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Bruce Haack

Farad : The Electric Voice

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Bruce Haack est décédé en 1988. Dans l’univers de la musique électronique, c’est un phénomène. Et surtout un maître. Et pourtant, il ne jouit pas d’une grande notoriété. Né à Alberta, ce Canadien a pourtant réalisé une véritable révolution dans l’univers des synthétiseurs ; et on ne compte plus les artistes qui reconnaissent Haack comme influence majeure. Des noms ? Cut Chemist, J Dilla, Beck ou encore Eels. Ce sont, bien sûr, les plus illustres. Bruce a également laissé une discographie monumentale. Au cours de son existence, outre ses disques personnels, il a apporté sa contribution à une multitude de projets aussi différents les uns que les autres. Depuis les shows télévisés (Mister Rogers), aux spots publicitaires, en passant par les compilations. Et puis, il est également responsable d’un véritable chef-d’œuvre émargeant à l’acid-rock-techno : « The Electric Lucifer ». Edité en 1970, cet elpee avait été entièrement réalisé à l’aide d’un Moog et de vocoders prototypés.

Le label californien Stones Throw Records (J Dilla, Peanut Butter Wolf, etc.) a donc décidé de se pencher sur l’œuvre atypique de ce curieux personnage qui a toujours cru à l’entretien d’une relation entre l’Homme et la Machine. « Farad : The Electric Voice » constitue une véritable mine d’or en matière d’électronique primitive. Il réunit quelques uns des meilleurs titres issus du catalogue de Haack. Soit enregistrés entre 1970 et 1982. Les sonorités ‘homemade’ imaginées par Haack et sa technique du vocodeur démontrent que l’artiste cherchait avant tout à expérimenter les sons. Dans l’univers des compos structurées, il est inégalable. Car ces nappes sonores ne sont vraiment perceptibles que si l’on ferme les yeux. C’est la seule manière d’entrer dans son monde merveilleux, illuminé de grooves psychédéliques et réverbs éblouissantes. Haack méritait bien son heure de gloire ! Si vous êtes un jour tombé sous le charme des vocodeurs dispensés par Daft Punk ou Simian Mobile Disco, ceux de Monsieur Haack devraient vous enchanter. Et même contaminer votre matière grise…

 

Cee Cee James

Low down where the snakes crawl

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Cristina ‘Cee Cee’ James nous vient de Portland, dans l’Oregon (NDR : c’est dans le Nord-est américain). Mais sa famille émigre ensuite en Californie, à San Diego, très exactement. C’est là qu’elle accomplit ses premier pas musicaux, au sein de Stone Blue. Nous sommes alors au cours des années 90. Son premier elpee solo, paraît en 1999 : "Spiritually wet". Il émarge au pop/funk. Une vie sentimentale perturbée l’incite à retourner dans l'Oregon, dès 2005. Mais fin 2007, elle reprend son bâton de pèlerin et se dirige plus au Nord. Dans l'Etat de Washington, très exactement. Où elle s’est établie. Et a immortalisé les sessions studio de ce nouvel elpee. Miss James et son mari, Rob ‘Slideboy’ Andrews (NDR : c’est également son guitariste), sont responsables de l’écriture de la quasi-intégralité du répertoire.

L'ouverture est, ma foi, renversante. La guitare s’aventure en solo, un peu à la manière de Jimi Hendrix, lorsqu’il amorçait certaines ballades. Peu à peu, les musiciens se joignent aux cordes, avant que la voix de Cee Cee n’entre en scène. Tout d'abord en mode mineur. Et progressivement son timbre monte en puissance, avec une facilité déconcertante ; mais aussi une sauvagerie inouïe. Et cette manière de chanter rappelle instantanément feu Janis Joplin, disparue au tout début des seventies. Pendant ce temps, Rob Andrews ou l'autre gratteur, Tim Enders, font le max pour se fondre dans cet univers sonore tragique. Ce long blues dure plus de 8 minutes ; et pourtant, on ne voit (NDR : n’entend ?) pas le temps passer, tant la voix de cette tigresse est envoûtante. Cette plage donne le titre à l’album et elle vaut, à elle seule, son achat. Autre blues lent, "Black raven" est plus classique. Dépouillé à l'extrême, il aligne des accords découpés au rasoir. Un peu comme chez John Lee Hooker. Quoique discret, l’harmonica est bien présent. Quant aux percus, elles affichent toute leur fragilité. Toute en relief, la voix de Cee Cee, la féline, force le passage, lors d’un dialogue, sur un riff qu'aurait apprécié Mr Muddy Waters en personne. Digne de Howlin' Wolf, le tempo prend des couleurs pour attaquer "Love makes change" ; et pourtant, c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Car si CC chante fort bien, elle n'abuse jamais de sa technique vocale. "Desert blues" lorgne du côté du Diddley beat, changements de rythme à la clé. "Roll me over" prend une nouvelle direction. Plus atmosphérique dans son développement, elle propose un voyage légèrement parfumé d’Orient. Une nouvelle accélération secoue "Make it to the other side". La voix s’aventure une nouvelle fois sans ses élans joplinesques et, parfaitement soutenu par l’orgue, nous plonge dans un véritable climat propice à la transe. Certaines compos épousent une structure proche des Doors. Et je pense tout particulièrement à "White picket fence" et "Watermelon Lucy", au cours desquels Andrews est passé à la slide. Même les crescendos adoptés par la voix s’y réfèrent ; bien sûr en faisant abstraction du baryton profond de Morrison. Cependant, la formule passe bien la rampe. En fin de parcours, "Done love wrong" nous ramène à la case départ. Apaisée, la voix dialogue avec la guitare avant de nous transporter dans son univers surréaliste. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Spirit of the shaman", un blues teinté de rock, au cours duquel les cordes sont bien mises en évidence. Et Cee Cee semble insatiable, puisqu’elle vient de publier un nouveau long playing, mais enregistré en public : "Seriously raw" – Live in Burbank". Une tournée est annoncée pour février 2011. Un périple qui devrait traverser la France et l’Allemagne. James de Chorus à Sedan ne semble pas y être étranger…

 

Teresa James

You know you love it

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Teresa James est née à Houston, au Texas. Elle s’est cependant établie, il y a quelques années à Los Angeles. Elle y drive ses Rhythm Tramps. Mais son style musical est surtout marqué par son Texas natal et la Nouvelle Orléans. Elle sillonne les routes du blues depuis de nombreuses années et comptait déjà six albums à son actif, avant de publier ce "You know you love it". Pour concocter cet elpee, elle est soutenue par ses Rhythm Tramps ; c’est-à-dire le guitariste Billy Watts, le saxophoniste Jerry Peterson, la drummeuse/percussionniste Miss Debra Dobkin, le bassiste Terry Wilson ainsi que le notoire Tony Braunagel (deux ex-Back Street Crawler), également à la batterie, mais surtout à la production. Parmi les invités figurent John ‘Rabbit’ Bundrick (également un ex-Back Street Crawler) et Mike Finnigan à l'orgue ainsi que John Cleary au piano.

Excellent, "Hug yourself" ouvre l’elpee. Le tempo est puissant, très southern blues. Les percus sont bien à l'avant, les cuivres sont omniprésents. La musique baigne dans l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. Le timbre vocal de Teresa libère suffisamment d’intensité naturelle pour affronter ce style subtilement funky. Caractérisé par cette belle complicité échangée entre le piano de Miss James et les cordes de Watts, "Talk to the hand" persévère dans le même registre. Une compo dont l’impact est direct. Rauque et légèrement forcée, la voix impose sa loi ; d’ailleurs tous les musiciens sont à son service. Ce qui ne les empêche pas d’être brillants. Le tempo accélère et devient franchement rock'n'roll (NDR : cette rythmique stonienne !) sur "It ain't my bad this time". Teresa chante divinement "A good day to cry", une superbe ballade sudiste. Elle manifeste beaucoup de présence, a de la réserve et s'en sert fort bien! Jerry Peterson en profite pour prendre son billet de sortie au saxophone ; et c'est le bonheur. Elle reprend la route qui mène Memphis à New Orleans pour attaquer "It might be Memphis", un bon vieux rock'n'roll balisé par le rythme du piano. Funk/R&B, "She don't mess with his buzz" met en exergue les interventions de cuivres. Tendre ballade, "The good old days" baigne dans l'ambiance insouciante de la fin des fifties, début des sixties. Teresa chante "Sunday shoes" d’une voix délicieuse, un blues fin de soirée, qu'elle aborde seule au piano, avant d'être rejointe par ses partenaires. Une compo tout à fait bouleversante. La Louisiane est aussi le berceau du zydeco, un style joyeux et festif entraîné par l’accordéon. Une ambiance très caractéristique rencontrée tout au long de "Whine, whine, whine". Le blues de "You got me where it hurts" fleure bon le Mississippi voisin. La guitare libère des sonorités primaires, pendant que Teresa chante sur un ton nonchalant. Une ambiance lugubre envahit "Look for a thang". Sonorités de claviers, percus, le sax de Jerry, mais surtout la guitare reverb entretiennent cette atmosphère, pendant que Teresa nous entraîne, la nuit tombante, au bord des swamps proches de la vieille cité de New Orleans. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "You know you love it", une compo sauvage, imprimée sur un tempo rock'n'roll, au cours de laquelle tous les musiciens prennent leur pied avant de se retirer…

 

Sharon Jones

I learned the hard way

Écrit par

Sharon Jones et ses Dap-Kings nous viennent de Brooklyn. Sharon est une chanteuse de couleur noire. Son backing band réunit huit musiciens. Leur style ? Un mélange de gospel, de soul et de funk. Le combo comptait déjà trois elpees à son actif. Parus chez Daptone. "Dap dippin'" en 2002, "Naturally" en 2005 et "100 days, 100 nights" en 2007. Il adore recréer les atmosphères des grandes époques du R&B et de la soul, depuis la Stax à la Tamla Motown. Les Dap-Kings jouissent d’une grande notoriété sur les planches. Ils se produisent régulièrement à l'Apollo de New York et au Summer Stage de Central Park. Sharon est née en 1956. A Augusta, en Georgie (NDR : comme James Brown). Avant de devenir chanteuse professionnelle, elle a exercé des tas de métiers. Et en particulier surveillante de pénitencier et convoyeuse de fonds. La voix de Sharon évoque les grandes divas du R&B : Tina Turner, Mavis Staples ou encore Aretha Franklin ; mais gros bémol, ses inflexions souffrent d’une carence en intensité.

Cuivres et cordes amorcent "The game gets old", au sein d’un climat bien Tamla Motown. La voix de Sharon ne manque pas de charme. Elle est soutenue par des chœurs féminins. Une compo qui rappelle Martha and the Vandellas ou encore Gladys Knight & the Pips. Le titre maître trempe dans la soul pop. Il aurait pu sortir en 45 tours. Mais à une autre époque. Celle au cours de laquelle, les chansons étaient surtout destinées à procurer du bon temps et inviter à la danse. Exotique, "Better things to do" évolue au rythme d'un calypso. Les musicos sont bien mis en évidence ; mais le chant est rejeté en toile de fond. La belle revient pourtant très vite affronter "Give it back". Elle manifeste enfin une certaine agressivité, face à des cordes pourtant bien délicates. Le classique "Money" bénéficie d’arrangements plus modernes. La voix est percutante. Et au sein de cette expression sonore plus tonique, les cuivres opèrent flux et reflux. Après "The reason", un bref interlude instrumental, Sharon replonge dans la soul sirupeuse ("Window shopping"). Avant d’en revenir à une forme bien plus intéressante. Et en particulier pour "She ain't a child no more", "Without a heart" et "Mama don't like my man", des morceaux imprégnés de gospel, au cours desquels son attaque vocale est bien plus marquée. Et manifestement ce type de répertoire colle mieux à notre soul sister. D’ailleurs, sur son précédent album, elle s’était révélée, bien plus vocaliste de R&B…

Laurie Morvan

Fire it up

Écrit par

Laurie Morvan est née dans l'Illinois, à une heure de voiture de Chicago. Elle a suivi et réussi de brillantes études. Ce qui lui a permis de décrocher un job dans l’aéronautique. A Los Angeles. Où elle s’est alors établie. Elle avait cependant une seconde passion : la guitare. Elle se paie une Fender Stratocaster. Puis sur un coup de tête, abandonne son job et tente l’aventure en compagnie d’un rock'n'roll band, comme guitariste soliste. Et se réserve même déjà le chant. C’est en découvrant Stevie Ray Vaughan qu’elle décide de s’orienter vers le blues rock. Son premier elpee sort en 1997 : "Out of the woods". Un disque enregistré en compagnie du groupe Backroad Shack. Les dix plages sont déjà issues de sa plume. En 2004, elle publie "Find my way home". Son combo, elle le baptise alors le Laurie Morvan Band. En 2007, paraît "Cures what ails ya". Le disque rencontre le succès et l’artiste commence à faire la ‘une’ des magazines spécialisés, dont Guitar Player et Vintage Guitar.

"Fire it up" constitue déjà son dernier opus. Laurie signe les douze compos. Elle est soutenue par le bassiste Pat Morvan, le drummer Kevin Murillo ainsi que Sammy Avila (Walter Trout Band) ou David Matthews (Etta James Band) aux claviers. Elle peut aussi compter sur une choriste, en l’occurrence Lisa Grubbs. Laurie et Steve Savage (NDR : il a bossé pour Elvin Bishop et Robert Cray) coproduisent le long playing.

Le single, "Nothin’ but the blues », ouvre la plaque. Soutenu par le piano sautillant de Matthews, le tempo est vif. La voix de Laurie est correcte. Sans plus. Elle manque néanmoins de profondeur. A l’instar d’une Ana Popovic, par exemple. Mais elle est capable de faire décoller ses cordes, dans un registre blues rock. "Come on over to my bbq" nous invite à partager son barbecue. Une compo plus roots et plus captivante évoluant sur un tempo plus lent mais aussi hypnotique, que soutient l’orgue. Laurie arrache de sa Stratocaster, des notes qui forcent le respect lors de ce blues rock sans prétention, mais bien ficelé et homogène. Progressivement, nous sommes aspirés dans le monde sonore de notre blonde Laurie ; et les compositions maison peuvent défiler : "Good girls bad girls", le tonique "I speak the blues", "You don't know about me", caractérisé par une belle envolée à l’orgue et le percutant "Testify". La ligne mélodique de "Lay your hands" est impeccable. L’instrumentation tout autant, permettant à la Fender de Laurie de libérer de petites grappes de notes, dont l’impact est direct. La voix de Laurie est presque constamment soutenue par celle de Lisa Grubbs ; et le résultat est loin d’être désagréable à l’oreille ! Un riff implacable fouette le long blues lent "Living in a man's world". Laurie décrit ce qu’elle ressent, dans ce monde machiste. Appuyant son discours de ses plus belles notes, auxquelles elle injecte énormément de feeling. Ballade acoustique, "Let me carry your troubles" est une compo bouleversante dédiée à une amie qui lutte contre le cancer. Elle approche vaguement le Texas blues & swing sur "Skinny chicks" et achève son parcours lors d’un offensif "Cafe Boogaloo" (NDR : c’est un club bien connu d'Hermosa Beach, à Los Angeles!)

Zola Moon

Undercover

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Miss Zola Moon n’est guère notoire sur le Vieux Continent. Pourtant, cette chanteuse de couleur blanche affiche déjà 25 ans de planches, au compteur. Originaire de San José, en Californie, elle a entamé sa carrière, en 1983, du côté de San Francisco. Elle avoue pour premières influences BB King, Muddy Waters, Jim Morrison et Led Zeppelin. Dans ces conditions, vous imaginez facilement que son blues est largement teinté de rock! Elle s’est établie à Los Angeles. Responsable de l’essentiel de son répertoire, elle n'hésite pas, suivant les circonstances, à souffler dans un harmonica. Elle compte déjà, à son actif, une poignée d’albums. Son tout premier, "Dangerous love" remonte à 1990. Il est suivi par "Lost in the blues", en 1995 et "Almost crazy", en 1998. Déjà, on compare sa démarche à celle de Janis Joplin. Et les médias évoquent des influences puisées –très curieux– chez Jim Morrison. "Earthquakes, thunder, and smiling lightning" est publié en 2000, "Down to my bones" en 2002, "Tales of love and desperation", en 2003, et "Wildcats under my skin", en 2007. Zola a des kilomètres au compteur. Très maquillée, la poitrine opulente, le regard provocateur, elle arbore une chevelure abondante et bouclée.

Pas de compos personnelles sur "Undercover", mais des reprises. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu la collaboration de ses musicos. En l’occurrence le guitariste Michael ‘Monster’ Carter, le bassiste Eric Williams et le drummer Jerry Olson. Le quartet ouvre l’elpee par la cover du "I'm tore down" de Freddie King. On ne peut pas dire qu’elle fasse dans la dentelle, car cette plage campe un solide hard rockin' blues. Zola a de la voix, c’est une certitude ; par contre, son gratteur n'a pas le feeling du blues. Il est très offensif. Il libère des sonorités bien grasses et largement amplifiées, pendant que le drummer cogne dur, à l'arrière. Elle inocule une intensité dramatique au "Love in vain" des Stones. La six cordes est très présente à l'avant-plan. Traditionnel, "Walkin' blues" passe également à la moulinette, suivant le livre de recettes institué par la mère Moon. Mais elle prend des couleurs vives, lorsqu’elle s’attaque au répertoire de Janis Joplin. Et tout particulièrement sur "Piece of my heart". Sa voix se montre très convaincante, avant qu’elle ne sorte une musique à bouche, on ne sait de quelle poche. Et elle réitère ce processus sur "Ball and chain", un autre hymne signé Janis. Certaines reprises sont moins probantes. A l’instar du "Runaway" de Del Shannon, ont les ‘wawawa’ plutôt embarrassants ne collent guère aux accords de gratte un peu trop hard à mon goût. A contrario, la puissance naturelle de son timbre est susceptible de se mettre au service d’adaptations comme le "Secret agent man" de Johnny Rivers, le "Tell mama" d'Etta James ou encore des versions très personnelles de "Rock me baby" et d’"I can't stand the rain". Néanmoins, c’est lorsqu’elle adopte le tempo lent qu’elle accroche le mieux. A cet instant, elle peut communiquer toute sa passion de ses remarquables cordes vocales. Et "I'd rather go blind", au cours duquel elle hurle toute sa douleur ainsi que "Nightlife" en sont les plus beaux témoignages. Et c’est hantée par le spectre de Jim Morrison, qu’elle clôt cette œuvre en interprétant la cover de "The serpent king" des Doors, d’une voix atmosphérique. A mon humble avis, cette lady singer doit faire un malheur sur les planches…

Mt St Helens Vietnam Band

Where The Messengers Meet

Écrit par

Le mont Saint Helens est entré en éruption le 18 mai 1980, causant la mort de 57 personnes, et détruisant forêts, maisons et infrastructures, à 25 km à la ronde. Ce stratovolcan se situe dans le comté de Skamania, dans l'Etat de Washington, au Nord-Ouest des États-Unis. Il se situe à 154 kilomètres au sud de la ville de Seattle et à 85 kilomètres au nord-est de la ville de Portland. Ce nom a donc été emprunté par une formation issue du même état. De Seattle, très exactement. Auquel elle a collé Vietnam Band. Le combo n’en est pas à son premier essai, puisqu’en 2008, il avait publié un Ep intitulé « Weepy », et l’année suivante, un elpee éponyme. Ce qui lui avait permis de signer sur le prestigieux label indépendant Dead Oceans (The Tallest Man On Earth, Phosphorescent, Akron/Family, Nurses, Citay, …) Et une nouvelle fois, le label texan ne s’est pas trompé. Car le groupe a du potentiel.

« At Night » ouvre l’elpee. Une compo dont les drums et la guitare, sculptés dans le rock, rappellent les White Stripes. Mais cet aspect minimaliste n’est que fugace, l’expression sonore empruntant, ensuite une forme bien plus riche. Plus intense, aussi. A cause de la présence d’une seconde gratte, et puis de claviers. Caractérisé par des vocaux reverb, « The Roof » lorgne davantage vers les Strokes. L’opus recèle quelques titres plus paisibles. De superbes ballades folk/rock, entretenues par le timbre vocal éraillé, chaleureux de Benjamin Verdoes. « You Were/ I Was » est même parcouru d’interventions au violon. Ce qui n’empêche pas au Mont d’entrer encore, de temps à autre, en éruption. A l’instar de l’excellent « Hurrah ». Mais le plus frappant, c’est ce climat chamanique, tribal, qui baigne l’opus. Un peu comme si les âmes défuntes des Sioux ou des Iroquois hantaient encore la région. A moins que ce ne soient celles des victimes de l’éruption du St Helens. Un bémol ? Oui, la longueur de l’elpee. Mais ce n’est qu’un avis personnel, car ce « Where The Messengers Meet » se révèle, finalement, de toute bonne facture…  

Seeland

How to live

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Loin de constituer un pôle d'attraction touristique majeur, la ville de Birmingham regorge pourtant d'attraits artistiques qu'il serait dommage d'ignorer. Non contente de défrayer la chronique culturelle, en accueillant des expositions avant-gardistes dans son Ikon Gallery, elle demeure un terreau fertile en termes d'émergences musicales.

Si par le passé, les portes de la cité ne s'ouvraient pas à l’aide d’une clé de Sol, des groupes tels que Black Sabbath, Electric Light Orchestra ou The Charlatans sont parvenus à les enfoncer pour justement sortir des murs de son enceinte et faire entendre leurs voix au monde. La scène locale a bien entendu ses propres ramifications, dont l'une d'elle, baptisée 'Rétro Futurist Electronic' nous conduit au cœur des souterrains de la ville, là où la lumière de vieux projecteurs aux halos psychédéliques se substituent à la lumière du jour. Et où les synthés vintage s'accoquinent sans scrupule avec la crème de l'electronica. De ce vivier en sous-sol, nous parviennent les sons tout à la fois délicieusement passéistes et étonnamment précurseurs de groupes tels que Broadcast ou Plone. Transfuges de ces deux groupes, Timothy  Felton et Billy Bainbridge, ont formé, fin 2004, Seeland, creusant le sillon d'un vinyle maintes fois écouté mais toujours placé à portée de platine.

Oscillant quelque part entre un ‘easy listening’ de toute bonne facture, le travail pointu du BBC Radiophonic Workshop et le KrautRock cher à Neu! (NDLR : leur patronyme est inspiré d’une compo du combo teuton), leur musique ne manquait pas de références datées, mais en recelait ô combien d’excitantes. Après avoir scellé une filiation auprès de Stereolab, en signant un single et un Ep sur le label Duophonic, le band a finalement trouvé refuge au sein du label Loaf qui a publié son premier album en mars 2009.

Ce second opus poursuit le travail de défrichage entamé, mettant l'accent sur un son plus organique et des mélodies pétillantes. Spectral et psychédélique, oui, mais en y ajoutant des bulles. Un verre de limonade dans une capsule temporelle. Comme en témoignent les titres « Awake in a dream », « Circles » et « Recall » ou encore les sonorités analogiques qui parsèment l'album. « How to live » est une invitation à accomplir un voyage au cœur du passé à l’aide d’une machine qui va de l'avant.

Soulignons le travail d'orfèvre opéré par Brian Duffy à la production, dont les seuls faits d'armes, jusqu’il y a peu, étaient ces performances étonnantes au sein du Modified Toy Orchestra, dont le nom vous aiguillera sur la texture musicale dudit projet.

A cheval sur son histoire et sa résurrection postindustrielle, Birmingham peut compter sur Seeland pour faire écho à cette dualité dans un futur conjugué au passé simple.

Massive Attack

Ame de distraction massive

Écrit par

Ce vendredi, se déroulait dans le Sportpaleis d'Anvers, l'un des plus grands spectacles de prestidigitation de tout les temps. Hypnotisé, transcendé, emmené à la lisière des rêves et de la réalité par l'incroyable machine à remodeler le temps, les spectateurs présents en ont eu pour leur argent.

Si d'aucun s'étonnaient d'un deuxième passage en l'espace d'une année du désormais duo exponentiel de Bristol, beaucoup se réjouissaient du retour en nos contrées d'un des groupes les plus visionnaires et influents de l'histoire de la musique contemporaine. Votre serviteur en premier. C'est donc avec une grande excitation matinée d'impatience juvénile, que j’ai pris place dans les strapontins.

Le soin d'ouvrir le bal des songes était laissé à la gracieuse Martina Topley-Bird, qui comme membre émérite du cercle Massive Attack, répond régulièrement à l'invitation. Emmenées par les boucles dorées de sa loop station, motifs synthétiques joués du bout de ses doigts, ses chansons bien qu'un peu perdues dans le champ de cette grande salle accaparent l'auditoire à défaut de le subjuguer totalement. L'ancienne muse de Tricky se fendant d'une reprise élégante du « Karmacoma » de ses hôtes et d'un final électrique énergique. La suite s'est avérée de moins bonne facture. Remplaçant un DJ Shadow, qui, sans nul doute aurait enflammé les planches et fait vibrer les murs, le jeune K'Naan (celui dont l’hymne « Waving flag » nous a saoulé tout la durée du mondial de football) a délivré un set dont le vibe Jamaïcan old school roots teinté de variété world a laissé quelque peu sceptique. Mou du genou et franchement pas emballant, son flow Hip-Hop lorgnant du côté de la Pop a manqué singulièrement de saveur. Dommage. Mais la suite allait bien vite effacer cette légère déception.

Massive Attack est une bête de scène monstrueuse, de nos jours. Si le show de ce vendredi ne se différence pas tellement du concert d'octobre dernier, force est de constater son efficacité.

Musicalement d'abord. Par ce que son et le groove sont dantesques. Visuellement ensuite. A cause d’un lightshow magistral et d’un concept pour le moins épatant. Au fil des succès qui égrènent la carrière du groupe, messages alter mondialistes, anticonsuméristes et à caractère informatifs (dans nos deux langues nationales, s'il vous plaît) se mêlent dans une orgie stroboscopique. Pas de place à l'approximation. La machine est bien huilée.

Indomptables, rebelles dans l'âme, Grant Marshall et Robert Del Naja assènent quelques vérités bien senties, qui apparaissent en projection sur un mur d'écrans horizontaux placé à l'arrière plan. L'humour étant aussi présent au rendez-vous, sous la forme de quelques clins d'œil à notre mère patrie (encouragements à Justine Henin et actualités régionales, entre autres). Et de cette pluie de lumière et de décibels, ce qui se dégage, c'est la force même des chansons.

Décliné sous forme de Best of, le répertoire des Anglais n'a pas pris une ride. « Angel » porté par la voix du fidèle Horace Andy, « Unfinished Sympathy » emmené par une Deborah Miller sensuelle, « Risingson » sombre et venimeux ou « Teardrop » repris par Martina Topley-Bird, se conjuguent magistralement aux plus récents « Babel » ou encore à l'hypnotique « Atlas Air ». Dans un final somptueux, le classique « Karmacoma », clôt ce qu'il serait convenu d'appeler un grand spectacle. Standing ovation, chapeau bas. Massive Attack étaient précurseurs dès les années nonante, ils gardent une longueur d'avance en 2010.

(voir également notre section photos)

 

Premier bal ‘Im’populaire

Écrit par

Cette année, Présence et Action Culturelles (PAC), un des plus grands mouvements d’éducation permanente de la Communauté française fête son quarantième anniversaire.

A cette occasion, PAC organise un Grand Bal ‘Im’populaire, (*) le 11 septembre de 18H à 23H sur la Place Sainte-Catherine

Ce grand bal en plein air et gratuit sera animé par la joyeuse équipe du « Bal des acteurs ».                                

Cette équipe née de la volonté de comédiens belges de premier plan, constitue un grand orchestre composé de 14 bêtes de scène : Philippe Allard, Edwige Bailly, Karim Barras, Claire Beugnies, Pierre Bodson, Didier Colfs, Jean-Henri Compère, Olivier Darimont, David Jans, David Macaluso, Michelangelo Marchese, David Quertigniez, Philippe Résimont et Nathalie Willame.

Leur répertoire comprend les tubes des différents genres musicaux, toutes générations confondues!

De la valse musette, du rock’n roll, de la soul, de la pop des sixties, du disco, du reggae, des hits des années ‘80, des slows, du zouk, de la variété française, et bien sûr des tubes actuels.

De Dutronc à James Brown, de Rita Mitsouko à Boney M, de Eddy Mitchell à Red Hot Chili Peppers, en passant par les Beatles, Village People, et la Compagnie Créole, pour quatre heures de danse non-stop !

Une super soirée à passer en famille ou entre amis.

Date : 11 septembre 2010

Lieu : Place Sainte-Catherine, en face de l’église.

Horaire :    Ouverture du site et des bars à 18H

Concert du Bal des Acteurs  de 19h00 à 23h00

PAF : Entrée gratuite.

Cette soirée est organisée par Présence et Action Culturelles, en partenariat avec la Charge du Rhinocéros, UBU et la Ville de Bruxelles.

(*) L’appellation Impopulaire fait allusion au titre d’un faux journal édité par PAC dans le cadre de la campagne « Merci l’impôt ».

http://www.facebook.com/ubuproduction

(Communiqué de presse)

 

Le Diable au Corps…

Écrit par

En prévision de la sortie de son nouvel album « Nuits Blanches », annoncé pour fin 2010, Clara Morgane présente son nouveau clip au titre évocateur : « Le diable au Corps » ! Clara Morgane, symbole de l'érotisme français, est l'égérie de la chaîne de télévision NRJ12, chanteuse de pop-électro et créatrice de lingerie pour sa marque Shocking Princess. Espérons que sa musique soit à la hauteur de ses performances accomplies, comme actrice…

http://www.youtube.com/watch?v=TntTGKknByA&feature=channel
http://vimeo.com/13361173
http://dl.free.fr/jws6Dre5C
http://www.claramorgane.com

 

Lanois vire dub

Écrit par

Les Angelinos de Black Dub publieront leur 1er album ce 29 octobre prochain, chez Jive. Mené par Daniel Lanois (le célèbre producteur de Dylan ou U2), le groupe est responsable d’une musique rock influencée par la culture dub jamaïcaine. Au sein de ce groupe, Lanois est accompagné du batteur Brian Blade, du chanteur Trixie Whitley ainsi que du bassiste Daryl Johnson…

http://blackdub.net/
http://www.facebook.com/blackdub

 Tracklisting

1) Love Lives
2) I Believe In You
3) Ring The Alarm
4) Last Time
5) Surely
6) Nomad
7) Slow Baby
8) Silverado
9) Canaan
10) Sing
11)
Sirens

 

Cindy Lauper se réinvente

Écrit par

La figure pop emblématique se réinvente lors d’un nouvel album consacré à des reprises de blues. Pour le concocter, elle a notamment reçu le concours de B.B. King, Charlie Musselwhite, Jonny Lang, Allen Toussaint et Ann Peebles.

Cyndi Lauper, qui a voyagé de New York à Memphis pour établir ses quartiers à l'Electraphonic Studio, a rassemblé une équipe de musiciens de studio pour enregistrer dans les conditions qu'elle avait imaginé : en live, en analogue, prenant part elle-même aux arrangements studio. ‘C'est l'album dont je rêve depuis des années’ a déclaré Cyndi Lauper. Difficile à imaginer ? Je vous l’accorde…

La sortie de « Memphis Blues » est prévue pour le 27 septembre 2010  

http://www.cyndilauper.com

Memphis Blues track listing:

1.       I'm Just Your Fool (feat. Charlie Musselwhite)
2.       Shattered Dreams (feat. Allen Toussaint)
3.       Early in the Morning (feat. Allen Toussaint & B.B. King)
4.       Romance in the Dark
5.       How Blue Can You Get (feat. Jonny Lang)
6.       Down Don't Bother Me (feat. Charlie Musselwhite)
7.       Don't Cry No More              
8.       Rollin and Tumblin’ (feat. Kenny Brown and Ann Peebles)
9.       Down So Low
10.    Mother Earth (feat. Allen Toussaint)
11.    Cross Roads (feat. Jonny Lang)
12.    Wild Women Don't Get the Blues

 

No Rest for Rustie...

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Le 4 octobre, Rustie publiera son 1er Ep pour le compte de Warp. Après avoir réalisé des remixes de Modeskeletor, The Bing Pink et Zomby, le natif de Glasgow se sent enfin prêt à se consacrer entièrement à sa propre carrière. L’Ep s’intitulera « Sunburst » ; et il devrait baigner dans une forme d’électro-prog-rock. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à vous connecter sur les liens suivants…

http://soundcloud.com/warp-records/sunburst-ep-minimix/s-Hye22
http://warp.net/rustie
http://www.facebook.com/pages/Rustie/99089880859
http://twitter.com/rooostie
http://myspace.com/rustiebeetz

Tracklisting:

01. Neko
02. Dragonfly
03. Beast Nite
04. Chew

05. Hyperthrust

 

Cercueil n’est pas mort…

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Cercueil, formation issue du Nord de la France, bosse actuellement sur l’écriture d’un nouvel album, dont la sortie est prévue pour 2011. Bonne nouvelle, il paraîtra sur le label alternatif français Le Son du Maquis. Le groupe entrera en studio dès septembre, en compagnie d’Alister Chant au Toybox Studio (Bristol). Une tournée est prévue pour février et mars de l’an prochain. Faut dire que les planches, les musiciens connaissent…

http://www.cercueil.org
http://www.myspace.com/cercueil

 

One big electro family…

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Ed Banger s’associe à Warp pour réaliser un Ep unique ! Un track de Squarepusher et un remix de Mr. Oizo sont disponible depuis ce 30 août !

http://www.myspace.com/edbangerrecords

 

Terror

Keepers Of The Faith

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La bio le mentionne : Terror est prêt à jouer n’importe où si il y a quelqu’un pour les écouter. Festivals, squats, mariages ou communions : vous les invitez, ils sont déjà là. Le combo compte dix années d’existence et accorde une moyenne de 300 concerts par an. Il s’est exposé à tous les publics et a joué en compagnie de formations aussi différentes que Behemoth, Hatebreed, Strung Out, Lamb Of God ou Bouncing Souls.

Cependant, si cette petite introduction vous a mis la puce à l’oreille, en vue d’organiser la communion du petit, sachez qu’il y a quand même deux soucis majeurs pour pouvoir profiter d’une prestation à domicile de Scott Vogel (chant) et de son orchestre. D’abord, le quintet est originaire de Los Angeles ; bref, ce n’est pas la porte à côté. Inviter le groupe à la salle paroissiale risque d’entamer sérieusement votre budget. Deuxièmement, il est vraiment peu probable que la musique dispensée par ces Californiens plaise à Tonton Bernard et à Tatie Lucette. Sauf, si d’aventure, ces derniers sont à fond dans le hardcore voire, à la rigueur, dans le thrash métal.

« Keepers Of The Faith », le cinquième album de Terror, est sorti fin août chez Century Media et, quelles que soient les conditions météorologiques en cette période de rentrée scolaire, on peut dire que, sur nos platines laser, il fait encore et toujours très très chaud. Trente trois petites minutes (c’est la durée de l’album) en compagnie de Terror suffiront même à transformer votre t-shirt en une véritable serpillère humide. En treize titres intenses où les guitares crachent des riffs aussi lourds que speedés et où la basse percute les tympans à la manière d’un marteau pilon, l’ami Vogel éructe son désaccord avec tout ce qui le dérange dans la société actuelle. Le gaillard fait la leçon aux politiciens en utilisant les mêmes outils didactiques que ses confrères de Hatebreed, Agnostic Front ou Madball : le pavé sonique dans la tronche, c’est sûr que ce geste ferait réfléchir nos dirigeants, si, par chance, ils écoutaient du hardcore.

Le son de « Keepers Of The Faith », concocté par Paul Minor (Death By Stereo) et Matt Hyde (Slayer, Hatebreed), est percutant et incisif ; souvent à la limite du thrash métal. Martin Stewart et Jordan Posner, les deux six-cordistes, se fendent même de quelques soli de guitares, rares, mais rudement efficaces.

Vous l’aurez compris, inviter Terror à la grande fête du gamin risque de plomber un peu l’ambiance. Il vous faudra donc vous contenter de suivre l’exemple de votre serviteur, et d’écouter « Keepers Of The Faith » en boucle. Ou alors, à la limite, d’aller danser un joyeux ‘circle pit’ en leur compagnie, le 26 septembre prochain au Hof Ter Lo (Trix) de Borgerhout lors de leur prestation que la formation accordera dans le cadre du ‘Hell On Earth Tour 2010’. 

V13

Overlook Hotel

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Cet album est paru en 2009. Il a donc mis plus d’une année pour remonter dans le Nord, et surtout pour entrer en Belgique... Mais l’attente en valait la peine, car cet opus est de toute bonne facture. V13 nous vient de Cannes. Pourtant, cette formation n’est pas du genre à se pavaner sur la croisette. Elle serait même plutôt encline à vomir sur les passants. Les musicos sont d’ailleurs plutôt des disciples du côté obscur de l’existence, plutôt que consommateurs de strasses et de paillettes.

Produit par Serge Morattel (Knut, Shora,…), « Overlook Hotel » constitue le second long playing du combo. Et il ne fait pas dans la dentelle. Dès les premiers accords, on s’en prend plein la tronche. Un démarrage sur les chapeaux de roues, en quelque sorte. L’énergie et la violence alimentent l’expression sonore, sans pour autant négliger les nuances. Les vocaux sont interprétés dans la langue de Voltaire, mais il faut attendre le deuxième morceau pour s’en rendre compte. Certains intermèdes plus paisibles permettent, cependant, au groupe (NDR : à moins que ce ne soit au mélomane) de souffler. Mais c’est pour mieux galvaniser les compos. Au cours desquelles riffs énervés et puissants se conjuguent au martèlement infernal des fûts. On ne sait d’ailleurs plus trop, à cet instant, si on baigne dans le hardcore ou le métal. Une description qui correspond à la première partie de la plaque. C’est-à-dire juste avant le titre à rallonge « Mais ils ne renforcent pas le camp ennemi qui comptait déjà des millions d’imbéciles, et où l’on est objectivement condamné à être un imbécile  ». L’intensité faiblit, mais pas l’efficacité. Les compos sont davantage taillées dans le rock basique. On comprend mieux les lyrics, aussi ; le timbre vocal évoquant même un certain Bertrand Cantat. Caractérisé par son atmosphère sereine, entretenue par un piano et un xylophone, « Pygmation » rappelle même Yann Tiersen. Mais la suite lorgne surtout vers le Noir Désir originel ; c'est-à-dire celui qui sculptait ses compos dans les riffs de gratte sauvages. Que du bonheur !

« Overlook Hotel » aurait largement mérité de figurer parmi les meilleurs albums de 2009. Dans la catégorie pop/rock hexagonal. Pas grave, je le plébisciterai pour l’année 2010 ; et sans aucune hésitation.

At No Bikini Beach

The New Bikini

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At No Bikini Beach est une formation batave (NDR : issue de Rotterdam, très exactement) née en 2004. Avant de fonder ce combo, les différents musiciens avaient déjà roulé leur bosse au sein d’une multitude de groupes locaux. Arnold Van De Veld, René Van Lien et Bart Hoevenaars souhaitaient concocter une musique instrumentale susceptible de ne pas être taxée de post-rock (NDR : en évitant notamment les crescendos et les plages interminables).

« The New Bikini » constitue donc le fruit de leur concept. Un opus qui se nourrit d’une multitude d’influences. Il y a du rock. Souvent syncopé. Du disco. A l’instar du morceau qui ouvre l’elpee, « Roll to the beach ». Des sonorités orientales. Elles parfument « Arnold vs Marokko ». Du math rock aussi. Sur « Kevin Spacey », par exemple, titre hypnotique au cours duquel les boucles et couches de guitares s’entremêlent et se superposent. Et l’effet est irrésistible. Une des compos les plus réussies. Tout comme « Luchtweerwolf Alarm ». Deux plages, au cours desquelles, paradoxalement, les claviers se révèlent plutôt discrets. Car en général, ils se partagent la part du lion avec les six cordes. Et ce n’est pas toujours une bonne idée ; les synthés dégradant même plutôt les mélodies. Néanmoins, il faut reconnaître que le climat général de l’elpee est plutôt allègre ; d’autant que les tempos sont souvent soutenus. Et puis, il faut reconnaître que les différents instrumentistes sont loin d’être des manchots tout en se révélant finalement audacieux dans leur démarche. Une recherche d’originalité qui mérite donc un coup de chapeau. 

Dial P For Panic

Dial P For Panic (Ep)

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Dial P For Panic est un groupe bien de chez nous, puisque ses membres sont originaires des villes de Genk et Leuven (NDR : si, je vous assure, c’est encore en Belgique).

En 2006, trois membres du défunt combo hardcore One Man March –Bart (chant), Kristof Geutjens (guitare) et Dennis Smolders (batterie)– s’associent à Geert Janssens (guitare) et Martijn Meyers (basse) pour créer un groupe célébrant leur passion commune pour le heavy rock. S’ensuit le cycle habituel du parcours de tout groupe rock qui se respecte : répétitions, concerts, enregistrement d’une démo, changement de line-up (exit Bart, welcome Erick de Deyn), avant d’en arriver à la sortie d’un Ep sept titres éponyme absolument indispensable.

Du passé hardcore de nos amis Flamands, il ne reste plus vraiment grand-chose. Par contre, l’influence avouée du heavy rock millésimé seventies est, quant à elle, carrément palpable. Avouée l’influence ? Oui, mais aussi ingurgitée et adaptée au goût du jour. Ainsi, chez Dial P For Panic, les guitares heavy du Sabbath Noir et du Grand Funk Railroad sont savamment mélangées aux sons plus actuels du stoner rock ‘arizonien’ d’un Queens Of The Stone Age ou d’un Kyuss, voire même au garage rock de The Hives ou The Datsuns. Ce petit déluge de décibels vogue savoureusement au gré d’une section rythmique jouissive. 

Bonne nouvelle : ce monument musical de notre nation branlante est disponible pour la somme ridicule de 7 € (frais de port non compris) à l’adresse e-mail suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . A ce prix là, il est carrément anticonstitutionnel de s’en priver !

 

Peter Frampton

Thank You Mr Churchill

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Au moment de commencer cette chronique, un doute affreux m’a traversé l’esprit. Comment notre rédacteur en chef bien aimé peut il demander à l'humble amateur de rock qui écrit ces lignes de critiquer un album de Peter Frampton ? C'est comme si on demandait à un curé intégriste de porter un jugement sur l'œuvre du Tout Puissant. Qui suis-je pour juger ce guitariste, dont le jeu a influencé une grande partie des musiciens que j'apprécie? Par bonheur, et sans doute par compassion pour les ignobles scribouillards dans mon genre, Monsieur Frampton s’est-il, une fois de plus, fendu d’un disque de qualité irréprochable ; et donc, impossible à soumettre à la critique ? Ouf !

 

Pour celles et ceux pour qui le nom de Peter Frampton n’évoquerait pas grand-chose, un petit rappel s’impose. Né en 1950 au Royaume-Uni, cet autodidacte de la six-cordes a fondé, en compagnie du chanteur Steve Marriott (ex-Small Faces), l’un des plus grands groupes de hard rock britannique : Humble Pie (NDR : il suffit de jeter une oreille sur l’incroyable elpee live « Performance Rockin' the Fillmore » pour s’en convaincre). Sa carrière solo, qui commence dès 1972, lors de la sortie de l’opus « Wind Of Change », connaîtra son apogée en 1976, suite à la publication du long playing « Frampton Comes Alive ! », qui est toujours l’un des albums ‘live’ les plus vendus de tous les temps. Outre une pléthore d’enregistrement solo, Frampton a accompagné (sur disque et en concert) un vieil ami de classe : David Bowie et s’est même compromis sur deux LPs de Johnny Hallyday (« Insolitudes » en 1973 et « Rock’n’roll attitude » en 1985). Il embrasse brièvement la carrière d’acteur dans le film « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band », inspiré de l'œuvre mythique des Beatles. Son album instrumental « Fingerprints » a reçu le ‘Grammy Award’ du meilleur album pop instrumental, en 2007.

Comme son nom l’indique, « Thank You Mr Churchill » remercie Winston Churchill d’avoir ramené le papa de Frampton, vivant, de la seconde guerre mondiale. Cet hommage tardif au premier ministre anglais de l’époque sert en fait de prétexte à l’introduction d’une autobiographie musicale. « Thank You Mr Churchill » a été enregistré à Cincinnati dans le home-studio du guitariste-chanteur et mis en forme par Chris Kimsey qui, pour l’anecdote, était déjà le producteur du tout premier effort solo de Frampton. Les deux hommes n’avaient plus travaillé ensemble depuis 30 ans.

Fidèle à son style, Frampton alterne les titres rock, hard rock, les power ballades et le blues. Il assure lui-même les vocaux. Brillamment ! Les parties lead sont magnifiques, mais, après tout, comment pourrait-il en être autrement ?

Varié, technique et bourré de feeling, ce nouvel album est une véritable réussite. Preuve s’il en est que, même après plus de 40 ans de carrière, il est toujours possible d’être au top !