Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Fuzzy Lights

Twin feathers

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L'album s'ouvre par l'instrumental « Obscura », quelques notes volées à un xylophone traînant dans un grenier poussiéreux, un vent tourbillonnant soufflé par un violon larmoyant, le tout appuyé par les pleurs d'une scie aux dents longues. J’appréhende alors déjà le pire. A savoir d'être submergé tout au long de ce « Twin feathers» par un pathos conférant à la mièvrerie. Sur mes gardes, je tends l'oreille à « Fallen trees ». Serpentant au sein d’un climat inquiétant, quelques larsens avancent à la lisière d'un chemin. Le violon de Rachel Watkins fraie avec le diable, entamant une triste danse. Ici, au centre de cette clairière, la douce choisit d'entamer son chant aux résonances moyenâgeuses. Irritant. Bientôt, le tout est emporté dans un final pompeux où de manière incompréhensible, la batterie s'estompe quand justement elle gagnerait à monter en puissance.

Je reste peu convaincu par tant d'esbroufe maladroite. J'en viens à me demander si je n'écoute pas une énième resucée de Mono ou Presence of Soul, tant ce final frise la grandiloquence parfaitement affirmée des deux précités. J'hésite encore à me prononcer. Nippon, ni mauvais. J'attends la suite. La voix de monsieur Watkins prenant le pas sur celle de son épouse, dès le troisième titre, ce « Through water » s'avère de meilleure facture et bien moins maniéré. De quoi présager une suite moins énervante. Passé l'interlude « The Museum song », où le violon se garde d'en faire trop, l'ambiance feutrée de « Lucida », et l'agréable « Rituals », aux guitares diluées dans un delay de fond, « Shipwrecks » retombe hélas dans les travers de production, noyant la batterie dans les tréfonds de guitares saturées. Agacé, mais au final loin d'être frustré, je me laisse aller au decrescendo en apesanteur de « Slowing time », avant que « The sea and the heather » ne clôture cet opus tout en douceur.

Au bout du compte, aucun morceau de bravoure mal assumée de cet album ne viendra le sauver d'un anonymat où Fuzzy Lights est pour l'instant condamné à errer.

 

Kristin Hersh

Cats and mice

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Moitié des Throwing Muse, avant que Tonya Donelly, sa demi-sœur ne parte à l'aube des années 90 former Belly, Kristin Hersh continue depuis son petit bonhomme de chemin. Soit seule, soit au sein de 50 Foot Wave. Bourlinguant sa voix, dont le grain est si particulier, aux quatre coins du monde, elle a déposé, un soir d'hiver, ses accords secs et rugueux dans une salle de San Francisco, au retour d'un séjour austral. Dans une ambiance feutrée (expression qui lui sied à merveille), son répertoire se décline en dix-huit titres parcourant sa carrière solo. Certes, la formule acoustique voix et guitare peut se révéler quelque peu rébarbative pour découvrir ses chansons de meurtres, de rédemption et de fantômes du passé. Mais les initiés apprécieront le dépouillement confinant à l'intimité réservé à celles-ci. Décontractée, souriante, et en toute simplicité, le timbre grésillant, elle conte ses histoires à un public gagné à sa cause. Sorte de Courtney Love sans vulgarité (ce qui, je le conçois est aussi difficile à imaginer qu'une Pamela Anderson sans implantations mammaires, mais faites l'effort, s'il-vous-plaît), Kristin Hersh a depuis longtemps rangé ses velléités de succès de masse, et partage à présent son temps entre vie de famille et expressions artistiques. Tantôt derrière sa gratte, tantôt accrochée à sa plume d'écrivain, elle trouve en ces formes d'expression une catharsis à ses sombres heures. Comme une barque abandonnée au gré des flots, ramenée sur le rivage par des courants cléments, après une violente tempête. Le résultat capté sur cette galette est donc empreint de cette douce amertume chère à celles et ceux qui reviennent de loin. Comme un songe d'une nuit d'automne.

Voici pour le fond. Quant à la forme, concédons qu'au fil des minutes, l'attention s'étiole et on finit par s'ennuyer un peu. Rien ne venant briser l'élan maussade qui tout doucement s'installe. Mais sans doute faut-il que des conditions d'écoute soient optimales pour rendre pleinement justice à ce genre de disque. Quoiqu'il en soit, retenons des titres comme « Spain », « Snake oil » ou le classique « Your ghost », fier étendard d'une carrière discrète mais foncièrement intègre.

 

Iron Maiden

The Final Frontier

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U2 ne publiera plus jamais un “War”. Iron Maiden ne nous offrira plus jamais un « Number of the Beast ». Néanmoins, depuis le retour au bercail de Bruce Dickinson, « The Final Frontier » constitue ce que le combo a pondu de plus passionnant depuis 2000, c’est-à-dire la claque « Brave NewWorld ». On aurait espéré un single plus percutant qu’« Eldorado », mais en prenant du recul, ce titre rivalise aisément avec un « Two minutes to midnight ». Le nouvel opus de Maiden, pour être apprécié à sa juste valeur, exige plus d’une écoute. Certes, le timing de ces nouveaux morceaux, souvent très long, a de quoi décourager les fans de la première heure. Mais le combo de Steve Harris prouve qu’il ne se contente pas de répéter mille fois les mêmes formules et modernise son metal, juste ce qu’il faut, pour ne pas heurter les ‘die hard’ fans, tout en avançant la tête haute. Digne de l’intro de la B.O. d’un « Terminator » la plage d’ouverture, « Satellite15… The Final Frontier » nous plonge dans un monde auquel la vierge de fer ne nous a pas habitués. Déconcertant, mais diablement efficace ! Des expérimentations réussies qui se répètent au fil de dix compos finement ciselées. On apprécie les influences d’Hendrix sur « Coming Home », les relents progressifs, assez proches d’un Rush, tout au long d’« Isle of Avalon », ou encore le lyrisme du superbe « The Talisman », sorte de conte marin façon heavy rock. Le travail de production opéré par Kevin Shirley est bien plus accompli que celui accordé aux deux opus précédents, particulièrement au niveau des guitares. Dans l’ensemble, il y a du très bon, et du moins inspiré, mais Maiden démontre, au moins qu’il ne se repose pas sur ses lauriers en engrangeant des live, best of et autres Dvds. Le groupe va de l’avant, malgré ses trente ans au compteur. L’œuvre suscite, si ce n’est l’admiration, au moins le respect.

Cindy Lauper

Memphis blues

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Cindy Lauper est originaire de New York. De Brooklyn, très exactement. Une chanteuse extravertie, qui compte aujourd’hui quand même 57 balais. Très jeune, elle contracte le virus de la musique, et commence à écrire et jouer de la guitare. A 17 ans, elle se produit au sein de nombreux groupes locaux. En 1979, elle fonde Blue Angel ; mais sa carrière ne démarre vraiment qu’en 1983, lors de la sortie de son premier elpee "She' so unusual". Un disque qui se vend à près de 5 millions d'exemplaires. Elle embraie par "True colors", en 1986, un opus éponyme dont le titre maître devient un hymne pour les communautés gay et lesbienne. Sa discographie est quand même conséquente, puisqu’à ce jour, elle a publié 11 albums, 40 singles et vendu plus de 30 000 000 de disques. Mais surprise, elle vient d’enregistrer un long playing de blues. Il s’intitule "Memphis blues". Etonnant pour cette artiste (NDR : elle est également actrice) dont le look extravagant (NDR : rien que ses cheveux multi-colorés ou décolorés valent le coup d’œil) doit avoir inspiré Lady Gaga. C’est peut-être la raison pour laquelle elles font campagne ensemble, pour lutter contre le SIDA.

Bref, le tapis rouge a été déployé, les moyens ont été rassemblés et les invités prestigieux ont été engagés pour concocter cet elpee, au cœur des studios Electraphonic de Memphis. Ne restait plus qu’à soigner la production ; et comme Cindy a une bonne voix, le disque est rapidement devenu album blues n°1 au Billboard. Au sein du line up de base, figurent le drummer Howard Grimes, le bassiste Leroy Hodges, le guitariste Charles Pitts et le claviériste Lester Snell. Parmi les invités, on notera la participation de vétérans comme le maître de Memphis en personne, BB King, Allen Toussaint, le célèbre pianiste de New Orleans, la chanteuse Ann Peebles et ce bon vieux Charlie Musselwhite qu'on appelait naguère Memphis Charlie. Cindy dédie cet album à la légendaire Ma Rainey qu'on avait baptisée la ‘mère du blues’, une pionnière qui avait commencé enregistrer, en 1923.

L’opus s’ouvre par une composition de Little Walter. Ce ne peut être de mauvais goût. Lors de ce "Just your fool", le sympathique Charlie Musselwhite incarne le rôle de Little Walter. Il est en forme face au piano de Snell. Il est également impliqué sur "Down don't bother me", un autre Chicago shuffle signé Albert King. On reconnaît ici, entre mille, les cris d'angoisse de l'harmo à Charlie! Le "Shattered dreams" de Lowell Fulsom est un blues indolent fleurant bon la Louisiane. Cindy chante lascivement devant les ivoires du maître Allan Toussaint et les cuivres. Le roi BB vient donner la réplique locale et faire vibrer sa tendre guitare Lucille sur la cover du "Early in the morning" de Louis Jordan. Et ce n’est pas une surprise. Au piano, Allan adopte des accents très New Orleans. Mr Toussaint joue encore le rôle de Memphis Slim sur son "Mother Earth" ; mais le chant n'est pas inoubliable. Le jeune gratteur Joni Lang vient donner le challenge sur le notoire "Crossroads" de Robert Johnson. Le "Romance in the dark" de Big Bill Broonzy est ici exécuté sous la forme d’un blues lent. L’adaptation est assez majestueuse. Le chant est secondé par les deux saxophones, ténor et baryton, ainsi que l'orgue Hammond. Autre slow blues, "How blue can you get?" est issu du répertoire de BB King. Jonni Lang se réserve la six cordes. Il assure également les vocaux, de sa voix désormais aguerrie. Cindy shoute "Don't cry no more", une plage soul R&B empreinte de nostalgie. La version du "Rollin' & tumblin'" de Muddy Waters est une des sommets de cet elpee. Très Delta, elle est enrichie par les interventions puissantes et authentiques de Kenny Brown à la slide (NDR : un régal !) ; un compo au cours de laquelle Ann Pebbles partage les vocaux, mais s’érige en maître… Cindy reprend aussi le "Down so long" de Tracy Nelson ; mais elle ne parvient pas à faire oublier l’intensité, la sensibilité et le vibrato du chant de Miss Nelson. « Memphis blues » est un disque de bonne facture. Cindy est une excellente vocaliste ; néanmoins, elle affiche certaines limites dans l'exercice vécu du blues. On soulignera enfin, la qualité des photos et des notes internes du booklet.    

Mogwai

Special Moves

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Bien que fondé en 1995, Mogwai est aujourd’hui considéré comme un groupe culte. Sur la scène post rock, ce sont même des vétérans. Leur son unique, leur personnalité ainsi que leur créativité leur a permis de drainer un contingent impressionnant de fans. Et puis, ils ont tracé la voie à un style qui a fait de nombreux émules. Ils semblaient avoir atteint leur apogée discographique, lors de la sortie de leurs « Peel Sessions », en 2005 (« Government Commissions »). Cependant, il est quand même surprenant de constater que ce « Special Moves » constitue seulement leur premier album live ! Un film accompagne les morceaux et celui-ci s’avère être bien plus qu’un simple argument de vente ; car la musique de Mogwaï est par définition ouvertement cinématographique. Et s’inscrit dans l’ordre du pur ressenti. La meilleure méthode pour apprécier un concert de Mogwai, n’est-elle pas de simplement fermer les yeux et de suivre le film créé par notre imagination ? La vidéo intitulée « Burning », réalisée par Vincent Moon et Nathanaël Le Scouarnec, plonge les compos de Mogwaï dans un New-York sombre, proche de l’univers de Martin Scorcese. Ce mini-thriller en noir et blanc colle à merveille à la musique du groupe et particulièrement à certains titres comme « I’m Jim Morrison, I’m Dead », « Batcat » ou « Like Herod’s ». La vidéo a été immortalisée en 2009, au Music Hall de Williamsburg, à Brooklyn, tout comme les chansons de « Special Moves ».

Les 11 morceaux s’érigent donc en sorte de ‘Best of’ (au moins une chanson est extraite de chacun de leurs 6 albums, mais jamais plus de deux !) ; de quoi vous inciter à aller les applaudir en ‘live’, au cas où vous n’auriez jamais eu l’opportunité de vivre un tel moment. « Special Move » constitue également un point d’ancrage idéal pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas leur univers sonore en constante évolution : tour à tour cataclysmique, esthétique ou empreint d’une grande sérénité.

Alina Orlova

Laukinis Suo Dingo

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Alina Orlova est une petite bombe venue du froid : 22 ans, lituanienne, dont le disque « Laukinis Suo Dingo », déjà sorti en 2008 en Lituanie, arrive enfin près de chez nous grâce au label Fargo. Si la chanteuse jouit déjà d’une belle popularité dans son pays et en Russie, elle n’est pour le moment pas très connue chez nous. Une quinzaine de dates sont prévues en France d’ici décembre, et l’on espère que les oreilles belges succomberont à son charme.

Alina Orlova chante en russe, en lituanien, en anglais. Pourtant, même si on ne comprend pas les mots, le sens est là, l’intensité, les accents incroyables et surtout l’expressivité du chant. Egalement pianiste, Alina Orlova est soutenue, pour ce disque, par un accordéon, un violon dont les glissandos mélancoliques donnent la chair de poule, un carillon, et quelques basses de cuivres. Une économie de moyens et une facture décalée rappellent Pascal Comelade et quand l’accordéon et le violon s’emballent, on pense à Yann Tiersen. Les ivoires se font ‘sautillantes’ ou inquiétantes, et la voix, haut perchée, entre Björk et Regina Spektor, est un peu animale.

De l’album tout entier émane une odeur de forêt, peuplée d’animaux et d’arbres centenaires. Visaginas, la petite ville d’où vient Alina Orlova, qui abritait jusqu’à l’an dernier une centrale nucléaire, est d’ailleurs entourée de forêts. C’est assez frappant de constater la cohérence dans le travail de cette jeune artiste. Elle dessine, des petites scènes colorées, hantées de personnages mystérieux qui ont l’air désespérés. De grands arbres mangent les nappes, les hommes-animaux enlacent des humains vêtus à la mode Peau d’âne. Un univers de Princesse Mononoké empreint de beaucoup de naïveté. Sur sa page Myspace, dans la case ‘influences’, il est écrit : les oiseaux et les loups. Mais revenons à la musique, car là aussi tout est si cohérent, mûr, délicieusement lyrique et écorché, que l’on ne lasse pas de réécouter ces 16 titres, comme autant de haïkus énigmatiques. La voix est sur la corde raide, prête à basculer, on dirait un petit cri sorti du ventre. Pour un premier disque, c’est étonnamment inventif, intelligent, particulier. Un talent qui ne s’arrêtera pas à la frontière…

The Qemists

Spirit in the System

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Si je devais dissuader un seul de nos lecteurs d’acheter un album, cette année, je lui conseillerai sans hésitation d’éviter « Spirit in the System », le nouveau cd de The Qemists. Il m’est impossible de recommander un disque, dont la musique, affiche de telles réminiscences nu-métal, en 2010. Alors qu’on pouvait imaginer cette triste époque révolue, ce groupe de Brighton a décidé de raviver les pires sonorités issues des 90’s, celles qui, gangrénées par ces voix atrocement vocodées, suintent le mauvais goût. Pensez à ces affreux Linkin’ Park de la grande époque (« Apocalypse »). Fred Durst se serait-il réincarné ? Non… même lui n’aurait pas osé proposer une pareille et immonde tambouille Heavy-Drum-Dance-Métal.

Dès l’horrible « Take It Back », interprété en compagnie des noms moins inécoutables Enter Shikari, le ton est donné! Et honnêtement, le reste de l’album est tout aussi ignoble. Les rythmiques électro saturées sont très peu inspirées, les interventions hip-hop ou R&B ringardes (« Fading Halo », « Life’s Too Short ») et le recours au drum&bass inopportun. Le nouveau single « Hurt Less » (interprété par une certaine Jenna G) ne mériterait même pas un passage sur NRJ. Sauver les titres « Renagade » ou « Your Revolution » de l’ensemble ? Peut-être les 20 premières secondes, un couteau sous la gorge. Je préfère encore remplacer Di Rupo lors des négociations sur BHV avec Bart De Wever que devoir réécouter « Spirit in the System ».  

The Qemists est signé sur Ninja Tunes ? Signe de bon goût paraît-il. Bon d’accord, oubliez tout ce que j’ai écrit là-dessus. Je suis probablement juste trop vieux pour ce genre de musique. Mais, parfois, ça fait un bien fou de vieillir un peu. Si malgré tout, vous voudriez découvrir ce groupe en concert, il se produira au Groove City, à Bruxelles, le 27 novembre prochain.

 

Harper Simon

Harper Simon

Écrit par

Harper c’est le fils de Paul. Oui, oui, celui qui avait aligné des hits planétaires en compagnie d’Art Gardfunkel avant d’entamer une carrière solo. Harper a beaucoup de talent ; et manifeste une même aura que son père. Ce chanteur/compositeur/arrangeur a quand même 40 ans. Ce qui lui permet d’afficher une grande maturité, tout au long de cet elpee. Faut dire aussi, que ce prodige est parvenu à s’entourer de solides collaborateurs. Issus de tas de milieux musicaux. Dont Lloyd Green (pedal steel sur « Sweetheart Of The Rodeo » des Byrds), Gene Christman (drumming sur « Natural Woman » d’Aretha Franklin) et même son légendaire paternel. Un disque dont les sessions se sont déroulées entre Nashville, New York et Los Angeles.

La musique de Harper évolue quelque part entre folk, pop et americana. Elle agrège parfaitement expérience et poésie. Sur cet opus éponyme, on a l’impression qu’il cherche à rendre hommage aux grands classiques de la musique américaine. Un voyage opéré à travers son histoire. Depuis les 50’s à nos jours. Harper se réserve la guitare et signe toutes les ballades ainsi que les arrangements. Mais en assumant complètement l’image du ‘fils’ de Paul Simon, nonobstant un potentiel digne de son paternel, il ne parvient que trop rarement à faire la différence. Notamment à cause de la voix. Trop proche de celle de Simon. A tel point que parfois on est troublé par la ressemblance. Et c’est là que le bât blesse. Dommage, car la qualité est au rendez-vous ; mais à l’instar de Sean Lennon, deux gars de la même génération, il n’est pas évident d’être le fils d’une star. Et l’âme du père, qu’on le veuille ou non, hante bien trop la mise en forme.

 

Issa Sow

Doumale

Écrit par

De son vrai nom Issa Mbaye Diary Sow, l’acteur principal de « Doumale » est un joueur de riti, aussi appelé nianiooru, qui est une sorte de violon sénégalais à une corde, dont la caisse de résonance est faite d’une calebasse couverte de peau. Issa Sow était berger lorsqu’il s’est essayé au riti, dont jouait son oncle. La solitude lui permettant d’y consacrer du temps, il a décidé, un jour, de vouer sa vie à la musique, et est parti pour la capitale.

Dans les années 80, il s’installe donc à Dakar, où de fil en aiguille, il devient joueur de riti pour l’Orchestre national du Sénégal. Outre cette expérience, riche en voyages et rencontres, Issa Sow collabore avec de grands musiciens sénégalais tels Baaba Maal et Youssou N’dour. nstallé depuis 2000 dans la capitale belge, Issa Sow a rencontré le violoniste flamand Wouter Vandenabeele. Après de fréquentes collaborations entre les deux artistes, ils ont enregistré ensemble « Doumale », soit le premier album d’Issa Sow. Un groupe de violonistes l’accompagne, ainsi que sur la tournée de promotion du disque. Les concerts accordés à Bruxelles, Anvers, Gand, ont rencontré un franc succès. ‘Le Riti est un instrument qui captive le public belge. A la fin de chaque concert les gens, fascinés, viennent toucher l'instrument’ raconte Issa Sow.

Dans ses chansons, expliquées en français dans le livret, Issa Sow, l’homme aux cheveux gris, aborde des thèmes aussi variés que la vie des bergers, la nature, l’immigration, l’amitié, la vérité. Inspiré de la musique traditionnelle peuhle, musique rituelle, qui joue des répétitions, reposante, le disque commence sur des gammes orientales. Cinq chanteurs ouest-africains dont Malick Pathé Sow sont invités, toujours accompagnés par l'archet peuhl mais également par une kora, une guitare et diverses percussions. L’ensemble de cordes flamandes est composé de nombreux violons, d’une poignée de violoncelles et d’un alto. Suite à cette énumération, on pourrait s’attendre à un orchestre puissant, mais chaque instrument sait se faire discret ; le riti et la voix demeurent sur le devant de la scène.

Woom

Muu’s way

Écrit par

Sarah Magenheimer et Eben Portnoy ébauchent des bribes de chansons comme certains bricolent le dimanche. Fabriqués à l’aide de bouts de ficelles, leurs morceaux ont l'aspect fragile d'un cadeau de fête des mères ou pères. Des intentions touchantes et pleines de bonne volonté. Principalement porté par la voix de la partie féminine de ce duo d'Oakland, l'album dégage un sentiment de légèreté un peu désuet. L'ensemble est certes assez agréable à écouter, mais lorgne, parfois, un peut trop du côté de The XX, et surtout n'arrive pas vraiment à trouver ses marques sur la longueur. Certes, circonstanciellement, quelques jolies harmonies vocales agrémentent l'ensemble, laissant un sentiment de plénitude, mais l'ennui reste tapi non loin. Les motifs de « Under Muu » constituant, à mon sens, la plus belle réussite de cet elpee. Parcouru par son sample de saxophone fondant, cet interlude musical d'une splendide douceur mérite à lui seul l'attention. Pour le reste, on épinglera des titres comme « Back in », et « Backwards Beach » en ouverture. Et d'effacer de notre mémoire le très anecdotique « OK ».

Pas un mauvais album, mais on aura tôt fait de l'oublier.

Young Guns

All Our Kings Are Dead

Écrit par

D’après le dictionnaire en ligne (http://dictionnaire.reverso.net), le terme anglais ‘young guns’ correspond généralement aux jeunes hommes énergiques et plein de talent qui empruntent la voie menant au succès. Young Guns semble donc constituer un patronyme adapté à ce quintet originaire de High Wycombe (NDR : une ville située entre Oxford et Londres). 

Aucun doute possible sur leur jeunesse ; la pochette du Cd nous dévoile cinq jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence et au look très ‘branché’. Energiques ? Des gamins qui jouent une musique nourrie au punk rock mélodique et au metalcore, il ne manquerait plus qu’ils ne soient pas énergiques. Plein de talent ? La qualité de « All Our Kings Are Dead » semble vouloir le prouver. Sur la voie du succès ? Il est déjà démontré, en tout cas, au Royaume-Uni, où le pressage initial de « Mirrors », le premier Ep autoproduit en 2009, s’est écoulé à la vitesse de la lumière tandis que la seconde édition a atteint le chiffre enviable des 7 000 exemplaires vendus. Le succès de ce disque qui a permis à Young Guns de se produire, en 2009, sur des festivals anglais importants tels que le Download ou le Sonisphere, lui a aussi valu d’être élu ‘Best British Newcomer’ par les lecteurs de Rock Sound et ‘Best New Band’ par ceux de Kerrang.

Vous l’aurez compris, les Young Guns sont jeunes, et pratiquent de la musique jeune destinée à un public jeune. Dans un style un peu similaire à celui de leurs compatriotes des Lost Prophets, ces ‘jeunes canons’ mélangent les refrains ultra-accrocheurs de la punk pop californienne aux riffs décapants du neo métal et du metalcore. Gustave Woods, le vocaliste, dispose d’un organe qui lui permet de passer des vociférations punk rock à un style plus posé, parfois proche de celui de Bono (U2).

« All Our Kings Are Dead » devrait faire le bonheur des rockers de tous poils, punkoïdes ou métallovores, pour autant qu’ils n’aient pas encore atteint la majorité légale. 

Vitor Hublot

200 millions de Francophones et moi et moi et moi …

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J’avais déjà entendu des choses bizarres, d’autres marrantes, certaines quelquefois compliquées, d’autres encore complètement incolores ou insipides, c’est selon. Mais là je n’en crois pas mes oreilles. Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? D’où ça sort ce machin ? Qui ose produire ÇA ?

Vite, vite, quelques recherches pour éclairer notre lanterne… Vitor Hublot, qui aurait en réalité dû se prénommer Victor, est victime dès ses débuts d’une erreur de ‘frappe’. Authentique ! Pas bileux pour deux sous le mec, ça le fait sourire et il décide donc de garder Vitor… Tailleur de pierre, dans la vie professionnelle, Vitor, Guy Clerbois (NDR : sur sa carte d’identité), devient visiblement dérangé, et c’est un euphémisme, lorsqu’il se met à la musique (?). Accro aux rythmes électro, aux samples et à toute cette brochette de styles musicaux venus d’un autre monde, notre ‘Obélix’ doux dingue, revisite un répertoire ultra connu dans nos régions wallonnes (campagnes serait mieux indiqué). Y aurait-il du Julos Beaucarne là-dessous ? De « La p’tite gayole » à « On a tué no pourcheau » en passant par « Marie clap chabot » et j’en passe, Vitor Hublot nous propose de revisiter un ‘patrimoine’ plutôt réservé habituellement aux guindailleurs universitaires de tous poils, en période de bleusailles (NDLR : c’est l’époque !)

Une première tentative avait été ‘osée’ dès 1986, sous le titre « 185 millions de francophones et moi et moi et moi… », Cd sur lequel figurait déjà 10 chansons traditionnelles revisitées en électro. Quinze années et autant de millions de Francophones plus tard, il remet le couvert. Et histoire de pousser le bouchon un peu plus loin, Vitor nous en met treize pour le même prix. Ben tiens…

Certains n’ayant visiblement peur de rien et surtout pas du ridicule, on épinglera la collaboration de Jean-Luc et Mimi Fonck, de Jean-Louis Sbille et d’autres nettement moins connus au bataillon.

Si on pouvait décerner un prix à l’originalité ou à la curiosité, sûr que Vitor le raflerait la mise, haut la main. Pour le reste, je crois bien que notre tailleur de menhirs pourrait retourner vite fait à ses pierres… les mains vides…

A réserver aux curieux, aux dingues ou aux guindailleurs complètement pétés ! 

 

Une trilogie pour Badly Drawn Boy

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Autrefois très prolifique, Badly Drawn Boy annonce enfin la sortie d’un nouvel album. Son dernier remontait à 5 longues années. Et, bonne surprise, il prélude la publication d’une trilogie, dont le premier volume s’intitulera « It’s What I’m Thinking »…

Espérons que Damon Gough retrouve l’inspiration de son superbe “The Hour of the Bewilderbeast” inaugural, paru en 2000.

 Tracklisting

1. In Safe Hands.
2. The Order of Things.
3. Too Many Miracles.
4. What Tomorrow Brings.
5. I Saw You Walk Away.
6. It’s What I’m Thinking.
7. You Lied.

8. A Pure Accident.
9. This Electric.
10. This Beautiful Ideas.

http://www.myspace.com/badlydrawnboy

 

Un nouveau James Blunt ? Cool…

Écrit par

Celui qui peut se prévaloir de dénombrer, 1 million de fans sur Facebook, j’ai nommé James Blunt, publiera son 3ème album le 5 novembre prochain. « Some Kind of Trouble » est attendu fébrilement par ses nombreux aficionados. Et ils sont déjà 1 000 000 sur Facebook… Mais on ne peut pas dire que chez Musiczine, on soit spécialement impatient…

http://www.jamesblunt.com
http://twitter.com/dirtylilblunt
http://www.facebook.com/jamesblunt
http://www.youtube.com/jamesbluntmusic
http://www.myspace.com/jamesblunt

 

Fred Vaillant met le nouvel album de Cloé du Trèfle en images…

Écrit par

Lors du nouveau spectacle proposé par Cloé de Trèfle, nous sommes entraînés à la poursuite de Lisa dans un road movie à travers une ville et ses transports en communs. C’est le vidéaste et scénographe français Fred Vaillant qui a mis cette histoire en scène et en images. Cet artiste visuel est connu chez nous pour son travail avec la chorégraphe Michèle Noiret ou encore pour sa collaboration avec Michael Delaunoy pour le spectacle “Loin de Corpus Christi”. Avec Cloé, il s’est lancé dans cette création qui part de la musique pour explorer de nouveaux territoires. Pendant plusieurs semaines, Il a arpenté les rues et métros bruxellois pour créer cet univers visuel remarquable qui épouse à merveille la musique de Cloé du Trèfle. Une rencontre passionnante qui met tous nos sens en éveil.

(d’après communiqué de presse)

Pour savourer un avant goût du travail de Fred Vaillant: http://www.youtube.com/watch?v=mzwJzd09yak

Les concerts:

26 septembre 2010 – 18H00 - Centre Culturel Jacques Franck / dans le cadre du Rallye Chantons Français Bruxelles (entrée gratuite)
Spectacle avec vidéos et mise en scène de Fred Vaillant
http://www.ccjf.be

13 octobre 2010 - 20H30  - Péniche Inside Out - Liège
http://www.insideoutclub.be

19 novembre 2010 – 20H30 - Théâtre Jardin Passion - Namur
Spectacle avec vidéos et mise en scène de Fred Vaillant
http://www.theatrejardinpassion.be

3 février 2011 - 20H00 - Centre Culturel de Leuze-en-Hainaut
http://www.cultureleuze.net/accueil.html

18 février 2011 - 20H30 - Chapelle de Verre – Ronquières
Spectacle avec les vidéos et mise en scène de Fred Vaillant
http://www.chapelledeverre.be

Blonde Redhead

Atmosphère, atmosphère…

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Blonde Redhead revenait en Belgique, ce samedi dernier, à l’Ancienne Belgique, afin d’y présenter son nouvel opus –très réussi par ailleurs– « Penny Sparkle ». Après 20 années de parcours, une évidence s’impose : le trio cosmopolite n’a toujours pas vécu de baisse de régime et encore moins de panne d’inspiration, même si le ton se fait de plus en plus paisible et le feeling romantique… Moins expérimentale que par le passé, la musique de Kazu Makino et des jumeaux italiens, Simone et Amedeo Pace, s’est adoucie et revêt, depuis la confection du chef-d’œuvre « Misery is a Butterfly », de très heureux accents pop.

Ce soir, le public semble conquis d’avance bien qu’il ne soit pas très nombreux. L’ambiance est bon enfant et un climat paisible semble baigner la salle bruxelloise. A l’instar du décor planté sur la scène, aménagée en jardin japonais parsemé de parapluies dorés et de torches électriques. Kazu est affublée d’un masque blanc arborant de mystérieuses… moustaches félines ! L’influence de CoCorosie ? Dès les premières notes, on se rend compte que leur musique sera essentiellement atmosphérique. Faut dire aussi que la présence d’un quatrième musicien, un claviériste, accentue cette impression, tout en apportant davantage d’amplitude aux compos. Des titres comme « Here Sometimes » ou « Dr. Stangeluv » transportent l’audience au cœur d’un univers sonore voluptueux alors que les morceaux plus énergiques (« SW », par exemple), nous rappellent que Blonde Redhead était, à ses débuts, influencé par Sonic Youth. Amedeo et Kazu alternent au chant mais notre préférence va, bien entendu, à la voix suave de la petite Japonaise. Le clou du concert sera atteint lors du magnifique « Spring and by Summer », parfaitement exécuté. Un bémol, s’ils ont alternés les ambiances les plus calmes et les belles, mais trop rares, montées bruitistes, les New-yorkais se sont contentés de ne jouer quasiment que des plages issues de leurs deux derniers elpees.

Retour néanmoins réussi pour ce groupe aventureux et attachant, dont l’expression sonore originellement minimaliste, évolue de plus en plus vers une forme quasi-ambient…

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Organisation AB, Bruxelles 

Part Chimp

Puissance 4

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Fuyant le stress d’une journée comme tant d’autres et mettant fin à une semaine d’errance dans les limbes de l’ennui, je me rends au temple pour recevoir la part obscure du son des ténèbres. Bouhouhou!!! Ou comment s’accoquiner avec le diable en chemise à carreaux. Part Chimp ne dérogeant pas à son précepte qui fait du bruit un langage à part entière, Tim Cedar et sa bande s’arrêtaient ce 17 septembre entre les murs du Magasin 4, qui à l’heure actuelle doivent encore trembler des assauts subis. C’est que les Londoniens ne font pas dans la dentelle et les bouchons d’oreilles sont vivement recommandés.

Ecrasant de tout son poids de mastodonte nos neurones acquis à leur cause, le quartet assure ce vendredi un set costaud et viril, ponctué de cris sauvagement jouissifs poussés comme autant de salves à l’encontre des mièvreries du quotidien. Puisant leur énergie dans un bain stoner bouillonnant, la fièvre dans le son, Part Chimp est une déferlante de lave incandescente, un tsunami de larsens, un maelström de noisy sauvagement orchestré. Aiguille dans le rouge et pied au plancher, l’heure passée s’est désintégrée dans un fracas assourdissant et électrisant.

Emmené par l’hymne « 30 billion people », le rappel finit de mettre à genoux les derniers réfractaires à la prosternation face à ce monstre hybride et hirsute, lointain cousin de Satan ou d’une de ces bestioles poilues, croisées au détour d’un bestiaire insolite. Et se répandant en écho dans la nuit, les dernières notes s’éteignent dans le bruit diffus.

 

Sugarock 2010 : vendredi 17 septembre

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Le Sugarock fêtait donc, ce vendredi 17 septembre, sa sixième édition. Coup d’œil dans le rétro… Ne changeant pas une formule qui gagne, les organisateurs du festival sucrier ont une nouvelle fois fait la part belle aux formations pour la plupart indigènes. Et pour contenter toutes les franges de la population, figurait à l’affiche des combos wallons, bruxellois et flamands. La musique peut décidément guérir tous les maux… même si ceux-ci sont d’origine communautaire !!! A l’instar de l’édition précédente, le public a répondu à nouveau présent en masse, mais pas de façon aussi exceptionnelle que l’on pouvait espérer. C’est donc une assistance d’environ 600 personnes qui peuplait la structure habituelle, un superbe chapiteau agrémenté d’un plancher sur lequel on a l’avantage d’évoluer les pieds au sec !

Cette année, il fait froid ! Rien à voir avec 2009 où chacun se baladait en tenue estivale, la chope ou la clope au bec sous un soleil d’été indien. Hélas, 12 petits degrés seulement règnent à l’intérieur ; c’est un ou deux de moins encore qu’à l’extérieur. C’est dire s’il fallait venir bien couvert. Et le peu de monde présent à l’ouverture des portes n’est pas fait pour réchauffer l’atmosphère. Bref, on attend impatiemment que les hostilités débutent, afin de pouvoir se bouger un peu…

Et c’est à Marvin Hood qu’échoit le privilège d’ouvrir le festival. Dure tâche s’il en est. Surtout lorsque le public, qui n’arrive encore qu’au compte-gouttes, n’a pas l’air très intéressé par cette (toute) jeune formation. Sélectionné par le jury du tremplin rock, les six membres de Marvin Hood se fendent d’un set plus que valable. Les accoudés au bar ou les premiers arrivés sont visiblement séduits par la qualité de leur musique ‘pop rock’ très fraîche et dynamique. Leur jeu scénique est également intéressant, surtout au niveau des accessoires, couvre-chefs et masques pour le moins originaux. Ces teenagers n’ont visiblement pas froid aux yeux et ce n’est sûrement pas le premier concert qu’ils nous proposent ce soir ; car ils ont déjà une approche assez pointue du métier… A noter que leur premier album est prévu pour très bientôt. Avis aux amateurs !

Le timing est presque respecté (ce sera la seule fois et une fois n’est pas coutume) lorsque Lucy Lucy prend possession des planches. Coupable d’une musique pop sucrée voire acidulée, comme beaucoup de bands contemporains ‘made in Belgium’, les Bruxellois nous gratifient d’un excellent moment. Nouvelle révélation musicale belge en date, les cinq musiciens enchaînent une quinzaine de morceaux dont quelques perles qui sont régulièrement programmées par nos meilleures stations FM, dont « Clock » et « I can give it ». L’essentiel de leur répertoire est puisé dans le premier Ep six titres sorti en septembre 2009 et au sein d’un futur album. Epinglons également une reprise bien réussie d’un morceau des Turtles. Le summum de leur prestation sera néanmoins atteint lors du tout dernier titre qui sonne beaucoup plus rock. Et là apparaît une formation qui a l’air de s’amuser encore plus. Tous les membres du band donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous proposer un final époustouflant de vigueur et de musicalité. Serait-ce là le vrai visage de Lucy Lucy ? En tout cas, on en redemande…

Il faudra une heure de patience avant de voir arriver David Bartholomé et ses deux acolytes de Sharko. Visiblement éméché (NDR : et le mot est faible !), notre Tintin du rock casse la baraque dès l’entame de son set, lors d’un « Wake up » du meilleur cru. S’excusant deux fois plutôt qu’une pour son retard, il enchaîne alors la quintessence de ses quatre albums pour le plus grand bonheur d’une assemblée complètement sous l’emprise et le charme de notre homme. Transpirant l’alcool par tous les pores mais usant de sa voix comme d’une arme fatale, ce fou chantant, cet énergumène très remuant, se démène et arrive à mettre le chapiteau à feu et à sang. Tout le monde saute, danse et reprend en chœur dès que l’occasion lui est donnée. Et David ne s’en prive pas. Nous avons droit à une prestation éblouissante dans une ambiance fabuleuse et ce, grâce également à une sonorisation bien plus efficace que lors de l’édition précédente. Ca promet pour l’année prochaine… Le final est à la hauteur de nos espérances, tout au long d’un « No Contest » au cours duquel le public va s’époumoner afin d’être entendu, comme le veut Sharko, jusqu’à Bruxelles. Sharko tire sa révérence en remerciant encore la foule, d’être restée dans le froid à l’attendre une heure.

Il est déjà minuit lorsque le très attendu duo flamand Black Box Revelation s’installe enfin, après avoir procédé aux réglages d’usage pendant un certain temps. Un temps certain même… cela commence tout doucement à faire long… Une heure de retard déjà… Et ce n’est pas fini ! Le public en prend visiblement ombrage et quitte déjà, en partie, le chapiteau. Et que dire de la prestation de ce duo de fous furieux ? En un mot comme en cent, le but de BBR est visiblement de faire le plus de bruit possible, de foutre la pagaille et le bordel dans le public. Quelques énergumènes s’en donnent d’ailleurs à cœur joie ; mais ils ne sont qu’une tout petite minorité. Réunissant un batteur et un guitariste, ce ‘miniband’ originaire de Brussel (ben oui néerlandophone quoi) a visiblement de l’énergie à revendre mais au bout de quatre morceaux, on a l’impression d’avoir déjà entendu ce type de musique. Côté originalité, il y a encore du boulot. Ne sont pas les White Stripes qui veulent… Même si le mimétisme est quelque peu poussé ! Le batteur réussissant même à désarticuler son matos !!! Faut dire qu’à force de taper comme un sourd, le phénomène devait forcément se produire. Et ce n’est pas grand-chose d’autre que l’on retiendra de ce set plus bestial que musical…

A minuit trente, heure à laquelle aurait dû débuter Piano Club, le duo sévissait encore. Las d’attendre, j’ai imité, hélas, la grande majorité du public encore présent à cette heure. Après un rapide calcul, il apparaissait que les deux fous furieux ne quitteraient pas les planches avant une heure du matin. Comme une bonne trentaine de minutes au moins seraient nécessaires afin de faire place nette, le dernier groupe n’entamerait pas son premier titre avant deux heures du matin. J’ai donc déserté les lieux, transi de froid et floué d’avoir été pris en otage d’un horaire une fois de plus non respecté. Mais les plus à plaindre sont sans aucun doute les membres de Piano Club, qui après avoir joué à Namur en début de soirée, avaient effectué le déplacement en hélico jusqu’à Frasnes et ce, pour jouer devant un parterre plus que réduit, dans un froid de canard et une ambiance du même acabit…

A quand une organisation un peu plus professionnelle ?

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Josh Ritter

The Bird & The Bee

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L’air de rien, Josh Ritter grappille du terrain. Qualitativement, la discographie du singer songwriter ne cesse de prendre de l’ampleur, malgré un passage à vide qui a forcé le trentenaire à s’écarter de la scène. Il revient aujourd’hui en grande forme, après avoir publié « So Runs The World Away », un cinquième album qui s’avère être sa meilleure œuvre à ce jour, et accompli une tournée extensive du Vieux Continent en compagnie de son backing band, The Royal City Band, mais également de sa ravissante moitié. Une tournée qui passait par l’Orangerie du Botanique, ce 16 septembre.

Dawn Landes, alias Mrs Ritter, assure les premières parties de son cher et tendre. Et ce n’est pas le public qui va s’en plaindre. Du haut de ses 28 ans, la demoiselle compte déjà quatre œuvres à sa discographie. Accompagnée ici de The Hounds, son propre groupe, elle présente ce soir « Sweetheart Rodeo », son dernier bébé. L’Orangerie est loin d’être pleine à craquer. Il y règne une atmosphère apaisante, que les douces litanies de la demoiselle ne font qu’accentuer. Aaah que c’est bon d’être de retour dans cette sympathique petite salle !

Josh Ritter est plutôt un habitué des scènes belges. Il compte déjà, à son actif, un passage en solo à la Rotonde, à l’ABClub et sur de plus grandes scènes, lorsqu’il assurait les premières parties de Damien Rice, il y a quelques années et, plus récemment, The Swell Season. Si ces premières apparitions étaient restées assez confidentielles, tant le jeune homme avait l’air discret et timide, celle-ci le définit enfin comme un artiste sur lequel on peut enfin compter. Tout sourire, Ritter semble avoir pris de l’assurance. Et il va le démontrer ce soir en parcourant le meilleur de son répertoire en pas moins de 2h10 de show ! Un peu long quand on a une semaine de boulot éreintante dans les jambes mais un seul regard au sourire indélogeable du mec et t’oublies tout le reste. Sa bonne humeur ultra-communicative, il la partage en compagnie des membres de The Royal City Band, parmi lesquels figure un certain  Zachariah Hickman, un bassiste au look bien classe.  Derrière sa moustache parfaitement travaillée, il semble sortir tout droit d’un croisement génétique entre Elvis Costello et Salvatore Dali.

Josh Ritter est un mec généreux et s’adresse au public tout au long de son spectacle marqué du ‘grand sceau de l’état d’Idaho’, déployé aux deux extrémités de la scène. De la vingtaine de morceaux exécutée, certains se seront sans aucun mal distingués du reste. A commencer par « Folk Bloodbath », probablement la meilleure plage de son dernier ouvrage, dans lequel le poète emprunte différents personnages issus de ‘murder ballads’ classiques et les vouent à un destin bien plus funeste que d’origine. Autres moments forts du set, « Long May You Run », reprise en solo du classique de Neil Young, de toute évidence l’une des idoles de Ritter, ainsi que « 500 Miles Away From Home » de Hedy West, qu’il interprète en duo avec sa dulcinée, et un « Wait For Love » final pour lequel The Hounds opèrent une dernière apparition sur le podium. Au terme des 2h10 de concert, Ritter semblait encore dans une forme olympique et aurait certainement pu continuer au moins une bonne heure, si la politique de couvre-feu ne l'obligeait pas à s'arrêter là. Une chose est claire, la saison démarre plutôt bien !

Organisation : Botanique.   

The Triffids

Wide Open Road

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Les Triffids ont donc décidé de remonter sur les planches. C’était en 2006. Sans leur leader et chanteur/compositeur, David McComb, décédé le 2 février 1999. Depuis, il leur arrive encore de se produire en ‘live’, rejoints par d’autres musiciens ou tout simplement des amis, qui vouent un culte à ce poète australien. A l’instar de Steve Kilbey (The Church) ou de Mick Harvey (Nick Cave & The Bad Seeds). Mais même si l’intention est louable, de rendre hommage à cet artiste mésestimé et trop tôt disparu, ce type de réunion passe mal la rampe, chez votre serviteur. The Triffids sans McComb, c’est un peu les Doors sans Jim Morrison, T.Rex sans Marc Bolan ou Joy Division sans Ian Curtis. Sans leur âme, si vous préférez, même si elle peut continuer à hanter les autres musiciens. Ce dernier groupe avait d’ailleurs préféré opter pour un autre patronyme, en l’occurrence New Order.

Depuis 2006, les rééditions des œuvres des Triffids se sont donc succédées, toutes enrichies de bonus, raretés et d’inédits. En guise de conclusion, le label Domino a donc décidé de publier une compile réunissant les meilleurs compos du combo aussie. Enfin, vu la richesse du répertoire de la formation, fatalement, le choix est subjectif. Surtout qu’il se limite à 18 plages. Néanmoins, cette sélection est une bonne introduction à quiconque voudrait entrer dans leur univers lyrique, tourmenté et visionnaire. Je vous renvoie d’ailleurs aux chroniques consacrées aux elpees du groupe, pour vous en faire une meilleure idée…

 

Teeny Tucker

Keep the blues alive

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De son véritable nom Virginia Westbrook, Teeny est née en 1958. C’est fille de Tommy Tucker, le compositeur du célèbre "High heel sneakers", publié en 1964! Elle est originaire de Dayton, dans l'Ohio. Dès son plus jeune âge, elle chante dans la chorale de son église de quartier. Elle a embrassé une carrière de musicienne professionnelle, en 1996. Et a été deux fois finaliste de l'International Blues Challenge, organisé annuellement à Memphis. Elle s'est déjà produite à plusieurs reprises en Europe.

Son premier elpee, "Tommy's girl" (enregistré en compagnie de Sean Carney) date de 2001. Le second, "First class woman", de 2003. Le troisième, "Two big M's" est paru en 2008. Il rendait un hommage à deux chanteuses légendaires : Big Mama Thornton et Big Maybelle. Teeny a souvent partagé la scène auprès du guitariste Sean Carney (NDR : très populaire en Europe, il est également né dans l’Ohio, mais à Colombus) ; en outre, elle avait collaboré à la confection de son excellent album "Life of ease", paru en 2006. Au cours des dernières années, Teeny s’est produit au célèbre Festival blues de Monterey. Le 29 mai dernier, elle s’était rendue en Belgique, à Puurs très exactement, pour accorder un set dans le cadre du Duvel Blues Festival. Excellente vocaliste, elle confesse pour influences majeures, son père Tommy, disparu il y a déjà près de 30 ans, Etta James, Big Maybelle et Koko Taylor. Teeny signe huit des onze plages de ce nouvel opus ; un disque pour lequel elle a reçu le concours de son partenaire musical Robert Hughes (NDR : c’est également son guitariste). Au sein du line up figurent également le bassiste Scott Keeler, le drummer Darrell Jumper et l’harmoniciste David Gastel.

"Ain't that the blues" ouvre l’elpee. Il raconte la sombre histoire d'une jeune aveugle, âgé de 12 ans, qui vient de perdre sa mère, victime du SIDA. La voix de Teeny est remarquable et autoritaire. Elle s'étend sur plusieurs octaves. Hughes lui donne une excellente réplique sur ses cordes, en empruntant un phrasé institué par Carlos Santana! Imprimé sur un tempo enlevé, "Make room for Teeny" est hanté par un piano qui me fait penser… à un chant gospel.  Soutenue par l’harmo et la slide, elle nous hurle son amour paternel tout au long de "Daughter to the blues", des sanglots dans la voix, un blues lent empreint de nostalgie… Shouteuse sur "Old man magnet", elle charme, envoûte même, sur l’indolent "I wish we could go back", une plage caractérisée par les répliques vocales féminines. Le titre maître trempe dans un gospel d’une grande pureté, une compo bercée par le flux et le reflux des voix puissantes. Gastel son souffleur, se signale sur "I live alone". Mais manifestement, il manque de punch. Morceau acoustique, "John Cephas" rend hommage à cet adepte du Piemont blues tout en témoignant son admiration aux maîtres du préwar blues. Et son timbre s’y révèle cristallin. Deux reprises. Tout d’abord, "Heartbreak", un titre enrichi par les remarquables interventions à l’orgue Hammond de Linda Dachtyl. Ensuite le notoire "Got my mojo working" de Muddy Waters. Féminine, la version est bien différente de l’originale. L'album s’achève par "Respect me and the blues", une composition au cours de laquelle Teeny échange un duo en compagnie de son gratteur émérite, Robert Hughes…