La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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J Mascis

What Do We Do Now

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« What Do We Do Now » constitue le cinquième elpee solo de J Mascis, mieux connu comme leader de Dinosaur Jr.

Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques collaborateurs, dont Ken Maiuri (originaire du Massachusetts, il milite actuellement chez les B-52's) aux claviers et Matthew Dunn à guitare slide et steel alors que Jay, outre les parties de guitares, s’est également réservé les drums.

Le timbre vocal croassant colle parfaitement aux thèmes de l’elpee qui traitent du chagrin, de la perte, de la communication, de la compréhension et de l'acceptation, tout en exprimant à la fois la tristesse, la tendresse et l'optimisme et reflétant les questionnements de J Mascis sur sa vie et sa carrière.

Mais si la trame des compos est acoustique, Mascis vient régulièrement y incruster des solos de guitare électrique épiques aux accents très seventies.

Sleater-Kinney

Little Rope

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Symbole du riot grrrl, par excellence, Sleater-Kinney est un groupe féminin de punk rock, originaire d'Olympia, dans l'État de Washington. Depuis le départ de la drummeuse Janet Weiss, en 2019, le line up est réduit à un duo réunissant les deux chanteuses/guitaristes Corin Tucker et Carrie Brownstein.

Onzième elpee, « Little Rope » constitue le plus sombre de Sleater Kinney. Et pour cause, lors des sessions d’enregistrement, elles ont appris que la mère et le beau-père de Carrie Brownstein avaient été victimes d’un accident de voiture mortel…

C’est d’ailleurs Corin qui assure le lead vocal, soutenant son amie Carrie qui traversait une période difficile. Sa voix titanesque et sa conviction féroce constituent les points d'ancrage de « Little Rope », depuis le cri de ralliement au quasi-chuchotement.

Si sur cet opus, le duo a réussi à capturer les émotions complexes de notre époque et le processus délicat du deuil, en se servant d’une écriture tendue associée à des textures de guitare énergiques, des voix en contrepoint et des nuances pop, certains morceaux sont trop ternes et ne parviennent pas à sortir d’une certaine prévisibilité…

The Black Keys

Ohio Players

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On connait surtout les Black Keys pour leur blues-rock-garage qui s’est parfois bien enfoncé dans le glam, mais pour ce 12ème long playing, Dan Auerbach et Patrick Carney ont invité des tas de collaborateurs aussi bien pour jouer d’un instrument, pour composer que pour produire ou mixer. Parmi ces invités figurent Noël Gallagher, Dan The Automator, Juicy J, Lil Noid et la liste est loin d’être exhaustive. Il y en a bien une quarantaine.

Finalement sur ce disque, on y rencontre peu de blues ou de garage, mais de la soul, du hip hop, du surf, de la pop 60’s (The Beatles en tête) et surtout du funk guilleret dans l’esprit de Beck. Ce qui s’explique puisque ce dernier a co-écrit la moitié des titres et joue de plusieurs instruments tout au long de l’album.

Il y a bien quelques exceptions, comme ce « Live Till I Die » une compo très susceptible de rappeler Neil Young et le blues/rock élégant « Please Me (Till I’m Satisfied) », mais en général, les compos du douzième album des Black Keys souffrent d’un trop grand maximalisme, un peu comme si les protagonistes avaient voulu entasser un maximum d’idées dans les 14 titres.

Tagada Jones

TRNT - Best-of - 1993-2023

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L’heure du ‘Best Of’ a sonné pour les trublions punk hardcore de Tagada Jones. A l’heure de fêter leurs 30 ans et 10 albums au compteur, les Rennais ont choisi de nous offrir une compilation avec une particularité : celle d’une relecture musicale de leurs tubes emblématiques réenregistrés et réorchestrés, notamment en compagnie des Bidons de l’An Fer ou d’un quatuor à cordes, sans oublier un inédit (« Le Poignard »), qui démontre que les interprètes de « Mort Aux Cons » préparent déjà la suite !

« TRNT - Best of 1993-2023 » (trente ans déjà pour les non-initiés) nous propose 15 morceaux repensés... et un inédit, en un peu plus de 54 minutes, qui pètent le feu. Aux antipodes d’une simple compilation, cet opus concentre tout ce que représente Tagada Jones depuis ses débuts : rester fidèle à son indépendance et à des principes tels que l’absence de concessions, le politiquement incorrect et une véritable conscience sociale.

Piochant dans le punk, le hardcore voire le métal avec un certain sens de la mélodie, Tagada Jones est un phénomène inédit francophone partageant l’ADN des Béruriens Noirs, des Sheriff, de Parabellum et le goût fougueux de The Exploited ou de Bad Religion, tout en incarnant personnifiant la rage et la ténacité. Il s’est construit sur une base solide en explorant, au cours de sa carrière, différents paysages musicaux.

« Le Dernier Baril » est un des hits sauvages de la formation parmi les plus récents. Il a bénéficié d’un mixage qui fait rebondir les notes contre les parois en fer de bidons d'or noir.

Totalement dépoussiéré par un hardcore vif et clair (vif éclair en somme), « Zéro de Conduite » est l’occasion de remonter aux premiers tubes du combo, avant les trois derniers long playings qui ont achevé de propulser Tagada Jones parmi les bulldozers de la scène alternative française.

Si le très électro/rock « Manipulé » ne nous rajeunit pas, « Le Poignard » (la vidéo est à voir et écouter ) plante un inédit susceptible de nous faire patienter jusqu’au successeur de « A Feu Et A Sang ». Rapide, revanchard et jouissif, ce punk-rock puissant suggère un Bad Religion à la française et serait bien capable de nous fera sautiller tels des démons dans les futurs circles-pit. Dans la même veine, le réenregistrement du punk « Combien De Temps En Cordes » (le clip est disponible ici), arrangé au violoncelle, est surprenant. Cette intervention parvient à puiser le spleen qui est en nous. Du punk symphonique ? Fallait oser, et c’est réussi.

« Nation To Nation » émarge davantage au rock indus. Intéressant, le chant british affiche ce côté rugueux sur les angles(ais).

Beau bilan de carrière pour Tagada qui possède toujours la hargne et la fougue d’une jeunesse toujours d’actualité.

 

Hazlett

L’ossature tremblante de Hazlett…

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Après avoir écrit et joué dans différentes sections rythmiques pendant la plupart de ses années de formation, Hazlett a trouvé une maison créative en Suède. En effet, il a emballé ses affaires et réside maintenant à Stockholm. Il a fondé son projet solo là-bas avec l’aide d’un ami proche et producteur Freddy Alexander.

Après avoir gravé son premier elpee, « Bloom Mountain », suivi de l’Ep « Goodbye To The Valley Low », en 2023, Hazlett vient de sortir son nouveau single, « Bones Shake ». Un fond entêtant de guitares fragmentées et des paroles sincères sont à la base de cette chanson folk sur le passage à l'âge adulte, culminant dans un refrain turbulent mais aérien qui sonne comme un exutoire de sentiments refoulés.

Né en Australie, fleuri en Suède, ce nomade des temps modernes a tourné en Europe et en Australie. Aujourd’hui, il est un musicien en pleine ascension. Il prévoit également un nouvel album pour l’an prochain.

La vidéo de « Bones Shake » est à voir et écouter

 

 

Arshid Azarine

La vorticité d’Arshid Azarine…

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Pianiste de jazz, chanteur et compositeur franco-iranien, Arshid Azarine est l'un des grands représentants du jazz persan en France.

Son quatrième elpee, « Vorticity », est paru ce 12 avril 2024. Il est imprégné à la fois des événements qui viennent de se dérouler en Iran, de sa vie personnelle et de ses deux passions inséparables : la recherche en imagerie cardio-vasculaire et le jazz d'inspiration persane.

Cette dernière année a été surtout marqué par un engagement d'Arshid Azarine au sein du collectif Barayé, constitué en octobre 2022, en soutien au mouvement Femme, Vie, Liberté.

Après trois albums qui l'ont amené à se produire dans de nombreux concerts et festivals internationaux on le retrouve, pour ce long playing, avec ses deux partenaires de toujours : Habib Meftah aux percussions et au chant ainsi que Hervé de Ratuld à la basse.

En ce sens, cet LP composé de neufs titres, promet une expérience sensorielle, touchante et poignante. « Vorticity » n'est pas un album de musique ordinaire : c'est un phénomène en soit. Une œuvre de création totalement singulière dans son expression la plus pure.

Pour le titre maître, il a reçu le concours de Golshifteh Farahani. Le premier son de cette compo est une note de piano très grave. Cette note initiale, alarmante, se transforme ensuite en un motif captivant, beau, doux... mais aussi inquiétant, puisqu’il s'agit en réalité d'une pulsation, d’un bruit de scope, familier pour un médecin mais totalement inattendu ici, surtout lorsque la basse entre en jeu et que les percussions se font entendre en un 6/8 tragique, comme les danses transes funèbres en 6/8 de Bushehr, ville natale de Habib Meftah.

Le clip de « Vorticity » feat Golshifteh Farahani est à découvrir

Itiberê Orquestra Família da França

Un live pour l’Itiberê Orquestra Familia Da França !

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L’Itiberê Orquestra Família da França a sorti son elpee « Live In Paris », ce 19 avril 2024, un projet réunissant 23 musiciens, dont 18 Français de jazz et 4 Brésiliens parmi lesquels figurent dont Ajurinã et Mariana Zwarg, sous l’égide d’Itiberê Zwarg, très proche collaborateur d’Hermeto Pascoal. A l’initiative du saxophoniste Benoit Crauste, ce projet a vu le jour lors du Festival Sons d’Hiver en 2022.

Le collectif avait accordé deux concerts dont on retrouve l'essentiel sur le disque aujourd'hui.

Cet opus concrétise le rêve d’un échange culturel fort autour d’une musique instrumentale innovatrice, symbole de l’amitié entre la France et le Brésil. On peut également plonger dans les coulisses de l'enregistrement avec une vidéo signée du réalisateur Clément Crauste.

Bassiste historique, considéré comme l’un des grands artisans du renouveau de la musique instrumentale brésilienne et principal collaborateur de Hermeto Pascoal, Itiberê Zwarg affirme la dynamique d’un orchestre effusif, jouant sans cesse avec l’esprit de célébration rituelle de la musique, source de vivacité et d’extase, source agitée par la transmission orale et collaborative.

La vidéo de « Live In Paris » est disponible ici

 

 

 

Suif

Hollow (Ep)

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Suif, basé à Bordeaux, a débuté ses premières répétitions en 2019. Puis la crise de la COVID a freiné son élan.

En 2021, les musiciens se réunissent à nouveau et se produisent lors de quelques festivals en France.

Son deuxième Ep, « Hollow », est paru ce 14 février 2024.

Un premier album devrait voir le jour prochainement

Une voix mélancolique, une basse rêveuse et des riffs de guitare déchirants : le clip consacré à « Hollow » est disponible .

Podcast # 29 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Ischia

Sleep (single)

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Ischia, c’est le nom d’une île sise dans la baie de Naples, mais aussi un quatuor viennois capable de nous entraîner dans des endroits mystérieux. Si les harmonies peuvent se révéler ténébreuses, elles ouvrent un univers sonore complexe qui navigue quelque part entre shoegaze, dream pop, jazz, bossa nova et rock indé, au sein duquel les guitares brutes rencontrent des refrains accrocheurs. Quant aux textes, ils fustigent le patriarcat et la soi-disant méritocratie. Et ce n’est pas le moment de dormir !

Intitulé « Leave Me To The Future », l’album sortira ce 13 septembre 2024.

« Sleep » est disponible sous forme de clip ici

Podcast # 29 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Jean-Marie Aerts

Décès du producteur Jean-Marie Aerts, ancien guitariste de T.C. Matic…

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Le guitariste et producteur belge Jean-Marie Aerts, connu comme ancien membre de T.C. Matic, est décédé à l'âge de 72 ans, après une longue maladie.

Aerts a été le guitariste et le bras droit d'Arno Hintjens dans T.C. Matic, un groupe qui a marqué les années 80 avec des succès comme « Oh la la la » ou « Putain putain ». Il a aussi produit plus de 200 albums belges et internationaux, notamment pour Urban Dance Squad, De Kreuners, Arbeid Adelt !, Raymond van het Groenewoud et Jo Lemaire.

Aerts a été salué comme un héros et un monument de la musique pop belge par le journaliste et mélomane Jan Delvaux. Il a également contribué au récent spectacle de danse d'Anne Teresa De Keersmaeker. Son travail auprès d’Urban Dance Squad a été reconnu comme une source d'inspiration pour des groupes comme Red Hot Chili Peppers et Rage Against The Machine.

RIP

Gabriel Rios

Latino !

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Gabriel Rios a annoncé la sortie d’un sixième album, « Playa Negra ». En attendant, il se produisait ce vendredi 19 avril à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Sur cet elpee, le plus Belge des Portoricains y chante exclusivement en espagnol. Et rien que des chansons originales. Il remet ainsi ses racines au centre de ses thématiques en plongeant dans ses influences artistiques de base tout en se renouvelant et en affichant une nouvelle facette de sa personnalité à la fois attachante et généreuse. Dans la suite de « Flore », cet opus recèle de véritables hymnes à la musique d’Amérique latine et des Caraïbes. Des morceaux qui remontent à l’enfance de son père et de son grand-père et que ces derniers auraient adoré l’entendre chanter. Une concoction enivrante à la fois nostalgique et iconoclaste qui redécouvre une culture musicale qu’il a laissé derrière lui depuis plus de vingt ans.

Le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par une autre Gantoise, Eistear, une jeune auteur/compositrice/interprète… de grande taille. Elle joue de la guitare électrique ou semi-acoustique, en fingerpicking. Elle a entamé son parcours musical au Conservatoire de Gand où elle a appris le chant classique et la guitare. En 2021, elle décide de se lancer en solo et écrit ses propres compos. Ce qui caractérise cette artiste, c’est son approche franche de l’écriture de ses compos. A travers ses paroles sincères, elle déverse le spleen de son âme, en toute humilité.

Sur les planches, elle pratique un folk délicat, légèrement teinté d’americana et de country… probablement inspiré de Joni Mitchell, First Aid Kit et Alela Diane.

Dans sa setlist figure de nouveaux morceaux extraits d’un futur Ep, deux de ses singles, « All This Beauty » et « Little Thing », mais pas de trace de son nouveau, « Pedacito De Papel », qui lui, devrait figurer sur un album en préparation.

Elle achève enfin sa prestation par « Alfonsina Y El Mar », une composition interprétée intégralement dans la langue de Cervantès…

Setlist : « Empty Town », « All This Beauty », « Fall », « Little Thing », « F. Wattz », « The World Keeps Turning », « Alfonsina Y El Mar ».

Gabriel Rios grimpe sur l’estrade, armé de sa gratte semi-acoustique. Au bas de sn pied de micro, on remarque la présence d’un instrument à percussion électronique.

Il est soutenu par son fidèle multi-instrumentiste Ruben Samama (guitare flamenco semi-acoustique, piano, contrebasse).

La setlist est principalement constituée de morceaux issu du futur opus, qui ne possèdent pas encore de titres définitifs. Pour l’instant, ils sont encore à l’état de démo (dixit Ruben) et le choix final sera posé à l’issue des sessions d’enregistrement.

Après le morceau d’ouverture indéterminé, le duo embraie par « Flore », titre maître du dernier elpee, sorti en 2021. L’auditoire connaît les paroles et les reprend en chœur. Place ensuite au single « Pedacito De Papel », paru ce 4 avril, qui figurera, bien sûr, sur « Playa Negra ».

De temps à autre, Ruben pousse un cri ; et notamment lorsqu’il siège derrière les ivoires. Rios en profite pour frapper sur le corps de sa gratte en guise de percussions. Mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, la musique ne manque pas de charme, mais aujourd’hui elle baigne inévitablement au sein d’un climat latino, dans la parfaite continuité de l’album « Flore ».

Au cours de son show cosy et intimiste, Rios et son compère dispensent encore des titres comme « La Torre », « El Diablo », « Vagabundo » et « Panteón De Amor ».

Alliant tendresse, technique, qualité et simplicité, Gabriel Rios, musicien talentueux, chic, sexy et à la bonne humeur légendaire, séduit toujours autant sur disque que sur scène ; et ce soir il a permis à notre esprit de voyager du côté des Caraïbes et de l’Amérique latine…

Enfin, en rappel, on aura encore droit à « Broad Daylight », « Mujer Divina » et « Gold » …

Gabriel Rios - Pedacito de papel (acoustic session backstage at AB, Brussel) (youtube.com)

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)

Gia Ford

Le coup de cœur de Gia Ford

Enregistré à Los Angeles dans les célèbres Sound City Studios sous la houlette du légendaire producteur Tony Berg, "Loveshot", le nouveau single de Gia Ford, débarque avec son allure sexy, des riffs de guitare funk, des synthés ondulants et une confiance en soi à toute épreuve.

La chanson commence par des images d'une myriade de personnages s'affairant dans une rue animée. Il y a un vieil homme qui distribue des fleurs, ignoré par les banlieusards, un prédicateur prisonnier de la religion et une jeune fille forcée de grandir trop vite, essayant de naviguer dans le monde qui l'entoure. Gia explique : ‘‘‘Loveshot’’ s'intéresse à la race humaine et aux histoires que nous créons, et pose la question de savoir comment nous pourrions nous concentrer sur l'amour plus que nous ne le faisons aujourd'hui.’

‘’Loveshot" est le dernier d'une série de singles tirés du premier opus de Gia, dont le titre n'a pas encore été dévoilé. Il démontre qu'elle est capable de créer des chansons comme aucune autre artiste de sa génération. Ses précédents albums, "Poolside", "Alligator" et "Falling in Love Again", ont été salués par la critique, notamment par The Independent, Rolling Stone UK, DIY, NME, Clash, Dork, The Line of Best Fit et 6 Music.

Gia Ford a assuré les premières parties des concerts de Marika Hackman lors de sa tournée au Royaume-Uni et en Europe. Cet été, la séduisante chanteuse sera sur scène dans les festivals du Royaume-Uni, en commençant par le festival The Great Escape de Brighton, après avoir été sélectionnée comme l'une des cinquante meilleures chanteuses, ainsi qu'à Get Together, Latitude, Green Man Festival, Rock’N’Roll Circus et d'autres encore qui seront annoncés ultérieurement.

Grace à ses sonorités intemporelles et sa capacité à transmettre des émotions brutes à travers ses paroles et sa voix obsédante, elle est aujourd’hui considérée comme une visionnaire de la pop alternative.

Le clip de ‘‘Loveshot’’ est disponible ici

 

 

MAQUINA.

Les finances de MAQUINA.

Le deuxième single de MДQUIИД., "Body control", issu de son nouvel elpee à haute teneur en énergie, "Prata", est paru ce 5 avril 2024.

S'inspirant de la répétition minimale du krautrock, de l'EBM et ou encore de la techno industrielle, le trio lisboète explore les frontières de ces genres avec force, créant un son chargé d'adrénaline qui convient aussi bien aux arrière-salles sombres et moites qu'aux pistes de danse. Ouvrant l'album, ce morceau donne le coup d'envoi avec une intention déclarée, en s'appuyant sur une ligne de basse propulsive, qui prend de la vitesse avant de se transformer en un chaos frénétique sous haute tension.

Le groupe déclare : ‘Là où chaque battement devient un témoignage du langage du mouvement, les paroles sont une ode à la musique corporelle - la dévotion du corps pour la musique, la transmission d'énergie à travers les gens quand la musique est jouée, la synergie inexplicable qu'elle crée entre le public et l'artiste.’

Bien que le son du band puisse avoir les clubs en ligne de mire ("Prata" suit son premier Ep, paru en 2023, intitulé "Dirty Tracks For Clubbing"), il s'agit d'une musique de danse organique qui est à la fois punk et psychédélique, jouée par une formation power trio guitare-batterie-basse qui fonctionne à plein régime, sans aucun synthétiseur. Ayant déjà acquis une réputation notoire au Portugal pour l'énergie débordante de ses concerts (comme en témoigne la vidéo live diffusée par Canal180), ce n'est pas une mince affaire de reproduire cette intensité en studio, mais sur "Prata", la formation y est parvenue grâce à une approche créative largement basée sur l'improvisation, à la fois sur scène et en studio.

Le combo décrit "Prata" comme suit : ‘Cet album a été composé spontanément en studio tout au long de l'année 2023. On assemble les sons pour faire du bruit et on pousse le bruit pour faire des sons. La musique insuffle la vie dans des toiles auditives, peignant des panoramas sonores qui aboutissent dans un monde d'expériences immersives’.

Pour promouvoir cet opus, MДQUIИД.. est actuellement en tête d'affiche en Espagne et au Portugal et partira bientôt en tournée européenne.

Le clip de "Body control" est disponible

 

 

Black Paper Plane

Release party à Tournai pour Black Paper Plane, ce samedi 20 avril…

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Black Paper Plane est un groupe de rock alternatif qui puise ses influences dans la pop, le post-rock et le stoner. Formé en 2017, le groupe a rapidement sorti son premier Ep, et a depuis joué de nombreuses dates en concert. Le single, "Home" (clip à revoir ici) est sorti en décembre 2021, et le suivant, « Black Box » (vidéo à découvrir ) en septembre 2023.

Son nouvel Ep, « From the dark and beyond », paraîtra ce 20 avril 2024. Il y propose un rock alternatif mélodique et puissant inspiré par le post-rock, la pop et le stoner.

Dans le cadre de sa ‘relase party’, la formation accordera un concert gratuit ce samedi 20 avril 2024, Place St Pierre à Tournai.

 

Joe BeL

Family Tree

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Votre serviteur doit avoir assisté à une dizaine de concerts accordés par Joe Bel, une Lyonnaise aux cheveux roux et aux yeux noisette qui lui avait d’ailleurs accordé une interview en 2015.

« Family tree » constitue son second elpee. L’arbre familial est un arbre généalogique remontant jusqu’au XVIIIe siècle, mais surtout se réfère au grand-père paternel, Narcisso, né à Izmir en Turquie en 1916 et décédé en 1995, alors que Joe n’avait que 8 ans. Elle lui rend hommage en expliquant simplement son histoire dans « Ladino » (la langue des Juifs séfarades espagnols). Elle raconte qu’il parlait cet idiome avec les parents de l’artiste, mais pas avec elle. Et utilise le même langage tout au long de « Morenika », une chanson douce, touchante et surtout très belle comme elle seule est capable de la chanter, en s’accompagnant à la sèche. Elle pourrait chanter en allemand ou en japonais, en grec ou en turc (pour faire référence à ses origines) tellement sa voix traverse les frontières, les sons, les langues. Mais elle interprète les autres morceaux en anglais ou en français.  A l’instar de « Your Own Hands » qui ouvre cet album, « The Secret », « Montréal » et « Two Weeks », autres plages à épingler au cours desquelles son folk empreint d’émotion, aux mélodies entêtantes et aux couleurs méditerranéennes touche délicatement les cœurs…

Hildebrandt

Will

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Après avoir gravé « Les Animals » et « îLeL », Wilfried Hildebrandt, aka Hildebrandt, nous propose son troisième elpee « Will », une œuvre au cours de laquelle il allie mélancolie, douceur et ironie.

Au début, depuis son petit studio sis près de sa ville natale, le Rochelais postait, sur les réseaux sociaux, de petites vidéos à voix nue sur instrument brut, des clips reflétant sa simplicité, sa clarté, sa sincérité et sa générosité.

Lescop l’a remarqué le premier et lui a indiqué qu’il pourrait, un jour, produire un de ses albums. Ils sont devenus amis et non seulement Lescop a mis en forme ce « Will », mais il a construit une véritable colonne vertébrale aux douze compos à l’aide du piano, des chansons aux mélodies simples, sans arrangements électroniques ; des airs à fredonner et des paroles faussement désinvoltes.

Wilfred a des choses à raconter. Dès « A Part Ça », il initie une électro/pop hautement relevée, à l’aide de mots sensibles et poétiques. On doit tout repousser, remettre les projets à plus tard pour chérir l’urgence, pour se sentir vivant dans les tripes. Ensuite, il faut relativiser reconnaître que l’on ne va pas si mal en se préservant des angoisses.

« Rater Sa Vie « l’inspire et se sert de petits gimmicks attractifs. Il se passe d’idéal. Son duel vocal, sur le refrain, est vraiment superbe.

Bien en rythme, « On Voit Mieux La Nuit » est à la fois dansant, tendre et classieux.

Sur le plus mélancolique « Pour L’Apparat », il s’interroge sur l’utilité des artistes et leur travail de création tandis qu’il est justement rejoint par Buridane, dans sa recherche de vérité brute pour « Tu Ne Mens Jamais ».

Tout au long de « Méfie-Toi », l’ironie et la détermination mènent la danse. Cette ballade aux allures de fin de bal des années 60 monte en crescendo avant de s’élancer vers des guitares presque noisy.

« La Soif » évoque l’amour charnel qui s’inscrit dans le temps.

Le titre maître va à l’essentiel, l’artiste espérant que chacun y trouve un écho personnel. Pour Wilfried, une musique qui se fredonne est une musique réussie…

 

The Maniax

Before The End

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Fondé en 2019, The Maniax est une formation originaire d’Audincourt en région Bourgogne-Franche-Comté.

« Before The End » constitue son premier long playing. Toutes les prises ont été réalisées en live afin de de conserver l’énergie libérée sur les planches.

Sa musique oscille de l’alt rock au surf, en passant par le stoner. Une exception qui confirme la règle, « Dance Macabre ». A cause de la voix qui entraîne la solution sonore vers le métal âpre.  

Sur cet elpee on y rencontre des riffs puissants à la Billy Talent, les distorsions profondes de Mastodon et les mélodies inaltérables de Dick Dale. De l’orgue Hammond, également. Les influences ne suffisent pourtant pas à étouffer la singularité du band qui concocte ici un rock sombre, mélancolique, parfois détraqué, au climat trouble et très cinématographique. Rien que des titres comme « Portrait Of A Murderer » et « Sortilège » ne peuvent que confirmer cette impression.

Ce concept album nous plonge dans le Londres du XIXème siècle, celui de l’Angleterre victorienne d’Edgar Alan Poe, des ruelles sombres, mal éclairées, effrayantes et mal famées de Whitechapel dans l'East End, où à sévit, en son temps, Jack l’Eventreur, et raconte l’histoire d’une femme vouée à un destin funeste, de l’adolescence jusqu’à sa mort. Elle finira par se convertir à la sorcellerie pour s’émanciper de sa condition d’être humain, et de femme également, puisqu’elle n’avait aucune place dans ce monde. Paru en single, « Wrong Book » a bénéficié d’un clip vidéo (à voir et écouter ), et nous entraîne au sein d’un univers fantastique digne du romancier. En outre, il est en parfaite adéquation avec la musique du band.

Très réussi, l’artwork est signé par Julian et Alex du studio Vaderetro.

 

Hollow Coves

Convainquant !

Écrit par

Ce dimanche 14 avril, l’Ancienne Belgique est en configuration ‘Ballroom’ pour accueillir Hollow Coves, un groupe australien, issu de Brisbane, très exactement.

Fondée en 2013 par les auteurs, compositeurs et chanteurs, Ryan Henderson et Matt Carins, cette formation pratique un indie folk, caractérisé par de superbes harmonies vocales à deux voix.

A son actif, quatre Eps et deux elpees, dont le dernier, « Nothing To Lose », est paru en mars dernier. Le band avait fait salle comble à l’AB Box, il y a 2 ans.

Le supporting act est assuré par Garrett Kato, un Canadien émigré en Australie.

A ce jour, il a gravé trois long playings : « Small Town Ritual « (2022), « Hémisphères » (2020) et « That Lown Lomesone Sound (2018).

Il débarque sur les planches, coiffé d’une casquette de basketteur et armé d’une gratte semi-acoustique. En 35 minutes, il va nous réserver 6 morceaux et notamment une compo écrite en l’honneur de son chien. L’artiste raconte que son canidé aime les belles femmes, tout comme son propriétaire. Ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire. Il empoigne ensuite un harmonica qu’il présente comme son collaborateur sur scène.

Il bavarde beaucoup entre ses chansons ; mais quoique agréable, son set s’avère monotone…

Place ensuite à Hollow Coves.

Le décor est simple : une tenture est tendue en arrière-plan. Elle changera de couleur en fonction des morceaux. Installé au plafond, le light show émane d’une armée de spots.

Deux estrades, l’une à gauche, l’autre à droite, légèrement de biais, sont destinées à accueillir, respectivement, le bassiste et le drummer.  

Ryan Henderson s’installe derrière son clavier, mais au cours du set, il va surtout se servir d’une guitare semi-acoustique. Armé de sa sixcordes électrique, Matt Carins se plante au centre de la scène.

Le bassiste ne tient pas en place. Il déménage et pas seulement littéralement. Pendant « The Woods », il s’installe aux avant-postes et vole carrément la vedette aux deux leaders. Mais, la plupart du temps, il s’établit une véritable communion entre les artistes et les premiers rangs.

Avant « Evermore » les comparses divisent la salle en deux. La partie de gauche est invitée à reprendre le refrain en compagnie de Ryan, alors que Matt entraîne celle de droite. Et le résultat, guidé par les deux superbes voix du duo, est remarquable. Le hit « Photographs » est de la même trempe. A l’invitation des deux compères, les smartphones s’allument dans la salle pour créer un univers parsemé d’étoiles.

Pendant « Anew », Matt incite la foule à s’accroupir et puis à jumper. Toute la fosse obtempère. Tout au long de « The Open Road », Matt souffle dans son harmonica et l’auditoire est tellement enflammé par cette intervention, qu’il n’arrête pas d’applaudir. Cocasse, la formation embraie brièvement par « Les 4 saisons » de Vivaldi.

En rappel, le band nous réserve « Costaline », la compo qui lui a permis de se faire connaître à travers le monde. Et le show de s’achever par le magnifique « Milk & Honey ».

Une prestation convaincante aux morceaux bien construits et raffinés par des harmonies vocales surprenantes qui prennent aux tripes…

Lors des deux concerts, le son était clair, presque cristallin. Installé devant la table de mixage, votre serviteur a pu constater que le volume oscillait entre 85 et 92 db. Merci pour avoir pris soin de nos portugaises !

Setlist : « Nothing To Lose », « The Woods », « Letting Go », « Purple », « Moments », « Harder To Fake It », « Let’s Go », « Evermore », « See You Soon », « Photographs », « The Open Road », « Blessings », « Anew », « On The Way ».

Rappel : « Coastline », « Milk & Honey ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Dan San

Une suite pour Dan San

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Dan San sortira son nouvel elpee » Suite », ce 20 avril 2024. En attendant, il nous propose son single, sous forme de clip, « You love me » (à voir et écouter )

Le single est une ode à l'amour, évoquant l'évidence d'un Portugal the Man (« Feel it Still »), le solaire « Happy » de Pharrel Williams, le tout teinté de l'ADN indie si chère à Dan San.A propos de ce nouveau disque, le groupe en parle en ces mots

‘« Suite » est un voyage. On y retrouve les émotions qui nous poussent à partir, le besoin de découverte, la curiosité de l’autre, la fuite ou le besoin de se retrouver. On y traverse des moments de grâce au coucher du soleil, de bonheur intense, de doute ou d’introspection. A l’époque où on écrivait Grand Salon, on a composé une série de chansons qui dégageait une atmosphère différente du côté pop seventies. On les a gardées dans une valise et on est parti en tournée défendre l’album.  Cette deuxième salve de chansons s’est peaufinée sur la route au contact du public. On les a essayées en live, travaillées dans les loges puis enregistrées entre les concerts.’

Dates de concerts

18/04/2024

CC Chênée - Chênée - BE

27/04/2024

La Fête dans le Guidon - Remersdael - BE

31/05/2024

Chez OIM Fest' - Noyelles sous Bellonne - FR

07/06/2024

Garden Sounds - Wilz – LU

01 au 5/09/2024

Fly Away - La Rosière - FR

Marina Allen

L’étoile à 8 branches de Marina Allen…

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Le troisième et nouvel album de Marina Allen, « Eight Pointed Star », paraîtra ce 7 juin 2024.

En avant-première, elle nous propose un single, sous forme de clip. Intitulé « Red Cloud », il a été réalisé par Eliel Ford (Travis Scott, Baby Keem, Jack Harlow, Wes Anderson, Baby Keem…) Cette vidéo a été tournée en 35 mm, dans le nord de la Californie Ces thèmes centraux se déploient tandis que la voix ondulante, pure et cristalline d'Allen s'élève et retombe à travers des plaines ouvertes, des plages et une froide forêt d'hiver.

A l’instar des précédents elpees, la musique de Marian Allen est teintée d'americana et de folk, dans l’esprit de Faye Webster ou Weyes Blood

‘L'imagerie entourant le Nebraska a toujours été très vivante pour moi. Ma mère me racontait comment ma grand-mère se rendait à l'école sur un poney nommé Daisy. Je suppose que cela m'a fait prendre conscience à quel point le monde a changé en si peu de temps, mais cela m'a aussi vraiment fait trébucher lorsque j'étais enfant, mais cela m'a aussi beaucoup perturbée lorsque j'étais enfant’, dit-elle. Nous regardions Le Magicien d'Oz et j'avais l'impression que Dorothy était mon héritage. L'histoire de votre famille définit en grande partie qui vous êtes, et dans une large part n'est pas vraie ou vous l'entendez mal ou vous n'en retenez qu'une partie, transmise par quelqu'un d'autre qui n'est pas le même que vous. Partie, transmise par quelqu'un d'autre qui n'en a retenu qu'une fraction. Je voulais jouer avec cela. J'avais toutes ces images qui tourbillonnaient. Autour de moi, avec moi au centre, et aucune de ces sources n'était fiable.’

Le clip de « Red Cloud », est disponible ici

 

Catherine Graindorge

De l’élévation de l’âme par la poésie, l'amour et la musique… à la célébration de nos êtres chers disparus…

Sur son nouvel elpee, « Songs For The Dead », Catherine Graindorge communique une dimension métaphysique à son art. Basées sur un poème d'Allen Ginsberg et sur le mythe d'Orphée et Eurydice, les 8 nouvelles compositions révèlent un univers onirique, romantique et paradoxalement, à la fois sombre et éclatant de lumière. Un opus que la violoniste belge a réalisé en collaboration avec, entre autres, Simon Huw Jones, le chanteur du groupe culte And Also The Trees, qui a partagé la profondeur tellurique de sa voix et son inspiration lyrique. Un LP d'une touchante beauté, que l'artiste a présenté à Musiczine au cours d'une interview réalisée en collaboration avec l'émission WAVES.

Catherine, les lecteurs de Musiczine t'ont déjà découverte l'an dernier, lors de notre première interview, au cours de laquelle on a parlé de ton projet réalisé en compagnie d’Iggy Pop et du dernier opus de Nile On waX. On avait juste évoqué celui pour lequel on se rencontre aujourd'hui, qui s'intitule “Songs For The Dead”. Quelle est l'idée derrière ce projet ?

Cet album est une manière de célébrer les êtres chers disparus. Je l'ai construit autour d'un poème d'Allen Ginsberg, ‘A Dream Record’. Dans ce rêve, Allen Ginsberg raconte qu'il retrouve Joan Vollmer, la femme de William Burroughs. Elle est assise sur une chaise et ils discutent. Et puis, tout à coup, il voit sa tombe. Il se rend compte qu'elle est décédée. Et dans la réalité, effectivement, Joan Vollmer a été accidentellement tuée par William Burroughs, son mari. Ils étaient sous l'influence de stupéfiants et d'alcool et ont voulu jouer à Guillaume Tell. Il a tiré une balle de revolver sur un verre posé sur sa tête et il a mal visé. Ce qui m'a interpellée dans ce poème, c'est la question de la disparition subite. Que des événements peuvent basculer tragiquement en un instant. C'est une question qui me hante et m'interroge.

Et tu as voulu combiner ce drame et la mythologie ?

Cette femme qui, tout à coup, réapparaît, et ensuite, re-disparaît subitement, me rappelle le mythe d'Orphée et Eurydice. C'est l'idée de vouloir ressusciter les morts. Orphée va rechercher Eurydice dans les enfers, mais il ne peut pas se retourner s'il veut la ramener à la vie. Et malheureusement, il se retourne, et elle est perdue pour toujours. Mélanger ces deux histoires me semblait en harmonie.

Lorsque tu as eu l'idée de ce projet, c'était dans le cadre des Nuits Botanique...

Lorsque le Botanique m'a proposé une carte blanche, pendant un an, j'ai pu explorer de nouvelles pistes et réfléchir à un nouveau projet. J'avais envie de mettre en scène une figure féminine qui incarne Eurydice et Joan. En l'occurrence, moi. J'ai aussi souhaité incorporer un antagoniste, un homme qui soit à la fois la figure d'Orphée et de Ginsberg, cette figure masculine de la Beat Generation. J'avais envie d'une voix qui ait une dimension poétique, un peu théâtrale, capable d'alterner chant et ‘spoken word’. Mon conjoint, Elie, qui est un fan d'And Also The Trees, m'a fait entendre la voix de Simon Huw Jones et je me suis dit : ‘Oui, elle correspondra bien à mon univers. Simon possède cette dimension onirique...’

Et il affiche aussi un côté 'dark romantic'.

Oui, ça, d'office. Je vais toujours chercher des chanteurs 'dark romantic' (rires)…

Effectivement, on voit le lien avec Iggy Pop, Nick Cave, les Bad Seeds...

Pourtant, Iggy Pop n'est pas si 'dark' que ça... Il a quelque chose de très lumineux. Mais c'est vrai que Hugo Race et les autres... J'aime les personnages dark romantiques. Voilà...

Tu ne pouvais pas trouver mieux que Simon Huw Jones... En plus, il a participé à l'élaboration des paroles.

Oui, ça s'est fait de manière très naturelle. Quand je choisis quelqu'un je fais toujours confiance à mon intuition et souvent, mon intuition est plutôt juste. Que ce soit pour Simon Huw Jones, Iggy Pop ou Hugo Race, il n'y a rien à dire : c'était parfait.

C'est comme si les planètes s'étaient alignées.

Absolument ! C'était étonnant, la facilité avec laquelle Simon Jones a glissé ses textes sur mes musiques.  Comme si on était partis de zéro tous les deux. Je pense que son univers et le mien se combinent à la perfection.

C'est un peu comme un voyage rêvé en dehors d'And Also The Trees. On a la voix de Simon Huw Jones, mais placée dans un écrin musical complètement différent.

Oui, et pour compléter l'historique du projet, à l'issue de ma carte blanche, Paul-Henri Wauters, du Botanique, m'a proposé de jouer à Bozar dans le cadre des Nuits Botanique 2023. Et c’est devenu, d'une certaine manière, un 'try out', mais sous la forme d'un véritable concert, accordé dans une des salles les plus prestigieuses en Belgique. Les morceaux tels qu'ils avaient été construits à ce moment-là ont été utilisés comme 'démos' pour l'enregistrement de l'album.

C'est Pascal Humbert (NDR : un ex-16Horsepower impliqué chez Lilium et Détroit) qui joue de la basse et de la contrebasse. Comme Simon, c'est quelqu'un de très authentique...

Oui. Comme Simon, Pascal est très fidèle à ses idées, à sa conception de la musique et de la vie, également. Tous deux préfèrent aller travailler la terre ou s'occuper d'animaux, plutôt que de coopérer à des projets qui ne les amusent pas du tout...

Et tu as aussi reçu le concours de Simon Ho.

Oui. Simon Ho est un Suisse allemand qui vit à Bruxelles depuis pas mal d'années. On vit dans la même rue. C'est ainsi qu'on s'est rencontrés. C'est un pianiste, compositeur et claviériste formidable. Tant sur le plan humain qu’artistique. Je joue beaucoup avec lui. Comme sur « Eldorado », mon album précédent. Et puis, j'ai aussi convié mon compagnon, Elie, qui joue de la batterie sur deux morceaux et, enfin, ma fille aînée, qui chante sur « Eurydice » et « Time is broken ».

Oui, c'est Lula ! J'avais une question assez abrupte. Pourquoi cet intérêt pour la mort ?

Ce n'est pas un intérêt pour la mort. Disons que c'est peut-être...

Une obsession ?

Oui, c'est une obsession. Elle me hante, en fait, depuis toujours. Moins de manière angoissée aujourd'hui que quand j'étais plus jeune. Mais je ne me ferai jamais à cette absurdité, le fait de perdre quelqu'un qu'on ne reverra plus jamais.

Des êtres chers ?

Oui, je ne m'en remettrai jamais. Et donc, qu'est-ce qu'on peut faire ? L'idée n'est pas d'attendre que le temps passe pour oublier et panser ses plaies, comme on le conçoit dans nos sociétés occidentales. Je pense, au contraire, qu'il faut réserver une place pour les défunts, afin qu'ils puissent nous accompagner dans nos vies et ce, de manière joyeuse et apaisée. Je suis très attachée aux traces laissées et à la transmission.

Et donc, il y existe cette dimension, on va dire, un peu tragique dans ta musique. J'avais imaginé le terme 'Tragic Ambient' pour la décrire. Qu'en penses-tu (rires) ?

Oui, pourquoi pas ?

Parce qu'il y a ce côté mélancolique, auquel je suis particulièrement sensible. Mais, il y a aussi ce côté lumineux. L'idée que l'on va aller chercher une expérience qui, à l'origine, est négative, et qu’ensuite, on essaie de la transmuter pour en concevoir quelque chose de beau. C'est un processus alchimique que l'on rencontre au sein de la littérature 'dark' et dans la musique 'dark' en général. Chez Nile On waX, on détecte une touche cosmique, surtout dans l'album « After Heaven ». Pour tous ces projets, on retrouve cette dualité entre le yin et le yang, entre le dark et le light. Est-ce que ça te parle ?

Oui, complètement. Je serais malheureuse qu'on me dise : ‘Ton album est complètement plombant et dark’. Même si le titre peut sembler un peu lourd, j'ai justement choisi comme pochette une photo de moi que j'ai retrouvée chez ma mère, où l'on me voit, petite fille, jouant de la trompette dans un jardin, en Provence, à côté d'une chaise vide. Je trouvais qu'il y avait une symbolique lumineuse puisque la photo baigne dans le halo d'un soleil éclatant. Pour moi, le mot-clé, c'est l'élévation. S'élever...

Ça élève l'âme.

Oui. On retrouve également ce concept dans la musique classique.

Dans le « Requiem » de Brahms...

Oui, le « Requiem » de Brahms, je vois que tu n'as pas oublié... (rire)

… que tu écoutais avec ton ami allemand lorsque tu étais plus jeune...

Bravo (re-rires) ! Et puis il y a également Bach. Par exemple, la « Matthäus-Passion », la Passion selon St-Matthieu. C’est magnifique ! Ou les oratorios. Il existe une dimension métaphysique dans tout cela. Sans être croyant, on peut y voir le mystère de la vie. C'est l'idée que l'on ne saura jamais, que l'on n’aura jamais de réponse, mais qu'on essaie de vivre, avec nos petits corps d'êtres humains, un peu comme des petits cloportes. En tant qu'humains, on essaie de s'élever par la poésie, par l'amour, par la musique...

Catherine, merci beaucoup. Et une fois de plus, bravo pour ce magnifique album, « Songs for the Dead ». On a attendu presque un an, mais cette attente valait la peine parce que le résultat est magnifique. Faisons un petit coucou en passant à Koen et à An Pierlé, qui ont participé à l'enregistrement.

An a participé avec son sourire et son magnifique accueil mais sinon, c'est Koen Gisen qui a enregistré et mixé.

Oui, au Studio La Patrie, à Gand !

Tout à fait !

Merci beaucoup Catherine et à bientôt.

À bientôt.

 

Catherine Graindorge jouera « Songs For The Dead » en concert :

- le 8 mai à Liège, au Reflektor

- le 9 mai, à Gand, au Palmarium, dans le cadre du Festival Democrazy

- le 12 mai, à Den Haag, au Paard

- le 27 septembre à Bruxelles, au Beursschouwburg.

Simon Huw Jones participera aux 3 concerts, ainsi que Simon Ho et, à la basse, Cyrille de Haes. 

Pour écouter le titre « Joan », c'est ici

Pour acheter « Songs For The Dead » sur le site du label, tak:til/Glitterbeat, c’est et sur Bandcamp, cliquez sur le nom de l’artiste dans le cadre ‘Informations complémentaires’ ; vous y retrouvez les liens vers les réseaux sociaux ainsi que les articles qui ont été consacrés à Catherine Graindorge, dont une interview accordée en 2023. 

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