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Bensé

Raconte-moi une histoire…

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D’abord, il était passé par l’AB. Il était venu chanter en avant-première de Tryo. Ensuite, deux jours plus tard, Bensé est revenu pour nous présenter « Album », son premier opus. Cette fois-ci, c’est à la Rotonde du Botanique que la magie s’est opérée… Précédé de Jill is Lucky ainsi que de Claire Denamur, la soirée sera bohème et 100% intimiste.

Jill is Lucky. Jill, c’est le petit frère de Bensé… Jill, il joue sa musique à lui. Une musique plutôt pop/rock. Une musique originale qu’il chante en anglais dans un style franco/british particulier. Le violoncelliste et le guitariste portent des lunettes en cœur de couleur bleue. Jill a les cheveux en pétard. Leur look est étonnant. La formation propose tour à tour six morceaux doux et plus fougueux… Ils sont bons. Dommage. C’était l’avant-première. On aurait bien aimé une prolongation !

Quel est le dénominateur commun entre Bensé et Claire Denamur ? Ils ont tous les deux joués en première partie de Renan Luce. Armée de sa guitare, Claire est seule sur scène. Un petit bout de femme qui, malgré un public venu en petit nombre, semble dans un premier temps manquer d’assurance. Timide et discrète, elle réussit pourtant à éveiller le public. Les paroles parlent d’hommes et d’amour. Des titres comme « Le Prince Charmant » ou « Mon bonhomme » sont d’ailleurs évocateurs. C’est léger et moelleux. Personnellement, j’aurais sans doute aimé l’une ou l’autre chanson un peu plus rythmée pour varier le tempo…

Accompagné par ses amis et fidèles musiciens Les Troubadours, Bensé est avant tout un artiste-compositeur-interprète qui charme de ses mots. Ses textes sont doux, intimistes et racontent des histoires. Des moments de vie, des états d’âmes et des portraits de ceux qu’il aime. Il nous les conte en musique.

Sur scène, il est à l’aise et enchaîne en douceur les titres de son album. « Sa peau », « Angela », « Buvons »… et « Mon frère » une chanson délicate qui illustre parfaitement son humilité et l’amour qu’il porte à son frère, Jill. Le concert va durer une heure. Soixante minutes à la rencontre de ce nouvel artiste issu de la scène française. C’est touchant. Le groupe dégage une certaine empathie. La prestation manque cependant peut-être un peu de fougue…

Au moment des remerciements, Julien Bensé salue le public et nous dit : ‘J’espère être de retour très vite sur ces terres, en conquérant’. On lui souhaite, en tout cas, beaucoup de plaisir pour ses prochaines dates.

Bensé + Claire Denamur + Jill is Lucky

Coprod. UBU

 

Festival Les Inrocks 2008 : vendredi 13 novembre

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Tiens, c’est curieux, l’édition 2008 du festival des Inrocks à Lille se déroule un jeudi et un vendredi. Pour ce premier jour, il a élu domicile à l’Aéronef de Lille. Cinq groupes sont à l’affiche. Dont les Ting Tings. Ce qui explique sans doute pourquoi il y a foule. Même que le balcon est ouvert. On n’est même pas très loin du sold out. Mais venons-en donc au programme.

Late Of The Pier a déjà commencé son set depuis un bon quart d’heure, lorsque nous arrivons sur les lieux. Leur premier album (« Fantasy Black Channel ») est paru en août dernier ; mais apparemment ce n’est pas la priorité d’EMI, puisque le disque n’a bénéficié que d’une promo très limitée. Au fil de la prestation, on se demande même ce qu’ils foutent chez un major ; car franchement, si les idées du quatuor de Nottingham sont intéressantes, elles demeurent encore trop à l’état de brouillon. On perçoit quand même des influences qui oscillent de Queens of The Stone Age à Muse, en passant par ELO et Gary Numan ; mais on conclut rapidement que vu leur manque d’expérience, il aurait peut-être mieux valu qu’ils continuent à se produire dans des bars et des clubs, afin d’acquérir une certaine expérience, plutôt que se lancer dans une aventure qui risque peut-être de tourner court beaucoup plus vite que prévu.

Les Black Kids ont également enregistré leur premier opus cette année. « Partie traumatic ». Produit par Bernard Butler, il est paru en juillet dernier. Un quintet issu de Jacksonville, en Floride. A droite de la scène militent deux claviéristes féminines. Pas des bombes sexuelles comme chez les B52’s. Ni des modèles de dynamisme. A l’instar de Kate Pierson et Cindy Wilson, à leur âge. Pourtant, c’est bien chez la formation géorgienne que les Black Kids puisent une partie de leurs influences. Surtout le feeling new wave. Et chez Go ! Team également. Pour le mélange de funk, de disco et de techno. Vêtu d’un t-shirt affublé d’une tête de mort, le chanteur/guitariste me fait penser à un Jimi Hendrix adolescent. Sans manifester la même dextérité à la guitare, malheureusement. Bref, une prestation incolore et inodore.

Alias Stéphanie Sokolinska, SoKo est française. Elle est même née à Bordeaux. C’est aussi une actrice de cinéma. Un joli brin de fille aux yeux malicieux, à la chevelure de jais et au sourire taquin. Elle possède une voix juvénile, campant même un timbre sis quelque part entre Kymia Dawson et Carla Bruni. Et chante dans la langue de Shakespeare des lyrics qui parlent aussi bien de l’interruption de grossesse que de l’incertitude des relations amoureuses. Pour son set, elle est épaulée par un drummer et une claviériste/violoniste. Soko ne se contente cependant pas de chanter. Elle glisse allègrement de la guitare aux claviers (NDR : un casio), en passant par les percus et surtout l’ukulélé. Bref, c’est très minimaliste. Plutôt original, mais au fil du temps la prestation suscite un profond ennui. Et nous pousse à prendre un peu l’air. On reviendra ainsi en fin de parcours, pour assister à ce qui nous semble le style qui lui correspond le mieux. Dépouillé, mais velvetien. Une longue compo au cours de laquelle les accès grinçants de la violoniste conjugués aux accords plaqués et écorchés de Soko, vont littéralement déchirer l’atmosphère. Dommage que tout le set n’était pas de cette trempe.

Bref, en arrivant au quatrième groupe, je me demandais quand même si nous allions enfin pouvoir flasher sur l’une ou l’autre prestation. Ce sera enfin le cas pour Cajun Dance Party. Un quintet londonien partagé entre un drummer (NDR : un sosie de Laurent Voulzy !), un bassiste, un guitariste, un chanteur/guitariste et une claviériste. Blonde et pulpeuse, pour ne rien vous cacher. Et qui possède une superbe voix ; mais dont elle ne révèle cette aptitude qu’en fin de parcours, sur « The Hill, The View & The Lights », un titre qui s’achève dans un véritable délire psychédélique. Chez C.D.P., on est surtout impressionné par le guitariste, Robbie Stern. Non seulement, c’est loin d’être un manchot ; mais il parvient à communiquer une fameuse dose d’intensité aux mélodies. Quant au vocaliste, Daniel Blumberg, il possède un timbre versatile, rappelant parfois Robert Smith, parfois Luke Pritchard (The Kooks). Et, paradoxalement, lorsqu’il ne joue pas de la rythmique, il porte son instrument sur le dos, un peu comme Joe Strummer du Clash. En outre, il ne faut pas sous-estimer le rôle de la section rythmique. A la fois discrète mais solide, elle apporte un fameux groove post punk aux compos. Un set enfin digne d’intérêt. Il était temps ; et autant dire que nous avons poussé un fameux ‘ouf’ de soulagement ! A noter que leur premier elpee, « The Colourful Life », a également bénéficié de la mise en forme de Bernard Butler.

Les Ting Tings ne sont pas encore montés sur les planches que le public est déjà en délire. Ce type de réaction me rend souvent très sceptique. Les Ting Tings sont deux sur scène. Jules De Martino, le batteur (NDR: il est également préposé aux backing vocals) et la chanteuse/guitariste Katie White. Belle fille. Bien maquillée. Comme on colle aux affiches (NDR : il y a longtemps que je l’avais plus ressortie, celle-là !) Le drummer siège à gauche du podium. Un support en arc de cercle passe au-dessus de sa tête pour qu’il puisse donner de la voix. Dans le micro, bien sûr. Katie bondit d’un côté à l’autre de la scène. Elle change de gratte quasiment à chaque morceau. Sa voix me rappelle parfois celle Polly Harvey. Elle peut même raper comme celle de Debbie Harry. Les compos sont bourrées de punch. Le public reprend en chœur leurs singles. Mais la multiplication de gadgets électroniques et préenregistrés finit par agacer. Cette perfection devient artificielle et me rappelle quelque part l’époque du play-back. Ce qui n’enlève rien aux qualités du duo ; mais franchement, on aimerait les voir au sein d’un véritable groupe. Histoire d’écouter des versions différentes de leur album. Goûter à la magie du vrai ‘live’ ! Pas devoir se farcir une réplique fidèle d’un répertoire. Aussi au bout d’une bonne demi-heure, on décide de s’éclipser. Pour vivre, on l’espère, le lendemain, une soirée un peu plus excitante…

Late of The Pier + Black Kids + SoKo + Cajun Dance Party + The Ting Tings

(voir aussi notre rubrique Live photos)

Organisation : A Gauche De La Lune et Aéronef (Lille)

Skatalites

Les vétérans du ska ont toujours la pêche !

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C'est dans le cadre de ‘Now Series’ que les Skatalites se produisaient pour la énième fois en Belgique. Sans être un fan absolu du groupe, 15 ans après les avoir découvert sur les planches, pour la première fois au VK, j'essaie néanmoins de les revoir régulièrement. Même si ce n'est pas sold out, le thème de cette édition a attiré pas mal de monde. Les fans de musique jamaïcaine et autres amateurs de world music ont fait le déplacement.

Sympa, comme concept, ce ‘Now Serie’, qui permet de programmer 4 groupes dans un ensemble musicalement cohérent. Malheureusement, les 250 places de l'AB Club se révèlent un peu ‘limite’ pour celles et ceux qui souhaitent changer de décor sans se farcir l’attente d’une longue file. Finalement, c'est pour les Skat's que je suis venu. Tant pis, je ferai l'impasse sur le club.

Au terme d'un interminable sound check, les vétérans du ska montent sur scène. Bon, les véritables vétérans commencent à se faire rares. Ainsi, plus de trace de contrebassiste qui figurait au sein du line up, 15 ans plus tôt, lors de leur passage à la même Ancienne Belgique. C’est vrai qu’il semblait déjà ne tenir debout que grâce à son instrument. Mais dommage qu’il soit disparu de la circulation : je m'étais promis de lui tirer le portrait. Les seuls vétérans encore à la barre sont le batteur et le saxo. Les deux personnages adoptent une attitude caractéristique : regard qui tue pour le premier, grand sourire et petits pas de danse pour le second. Les autres membres ne détonnent cependant pas dans l'ensemble : le second saxo se charge de présenter les morceaux, le trompettiste joue les showmen, le trombone a repris le rôle de dragueur du groupe, le bassiste –imperturbable sur son tabouret– remplace le contrebassiste. Quant au guitariste et au claviériste (NDR : seul Européen de la bande), ils semblent un peu en retrait, à l'extrême gauche de la scène.

Rituellement, les Skatalites ouvrent les hostilités par des ‘classiques’ de leur répertoire ska (dont, rappelons-le, ils sont les pionniers), avant d'inviter leur chanteuse, autre membre original de la formation, à venir les rejoindre pour un set dont l'ambiance vire maintenant au reggae. Il n'en faut pas plus au public, déjà bien remuant, pour se mettre à danser frénétiquement, jusque dans les gradins. Leur style, mêlant habilement le ska, le dub, le reggae et la musique de fanfare fait mouche comme à chaque fois. Plus d'une heure et demie de concert ne rassasient pas l’auditoire qui aimerait voir cette fête se poursuivre encore. C'est la tête encore remplie des rythmes jamaïcains que je quitte l'AB avec la certitude que je serai encore au rendez-vous lors de leur prochain passage en Belgique.

Les photos de ce concert sont bien entendus en ligne dans la rubrique ‘Live Photos’.

Organisation AB

 

La noble bête d’Andrew Bird.

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Le prochain album d’Andrew Bird paraîtra ce 26 janvier. Il s’intitulera « Noble beast ». L’opus du compositeur/multi-instrumentiste paraîtra sous la forme d’un simple cd, d’une édition deluxe et d’un double elpee, le second disque étant consacré à une prestation ‘live’ accordée à Montreal.

Tracklisting :

1. Oh No
2. Masterswarm
3. Fitz and the Dizzyspells
4. Effigy
5. Tenuousness
6. Nomenclature
7. Not a Robot, But a Ghost
8. Anonanimal
9. Natural Disaster
10. Confess
11. Souverian
12. On Ho !

Pour plus d’infos : http://www.andrewbird.net

 

Tryo

Climat tropical à l’AB. Tryo est passé par là…

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Salle comble à l’Ancienne Belgique ce mercredi 12 novembre. Tryo, groupe français engagé et véritable phénomène auprès d’une génération entière de jeunes en quête d’une musique épurée, rythmée, et profondément militante est de retour ! Les murs de la salle ont vibré au son des six hommes de scène. Les quatre membres du groupe, accompagnés pur la tournée d’un violoncelliste (Fred Deville) et d’un percussionniste (Pablo Mendez), ont rencontré un franc succès auprès du public belge venu en masse pour écouter leur dernier album « Ce que l’On Sème ».

En première partie, Bensé. Nouveau venu sur la scène française. Un séducteur entouré de quatre musiciens. Il charme nos âmes en racontant des histoires de vie tantôt joyeuses, tantôt cyniques… L’accueil du public à son égard est plutôt encourageant. Après un bref set de trente minutes, Bensé nous salue et quitte la scène. Il reviendra nous voir, c’est certain (le 14/11 au Bota) !

Le public les acclamait ; et c’est par une chanson de leur dernier album qu’ils ouvrent le bal. Suivie de « G8 », une incontournable de l’album « Grain de Sable ». Dès les premières notes, la fureur de la foule semble étonner nos musiciens ; mais ils se délectent de l’énergie libérée par cette ferveur. Christophe Mali clamera même qu’on pourrait transformer toute cette euphorie en une ‘Tryouze’ géante.

Sans aucun doute, Tryo n’a plus à faire ses preuves ! Le groupe est adopté et chéri par ces auditeurs qui connaissent les paroles sur le bout des doigts. Tout autour de moi, on chante, on sourit, on est heureux. J’ignorais la popularité et le franc succès que rencontre Tryo. Plus de dix ans de carrière, quatre albums studio et des centaines de dates. Du reggae métissé à des musiques d’ici et ailleurs ; des sons parfois plus indiens ou carrément brésiliens pour quelques plages du dernier album. « Marcher Droit » est par contre la seule compo plus rock répertoire de cette prestation. On s’y donne à cœur joie, et les cordes vocales vibrent à l’unisson : « Pompafric », « Désolé pour Hier Soir », Jocelyne… ! Même les deux percussionnistes nous font une démonstration ‘solo’ des plus détonantes.

Ca swingue, ça fait même réfléchir. Des sonorités pourtant toujours semblables… même si les morceaux se distinguent tous, les uns des autres ; dans l’ensemble, il faut admettre que le tempo ne varie guère et est même susceptible, à la longue, de lasser. Heureusement, l’échange du groupe avec son public rythme le concert et ajoute une chaleur humaine très forte.

Sous les ovations de cet impressionnant rassemblement, nos militants tirent leur révérence sur « L’hymne de nos Campagnes », single le plus notoire du groupe. Une dédicace particulière à Greenpeace qui partage la tournée avec eux. L’engagement ne se limite pas qu’aux textes. Non ! Tryo, c’est conséquent de la plume au support CD, fabriqué à l’aide de matériaux qui respectent la terre. Si vous les avez manqués cette fois-ci, soyez rassurés, ils reviendront le 13 mai 2009 à Forest National.

Organisation : AJA concerts 

 

Luka Bloom

Amour, folk et petites fleurs des champs

Écrit par

Un mardi soir sur la terre. Un soir d’automne. Les feuilles des arbres jonchent le sol ou dansent dans les airs à la moindre bourrasque. Ce mardi dernier, jour férié de surcroit, était d’un calme olympien. Le Botanique accueillait pourtant –en toute discrétion– Luka Bloom, un pilier en matière de chanson folk.

Calmement, le public averti s’est installé dans la salle de l’Orangerie… Pour attendrir et faire patienter ses fidèles, Luka avait choisi Ma Rain en première partie. Une Hollandaise à la voix douce et chaude qui a donné les premières tonalités folk de la soirée.

20h52. Luka Bloom nous rejoint. Sur scène, deux guitares ; et pour décor, un bouquet de marguerites (qui a fini dans les mains d’une fan irlandaise un peu plus tard). Ces premiers morceaux seront d’une extrême mélancolie. Il le dira d’ailleurs lui-même : ‘Vive la sérénité’ ! On ressent le vécu et l’expérience de l’artiste… Tranquillement et sans se presser, il pose sa voix, prend ses repères et sonde le public en l’invitant, dès la troisième chanson, à l’accompagner pour « Tribe ». Après cette mise en bouche, le plat de consistance : son dernier album « Eleven Songs ». En fermant les yeux, on aurait pu s’imaginer dans un vieux chalet en bois, enveloppé d’une couverture, au coin du feu. Ambiance calfeutrée et cosy tout au long du concert.

On n’arrive pas, ‘par hasard’, pour écouter chanter cet homme aux racines irlandaises. L’auditoire présent le suit probablement depuis plusieurs années. Comme hypnotisé, il semble boire ses paroles, sans toutefois réelle profusion d’émotion… Assez étonnant. Je me suis demandée si à chaque concert folk/blues c’était aussi calme… On aurait dit une salle remplie d’amoureux et de romantiques en mal de chansons poétiques et câlines. Après réflexion, je pense que ce n’est pas uniquement le répertoire qui attire le public, c’est aussi l’homme en tant que tel. D’une humilité et d’un humour bien à lui. Sa voix et son jeu de guitare séduisent. Hommes et femmes sont conquis. Après avoir enchaîné tour à tour anciennes et nouvelles ballades, dont quelques classiques comme « City of Chicago » et « Gone To Pablo », il termine sa prestation par deux rappels.

Pendant presque 2 heures, il nous a bercés tendrement près d’une vingtaine de morceaux. Homme de cœur, Luka Bloom va même sceller sa présence par un titre évocateur : « Thank you For Bringing Me Here ».

Organisation Botanique

 

Snow Patrol

A Hundred Million Suns

Écrit par

Le succès foudroyant du single « Chasing Cars » et de « Eyes Open », l’ouvrage dont il est issu, a propulsé Snow Patrol dans les plus hautes sphères des charts. Cinq travaux auront été nécessaires à la formation pour se forger un petit nom au sein de la scène pop rock internationale. Produit par Jacknife Lee, « A Hundred Million Suns » ne risque pas de changer la donne. A l’instar de l’opus précédent, le nouveau recueil de Gary Lightbody et de ses camarades réunit une série d’hymnes taillés pour les stades et des tubes à la structure certes classique mais assurément radiogéniques (« Crack The Shutters », « Please Just Take These Photos From My Hands », « Disaster Button » ou encore le single porte-drapeau, « Take Back The City »).

Snow Patrol délaisse toutefois l’intensité qui caractérisait les tubesques « Run », « Chasing Cars » ou « Set The Fire To The Third Bar » au profit de morceaux majoritairement uptempo. Les morceaux les plus lents (« The Planets Bend Between Us », « Set Down Your Glass ») conservent un aspect agréable mais oublient d’émouvoir à la manière des deux œuvres précédentes. Même l’épique « The Lightning Strike », long de 16 minutes, ne contient aucune des armes nécessaires pour se mesurer à la beauté de l’énorme « Make This Go On Forever » (extrait de « Eyes Open »). Les Anglais privilégient ici leur recherche de nouveauté. Celle-ci s’exprime à travers l’expérimentation de nouvelles sonorités, comme illustré sur « Lifeboats », « If There’s A Rocket Tie Me To It », « Engines » ou le ravissant « The Golden Floor ». D’un point de vue général, la recette fonctionne toujours. Mais celle-ci pourrait éventuellement lasser, à long terme.

 

 

Pour voir le clip de "Take Back the  City" :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/snow%2Bpatrol%2Btake%2Bback/video/x78fad_snow-patrol-take-back-the-city_music

http://www.alloclips.com/video/Snow_Patrol/Take_Back_The_

http://fr.youtube.com/watch?v=lDGzB82bIZc

 

 

 

Soweto Gospel Choir

Live at the Nelson Mandela Theatre

Écrit par

Situé quelque peu à l’extérieur de Johannesbourg, en Afrique du Sud, le South Western Townschip est un ghetto historique de la révolte contre l’apartheid. Dans nos contrées, il est plus connu sous l’acronyme ‘Soweto’. La chorale qui en est issue, le Soweto Gospel Choir, interprète une majorité de titres traditionnels Zulu et Sotho, des chants classique de la tradition protestante (« Amazing Grace »), mais également une poignée de morceaux issus du répertoire populaire (Dylan et Bob Marley). Ce témoignage immortalise un concert accordé au Nelson Mandela Theatre de Johannesbourg. Il s’ouvre par des chorales africaines uniquement soutenues par des percussions. A mi-parcours, une formation pop traditionnelle prend le relais pour nous servir des standards du répertoire gospel, déjà entendus maintes fois. Une formule classique qui s’adresse surtout aux mordus du genre ; d’autant plus que les interprétations sont fort bien exécutées.

 

A Brand

Judas

Écrit par

Pur compromis à la belge, A Brand déroule 12 titres aussi électriques qu’électroniques, farfouillant dans les années 70, 80 et 90. Les Anversois lâchent ce bâtard enragé sur le dancefloor et à certains moments, quelque part entre le disco et le glamrock, la formule opère. Anarchique et batailleuse ; éclectique et efficace. Rien de véritablement indélébile ; demain c’est oublié. Mais aujourd’hui ça vivote, ça se nourrit sans trop de mal de guitares affolées empruntées aux Strokes, de synthés tout droit sortis de tubes disco et d’une voix glamour au timbre qui n’est pas sans rappeler un certain Tom Barman. Sans aucun doute, la recette séduit avec bien plus d’aisance en se limitant à un son disco vintage (« Bubbles ») plutôt qu’en l’affublant de riffs teenage fiévreux (« Time »). On restera aussi perplexe devant l’inclassable « Drop the messiah », à l’hymne reggae subitement supplanté par des guitares punk. La cohérence et les transitions ne sont à l’évidence pas la priorité. Et c’est peut-être du haut de cette nonchalante iconoclaste que résonnent le mieux les morceaux. Dans cette perspective, les refrains scandés avec entêtement pourront trouver à qui parler. « Judas » saisit l’opportunité, le départ imminent. Peu importe que ça dure, peu importe que ça reste en surface. Pourvu que ça soulève. Les trois guitares misent tout sur le rythme obsédant et l’envie instantanée de sortir d’ici maintenant, nu et déterminé. N’importe quoi mais que ça saute. Une formule sans surprises, dont les qualités sont les faiblesses. A avaler sans réfléchir sur une cuillère à café.

 

Ayo

Gravity At Last

Écrit par

Joy Olasunmibo Ogunmakin alias Ayo reprend sa baguette magique et se remet à envoûter son petit monde deux ans après « Joyful », sa première opération de séduction. Né d’un père nigérien et d’une mère roumaine, la jeune femme de 28 ans a transité de Londres à New-York en passant par Paris pour finir par désigner Hambourg comme ultime terre d’accueil. Rien de plus naturel pour elle que d’opter pour le métissage des genres. A l’attirail Soul, Pop et Reggae qui faisait la richesse de « Joyful », viennent s’ajouter des influences Blues et Folk. « Lonely », « Love And Hate », « Get Out Of My Way », « Sometimes » et « What’s This All About » sont autant de compositions au charme irrésistible, sur lesquels Ayo pose gracieusement sa voix. Prolongement naturel de « Joyful », « Gravity At Last » tient la mesure face à son prédécesseur. On peut éventuellement regretter un son un peu trop propret et des compos tellement gentillettes qu’elles tendent vers la guimauve. Mais si l’objectif de ce second ouvrage est de faire fondre les cœurs, il est atteint. Sans faire d’efforts.

 

Chris Duarte

Vantage point

Écrit par

Chris est âgé de 45 ans. Il est originaire de San Antonio, au Texas. Il joue sa musique depuis près de 30 ans. Il se fixe à Austin en 1979 et rejoint le groupe Mainstreet. En 81, les choses deviennent plus sérieuses, puisqu’il est engagé par Night Train, le groupe du chanteur/guitariste Bobby Mack. Il y sévira trois années. Enfin, en 86 il fonde sa propre formation : les Bad Boys. Il concocte ainsi son premier elpee ; même si entretemps, il cède le leadership à Junior Medlow, le chanteur du groupe mythique Cobras, un combo également issu d’Austin, au sein duquel militait Stevie Ray Vaughan. Depuis 1991, il drive son Chris Duarte Group. Sous ce patronyme, il a commis quelques solides opus dont "Texas Sugar/Strat Magik" en 94, "Tailspin headwhack" en 97, "Love is greater than me" en 2000 ainsi que le puissant "Romp" en 2003. L'an dernier, il a signé chez le label de Mike Varney, Blues Bureau International et lui a consacré "Velocity".

Pour ce nouvel album, il a choisi de continuer à faire confiance à la fée électricité. Sa section rythmique est constituée du bassiste Joseph Patrick Moore et du drummer Jeff Reilly. Varney se charge de la mise en forme. Savant dosage de funk, de blues, de jazz et de rock, épicé d’un soupçon de métal, son expression sonore est toujours aussi consistante et flamboyante. Parmi ses musiciens favoris, il cite Albert King, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, John McLaughlin et… John Coltrane. Pas trop difficile dès lors de situer son univers musical.

Dès l’entame de "The best I can do", Chris pousse sur le champignon. Une plage rock'n'roll très speedée au cours de laquelle la section rythmique soutient discrètement mais efficacement son leader. Blues rock shuffle à la texane, "Satisfy" emprunte une démarche nonchalante. Nous ne sommes d’ailleurs pas très loin des bayous de la Louisiane. Pour la circonstance, il s’inspire naturellement de son regretté concitoyen, Stevie Ray Vaughan. Plage instrumentale, "Slapstak" constitue un hymne à la guitare texane. L’esprit de Jimi Hendrix est ici bien présent, mais aussi et bien entendu de SRV. "More boogie" est un titre parfaitement adapté. Un boogie électrique radical qui lorgne sensiblement vers Michael Katon, l'homme de l'enfer du Michigan, artiste qui relève d’ailleurs du même label. L'empreinte de Varney est pourtant bien nette. Hanté par cette fureur infernale, ce boogie métallique emporte tout sur son passage! Nostalgiques, les fans du grand Vaughan risquent fort d’essuyer une larme en écoutant "Troubles on me", un blues lent caractérisé par ses questions rituelles échangées entre le chant et les cordes. A la limite, il aurait pu intituler cette compo, "Double troubles on me". La fête de la guitare se poursuit, mais évolue toujours à très haut niveau. Imprimé sur un tempo enlevé, "Let's have a party" est un véritable plaisir pour les oreilles. Alors que les trois musiciens reprennent le refrain, les sonorités de cordes se multiplient au cœur d’une véritable orgie du rythme. Il jouit d’une fameuse santé l'ami Chris! "The end of me and you" baigne au sein d’un climat Memphis R&B. Chris reproduit les riffs du grand Albert King. Et c’est un élève doué. Il est d’ailleurs passé au rang de maître compagnon. Et son savoir-faire est éloquent. Balisé par une rythmique entraînante, "Blow your mind" est un blues rocker à la mélodie accrocheuse. L’intro de "She don't live here anymore" rappelle inévitablement le "Voodoo Chile" du maître Hendrix, avant qu’un magistral changement de rythme survienne. Boulimique, Chris en profite pour libérer une avalanche de notes, glissant ainsi vers une forme de voyage psychédélique qu’il affectionne. Puisant et violent, "Babylon" pénètre dans la sphère rock. Chris y chante à la manière du Roger Daltrey ; et comme à la belle époque du Who! Une plage impressionnant ; mais on navigue ici bien loin du blues! L'album s’achève par "Woodpecker", un autre instrumental au cours duquel Chris s’autorise d’autres voies expérimentales. L’elpee recèle deux bonus tracks. Deux ‘extended tracks’. Tout d’abord le slow blues "Troubles on me". Soit plus de 12' de bonheur pour les adeptes du style. Et puis un "Blow your mind" dont le délire est poussé a son paroxysme.   

 

George Clinton

George Clinton and his Gangsters of Love

Écrit par
Le génie créateur du P-Funk traverse manifestement, pour l’instant, un gros passage à vide. Et ce nouvel opus, consacré aux thématiques de l’amour, en est une nouvelle démonstration. Pendant quinze morceaux (seulement  onze sont annoncés sur la pochette), il invite ses nombreux potes (Santana, RZA du Wu-Tang, Red Hot Chili Peppers, Sly Stone, El DeBarge) à venir s’ébrouer sur des classiques de la soul (Barry White, Curtis Mayfield), de vieilles scies des années 50 (« Sway », « Pledging My Love », « Let The Good Times Roll »), ainsi que quelques compos personnelles. Affirmer que ces exercices de style sont anecdotiques serait un doux euphémisme : les participants ont l’air fatigués (NDR : à moins qu’ils ne ’ennuient…), les instrumentations sont trop synthétiques et sonnent souvent toc. Et puis ces reprises n’apportent strictement rien aux originaux. Bref, on y ressent un cruel manque d’inspiration. Hormis le rap de RZA sur « Heaven », on a bien du mal à identifier quoi que ce soit susceptible de tirer l’auditeur de la lassitude profonde provoquée par l’écoute de ce disque. Vu les brillants états de service du papy P-Funk, cet elpee est tout simplement à négliger…

 

 

The Explorers Club

Freedom Wind

Écrit par

Amateurs d’originalité et d’innovations, passez votre tour. Par contre, les indécrottables nostalgiques de pop parfaite trouveront ici de quoi se réchauffer pour l’hiver. Hormis le titre maître qui lorgne assez curieusement vers John Lennon, « Freedom Wind » constitue un hommage plus qu’appuyé à la musique des Beach Boys … Tous les éléments sont présents pour rappeler les mythiques garçons de la plage : les harmonies vocales complexes, l’instrumentation riche, les ‘reverbs’ à l’ancienne et cette impression que l’été ne finira jamais. Pour mettre en valeur, ce qui finalement n’est qu’une vaine imitation, ces jeunes gens issus de Caroline du Sud sont parvenus à mettre du piment dans le pastiche ; notamment en pondant des excellents morceaux. Et je pense tout particulièrement à « Forever », « Don’t Forget The Sun », « If You Go », l’instrumental “Summer Air” ou encore « Last Kiss », des compos de toute bonne facture. Il y a bien le dispensable « Honey, I don’t know Why » ; mais dans l’ensemble, le reste de “Freedom Wind” tient plus ou moins bien la route. Bref, en prenant un peu de recul, il faut reconnaître que ce disque ne manque pas d’allure. Reste à savoir si la formation va envoyer un exemplaire à Brian Wilson…

 

The Fuzztones

Horny as hell

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Pour enregistrer son nouvel essai, Rudi Protrudi est parvenu à convaincre ‘Mad’ Mike de revenir frapper sur les fûts. Comme entre 1986 et 1992. Forgeant pour la circonstance une section d’enfer en compagnie du bassiste Screamin’ Bo Pille. En outre, le New-yorkais a bénéficié de la participation de backing vocals féminins et reçu la collaboration d’une section de cuivres. Des cuivres qui apportent une coloration r&b particulièrement chaleureuse, fiévreuse même, à la plupart des plages de l’elpee. Ajoutez-y la conjugaison cinglante entre les guitares de Protrudi et de Lenny Silver ; et puis bien sûr les claviers Hammond C3 subrepticement rognés par Lana Loveland. Il ne reste plus qu’à la voix vitale et énergétique de Rudi à faire le reste. Et ma foi, le résultat est concluant. Enfin, si vous êtes un aficionado de garage inspiré par les sixties. Celui des Monkees, Dave Clark Five, Crying Shames ou encore des Sonics, pour être plus précis.

L’opus recèle de nouvelles versions d’anciennes compositions. Tout d’abord « Ward 81 ». Ensuite « She’s wicked ». « Cheyenne rider », également. Une adaptation très réussie d’un titre signé par Jordan Tarlow et Mike Czekaj, deux ex-membres des Fuzztones. Cette plage pourrait même figurer au répertoire des Fleshtones. Le disque épingle également toute une série de covers, dont le « Garden of my mind » de Mickey Finn, « Girl, you captivate me », un morceau signé DiFrancesco/Dischel popularisé par ? & The Mysterians, le « Be forewarned » de Pentagral » ainsi que le « 99th floor » de Billy F Gibbons. Issu de la plume d’un certain Ceynowa, « Black lightning light » baigne d’abord dans des sonorités de claviers ‘deepurpleliennes’ (NDR : pensez à « Child in time »). Et pourtant ce n’est pas Jon Lord qui siège derrière l’orgue. Avant de s’autoriser un petit trip dans la prog et de glisser finalement vers un r&b garage digne du Spencer Davis Group. Une compo de 7’43 ! Signalons encore la présence du bassiste et du chanteur des Pretty Things, Wally Waller (il partage les harmonies vocales) sur une cover des Pretties, « Alexander ». L’elpee recèle enfin un morceau absolument fantastique et irrésistible : « Third time’s the charm » (NDR : cette voix caverneuse de Protrudi ! Brrrrrr…) Et il n’est pas interdit de danser. Excellent !

 

Her Space Holiday

Xoxo panda and the new kid revival

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Avant de se lancer dans un projet électro en solitaire, Marc Bianchi a milité au sein de différentes formations. Hardcore notamment. Et en particulier chez Indian Summer et Mohinder. Nous sommes alors en 1996 et Her Space Holiday voit ainsi le jour. Bien que les premières démos ne soient pas destinées à être publiées, le groupe devient rapidement son projet principal.

« Xoxo Panda and the new kid revival » constitue déjà le sixième album de ce supposé complémentaire. Il marque un tournant dans sa discographie. C’est à une toute nouvelle face d’Her Space Holiday que Marc Bianchi nous expose cette fois. Alors que l’album précédent (l’excellent « The Young Machine », paru en 2006) tendait vers l’électro-pop, « Xoxo Panda… » réunit une collection de chanson indie pop-folk des plus classiques. La guitare a pris le dessus sur le labtop. D’une électro mélancolique, il est passé à une pop quasi ensoleillée.

La particularité et l’originalité marquante de ses précédentes sorties nous manquent un peu, pour la circonstance. La voix de Bianchi est loin de sortir de l’ordinaire mais la tristesse qui en ressortait auparavant était susceptible de toucher l’auditeur assez profondément. Ce n’est plus le cas sur ces nouvelles chansons de facture ordinaire. Le disque reste néanmoins agréable. Mais pourquoi ne pas se limiter à dix chansons ? La longueur du disque empêche de profiter des bonnes idées pourtant toujours présentes. Malgré ces quelques réserves, il serait inopportun de passer à côté du très beau « One for my soul (Good night) » clôturant l’album.

Espérons que cette escapade ne constitue qu’une parenthèse dans son œuvre, et que Bianchi nous reviendra bientôt flanqué d’un elpee digne de « The Young Machine » (NDR : un opus qui figure tout de même relativement haut dans ma discographie idéale personnelle…)

 

John Lee Hooker Jr

All odds against me

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Bluesman mythique, John Lee Hooker a eu un fils en 1954. Il lui a donné le même prénom. A cette époque, il vivait à Detroit. A 18 ans, Junior chante pour son paternel lors de l’enregistrement de “Live at Soledad Prison". Mais le fiston a vécu tous les excès d’un fils d'artiste : alcool, drogues, divorce, incarcérations, etc. Il faudra attendre le début de ce siècle pour le voir enfin reprendre une existence moins perturbée. En se décidant notamment d’entreprendre une tournée en compagnie de ses musiciens. Sa vie est bien loin d’être aussi dorée que celle de son père ; mais il fait ainsi son expérience. En 2004, il concocte son premier elpee. Un disque très autobiographique intitulé “Blues with a vengeance”. Il y reprend quelques canons de son vieux père. Ce qui lui permettra d’entrer dans les grâces de la presse spécialisée et de décrocher des nominations aux WC Handy et aux California Music awards. En 2006, il sort son second opus, “Cold as ice”, chez Telarc. Pour la circonstance, son blues est à la fois plus moderne et très personnel. Et pour cause, il patine son downhome blues originel de R&B, de jazz et de funk.

“All odds against me”, troisième opus de Junior, est découpé en 12 morceaux. Il ouvre cette œuvre par “Dear John”. Un blues au cours duquel, il récite un texte qui nous parle des difficultés rencontrées dans sa vie personnelle. Il a hérité de son père, une voix naturellement puissante. Les gènes ont manifestement parlé. La guitare de John Garcia J est très présente. Les affaires sérieuses commencent dès “Extramarital affair”. Une plage R&B, naturellement funky. La voix est autoritaire. Les cuivres apportent de l’épaisseur à l’ensemble. Naguère gratteur derrière John Lee Senior, Garcia se révèle décidément un expert aux cordes. Imprimé sur un tempo enlevé, mais sans excès, “One eye open” bénéficie d’une orchestration impeccable. Depuis le piano de Will Griffin à la guitare de Jeff Horan en passant par l’harmonica de David Barrett. Ravissant ! “I miss you so” emprunte un même rythme, mais est marqué par un retour des cuivres à l’avant-plan. Le relief et la coloration d’“I’ve got your back” relèvent plutôt du jazz. Le swing est délicat. L’ambiance cabaret. Les arrangements raffinés. La section de cuivres ‘Hot Sauce’ refait surface pour attaquer le solide R&B “Stressed out”. Au sommet de sa forme, Garcia se montre très inspiré. A la fin de sa vie, le vieux John Lee et Carlos Santana avaient collaboré à un projet de blues percussif d’excellent niveau. Junior réalise un travail assez similaire sur “There’s a struggle”, en compagnie de ses propres musiciens. Faut dire que Garcia est une fameuse pointure. John Lee chante “Old school”, une parenthèse downhome. Il est uniquement soutenu par la sèche de Jeff Horan. Cette voix est bien faite pour chanter le blues ; qu’il soit du XXIème siècle ou primitif. “Blues ain’t nothing but a pimp” est la plage la plus aboutie de l’album. Un R&B magistral tout en puissance et caractère. Des chœurs donnent la réplique à notre Hooker souverain tout au long du funk participatif “The people want a change”. D’excellente facture, cet opus s’achève par “That’be the blues”. Junior n’a pu s’empêcher d’opérer un dernier crochet via un des cabarets newyorkais, pour en humer l’atmosphère. Dans l’univers du blues, les fistons sont légion. A l’instar d’Elmore James Jr, Eddie Taylor Jr ou du rejeton de Muddy Maters, Big Bill Morganfield. John Lee Hooker Jr est cependant parvenu à se libérer du spectre de son paternel ; et cette initiative mérite d’être saluée.

Le disque recèle une séquence vidéo de “Blues ain’t nothing but a pimp”, un dessin animé, en noir et blanc, réalisé par le Français Laurent Mercier. Musicien la nuit, Junior y devient un super héros justicier le jour. Un excellent album !

Mr. Scruff

Ninja Tuna

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Fier poulain de l’écurie Ninja Tune, Andy Carthy alias Mr. Scruff publie… « Ninja Tuna ». Une sortie qui intervient six ans après « Trouser Jazz », son excellent quatrième opus, et quelques mois après avoir confié au micro de Gilles Peterson, sa volonté de ne rien publier dans l’immédiat ! Investissant son éternel territoire Jazz, Mr. Scruff s’amuse à lui imposer une nouvelle fois des bidouillages Hip Hop, Funk et Soul brillamment exécutés. Le buveur de thé notoire laisse cette fois une grande place aux vocalises non samplées, élément trop rarement mis en évidence dans ses ouvrages précédents. Il s’est par ailleurs entouré de grosses pointures comme Roots Manuva, Alice Russell et Quantic ou encore de relatifs inconnus tels qu’Andreya Triana (un nom à retenir). Ces derniers apportent une touche personnelle à des morceaux déjà délirants et infectieux.

Le Mancunien ne néglige pas pour autant les compos instrumentales qu’il malmène ingénieusement en nappant les envolées acid jazz d’une bonne mesure d’electronica (« Hairy Bumpercress », « Bang The Floor »), de disco (« Get On Down ») et des styles mentionnés plus haut (« Give Up To Get », « Test The Sound »). L’œuvre s’achève par un « Stockport Carnival » aux influences latines illustrant parfaitement la versatilité de Mr. Scruff. Etonnamment cohérent, « Ninja Tuna » est assurément l’une des bonnes surprises de l’année.

 

O’Death

Broken hymns, limbs and skin

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En novembre 2007, la fiancée de Rogers-Berry succombe à une rupture d’anévrisme. David Rogers-Berry est le drummer de la formation new-yorkaise. Le combo accuse le coup face à cette tragédie et annule toute la tournée mondiale qui venait d’être programmée. Le groupe projette cependant de continuer son aventure ; mais lorsqu’il entre en studio pour enregistrer son troisième opus, l’ambiance est plutôt plombée. Ce qui explique sans doute la nature des lyrics. Déjà qu’ils ne respiraient pas la joie de vivre, mais vu les circonstances, ils se révèlent davantage torturés, sombres, parfois même macabres. Et inévitablement, une compo rend hommage à la jeune défunte, « A light that does not dim », une compo qui relate la chaleur et la lumière qu’elle a pu apporter dans sa vie. Les autres plages traitent du meurtre, de fantômes ou encore des religions ancestrales, des chansons gorgées de désespoir et de colère qu’interprète d’une voix gémissante, nasillarde, Greg Jamie, une voix dont le timbre oscille quelque part entre Danielson, Neil Young et Tom Waits.

O’Death pratique une forme de country folk gothique. Appalachien et bluegrass, très souvent. Gitan et circonstanciellement jazzyfiant, également. A cause du violon grinçant ou swinguant de Bob Pycior. Insolite aussi. Pas à cause de la présence d’un banjo ou d’un ukulélé, mais des percus. Une véritable quincaillerie. La plupart des titres évoluent cependant sur un tempo frénétique. Punk même. Susceptible de changer de rythme au sein d’une même composition. Dans un style qui peut rappeler Gogol Bordello. Voire même les Pogues. On a même droit à quelques chœurs gospel. A de la valse aussi. Et puis à un séjour dans l’univers du cabaret. Il y a bien une ballade (« Angeline »), et puis quelques plages dont l’intro s’ébroue tout en douceur. Avant d’embrasser progressivement et systématiquement une perspective vivace et nerveuse. Et puis une polka instrumentale (« Leininger »). Mais dans l’ensemble, c’est la frénésie qui domine le climat de ce « Broken hymns, limbs and skin », une exaltation qui mériterait certainement d’être vécue en ‘live’…

Roots Manuva

Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

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C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB

GZA

Des lames liquides, précises et aiguisées

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C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Organisation AB 

 

Pour The Prodigy, les envahisseurs doivent mourir…

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Le nouvel opus de The Prodigy est prévu pour le 2 mars. Il s’intitulera « Invaders must die ». Dans la foulée, la formation partira en tournée. Découpé en 11 morceaux, il s’agit de leur cinquième elpee. Il fait suite à “Always Outnumbered, Never Outgunned », paru en 2004.

 

Tracklisting

1. Invaders Must Die
2. Omen
3. Thunder
4. Colours
5. Take Me To The Hospital
6. Warrior's Dance
7. Run With The Wolves
8. Omen Reprise
9. World’s On Fire
10. Piranha
11. Stand Up


Pour plus d’infos : http://www.theprodigy.com et http://www.myspace.com/theprodigy