Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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The Mirror Conspiracy

Live at Lantaren/Venster

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Enregistré en concert dans un club de Rotterdam, cet Ep cinq titres, majoritairement instrumental, témoigne des premiers pas d’une formation composée de vétérans du post-rock hollandais des années 90. Les longues plages instrumentales trahissent les racines post-rock des cinq gaillards mais témoignent aussi d’un amour certain pour le jazz rock des années 70 et les incursions contemporaines d’Erik Truffaz. Des synthés baroques, des guitares wah-wah, des touches de violons s’articulent autour d’improvisations ‘modales’ (basées sur un thème mélodique unique) pas toujours inspirées. On est proche des ambiances de l’album « Bitches Brew » de Miles Davis (en beaucoup mois bien, évidemment), à la différence près que les thèmes mélodiques de The Mirror Conspiracy sont ancrés dans le rock et non dans le jazz. Autre différence fondamentale : ces cinq titres manquent singulièrement de magie. Les impros fleurent un peu la musique de galerie commerçante et les thèmes manquent du souffle nécessaire pour qu’on se sente transporté dans un autre monde. Pour les amateurs du genre, donc ; et encore…

Misery Index

Traitors

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Votre serviteur a toujours été un adepte du bon death metal old school. De Morbid Angel à Obituary, de Carcass à Suffocation, de Mayhem à Immortal, dans un registre plus black, la surenchère de la brutalité métallique n’a jamais été un problème. Je confesse toutefois que mes chastes oreilles ont été peu réceptives à des formations telles que Napalm Death, Dying Fetus, Cannibal Corpse, et autres tueurs qui ont engendré la vague death/grindcore.

Misery Index appartient sans nul doute aux héritiers de ce courant, et doit autant à Brutal Truth qu’au combo punk hardcore Discharge, une référence en matière de rock violent. Misery Index possède le grand mérite de ne pas céder à la tentation d’exploiter les grands clichés du style, et n’est pas de ceux qui pratiquent la langue de bois. C’est bien d’un groupe engagé dont il est question. En bons visionnaires de la situation mondiale, Misery Index éructe sur les malversations des dirigeants d’une Amérique en pleine récession économique. Autant dire que les banques, les politiques, les religieux et les marchands d’armes en prennent pour leur grade, au fil des onze chapitres de cette œuvre âpre, dérangeante, robuste… Courses folles contre la vitesse, guitare outrancières et chant haineux pour un combo qui soigne, malgré tout, sa différence avec ses pairs. Car Misery Index possède un son bien à lui et nous offre des titres groovy et des riffs particulièrement bien soignés. Bien plus qu’une copie de Cannibal Corpse ou de Pig Destroyer, le bolide assène ses coups de massue avec panache, tout en bottant les fesses de ceux qui dirigent le monde. « Traitors » va enflammer les amateurs de death/grind à défaut de pulvériser la planète !

 

Rupa & The April Fishes

Extraordinary Rendition

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La chanteuse Rupa peut se vanter d’un parcours hors du commun. Fille d’Indiens installés à San Francisco, elle est retournée dans son Inde natale afin de poursuivre sa scolarité, avant d’atterrir dans le sud de la France, où elle est entrée en contact avec la culture Rom. Elle est revenue à San Francisco pour suivre des études de médecine et chanter dans les bars et cafés du coin. Accompagné des April Fishes, elle sort « Extraordinary Rendition », un elpee presque entièrement chanté dans un français un peu maladroit. Entre légèreté et gravité, cet album hésite entre ambiances manouches et bal musette. Et le tout est souligné par quelques touches de jazz enfumé ainsi que de folklore balkanique. Tirant un peu sur la longueur, cet opus uniforme souffre un peu des limitations vocales de Rupa et d’une inspiration mélodique pas toujours optimale. Tout n’est pas à jeter (« Une américaine à Paris »), mais ce disque est surtout réservé aux fans de musique acoustique festive et à ceux qui ne jurent que par l’exotisme un peu toc de Pink Martini.

The Skull Defekts

Blood Spirits And Drums Are Singing

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C’est en accusant un retard assez substantiel que ce « Blood Spirits And Drums Are Singing » est chroniqué. Une sacrée tranche de noise rock sans concession proposée par ce quatuor suédois. Les six longs titres de cet album rappellent pêle-mêle les stridences industrielles des premiers Einstürzende Neubauten, le hardcore expérimental des années 90 (Big Black, Jesus Lizard en moins drôle), les atmosphères paranoïaques et les rythmiques martiales des Swans. Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas ici d’un disque que vous pourrez passer dans n’importe quelle soirée, sauf si vous avez envie de casser l’ambiance ou de faire déguerpir vos invités… Blague à part, ce disque tribal séduira les fanas de ‘drones’ et d’expérimentations sonores bruitistes. Sombre et sans concession, à l’instar du très bon et dansant « Rythm Is The Key ».

Tahiti 80

Activity Center

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Après avoir tâté de la soul et du rhythm’ blues sur “Fosbury”, sous la houlette des Yankees de N.E.R.D., expérimenté l’une ou l’autre aventure en solitaire (Xavier sous le pseudo Axe Riverboy, Pedro au sein d’un projet électro-dub baptisé MaRadioStar et Médéric à travers un concept electro lo fi répondant au patronyme de Rainbow Dogs), Tahiti 80 a décidé d’en revenir à ses sources. C'est-à-dire à de la pop fondamentale et sophistiquée. Qui navigue aujourd’hui quelque part entre les Zombies et Nada Surf, sans les envolées de guitare. C’est d’ailleurs le groupe rouennais qui s’est chargé de la mise en forme des douze plages de l’opus. Un disque dont le titre est inspiré d’un jouet Fischer Price destiné à l’éveil du nourrisson. Les musiciens de la formation ont même expliqué qu’il recèle tellement de boutons et d’alternatives, qu’ils ont fait le rapprochement avec leur studio. Les harmonies vocales sont limpides, parfois même ‘brianwilsonesques’, les mélodies ensoleillées, contagieuses, rafraîchissantes, l’instrumentation impeccable, la production raffinée (il y a même quelques arrangements de cuivres sur le slow très sixties « Fire escape » ainsi que sur « Come around » et un zeste de clavier vintage épice « Unpredictable »). La plupart des compos sont allègres et vous donnent même envie de les fredonner sous la douche. Alors que manque-t-il (NDR : rien à voir avec le coureur cycliste français décédé en 1987) à Tahiti 80 pour faire la différence. Le succès. Et là, il n’y a que le public qui peut décider…

 

Emiliana Torrini

Me And Armini

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Résolument frais et bienveillant, « Me and Armini » glisse sur la peau. De sa voix douce, Emiliana Torrini caresse les pensées chiffonnées du matin. On ne s’en plaindra pas. On n’y cherchera pas non plus midi à quatorze heures. Ce troisième album de l’Islandaise s’écoule sans heurts comme sans véritable saillies. Bien moins torturées que Björk, son éternel terme de comparaison –même label, nationalité et timbre de voix– les narrations d’Emiliana ne tombent pas pour autant dans la monotonie. « Me and Armini » couve un improbable reggae lascif (dans la lignée de la reconversion de Sinead O’Connor) ; « Jungle drum » se laisse emporter par une  fraîcheur et franchise sans réserve. « Birds » achemine en acoustique les courbes de la mélancolie. Des tons changeants à l’image d’un passé métisse, comme dira en interview l’Italienne/Islandaise émigrée à Londres.

L’album délaisse ainsi les humeurs trip-hop de "Love in the Time of Science" (1999) et la candeur folk de « Fisherman’s woman » (2005) pour zigzaguer au travers d’un éclectisme assumé. Par-ci s’immiscent un pedalsteel, un glockenspiel, un mélodica. Par-là s’affolent des guitares sèches et un piano lascif. Mais c’est surtout  lorsque les morceaux outrepassent la ballade romantique que l’album prend son envol. Le relief grimpe surtout lors du fantastique « Heard it all before », où, sur une rythmique franche et des vocalises plus trempées –inévitablement comparables à Björk– Emiliana Torrini allie sensualité et détermination. Pourvu que ce filon soit mis à découvert pour un prochain album où la douceur s’enroberait davantage de tempérament.

 

Un double album pour An Pierlé

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Après 10 années de carrière, An Pierlé a décidé de compiler ses singles et des raretés sur un cd et quelques unes de ses prestations ‘live’ sur l’autre. Ces sets enregistrés en public ont été immortalisés à l’AB, au Mandarin-Casino de Hambourg et au petit cabaret/cirque d’hiver parisien Le Zèbre De Belleville. Intitulé « Singles & Rarities », ce double elpee paraîtra ce 17 novembre.

Tracklist CD1 - Singles & Rarities:

1. Are Friends Electric (never released on an An Pierlé album)
2. Mud Stories
3. Tower (remix)
4. Anytime You Leave (new version)
5. As Sudden Tears Fall
6. Sing Song Sally (adult radio mix)
7. Here In The Woods (version with Mons Orchestra)
8. How Does It Feel
9. Jupiter (radio edit)
10. Mary’s Had A Baby (unreleased)
11. Need You Now (unreleased)
12. Eldorado (unreleased)

13. (Il est 5 heures) Paris s’éveille Ghosttrack…

Tracklist CD2 - Live:

1. Tenderness (AB)
2. Medusa (AB)
3. Mexico (AB)
4. The Days Of Pearly Spencer (AB)
5. Sorry (AB)
6. Many Roads (Hambourg)
7. How Does It Feel (Hambourg)
8. Helium Sunset (Hambourg)
9. Sing Song Sally (Hambourg)
10. Not The End (Hambourg)
11. Jupiter (Paris)
12. Good Year (Paris)
13. Snakesong (Paris)

14. Need You Now (Paris)
15. Mud Stories (Paris)

Pour plus d’infos : http://www.white-velvet.com

 

 

Et de neuf pour Animal Collective…

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Le neuvième opus d’Animal Collective paraîtra ce 20 janvier 2009. Il a été enregistré début 2008, aux studios Sweet Tea Recording à Oxford, dans le Mississippi, sous la houlette de l’ingénieur du son Ben Allen. Il s’intitulera « Merriweather Post Pavilion ». La formation se produira ce 17 janvier au Stuk à Louvain.

Tracklisting

1. In The Flowers
2. My Girls
3. Also Frightened
4. Summertime Clothes
5. Daily Routine
6. Bluish
7. Guys Eyes
8. Taste
9. Lion In A Coma
10. No More Runnin
11. Brothersport

Pour plus d’infos : http://www.myanimalhome.net

 

 

Lancement du Riffsclub !

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Le Riffsclub prend son envol à Mons et proposera une triple affiche.

C'est-à-dire :

(the)silentdays + Freaky Age le 13/11, à l'Auditorium Abel Dubois
isola + Mint le 14/11, à l'Auditorium Abel Dubois
Malibu Stacy (+support act) le 13/12, à la Chapelle, 5 rue des Telliers

 

Paul McCartney ressuscite The Fireman

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Paul McCartney a décidé de remonter son projet musical The Fireman. Il a rappelé ainsi son collaborateur Martin ‘Youth’ Glover, mieux connu pour avoir été le bassiste de Killing Joke et puis aussi comme producteur. Il s’agit du troisième projet en commun, les deux précédents, « Strawberries Oceans Ships Forest » et « Rushes » avaient vu le jour respectivement en 1993 et 1998. Si ce nouvel opus devrait à nouveau baigner dans la techno/ambient, il bénéficiera de parties vocales. Cependant, nous ne disposons encore d’aucune info relative aux noms de ces collaborateurs. C’est l’ex-Beatles qui a composé toutes les chansons.

Tracklisting

1. Nothing Too Much Just Out of Sight 
2. Two Magpies 
3. Sing the Changes 
4. Traveling Light 
5. Highway 
6. Light from Your Lighthouse 
7. Sun Is Shining 
8. Dance 'Til We're High 
9. Lifelong Passion 
10. Is This Love? 
11. Lovers in a Dream 
12. Universal Here, Everlasting Now 
13. Don't Stop Running 

Pour plus d’infos : http://www.thefiremanmusic.com

 

 

Tom Poisson riche à millions…

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Tom Poisson ressort son album « Riche à Millions ». Il est en tournée actuellement dans toute la France et donnera un concert événement à l’Alhambra le 12 décembre 2008  lors d’un spécial « Tom Poisson & friends » ; plusieurs invités donc, et beaucoup de surprises !

Pour voir le clip de « Mon amis sans voix » :
http://fr.youtube.com/watch?v=JL7f2IOwJdA
http://www.dailymotion.com/relevance/search/mon%2Bami%2Bsans%2Bvoix/video/x4f3w9_tom-poisson-mon-ami-sans-voix_music
http://www.wat.tv/video/tom-poisson-mon-ami-sans-voix-10jkz_iedf_.html
http://www.wideo.fr/video/iLyROoafYTN8.html

Pour plus d’infos : http://www.tompoisson.com et http://www.myspace.com/tompoisson

 

Trois sorties pour Coldplay

Écrit par

Coldplay sortira le 24 novembre un nouveau single, “Lost”, un Ep intitulé « Prospekt’s March » contenant des nouvelles compos et une édition spéciale de l’album « Viva La Vida ». Sur le single, figurera une version pour laquelle Jay-Z a participé.

Lost! (également disponible en téléchargement digital)

Lost!
Lost?
Lost@ (Live at United Centre, Chicago)
Lost+ (With Jay-Z)

Prospekt’s March Ep

Life in technicolor ii
Postcards from far away
Glass of water
Rainy day
Prospekt’s march/poppyfields
Lost+
Lovers in japan (Osaka sun mix)
Now my feet won’t touch the ground

Les morceaux de l’Ep figureront sur l’édition spéciale de “Viva La Vida”, intitulée “Viva La Vida Prospekt’s March Edition”.

Pour plus d’infos : http://www.coldplay.com

 

Dan the Automator produit le nouvel album d’Anaïs

Écrit par

C’est le 10 novembre que paraîtra le nouvel elpee d’Anaïs. Lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de toute une série d’invités ; et notamment l’ex-Faith No More Mike Patton, Damon Albarn, Prince Paul, Franz Ferdinand, Chris Isaak et Pharell Williams. L’opus a été mis en forme par Dan The Automator dans les studios de Dan, à San Francisco.

Tracklisting

Le 1er Amour
I Love You (From The Amber Story)

Elle Me Plait
Malheureux
J'sais Pas
Moi Qui Croyais
Entre 2 Verres
Farniente
Peut-Etre Une Angine
Si J'avais Su Que Notre Amour
Je Voudrais Partir En Week End
Qui C'est La Fille Sur La Photo
Elle Sort Qu'avec Des Blacks/Ghost Song
Maybe Just a Flu (version anglaise)[Pre-Order Only]

Pour plus d’infos : http://anaisinyourface.free.fr

 

Un best of pour Tina Turner

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Un ‘best of’ de Tina Turner est dans les bacs depuis ce 20 octobre. Il n’intitule tout simplement « Tina » et recèle néanmoins deux nouvelles compos. Ce disque découpé en 18 plages est également disponible en version digitale. Il annonce une nouvelle tournée mondiale qui passera par Paris Bercy les 16 & 17 mars 2009. Elle se produira également quatre fois à Cologne, Londres, Manchester et Munich, trois fois à Hambourg et Anvers, deux fois à Vienne et Arnhem.

Tracklisting

Steamy Windows
River Deep Mountain High [version différente en digital]
Better Be Good To Me

The Acid Queen [version différente en digital]
What You Get Is What You See
What’s Love Got To Do With It
Private Dancer
We Don’t Need Another Hero (Thunderdome)
I Don’t Wanna Fight
Let’s Stay Together (live à Amsterdam, 1996) [inédit en CD]
I Can’t Stand The Rain (live à Amsterdam, 1996)
GoldenEye
Addicted To Love (live au Camden Palace, Londres, 1986)

The Best (live à la Wembley Arena, Londres, 2000) [inédit en CD]
Proud Mary (version 1993)
Nutbush City Limits

Bonus Tracks

It Would Be A Crime [nouvelle chanson exclusive]
I’m Ready [nouvelle chanson exclusive]

Pour plus d’infos sur sa tournée : http://tinaturnerlive.com

 

Arthur H

L’autodérision sous les étoiles

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C’est sous sa parure d’étoffe rouge, parsemée de 1000 étoiles, que l’ABBox recevait Arthur H, ce mardi 22 octobre 2008. Le début du set est prévu à 20h00. Pourtant, 10 minutes avant qu’il ne commence, le public est plutôt clairsemé. Et est composé en majeure partie de quadras ; les trentenaires reprenant pour la circonstance le rôle des ados… On croise de nombreux couples. Ils attendent, la main dans la main, la montée sur scène de ce clown chantant. L’ambiance est ‘love’. Le Français est venu défendre « L’Homme du Monde », son dernier album. Il s’agit ce soir, de la quatrième date de la tournée. Il y a donc fort à parier que le groupe n’a pas encore posé toutes ses marques et que le spectacle ne sera ainsi pas encore formaté. Le public est calme, un peu trop à mon goût. Je prépare mon carnet de notes en enfilant quelques décilitres d’houblon. La salle se remplit au compte-gouttes.

20h10. Sous un bruit de tonnerre, les musiciens prennent place. Le décor est composé de gratte-ciels éclairés. Le tout dans un ensemble chaotique à la Fritz Lang. Pensez à Métropolis. L’envolée des musiciens amplifie cette ambiance électrique. Ils déversent un brouhaha qui vous plombe littéralement, mais en même temps pousse le public à river les yeux vers le podium. Vêtu d’une veste dorée, Arthur H fait son entrée. Le micro à la main, il salue l’assemblée en entonnant « Candy Chérie ». Il enchaîne directement par « Radio City Light ». L’artiste semble avoir l’intention de se livrer corps et âme, ce soir. Il empoigne une guitare sèche et nous balance « L’Abondance », une ballade, ma foi, folk. Le public se réveille et frappe dans les mains. L’ambiance monte d’un cran. Sans doute rassuré par l’accueil que lui réserve l’audience, le Français marque une petite pause et laisse souffler ses musiciens. Jamais avare d’un bon mot, souvent teinté d’ironie, il déclare être content d’être venu se produire dans cette salle mythique qu’est l’AB. Que pour une fois, il ne devra pas jouer entre les plantes et les piranhas. Manifestement, il fait ici alors illusion au Botanique, où il a l’habitude d’établir ses quartiers bruxellois. Se moquant de la crise actuelle, il invite à oublier les milliards que l’on a tous perdu. Il entonne « Si tu m’aimes » et embraie par « Chercheur d’Or », que les spectateurs acclament chaleureusement. « Luna Park » et « Est-ce que tu m’aimes ? » marquent un retour au dernier album. Ce dernier morceau est interrompu par la claviériste, qui coiffée d’un chapeau de cowgirl, joue du lasso et s’assied sur un tabouret pour fredonner à la manière de Marylin Monroe, « The River of The no Return ». Arthur H, son bassiste et son batteur viennent poser des chœurs gospel. L’ambiance est bon-enfant. Personne sur les planches n’a l’air de se prendre au sérieux. Et le public est hilare. « Mon Nom est Kevin B » précède « Dance With Madonna ». Ce dernier morceau, le chanteur le présente en revenant sur les drames qui se jouent actuellement. S’offusquant avec un brin d’humour, de la Marseillaise sifflée récemment lors d’un match de foot, il relate aussi les problèmes de couple que Guy Ritchie et l’héroïne de cette dernière chanson, traversent. Après « The Goddes of Love & The Bizness Man », le combo marque une nouvelle pause en laissant seul sur scène Monsieur H. Il excuse cependant leur absence, prétendant qu’ils sont gênés : ‘Ils ont tellement honte que je me plante, qu’ils se sont cassés !!’ lance-t-il. Il éprouve, en effet, des difficultés à se souvenir des accords de « Le Nantais », qu’il finira par sublimer de sa voix rauque, sa marque de fabrique. Et dédie cette chanson feu sa Mamie, qui habitait Liège. La formation est à nouveau au poste pour attaquer « La Naissance d’un Soleil » et «  Ma Dernière Nuit à New York City ». Replantage de l’artiste sur l’intro d’« Adieu Goodbye ». Il faut avouer qu’il n’a plus trop l’habitude de servir d’une gratte, le bougre. Il a même privilégié le piano lors de la confection de son dernier opus. Mais les cordes vont vite plier sous le talent, et la mémoire de l’auteur va rapidement refaire surface. Pour un début de tournée, les erreurs sont rares. On sent une excellente homogénéité et une excellente entente entre les différents musiciens. On perçoit déjà la fin du concert, lorsque s’éclairent à nouveau, les rideaux pourpres de la salle. Des milliers d’étoiles scintillent et illuminent de leur poésie, le très touchant « Cosmonaute Père et Fils ». Il est 21h50, il y a déjà 100 minutes que le groupe joue. Il remercie les auditeurs et tire sa révérence.

Le public reste un peu sur sa faim et réclame un rappel, qu’il sait déjà acquis. Arthur H s’est changé avant de revenir saluer une dernière fois son auditoire. Il a revêtu les habits de Super H. En fait, hormis la lettre imprimée sur le torse, il a enfilé le même costume que celui de Superman. Le slip jaune est de rigueur. Au lieu d’accorder une dernière chanson, il a envie de jouer avec son public. A l’instar d’un comique du music-hall, il empoigne le micro et cherche à le faire réagir. En lui demandant de participer à un exercice de lazzis. De siffler la Marseillaise, tout en revenant sur l’ampleur que cet épisode a prise. Et les spectateurs jouent le jeu quand il entonne ‘Allons enfants de la patrie …’. La cacophonie est telle, qu’il demande de monter la puissance de son micro. A nouveau tout le monde se marre. Lui en premier. Afin de sortir dignement de scène comme il y est monté, le groupe offre une dernière bonne vieille chanson. « Cool Jazz » vient donc clore les festivités ; et c’est sous les applaudissements chaleureux, que les 5 artistes saluent pour de bon, leur public. Les lumières se rallument, les amoureux s’enlacent une dernière fois avant de penser à quitter la salle ; et moi je me grouille sinon je vais louper mon métro. Je me rends compte que je suis bien le seul à me dépêcher de quitter les lieux. Tout le monde en effet, semble vouloir prolonger un instant encore, ce fort sympathique moment que nous avons partagé. Dommage que le show n’ait pas attiré plus de foule. Il y aurait sans aucun doute eu, plus d’heureux dans la ville…

Organisation Live Nation 

Roubaix à l'accordéon 2008 : jeudi 21 octobre

Le festival ‘Roubaix à l’accordéon’ en est à sa douzième édition. Il accueille dans la rue, les bistrots ou en salle, de nombreux artistes et groupes de tous les styles, venus des quatre coins du monde. Un mélange des genres qui permet de retrouver à la même affiche Mano Solo, Juliette Greco, Juliette, Blankass ou encore Pigalle. C’est le cas cette année. Et Pigalle, formation punk mythique du début des années 80, se produisait ce jeudi 21 octobre en la salle Watremez…  

En première partie, Balbino Medellin a reçu un bon accueil du public ‘ch’ti’. Son premier album « Le soleil et l’ouvrier » lui a permis d’accomplir une tournée de plus de 80 dates, dont un détour par la Cave. Un concert dont les Roubaisiens semblent se souvenir. D’ailleurs les premiers rangs réunissent des aficionados qui reprennent les refrains en chœur. Ces mêmes fans associent ainsi ce concert à une double affiche. Il est vrai que ses textes de la vie de tous les jours, interprétés d’une voix si particulière, soutenus par la guitare et l’accordéon, sont très agréables à écouter. Et puis il y a le physique du chanteur : imaginez un hybride entre Mr Propre et un marin qui aurait échoué dans tous les ports du monde. Mais au fil du temps, le set finit par nous lasser ; et on décide d’aller prendre une bonne bière (belge) au bar.

Car on est venu pour Pigalle. Un groupe fondé en 1982 dans une cave du quartier du même nom. ‘Un quartier magique à l’époque. Au temps où le quartier était encore vivable…’ s’amuse à rappeler son fondateur François Hadji-Lazaro. Pour la reconnaissance du grand public, il faut attendre fin 1990, et la sortie de leur album « Regards affligés » ainsi que du single « « Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs » (dont le refrain reste ancré en tête, comme un paquebot bien amarré). C’était la grande époque du rock alternatif français, qui bousculait tous les genres. Tant musicalement, à travers un punk énergétique, souvent teinté de folk, que commercialement, vu leur méthode d’auto-distribution. Et leur label ‘Boucherie Production’ en est la plus belle illustration. Mais cet élan va s’essouffler fin des années 90.

10 ans plus tard, et après trois albums solos, François Hadji-Lazaro reprend la route flanqué de ses fidèles compagnons : J-P à la batterie, Boubouche à la basse ainsi que les deux François. Combarieu à la guitare et Benichou aux claviers ainsi qu’à l’accordéon (NDR : quelle polyvalence !) Une compile est également sortie entretemps : « Neuf et occasion ». Vu son titre, pas étonnant qu’il réunit vieux tubes, compos originales et collaborations diverses, comme celle apportée par Emily Loiseau.

Ce mardi 21 octobre, leur tournée passait donc par Roubaix, dans le cadre de la fête à l’accordéon. La salle joliment rénovée de Watremez n’est pas remplie ; mais il y a bien 500 personnes pour manifester leur enthousiasme. Comme souligné dans les comptes-rendus consacrés aux Charlatans et aux Cranes, deux formations qui ont également aussi connu leurs heures de gloire début des 90’s, l’audience est surtout composée de trentenaires voire de quadragénaires. Mais aussi éclectique. Punks, skins, altermondialistes et autres looks caractéristiques.

Le set commence tranquille. Pourtant, dès « Les lettres de l’autoroute » la foule se met à remuer et les premiers pogos se déclenchent. François Hadji-Lazaro passe aisément de la flûte traversière à l’accordéon, du banjo à la guitare ou au violon. Les titres mélancoliques et les morceaux plus festifs alternent. On comprend ainsi plus aisément la signification du titre de leur avant-dernier elpee, « Rire et pleurer ». Ce spectacle de deux petites heures est ponctué par la reprise du « Les Vieux à la poubelle » des Garçons Bouchers, puis un « La salle du bar tabac… » assez électrique, histoire de clôturer le show dans la bonne humeur. Avant que le groupe ne revienne une énième fois sur scène pour se lancer dans une version acoustique et plutôt expérimentale du même titre.

Après ce show, on aurait bien arrosé notre soirée de quelques bonnes bières (belges s’il vous plaît, Bavik et Petrus sur la carte). Mais le personnel préposé à la sécurité en a décidé autrement. Ca ne rigole pas en France ! Nous avons donc été priés de quitter la salle le plus rapidement possible. En emportant quand même le sentiment d’avoir vécu une chouette soirée, malgré tout.

Pigalle – Balbino Medellin

Organisation : La Cave aux Poètes

 

Within Temptation

Black Symphony (Dvd)

Écrit par

Quel bonheur ! De toute la vague des groupes ‘metal à chanteuses’, Within Temptation a toujours été, pour votre serviteur, le plus intègre, le plus prometteur aussi ; celui qui restera et qui réussira à se faire aimer par l’ensemble de la communauté metal. « Black Symphony », sorti en format double dvd et double cd, renforce encore la crédibilité du combo emmené par la charismatique Sharon Den Adel. Au-delà du metal, et tout simplement de la musique, la nouvelle œuvre apparaît tel un spectacle grandiose, une prestation majestueuse, un triomphe au romantisme gothique. Symphonique à la base, la musique de Within Temptation est magnifiée par la conjonction d’une vingtaine de choristes et d’un orchestre de soixante musiciens ! Le groupe s’est donné les moyens de ses ambitions et réussit haut la main là où d’autres ont échoué lamentablement. Il s’agit même ici probablement de la plus belle collaboration entre un groupe heavy et un orchestre classique.

La play list fait la part belle aux deux derniers efforts des Bataves, « The Heart of Everything » et « The Silent Force » ; mais lorsque le combo se lance dans les réinterprétations de son chef d’œuvre, « Mother Earth », on atteint les sommets de la grâce et de l’élégance qui caractérisent la musique des Hollandais. Lors de ce spectacle, enregistré et filmé au Ahoy de Rotterdam en février 2008, la jolie chanteuse est accompagnée par Keith Caputo, ex Life of Agony, sur le single « What have you Done », mais aussi par George Oosthoek d’Orphanage, responsable des parties de chant gutturales sur « The Other half of Me ». Mais le moment le plus émouvant du concert est sans nul doute le duo échangé en compagnie d’Anneke Van Giesbergen, ex The Gathering, sur un « Somewhere » transcendé par les deux plus belles voix féminines de la scène metal gothic. Deux heures qui passent à la vitesse de l’éclair ! Absolument imparable.

Lien Youtube : http://www.youtube.com/user/wtofficial?ob=4 

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D290909799%26id%3D290909775%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

Carolyn Wonderland

Miss Understood

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Originaire de Houston, cette Texane est particulièrement talentueuse. Non seulement elle compose et chante, mais joue aussi de la guitare, des claviers de la trompette, et parfois même de l'accordéon et de la mandoline. Elle compte déjà huit albums à son actif. Son blues est subtilement teinté tantôt de country, de swing, de zydeco, de surf, de gospel ou de soul. A ses débuts, elle militait au sein des Imperial Monkeys. Aujourd’hui, Carolyn dirige son propre groupe ; mais elle participe également à différents projets. Elle assure ainsi les vocaux au sein de la formation du guitariste Terry Lightfoot, Band of Wonder, est impliquée dans l’aventure d’un groupe féminin de southern rock répondant au patronyme de Sis Deville ainsi que dans celle de l’Austin Volunteer Orchestra. Son dernier album, "Blood less revolution", remonte à 2003.

Ce nouvel opus a été enregistré chez elle à Austin. Il est partagé entre compositions personnelles et reprises d'artistes qu'elle apprécie. La production a été assurée par Ray Benson, un personnage qui s’est forgé une solide réputation aux commandes de la formation de western swing, Asleep at the Wheel. Pour concocter cet elpee, Carolyn a reçu la participation de quelques amis ; mais elle est bien sûr épaulée par son fidèle line up. C’est-à-dire Cole El Saleh aux claviers, Jamie Oldaker aux drums, Glenn Fukunaga à la basse et le plus souvent, Lloyd Maines aux cordes.

Le disque s’ouvre par le titre maître. Une compo rythmée. Sa puissance vocale naturelle nous cueille littéralement à froid. Elle y démontre une grande habileté à pincer les cordes électriques. Et pour la circonstance sur une lap steel guitare horizontale, responsable de cris métalliques. Terri Hendrix –une concitoyenne– signe "I found the lions". Une chanson à la dimension R&B offensive, dansante et cuivrée. Ainsi que "Throw my love". Une excellente cover taillée pour notre Miss Wonderland. Elle y étale toute ses aptitudes musicales. Un sanglot étreint sa voix tout au long de "Bad girl blues", une ballade country empreinte de douceur, un morceau souligné par les remarquables interventions à la steel guitare de Lloyd Maines. Elle me rappelle aussi parfois la longiligne louisianaise Marcia Ball. Elle se rapproche même de son style sur "Walk on", une compo coécrite en compagnie de Ray Benson. Face aux chœurs, aux cuivres, et à l’harmonica de l'ami Guy Forsyth, elle crie sa rage de vivre. Elle souffle même dans une trompette et se joint aux saxophones de John Mills. Le "Still alive and well" de Rick Derringer" est saignant. Une reprise au cours de laquelle Carolyn affiche une dextérité étonnante sur les cordes amplifiées. Elle cosigne "Long way to go" avec Benson. Elle y opère un retour dans le far-West inondé de soleil. Tout au long de ce morceau de country, traversé par le violon de Jason Roberts d'Asleep at the Wheel, on imagine parcourir les plaines arides du Texas. Mais surtout on est ébloui par la pureté de sa voix. Ballade aux accents jazzyfiants, "I don't want to fall for you" libère un swing léger, tout en subtilité. Et David Sanger, encore un autre Asleep at the Wheel, préposé aux balais, n’y est pas étranger. Carolyne emprunte le style laidback de JJ Cale sur "Trouble in the city". Une version musclée et cuivrée, dynamisée par le piano roadhouse d'El Saleh et par une guitare bien vivace. "I live alone with someone" est un blues imprimé sur un tempo indolent, caressé par une voix confessionnelle, mais bigrement convaincant. Carolyne chante passionnément et rageusement "The farmer song", la plus jolie ballade de l’opus. Epaulée par les interventions au dobro de Cindy Cashdollar, une autre concitoyenne qui ne manque par de charme, elle y joue de la mandoline. Cette œuvre s’achève par "Feed me to the lions". Elle chante en s’accompagnant au piano. Une plage raffinée délicatement par un quatuor à cordes : les racines américaines rencontrent la musique de chambre. Saisissant et superbe à la fois !                                                                                 

                                                                            

AC/DC

Black Ice

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Enfin ! Après huit années d’attente interminables le grand ‘Rock n’ Roll Train’ est de nouveau sur les rails. AC/DC a donc pris tout son temps, mais l’engouement de ses fans ne semble pas avoir pris une ride. Ses concerts au Sportpaleis d’Anvers les 1er et 3 mars 2009 ont affiché complet en moins de 90 minutes, et les précommandes de « Black Ice » ont été trois fois supérieures à celles du dernier né de Metallica. C’est dire si le gang des frères Young a le vent en poupe.

« Black Ice », quinzième livraison du plus grand phénomène de toute l’histoire du hard rock, a bénéficié de la production léchée de Brendan O’Brien, réputé notamment pour son travail accompli auprès de pointures comme Pearl Jam ou Rage Against the Machine. Afin de ne pas déroger à la règle, l’enregistrement et le mixage ont été réalisés par Mike Fraser au Warehouse Studio de Vancouver. Inamovible, le rock d’AC/DC constitue une sorte de formule sacrée. Le combo n’a d’ailleurs jamais sorti de véritable mauvais album. Bien sûr, « Black Ice » est loin d’être aussi obsédant qu’un « Back in Black » ou un « Powerage ». Il n’en  possède ni la magie, ni ses hymnes incontournables. Mais comment résister au son unique des guitares des Young brothers, à la batterie linéaire mais implacable de Phil Rudd, à la basse vrombissante de Cliff William, aux refrains fédérateurs scandés par un Brian Johnson dont le timbre rocailleux demeure intact. Tout est réuni pour plaire aux fans. Et si le single « Rock n’roll Train » est l’unique titre susceptible de figurer sur un des 287 « Best of » qui sortiront dans les dix prochaines années, on retiendra quand même un « Big Jack » qui donne envie de taper du pied dès les premières mesures, un « Stormy may Day » surprenant, grâce à l’utilisation inattendue de la slide guitare, et une plage titulaire qui referme la plaque noire avec autant d’élégance. « Black Ice » n’est pas un grand album d’AC/DC, c’est un album d’AC/DC tout simplement. Bien sûr, difficile de nier qu’un certain Airbourne a dépassé son maître, en sortant, il y a quelques mois une plaque ressemblant furieusement à un « Highway to Hell II ». Il serait d’ailleurs suicidaire de la part de la bande à Angus d’engager ces jeunes compatriotes pour la grande tournée à venir…    

Lien Youtube : http://www.youtube.com/user/acdc?ob=1 

Blue Mountain

Midnight in Mississippi

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Blue Mountain est devenu une véritable légende chez lui. A Oxford, dans le Nord du Mississippi. Mais Blue Mountain c’est avant tout est le nom d'un patelin, situé entre la ville d'Oxford et le Tennessee tout proche, près de la Holly Springs National Forest. Ce groupe a vécu une première aventure entre 1991 et 2001. Et s’appuyait déjà sur le couple légitime Cary Hudson/Laurie Stirratt. Le premier est chanteur/guitariste. Sa charmante épouse bassiste. Elle est également la jumelle de John Stirratt, également bassiste, mais chez Wilco. A cette époque, Blue Mountain avait beaucoup tourné et enregistré pour le label Roadrunner. Et avant de se lancer dans ce projet, le couple avait sévi au sein des Hill Tops. Depuis l’été 2007, ils viennent donc de remettre le combo sur rails. Ils ont à nouveau fait appel au drummer Franck Coutch, qui les avait déjà épaulés pendant sept ans, lors de la première mouture du band. Réunissant de nouvelle compos, ce "Midnight in Mississippi" paraît au même moment qu’"Omnibus", un autre elpee qui rassemble de nouvelles versions d'anciennes chansons.

L'opus s’ouvre par "Groove me". Un titre de country/folk/pop empreint de charme, de douceur et surtout très accessible. Le groupe véhicule une étiquette alt country. Je ne vois pas trop ce qui est alternatif ici, tant leur sens mélodique est aiguisé et leur production léchée. Ou si vous préférez, tant ce type musical est susceptible de plaire à toutes les oreilles. Encore que côté lyrics, on y décèle d’évidentes références à la drogue. Ce qui explique sans doute pourquoi on les traite de marginaux… Leur country/rock me botte quand il évolue dans un registre proche des Byrds du début des 70’s. Lorsqu’ils étaient drivés par Jim McGuinn et Graham Parsons. Tonique, "She's a wild one" en est une belle illustration. Les échanges entre cordes acoustiques et électriques sont superbes. Tout comme sur "Free state of Jones", par ailleurs. L’opus recèle quelques compos sculptées dans des mélodies tendres, doucereuses, parfois un peu trop sucrées à mon goût. A l’instar de "Butterfly" ou encore "70's song", un morceau qui me rappelle furieusement une ballade de Joe Dassin. Par contre, dans le style, "Rainy day" est de toute beauté. Dommage que la formation ne laisse pas plus souvent éclater sa réserve, se contentant trop souvent de laisser les portes entrouvertes. C’est d’ailleurs un dessein que je leur souhaite, afin que le band puisse véritablement se réaliser. Et il le démontre sur le très percutant "Midnight in Mississippi". La voix est beaucoup plus rageuse. Le timbre me rappelle même Bob Dylan. Les petites interventions à l’harmonica aussi. Cette manière paresseuse de chanter colle bien au style de Hudson. Et on en a une nouvelle illustration sur "Emely smiles" ou encore "Pretty please", un morceau très riche, inflitré par des nappes d’orgue. Et comme nous sommes dans le Mississippi, le blues n'est jamais bien loin. "Gentle soul" trempe dans un frome de country laidback instituée par JJ Cale. Les parties de cordes en slide y sont fort intéressantes. Et le couple n'oublie pas de célébrer les dimanches soirs d'autrefois, quand ils partaient vers le juke joint de Junior Kimbrough à Chulahoma, écouter le Mississippi blues pur et dur de Junior et de R.L Burnside. Ce qui nous vaut en final, un "Skinny dipping" aux accents du Delta très métalliques…

 

Buffalo Killers

Let it ride

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Dans un magazine spécialisé, un journaliste a écrit que cette formation était à l'actuelle décade ce que Jesus & the Mary Chain était aux 80’s. Il n’a pas tout à fait tort. En fait, les Buffalo Killers (NDR : ils sont originaires de Cincinnati dans l’Ohio) puisent leur inspiration majeure dans une certaine musique des sixties. Les accents de leur musique sont manifestement psychédéliques, même si elle s’avère raisonnablement pop. Côté harmonies vocales, on ne peut s’empêcher de penser au Buffalo Springfield de Neil Young et Steve Stills. A moins que ce ne soit du Vanilla Fudge. Quant aux guitares largement amplifiées et déjantées, elles évoquent plutôt Steppenwolf voire Iron Butterfly. "Let it ride" constitue leur second elpee. Il a bénéficié du concours de Dan Auerbach, le chanteur/guitariste des Black Keys, à la production. Il fait suite à un opus éponyme. La force de frappe des Killers repose sur les frères Gabbard. Ils se partagent les vocaux. Zachary se réserve cependant la basse et Andrew, la guitare. Ils sont épaulés par le batteur Joseph Sebaali. Au cours de la première moitié de 2008, ils ont tourné en compagnie des Black Keys. Et cet automne leur nouveau périple leur permettra de jouer en supporting act des Black Crowes.

"Get together now today" nous replonge en effet très loin dans le passé. Au temps des trios post ‘summer of love’ responsables d’un hard rock dit progressif. La musique est très bien produite. La voix nonchalante est soutenue par des harmonies vocales réminiscentes du Buffalo Sprindfield. L’intensité instrumentale est très marquée. Blue Cheer est un combo qui avait fait un tabac en 68 (NDR : pour votre gouverne, sachez que ce band est toujours actif en 2008 !), lors de leur reprise du "Summertime blues" d'Eddie Cochran. Cette influence est manifeste sur "Let it ride". A cause de cette manière d'éructer les mots ; et puis de ces accords de guitares tourmentés et largement amplifiés. Couverts d’accents délicieusement pop, "Leave the sun behind" baigne au sein d’un climat beatlenesque, époque "Sgt Pepper". Les Buffalo Killers adorent restituer ces 'nuggets', des pop songs psychédéliques, délirantes, qui ont marqué le cœur des sixties. "If I get myself anywhere" en est une belle illustration. Tout comme "Give and give", une plage caractérisée par une grande richesse mélodique. Par contre, l’immersion dans le blues ne leur sied pas trop. Boogie rock, "On the prowl" est ainsi trop complaisant pour convaincre. Là où ils sont dans leur jus, c’est lorsqu’ils s’imprègnent de la folie du Blue Cheer. Ils le confirment une nouvelle fois sur "It's a shame" et "Take me back home". Luxuriant et puissant, mais toujours aussi pop et mélodique "Black paper" achève l’opus. Un titre dont l’approche est similaire à celle de Neil Young sur ses premiers albums.