"When I left home" ouvre le bal. Une chanson inspirée par la bio de Buddy Guy. Du roots rock de toute bonne facture. La voix rappelle celle du père, mais en moins ravagée. Il est épaulé par Luther Dickinson des North Mississippi All Stars, à la slide. Et ses interventions sont limpides. Mike Zito cosigne "Don't set me free", une excellente ballade soul blues, hydratée par l'orgue Hammond de Rick Steff (de Lucero) et enrobée de chœurs, autorisant une sortie de cordes très cool. "Time machine" est une chanson douce, atmosphérique. Les cordes acoustiques épousent parfaitement la pureté du chant. "Stop draggin' my heart around" est un des sommets de l’elpee. Devon, de son timbre nasillard, et la délicieuse Samantha Fish (NDR : une autre artiste hébergée sur le label Ruf), se partagent un duo tout au long de cette remarquable composition issue de la plume de Tom Petty. Des rythmes latins et africains alimentent "There's no time", une piste caractérisée par des sonorités de guitare réminiscentes de Carlos Santana. Imprimé sur un mid tempo, "Homesick" est un blues rock qui s’illustre par une sortie de cordes originale. Devon dédie "Into the darkness" à son fils Orion, une ballade qui bénéficie du concours de Ron Holloway au sax ténor (NDR : cet ex-Dizzy Gillespie est membre du Warren Haynes Band). Et la dernière ballade, "Turn off the world", baigne dans un climat éthéré…

 

Dave Kelly

We had it all

Écrit par

Dave Kelly est un vétéran du blues anglais. Agé de 66 ans, il a milité chez John Dummer Blues Band et Tramp, des petites formations qui ont forgé la richesse du british blues boom des sixties. Disparue en 1990, sa sœur aînée, JoAnn, était considérée comme la meilleure chanteuse de blues britannique. Memphis Minnie, c’était son influence majeure.

Dave va monter d’une division une décennie plus tard ; et plus précisément en pleine vague punk. Il rejoint alors le chanteur/harmoniciste Paul Jones (NDR : un ex-Manfred Mann) au sein du Blues Band. Le combo va alors publier un nombre incalculable d'albums. Ce qui n’empêchera Kelly de poursuivre une carrière individuelle. I"We had it all" réunit 18 plages inédites, une collection puisée sur une période de 43 ans. C'est dire si notre homme a des racines.

"New Stockyard blues" ouvre la plaque. Dave est flanqué de son DK Band. Une plage immortalisée ‘live’ en 2003. En Suède. Un standard du blues d'avant-guerre imprimé sur un tempo rock'n'roll. Pete Emery, qui était le compagnon de feu Jo Ann, se réserve la guitare. Country blues acoustique, "Needed time" est interprété en duo ; et c’est Eric Bibb qui se charge des vocaux !! "Dust my blues" est un classique signé Robert Johnson. Nous sommes en 1969. A Manchester. Pour cette version ‘live’ particulièrement rare, c’est le légendaire Howlin' Wolf qui chante et souffle dans l'harmonica face au John Dummer Blues Band. Dave s’y réserve la slide. Cette collection puise au sein d’une multitude de styles. Soutenu par les chœurs de Kokomo et balisé par les ivoires de Chuck Leavell, "The River" trempe dans le gospel. Tout au long du "Ramblin' gal" de Hank Williams, la voix de Jo Ann Kelly est troublante. Les interventions de Dave à la slide, sont littéralement glaciales. Country bluegrass, "Passing through" date de 1971. Banjo électrique et violon dominent cette compo concédée par Rocksalt. Ex-Stone The Crows, Maggie Bell est une autre grande dame du blues anglais. Elle chante en duo sur la plage acoustique "Gulf Coast Highway". Les dernières pistes puisent dans un répertoire plus récent. Et épinglent quelques duos. Dont celui échangé en compagnie de Chris Barber, un des pionniers du blues outre-Manche. Il s’y réserve le trombone sur le bouleversant "Mr Estes said". "D-Day blues", ensuite. Impliquant le pianiste de boogie, Jona Lewie. Le "Too young to know" de Muddy Waters, encore. Auprès de son fidèle ami Paul Jones. Et enfin, le traditionnel "Take this hammer". Feu Long John Baldry, un autre artiste inoubliable, est alors le partenaire de Kelly. Dont la carrière est quand même fort riche…

 

IAMX

The Unified Field

Il existe des groupes ou des artistes pour lesquels il est toujours difficile d’être objectif. IAMX appartient à cette catégorie. J'ai toujours été un grand fan d'IAMX, et plus précisément depuis le jour où j’ai assisté à leur set, à Dour, en 2006. Je m’étais déplacé pour applaudir Archive, mais IAMX m'a tout simplement explosé la tête. Chris Corner (ex-Sneaker Pimps), le fondateur et leader de cette formation, est extrêmement talentueux. Multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et producteur, il a réussi à développer un cross-over musical étonnant, qui combine avec bonheur des éléments new-wave, funk, dance et indie-pop, soulignant le tout de paroles intelligentes et sexy. Au final, ce sont des chansons d'une beauté incroyable. Et leurs concerts sont tout simplement dingues.

Intéressant : pour produire ce 5ème opus, Corner a lancé une campagne de 'crowdfunding' via pledgemusic.com, afin de lever des fonds. La réaction des fans a été hallucinante : une heure plus tard, le groupe avait déjà atteint 100% du montant escompté. Le jour de la sortie du long playing, les promesses d'achat culminaient à 800%! Un signe du lien incroyablement fort qui lie cette formation à ses fans.

Jusqu'à présent, Corner avait produit ses albums lui-même, mais cette fois, il a fait équipe avec Jim Abbiss, un Britannique qui a mis en forme le "Becoming X" des Sneaker Pimps ; mais il est surtout connu pour son travail opéré chez Arcade Fire, Adele et Ladytron. Cet elpee, enregistré à Berlin, dans le propre studio ('Turmwerke') de Corner, offre donc un éventail beaucoup plus large d'arrangements que les productions précédentes. ‘Jim a contribué à libérer ma créativité’, a déclaré Corner. C'est pourquoi vous retrouvez ici des instrumentations plus diversifiées, dont le dulcimer, le violon, la flûte, le vibraphone ou le glockenspiel.

Les thèmes des paroles, par contre, n'ont pas changé. Le sexe, la mort, l'amour, l'ivresse narcotique, la décadence, la religion, la politique, l'aliénation et la société moderne sont toujours au cœur des lyrics. Corner avait déjà publié trois vidéos avant la sortie du disque : "The Unified Field", un hit électro très accrocheur, "I Come With Knives", une chanson forte et hypnotique incluant un poème en allemand chanté par Janine Gezang, et "Quiet The Mind", une très jolie berceuse.

Sur l’album, on trouve d'autres plages puissantes et rythmées comme par exemple, "Sorrow", une ode magnifique à la mélancolie et "Walk With The Noise", dominé par un superbe riff de piano ; mais l'ambiance générale est plutôt dans les tempos mi-lents, voire lents. "The Adrenalin Room" propose une atmosphère trip-hop, 'ambient', et identifie beaucoup d'effets sur les voix, tandis que "Screams" se distingue par des sons mystérieux au dulcimer et un refrain aux vocaux très aigus. Une guitare acoustique berce une magnifique ballade intitulée "Under Atomic Skies". Quant à "Come Home", il est très susceptible de vous flanquer des frissons partout. Enfin, "Land Of Broken Promises" évoque une valse aux accents burlesques, qui virevolte au son de percussions folkloriques et de violons manouches.

Pas de doute: ce nouvel opus d'IAMX est à nouveau un chef-d'œuvre. Je vous avais prévenus: je ne suis pas objectif. La seule chose qui manque, c'est un hit comme "Spit It Out", publié en 2007 ; mais vu le soutien de ses nombreux fans dispersés partout dans le monde et le genre de vie qu'il mène à Berlin, je ne pense pas que Chris Corner ait vraiment besoin de retrouver ce succès 'mainstream' éphémère et tellement factice. Achetez ce disque: c'est un ‘must’!

 

Filiamotsa

Sentier des Roches

Écrit par

L’histoire de Filiamotsa débute en 2007, lorsque deux Nancéens se rencontrent, en l’occurrence Anthony (batterie) et Emile (violon). De cette rencontre va naître un concept original et intéressant. Et pour cause, en se servant uniquement d’une batterie et un violon, le duo va explorer les tréfonds du rock-noise. Le groupe a déjà sorti plusieurs elpees et tourne régulièrement à travers le monde. Il s’est ainsi déjà produit aux States, au Canada et en Europe. Il a même partagé la scène de Steve Shelley (Sonic Youth), Oxbow ou encore The Ex, formations ou artiste qui les ont naturellement influencés.

Pour enregistrer leur dernier opus, le tandem a décidé d’élargir le line up du combo, en engageant un second violoniste. En outre, plusieurs invités ont participé aux sessions d’enregistrement. Et notamment Le Chapelier Fou. Il vient jouer du clavier sur « La Porte de la Fontaine ». Ou encore G.W.Sok qui pose sa voix sur « 4GSO ». Une voix qu’Anthony nous fait enfin découvrir (« Cerveaux de famille », « Chiens Déguisés »). Sous la forme de ‘spoken word’. Et c’est une innovation. Découpé en sept morceaux pour 38 minutes, « Sentier des Roches » recèle évidemment ses titres instrumentaux.

Si la formule peut paraître peu accessible, à premier abord, au fil de l’écoute, on se sent comme transporté par l’intensité de leur musique, déchirée entre frénésie et envolées lyriques. En outre, Filiamotsa a le bon goût de ne pas chercher l’expérimentation à tout prix. Et le résultat est tout à fait convaincant…

 

Le Singe Blanc

Aoûtat

Écrit par

A contrario de ses frères primates, Le Singe Blanc a loupé le train de l’évolution darwinienne ou plutôt, il a décidé de ne pas le prendre, préférant vivre ainsi dans son état primaire. Originaire de Metz, en Lorraine, la formation nous repasse les mêmes plats que lors des deux précédents essais, à peu de chose près. Il y a toujours ces deux basses et la batterie, mais les innovations sont surtout à chercher du côté des vocaux. Et pour cause, les onomatopées ont cédé le relais au chant. Particularité, un violon parcourt une compo ; en l’occurrence, « Cheuby ». Sans quoi, musicalement, rien de bien neuf à l’horizon. Peut-être une production plus soignée. M’enfin, pas de panique, les aficionados vont adorer. Pour les autres, il est préférable de passer votre chemin…

 

The Hitman Blues Band

Blues enough

Écrit par

Fondé en 1986, The Hitman Blues Band est drivé par Russel ‘Hitman’ Alexander, un chanteur guitariste new-yorkais. Il avoue pour influences majeures, Elmore James, Buddy Guy, Johnny Winter et Duane Allman. Son blues band réunit une section rythmique, un claviériste et un trio de cuivres.

Son premier album remonte à 2000. Il s’intitule "Blooztown". Un disque suivi par "Angel in the shadows", gravé en 2003 et caractérisé par l’intégration au sein du line up du claviériste Kevin Rymer ainsi que du saxophoniste Michael Snyder. En 2006, paraît "Live at Stonybrook University", un elpee qui bénéficie du concours de Mike Porter à la basse ; et enfin, en 2008, "Pale rider". "Blues enough" constitue son cinquième vinyle. Il recèle onze compositions ‘maison’ réalisées au studio Hot Sound à Brooklyn. 

"Blues enough" est imprimé sur un tempo vivace. Cette compo déménage. Elle est soulignée de chœurs et de cuivres. Rymer est le premier à mettre le nez à la fenêtre sur son l'orgue, mais il cède rapidement le relais à son leader, apparemment hanté par le spectre de Johnny Winter. Plus nonchalant, "Sam the Bluzman" rend hommage au regretté bluesman Sam Taylor, disparu à l’âge de 74 ans, début 2009. Hitman chante ce morceau passionnément mais aussi respectueusement. "Fishing where the fish are" s'ébroue sur des rythmes syncopés. Le piano et les cuivres sont bien présents au sein de ce climat instable. Mais la guitare fait mouche au cœur de cette ambiance néo-orléanaise. Blues de bonne facture, "Backhand drive" pourrait émaner de Chicago, mais aussi d’ailleurs. Une compo abordée dans l’esprit de Buddy Guy voire de Luther Allison, au cours de laquelle la slide est très remuante au milieu des cuivres. Lent, "Every peace of me" est un R&B de toute bonne facture. Le chant est impeccable. Les sorties de cordes et d’orgue sont solides. La guitare libère toute sa sensibilité sur "Streets of downtown", une autre ballade indolente très réussie. Retour à Chicago pour "Everything you do", un bon shuffle à la Elmore James. "Life's too short" évolue sur le Diddley beat. Neil Alexander se réserve l’harmo et Guy Lafountaine affronte les cuivres, de ses drums. Roots blues, "Better glass of bums" véhicule des accents swing et dixieland. Le trombone d'Al Alpert et la trompette d'Eric Altarac s’autorisent un billet de sortie. Encore une ballade R&B :"Deaf, dumb & Blind". Le saxophone brille de mille feux tout au long de cette piste séduisante et cool. Et l’album se referme par un morceau plus agressif, sans doute, à nouveau inspiré par Johnny Winter.   

 

Mike Eldred

61/49

Écrit par

La formule trio jouit toujours de mes faveurs. Et pour cause, son impact est immédiat, tant dans l’univers du blues que du rock'n'roll. Le MET tourne inlassablement près de ses terres. C’est-à-dire du côté de Los Angeles, en Californie. Mike Elder en est le chanteur et le guitariste. Il excelle dans le domaine du rockabilly. On le considère même comme un spécialiste. Sa première idole, c’était Scotty Moore des Jordanaires, le backing band du King Elvis! Il avait tapé dans l'oreille de Brian Setzer et Lee Rocker. Il a d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement de deux elpees gravés par Lee Rocker. John Bazz est préposé à la basse (NDR : formidable nom pour un bassiste !) C’est un des fondateurs des Blasters, un remarquable combo de rockab’. Quant au drummer, Jerry Angel, également un des piliers du band, il a apporté son concours à un nombre incalculable d’artistes ; et notamment les Blasters, Brian Setzer, Doug Yoakam et Leon Russell. En 2012, MET avait enregistré "Elvis Unleaded", un long playing dont les 20 titres issus du répertoire d'Elvis Presley, avaient bénéficié de la participation du mythique Gene Taylor, au piano.

Mile Eldred nous entraîne d’emblée sur les rives du Mississippi. Il est d’abord seul pour chanter "Don't go down there", avant d’être rejoint, à l’instar des work songs de naguère, par les chœurs –féminins et masculins– de l’Emmanuel Church Gospel Choir. Les amplis sont ensuite branchés. Place alors au boogie instrumental, "Jake's boogie". "Louise" est un blues légèrement teinté de jump. Nous sommes à L.A. La plage swingue. Mike est rejoint par une deuxième gratte, celle d'un des ténors locaux du genre, Kid Ramos. Roots song, "Mr Newman" est à la fois cool et immédiat. Délicieuse, la six cordes adopte un profil proche de Mark Knopfler. Rockabilly boogie éblouissant, "She's a rocket" déménage littéralement. Les accords de piano d’Ike Turner sont sautillants. Il est insatiable derrière ses ivoires. Jeff Turmes tire son épingle du jeu au sax baryton. Ike est toujours au poste pour "Jimmy, Jimmy", un rock'n'roll infernal. Très lent, "Ruby's blues" est un blues instrumental réminiscent des exercices de style opérés par Ronnie Earl. Plus roots et laidback, "Ms Gayle's chicken house" est un autre instrumental. Il bénéficie de la collaboration de Scotty Moore en personne. Le rythme agite à nouveau "For a girl", une compo bien texane soutenue par Riley Osborne à l'orgue Hammond. Somptueuse ballade, "This old train" fleure bon le sud, mais du côté de la frontière mexicaine. Les arrangements vocaux sont savoureux. Cesar Rosas (Los Lobos) se charge des cordes acoustiques. Ce long playing privilégie manifestement le blues. Eldred est vraiment brillant tout au long d’"I ain't comin' back", une compo balisée par le riff de "Help me". Le swing développé par John et Jerry pousse Mike au sommet de son art, sur le west coast jump, "Looke here". "61/49" évoque le célèbre carrefour de Clarksdale, dans le Delta, au croisement des highways 61 et 49. Un ‘crossroad’ légendaire où le mythique Robert Johnson aurait vendu son âme au diable. Ce morceau rend hommage à Delta blues. Eldred se réserve le bottleneck. Sa voix est particulièrement expressive. Une œuvre d’excellente facture…