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RIVE

Si on parle de l'égalité femmes-hommes, il y a encore beaucoup à faire…

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Un premier Ep, « Vermillon », encensé par la critique. Un album dans sa parfaite lignée. Des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. De quoi résumer parfaitement le groupe RIVE.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe convaincue et convaincante ainsi que Kévin Mahé, le rêveur mélomane.

Ils nous viennent de Bruxelles et assurent ce soir le supporting act de Clara Luciani, une artiste française très en vogue en ce moment, grâce à sa « Grenade », véritable misandrie.

Ils s’étaient produits il y a deux ans au festival ‘Août en Eclat’ au cours duquel, le jeu des questions-réponses de Musiczine, un des premiers médias à s’intéresser à leur projet, les avait séduits.

« Narcose », premier long playing aux sonorités à la fois contemplatives, précises et exquises, risque de faire un tabac…

En se produisant lors de dizaines de concerts et de festivals, le duo s’est forgé une expérience certaine. Il était intéressant de retracer le parcours des deux jeunes artistes au détour d’un concert, préambule à la release party qui se déroulera le 14 mars, dans l’enceinte de la Rotonde.

L’année 2018 a été prolifique pour Rive. Votre premier Ep, « Vermillon », vous a permis de décrocher des nominations aux Octaves de la Musique, aux Sabam Awards, et de tourner pas mal en Belgique et en France, mais surtout au Québec et en Chine. Si vous deviez jeter un regard critique sur votre parcours depuis 2015, quel serait votre point de vue ?

Juliette : Les trois dernières années ont été magnifiques. Prolifiques aussi puisqu’au-delà de tous ces concerts, nous avons été créatifs en concoctant de nouveaux morceaux. Vraiment une belle expérience !
Kévin : J’ajouterai que nous nous sommes nourris aussi de l’environnement immédiat dans lequel on vivait ; ce qui, d’une manière ou d’une autre, a causé un impact inévitable sur notre musique. Je pense notamment aux paysages.
Juliette : Oui, Kévin a raison. Durant tout ce temps, nous avons beaucoup tourné. Nous avons rencontré du monde. Nous avons joué avec d’autres groupes aussi. L’album est la résultante de tout ce vécu !

A propos de vos prestations en Chine, quelle expérience en retirez-vous et comment le public chinois vous a-t-il accueilli ?

Juliette : Nous avons tourné en compagnie de Français, de Suisses et de Québécois. Les salles dans lesquelles nous nous sommes produits, d’une capacité variant de 300 à 1500 personnes, étaient souvent pleines à craquer. Pour la Chine, les spectateurs ne nous connaissaient pas nécessairement, mais ils étaient intéressés par notre musique et la culture francophone. L’accueil a toujours été très bon. Dès qu’on arrivait sur scène, l’hystérie était palpable. Après les prestations, on signait énormément d’autographes et les demandes de photos étaient légion. Je crois que notre style a bien plu. Nous sommes revenus au bercail vraiment très satisfaits de ce séjour…

Il y a encore quelques années, avant de participer au concours ‘Du F. dans le texte’ vous déclariez n’avoir aucune dynamique de travail particulière et de prendre les choses comme elles venaient. J’imagine que le succès, la sortie d’un disque et les tournées qui ont suivies modifient la manière de concevoir les événements…

Juliette : La pression, c’est nous qui nous la mettions ! Lorsque nous avons sorti « Vermillon », il y a deux ans, nous savions que nous ne devions pas attendre trop longtemps pour graver ce nouvel album. En réalité, nous avons enregistré un nouveau morceau tous les deux à trois mois. Les dates de réservation du studio étaient programmées à l’avance. Une manière d’être contraints de bosser en amont pour arriver le jour ‘J’ avec de la matière sous le bras. C’est vraiment notre technique de travail.

L’expression graphique est très présente chez vous. L’artwork d’abord et ensuite les clips créés par l’équipe du Temple Caché pour lesquels vous avez remporté des prix internationaux. Je pense à « Vogue », « Justice » ou encore ici à « Fauve ». Si l’esthétique est importante à vos yeux, n’avez-vous pas peur qu’elle prenne le pas sur le son et que l’on parle de Rive essentiellement pour l’image ?

Kévin : La musique a toujours été ma passion. Que ce soit dans le domaine des films, de la littérature ou encore de la bande dessinée, un milieu où nous avons beaucoup d’amis, nous aimons travailler avec ceux qui possèdent un univers fort et créatif… Il est important pour nous de soigner cet aspect visuel et esthétique, tout comme le son, dans ses moindres détails. Ce mélange de genres nous passionne véritablement.
Juliette : Oui, l’identité visuelle fait partie intégrante du projet depuis le début parce que nous y sommes sensibles. Elle constitue même une part importante de la culture de RIVE. On le ne reniera jamais…

A propos des clips, étrangement, vous n’y apparaissez jamais …

Juliette : C’est un choix ! Le but était de laisser libre cours à l’imagination des réalisateurs. Pour l’instant, nous nous en contentons. C’est très bien ainsi ! Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on n’y apparaîtra pas un jour, mais ce sera à travers une esthétique particulière, je pense.

Pour beaucoup, la musique est souvent juste un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat. Pensez que Rive puisse traverser les âges et les générations ?

Juliette : Avons-nous un futur sur cette planète fatiguée et malade ? L’idée est de poursuivre notre chemin, c’est-à-dire créer une musique qui nous touche. J’estime que c’est ce qui est le plus important. On verra si dans le futur, le public continuera à être sensible à cet univers de la même manière. Nous restons très influencés par le passé, mais nous écoutons pas mal de musiques actuelles. Nous sommes attentifs à tout ce qui se passe aujourd’hui. Si besoin, nous nous adapterons musicalement car nous sommes très ouverts à ce sujet. Mais, dans milieu, tu sais comme moi, que l’on ne peut rien prédire…

Chez Rive, il y a peu d’instruments organiques. Juste un peu de gratte électrique, du synthé, du piano et la rythmique de Kévin. Vos chansons apparaissent donc en grande partie en fonction des arrangements. N’avez-vous pas peur que le travail de production tue l’émotion ?

Kévin : C’est une bonne question ! Nous nous la posons aussi lorsque nous élaborons les morceaux et que nous les enregistrons. Nous sommes attachés aux mélodies. On les retrouve souvent dans la pop. Lorsque Juliette compose un morceau au piano, la difficulté est d’atteindre le bon équilibre entre les arrangements et la voix. Nous aimons nous surprendre, mais au fond que faut-il ajouter pour avoir un son 100% RIVE ? L’objectif premier de la formation est de ne pas s’arrêter sur une esthétique simpliste, même si elle plutôt agréable à l’oreille. Et puis, ce travail de recherche nous amuse beaucoup. Après, libre à chacun de savoir s’il s’y retrouve ou pas.

Le féminisme et les thématiques liées à l'égalité femmes-hommes appartiennent, depuis longtemps, à votre identité. Le morceau « Nuit » abordait déjà le sujet (avec en voix off, les extraits d’une conférence de la féministe américaine Andrea Dworkin). "Filles" revient sur la troisième vague féministe et évoque le réveil du mouvement. Ce dernier a-t-il aujourd’hui toujours une raison d’exister, qui plus est en Europe occidentale ? Les femmes n’ont-elles pas la place qu’elles ont toujours voulu obtenir dans cette société moderne ?

Juliette : Quand on commerce à s’intéresser à cette question, on se rend compte qu’il y a encore énormément de travail. Ne serait-ce qu’en termes d’inégalité salariale ou de violences faites aux femmes par exemple. Ce combat est encore légitime aujourd’hui. A vrai dire, le féminisme a commencé à couler dans mes veines lorsque j’étais adolescente. Très longtemps, j’étais seule au front et on me considérait péjorativement comme la peste de service. J’ai pris ce rôle très à cœur et tenté d’élargir mon cercle de sympathisants. Aujourd’hui, il y a ce nouveau mouvement et je crois que c’est ultra positif. Il suffit d’examiner les affiches des festivals d’été. Elles recensent 80% de groupes de mecs pour seulement 20% de nanas. En Chine aussi, nous étions quatorze musiciens pour seulement deux filles. Les inégalités sont encore d’actualité à tous les échelons de la société. Crois-moi, il y a encore beaucoup à faire…

On sait aussi que ce sujet appartient également aux revendications de Clara Luciani. Hormis sa participation au groupe emblématique La Femme, elle est l’auteure de « La Grenade » qui scande ‘Prends garde, sous mon sein, la grenade’ ou encore « Drôle d’époque » qui détaille le poids de la condition féminine et son désir de liberté. Est-ce la raison pour laquelle vous avez été choisis pour assurer de la première partie ?

Juliette : Non ! Je pense que ce qui nous rapproche est la manière d’aborder les événements et de les transcrire. Nous avons joué à Marche-en-Famenne avant-hier soir et le public, à priori venu pour Clara, a été très réceptif à notre univers…

« Fauve » avance : ‘Le temps brûle nos sens ; tant d’autres que nous s’aiment et ne se trouvent plus’. Ce titre traite du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. Etrange vision de l’amour alors que vous êtes si jeunes…

Juliette : Est-ce une étrange vision ? Je ne pense pas ! Je crois surtout que c’est un sujet dont on parle peu. La question de la sexualité dans le couple de longue durée est finalement peu abordée de nos jours. Enormément de films et de romans parlent de la relation amoureuse sans retirer la moindre information sur ces couples. Je dois t’avouer que ça me fait rire. Comment faire pour entretenir la flamme ? Même en termes de désir charnel. Ce sont des questions qui m’intéressent et je sais que je ne suis pas la seule à me les poser.

« Croisades » quant à lui évoque la nostalgie de l’adolescence. Qui étiez-vous à cette époque ?

Juliette : J’étais la même qu’aujourd’hui. J’adorais la musique, je jouais dans des groupes et j’étais ultra féministe. J’espère que j’ai évolué un peu quand même…
Kévin : Je crois que j’étais celui que je suis. J’étais rêveur et je continue de l’être. C’est sans doute pourquoi que je suis là ce soir.

Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance. Souvent, on aime revivre les compositions à travers les textes. Est-ce votre cas ?

Juliette : Oui ! Faire figurer les textes sur le vinyle et le CD était une décision importante. Nous avons d’ailleurs poussé cette réflexion jusqu’au bout en les publiant sur le net et youtube. En ce qui me concerne, j’éprouve souvent le besoin de lire les paroles pour les comprendre ; car en règle générale, je me focalise un peu trop sur la musique.

A contrario un texte, quand il est écrit, est parfois plus difficile à accepter que chanté…

Juliette : Effectivement ! Perso, j’aime qu’ils soient assez courts. Je cherche à faire résonner certaines expressions ou les mots. « Justice » scande : ‘Toi contre moi et le temps contre nous’. Si les gens ne se souviennent que de ce slogan, c’est en soi déjà suffisant. Ils peuvent ensuite s’approprier le contexte et y mettre ce qu’ils désirent en fonction de leur envie ou de leur désir. Raison pour laquelle, nous n’avons d’ailleurs choisi qu’un seul mot pour illustrer nos compositions. En fin de compte, si le support est important, il est peut-être inexistant afin de permettre à l’auditeur de se laisser emmener par les mots. N’est-ce pas là l’essentiel, finalement ?

Concours BRDCST 2019 - Ancienne Belgique, Bruxelles - Samedi 6 avril 2019 - 3 x 2 entrées à gagner

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Concours BRDCST 2019 - Ancienne Belgique, Bruxelles - Samedi 6 avril 2019 - 3 x 2 entrées à gagner

L’édition 2019 du BRDCST se déroulera du 4 au 7 avril à l’Ancienne Belgique de Bruxelles, un festival printanier qui reflète le regard porté par l’AB sur l’avenir de la scène musicale, une scène que les organisateurs souhaitent sans frontières, en programmant des artistes novateurs… Les organisateurs vous proposent de gagner 3 x 2 entrées pour la journée du 6 avril. Comment vous les procurer ? Répondez à la question suivante avant le 1er avril 2019.

Les gagnants seront avertis personnellement et pourront retirer leurs tickets sur présentation de leur carte d’identité à l’entrée, le 6 avril 2019.  

Participez

https://www.brdcst.be/fr/

 

 

Susan Williams

It's about time

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"It’s about time" constitue la première plaque gravée par Susan Williams & The Wright Groove, un groupe réunissant des vétérans issus de la scène blues de Chicago. Fondé en 2016, il est drivé par la chanteuse/bassiste Susan Williams. Elle est soutenue par le guitariste Mike Gallemore, le drummer Rob Davis et Darryl Wright à la lead bass. Il y a donc deux bassistes au sein du line up, une spécificité idéale pour accentuer l'approche funky de l’expression sonore. Les sessions se sont déroulées au studio 401 de Georgetown, à deux pas de Chicago.

Susan signe neuf des onze plages, Gallemore, les deux dernières. "Tell me you love me" ouvre l'elpee, un blues lent qui met en exergue la voix de Susan. Invité, Michael Cruse siège derrière l’orgue alors que Mike signe une sortie soignée sur ses cordes. Bien plus rythmé, "I love what you do" est plutôt classique, un morceau caractérisé par deux envols, celui de la guitare d'abord, et de la basse ensuite, une formule qui va se répéter tout au long de cet opus ! A l’instar du très efficace –et funky– "I'm sorry". Darrvl Wright maîtrise parfaitement son instrument. C’est sans aucun doute le moteur de la formation, d'ailleurs baptisée Wright Groove. Et il étale encore tout sa classe sur "Keep moving on". La voix de Susan domine son sujet sur l’impeccable blues lent "Please come back to me", Gallemore injectant une belle dose de feeling dans son toucher de guitare.

Kenny Smith

Drop the Hammer

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Kenny ‘Beedy Eyes’ Smith n’est autre que le fils de Willie ‘Big Eyes’ Smith. Dans la famille, les grands yeux sont donc devenus globuleux mais père et fils se partagent la passion pour la batterie. Il est vrai que le regretté Willie a milité, durant 18 ans, au sein du Muddy Waters Band, un fameux pedigree pour tout bluesman qui se respecte. Beedy Eyes est devenu un drummer très respecté et il a déjà remporté de nombreux awards. Il a créé son propre band, the House Bumpers. C'est le bassiste Felton Crews, un ancien musicien de Miles Davis qui complète la section rythmique. Autour de ce duo, d'excellents musiciens ont collaboré à la confection de cet opus, dont plusieurs gratteurs talentueux, parmi lesquels figurent l’omniprésent Ari Seder, mais également le vétéran Billy Flynn, un blanc passionné de jazz.

Blues authentique, "Head pounder" est une ouverture royale, une piste idéale pour une formule trio. La voix de Kenny est poignante. Elle peut cependant s’appuyer sur des cordes acoustiques, le sitar de Flynn et l'harmonica du concitoyen, Omar Coleman. Luca Chiellini balise "Hey daddy" de ses ivoires, un Chicago blues classique au cours duquel les trois rejetons du leader, Mae, Clara et Theodore, donnent la réplique vocale à leur daddy. Superbe blues lent, le titre maître est enrichi de chœurs féminins, alors que les interventions de Greg Guy (NDR : c’est le fils de Buddy et il sait de qui tenir !) à la six cordes sont somptueuses. Et chacune d’entre elles est un réel bonheur. Que ce soit sur les plages funky aux arrangements contemporains ("What in the world" et "Living fast", souligné par l’harmo de Sugar Blue) ou le blues indolent "No need brotha'", un slow tapissé par l'orgue Hammond de Luca. Billy Flynn est aussi en verve tout au long du shuffle "Keep on pretending" ainsi que du r&b nerveux "Scratchin' your head". Et c’est sous la forme d’un trio, Nelson Strange se chargeant de la gratte et Kimberley Johnson des vocaux, que Kenny se révèle le plus orignal, à travers "One big from". Excellent !

Sparkling

This Is Not the Paradise They Told Us We Would Live In (Ep)

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Jeune trio allemand établi à Londres, Sparkling a décidé de ne pas choisir son camp entre l’urgence des Arctic Monkeys, le flow implacable de The Streets et les guitares acérées chères à Gang of Four ! Produit par Moses Schneider (Beatsteaks), ce premier Ep est donc bien pétillant, énergique et ‘so british’ !

Tunng

Songs You Make At Night

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Douze ans après son départ, Sam Genders opère son grand retour chez Tunng. Une période au cours de laquelle il s’est investi au sein de son projet, Diamgrams. Depuis son retrait, la formation anglaise, alors emmenée par Mike Lindsay, n’a pourtant jamais cessé de graver des albums. Néanmoins, il faut bien avouer qu’ils n’ont jamais atteint le niveau de “Good Arrows” ou “Comments of the inner Chorus”. On est donc ravi d’apprendre la reconstitution du duo initial Genders/Lindsay et la sortie d’un nouvel opus intitulé “Songs You Make at Night”. On avait cependant pressenti cette renaissance à travers leur projet commun éphémère, Throws.

Ce sixième LP de Tunng s’inscrit parfaitement dans lignée de sa discographie ; mais a contrario des derniers long playings, les superbes harmonies vocales des différents chanteurs, telles qu’on les avait connues au début la carrière du band, sont à nouveau au rendez-vous. Mais également les ingrédients inhérents à son folk/electronica. Les guitares acoustiques trament les morceaux sur lesquels viennent se poser des lignes de synthés et s’incruster des bruitages électroniques non-identifiés. Des plages paisibles qui laissent une bonne part aux rêves. Tout au long de “Songs You Make At Night”, Tunng alterne entre pistes rythmées (“Dream In”, l’épique “Dark Heart”) et berceuses (“Crow”, “Battlefront”). Quoiqu’il en soit, chiadées, les mélodies font mouche.

Les retrouvailles entre les deux créateurs de Tunng rendent à la formation un second souffle en nous livrant des titres qui figurent parmi les meilleurs de sa discographie. 

Peluché

Unforgettable

Écrit par

Peluché est un trio londonien féminin dont la musique est particulièrement originale. Fruit d’un cocktail expérimental entre pop, rock, soul, dub, trip hop, électro, funk, lationo et jazz, le groupe l’a qualifié de trip jam. Pourquoi pas ! Chaloupée, bavarde, la ligne de basse (ou de double basse) rappelle celle tracée par feu Peter Principle alors que dispensées en filigrane, cotonneuses, les interventions de saxophone ou de clarinette évoquent plutôt celles de Steven Brown. Mais ici s’arrêtent les comparaisons avec Tuxedomoon. Car lorsqu’elle n’est pas angélique ou cristalline, la voix de Rhapsody Gonzales est plutôt hantée par Donna Summer, notamment dans ses envolées. Certaines plages recèlent d’ailleurs des traces de disco (« Figure me out », « Is it gonna rain »), mais elles sont bien assimilées. Outre les instruments susvisés, il y a des drums, un peu de guitare et du piano électrique (synthé ?) ; et le tout bénéficie d’arrangements particulièrement soignés, tout en adoptant, régulièrement, un tempo entraînant. Superbe !

Daydream

Daydream (Italy)

Écrit par

Drivé par Enzo Pepi, ce trio sicilien réunit un mec et deux filles, un groupe dont la musique s’inspire manifestement des nineties, et tout particulièrement de la lo-fi si bien incarnée par Pavement, Sebadoh ou encore Guided By Voices. Malheureusement, qu’elles soient indolentes, mid tempo ou enlevées, les pistes manquent de relief. Une exception qui confirme la règle ? L’excellent « I don’t realy have to wake up », un morceau plus complexe, caractérisé par des changements de rythmes et sublimé par la conjugaison des riffs de deux grattes (du re-recording ?), un peu comme à la meilleure époque de Sonic Youth. Dommage que tout l’album ne soit pas de cette trempe.

Vegas Strip Kings

Jackpot!

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C’est à Las Vegas, royaume des casinos, qu’est né le Pete Contino Band. A sa tête, bien entendu, Pete Contino, un batteur/accordéoniste. Le band a gravé "Back Porch Dogma", en 2012, un album paru sur le label californien Blind Pig. Pour la circonstance, le leader avait reçu le concours du guitariste Al Ek, du claviériste Billy Truitt et du bassiste Rob Edwards.

Ces trois derniers, rejoints par le batteur Justin Truitt ainsi que le saxophoniste notoire Jimmy Carpenter ont monté le Vegas Strip Kings ; et, Billy a repris l'accordéon à son compte. La musique proposée est particulièrement imprégnée des racines du sud des USA, le blues bien sûr, mais aussi le rockabilly, le tex mex et la zydeco.

Les deux plages d'ouverture figuraient sur l’elpee de Contino. D'abord le très rock’n’roll "Rotgut Run" et "It ain't", une piste imprimée sur le rythme du chemin de fer. Les musiciens sont très soudés et ont manifestement beaucoup de plaisir de jouer ensemble. Al, Billy et Jimmy se partagent le chant. Et ils sont aussi solistes. Quand Billy empoigne son accordéon, c'est le bonheur assuré. A l’instar du très tex mex "Jesus on the dash" et surtout de "Back to you", une superbe zydeco, enrichie par le saxophone et la lap steel d'Al Ek. Jimmy Carpenter, autre saxophoniste reconnu, prend littéralement son pied tout au long du caribéen "Screeching halt" ainsi que du blues lent, Same thing", un titre écrit en 1964 par Willie Dixon pour Muddy Waters. Le VSK adapte encore et impeccablement deux compositions signées Willie Love (NDR : un pianiste du Delta blues, disparu en 1953) dont "Take it easy", un morceau caractérisé par des envols lumineux au piano ainsi que de judicieuses interventions au saxophone et à l'harmonica. Ce band doit certainement libérer de bonnes vibrations en ‘live’…

The Telescopes

Exploding head syndrome

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11ème album pour The Telescopes, un groupe fondé par Steven Lawrie en 1987. Responsable d’une musique psyché/noise/shoegaze/space rock, la formation britannique nous entraîne, tout au long de « Exploding head syndrome », au cœur d’une atmosphère brumeuse hantée par le murmure de Steven, une atmosphère traversée de convulsions sonores, de distorsions électroniques, de tourbillons mélodiques, de bourdonnements lancinants, de couches de fuzz et de rythmes hypnotiques. Orgue vintage, sonorités de guitare saturées, maracas, ligne de basse menaçante et bruitages technologiques alimentent cet univers pulsant et fluide qui au fil des plages finit par ensorceler. De cet elpee, on épinglera cependant « Until the end » coécrit par Chris Plavidal (Slumpston) et dédié au regretté Nevada Hill (Bludded Head »), ainsi que « Everything turns into you », une piste qui mène directement au « Saucerful of Secrets » du Floyd, une compo hypnotique, alimentée par une sonorité d’orgue dont Richard Wright était particulièrement friand à cette époque…  

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