Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Baloji à Ath !

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La Maison Culturelle d'Ath a le plaisir d'accueillir Baloji en concert au Palace, le samedi 6 novembre à 20h.

Il a la classe. Il a le groove. Il porte le sourire en guise de respiration et son sens de la fête n'efface jamais son désir vital de rappeler des vérités toujours bonnes à entendre.

Ce n'est pas de la world music, c'est notre musique !, clame-t-il. La sortie de

Trois ans après son premier album solo, Baloji, le plus belge des rappeurs congolais, effectue le voyage en sens inverse. Si « Hôtel Impala », qui avait fait sensation aux Octaves d’Or en 2008, avait été conçu avec des musiciens belges pour se rapprocher d'un pays natal et d'une maman qu'il a si peu connu, c'est à Kinshasa et avec des artistes locaux que l'ex-Starflam démêle cette fois ses racines. Ainsi son « Kinshasa Succursale » replace 50 ans d'indépendance du Congo dans un contexte musical.

Avec ce nouvel opus, entouré de l’orchestre de la Katuba (ghetto de Lubumbashi), il a notamment embarqué le public de Couleur Café et des Francofolies de Spa dans un tourbillon de registres aux « lyrics » remplis d’émotion et de réflexion.

Difficile en effet de ne pas se laisser entraîner par ces airs de rumba congolaise, ces poussées de funk à la George Clinton, ces secousses tribales et ce hip-hop conscientisé qui évite de donner des leçons…

(D’après communiqué de presse)

Paf : 15€, 12€, 10€, 1,25€ (Art. 27)

Pour plus d’infos : http://www.maisonculturelledath.be

 

Hippopotard 2010 : samedi 16 octobre

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Un coup de gueule avant de commencer ce compte-rendu : 120 personnes pour assister à un festival proposant une telle affiche relève de l’indécence. Soit le public n’est plus capable de se bouger le cul, soit il ne veut plus se déplacer par crainte des contrôles routiers. Dans ce dernier cas, l’Horeca devrait aussi en subir les conséquences. Faudra leur demander. A moins de pouvoir se payer le taxi ou alors de disposer d’un transport en commun à 2 heures du matin. Mais là, on peut toujours faire le poirier. Déjà qu’en ville, à moment-là, il n’y a plus un bus, mais à Béclers, faut quand même pas rêver. C’est le paradoxe à la belge ! On impose des règles, mais on ne prévoit aucune alternative. Il faut donc se mettre à l’eau. Et au pain sec tant qu’on y est. Ou trouver un Bob qui se sacrifie. On s’étonne ensuite, que seules les grandes villes (NDR : quand les transports en commun offrent encore une alternative plus tardive) peuvent encore organiser des événements (sub) culturels. Et pour la province, qu’elle se contente de regarder les âneries de TF1 à la TV. Mais revenons à notre soirée, au cours de laquelle se produisait trois groupes belges : Dashbox, Hands Up Boys et Rockin’ Drinkin’ Guys.

Dashbox est un quatuor bruxellois qui aime les couleurs. Le bleu, le vert, le jaune et le rose. Ce sont les teintes des chemises portées par les musiciens. Ils sont jeunes, beaux (NDR : c’est ma femme qui l’a dit), et viennent de sortir de la machine à laver. C’est d’ailleurs le décor derrière lequel se cache le clavier. En carton, mais on les comprend, quand on n’a pas de flouze. Pourtant, le groupe se débrouille plutôt bien dans son style allègre, dansant, directement inspiré par Franz Ferdinand, même si dans leur solution sonore, on décèle des traces de blues. Deux reproches, cependant ! Tout d’abord le son de la basse. Trop saturé (NDR : dans le jargon on appelle ça un bruit de casserole). Et puis un set trop long. Surtout pour un premier groupe. N’empêche, le combo a du potentiel. Qu’il doit encore travailler. Et en plus, les musicos sont sympas.

Après quatre garçons, place à autant de filles : Hands Up Boys. Le quatuor s’était produit lors du dernier festival D’Hiver Rock, à Tournai. Et nous avait laissé une excellente impression. Un changement de line up, quand même, puisque Elisabetta, la showwoman, est retournée dans son Italie natale. Elle a été remplacée depuis peu par Kadoyi Bongo. Elle est née à Kinshasa. Et se réserve la guitare ainsi que le chant. C’est d’ailleurs le deuxième concert auquel elle participe. Clémentine, derrière ses machines à sampler occupe le devant de la scène. C’est elle qui a pris le rôle d’animatrice. Isabel s’est installée, au fond à droite, derrière ses fûts. Et puis, à gauche, Cloé Defossez (NDR : ben oui, du Trèfle aussi) se réserve la six cordes ou la basse. Première constatation, la musique a pris une coloration nettement plus hip hop, tout en gardant une ligne de conduite funkysante. Le public s’est approché du podium et semble apprécier le concert (NDR : un peu trop court, mais excellent ; même si à l’issue de celui-ci, Cloé nous a déclaré préférer le voir rester sur sa faim…) L’humour est omniprésent, les vocaux excellents. Mais les harmonies vocales moins évidentes. D’abord, la voix fine de Cloé se met, au fil du temps, en retrait. Et progressivement, le timbre et les inflexions soul, fiévreuses, phénoménales, de Kadoyi prennent l’ascendant. Elle est toute petite (NDR : 1m55 au plus), mais grande par le talent. Réflexion : le quatuor va devoir gérer quatre fortes personnalités. Car si la dernière arrivée semble timide, son aura sur le podium est impressionnante. Ce qui pourrait la muer en leader naturelle. Faut dire que quand on possède une telle voix. Et souvent on connaît la suite… A contrario si les filles parviennent à trouver le parfait équilibre, c’est une future grande pointure du rock belge qui risque de nous tomber sur la cafetière. Et ma marge d’erreur est souvent réduite ; les lecteurs le savent pertinemment bien…

Paraît que le trio Rockin’ Drinkin’ Guys tourne énormément, et pas seulement dans la région. Une formation de rockabilly qui a la patate (NDR : oui, je sais, en milieu rural, c’est une blague à deux balles…) Mais pas seulement, puisque les musiciens ont régulièrement le loisir de côtoyer des pointures du blues. Le drummer est un fou furieux. Comme dans tout combo de rockabilly, il joue debout. Une caisse claire, un bass drum et deux cymbales. Il porte un t-shirt des Stray Cats (NDR : ben tiens !) Le chanteur/guitariste –une vraie baraque, mais un visage de poupon– lui, arbore une chemise à carreaux. Il manie habilement sa gratte. Sa voix, il la calque très souvent sur celle d’Elvis, mais elle manque encore de timbre. Ou de vécu, selon. Enfin, le troisième larron, Julien est un hyper doué. Casquette de titi parisien, c’est le sosie de Jean Dujardin. Sa contrebasse, il la manipule les yeux fermés (NDR : c’est une métaphore). Il la fait tournoyer, la chevauche (NDR : oui, oui, c’est une réflexion à connotation sexuelle…) et en extrait des sonorités vibrantes et d’une grande mélodicité. Le groupe privilégie les covers : Johnny Cash, Eddie Cochran, etc., mais délivre quelques compos personnelles. C’est énergique, excitant et certains spectateurs se mettent à danser le rock’n roll. En rappel, le trio se fend d’une version du « Shake Baby Shake » de Champion Jack Dupree. L’ambiance est à son comble. Et en second encore, à la demande du public, Julien se met à souffler dans un harmo, lors d’un blues tout bonnement époustouflant. Si leur set était excellent en version rockabilly, il me plairait d’aller les applaudir sous une forme blues. Et là, l’ami Jean-Claude, faudra venir voir ces jeunes qui déchirent grave…

En souhaitant une nouvelle édition l’an prochain, un coup de pouce aux organisateurs de la part de sponsors et surtout un engouement bien plus conséquent du public. Ce serait bien la moindre des choses. Et s’il le faut, un bus qui ramène tous les Tournaisiens qui ont fait la fête, dans la Cité des 5 Clochers…

Dashbox + Hands Up Boys + Rockin’ Drinkin’ Guys

 

of Montreal

Spectacle total

Écrit par

Lors d’une interview accordée dans un magazine belge, Kevin Barnes, chanteur et tête pensante d’Of Montreal confiait, à propos de la prochaine tournée de son groupe, qu’il allait mettre sur pied une performance théâtrale assez complexe. La plus grande production de l’histoire de la formation. Et mettre en scène une multitude de marionnettes humaines, nécessitant une foule de costumes. Jugeant même ce projet formidable…’ Autant dire que ces déclarations ouvrent l’appétit, surtout lorsqu’on connaît les prestations ‘live’ complètement déjantées du groupe d’Athens (Georgie). D’ailleurs les spectateurs présents à la Rotonde, voici 2 ans, se rappellent sans aucun doute de leur show complètement barré.

Le concert accordé ce vendredi 16 octobre à l’Orangerie offrait une merveilleuse occasion de vérifier ses dires et de découvrir leur nouvel album, « False Priest ».

20h00 pétantes, la première partie s’apprête à monter sur la scène du Botanique. La salle est à moitié remplie, l’ambiance décontractée. Tape Tum est un duo belge, renforcé par un groupe réunissant Bruxellois et Gantois, en ‘live’. Il tente de chauffer la salle. Et leur tout premier morceau suscite manifestement l’enthousiasme. Malheureusement, l’intensité retombe aussi rapidement qu’elle s’est déclenchée. La concentration de l’audience s’étiole et les bavardages s’intensifient. Pourtant, le rock teinté d’exotisme de ce combo ne manque pas de charme, mais le mélomane lambda éprouve de grosses difficultés à suivre le fil du concert. Néanmoins, après une demi-heure, le band se retire, sous les applaudissements du public.

Vers 21h00, une partie de la troupe d’Of Montreal, tout de blanc vêtue, monte sur les planches. La salle est maintenant remplie. Un écran géant sert de décor. Les premières sonorités de guitare déchirent l’univers sonore. Il règne alors un climat lourd et malsain. Un homme-poisson, armé de fusils, les rejoint. Il est suivi, quelques instants plus tard, par le leader, Kevin Barnes. Maquillé (NDR : comme d’hab !) et vêtu d’une robe. Le combo ouvre alors les hostilités set par un des morceaux du nouvel elpee, « Coquet Coquette ». Les lumières scintillent, les musiciens s’en donnent à cœur joie et Barnes se tortille dans tous les sens, lorsque soudainement, un démon fait son apparition. Et entame alors un combat contre le poisson !!! En un seul morceau, Kevin Barnes est parvenu à nous entraîner au sein d’un univers surréaliste. Un monde des ténèbres en mode funky. Qui  dit mieux ? Les titres du dernier opus s’enchaînent. Le public est conquis. Impossible de quitter le spectacle des yeux. Chaque compo offre son lot de surprises. Lorsque les démons ne se chamaillent plus, les fantômes aux ailes dorées les remplacent. Tout est imaginé et exécuté à la perfection, tant au niveau musical que scénique. Mais lorsque Barnes revient déguisé, une corde autour du cou, pendant que des images de visages d’enfants et de vieillards qui se déforment au rythme de la musique sont projetées, l’Orangerie est comme pétrifiée. Si la majorité des plages du dernier long playing sont interprétées, la formation n’oublie cependant pas ses morceaux les plus ensorcelants, tels que « For Our Elegant Caste », « An Education Instance » ou encore « Heimdalgate Like A Promethean Curse ». Autant dire que les fans se régalent. Après une heure et demie, la troupe se retire.

A peine 5 minutes plus tard, l’équipe revient sur l’estrade et entame une série de reprises dont le « Thriller » de Michael Jackson. Of Montreal s’amuse et c’est visible. Plaisir communicatif au vu du nombre de spectateurs se déhanchant sur les rythmes entraînants. Que du bonheur donc… Kevin Barnes et ses comparses vident les lieux pour revenir quelques instants plus tard. Ils nous réservent alors ce qui constitue, pour votre serviteur, le meilleur morceau d’Of Montreal paru à ce jour: « The Past Is A Grotesque Animal ». Dépouillé de tout apparat, démaquillé, Barnes y révèle toute sa sensibilité à fleur de peau. Dix minutes qui s’achèvent dans un véritable bordel sonore. Le groupe se retire alors, définitivement. Respect !

Après deux heures de représentation, il faut reconnaître que Kevin Barnes a tenu parole. Car finalement, ce n’est pas à un concert que nous avons assisté, ce soir, mais à un spectacle total. Au cours duquel il apporte des tas de couleurs aux ténèbres. Lors de cette dernière date européenne, Of Montreal est allé au bout de lui-même et ce don de soi, le public l’a parfaitement perçu… 

Organisation Botanique

Various Artists

The Cliffhanger Project

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Richard Chalk est le boss du label Topcat. Une écurie établie à Dallas très exactement, qui nous propose une nouvelle aventure du Lone Star State, c’est-à-dire un concentré d’artistes et de groupes qui se nourrissent aux savoureuses guitares texanes. Pour concocter ce « Cliffhanger Project », il s'est tourné vers une bourgade proche de Dallas, sise au sud de la rivière Trinity, en l’occurrence la riche communauté musicale d’Oak Cliff. C'est d'ailleurs de cette cité que sont originaires Ray Wylie Hubbard, Jimmie et Stevie Ray Vaughan. Mais pour la circonstance, il a choisi des gratteurs locaux, dont la plupart sont d’illustres inconnus. Ils se partagent les treize plages.

Rocky Athas est certainement le moins méconnu. Il est, en effet, sixcordiste chez le Blues Breakers de John Mayall. Cet ancien compagnon de classe de Stevie Ray a également longtemps milité au sein de Black Oak Arkansas. Il participe à quatre plages de ce recueil. Et tout d’abord "Texas girl", une ouverture saignante caractérisée par la guitare, dont il torture et écrase les sonorités à l’aide de ses pédales, dans un style proche de Vaughan. Et c’est son pote, Larry Samford, qui se charge des vocaux. La même équipe est reconduite pour attaquer "I'm tired", probablement la meilleure compo de Chris Youlden, personnage longiligne qui était préposé au chant, chez le Savoy Brown de la grande époque. Le travail de Rocky sur les cordes est grandiose. Ensuite, lors de la plage instrumentale, "Another day, another time". Enfin, Athas et Jimmy Wallace se partagent les cordes lors d’un autre instru, dont le titre correspond parfaitement au projet : "Oak Cliff Guitar Boogie".

A l’instar de Jerry Don Branch et Robert Ware, Wallace a sévi chez les Stratoblasters. Ils sont ici réunis pour la reprise de "The score", écrit par un certain Willie Dixon. Un excellent slow blues, chargé d'intensité dramatique. Un pur Texas blues au cours duquel les deux guitares s’emballent littéralement. Assez proche de celle de Billy Gibbons du ZZ Top, la voix de Branch est également percutante. La même équipe participe à la finale, en l’occurrence une merveilleuse reprise du "People get ready" de Curtis Mayfield. Les Stratoblasters, c'était le backing band de Bugs Henderson, un des grands gratteurs de Dallas. Et Bugs avait autorisé Wallace de reprendre le patronyme. Jimmy est aussi le patron du Dallas International Guitar Festival. A l'affiche de l’édition 2010, figuraient notamment Mike Morgan, Smokin' Joe Kubek, Buddy Whittington, Bugs Henderson, Denny Freeman, Rick Derringer, Neal Schon et Ted Nugent (NDR : ouf !)

Particulièrement doué à la slide, Christian Brooks drive son propre band, un combo aussi à l’aise dans l’univers du blues, southern rock, boogie, cajun ou honky tonk. Il interprète ici son "What's it gonna be?"

Russell Stonecypher n’est guère notoire. Il adapte le "Big legs, tight skirt" de John Lee Hooker. Sa slide transperce ce boogie très dynamique, mais sa voix est plutôt quelconque. Il enchaîne par le "She's got a ring in his nose and a ring in her hand" de Chris Youlden, et enfin, le standard "Take out some insurance" de Jimmy Reed.

Mike Jeffrey et Mike McCullough sont tout aussi anonymes. Ce qui ne les empêche pas de se révéler de talentueux musiciens. Ils se fendent d’une cover du "The nazz are blue" des Yardbirds époque Jeff Beck, un blues rock primaire et offensif. Mais c’est lorsque Jeffrey est aux commandes que le duo se montre le plus percutant. A l’instar de son "Only lonely", une douce ballade séduisante, parcourue par des accords de guitare en picking, mais au relief country.

Enfin, épaulé par Larry Samford au chant, David Brown maîtrise parfaitement sa cover du "Dimples" de John Lee Hooker.

Une œuvre truffée de toutes bonnes guitares texanes et qui a bénéficié de la production soignée de Robert Ware, le bassiste omniprésent du Cliffhanger Project!

 

Dani Wilde

Shine

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Au fil du temps, cette jeune chanteuse de blues et soul acquiert de plus en plus d’expérience. Cette Britannique avait été remarquée, il y a quelques années, par Christopher Holland, le frère du célèbre pianiste Jools Holland. Suite à cette rencontre, elle avait eu le redoutable honneur d'ouvrir pour Jools, au célèbre Royal Albert Hall. Le jour de Noël de la même année. C’est ensuite Thomas Ruf qui se charge de la guider ; et il la signe en septembre 2007. Son premier album "Heal my blues" sort l'année suivante. Début 2008, elle embarque dans l’aventure du Blues Caravan Tour, organisé par Ruf. Et elle y est confrontée à un fameux challenge : rivaliser avec des vocalistes aussi confirmées que Candye Kane, Sue Foley ou Deborah Coleman. A ses débuts, Dani citait volontiers Susan Tedeschi et Shemekia Copeland comme références majeures. Aujourd'hui, elle évoque plutôt Alanis Morrisette et Joss Stone.

Début 2010, elle est entrée en studio pour concocter ce "Shine". Des sessions au cours desquelles elle a eu le privilège de bénéficier de la production de Mike Vernon. Et pour cause, ce vétéran est considéré un des plus célèbres producteurs de blues anglais. Elle a également reçu le concours de ses musiciens, mais également de grosses pointures, comme Roger Inniss, bassiste du band de Chaka Kahn. Non seulement Dani chante, joue de la guitare et compose la presque totalité de son répertoire, mais elle a aussi de fort jolies jambes…

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une plage acoustique qui baigne au sein d’un climat relax. Le timbre de notre petite insulaire est excellent. Il est soutenu de chœurs et par les interventions de son frère, Will ‘Harmonica’ Wilde, à l’harmo (NDR : on s’en serait douté). Une bonne entrée en matière! De très bonne facture "Some kind crazy" est un blues imprimé sur un tempo lent. Introduit par son guitariste Ben Poole, il est balisé par les accords au piano du vétéran Pete Wingfield (NDR : cet ex-Jellybread est membre du backing group de Van Morrison). Les cordes son largement amplifiées et éclatent à la mi-parcours. Un moment privilégié que partagent Miss Wilde et Ben. Une seule reprise : le "Miss you" des Rolling Stones. Légèrement funk, cette cover n’est guère surprenante. La section de cuivres de Van Morrison et l’orgue de Dave Lennox (ex-Eurythmics) enrichissent la solution sonore. Will (NDR : il est également le leader de son blues band !) se réserve, pour la circonstance, une excellente sortie à l'harmonica. Très belle ballade, "How do you do it" est illuminée d’accents  gospel. Wingfield siège derrière les ivoires. Et la très habile gratteuse californienne, Laura Chavez, se charge des cordes. La production soignée de Vernon met bien en évidence le talent de cette jeune artiste. Elle impressionne d’ailleurs lorsqu’elle introduit, a capella, "Red blooded woman. Une compo qui baigne au sein d’un Chicago blues classique, façon Willie Dixon. Nouvelle mention spéciale pour Will, le jeune souffleur. "Don't give up on me" macère au cœur d’un climat empreint de sérénité et d’harmonie. La pureté et la sensibilité du timbre vocal de Dani bouleverse. Elle est également engagée pour des œuvres sociales. En particulier l'éducation de l'enfance abandonnée. Elle est impliquée dans un projet très spécifique, destiné à aider et subventionner une école primaire à Embu, au Kenya. C’est ce sujet qu’elle traite à travers son plus beau blues, "Abandoned child", une compo au cours de laquelle Laura Chavez se montre à nouveau très classe à la guitare. Jolie ballade soul, "Where blue begins" est parcouru par les interventions impeccables de Martin Winning au sax ténor. Et en finale, Dani interprète en solitaire "Big brown eyes" ; elle soutient uniquement sa voix d’ange, de ses cordes acoustiques… 

 

Neil Young

Le Noise

Écrit par

Ce n’est un secret pour personne, votre serviteur est un grand fan de Neil Young. Ce qui ne m’empêche pas de remettre les pendules à l’heure, lorsque le Canadien dérape. Que ce soit lorsqu’il prend parti pour Bush (NDR : depuis il a retourné sa veste) que lorsqu’il réclame des prix prohibitifs, pour se produire en ‘live’. Pourtant, ses prestations accordées en public, sont, le plus souvent, remarquables. Et sa discographie exceptionnelle.

Il y a bien quinze ans, qu’il n’a d’ailleurs plus publié d’opus incontournable. Le dernier, remonte d’ailleurs à 1995. Intitulé « Mirror ball », il avait été concocté en compagnie des musiciens de Pearl Jam. Pourtant, sur chaque elpee, le Loner parvient toujours à épingler une compo qui fait la différence. Et c’est encore le cas sur « Le Noise », elpee sur lequel figure « Love and war », splendide morceau qu’il interprète en s’accompagnant à la sèche. Le plus souvent en picking. Beau et bouleversant à la fois. Mais quid du reste de la plaque ?

Enregistré dans un manoir, à Los Angeles, « Le Noise » a été produit par son compatriote Daniel Lanois. Ce dernier a ajouté boucles, samples et bidouillages électroniques. Sans trop en remettre, il faut le reconnaître. C’est un bon point. Après l’aventure catastrophique vécue lors de la sortie d’« Island in the sun », en 1982, Neil tente donc une nouvelle expérience dans ce domaine. Mais c’est la guitare électrique qui domine le plus souvent le sujet. Sa Gretsch. Gorgée de fuzz, distordue, noisy, même (NDR : ben tiens). Et sa voix. Mais c’est ici que le bât blesse. A cause de la reverb qui la déforme sur les trois-quarts des compos. Au début l’effet peut paraître spectral, mais à force, il en devient agaçant. Et c’est vraiment dommage, car les mélodies sont superbes. Le son urgent, corrosif, aride. Et puis les textes riches. Tour à tour satiriques, sombres (NDR : faut dire aussi que juste avant d’entrer en studio, Bill Keith, steel-guitariste de son groupe, venait de décéder), autobiographiques (« The hitchhikker », compo au cours de laquelle il énumère les drogues qu’il a consommées, au fil des décennies), mais toujours engagés. Et le titre de l’elpee alors ? Sans doute un clin d’œil adressé à Lanois. Il ne faut pas oublier qu’il est né au Québec. Et puis, vu l’expression sonore, le titre leur semblait sans doute judicieux. Néanmoins, c’est la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, qui constitue le thème principal de son opus. Il en avait été très affecté. Ah oui, sur l’album, figure quand même une seconde compo dont le chant a été préservé de la reverb, « It’s an angry world » ; et elle est également excellente. On peut toujours rêver, mais l’idéal serait de demander à un ingénieur du son de recommencer le mixage en rendant à la voix de Neil, son naturel…

Leonard Cohen

Songs from the road (cd + dvd)

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Entre 1994 et 2006, l'auteur-compositeur-interprète canadien ne s’est plus produit sur scène. Ce qui ne l’a pas empêché d’enregistrer l’un ou l’autre album ou de publier ses recueils de poésie. Mais ce n’est qu’en 2008, qu’il décide enfin de repartir en tournée. « Songs From The Road » constitue le troisième elpee ‘live’ consacré aux concerts de Cohen, accordés depuis. Un périple de 84 dates qui avait attiré près de 700 000 spectateurs à travers le monde. Ce dernier opus réunit douze chansons enregistrées lors de son dernier périple. Y figurent des classiques issus des 70’s comme Famous Blue Raincoat », « Avalanche », « Suzanne », « Lover, Lover, Lover », des années 80, tels que « Hallelujah », « Heart With No Companion » ou des années 90, dont « Waiting for the Miracle » et « Closing Time ».

Le répertoire Dvd est identique à celui du cd. Il est quand même enrichi d’un documentaire réalisé dans les coulisses et d’une interview accordée, par les membres du groupe. Il a été filmé entre 2008 et 2009, en haute définition et en 5.1 Surround Sound, par sa fille Lorca Cohen.

Le booklet est superbe et les notes de pochettes recèlent deux articles, l’un rédigé par Leon Wieseltier du magazine ‘The New Republic’, et l’autre, Ed Sanders, producteur et réalisateur des enregistrements audio et vidéo.

Vous disposez de l’essentiel des infos, en ce qui concerne la fiche technique. Musicalement, il y a bien quelques titres un peu plus allègres, le plus souvent caractérisés par la présence de chœurs et/ou d’un orgue vintage, mais en général, le ton est un peu trop paisible à mon goût.

 

Deolinda

Dois Selos e um carimbo

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Deolinda est un groupe de fado. Ahhh ! Qu’à ce mot ne s’associent pas immédiatement dans les esprits des termes comme austérité, tragédie, douleur. Parce que si le fado traditionnel portait effectivement souvent l’expression de sentiments déchirants, le fado moderne a communiqué un aspect plus jovial à cette fameuse musique portugaise. A en croire ceux qui connaissent suffisamment Lisbonne pour éviter les rades à touristes, le public des concerts de fado, dans les quartiers populaires, est collé aux musiciens, et réagit pour leur manifester son contentement ou sa fureur, dans une ambiance d’hystérie généralisée.

Sans rien renier des grandes figures du fado de la capitale lusophone, telle Amália Rodriguez, de jeunes musiciens perpétuent et font évoluer la tradition. En s’ouvrant vers d’autres musiques populaires, cette génération chante un fado éclectique et revigorant. Il ne perd rien de son expressivité et gagne en vitalité. On connaissait Madredeus, sa voix d’une infinie douceur, ses inspirations essentiellement brésiliennes. Deolinda est un quatuor lisboète puisant dans le ranchera du Mexique et le rebetiko (NDR : en réalité, les liens entre la Grèce et le Portugal ne datent pas d’hier ; ce qui explique cette relation existante entre fado et rebetiko). Si la voix d’Anne Bacalhau est très proche de celles, typiques du fado et de la saudade, elle devient parfois aiguë et acidulée, dense, enfantine, puissante ou gitane. Les tessitures proches de Madredeus, Lahsa, Lila Downs, égaient les mélodies, comme les tissus colorés, les robes de la chanteuse de Deolinda.

Anne Bacalhau signifie Anne Morue. Mais morue, la chanteuse n’en est pas une. Charismatique et généreuse autant qu’Hindi Zahra, accompagnée de son mari José Pedro Leitão à la contrebasse, ainsi que de ses séduisants cousins Luís José Martins et Pedro da Silva Martins aux guitares, le combo a de l’allure ! Et dans la musique, il a du goût ! On croirait entendre un violon en pizzicato mais pas du tout. Le groupe a simplement du talent.

Chacun a vécu son expérience musicale avant la naissance de Deolinda, projet qui gravite autour d’un personnage du même nom, lisboète contemplative passionnée par la vie des autres qu’elle observe depuis sa fenêtre. Ce disque, le deuxième de Deolinda, s’intitule « Dois selos e um carimbo » : littéralement, « Deux timbres et un tampon ». Un poil moins débridé que le premier disque (NDR : « Canção ao Lado », en écoute gratuite sur leur site), le nouvel opus n’en est pas moins une très belle découverte. Les lusophones se réjouiront des textes, dont je vous livre ici deux petits extraits.

Tout d’abord le début de “ Não Tenho Mais Razões ” :

‘J’ai jeté mes béquilles / Ma bosse ne me fait plus souffrir
Oui cher monsieur / cette maladie me donne envie de danser
Je n’ai plus mal et ne m’épuise plus / au point que je me suis mis à chanter’,

et puis un extrait de “Um contra o outro” :

‘Sors de chez toi et viens avec moi dans la rue,
Viens, parce que ta vie,
Au-delà de toutes les vies que tu passes  à gagner,
C’est la tienne
Que tu perdras, si tu ne viens pas.’

Ne manquez pas Deolinda en concert, il se produira en Belgique au mois d’octobre : le 22 à l’espace Senghor à Bruxelles, le 23 à Louvain, le 27 à Anvers. N’oubliez pas vos robes rouges et vos chapeaux rayés !

Vitor Hublot

Brassens selon Vitor Hublot

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Après avoir commis (non pas un crime, quoique…) un récent un album (précédemment critiqué par votre serviteur, et j’ai été gentil avec lui, j’vous jure !), notre Vitor national nous ressert une portion de sa soi-disant pop/électro à la grosse louche. Vu que je n’sais pas exactement quel style lui attribuer, j’ai décidé d’appeler ça ‘soupe’. Une (mauvaise) soupe donc, mi électro, mi pop, mi… rien du tout en fait, vu que ça r’semble mais alors là, vraiment à rien ! Aucun goût c’truc ! Et en plus, c’est froid !

Notre tailleur de pierre a pourtant la chance et l’énorme avantage d’être Belge, de pouvoir bénéficier d’un terroir ‘musical’ habituellement propice à sortir un chouette truc, à produire quelque chose de valable. Il y a quand-même un tas d’excellents exemples partout autour de lui et ce dans tous les coins de notre beau royaume musical !

Et pourtant, j’adore la soupe…

Pas satisfait d’avoir ‘méchamment’ repris un répertoire réservé aux guindailleurs et étudiants de tous bords, Vitor Hublot s’attaque cette fois sans vergogne et sans peur à une pointure de la chanson française. Que dis-je ? Une pointure ? Un monument !

Notre bon sculpteur a donc décidé de tailler dans l’œuvre de Georges Brassens. Et il taille le bougre, à l’aide d’un gros burin… et à la masse… sans mettre de gants. Neuf de ses plus grands (ils le sont TOUS) chefs-d’œuvre sont passés au concasseur, broyés et réduits en poussière… Il ne reste rien. C’est le néant, le vide total.

Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce mec ?

Moi qui croyais qu’un artisan (il se revendique comme tel) avait l’envie de produire de jolies œuvres, originales, différentes chaque fois. On est loin du compte. En fait, nous sommes ici en présence d’un producteur de mauvaises copies. Ben oui comme pour les grandes marques et… la ‘qualité’ qui va avec. Le texte mis à part (il faut bien écouter), rien ne laisse imaginer l’origine de ces huit chansons. Où est l’esprit Brassens ? Ces mots, sans la guitare de Georges et la contrebasse de Pierre Nicolas, n’ont plus la même saveur. Ils n’en ont plus aucune d’ailleurs. Quel est le but poursuivi ? Je ne comprends pas…

Si Vitor voulait choquer, bravo, c’est vachement réussi. Et ce n’est pas l’avis de ‘Monsieur’ Gilles Verlant qui me fera penser différemment. Y fait c’qui veut ce mec, y peut même chanter… si ça lui fait plaisir… Heureusement qu’il ne dédie sa version qu’à ses deux fils. Manquerait plus qu’il ait pensé à moi… Ouf !

Y’avait eu au cinoche, en son temps « Massacre à la tronçonneuse » qui avait fait couler pas mal d’encre. Y’a maintenant « Massacre au burin » non plus sur grand écran, mais sur Cd. Et j’espère que celui-là ne fera rien couler du tout car il vaudrait mieux… oublier rapidement.

A acheter (ben oui, ça s’vend) uniquement si vous voulez faire un vilain cadeau à votre meilleur ennemi !

Ah oui, j’oubliais, il paraît que c’est le premier volume et qu’il y en aura d’autres. Au secours !!!

The Kings Of Frog Island

3

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Il y a six mois, Elektrohasch Records éditait « Procession », le testament discographique laissé par les Anglais de Josiah. Mat Bethancourt, le leader de ce combo stoner rock disparu depuis 2008, n’a pas pour autant abandonné le rock plombé, ni sa passion pour la musique des glorieuses seventies. Impliqué depuis quelques années au sein de l’excellent garage band Cherry Choke, il est aussi compromis, depuis 2003, chez les Kings Of The Frog Island, un trio mélangeant le stoner et le rock psychédélique.

Relevant, à l’instar de Josiah et Cherry Choke, du label allemand Elektrohash, les Kings of The Frog Island viennent de publier un troisième album très enfumé. Tout comme bon nombre d’artistes contemporains, ils ne se sont pas vraiment triturés les méninges pour baptiser leur dernière réalisation, puisqu’ils l’ont tout simplement intitulée « 3 ».

Fort heureusement, côté musique, ces ‘Rois de l’Ile aux Grenouilles’ sont beaucoup plus inspirés. Loin de se contenter, comme beaucoup de groupes stoner, de débiter des riffs lourdingues inspirés de l’œuvre de Black Sabbath, ils proposent une palette sonore si variée qu’elle semble parfois un peu décousue. Heavy pachydermique (« Glebe Street whores »), space-rock ‘Hawkwindien’ (« The keeper of… »), ballade introspective (« More than I should know »), délires psychédéliques (« Ode To Baby Jane) » ou marche funèbre (« Gallowtree Gate »), chaque titre diffère et apporte sa pierre à l’édifice.

Un peu moins enthousiasmant et beaucoup moins rock que le « Procession » de Josiah, « 3 » rappelle un peu l’œuvre heavy folk psychédélique du Black Widow anglais des seventies. Intéressant, mais pas absolument indispensable.

 

Lesbian Bed Death

Designed By The Devil, Powered By The Dead

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Dan Peach mène une double vie. Guitariste du groupe punk/hardcore britannique Razorwire le jour, il se transforme, à la tombée de la nuit en l’abominable Mr Peach, gratteur pervers du plus immoral des combos sleaze/gothiques d’outre-Manche, les biens nommés Lesbian Death Bed.

Initié en 2004 comme un ‘side-project’ rendant hommage aux idoles goth, glam et punk de Mr Peach, Lesbian Death Bed est devenu en 2006, suite au succès inattendu de l’album « I Use My Powers For Evil », la signature la plus lucrative de Psychophonic Records. Heureux label, puisque les nombreuses qualités de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », la nouvelle rondelle blasphématoire de LDB devraient, en toute logique, lui assurer un chiffre d’affaire encore plus important.

Chez Lesbian Death Bed, le sleaze rock et le horror punk s’invitent dans le lit du rock gothique. Autrement dit, Mr Peach et son gang de vampires libidineux pompent avidement le sang (et les notes) des Misfits, des Sisters Of Mercy, d’Alice Cooper, de Type-O-Negative, de Mötley Crüe, de 69 Eyes, de Zodiac Mindwarp et des Cramps, pour se créer un son et un style unique où l’humour démoniaque est associé a des dépravations délicieusement immorales. Autrement dit encore, si vous n’avez toujours pas compris (NDR : mais là, vous m’obligez à devenir vulgaire), ces rosbifs viennent de sortir un putain de bon disque de punk/glam/rock’n’roll gothique qui parle de monstres et de cul.

Bien que Mr Peach soit le cerveau de l’affaire, il ne fait aucun doute que Lesbian Death Bed doive une grande partie de son succès à la prestation sulfureuse de mademoiselle Lucy4. Cette dernière, manifestement très adroite quand il faut faire vibrer un micro, doit probablement tétaniser les foules lorsqu’elle est sur scène.

Bien plus carrée que celle de son prédécesseur, la production de « Designed By The Devil, Powered By The Dead », signée par Shaun Lowe (Broken Bones, Damned), atteint des sommets proches de la perfection sur l’hommage gothique au plus grand vampire du cinéma : « Béla Lugosi’s Back », le sadique et métallique « No Tears Please », l’irrévérencieuse power ballade « Catholic Sex Kitten » ainsi que le tonitruant titre glam rock, « Retrosexual ».

La fête d’Halloween approche, vous avez la bande-son, il ne vous manque plus que le costume !

 

Lonely Ghosts

Return from the search party

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Lorsque Help She Can’t Swim splitte, son leader, Tom Denney, décide de se retirer dans son home studio et bosse sur un nouveau projet, qu’il baptise Lonely Ghosts. Après avoir publié un Ep, il nous propose son premier opus. Pour concocter ce disque, il a quand même reçu la participation de quelques collaborateurs, et en particulier l’ex-Help She Can’t Swim, Leesy Francis, ainsi que des membres de My Device et Nullifier.

La musique de Lonely Ghosts puise essentiellement dans la noisy, l’electronica, la pop et le post punk. Mais ces influences sont restituées sous une forme lo-fi. Pourtant, ce qui frappe d’abord au sein des compos, c’est ce contraste entre moments paisibles et accès de fureur. Un sentiment accentué par la voix de Tom, tantôt empreinte d’une grande douceur, responsable de hurlements gutturaux, vindicatifs ou encore susceptible de se muer en falsetto. Parfois, son timbre et ses inflexions me font même penser à Jarvis Cocker. Partagé en 13 plages, cet opus ne manque pas d’allure, même si les lyrics sont un peu trop puérils et si le recours aux synthés n’est pas toujours judicieux. Néanmoins, de ce tracklisting, j’épinglerai les énervés et enlevés « Love projection » et « Statues ». A cet instant Pulp n’est pas très loin. Encore que sur « March ! » et « Predictions for the New Year », c’est plutôt le spectre de Wire qui se met à planer. Deux superbes morceaux, également. L’excellent « Hush up ! », ensuite, mérite également une mention particulière. Tramé sur une ligne de basse réminiscente de The Rapture, pulsant, il brille par son refrain véritablement percutant. Denney a d’ailleurs l’art de ficeler des refrains contagieux. A l’instar d’« As my body explodes » ou encore de « Come down from the mountain” d’ailleurs. Si “Green eyes” aurait pu figurer dans le répertoire de New Order, “Battleships” hésite entre hip hop, hardcore et electro lo-fi. Probablement le morceau le plus indigeste de la plaque. Il y a bien encore la valse post punk, « Taking shape », qui achève le long playing, mais le reste manque de consistance. N’empêche, pour un premier essai, Lonely Ghosts a démontré qu’il disposait d’un fameux potentiel. On attend donc impatiemment la suite…

Pure Reason Revolution

Hammer And Anvil

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Les Pure Reason Revolution sont au rock progressif ce que les OGM sont à la nourriture. Pas naturels, probablement dangereux et pourtant si appétissants et attrayants que l’on se demande s’ils ne devraient pas être interdits.

Formé en 2003 à l’Université de Westminster, ce collectif de bio-instrumentistes déjantés semble prendre un malin plaisir à triturer l’ADN d’entités musicales incompatibles. Ainsi, « Hammer And Anvil », le troisième opus fraîchement sorti de leurs obscurs laboratoires ressemble-t-il à une version sonore du monstre de Frankenstein. Une entité inhumaine mais susceptible de communiquer des émotions, à laquelle on aurait collé la tête lumineuse d’Electric Light Orchestra, le cou allongé de Pink Floyd, le bras gonflé du Led Zeppelin, l’intestin écrasé des Smashing Pumpkins, l’ongle crochu de Nine Inch Nails, le pied-bot de Depeche Mode, la planche de surf des Beach Boys et le pénis de Lady Gaga.

Aussi horribles que puissent paraître, au premier abord, ces manipulations génético-bruitistes, force est de constater qu’elles génèrent la surprise et l’intérêt en premier lieu, l’affection ensuite pour se transformer, au final, en vénération inconditionnelle.

En résumé, contre nature mais jouissif, « Hammer and Anvil » est un sympathique coup de genou dans les testicules rigides du rock progressif. A découvrir d’urgence !

 

Brisa Roché

All Right Now

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On connaissait la face jazzyfiante de Brisa Roché grâce à l’album « The Chase », sorti en 2005. Son profil folk également. Lors de la publication de son très remarqué deuxième opus, « Takes ». On découvre aujourd’hui, son intérêt pour le rock/blues, tout au long de son troisième long playing, « All Right Now ».

Enregistré dans une église délabrée, sous la houlette d’Henry Hirsch (Lenny Kravitz, Madonna), cet elpee a bénéficié du concours d’un véritable groupe. Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du band qui l’a soutenu lors de sa dernière tournée. Et c’est une première. Si le son est résolument plus rock, énergique donc, la Californienne continue d’entretenir un climat à la fois baroque et mystique. Certaines plages lorgnent davantage vers le blues. Et je pense tout particulièrement au titre qui ouvre la plaque, « Stone Trade ». D’autres sont légèrement teintées de disco. A l’instar de « Hard As Love » et « Do What You Can Do ». Et si le reste est, en général, imprimé sur un tempo assez soutenu, la demoiselle s’est quand même réservé l’une ou l’autre ballade (« Bloom », « Get Down »). Si chaque morceau de ce disque est un tube potentiel, à cause d’un sens mélodique particulièrement contagieux, il faut reconnaître, que l’ensemble manque quand même cruellement d’originalité. Bref, « All Right Now » est un album sympathique, mais largement dispensable.

RPA & The United Nations of Sound

RPA & The United Nations of Sound

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The Verve a donc vécu une formation, deux reformations et trois séparations. Pas mal pour un groupe qui était né en 1990. En 2000, son chanteur, Richard Ashcroft avait déjà embrassé une carrière solo. Enregistrant l’album « Alone with everybody », la même année et « Human conditions », deux ans plus tard. Mais en 2006, lorsqu’il publie « Keys to the world », on se rend compte que le natif de Wigan commence à s’intéresser de plus en plus à la soul. Et en fondant RPA & The United Nations of Sound, en compagnie du guitariste Steve Wyreman et du bassiste Dwayn Wright, c’est à nouveau dans ce style qu’il a décidé de creuser. Pas seulement, mais en règle générale. Pour concocter ce premier opus, il a également fait appel au producteur de hip-hop chicagolais No I.D. (alias Dion Wilson). Pas étonnant dès lors de déceler quelques traces de hip hop, dans la solution sonore, et puis surtout la présence d’un soundsystem sophistiqué. Pas vraiment une bonne idée. Notamment lors du recours à la boîte à rythmes. Paradoxalement, hormis sur l’excellent « Beatitudes », un morceau dansant, au flow soutenu et au groove hypnotique, abordé dans l’esprit de Beck, les autres compos du genre passent mal la rampe. A l’instar d’« America », sorte de sous-Ian Brown ou de « Glory », plage au cours de laquelle cette fameuse beat box rame à contre-courant.

Examinons donc, cependant, ce qu’il faut retenir de cet elpee. Un hit potentiel : « Royal Highness ». Un funk rock soutenu de chœurs falsetto, comme chez Prince. Problème, le riff de base pompé chez le « Sweet Jane » de Lou Reed, pourrait à nouveau causer des soucis à Ashcroft (NDR : comme s’il n’en avait déjà pas rencontré assez, en gravant son « Bitter Sweet Symphony », auquel il avait emprunté à « The last time » des Stones). Et plusieurs titres trempent dans la soul. Une soul soutenue par une imposante section de cordes. Elle est d’ailleurs très présente, tout au long de l’opus. Comme à la belle époque de Barry White. Tant pour les morceaux mid tempo que les ballades. Et ma foi, dans ce domaine, il ne se débrouille pas trop mal. Mais pourquoi donc cherche-t-il parfois à vocaliser dans un autre registre que le sien ? Passe encore quand il calque ses inflexions sur celles de Dylan voire de Springsteen, mais lorsque sur « Life can be so beautiful », il se fend d’un falsetto à la Bee Gees, époque « Saturday night fever », on a vraiment envie de se tordre de rire. En finale, il s’abandonne dans une autre ballade. Empathique. Un peu comme à l’époque des Hollies. Si on fait abstraction de cette foutue boîte à rythmes, bien sûr. Ah oui, j’allais oublier, il y a aussi le guitariste, qui se prend quelquefois pour Jimi Hendrix, en laissant dégouliner, suivant son inspiration, des soli plus vraiment dans l’air du temps. Etonnant, le tracklisting recèle quand même un blues ! Très Delta, fin des 50’s. Il s’intitule « How deep is your man ». La trame est irrésistible, mais le refrain ne décolle jamais, pire il s’englue. Dommage ! En publiant un elpee de la sorte, on a l’impression que Richard Ashcroft ne sait plus à quel Saint se vouer pour retrouver une certaine crédibilité. Qu’il en revienne à des choses plus simples. Il possède un talent de mélodiste exceptionnel. Et une voix remarquable, digne de Neil Diamond. Il n’a donc pas besoin d’artifices. Une raison pour laquelle on ne vous recommandera certainement pas cet album…

 

Talco

La Cretina Commedia

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« La Cretina Commedia » constitue le quatrième album de ce sextet originaire de la ville de Maghera, dans le nord de l’Italie. Le style des Transalpins, embrouillamini de punk rock, d’alternatif, de ska et de musique festive traditionnelle, semble avoir été très largement influencé par l’album « Patchanka » des Français de La Mano Negra et par le ska-punk torride des hispaniques de Ska-P.

Lorsqu’aux côtés des guitares, basse et batterie punk rock de Dema, Ketto, Jesus et Nick, viennent se joindre le trombone et le saxo de Rizia et Cioro, c’est la kermesse au pogo garantie. Difficile de ne pas danser en s’envoyant dans les esgourdes, cette rondelle féérique.

Le côté fiesta rebelle est renforcé par des textes sociopolitiques interprétés dans la langue exotique de Ramazzoti, Cutunio et Berlusconi. « La Cretina Commedia » est, semble-t-il un album conceptuel basé sur la vie et l’assassinat d’un célèbre activiste sicilien, activement engagé dans la lutte contre la mafia, répondant au nom de Giuseppe ‘Peppino’ Impastato. Celles et ceux qui ne pratiquent pas l’italien, mais désirent toutefois s’imprégner du contenu des lyrics, pourront se rabattre sur la traduction anglaise, incluse dans le livret.

Amateurs de pizza, de punk, de ska, de folk, de world music et de révolution, ce disque est taillé pour vous !

Un premier album solo pour le chanteur de Travis

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Fran Healy, le chanteur de Travis, a publié son premier opus solo ce 5 octobre 2010. Il s’intitule "Wreckorder". Enregistré à Berlin, New York et dans le Vermont, l’album est partagé entre 10 plages, dont un duo avec Neko Case (New Pornographers). En outre, Paul McCartney est venu donner un coup de basse sur « As it comes ».

http://www.myspace.com/franhealy

 

Tyson Boogie

First Round (Ep)

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Vendredi soir. Sur mon bureau, le bac de Cds à chroniquer est de nouveau plein. Je devrais, au minimum, en pondre trois ce weekend, histoire d’apaiser le rédac chef. Allez !

Commençons par un truc léger. Tyson Boogie et son Ep « First Round » par exemple. Sur ce coup-là, je devrais m’en tirer sans trop d’efforts. Cinq titres. Dix sept minutes de musique à écouter en tout et pour tout. Ce qui me laisse plus de quarante minutes pour écrire un truc vite fait. Facile en plus, un groupe originaire de Lille. J’avance quelques allusions à l’accent français (j’y reviendrai) et une blague à la con sur les Cht’is (NDR : on leur doit bien ça depuis le temps qu’ils nous gonflent avec leurs histoires belges). L’affaire est dans le sac et je peux passer à autre chose. Seulement voilà, mon calcul ne tient pas compte d’un facteur important : Tyson Boogie tue ! Et me voilà scotché à « First Round » tout le weekend, le doigt endolori à force d’appuyer sur la touche ‘play’ de mon lecteur toutes les dix-sept minutes.

Le Cd à peine enfourné dans le tiroir, et je tape déjà du pied. Pire, je ne le tape pas, je le prends. Et je ‘headbange’ comme un gamin sur « Never Confused », le brûlot qui ouvre la galette d’un riff aussi épais que mon bide (NDR : ben oui, j’ai 43 ans, je suis Belge, j’aime les frites et la bière, ça laisse forcément des traces). Tyson Boogie c’est Motörhead, AC/DC, Twisted Sister et Metallica dans la même casserole de moules. La guitare déchire, la basse dépote et la batterie arrache. Bon sang, mais qui sont ces mecs ? Un coup d’œil à la bio s’impose. Et là, je me marre. Parce que Kal (basse & chant), Chris (guitare) et Antoine (batterie) sont des rigolos. Leur biographie est hilarante ; ce qui est plutôt rare. Oh, je ne vous demande pas de me croire sur parole. Je vous en recopie juste le début, histoire que vous puissiez en profiter :

‘Au départ, Tyson Boogie devait être un groupe de reprise façon ‘Tribute To’
Cependant, pas facile de reprendre:
- du AC/DC (ben ouais on est 3),
- du Grand Funk (pas assez patriotes),
- du Twisted Sister ou du Kiss (le batteur supporte pas le fard à paupières),
- Black Sabbath (on est catho..., nan j'déconne!),
- du Trust (on dit Mérine ou Mesrine?),
- du Van Halen (pas assez souples),
- du Blue Öyster Cult (on préfère les moules).
Alors on a décidé de devenir fournisseurs officiels de riffs qui ressemblent mais qui ne sont pas….’

En lisant les chroniques de webzines français déjà recensées sur la (très amusante) page MySpace du combo, je suis assez surpris de constater que cette dernière phrase a été interprétée comme un aveu de plagiat (NDR : c’est simple, ils en parlent tous). Est-ce qu’assumer pleinement ses influences signifie plagier ? Vous viendrait-il à l’idée d’accuser Nashville Pussy ou American Dogs de plagier AC/DC ou Motörhead ? Moi pas. Néanmoins, les avis sont unanimes et j’ai un peu l’impression de ‘plagier’ mes collègues en affirmant que le hard rock de Tyson Boogie est aussi efficace que le direct du boxeur dont il s’est inspiré pour se choisir un patronyme. Du rock couillu et rentre-dedans, admirablement interprété par un trio ‘boute-en-train’, bien plus doué que ce qu’il ne laisse paraître (ah ces soli, comme à la grande époque).

Une dernière remarque cependant. Rien de personnel, puisqu’on pourrait l’appliquer à la plupart des formations hexagonales. Il faudra quand même un jour que quelqu’un explique à nos voisins que le ‘The’ anglais ne se prononce pas ‘Ze’. Réécoutez les classiques. Gillan ne chante pas « Smoke On Ze Water », Hetfield ne hurle pas « Hit Ze Lights » et Biff ne dit pas « Ze Eagle Has Landed ».

Vous connaissez l’histoire du Belge qui se fait engueuler par son rédac chef, parce qu’il a trois chroniques en retard ? Non. De toute façon elle n’est pas drôle. Faut que j’y aille. J’ai des trucs beaucoup moins drôles à écouter.

 

The Surgeries

Dreamsellers (Ep)

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The Surgeries est un quatuor originaire de la région de Blois (Loir-et-Cher) qui allie le pop rock des années 90 à la new wave des années quatre-vingt. Donc, en principe, pas vraiment la tasse de thé de l’auteur de ces lignes. Sauf que, pour ces jeunes gens (NDR : je n’ai pas vraiment d’infos sur leur âge, mais, à vue de nez, la moyenne ne doit pas dépasser les vingt printemps), ROCK doit s’écrire en lettres majuscules.

En 2006, alors qu’ils sont encore au lycée, Sabine Quinet (basse et chant) et Pierre Simon (guitare et chant) se découvrent une passion commune pour le rock. Ils s’associent à Romain Lecomte (claviers) et Samuel Haudiquet (batterie) pour compléter le line-up des Surgeries. Suivent les étapes presque classiques vécues par tout nouveau groupe qui se respecte : reprises de titres connus (des Cure à Blink 182), compositions personnelles, participations couronnées de succès à des concours locaux, enregistrement d’un Ep et surtout de la scène, beaucoup de scène (120 dates, selon le web).

Enregistré partiellement chez nous au studio ICP de Bruxelles, « Dreamsellers », le nouveau MCD autoproduit est un véritable petit bijou qui laisse entrevoir un avenir plus que radieux aux Surgeries. Six bombes pop, ROCK et alternatives alliant les ambiances new nave des eighties (NDR : quelqu’un a probablement converti les 33 tours de Depeche Mode, de Siouxsie & The Banshees et des Cure trouvés dans la discothèque de papa sur son iPod) au son bien plus actuel de Radiohead, Coldplay ou Placebo. Et le résultat est bluffant.

Le chant, partagé en alternance par Sabine et Pierre est très réussi. Les voix se marient à merveille. Les refrains sont immédiats. Une seule écoute suffit pour les mémoriser et les aimer. Le duo de vocalistes est d’ailleurs tout aussi efficace dans le maniement (très rock) de ses instruments à cordes (NDR : écoutez la basse plombée de Sabine sur « Evil Souls Cabaret » et les guitares ‘presque’ heavy de Pierre sur « Somebody is calling me love »). Les six titres de l’Ep, manifestement taillés pour faire remuer et chanter à tue-tête, donnent une furieuse envie de voir The Surgeries opérer sur scène.

The Posies

Dead band can dance!

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Décidément, l’industrie du disque souffre cruellement de la crise. Faute de temps, on préfère  jouer sur la fibre nostalgique du consommateur et ressortir les vieilles casseroles. Miroir aux alouettes qui a grisé plus d’un groupe, au cours de ces derniers mois. Excités par leur égo, ils arpentent les devants de la scène dans l’espoir, à peine dissimulé, de revivre leurs heures de gloire passées. Armés, pour certains, de nouvelles compos (Teenage Fanclub, The Pastels, The Posies, …) ou encore de simples reprises (Supergrass, My Bloody Valentine, …), ils ne sortent cependant pas tous indemnes de l’expérience délicate du come-back. Pourtant, les fans suivent, animés globalement du désir compulsif de revoir enfin leurs idoles d’antan. 

Ce soir, direction Anvers pour découvrir ou plutôt redécouvrir l’une des formations les plus respectées de la scène pop alternative de Seattle des 90’s : The Posies. C’est après cinq ans d’absence –dix sur les terres anversoises– que Ken Stingfellow et Jon Auer sont venus présenter leur dernier opus (« Blood/Candy ») devant une poignée de spectateurs. Trois dates consécutives en Belgique (Anvers, Bruxelles et Liège), fréquence vraisemblablement coupable de cette faible assistance.

L’admiration vouée à ce quatuor s’explique aisément. Elle provient essentiellement du choix artistique sciemment adopté par les deux leaders de la formation. Un choix consistant à nager systématiquement à contre-courant. Alors que la quasi-totalité de l’Etat de Washington s’embourbait dans les profondeurs marécageuses du grunge, Auer et Stingfellow naviguaient paisiblement aux antipodes, à l’abri des vents dominants qui soufflaient sur Seattle dans les nineties. Les deux provocateurs américains revendiquaient fièrement leur pop classique. Une ‘power pop’ et une ‘retro pop’ vintage balançant des mélodies pures et lumineuses diamétralement opposées aux beuglements rageurs et suicidaires poussés par toute une génération d’adolescents. 

Lyrics simples mais certes pas innocentes. Car la qualité des textes chez The Posies constitue également l’autre force majeure du groupe. Une ‘power pop’ qui ressemblerait davantage à un indie rock alphabétisé tant la qualité des paroles est remarquable. « Every Kind of Light » en est d’ailleurs le plus bel exemple. Un sixième ouvrage studio, finement politisé, truffé de métaphores, dénonçant les faiblesses de l’administration Bush et la guerre en Irak. « Blood/Candy », d’apparence plus sage, n’en reste pas moins subtil.

Sur scène, la magie de The Posies procède davantage de l’alchimie opérée entre Auer et Stringfellow que dans les mélodies elles-mêmes. Car malgré les nombreux désaccords qui les ont déchirés, dans le passé, ces deux hommes se connaissent parfaitement et se répondent en écho. Les voix s’épousent naturellement et les guitares s’entrechoquent machinalement. Une vieille complicité qui se manifeste également lors des longs breaks entre les morceaux. Les deux Gretsch s’accordent instantanément. Le silence résonne d’histoires croustillantes contées à deux voix. Le ton est ironique et s’amuse à taquiner le public d’anecdotes sur les Flamands et les conflits communautaires. Les Laurel et Hardy US provoquent et usent de leur expérience scénique pour créer l’interaction et séduire, en fin de compte, l’assistance de leur humour caustique. Moments intimes qui prendraient presque l’ascendant sur la musique. Car, à vrai dire, la performance musicale déçoit par une carence indéniable d’inventivité et nous livre une musique pop classique sans grande originalité. Avec le temps, The Posies ne serait-il pas simplement devenu un dead band ? Un groupe qui serait définitivement entré dans les annales du Nord-Ouest du Pacifique ? Et « Blood/Candy », la dernière page de l'un des catalogues les plus convaincants de la pop moderne ?

Toutefois, les deux routards expérimentés (NDR : accompagnés de leurs deux fidèles musicos : le bassiste Matt Harris et le drummer Darius Minwalla) vont nous offrir quelques surprises pop particulièrement agréables.

Soulignons tout d’abord l’efficace ouverture emmenée par « Plastic Paperbacks ». Un titre traçant des lignes power pop parfaites dont les harmonies vocales s’avancent dangereusement en terre électrique. « Licenses To Hide » nous surprend ensuite d’un mini opera rock aux vibrations queeniennes.

Les riffs énervés, la batterie solide et les voix version « Nada Surf » de « Take Care Of Yourself » fournissent pourtant un supplément d’énergie à la setlist. Instant fragile trahi rapidement par un « The Glitter Prize » nous rappelant que les guitares d’aujourd’hui sont résolument plus sages que celles du temps de leur splendeur.

Dès lors, les morceaux joués au clavier demeurent les éléments les plus convaincants. Ceux qui exposent au mieux le potentiel inépuisable d’écriture des deux songwriters. « Enewetak » et « For The Ashes » atteignent alors de nouvelles cimes dans l'émotion piano-ballade.

Trois rappels qui s’éteindront enfin sur le lourd et volcanique « Definite Door » et qui illustrent les deux atouts majeurs du groupe : son infinie générosité et sa boulimie scénique.  

(Organisation Trix)

Black Mountain

The dark side of the mountain

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Après avoir publié deux excellents albums qui avaient propulsé Black Mountain sur le devant de la scène musicale étasunienne, le quintette psyché-rock canadien nous propose son troisième opus, une œuvre colorée de nouveaux sons. Habité d’une volonté constante de se réinventer (‘Is safe for the cowards to do what they’ve already done’), Stephen McBean emprunte les voies du métal pour construire les trames de son dernier elpee, sorti le 13 septembre dernier. Changement de direction manifeste observé sur les planches de l’Ancienne Belgique ce mardi 5 octobre. Le rock sombre et brutal profondément ancré dans les 70’s (Black Sabbath, Deep Purple, Pink Floyd, etc) et voilé d’une pop somptueuse a laissé place à des sonorités plus lourdes, plus excitées aussi. D’ailleurs, le chanteur Stephen McBean décrit ce dernier ouvrage comme le ‘most metal and most folk oriented record so far’. Si la volonté de changement est respectable, le résultat n’est pas toujours à la hauteur des ambitions. Le choix du hippie band de Vancouver s’explique probablement par le désir de s’affranchir des combos canadiens stéréotypés aux allures de groupe pour étudiants altermondialistes, des formations qui envahissent progressivement les médias internationaux, depuis l’explosion d’Arcade Fire, en 2005. Un désir de créer une authentique identité artistique ? Ou, plus simplement, une démarche opportuniste consistant à surfer sur une vague métal en pleine ascension ? Peu importe. Seul le résultat compte. Et le résultat… c’est l’impression que Black Mountain a loupé la marche du troisième album ! 

D’emblée, les cinq de Vancouver affichent les nouvelles couleurs du combo et haussent immédiatement le ton. Les cinq musicos nous balancent trois morceaux expéditifs aux guitares pyrotechniques. Quand « Wilderness Heart » et « Evil Way » nous assomment d’un métal lourd  aux saveurs pseudo-sataniques, « Let Spirit Rites » sonne un heavy métal seventies bas de gamme aux solos de guitares dignes du pire hair metal des années quatre-vingt. Instants terriblement éprouvants pour les non-amateurs de chevauchées métalliques.

Paisiblement, Black Montain retourne progressivement sur les territoires trippy de « Black Montain » et « In The Future ». Deux albums qui avaient reçu les faveurs du public et de la critique, en 2005 et 2008. Une accalmie qui réveille les mélancolies limpides, les mélodies extensibles et hétéroclites, les crissements extatiques des guitares, les séquences psyché hypnotiques, la mixité harmonieuse des voix de Stephen McBean et d’Amber Webber... Manifestement, le quintette excelle dans les séquences atmosphériques. Trips sonores titubant entre rock lourd et pop éthérée où le son dessine des reliefs d’ombre et de lumière, de brouillard et d’éclaircie. 

Mais la setlist proposée ce soir se veut résolument métal et éclipse rapidement les morceaux les plus additifs. « Old Fangs » repart alors à l’assaut d’un hard rock graisseux aux guitares ultra lourdes et aux synthés racoleurs. « Don’t Run Our Hearts Around » vient finalement sauver les meubles. Ses sublimes cascades de riffs stoner, son rythme pesant et sa construction schizophrène alternant des climats lourds et des escapades mélodiques clôturent le set de bien belle manière.

Parfois grandiloquents et excessivement nostalgiques, parfois subtils et dramatiques, les cinq artistes canadiens bousculent systématiquement le public par un décalage temporel et stylistique s’inspirant obligatoirement des années septante. Une carence de caractère qui mélange essentiellement les influences des orgues de Deep Purple, des riffs de Black Sabbath et du psychédélisme de Pink Floyd.  

Bref, un Black Mountain moins inspiré, se reposant sans doute sur ses lauriers, qui nous sert des mets nouveaux dont la qualité laisse à désirer et s’éloigne terriblement de celle d’« In The Future ». Reste à espérer que le groupe canadien ne soit pas arrivé au bout de sa formule et retrouve la force de se régénérer.    

(Organisation AB)