Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Les visions de Michael Jackson.

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Epic publiera les « Visions de Michael Jackson », le 22 novembre prochain. Il s’agit d’une collection de tous les films produits par la star défunte… Une initiative qui a reçu la bénédiction des héritiers. Plus de 40 vidéos y seront réunies, afin d’illustrer la genèse de la génération MTV. Un casting alléchant : « Thriller » réalisé par John Landis, « Bad » par Martin Scorcese ou des collaborations avec John Singleton, Spike Lee et David Fincher.

Michael Jackson's Vision

Disc 1

1 Don't Stop 'Til You Get Enough 4:12:00
Director: Nick Saxton
2 Rock With You 3:22:00
Director: Bruce Gowers
3 She's Out of My Life 3:35:00 – previously unavailable
Director: Bruce Gowers
4 Billie Jean 4:54:00
Director: Steve Barron
5 Beat It 4:57:00
Director: Bob Giraldi
6 Thriller 13:42:00
Director: John Landis
7 Bad 18:05:00
Director: Martin Scorsese
8 The Way You Make Me Feel 9:24:00
Director: Joe Pytka
9 Man In the Mirror 5:03:00
Director: Don Wilson
10 Dirty Diana 5:05:00
Director: Joe Pytka
11Smooth Criminal 9:27:00
Director: Colin Chilvers
12 Another Part of Me 4:45:00
Director: Patrick T. Kelly
13 Speed Demon 10:08:00
Director: Will Vinton
14 Come Together 5:40:00
Director: Jerry Kramer & Colin Chilvers
15 Leave Me Alone 4:36:00
Director: Jim Blashfield and Paul Diener
16 Liberian Girl 5:34:00
Director: Jim Yukich

Disc 2

1 Black or White 11:01:00
Director: John Landis
2 Remember The Time 9:16:00
Director: John Singleton

3 In the Closet 6:05:00
Director: Herb Ritts
4 Jam 7:59:00
Director: David Nelson
5 Heal The World 7:32:00
Director: Joe Pytka
6 Give In To Me 5:29:00
Director: Andy Morahan
7 Who Is It 6:34:00
Director: David Fincher
8 Will You Be There 5:55:00
Director: Vincent Paterson
9 Gone Too Soon 3:38:00
Director: Bill DiCicco
10 Scream 4:47:00
Director: Mark Romanek
Janet Jackson appears courtesy of Virgin Records
11 Childhood 4:29:00
Director: Nicholas Brandt
12 Earth Song 6:44:00
Director: Nicholas Brandt
13 They Don't Care About Us 7:08:00
Director: Spike Lee
14 Stranger In Moskow 5:33:00
Director: Nicholas Brandt
15 Blood On The Dancefloor 5:27:00
Director: Michael Jackson & Vincent Patterson
16 Ghosts 3:58:00 – previously unavailable
Director: Stan Winston
17 You Rock My World 13:30:00 – long version previously unavailable
Director: Paul Hunter
18 Cry 4:57:00 –previously unavailable
Director: Nick Brandt

Disc 3 (Bonus Features)

1 Blame It On the Boogie - The Jacksons 3:32:00 –previously unavailable
2 Enjoy Yourself - The Jacksons 3:31:00 –previously unavailable
3 Can You Feel It - The Jacksons 9:37:00 –previously unavailable
4 Say Say Say - Paul McCartney & Michael Jackson 4:57:00
Director: Bob Giraldi
5 They Don't Care About Us - Prison version 4:52:00 – alternate version, previously unavailable Director: Spike Lee
6 Why? - 3T featuring Michael Jackson 4:33:00 –previously unavailable
7 One More Chance - previously unreleased 4:03:00 –previously unavailable

http://www.michaeljackson.com
http://www.facebook.com/michaeljackson
http://link.brightcove.com/services/player/bcpid634584493001?bctid=635286809001

 

Le roi du Rock ’n Roll américain en duo avec une Belge !

Écrit par

De grands succès du King revus et corrigés par la technologie moderne. Pas mis à la sauce électro, mais simplement ses chansons retravaillés pour les rendre plus contemporaines. On a ainsi droit a un duo échangé entre Elvis Presley et Dani Klein (Vaya Can Dios) de “Love me Tender”. Cet opus intitulé « Viva Elvis » sortira le 8 novembre et il est inspiré par le show éponyme du Cirque Du Soleil, qui débutera le 18 décembre à Las Vegas. Pas sûr que les inconditionnels apprécieront…

http://itunes.apple.com/be/album/love-me-tender-viva-elvis/id398979512

Tracklisting:

1. Opening (mixed by Robert Meunier & Erich van Tourneau)
2. Blue Suede Shoes (mixed by Serban Ghenea)
3. That's Alright (mixed by Brendan O'Brien)
4. Heartbreak Hotel (mixed by Brendan O'Brien)
5. Love Me Tender (mixed by Robert Meunier & Erich van Tourneau)
6. King Creole (mixed by Robert Meunier & Erich van Tourneau)
7. Bossa Nova (mixed by Serban Ghenea)
8. Burning Love (mixed by Serban Ghenea)
9. Memories (mixed by Robert Meunier & Erich van Tourneau)
10. Can't Help Falling In Love (mixed by Serban Ghenea)
11. You'll Never Walk Alone (Piano Interlude) (mixed by Robert Meunier & Erich van Tourneau)
12. Suspicious Minds (mixed by Brendan O'Brien)
13. Love Me Tender (Duet with Dani Klein) – Belgian Album Only

http://www.elvisthemusic.com
http://www.facebook.com/elvis

http://www.elvis.com
http://www.CompleteElvis.com

 

Hurts

Help, I’m Alive

Écrit par

Après Delphic, The Drums, Ellie Goulding, Rox, Marina & The Diamonds, Owl City et Stornoway, le Botanique accueillait son huitième artiste (sur 15) estampillé ‘Sound Of 2010’, par la BBC. En attendant le 9e (Two Door Cinema Club, le 23 novembre), le centre culturel bruxellois affichait sold-out pour la visite de Hurts, duo pop mancunien dont la première œuvre, « Happiness », souffle plus de froid que de chaud. Un peu à l’image de leur prestation live, d’ailleurs.

D’abord prévu à la Rotonde, le concert de Hurts a finalement déménagé vers l’Orangerie, vu l’engouement du public pour la pop (très pop) 80’s de Theo Hutchcraft et Adam Anderson. La formation était précédée de Stereo Grand, un quatuor réunissant tous les clichés du rock belge. Et des clichés, la soirée va en consommer une belle cargaison…

La scène, ornée de quatre espèces de piliers en toile blanche, accueille le duo et leurs trois musiciens à 21h10 précise. Hurts effectue une entrée très théâtrale. Tiré à quatre épingles, Hutchcraft prend cérémonieusement place devant son micro tandis que son comparse, fleurs à la main, se pose devant son piano. « Blood, Tears & Gold », « Silver Lining » et le tube « Wonderful Life » s’enchaînent sans la moindre étincelle. Chaque note respecte religieusement la version CD, jusqu’aux chœurs diffusés à travers le clavier. Hurts a une image commerciale à respecter et la défend bec et ongles. Aucun débordement, aucune spontanéité. Tout est carré et calculé, de façon parfois effrayante. On est ici dans la pop de la plus pure tradition, avec ses vocalises parfois grandiloquentes (« Stay », « Verona », « Evelyn »). Ce qui n’empêche pas le public d’en apprécier chaque seconde. A l’image du disque, le show (m’)est difficilement supportable. Si bien que leur reprise du « Confide In Me » de Kylie Minogue et l’horriblement kitsch « Stay », évoquant presque un morceau de Take That, finiront par me faire fuir, sans attendre le rappel. Quant à voir des robots sur scène, autant attendre le show de Daft Punk. Hurts est d’ores et déjà programmé sur la grande scène de l’AB, le 1er mars 2011. Ce sera sans moi.

(Organisation : Botanique)

The National

Secret meeting

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Impossible d’arrêter le temps qui fuit inexorablement entre nos doigts. Et je sais pertinemment bien, que comme le commun des mortels, je vieillis. Bon, c'est pas encore le troisième âge, j'ai encore toutes mes dents, je suis (pour le moment?) épargné par la calvitie, j'ai un peu de bidoche, mais pas trop. Donc j'appréhende le seuil de la quarantaine avec un certain détachement. Le secret de ma jouvence n'est pas en pot, ne s'étale pas sur la tronche le soir et le matin, ne s'injecte pas avec des aiguilles de tailles disproportionnées, et ne s'avale pas au petit déjeuner avec un verre d'eau. Non, si je suis resté (relativement) jeune, un peu à l'instar de Peter Pan, c'est grâce à mon âme d'enfant, que je m’efforce de garder intacte dans un petit recoin de ma caboche. Bien sûr, ce n'est pas toujours de tout repos, et l'immaturité ne fait pas toujours l'unanimité. Mais cette part de moi-même est peut-être la meilleure. En tout cas, je la chéris et veille à ne pas la perdre.

Et bien entendu, la musique joue le rôle de catalyseur de cette fontaine. C'est elle qui nourrit mes rêves enfantins et m'aide à ne pas grandir. Je dirais que c'est le monde magique dans lequel le moi-enfant aime à se retrouver. C'est mon oasis. Je suis un gosse de presque quarante balais qui rêve, chiale, danse comme un enragé et est heureux d'être malheureux quand il écoute des p... de chansons susceptibles de lui faire dresser les poils au garde à vous sur son épine dorsale.

Alors non, nonobstant l'inéluctable succès de The National, voué à un succès de plus en plus conséquent, par la grâce d'un album magistral ; ce que j'aime chez ce groupe, c'est la magie que recèlent chacune (fait rarissime) des chansons de leur répertoire. Un phénomène qui ne s’explique pas. C'est comme une alchimie. Oui, leurs morceaux sont vachement bien foutus, les mélodies imparables (dans une seule journée, je peux fredonner dix de leurs chansons qui viennent à tour de rôle hanter mon esprit) et ils ont ‘la classe’. Mais au-delà de toute cette littérature justifiant un tel engouement, The National me parle. A moi. Pas au reste du monde. Même si je connais quelqu'un qui ressent exactement les mêmes émotions. Il me confiait d’ailleurs encore hier : ‘Je Suis The National!’. Non, juste à moi. Ecouter un album de The National, c'est comme replonger chaque soir dans le même conte écouté et connu par cœur, quand enfant, maman me racontait une histoire avant de dormir.

Assez étrangement, j'ai découvert le groupe sur le tard. C'est donc avec une assiduité boulimique que j'ai exploré la discographie fournie depuis 1999. Et bien sûr, à l'approche des dates de la tournée où le groupe fera escale au mois de novembre, mon impatience grandissait. Cologne, Luxembourg, Bruxelles. Mon appétit étant disproportionnellement lié aux cordons de ma bourse. Je voudrais assister à toutes les dates de toutes les tournées. Je ne peux en faire que trois. Peut-on conclure que je perds la raison?

Un descriptif pour vous donner une petite idée de l'état d'ébullition dans lequel je me suis retrouvé quand le bruit d'un concert secret a commencé à circuler, pour finalement se retrouver au creux de mon oreille. Et de mon enchantement, quand après moult péripéties, ruses, et pas mal de patience, je pénétrai au sein de la station radio, quelques poignées de minutes avant le début de cet évènement.

Je savoure le moment. 137 figurants et moi, et moi, et moi. Un speaker rappelle quelques consignes d'usage, et le groupe accompagné de deux cuivres monte sur la courte estrade. Campé dans son élégant costume trois pièces sombre, le frontman, Matt Berninger décline quelques boutades sur un ton décontracté. Derrière lui, Bryan Devendorf, le batteur me fait de plus en plus penser à une réplique de Luke Wilson dans le film ‘La Famille Tenenbaum’. Je souris. A ma gauche, un grand piano à queue. Je frémis. Tout est en place. Les premières mesures d’« Anyone's ghost » retentissent. La basse emmène la chanson sur un rythme chaloupé. Les fûts sont martelés de manière saccadée. Déjà ma gorge s'étreint et ma tête balance. « Mistaken for strangers » embraie, m'entraînant alors dans un mouvement de pendule. « Bloodbuzz Ohio » me (trans)porte dans son essaim d'abeilles, parcourant des miles et des miles de terres promises, et mes yeux parcourent la distance qui sépare la mélancolie de l'espoir. Quelques mots échangés entre les frères Dessner et le chanteur annonce la couleur du morceau suivant : « Afraid of everyone ». Le tempo s'accentue. Il suit les battements des c(h)œurs. Les sonorités de la Fender deviennent torturées, plaintives et se déchirent en larmes de verre tranchant. Oui, yellow voices swalowing my soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul, soul. Un tourbillon de feuilles mortes. Et il y a toujours cette mélodie dans l'air.

« Slow show », magnifique chanson extraite de « Boxer », virevolte autour de moi et m'élève vers des cimes électriques. Je lève mon verre à mes amères défaites. « Squalor victoria ». Quand Matt Berninger éructe ses paroles comme un venin craché de ses entrailles, je fais corps avec lui. Dans les brumes de ses paroles au sens obscur se niche une poésie noire et pleine de sens.

« Conversation 16 » oscille entre ciel et terre. Des nuages sombres poussés par des vents mauvais. Des fourmis sortent du sol et grimpent le long de mes jambes. « Apartment story ». J'appelle cette réaction ‘danser’. Le commun des mortels qualifierait ce mouvement de ‘dodeliner’. Je m'en moque. Je suis transposé. Dans les confins de mon esprit, une étoile brille plus étincelante que jamais. Quand pleuvent les quelques arpèges cristallins de « Daughters of the soho riot », c’est comme si on arrachait quelques larmes à un alligator.

Retour aux claviers pour un hymne. « England » et son cortège d'anges escortés par de majestueuses trompettes. Je suis ici, ici et maintenant. Je devrais être ailleurs en ce moment. J'ai oublié mes responsabilités. ‘Stay the night with the sinners’. Le groupe se propose pour assurer le service lors de grandes cérémonies. Penser à inviter The National le jour de mon mariage. « Fake empire ». Mais qui détient les ficelles du destin? Le groupe se retire. Comme la mer. Non sans revenir.

Le prochain single amorce le final grandiose. « Terrible love ». Descendu dans la marée de fidèles, frôlant mon épaule, Matt s'oublie (enfin) et laisse sa barque s'écraser sur les la(r)mes de récifs recouverts d'embrun. ‘It takes an ocean not to break’. Je bois le calice, ce sang est mon sang. Enfin, dans un final apaisé, communiant avec quelques audacieuses voix parsemées dans l'assistance, « Vanderlyle crybaby geeks » en version unplugged clôt cette soirée en toute beauté. Du set list initial, « Mr. November » et « About today » ont été exclus des rappels. Je soupire. Qu'importe. Peut-être dans trois semaines? Je n'en ai pas assez. J’en voudrais encore. Comme quand j'étais jeune et insouciant. Quelques rasades pour étancher ma soif. Quelques dates d'affilée, pour me rassasier. Peut-être…

Avant de regagner mes pénates, j'aperçois par l'interstice d'une porte curieusement entrouverte un touchant tableau de famille. Oui, Matt, tu as raison, c'est là que réside la réalité. Mais l'espace d'un instant, qu'il est bon de se retrouver enfant!

En concert le 21 novembre à l’Ancienne Belgique. Sold Out.

Concert en écoute gratuite sur: http://www.stubru.be/media/herbeleefthenationalinclub69

(Organisation: Studio Brussel).

 

HEALTH

Health? Un groupe qui pète la santé!

Écrit par

Le concert de Health devait démarrer à 20h00. En arrivant au Botanique, ce jeudi 28 octobre, on nous annonce que le set commencera à 20h30. Soit ! La formation débarque de Los Angeles. Et puis, il n’y a pas de supporting act. Tant mieux d’ailleurs, car si c’est pour se farcir une première partie sans grand intérêt. Et puis, c’est l’occasion de s’enfiler une petite mousse et même, pourquoi pas, de faire un petit saut jusqu’au stand du merchandising, surtout si d’aventure vous souhaitez vous procurer un cd ou un t-shirt du groupe.  

L’Orangerie n’est qu’à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, selon) lorsque Health débarque. Un barbu bien en chair siège derrière les drums. Il tape comme un dératé sur ses fûts. Mais il manie les baguettes avec une rapidité impressionnante ; de quoi communiquer une belle intensité tout au long du show. Le bassiste se plante au milieu de la scène. Chevelu il campe, physiquement, un hybride entre l’ex-guitariste de Smashing Pumpkins, James Iha, et Damo Suzuki, le chanteur mythique de Can, même si on n’aperçoit son visage qu’à de trop rares occasions. De part et d’autre du podium s’installent le chanteur/guitariste (il est coiffé d’une casquette bien yankee) et le second guitariste, également préposé aux ‘bidouillages’. Et leur entrée en scène s’apparente à un véritable coup de tonnerre. Le son est puissant, le tempo vivace et les quatre énergumènes déménagent, se déchaînent. Et ce n’est guère une surprise, lorsqu’on connaît un peu leur musique. Pas toujours facilement identifiable, il faut le reconnaître, elle véhicule une énergie punk, s’enfonce parfois dans la noisy, mais ne néglige pas pour autant l’expérimentation (NDR : l’usage plutôt atypique des micros en est une belle illustration).

Au cours de la première partie du spectacle, Health privilégie les compos les plus décapantes. Une période au cours de laquelle, les musicos vont d’ailleurs nous balancer des morceaux tels que « In Heat » ou « Die Slow ». Lors de la seconde, le tracklisting va alterner compos au rythme davantage syncopé et chansons plus posées. De quoi permettre leur permettre de laisser transparaître leur sens mélodique. Pas vraiment pop (NDR : c’est un pas que je n’oserai franchir), mais mémorisable. A l’instar du magnifique « We Are Water ».

Après 40 minutes, le quatuor vide les lieux. Le temps de faire le plein de bouteilles d’eau et il revient sur la planches. Pour un rappel de courte durée, limité à un titre. A 21h20, Health prend définitivement congé de l’auditoire et les lumières se rallument.

Musicalement, il faut avouer que c’était le pied ! Néanmoins, j’émettrai quand même deux remarques. Tout d’abord la durée du set. 50 minutes, c’est quand même un peu court, surtout lorsqu’il n’y a pas de première partie. Ensuite, l’état d’esprit du groupe. Un peu trop condescendant, à mon goût. Sans quoi, le concert valait son pesant de cacahuètes…

(Organisation Botanique)

Box

Demo

Écrit par

Notre pauvre pays est dans l’impasse et nos politiciens ne savent plus quoi inventer pour justifier leur salaire. On nous balance des plans B et des scissions à tours de bras. On évoque le rattachement possible d’une communauté ou l’autre à la France, aux Pays-Bas, au Luxembourg ou même à l’Allemagne. Et, si l’on en est à échafauder des hypothèses aussi invraisemblables, ne pourrait-on pas aussi envisager de fusionner une partie de notre patrie défaillante avec le Portugal ? Et pourquoi pas après tout ? Si cette formule fonctionne chez Box, elle pourrait très bien réussir pour nous aussi.

Box est un quatuor indie-rock basé à Scherpenheuvel (Montaigu) dans le Brabant Flamand. Cette formation multiculturelle est conduit par le chanteur/guitariste portugais Bruno Rocha (NDR : déjà responsable d’un album intitulé « Self-Shot Soul », en 2009) et par trois de nos compatriotes : Bruno Goedhuys à la batterie, Gilles Verougstraete à la basse et Pascal Smets à la guitare.

Le premier Ep, mis en boîte aux Konkstudio de Londres, est désormais disponible en écoute intégrale sur la page MySpace du groupe http://www.myspace.com/boxbandmusic ainsi que sur son site officiel : http://www.boxband.net/ .

On y découvre cinq plages bourrées d’énergie, sculptées dans un indie-rock contemporain, souvent mid-tempo, au groove évident et qui ne cache pas ses influences blues (« Merciful Blade ») voire même rock sudiste (« Bullied By The Bears »). Box est parvenu à élaborer un son actuel, sans pour autant rejeter ses racines. Et c’est un coup de génie. Un concept dont pourraient s’inspirer ceux qui nous gouvernent…

 

Weezer

Hurley

Écrit par

Qu’on arrête de nous seriner la triste perte d’inspiration de Weezer depuis la sortie de « Pinkerton » ! C’est acquis, on le sait, et c’est même une certitude : les maîtres de la power-pop 90’s n’atteindront plus jamais l’intensité mélodique des compos proposées sur l’album bleu ni l’aspect sublimement obscur de son successeur. Lucide, et très second degré, le très prolifique Rivers Cuomo (3 albums en 3 ans !) a décidé de laisser son inspiration couler et il serait malvenu de s’en plaindre ; car si quelques morceaux sont dispensables, la plupart sont toujours aussi jouissifs ! La récente signature sur Epitath reflète de plus à merveille cette éthique stakhanoviste aux relents punks du groupe californien. « Hurley », leur 8ème long playing paru album à ce jour, n’est sûrement pas le meilleur de Weezer ; mais des morceaux comme « Rulling Me » ou « Run Away » ne pourront que réjouir les fans de « Buddy Holly » ou encore de « Half-Pipe ». Pourvu qu’ils négligent l’indigeste (recherché et parodié ?) « Where’s My Sex ? ». Mais honnêtement, on ne vous demande pas de décrocher la lune…

La pochette est très évocatrice : le sourire de José Garcia, aka ‘Hurley’, le héros bien portant de la série ‘Lost’, nous invite à profiter sans retenue de la musique fun et sans prétention d’un groupe culte continuant de diviser la blogosphère… Et ce n’est pas la participation aux chœurs du casting de ‘Jackass 3D’, sur le single « Memories », qui risque d’arranger la situation !

 

Ronnie Wood

I feel like playing

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Lorsque Ron Wood prend le relais de Mick Taylor, pour assurer le rôle de guitariste chez les Rolling Stones, en 1975, la nouvelle ne surprend guère. Et pour cause, son look colle parfaitement à celui des Stones. Et puis, il jouit d’une fameuse expérience. Il a sévi comme bassiste au sein du Jeff Beck Group et milité comme guitariste chez les Faces, auprès du sémillant vocaliste Rod Stewart. Il sévit toujours chez la bande à Jagger/Richards, mais régulièrement, il se réserve l’une ou l’autre aventure en solitaire. Si son dernier elpee, "Not for beginners", remonte déjà à 2001, "I feel like playing" constitue déjà son septième long playing solo.

Le cd s’ouvre par "Why you wanna go and do a thing like that for", une ballade interprétée tout en décontraction, trempée dans le blues, nonobstant ses accents country. Elle semble sortir tout droit des sessions d'un album des Rolling Stones, époque "Sticky fingers", alors même que Ronnie n'avait pas encore rejoint le groupe. Une compo de bonne facture, caractérisée par des guitares superbement découpées par Ronnie et Slash. Dommage que la voix est un peu limite. Un peu comme si Ron forcer son timbre pour le calquer sur celui de Dylan. Trempé dans le pur reggae, "Sweetness my weakness" est un peu lourd, mais repose sur une jolie mélodie. Ronnie se charge des parties d’orgue et partage une nouvelle fois de bonnes lignes de cordes auprès de ex-Guns 'n Roses, Slash. Les choses sérieuses démarrent dès "Lucky man". Un rock solide, entraînant, joyeux, au cours duquel son ancien pote des Faces, Ian McLagan, siège derrière l'orgue. La plage est illustrée par des échanges royaux entre Ronnie et Bob Rock, un guitariste canadien qui avait autrefois bossé pour Metallica. Superbe ballade bluesy, "I gotta see" lorgne du côté du regretté Rufus Thomas. Ivan Neville (le fils d'Aaron des Neville Brothers) est préposé aux claviers. La guitare est bien réverbérée : c’est celle de Billy Gibbons. Billy embraie sur un boogie rock solide mais tempéré, "Thing about you". Les cordes du leader de ZZ Top sont bien mises en évidence. Le son gras de la Gibson Les Paul domine le sujet. Ronnie nage dans le bonheur et force sa voix de fausset, soutenu par Blondie Chapin (un ex-Beach Boys) et Bobby Womack, un vocaliste de soul particulièrement notoire. Ballade bien rythmée, "Catch you" est balisée par un riff de dobro acoustique. Classique du blues, le "Spoonful" de Willie Dixon était sensé nous ramener dans l’univers primaire du blues. Mais cette version est funkysante. Jim Keltner malmène ses fûts. Slash est revenu aux côtés de Ron pour partager une attaque de cordes virulentes. Le chant est largement appuyé par celui de l'ami Bernard Fowler. Une cover tout à fait détonante ! "I don't think so" baigne au sein d’une atmosphère torride. Proche du style des Stones, ce rock déménage littéralement. Les voix de Fowler, Chapin et Womack assurent l'essentiel. McLagan se déchaîne au piano, pendant que Wood décoche son meilleur solo. Plutôt hard, "100%" ne manque pas de détermination. Gratteur particulièrement doué, Waddy Wachtel est venu apporter son soutien. Traversées de sonorités orientales, les cordes se muent en invitation au trip psychédélique. Un autre grand moment! Notre Ronnie sort un harmonica pour aborder "Fancy parts"teinter, un blues/rock funky marqué au fer rouge par la slide de Slash. Et croyez-moi, le résultat est stupéfiant ! Tramé sur un riff acoustique et enrichi de vocaux féminins, "Tell me somethin" revient au style bluesy rock des Stones. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Forever", une ballade lente, puissante, au cours de laquelle Slash et Ivan Neville étalent toute leur classe et leur talent…

 

Blonde Redhead

Penny Sparkle

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Les trois têtes chercheuses de Blonde Redhead n’en finissent plus de nous étonner en innovant constamment album après album. Le groupe new-yorkais a fortement adouci le ton depuis la sortie du superbe « Misery Is a Butterfly ». Une métamorphose coïncidant avec leur signature chez 4AD. Définitivement oubliées les dissonances et expérimentations noisy de l’elpee éponyme ou de « La Mia Vita Violenta » ? Il semblerait que ce soit le cas, car le combo persiste et signe dans la même direction tout au long de cette nouvelle livraison qui devrait décevoir les fans de la première heure, mais probablement en conquérir bien d’autres…

Si Kazu Makino et les jumeaux Pace aiment se faire violence en enfonçant de nouvelles portes, ils nous préservent de toute brutalité en décidant de nous cajoler les oreilles. Encore plus doux, « Penny Sparkle » épouse cependant une forme plus électronique et vaporeuse, probablement inspirée par les mois les plus froids de l’hiver new-yorkais ou par leurs nouveaux producteurs suédois (Henrik von Sivers et Peder Mannerfelt du duo Van Rivers & The Subliminal Kid). Si les 10 chansons synthétiques –au tempo parfois trop plat– concoctées par Blonde Redhead s’avèrent souvent un peu lisses par rapport à leurs productions précédentes (les soporifiques « My Plants Are Dead » ou « Penny Sparkle »), certains titres hypnotiques sont de toute beauté comme le plus énergique « Not Getting There » ou le très mélodique « Everything is Wrong ». Et puis malgré quelques baisses de régime, il y a la voix en apesanteur, toujours aussi mystérieuse et délicieuse de Kazu. Qui paradoxalement prend toute son amplitude lors d’un magnifique duo échangé en compagnie d’Amedeo Pace, sur « Black Guitar ».

L’excitation n’est toutefois plus au rendez-vous à l’écoute de cette dream-pop aux réminiscences cold-wave, déjà entendue en mieux chez The XX ou Cocteau Twins. On se demande pourquoi de si nombreux groupes s’évertuent à lisser leur son au fil du temps. Dans le cas d’un groupe aussi aventureux et défricheur que Blonde Redhead, on ne peut s’empêcher de regretter ce choix…

 

Eric Clapton

Clapton

Écrit par

Eric Clapton constitue depuis quelques années, une des valeurs sûres du blues/rock mainstream. Sa carrière personnelle, il l'a entamée dès 1974, après avoir vécu celles du Cream, Blind Faith et Derek & the Dominoes. Et s’être débarrassé de ses problèmes liés à la drogue. Considéré autrefois comme un dieu de la guitare, il ne compte plus aujourd’hui que sur sa notoriété. De plus en plus réservé, il possède même une voix idéale pour son répertoire ; alors que lorsqu’il était au sommet de son art, elle faisait un peu pâle figure. D’ailleurs, à cette époque, il évitait de prendre le micro. Il continue cependant de tourner énormément. En compagnie de son backing band. Et en ‘live’, il privilégie un répertoire largement tourné vers le blues. Ses nouvelles œuvres se font de plus en plus rares. Et lorsqu’il participe aux sessions d’enregistrement de potes, il se la joue le plus souvent décontracté, ‘laidback’ si vous préférez. A l'instar de son ami JJ Cale, pour lequel il avait collaboré à la confection de sa dernière œuvre, "The road to Esconsido", en 2006.

Si l’artiste ne surprend plus, il continue à séduire. Sur son dernier long playing, Eric se paie une bonne tranche de blues, abordant des reprises de thèmes notoires, des compos ‘cool’, écrites ou inspirées par JJ Cale, et puis des chansons personnelles, plus intimistes (NDR : autobiographiques, elles sont inspirées par les heurs et malheurs de son existence ; faut dire aussi qu’il n'a pas toujours eu la vie facile) ou qui empruntent au jazz suranné. L’ensemble manifeste une belle homogénéité ; néanmoins, c’est lorsque Clapton s’affirme dans le blues qu’il est le plus convaincant. Et j’avoue qu’à ce moment, j’éprouve un énorme plaisir à écouter son répertoire.

"How deep is the ocean" est un standard du jazz écrit en 1932. La version est parcourue par les interventions à la trompette de Wynton Marsalis et enrichie par les cordes du London Session Orchestra. Baignant dans le dixieland, trompette, clarinette, tuba et trombone à la clef, "My very good friend the milkman" est une compo qui remonte à la même époque. Allen Toussaint s’y réserve le piano. "When somebody thinks you're wonderful", est un succès signé Fats Waller qui remonte à 1935 ; et on est ici en présence de presque une copie carbone. "Autumn leaves" est investi par une jolie mélodie, mais elle brille surtout par sa capacité soporifique ( ?!?!?) Le "Rockin' chair" de Hoggy Carmichael avait été enregistré par Louis Armstrong, avant 1930. La nouvelle version épingle le concours du jeune Derek Trucks, à la slide. L’aspect laidback, inspiré par JJ Cale, Eric l’entretient tout au long de deux compos issues de la plume de son vieil ami du sud. Tout d’abord "River runs deep" (NDR : extrait de l’elpee "Naturally", publié en 1972), parcouru par les vocaux et les cordes de JJ. Un Cale qui se réserve encore le chant sur son "Everything will be alright", un morceau plus rythmé, au cours duquel Paul Carrack siège derrière l'orgue Hammond. Eric et JJ chantent ensemble "That's no way to get along". Ecrite en 1929 par Robert Wilkins, cette compo syncopée, inspirée par les rythmes de la Nouvelle Orléans, met en exergue l’excellent boulot opéré par Jim Keltner aux drums, Doyle Bramhall à la guitare et Steve Riley à l'accordéon. On en arrive maintenant, à ce que je considère, enfin, comme la quintessence de l’œuvre. C’est-à-dire quand Clapton redevient le bluesman. Soit sur quatre des 14 plages de l'album. La reprise du "Travelin' alone" de Melvin ‘Lil' son’ Jackson est vraiment superbe. L’instrumentation est primaire, mais l’impact direct. Eric est impeccablement soutenu par sa section rythmique, composée de Jim Keltner et Willie Weeks. Excellent ! Deux covers ont bénéficié de la collaboration du géant Kim Wilson à l'harmonica ; et elles sont excellentes. Soit le "Judgement day" de Snooky Pryor et "Can't hold out much longer" de Little Walter. Deux morceaux au cours desquels, on sent vraiment que Clapton prend son pied. Signé Lane Hardin, un obscur bluesman issu de St Louis, "Hard time blues" identifie un blues à ras-de-terre. Clapton a empoigné la mandoline, alors que Doyle Bramhall se réserve la guitare solo! L’elpee recèle deux compositions du même Bramhall, le fidèle guitariste rythmique. Tout d’abord "Run back to your side", un tout bon blues rocker, au cours duquel EC s'éclate enfin face aux chœurs féminins prolifiques. Et enfin "Diamonds make from rain", un blues mélodique nourri au gospel, gorgé d’arrangements, qu’il chante en duo avec Miss Sheryl Crow...

Joe Cocker

Hard knocks

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Joe Cocker affiche aujourd'hui 66 balais. Ce citoyen de Sheffield doit certainement toujours se rappeler la bonne idée d’avoir enregistré, en 1968, le "With a little help from my friends" des Beatles, une chanson issue de leur album "Sgt Pepper" ; et puis ensuite de l’avoir interprétée lors du festival de Woodstock, en août 1969. Car cette cover va figurer dans le film consacré à cet événement et lui procurer une notoriété fulgurante. L'année suivante, Joe tourne inlassablement aux USA, et enregistre l'album culte "Mad dogs and Englishmen". Plus de quatre décennies plus tard, l’artiste anglais bénéficie toujours des retombées de ce succès précoce. Certes l'homme ne manque pas de talent. Vocal. Avant tout. Une voix typée, puissante, rocailleuse, toujours plus ravagée au fil de l'âge. Il est toujours parvenu à se magnifier en ‘live’. Se forgeant ainsi une réputation unique. Ce qui explique pourquoi il a tourné aux quatre coins du monde.

Joe compte près de trente albums à son actif. Et vient donc de publier "Hard knocks". Franchement, un disque un peu court pour un artiste de son statut. Dix plages qu’il interprète, car il n'est pas compositeur. Il est soutenu par son band : Ray Parker Jr à la guitare, Josh Freese aux drums, Chris Chaney à la basse, Jamie Muhoberac et Matt Serletic aux claviers, ce dernier se chargeant également de la programmation et de la production. Un produit étiqueté ‘Joe Cocker’ est destiné à la vente. Donc il a été concocté pour séduire le plus large public possible. La mise en forme est très soignée. Les chœurs, les cuivres et les arrangements de cordes synthétiques enrichissent régulièrement la solution sonore.

L'opus s’ouvre par le titre maître. Un compo qui ne manque pas de charme. Le rythme est bien balancé. La voix très caractéristique de Joe, bien posée à l'avant. Imprimé sur un tempo soutenu, "Get on" est sculpté dans le funk. Une invitation naturelle à la danse. Cependant, Cocker est au sommet de son art lors des ballades les plus lentes. A l’instar d’"Unforgiven", une compo fort bien ficelée qu’il chante en injectant toute sa passion. Autre funk, "The fall" manque de naturel. Pourtant l’intensité de la plage est suffisamment contenue ; mais les arrangements très (trop) travaillés sont envahissants. Douceur et mélancolie bercent "So it goes". Fort bonne composition, "Runaway train" est gâchée par la mise en forme. Trop léchée. Il y manque ce zeste de folie. Dommage ! Sous une forme plus dépouillée, le résultat aurait été superbe, car Cocker vit très intérieurement cette plage et laisse éclater toute sa passion, en fin de parcours. "Thankful" est une compo très radiophonique. Contagieuse aussi. Joe y est soutenu par un chœur gospel conséquent. Trop longtemps restée dans l'ombre, la guitare fait enfin son apparition. Elégante, mais dépouillée, "So" est une chanson qui s’adresse aux couples impatients de roucouler. Et les chœurs gospel font leur retour lors de la finale "I hope". Franchement on était en droit de s’attendre à autre chose du Cocker nouveau!

 

The Crookes

Dreams Of Another Day

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The Crookes nous vient tout droit de Sheffield. Leur aventure a commencé en 2008, suite à la rencontre entre deux guitaristes : Alex Saunders et Daniel Hopewell. Ils embauchent le chanteur George Waite et le drummer Russel Bates, pour compléter le line up. Ils parviennent facilement à se faire une place sur la scène britannique. Mais le plus difficile commence alors : confirmer.

Si la première étape leur était donc favorable, la BBC, NME, The Guardians et autres médias ayant vanté les mérites de la formation insulaire, on se demandait quand même si la suite allait se révéler aussi intéressante. Bien sûr, le combo avait été sélectionné pour représenter Sheffield, sur MTV, lors de l’élection des ‘Breaking Bands’, au Royaume-Uni. Et parmi les nominés figuraient également Wild Beast ou encore The Big Pink. Même Noël Gallagher ne tarissait pas d’éloges, le quartet. Or, le leader du défunt Oasis est plutôt avare de compliments. Un véritable plébiscite, alors que le band n’avait pas encore publié de long playing.

Et toujours pas d’LP, puisque « Dreams Of Another Day » est un mini album réunissant 8 titres. Un disque publié sur le label Fierce Panda (The Walkmen, The Maccabees, The Raveonettes, …) Le tracklisting alterne morceaux entraînants et titres plus posés (« Born Under A Bad Sign »). Des compos le plus souvent jouissives et classieuses. Les mélodies sont particulièrement contagieuses. Evoquant tour à tour The Kooks ou encore Born Ruffians. Voire même les Beatles (NDR : le bonus track « Mrs Porter »). Encore qu’au fil de l’écoute on se rend compte que le groupe puise principalement ses références chez les Smiths (« Backstreet Lovers »). Même la voix de George Waite rappelle celle de Morrissey. Ce qui devrait donc permettre à la formation britannique de revendiquer une place de choix sur la scène pop/rock britannique.

Après un Ep et un mini cd, on attend impatiemment la sortie d’un véritable album. Pour confirmer tout le bien que l’on pense d’eux.

 

Deerhunter

Halcyon Digest

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Retrouver Bradfort Cox constitue toujours une excellente nouvelle. Que ce soit à travers ses  escapades en solitaire, sous le patronyme d’Atlas Sound (NDR : souvenez-vous de l’excellent opus, « Logos », publié l’an dernier ou au sein de Deerhunter. Alors que leur double elpee « Microcastle / Weird Era Cont », paru en 2008, tourne encore et toujours sur nos platines, on avait hâte de découvrir une suite à leurs aventures. Bien sûr, le groupe n’a pas chômé pour autant, puisqu’il a gravé un Ep et puis s’est fendu de quelques sorties, non-officielles. Il faut bien admettre que, depuis quelques années, le groupe d’Atlanta (Georgie) est certainement l’un des groupes les plus intéressants, à l’instar d’Animal Collective ou de Grizzly Bear.

Après avoir écouté une première fois « Halcyon Digest », on constate que l’expression sonore a emprunté un profil davantage acoustique. Pop aussi. Même si la musique recèle toujours des accès shoegaze. Elle se révèle même davantage dépouillée, que sur les œuvres précédentes. « Revival » ou encore « Sailing » en sont probablement les plus belles illustrations. Si la guitare continue de baliser les compos, une nouvelle dimension leur est apportée par la présence de nouveaux instruments. Harmonica sur « Memory Boy » et saxophone sur « Coronado » surprennent à premier abord ; mais finalement rendent l’ensemble plus séduisant. Mais la force des chansons procède de leur sens mélodique. Un sens mélodique terriblement contagieux. Et puis de cette intensité naturelle qui émane de la brume sonore. Presque palpable. A l’instar de l’excellentissime « Memory Boy ». Ou encore de « He Would Have Laughed », une plage dédiée à feu, leur ami et collaborateur Jay Reatard.

« Halcyon Digest » figurera parmi ma sélection des meilleurs albums de l’année, c’est une certitude.

Cheikh Lô

Jamm

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Faut-il encore présenter Cheikh Lô ? Grand musicien sénégalais d’Afro-beat et reggae. Paru en 1996, son premier album, « Ne La Thiass », avait bénéficié de la production de Youssou N’Dour. Près de quinze années plus tard, Cheikh Lô nous propose son quatrième opus ; et il s’intitule « Jamm ».

« Jamm » est un album de mixité. Cheikh Lô joue avec les idiomes ; on passe du français à l’espagnol pour terminer par des langues plus afro telles que le wolof et le mandingue. Mais aussi, les styles : reggae, mbalax ou encore pop cubaine ou congolaise.

« Conia » ouvre elpee. Il est saccadé et donne le tempo au reste du disque. Lô reprend « Il n’est jamais trop tard » du groupe guinéen Bembeya Jazz. Deux titres plus tard, il se fend d’une émouvante chanson rendant hommage à Thomas Sankara (« Sankara »), président du Burkina Faso assassiné en 1987.

Pour les initiés, il s’agira d’un album de consécration. Pour les novices comme moi, malheureusement, ils ne s’y retrouveront pas.

of Montreal

False Priest

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Bonne nouvelle : Kevin Barnes a toujours l’esprit en ébullition. Donc pas de panne sèche, malgré le relatif succès des deux derniers albums de son groupe. Tout d’abord le génial « Hissing Fauna, Are You the Destroyer ». Ensuite le tout aussi délirant « Skeletal Lamping ». Premier bémol, si « False Priest » est très réussi, il n’épouse pas la forme psychédélique optimale de l’avant-dernier elpee, publié en 1997. Et seconde observation : il est davantage dansant, mais moins rock que son tout dernier. En fait on a souvent l’impression que l’expression sonore du nouvel opus emprunte très souvent un profil disco réminiscent du « Midnite Vulture » de Beck (« You Do Mutilate ? ») A moins qu’il ne soit hanté par l’esprit de Prince. Ce qui n’empêche pas Barnes de continuer à expérimenter. De véhiculer une idéologie toujours aussi punk et débauchée (« Girl Named Hello »), de tâter du funk (« Godly Intersex »), du rock (« Coquet Coquette ») et surtout de la pop. Bref, de se garder continuellement ses méninges en éveil, à l’instar de l’image de la pochette de ce disque, qu’il a personnellement imaginée. Le dixième long playing d’Of Montreal creuse en profondeur le sillon de la pop, mais aussi du r&b (NDR : pensez à Parliament et Funkadelic). Kevin y échange même quelques duos. En compagnie de la nouvelle diva de la soul, Janelle Monae sur les très réussis « Our Riotous Defects » et « Enemy Gene ». Ainsi que de la petite sœur de Beyonce, Solange (dont Kevin Barnes a d’ailleurs produit le dernier album), sur le très explicite et boogie « Sex Karma ».

« False Priest » est un album riche, voire kaléidoscopique. Ce qui explique pourquoi il nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Un disque qui a bénéficié de la mise en forme du formidable producteur, Jon Biron. 

Roy Orbison

The Last concert, December 4, 1988

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J’ai découvert Roy Orbison en 1989. Lors de la sortie de son album « The Mistery Girl » et son tube planétaire « You got it ». Fait particulier, cet elpee avait été finalisé quelques semaines après le décès de l’artiste. Ce qui explique pourquoi aucun titre de cet opus, judicieusement intitulé « The Last concert », ne figure sur le ‘live’, accordé le 4 décembre 1988.

Sa dernière apparition à la TV, avait servi de fil conducteur au clip « You got it ». Il avait été tourné en Belgique, lors des Diamond awards d’Anvers, fin novembre.

Contrairement aux rumeurs qui ont longtemps circulé, Roy Kelton Orbison n’est pas décédé des suites d’une longue et pénible maladie, mais d’une crise cardiaque. Alors que sa carrière prenait un nouvel élan (après avoir rencontré une période de gloire début des 60’s), il semble surtout avoir été victime d’un agenda trop chargé.

Ce dernier concert passe en revue les classiques rock’n’roll du songwriter. Des tubes, pour la plupart signés chez Monument Records, dont « Only the lonely » (en ouverture), « Dream baby », « It’s over » et en finale, l’inévitable « Oh, pretty woman », remis au goût du jour lors de la sortie du long métrage du même nom.

Tout au long de ce disque, la voix unique (baryton) de notre homme se conjugue avec des chœurs black et des mélodies tantôt country, tantôt plus bluesy. Le son est correct pour un live de l’époque. Ce Cd constitue  donc une belle occasion de (re)découvrir l’une des plus grandes figures du rock’n’roll, qui a d’ailleurs été ajouté au fameux Hollywood Walk of Fame, en janvier 2010.

Orchestral Manœuvres in The Dark (OMD)

History of modern

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Comment ne pas aborder OMD sans nostalgie et révérence quand on songe au passé et à ces titres imprimés dans l'imaginaire collectif (NDR : « Electricity », « Enola Gay », etc.) Seule perspective salvatrice pour affronter ce qu'il est convenu d'appeler un (très) mauvais disque.

Je me suis penché au chevet de ce onzième album studio avec compassion, compréhension et mansuétude. Bien que pessimiste d'entrée suite aux critiques fort peu élogieuses qui fusaient de toutes parts et au vu d'une carrière placée longtemps entre charentaises, après avoir essuyé de nombreuses déceptions au fil d’albums dont la qualité s’effilochait progressivement, j’ai donc décidé d'accorder le temps et l'attention nécessaire pour me construire une idée vierge de toute remarque extérieure. Las! On ne vit pas de « Souvenir », et à mi chemin, j’ai compris que rien n'y ferait. Il est vain de vouloir sauver les apparences. Malgré les retrouvailles de la paire Mc Cluskey – Humphreys, les années d’or sont enterrées et le génie n’opère plus. Pas plus que la magie. Ce come-back sous les projecteurs ressemble bel et bien à la dernière Cène. Opérant un retour aux sources axé sur le son d’hier comme modèle d’aujourd’hui, le projet gonflé à l’hélium s’essouffle comme une baudruche.

Au final, le constat est plus qu'amer. Le fiel qui coule de ma plume est nourri de l’amour que je porte aux moments de grâce élaborés jadis par ces architectes d’un style novateur. Ce qu’ils nous proposent aujourd’hui n’est rien moins qu’une parodie d’eux-mêmes. Ce retour à la compétition est ce qu'on pouvait imaginer de pire. Oui, ce disque est foncièrement laid.

Comme projeté des années en avant, et contemplant le corps décrépi d’un amour de jeunesse qui se serait flétri, je ne peux que me remémorer la beauté d’hier pour affronter la dure réalité d’aujourd’hui. Ce qui était n’est plus. Bonjour mélancolie !

Nous sommes en 2010 et « Architecture and morality », « Organisation » et « Dazzle Ships » font partie du passé. « History of modern » lui, flotte grossièrement entre deux époques, polluant la discographie déjà ternie de ce combo pourtant culte. 

Le titre lui-même fait référence à leurs débuts et cette attitude passéiste colle comme un goût pâteux du début à la fin de cet opus. Mais ce qui ressort plus que tout, c’est le hideux qui suinte au détour de presque chaque plage.

Usant et abusant de gimmicks outranciers, voire carrément pompiers, de sonorités dépassées et bavantes dignes des pires variétés kitsh mais sans une once d'humour sous-jacent, des mélodies enfantines frôlant la crétinerie (« Sister Mary says » rappelle Mon petit Poney), et des chœurs lyriques baroques affligeants, cet album sonne le gras d'une carrière déclinée au passé simple. L'aura pâlit. De ce salmigondis abject, ne subsiste que quelques fausses bonnes idées qui font encore illusion, mais plus par pitié qu'autre chose. Au mieux inspiré par Kraftwerk (appelons ceci un hommage) sur « The future, the past and forever after » dont le seul titre suffit à jeter le doute, parfois touchant de gaucherie dans ses tentatives de rajeunir les murs du son (« Sometimes »), c'est tout l'édifice OMD qui sombre et prend eau de toutes parts.

Ressassant le passé, s'auto parodiant jusqu'au plus grand ridicule, Orchestral manœuvre maladroitement et se plante royalement.

L'album se clôture sur un titre évocateur. « The right side? ». Et poser la question, c'est déjà y répondre. Certains disques devraient être gravés sur support réinscriptible...

 

Tom Petty

Mojo

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Tom Petty est un artiste attachant. Issu de la scène rock, ce musicien est parvenu à puiser au sein d’une multitude de styles pour créer une musique bien américaine, que l’on qualifie aujourd’hui d’ailleurs d’americana. En fait, il s’agit tout simplement de bon vieux rock, teinté de fortes colorations country, et épicé d’un zeste de blues et de folk. Il y a bien longtemps qu’il roule sa bosse sur les routes du rock ; mais j’ai quand même été surpris d’apprendre qu’il allait souffler ses 60 bougies, en octobre 2010.

Ce garçon, aux cheveux blonds filasse est originaire de l’état du soleil, la Floride. Au cours des années 70, il monte son groupe, les Heartbreakers. Le combo publie son premier elpee en 1976. Il est éponyme. Et recèle déjà deux futurs classiques "Breakdown" et "American girl". Depuis, il a parfaitement mené sa barque, même si depuis l’an 2000, il s’est montré relativement un peu plus discret, concoctant "The last DJ" en 2002, "Highway companion" (NDR : en solo) quatre ans plus tard, et "The Live Anthology", fin de l’année dernière. Il a baptisé son nouvel, "Mojo". Ce qui lui confère une étiquette plutôt blues ; et manifestement, on y retrouve régulièrement des tempos empruntés au blues! Tom chante, bien sûr, et joue de la guitare. Il est soutenu par ses fidèles musiciens : les guitaristes Scott Thurston et surtout Mike Campbell, l’organiste Benmont Tench, le bassiste Ron Blair et le drummer Steve Ferrone.

"Jefferson Jericho blues" ouvre l’elpee. Le tempo est imprimé sur le rythme du chemin de fer, si souvent popularisé dans le blues du sud. La compo véhicule des accents empruntés au Mississippi et à la Louisiane. Thurston se réserve l’harmonica tout au long de cette ballade empreinte de douceur et bien construite. Les instruments baignent dans une certaine forme de quiétude, mais également de subtilité, à l’instar du Steely Dan au sommet de son art! Blues/rock, "Running man’s bible" met en exergue Mr Petty à la guitare solo. Et bien sûr au chant. Sa voix est très convaincante tout au long de cette plage traversée de climats rythmiques torrides, et dont l’atmosphère est réminiscente de l’album "L.A woman" des Doors. "The trip to Pirate’s cove" est une ballade majestueuse, dont la densité et la richesse sont entretenues par les cordes de Campbell et l’orgue Hammond de Tench. Du Tom Petty and The Heartbreakers par excellence ! Relax, "Candy" campe un blues rocker bien dans l'esprit de JJ Cale. Et il est excellent. Autre ballade, "No reason to cry" trempe dans la country. Une plage délicieuse au cours de laquelle Mike Campbell se réserve la lap steel guitare. Largement amplifié, puissant, "I should have know it" libère toute son intensité, une intensité dramatique entretenue par les riffs de gratte. "US 41" s’ouvre sous une forme de blues empreint de légèreté, avant de s’engraisser au contact de la slide de Campbell, mais aussi de l'harmonica. Inspiré par le géant du southside, Muddy Waters, "Takin' my time" baigne dans le Chicago blues. Et pour cause, son riff est tellement proche de "Mannish boy". Au bord de la saturation, les cordes sont pourtant bien maîtrisées. Tom poursuit son parcours dans l’univers du blues, en délivrant un "Let yourself go" rondement mené. Talonné par l'harmo de Thurston, Campbell est alors au sommet de son art. Et "Lover's touch" évolue dans le même registre. "Don't pull me over" émarge au reggae. Tom attaque un autre blues rock qui ne maque pas d’allure : "High in the morning", une compo au cours de laquelle son timbre est tellement proche de celui de Dylan! D’excellente facture, cette œuvre nous réserve encore deux somptueuses ballades, "Something good coming" et "Good enough".

 

Pura Vida

Struggle in the city

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Cet orchestre est un pur produit Made in Belgium ! Le terme orchestre n’est pas à prendre à la légère : onze musiciens partagent la scène. En 2008, ils remportent la compétition du Reggae Contest of Rototom Sunsplash. Ce concours leur a ouvert les portes au monde de la World.

Dès le premier titre, cet elpee intrigue. Il ne laisse en rien paraître que Pura Vida est un groupe de reggae. Tout d’abord par son étrange pochette, l’illustration de Nina Schelfthout représente une femme entourée de serpents. Ensuite, le premier morceau de l’album, « Third World » nous interpelle. Il débute par une intro de plus de trois minutes au son plutôt alternatif que reggae.

L’opus mélange dub expérimental et sonorités jamaïcaines. A vrai dire, le combo décrit sa musique comme une ‘variante rafraîchissante du genre qui se frotte sans peine à la soul, au blues et à la world’. On n’aurait pas pu mieux résumer ce que nous propose Pura Vida.

« Struggle in the city » est partagé entre titres relaxants et morceaux totalement festifs. On passe clairement de la zen attitude à l’envie de danser sans plus s’arrêter. Le petit plus du groupe ? La diversité des voix et le talent des nombreux musiciens.

Santana

Guitar heaven (Cd + Dvd)

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Carlos  Santana nous entraîne au paradis des guitares. Sous-titré « The greatest guitar classics of all time », « Guitar heaven » est donc censé nous faire revivre les plus grands classiques de tous les temps. Perso, je n’en suis pas si sûr ; mais n’empêche, Carlos est un musicien exceptionnel et c’est sans la moindre difficulté qu’il revêt successivement les costumes de Jimmy Page, Jeff Beck, Eric Clapton, Richie Blackmore, Van Halen et consorts. Arista lui a fourni tout ce qu’il souhaitait pour concrétiser son projet. Et pourtant, hormis Joe Cocker, la liste des chanteurs ne recèle que des artistes plus jeunes que lui ; et, sans aucun doute, moins connus du grand public. Cette édition réunit seize plage dont deux bonus tracks, pour la version ‘de luxe’.

L’opus démarre fort par "Whole lotta love", le titre le plus prestigieux du répertoire de Led Zeppelin. Une reprise sans surprise. Il dispense sans difficultés, le riff popularisé par Jimmy Page, pendant que Chris Cornell (le chanteur de Soundgarden) se révèle tout à fait étonnant dans le rôle de Robert Plant. Une entrée en matière réussie. Carlos reproduit tout aussi facilement le riff caractéristique de Keith Richard, sur le "Can’t you hear me knocking" des Rolling Stones. Scott Weiland, le vocaliste des Stone Temple Pilots, n’a ni le timbre, ni les inflexions de Mick Jagger, mais dans son registre, il est tout à fait convainquant, face à la guitare dont le solo s’envole bien au-delà des limites fixées, à l’époque, par Mick Taylor. "Sunshine of your love" était le cheval de bataille du Cream, supergroupe anglais issu des sixties. Carlos se met dans la peau de Clapton, pendant que Rob Thomas (NDR : fin du siècle dernier, Rob militait comme chanteur au sein de Santana ; il a d’ailleurs participé à l’enregistrement de "Supernatural") emprunte la voix de Jack Bruce. La reprise du "While my guitar gently weeps" de George Harrisson est un des sommets de ce ‘paradis’. La voix suave d’India Arie est soutenue par le violoncelle de Yo Yo Ma (NDR : un musicien d’origine chinoise), le piano acoustique et les cordes magiques du maître! Mr Santana pourrait alors se permettre de lever le pied. Mais apparemment, ce n’est pas son intention. D’ailleurs lors du  "Photograph" de Lef Leppard, il donne une leçon de heavy metal. Et sa version hard rap du "Back in black" d’AC-DC met en exergue le sémillant Nas. Le tracklisting en revient ensuite aux grands classiques du passé. Tout d’abord le "Riders on the storm" des Doors. Auquel participe le claviériste originel, Ray Manzatek. La sonorité de son orgue est tellement caractéristique ; mais le chanteur de néométal Chris Bennington n’est pas Jim Morrison. Carlos s’offre un moment de récréation en imitant le riff de Blackmore sur le "Smoke on the water "de Deep Purple. Excellent, Jacoby Shaddix (de Papa Roach) a repris le micro dévolu à Ian Gillan! Parmi les standards, j’épinglerai encore le "Dance the night away" de Van Halen et le "Get it on"de T Rex, rebaptisé "Bang a gong". Santana rend hommage à Jimi Hendrix. Il reprend son "Little wing" ; et c’est un vétéran, Joe Cocker, qui pose sa voix rocailleuse et fatiguée sur la compo de ce monstre sacré. J’apprécie tout particulièrement l’adaptation du "I ain’t superstitious" de Willie Dixon, un classique du Chicago blues. La vision proposée ici par Santana est comparable à celle affichée par Jeff Beck sur son album "Truth", un elpee paru en 1968. Le son de guitare est découpé au rasoir ; et si Jonni Lang n’est pas Rod Stewart, il est indubitablement un tout bon jeune chanteur de blues! En rappel, l’habile Santana nous réserve une version très personnelle du "Fortunate son" de Creedence Clearwater Revival. Curieux, Scott Stapp, le chanteur de Creed (NDR : cherchez l’erreur !) se charge des parties vocales. Et l’elpee s’achève par "Under the bridge" des Red Hot Chilli Peppers, une cover que se réserve Andy Vargas, l’actuel vocaliste de Santana.

Le Dvd ne nous propose pas beaucoup plus. Il est cependant enrichi d’interviews accordés par Santana ainsi que de Clive David, l’homme derrière ce projet ; sans oublier quelques prises filmées lors des les sessions d’enregistrement. Merci Carlos pour ce petit bout de paradis!

 

Status Quo

In The Army Now (2010)

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Très beau geste de la part des vétérans britanniques de Status Quo ! Le plus célèbre des groupes boogie-rock a annoncé qu’il reverserait l’intégralité des bénéfices du mini-album « In The Army Now (2010) » à deux organisations chargées de soutenir les militaires anglais engagés dans des conflits internationaux : le ‘British Forces Foundation’ et le ‘Help Heroes charities’. Pour l’occasion, le ‘Quo’ s’est fendu d’une toute nouvelle version de son hit planétaire paru originellement en 1986.

Musicalement, les modifications apportées à « In The Army Now » ne sont pas vraiment transcendantes. Il s’agit presque du même titre, quasiment note pour note. Les lyrics ont été légèrement remaniés et le fameux « Stand Up And Fight » est désormais hurlé par un véritable Sergent Major. Dernière petite variation par rapport à l’original : les chœurs sont assurés par une chorale des forces armées britanniques. Outre la version longue (4’22), le Cd contient aussi une version ‘radio edit’ (3’54) et un clip vidéo plutôt sympathique (à regarder sur l’ordinateur), au sein duquel on peut voir Rossi, Parfitt and Co interpréter leur tube devant les militaires souriants du ‘Kiwi Barracks of the 4-Rifles regiment’ et les accompagner à l’entraînement (Tir, char d’assaut, …).

Afin de rendre « In The Army Now – 2010 » un peu plus attractif pour les fans qui posséderaient déjà la version originale, cinq classiques ‘live’ mis-en-boite entre 2008 et 2009 ont été ajoutés (« Caroline », « Beginning Of The End », « Down Down », « Whatever You Want », et « Burning Bridges) ainsi que deux titres studios plutôt rares (« I Ain’t Wasting My Time » et « One By One ») et un clip vidéo de « Beginning Of The End ».

En attendant la sortie de « Quid Pro Quo », le nouvel opus de Status Quo, prévu pour 2011, faites vous plaisir et dépensez votre argent pour une cause qui en vaut bien une autre.