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La vérité selon RORI

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Nneka

No longer at ease

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Nigérienne exilée en Allemagne, Nneka publie son second ouvrage, « No Longer At Ease », l’album de la révélation. Précédé par l’excellent single « Heartbeat », ce nouveau recueil est une introduction bien fournie (16 morceaux) à un univers mêlant sans complexe Hip Hop, Soul, Rock et l’Afrobeat à la Fela Kuti. Injustement comparée à Lauryn Hill, Nneka fait partie de ces artistes qui gravent leurs travaux d’une évidente passion ainsi que d’une certaine honnêteté. Et originalité, surtout ! Assurément, la jeune femme bouillonne d’inspiration. Elle étale celle-ci tout au long d’un recueil qui fait souvent mouche mais souffre également de ce foisonnement d’idées incontrôlées. Les principales faiblesses de « No Longer At Ease » sont en effet un manque de cohérence et une durée qui peut s’avérer contraignante. D’autant plus que quatre ou cinq extraits de l’ensemble auraient pu en être soustraits sans porter atteinte à l’âme de l’œuvre.

Nneka n’a cependant rien à envier à ses grandes sœurs américaines, Erykah Badù en tête. Car malgré ses longueurs, « No Longer At Ease » est un deuxième recueil fouillé, passionnel et résolument ancré dans les racines africaines de son interprète. Nneka Egbuna est un nom à retenir, si ce n’est déjà fait.

Roy Orbison

The best of the soul of rock and roll

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C’est à un tout grand artiste de l’histoire du rock’n roll qu’est consacrée cette compile. Né en 1936, Roy est décédé en 1988, terrassé par une crise cardiaque. A l’instar d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins ou Johnny Cash, il avait entamé sa carrière au cours des 50’s. Comme chanteur de rockabilly. Sa première chanson, « Ooby dooby », décroche un succès sur un label local. Et va lui permettre de signer chez Sun. Il obtient ainsi son premier tube international. Car des hits, Roy en a commis une bonne douzaine. De nombreuses ballades. « In dreams », par exemple, qui figure sur le disque. Un répertoire au sein duquel il pouvait mettre en exergue ses prouesses vocales. Il ne faut pas oublier que son registre lui permettait de chanter sur trois octaves. Sans oublier ses classiques comme « Mean woman blues », « Only the lonely » et bien sûr l’intemporel « Oh, pretty woman ». Orbison n’était ni un rebelle, ni un agitateur. Il était même gêné de son succès. Il avait alors décidé de ne plus se produire sur les planches ni d’enregistrer pour lui ; mais de composer pour d’autres artistes. Avant de se raviser. En 1965, suite à un accident stupide de motocyclette, son épouse perd la vie. Pire encore, en 1968, ses deux fils périssent dans l’incendie de sa maison. Il va alors vivre une longue traversée du désert. Ponctuée par une lourde opération du cœur, en 1978. Mais deux ans plus tard, il refait surface. Et en 1986, il est embarqué dans l’aventure des Travelling Wilburys, en compagnie de Bob Dylan, George Harrison, Jeff Lynne et Tom Petty. Un titre, « Not alone any more » épingle cet épisode. Le recueil recèle une rareté immortalisée ‘live’ : « (All I can do is) dream you » datant de 1987. Un morceau qui démontre qu’il n’avait pas besoin des artifices studio pour jouer en public. Décembre 1988, il décède donc inopinément alors qu’il venait d’achever un opus de nouvelles chansons. « Mystery girl » paraît le mois suivant et recèle le remarquable « You got it », signé par Jeff Lynne et Tom Petty. Trois ans plus tard, un opus posthume réunissant des maquettes sera publié « King of hearts ». Sur lequel figurent « Crying » (en duo avec kd Lang) et « I drove the night ». Et pour votre info, sachez que ce « The best of the soul of rock and roll » fait également l’objet d’un boxset réunissant 4 disques.

Sister Flo

The Healer

Écrit par

“The Healer” constitue le second opus de cette formation finnoise dont le patronyme (Sister Flo) s’inspire à a fois du joueur de football de leur pays (Tore André Flo), d’une chanson du Velvet Underground (« Sister Ray ») ainsi que d’une phrase extraite du « Queen Bitch » de Bowie (‘He's down on the street / And he's trying hard /to pull sister Flo’). Leur pop raffinée, hypersophistiquée, ensoleillée, est très susceptible d’évoquer tantôt Love, les Beach Boys, les Zombies voire Belle & Sebastian (NDR : qui a dit Laurent Voulzy ?) A cause des harmonies vocales limpides et particulièrement soignées. Maintenant, dans la construction des morceaux, filtre un aspect prog qu’on retrouvait chez Caravan à ses tous débuts. Ce n’est pas trop désagréable à écouter, d’autant que les mélodies sont plutôt bien ficelées (NDR : surtout l’excellent « Spirit of Christmas »), mais au fil de l’elpee, la lassitude commence à vous envahir et vous n’avez plus qu’une seule envie : passer au disque suivant...

The Streets

Everything is Borrowed

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Comment ne pas avoir un petit pincement au cœur en entamant l’écriture de cette chronique ? The Streets vient de décider d’achever son parcours en nous balançant leur dernier album. Autant l’annoncer d’entrée de jeu, et plomber l’ambiance directement. Les quelques martiens qui viendraient à  peine de découvrir l’univers de Mike Skinner sur ce quatrième album auront certainement moins de difficultés à s’en remettre que les fans de la première heure,… dont je fais partie. Enfer et damnation, ce trublion de Skinner a donc toujours un mauvais coup, à nous réserver, derrière la tête…

Il y a  8 ans que l’aventure à commencé. Après l’incroyable « Original Pirate Material », le magnifique « A Grand Don't Come for Free », le moins terrible «  The Hardest Way To Make An Easy Living », « Everything Is Borrowed » vient donc clôturer les festivités. Brillamment. Par cette dernière galette, Skinner nous fait comprendre qu’il a fait le tour des questions posées en compagnie de son groupe. Son univers indéfinissable, sis quelque part entre rap, electro et le garage –sa marque de fabrique– a vécu. Et comme tout bon fêtard qui se respecte, c’est sur un dernier coup de génie qu’il a décidé de se retirer.

« Everything Is Borrowed » est certainement l’album le plus abouti de l’artiste. Celui qui se détache radicalement des autres. Après avoir posé ses éternelles questions sur l’amour destructeur et projeté sa vision souvent acide de la société, Mike Skinner vient à présent nous parler de foi, de fin du monde, d’espoir et d’amour sincère. « Everything Is Borrowed » est aussi très loin des bidouillages musicaux des premiers elpees, mais il arrive tout du moins, à conserver ce cachet indélébile, cette odeur indécrottable de pub anglais. Skinner n’a pas perdu pour autant son accent Cockney à couper au couteau ni son humour grinçant. Il continue de manger ses phrases à moitié. Mais il s’ouvre à un monde empreint d’espoir. Caché derrière de véritables bijoux de composition comme « Everything is Borrowed », « The Escapist » ou « On The Edge Of A Cliff », les textes ont vite fait de nous toucher tant ils sont proches de notre quotidien. C’est donc le cœur chargé de nostalgie que l’on tournera la page de cet ultime opus ; mais Skinner déborde d’idées et de projets, tant musicaux que cinématographiques. Il est donc prévu de le revoir d’ici peu sous d’autres formes. The Streets est mort, vive The Streets ; car tout ne fait que commencer…

 

Alexander Tucker

Portal

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Il faut admettre que parfois certains disques vous passent au-dessus de la tête sans trop savoir pourquoi. En fin d’exercice, lorsqu’on a un peu de temps, on se met à réécouter le stock des indésirables et, on tombe parfois sur une perle. Comme cet album d’Alexander Tucker. Un type issu de Kent, en Grande-Bretagne. Un artiste qui a décidé de se lancer dans une carrière en solitaire depuis le début du XXIème siècle (NDR : auparavant, il a milité au sein de toute une série de groupes noisy, hardcore et même punk ; de quoi faire ses premières armes). Ce qui ne l’empêche pas d’opérer une multitude de collaborations. En compagnie de Stephen O'Malley de Sunn O))), par exemple. Ou encore de Daniel O'Sullivan et Dave Smith de Guapo. Et en analysant son parcours, on se rend compte qu’il n’en est pas à ses premières expérimentations du genre.

Mais venons-en à son quatrième opus solo, « Portal ». Un disque découpé en huit paysages sonores baignant au sein d’une forme de psychédélisme avant-gardiste déchiré entre folk, drone metal et electronica. Alexander y joue de la guitare acoustique (NDR : le plus souvent en fingerpicking !) et électrique (NDR : il doit disposer d’un éventail de pédales de distorsion plutôt impressionnant !), du banjo, de la mandoline, du violoncelle. Il y ajoute un tas de sonorités électroniques, dont des boucles. Et chante également. D’un timbre hanté, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Brian Eno. Bref, dans ce style qui puise autant chez Six Organs of Admittance, Jim O’Rourke, Stockhausen, Velvet Underground, Steve Reich que John Fahey, Tucker fait absolument merveille. Vivement conseillé !

 

War of Ages

Arise n’ Conquer

Écrit par

« Arise n’ Conquer » constitue la suite logique du furieux « Unite us All », paru en 2004. Un retour en force traduit par ce quatrième album tant attendu. Même s’il évolue dans le registre metalcore, le combo américain s’est toujours différencié de ses pairs par le côté captivant de ses œuvres, bourrées de puissance, mais aussi d’esprit ; tout en préservant de réelles mélodies. Intégrant certains éléments de death mélodique, on comprend pourquoi War of Ages a assuré les premières parties de formations comme Soilwork ou As I Lay Dying. Par ailleurs, ils ont également participé au célèbre festival itinérant ‘Persistance Tour’, aux côtés de Madball et de Sick of it All.

Le line up du combo réunit, à la base, les frères Alex et Leroy Hamp (respectivement batterie et chant). Les frangins se sont accoquinés à trois autres ‘brutes’ qui ne cachent pas leur attachement au christianisme. Cette nouvelle plaque est même accompagnée d’un verset biblique dédié au frère du guitariste Steve Brown, décédé inopinément. Le chant est puissant et rauque, typiquement hardcore ou évoquant Phil Anselmo époque Pantera, mais les riffs, loin d’être répétitifs, sont lourds et mélodiques. Parsemés de superbes soli, réverbérant un heavy metal plus classique, les 10 titres donnent cette impression de parfaite harmonie entre les musiciens. Les textes, inévitablement véhéments, ne sombrent pas dans les pires clichés du genre, même s’ils demeurent sans équivoque. On n’est pas loin du concept album en définitive.

Sur chaque fragment, un guerrier s’adresse à Dieu et communique ses doutes, sa détresse, ses états d’âmes face à une foi qu’il ne contrôle pas. L’ensemble fait mouche, pour peu qu’on fasse preuve d’ouverture d’esprit, car les adeptes de l’extrême risquent d’être déçus par cette œuvre qu’ils jugeront trop léchée. War of Ages s’adresse davantage aux amateurs d’In Flames ou de Bleeding Through qu’aux puristes du hardcore US. Du beau travail !

 

Yasushi Yoshida

Little Grace

Écrit par

Yasushi Yoshida nous vient du pays au soleil levant (NDR: fallait pas être devin pour s’en douter). D’Osaka, très exactement. Il est surtout connu pour avoir composé des bandes sonores destinées aux séries télévisées ("Walk Alone in Arktos", "Mr. Hyohichi Kohno Walked to the North Pole", etc.) et au théâtre. Mais c’est également un multi-instrumentiste, même si ses instruments de prédilection sont le piano et la guitare. Et un ingénieur du son qui s’intéresse autant à la musique classique, au jazz et à la world qu’à la musique électronique. Son précédent opus baignait d’ailleurs dans l’ambient. Pour cet elpee, on n’en est pas plus éloigné. Simple différence, si l’électronique est toujours  bien présente, les drums, la guitare, le violon, le violoncelle, la basse, la scie musicale, le saxophone et la clarinette sont également de la partie. Une constate : le piano trame toute l’œuvre. Le résultat embrasse un format post-classique qui pourrait servir de bande sonore pour un film mélancolique voire dramatique. Mais privé de tout support visuel, ce disque suscite rapidement l’ennui…

 

Blind Faith

Blind Faith

Écrit par

Universal a donc décidé de ressortir l’unique album de Blind Faith. Blind Faith était né de la rencontre entre Steve Winwood qui venait de quitter Traffic, Eric Clapton le dieu de la guitare et Ginger Baker, le virtuose des drums, tous deux ex-Cream, ainsi que l’ancien bassiste de Family, Rick Grech. Un quatuor alors annoncé comme le futur Supergroupe. Jimmy Miller, le producteur des Stones avait même été choisi pour mettre en forme leur premier opus. Qui ne va pas récolter le succès escompté. Pourtant, il recèle plusieurs morceaux absolument remarquables. Et je pense tout particulièrement à la cover du « Well all right » de Buddy Holy. Ou encore des superbes « Presence of the Lord » et « Can’t find my way home ». Finalement, c’est la pochette qui fera parler le plus parler d’elle. Affichant une jeune fille impubère au torse nu, elle sera interdite en Grande-Bretagne. Pourtant, les musiciens disposaient de tout le potentiel pour se forger une notoriété incontournable. Des instrumentistes exceptionnels, un chanteur (Steve Winwood) à la voix éthérée, belle et envoûtante. N’empêche si ce disque ne mérite pas de figurer parmi les albums culte, il demeure un classique que tout collectionneur doit posséder dans sa discothèque. Ah oui, j’allais oublier, l’elpee n’est ressorti qu’en vinyle. A low price. Mais le plus intéressant procède du coupon inséré dans la plaque qui vous permet de télécharger l’œuvre en MP3.

 

Les fantômes de MGMT !

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Alors que Soulwax remixait, il y a peu, « Kids » des Newyorkais de MGMT, un autre combo de la Grande Pomme, mais moins réputé que celui des frères Dewaele, s’attaquait lui aussi à l’un des titres du buzz de 2008. Holy Ghost !, duo ravageur signé sur l’écurie de James Murphy et Tim Goldsworthy, DFA, s’est emparé de « Of Moons Birds And Monsters » et l’a reconstruit dans un style disco psyché totalement irréprochable ! Le titre est disponible sur http://www.lastfm.fr

 

Veence Hanao

Les robots et les humains…

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Rencontre avec ce jeune emcee hyperactif dont le premier album officiel est paru après une multitude de passionnants projets underground encore téléchargeables gratuitement sur le net. Veence Hanao est passionné par les beats innovants de Madlib et du défunt Jay Dee mais aussi par des fines plumes de la chanson française comme Gainsbourg. Ce qui donne un mélange musical audacieux et prometteur qu’on vous enjoint à découvrir au plus vite !

Pour « Saint-Idesblad », tu t’es passé des beats de ton fidèle complice Noza. Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir assurer les parties musicales et les paroles ?

J’ai bossé pendant des années en compagnie de Noza ; et il y aura certainement encore d’autres projets en commun. Ce gars est super talentueux. Simplement, sur celui-ci, j’avais besoin d’être seul dans ma bulle, de m’évader quelque temps, et d’aller au fond de mon univers. Aussi bien pour le fond que pour la forme. Je pense que cette envie se ressent à l’écoute du disque. C’est une ‘tranche de vie’, témoignage plutôt très personnel, relativement ‘fermé’ en ce qui concerne les possibilités de conception. Quant à l’aspect purement pratique, la plupart l’ignore, mais il y a des années que je produis des sons (depuis mon premier groupe SLK). Par exemple : « Midi Pile » sur Autumn I, « Photo de classe » sur Autumn II, « Anal Sex » sur le projet de Claud’French… J’ai senti qu’il était temps que je le fasse.

« Manège » me fait un peu penser à « Where’s my Mind ? » des Pixies, c’est un hommage ou le pur hasard ?

Un pur hasard ! On me l’a fait remarquer à mon retour à Bruxelles, quand l’album était bouclé. Cette allusion ne m’inquiète pas. Au contraire, cette histoire me fait marrer. Puisqu’on m’a déjà posé la question, c’est bien ma voix, et pas un sample grossier. Par contre, le hasard fait bien les choses, si l’on observe que mon premier projet solo s’ouvrait sur un sample de Tyler Durden (du film « Fight Club ») et que « Where’s my Mind » des Pixies a été utilisé pour le climax de ce même film. Etrange…

Pour le clip de « Manège », on te voit déambuler à la Foire du Midi, comment s’est passé ce tournage ?

Très bien ! Et relativement à l’arrache, comme on aime. Toute l’équipe (Florent Sauze – Eve Duchemin) était sur la même longueur d’ondes. On voulait un clip ‘cinéma/docu humain’ dont le grain sente la vraie vie plutôt qu’un clip de ‘graphiste/studio’ trop parfait, tourné sur fond vert, comme beaucoup le sont aujourd’hui. On l’a tourné au feeling, freestyle, caméra épaule, let’s go. On a arpenté la Foire comme si on filmait un docu et ils ont pris les images que la vie nous donnait, plusieurs soirs d’affilée, dont la clôture, le dernier jour, afin de capter le départ des forains. On pensait qu’on nous ferait chier davantage, mais les gens ont été cool. Notre plus gros obstacle, finalement, aura été ma réticence à monter dans certaines machines infernales. J’ai un putain de vertige.

Comme pour le projet « Autmun », le jazz est omniprésent dans « St Idesbald ». Il contribue à l’atmosphère sombre et enfumée de l’album. Dans quels disques puises-tu la matière sonore ? D’où te vient la passion pour cette musique ?

Passionné, c’est un grand mot. J’écoute autant de jazz que de chanson française, de rap ou d’électro. C'est-à-dire en petite quantité (rires). En fait, j’ai un rapport bizarre à la musique. J’ai accroché au jazz et à la soul grâce à des sons Hip Hop signés Jay Dee, Pete Rock, Mos Def, Talib Kweli, Madlib ou même Oxmo, Rocé et consorts. C’est un domaine que j’explore depuis des années. En essayant de savoir ce qu’ils avaient samplé. Puis d’écouter un peu la racine, et au-delà, les grands noms qui m’avaient déjà, c’est vrai, un peu giflés (rires) ! C’est donc un contact indirect. A la base, je suis de formation classique. A 12 ans, stop, j’ai bouffé du Hit Box, comme tout le monde. Puis du rap, comme beaucoup. Puis toujours du rap, mais plus le même. Et ça m’a fait du bien d’écouter un autre genre de Hip Hop. Le jazz et la soul m’intriguent particulièrement, c’est vrai, car ils me renvoient des images, des ambiances, des sensations. Atmosphère sombre, mouais. Enfumée, à mort. Hallucinée, un peu. En quelques notes tu te retrouves dans un film. Le jazz, j’ai l’impression qu’il permet de pleurer en souriant. Ou l’inverse, je ne sais pas. Quant aux disques dans lesquels je puise, bah je fonctionne par heureux/malheureux hasard, m’aventurant dans des vieux bacs, soldes de braderies, brocantes et vieux greniers …

Le grand absent musical du disque, c’est le rock. C’est un genre qui te passionne peu ?

Il y a des choses énormes, mais dans le rock actuel, j’ai du mal, je ne sais pas. C’est peut-être parce qu’en Belgique, l’establishment culturel rock m’a saoulé. Mais j’écoute cependant certains trucs.

« Saint-Idesbald » est un disque où tu saccages et sabotes les formats ‘chanson’. Est-ce que tu as déjà essayé de démarcher les grosses radios de la bande FM pour obtenir quelques passages ? Quelles sont les réactions ?

Et dire que j’ai fait quelques efforts (rires). « Manège » et « Force et Honneur », non (rires) ? Non, sérieusement, il est trop tôt pour que je puisse répondre à cette question. Nous sommes occupés de négocier.

On sent un certain désabusement dans ce disque. Qu’est-ce qui t’inspire ce dépit ? La précarité à laquelle est (souvent) condamné un artiste en Belgique ou la ‘robotisation’ de la société, dont tu parles dans les « Robots » ?

Tout ! Oui, la robotisation, l’abrutissement, la culture imposée, nos références prises pour vérités, nos médias, le côté ‘carotte devant l’âne’, les œillères qui en découlent, la difficulté voire l’impossibilité de se soustraire à ce régime sans passer pour un branleur, un malade ou un danger… Les émissions « Next » ou « Parental Control » diffusées en journée devant des gosses qui n’ont pas nos grilles de lecture ; de quoi devenir crétins et on le cautionne. Le mec lucide en vient à se sentir anormal de n’être pas intéressé par la même chose que les autres, de ne pas vouloir une caisse, un écran de 3 mètres, une baraque, un jardin, un i-Pod… Paraît que j’suis un con parce que je ne veux rien foutre de mes journées sinon de la musique. ‘Je n’ai envie de rien, suis-je normal ?’ Je ne comprends pas pourquoi je devrais passer ma vie à la gagner. On la vit quand alors ? Mais la peur l’emporte. La notion de sécurité est bien ancrée. Salaire, pouvoir d’achat = outils de survie modernes. La peur de tout perdre. L’individu est vraiment un tube, cette fois. Bosser/acheter, gagner/jeter. Poursuivre un idéal vendu. Bouffer, chier. ‘On ne va pas refaire le monde’ ! Et tout paraît normal. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste : il n’y a plus rien ! En tous cas, pas de ce côté-là. Il reste des petits plaisirs du quotidien humain. Je pense qu’une discussion de comptoir vaut toujours mieux qu’un samedi devant Arthur. Rencontrer des gens, le dialogue, les barres de rire, les regards codés, décodés, pas ceux qui fuient en rue, les moments spontanés et privilégiés, les échappées, les filles, le cul, une bonne bouffe, la peau grillée sur du poulet, une Duvel (rires). Non mais c’est sérieux… Il reste l’humain derrière les machines. Dur à trouver, mais il doit être là quelque part.

Est-ce que la multiplication de projets dans le collectif d’artistes que vous formez (Festen, Autumn, Claud’French, Carl) ne crée pas une confusion dans l’esprit des gens qui essaient de vous suivre ?

Bah, au pire ils se disent que les différents projets sont issus de la même ‘famille’ ; mais je trouve que chacun d’entre eux est assez bien identifié et identifiable. C’est la raison pour laquelle on leur a attribué un nom différent. Jusqu’ici, iles étaient underground et touchaient des gens relativement initiés. Sans quoi ils n’auraient pas eu vent de nos activités. Sinon, ouais, faut un peu creuser (rires). C’est possible qu’il y ait une confusion, mais cette situation ne nous tracasse pas. On fait ce qu’on veut et ce qu’on aime, et je pense que les gens ne sont pas cons. D’ailleurs, il aurait été pire de tout regrouper sous une même appellation. Ici, chaque projet a son nom et sa couleur. A ce propos, en faisant abstraction de mon album, un nouveau verra le jour en 2009 : DAWNZONE (Teme Tan et moi-même). On finalise, c’est une méduse, c’est pour bientôt.

Vous n’avez jamais pensé à enregistrer un disque en impliquant tout le collectif, à la manière du Wu-Tang dans les années 90 ?

Je pense que cette idée nous a traversé l’esprit… mais elle n’a pas fait long feu (rires). Plus sérieusement, on aime bosser en binôme ou en trio, mais sinon, c’est trop compliqué. Nos personnalités sont trop complexes et trop chiantes.

Tu es un des rares Mc francophones belges à toucher d’autres personnes que le public hip hop de base. Baloji a pas mal puisé dans la soul et le funk pour pondre un disque très ambitieux et James Deano a privilégié l’humour. C’est quoi ta recette ?

Je ne sais pas. Il n’y a pas de calcul. Heureusement pour l’intégrité de ma démarche. Je n’ai pas cherché à quitter le rap –j’estime d’ailleurs que ce n’est pas le cas– pour un plus grand public. Simplement, je tiens à être fidèle à ce que je suis, sans démagogie, sans me plier aux modes et pressions de mes différents environnements. Résultat, je suis au carrefour de plusieurs intentions. Je veux pleurer et rire, faire du son et du texte, gueuler et chuchoter, parler de robots ou de sexe, que ma musique me fasse du bien, ne soit pas commandée, que mes textes soient des tranches de vie et qu’il se passe un échange.

A l’inverse, comment es-tu perçu dans les sphères de ce que tu appelles le ‘rap social’ ?

Ca dépend. Il y a des mecs fermés, et d’autres pas. J’ai d’excellents rapports avec certains groupes de la scène belge. Pour d’autres, par contre, je fais du rap institutionnalisé, bourgeois, récupéré. C’est leur avis. Qu’est ce que je peux y faire ? J’ai moins d’envie et d’énergie à leur donner pour m’expliquer ou les clasher qu’auparavant... Pour moi, ce sont les rappeurs clichés que je vois à la télé qui ont été récupérés. Pas moi. Les faux clashs, les fausses cailles, le rap français qui fait des pompes et qui roule en berline, ça, pour moi, c’est du rap récupéré qui surfe sur la vague ! Mais à l’époque, quand je parlais de ‘rap social’, et que je disais qu’il me saoulait, je parlais plutôt d’une sorte de rap pseudo militant pas mûr, bidon, sans revendications réelles. Celui qui pataugeait dans un amateurisme décrédibilisant pour tous ou d’un rap d’éducation permanente, où on fait croire tout et n’importe quoi à des gars qui rappent depuis 3 mois.  

Tu es accompagné par Teme Tan sur scène. C’est une formule que tu vas développer/élargir à d’autres musiciens pour cet album ?

C’est une question qui me saute à la gueule chaque matin quand je me réveille. Pour l’instant, la formule fonctionne très bien ainsi. Et j’ai du mal à me dire que j’arriverai à faire entrer quelqu’un d’autre dans la bulle de l’album… Pour l’instant, en tous cas.

Imagine qu’on te propose 1 featuring pour un artiste français. Tu ne peux en choisir qu’un. Qui choisis-tu entre Oxmo Puccino, Abd Al Malik et Rocé ?

Sans aucune hésitation, Oxmo Puccino. Il a bercé une période-clé de ma vie.

Tu vas tenter de faire sortir cet album en France ?

On a un peu démarché, mais je suis relativement hors format et apparemment ‘pas facile’. Et la musique, en France comme partout actuellement, fonctionne par étiquettes et par images. Si ça se passe bien en Belgique, oui, on essaiera d’aller plus loin. Mais chaque chose en son temps.

Quelles sont tes ambitions/objectifs pour cet album ?

Ce n’est pas très précis, mais on va s’investir à fond : le faire tourner un maximum, gagner en visibilité, aller plus loin que pour les précédents. Essayer, effectivement, de dépasser un peu nos limites, et accorder de bons concerts… La scène, c’est un des objectifs principaux.

Sur certains titres de « St Idesblad », tu es à la limite du chant. T’as jamais pensé à chanter sur tes disques et abandonner progressivement le rap ?

Une nouvelle fois, c’était totalement involontaire. L’adaptation s’est produite super naturellement, sans calcul. Arrêter le rap, ou choisir un camp, je ne prendrai jamais une telle décision. Ca sort comme ça sort. Effectivement, je me suis surpris, sur plusieurs morceaux, à pousser la chansonnette. Ca m’a plu. Hors de question de me mettre un filtre et des barrières. Donc on verra où cette évolution mènera.

 

Les ‘Tops’ 2008 de Muziczine

Écrit par

Vous trouverez ci-dessous les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce listing s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet. En attendant, toute l’équipe vous souhaite une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2009.

JoWell

Top 20 albums

1) Alain Bashung : Bleu Petrole
2) The Streets : Everything is Borrowed
3) Monkey : Journey To The West
4) Peter Björn & John : Seaside Rock
5) The Ruby Suns : Sea Lion
6) Departement Of Eagle : In Ear Park
7) The Week That Was : The Week That Was
8) Radiohead : In Rainbows (sorti le 31: 12: 07)
9) Jordan : Oh No ! We Are Dominos
10) Bloc Party : Intimacy
11) Vampire Weekend : Vampire Weekend
12) Portishead : Third
13) TV on the Radio : Dear Science
14) Rodolphe Burger : No Sport
15) The Delano Orchestra: A Little Girl, a Little Boy, and All the Snails They Have Drawn
16) Seabear : The Ghost That Carried us Away
17) Fujiya & Miyagi : Lightbulbs
18) Sebastien Tellier : Sexuality
19) Bowerbirds : Hymns for a Dark Horse

20) James Deano : Le Fils du Commissaire

Top 5 concerts

The Streets aux Halles de Schaerbeek
Alain Bashung à l’AB
Tracy Chapmann au Bozart
Midnight Juggernauts à l’Orangerie du Bota
Puppetmastaz dans le cadre des Nuits du Bota et aux Ardentes 

Sébastien Leclercq

Top 20 albums (International)

1) Amadou & Mariam : Welcome To Mali
2) Vic Chesnutt, Elf Power, The Amorphous Strums : Dark developments
3) Nick Cave And The Bad Seeds : Dig!!! Lazarus Dig!!!
4) Lykke Li : Youth novels
5) The Ting Tings : We started nothing
6) Kings of Leon:– Only by night
7) The Kills : Midnight Boom
8) Walls of Jericho : The american dream
9) Stanislas Renault : L’équilibre instable
10) The Mars Volta :The Bedlam in Goliath
11) Bénabar : Infréquentable
12) Neon Neon : Satinless style
13) Black kids : Party traumatic
14) Ryan Adams and the Cardinals : Cardinology
15) The Dirtbombs : We Have You Surrounded
16) TV on the Radio : Dear Science
17) Lambchop : Oh (Ohio)
18) A Silver Mount Zion : 13 Blues for Thirteen Moons
19)  Los Campesinos! : We are Beautiful, We Are Doomed
20)  Oasis : Dig out your soul

Top 5 albums (made in Belgium)

Monsieur & Madame (Marka-Bibot)
René Binamé : Le temps payé ne revient plus
Absynthe Minded : Introducing
Elvis Ghettoblaster : Love is a schizophrenic hungry monster
Black sheep : Première Conclusion

Top 5 concerts

Benjamin Biolay aux Francofolies de Spa
Siouxsie au V Festival de Chelmsford (UK)
Babyshambles à l’AB
The Pogues au Carling academy de Glasgow
Fujiya & Miyagi au festival de Dour

Antoine Verhoeven

Top 20 albums (sans ordre particulier)

Hercules And Love Affair : Hercules And Love Affair
Hot Chip : Made In The Dark
Syclops : I’ve Got My Eye On You
Free Blood : The Singles
YACHT : I Believe In You. Your Magic Is Real
Various Artists : Supersoul Recordings Presents Nobody Knows Anything
Various Artists : Notwave
Friendly Fires : Friendly Fires
Midnight Juggernauts : Dystopia
Carl Craig : Sessions
Elvis’ Ghettoblaster : Love Is A Schizophrenic Hungry Monster
Tetine : Let Your Xs Be Ys
TV On The Radio : Dear Science
Ladyhawke : Ladyhawke
Simian Mobile Disco :  Sample And Hold
The Roots : Rising Down
Fuck Buttons : Street Horrrsing
The Kills : Midnight Boom
Gang Gang Dance : Saint Dymphna
Pivot : O Soundtrack My Heart

Top 5 concerts

1) The Roots à l’AB
2) Alain Bashung au Cirque Royal
3) Midnight Juggernauts au Botanique
4) Hercules And Love Affair dans le cadre du Pukkelpop
5) Digitalism à l’AB

Enzo Porta

Top 20 albums (sans ordre particulier)

Herman Dune : Next Year in Zion
The Cool Kids : The Bake Sale
Al Green : Lay It Down
Mark Stewart : Edit

Nick Cave & The Bad Seeds : Dig !!! Lazarus, Dig !!!
Toumani Diabaté : The Mandé Variations
Eugene McGuinness : Eugene McGuinness
Orchestra Baobab : Made In Dakar
Vampire Weekend : Vampire Weekend
Public Enemy : How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ? ? ?
3MA : 3MA
The Apples In Stereo : Electronic Projects For Musicians
Benga : Diary Of An Afro Warrior
James Hunter : The Hard Way
Juana Molina : Un Dia
Madlib the Beat Konducta WLIB AM : King of the Wigflip
Roots Manuva : Slime and Reason
This Is The Kit : Krülle Bol
The Explorers : Club Freedom Wind
The Bug : London Zoo

Top 10 rééditions (sans ordre particulier)

Eddie Bo : In the Pocket with Eddie Bo
Mary Queenie Lyons : Soul Fever
Eccentric Soul : The Outskirts of Deep City
New Orleans Funk volume 2
Liquid Liquid : Slip In And Out Of Phenomenon
Fela Ransome Kuti : Lagos Baby 1963-1969
Tommy Tate : I’m So Satisfied - The Complete Ko Ko Recordings and more
The Ragga Twins : Ragga Twins Step Out
An England Story : The Culture of the MC in the UK 1984-2008
Johnny Osbourne : Truths and Rights

Top 5 Concerts (sans ordre particulier)

Black Lips à l’AB et au Trix
Puppetmastaz au Botanique
Young Marble Giants dans le cadre du festival factory
Roots Manuva à l’AB
Phoenix à l’AB

Stéphane Deroubaix

Top 20 albums

1) QNTAL : Translucida
2) Metallica : Death Magnetic
3) Opeth : Watershed
4) Kludde : In Den Vergetelheid
5) Lordi : Deadache
6) Volbeat : Guitar Gangster and Cadillac Blood
7) Tiamat : Amanethes
8) Def Leppard : Songs from the Sparkle Lounge
9) Ayreon : 01011001
10)  Rush : Snakes n’Arrows (live)
11)  Don Caballero : Punkgasm
12)  AC/DC : Black Ice
13)  Satyricon : The Age of Nero
14)  Alice Cooper : Along Came a Spider
15)  Airbourne : Running Wild
16)  Solenoid : Solenoid
17)  Emergency Gate : Rewake
18)  Danko Jones : Never too Loud
19)  Devian : God to the illfated
20) Virgin Black : Requiem-Fortissimo

Top 5 concerts

1) Qntal au 013 de Tilburg
2) Blue Oyster Cult au Zoetermeer
3) Opeth ) l’AB
4) Lizzy Borden au Frontline de Gand
5) Motorhead/Danko Jones au 013 de Tilburg

Taï

Top 20 albums

1) Vampire Weekend : Vampire Weekend
2) Fleet Foxes : He Doesn't Know Why
3) Get Well Soon : Rest Now Weary Head You Will Get Well Soon
4) MGMT : Oracular Spectacular
5) The Walkmen : You & Me
6) Calexico : Carried to dust
7) Bon Iver : For Emma, forever ago
8) The New Year : The New Year
9) Man Man : Rabbit Habbits
10) Vincent Delerm : Chansons
11) Bodies Of Water : A certain feeling
12) Why? : Alopecta
13) Wolf Parade : At Mount Zoomer
14) Mogwai:  The hawk is howling
15) Coldplay : Viva la vida
16) Jamie Lidell : Jim
17) Ruby Suns : Sea lion
18) Shearwater : Rook
19) Radiohead : In rainbows
20) Girls In Hawaii : Plan your escape

Top 5 concerts

1) Devotchka à l'AB
2) Micha P. Hinson au Bota
3) Vampire Weekend au Bota
4) Alela Diane à l'AB
5) Justice à l'AB

Redouane Sbaï

Top 20 albums

1) M83 : Saturdays=Youth
2) Bon Iver : For Emma, Forever Ago
3) The Rosebuds : Life Like
4) Gang Gang : Dance Saint Dymphna
5) French Kicks : Swimming
6) The Black Keys : Attack & Release

7) Dan Le Sac vs Scroobius : Pip Angles
8) Portishead : Third
9) Fleet Foxes Sun Giant EP + Fleet Foxes
10) Foals : Antidotes
11) Vampire Weekend : Vampire Weekend
12) Bohren & Der Club Of Gore : Dolores
13) MGMT : Oracular Spectacular
14) Fujiya & Miyagi : Lightbulbs
15) The Dodos : Visiter
16) Calexico : Carried To Dust
17) Crystal Castles : Crystal Castles
18) Elbow : The Seldom Seen Kid
19) Kanye West : 808’s & Heartbreak
20) Midnight Juggernauts : Dystopia

Top 10 concerts

1) !!! & Danton Eeprom dans le cadre duN.A.M.E. Festival
2) Bon Iver au Botanique
3) Pukkelpop 2008 (Fuck Buttons, The Dodos, Santogold, Hot Chip, Caribou, Holy Fuck et Dan le sac vs Scroobius Pip)
4) N*E*R*D* à l’AB
5) Dan le Sac vs Scroobius Pip à l’AB
6) Fleet Foxes à l’AB
7) Portishead à Forest National
8) Kanye West à Forest National
9) Digitalismà l’AB
10) Masaladosa à l’Atelier 210

Bernard Dagnies

Top 20 albums (International)

1) Okkervil River : The Stand Ins
2) The Fuzztones : Horny as hell
3) Nick Cave & the Bad Seeds : Dig!!! Lazarus dig!!!
4) dEUS : Vantage Point
5) Centro Matic/South San Gabriel : Dual hawks
6) Wovenhand : Ten stones
7) Elbow : The seldom seen kid
8) The Fleshtones : Take a good look
9) O’Death : Broken hymns, limbs and skin
10) Oasis : Dig out your soul
11) The Rascals : Rascalize
12) Beck : Modern guilt
13) Rykarda Parasol : Our hearts first meet
14) The Nits : Doing the dishes
15) Calexico : Carried to dust
16) Threatmantics : Upbeat love
17) Triggerfinger : What grabs ya?
18) The Kill Devil Hills : The drought
19) Mudhoney : The lucky ones
20) The Dodos : Visiter

Top 5 albums (made in Belgium)

1) dEUS : Vantage point
2) Triggerfinger : What grabs ya?
3) Girls In Hawaii : Plan your escape
4) Elvis Ghettoblaster : Love is a schizophrenic monster

5) Jeronimo : Mélodies démolies

Top 5 concerts

1) The Dodos au VK
2) Friendly Fires au Splendid (dans le cadre des Inrocks)
3) Willard Grant Conspiracy au Handelsbeurs
4) Morrissey à l’Aéronef
5) Mercury Rev à l’AB

Charlotte Plaideau

Top 20 albums

1) Department of Eagles : In Ear Park
2) Chad Van Gaalen : Soft airplanes
3) MGMT : Oracular Spectacular
4) Bon Iver : For Emma Forever Ago
5) The Dodos : Visiter
6) Fleet Foxes  : Fleet Foxes
7) Mugison : Mugiboogie
8) Portishead : Third
9) Black Mountain : In the Future
10) Peter Björn & John : Seaside Rock
11) The Last Shadow Puppets : The Age of Understatement
12) Vampire Weekend : Vampire Weekend
13) Fujiya and Miyagi : Lightbulbs
14) The Black Keys : Attack & Release
15) Isobel Campbell & Mark Lanegan : Sunday At Devil Dirt
16) Foals : Antidotes
17) Calexico : Carried to Dust
18) High Places : High Places
19) TV on The Radio : Dear Science
20) Hot Chip : Made In The Dark

 

Bernard Hulet (photographe)

Top 10 concerts

1) Queensryche à l'AB
2) Joe Jackson à l'AB
3) Metallica à Arras (Rock en France)
4) Baschung à l'AB
5) My Own Private Alaska à Tournai
6) Stray Cats à l'AB
7) Motorhead à l'AB
8) The Subways au Bota
9) Blood Red Shoes au Bota
10) The Kills à l'AB

 

 

 

 

 

Emergency Gate

Rewake

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, le combo teuton Emergency Gate entame sa treizième année d’existence, mais n’affiche que trois albums au compteur. En sortant cet encourageant « Rewake », 2009 s’annonce plutôt prometteur ces sept Germains colériques. Si leur disque précédent évoluait entre power metal et death mélodique, Rewake » emprunte un chemin fort semblable. Toutefois, les compos paraissent un peu plus abouties, plus fournies et ciblées. L’atmosphère constitue la base d’envol pour de multiples spirales mélodiques, tantôt teintées de Children of Bodom, tantôt dévoyées à des ambiances pas trop éloignées d’un Opeth contemporain. Certains refrains empruntent même des accents de rock classique, et on se réjouit des incursions au piano, à la guitare acoustique et de la présence de claviers finement utilisés, sans jamais tomber dans le piège du symphonisme. Caractérisée par une tonalité qui ne baigne que très rarement dans l’optimisme (le titre d’intro s’appelle « Double Suicide »), la plaque risque de faire le bonheur, tant des amateurs de death sophistiqué que des fanas de dark metal bien puissant. Une mention toute particulière au titre « Slave » dont le refrain entêtant s’imprime dans les neurones dès la première écoute, ainsi qu’à « Remains » qui offre des respirations acoustiques des plus intelligentes. Une plaque très agréable dans son ensemble pour peu qu’on ne soit pas rebuté par un death mélodique, mais néanmoins burné. Un combo à découvrir sur scène lors de la tournée à venir des fabuleux Kreator !

 

Raphael Saadiq

The Way I See It

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On connaît surtout Raphael Saadiq pour ses talents de producteur. Il suffit de citer quelques noms pour en être convaincus : The Roots, Roots Manuva, Jill Scott, D’Angelo… On s’arrêtera en chemin, car la liste n’est pas exhaustive. Ne se contentant pas d’être un multi-instrumentiste talentueux, notre homme est également doué au chant. Et il l’a déjà prouvé chez les défunts et très bons Lucy Pearl.

« The Way I See It » constitue son troisième album solo, un disque au cours duquel Raphael monte sans complexe dans le wagon de la soul ‘vintage’. Genre extrêmement populaire depuis l’explosion d’Amy Winehouse, la soul à l’ancienne a toujours compté ses fanatiques et dignes défenseurs, comme l’excellente et pas assez connue Sharon Jones. Un peu en retard donc, Raphael Saadiq se fend aussi d’un hommage appuyé aux grands maîtres de la soul des années soixante. Marvin Gaye et Curtis Mayfield sont les figures tutélaires, Motown la référence stylistique. Douze chansons énergiques et mélodiques, magnifiquement orchestrées et trempées dans le doo-wop. On y rencontre quelques invités de marque comme Stevie Wonder, Joss Stone et Jay Z, responsable d’un excellent rap sur « Oh Girl ». L’intervention de ce dernier s’avère d’ailleurs la seule touche ‘moderne’ sur « The Way I See It », car on a très souvent l’impression que l’elpee a été enregistré en 1966. Rien d’original donc, mais un pur plaisir d’écoute garanti. Les fans de soul à l’ancienne auraient tort de bouder leur plaisir…

 

U-Cef

Halalwood

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En observant l’image de l’artiste reproduite au recto de la pochette, on aurait pu craindre devoir se farcir une musique concoctée par un héritier de Khaled ou encore du pathétique petit prince du raï, Faudel. Heureusement, le Marocain d’origine ne s’est pas égaré dans cet univers stérile. Certes les influences raï sont présentes ; mais, à l’instar d’un Badmarsh & Shri ou encore de l’Indien State Of Bengal, U-Cef nous propose, tout au long de cet « Halalwood », une jungle sonore racée et fort intéressante. Véritable maître en son genre, ce Londonien d’adoption parvient à mettre en exergue une véritable panoplie d’instruments typiques issus du Maghreb sur un lit de beats électros. De quoi finalement embraser les dancefloors. Pourtant, habituellement, le résultat de ce type de fusion sombre dans la médiocrité. C’est donc une agréable surprise de constater que le raï électro n’est pas forcément de piètre qualité. Ce qui explique sans doute pourquoi cet artiste est respecté dans l’univers de l’électro world.

Pour enregistrer cet elpee, U-Cef a reçu la collaboration de grandes pointures. Et notamment UK Appache, Rachid Taha et le maître Damon Albarn. Sans oublier Steve Hillage et Miquette Giraudy de Mirror System pour « Hilal », une compo dont la rythmique mystérieuse est tramée par des derboukas. Et puis Natacha Atlas. Sur « Ouddamack ». Gamil Awad alias Gamal Al-Kurdi, musicien égyptien basé à Londres, signe ce morceau au cours duquel les sonorités synthétiques sont superbement orchestrées sur des beats dansants. Le leader de Blur a participé activement à la confection de « Stick ». Damon y pose sa voix, joue du mélodica, de la basse et y a ajouté de la guitare.

« Halalwood » réconciliera tous les détracteurs de ce style musical si décrié, au cours de ces deniers temps. Espérons même qu’U-Cef puisse incarner le renouveau de cette jungle world et susciter la vocation de nouveaux talents, capables de se montrer à la hauteur de leur sujet…

Ryan Adams

Cardinology

Écrit par

Entre 2003 et 2006, la discographie de Ryan Adams n’a cessé de gonfler. De l’affreux « Rock’n’Roll » au splendide « 29 », le compositeur en aura fait voir de toutes les couleurs à ses fans, révélant plusieurs facettes de sa drôle de personnalité. Après une petite année sans actualité, Adams publiait discrètement « Easy Tiger », à la rentrée 2007. Passée quasiment inaperçue, l’œuvre, pourtant d’assez bonne facture, annonçait un petit passage à vide que l’homme avait mis à profit pour se débarrasser de son amour pour la bouteille. Une désintox plus tard, il revient sur le devant de la scène accompagné pour la troisième fois par ses Cardinals, orchestre composé de Chris Feinstein, Jon Graboff, Brad Pemberton et, surtout, Neal Casal.

« Cardinology » fait donc suite au moyen « Cold Roses » et au bien supérieur « Jacksonville City Nights ». L’œuvre s’ouvre sous les meilleurs auspices. « Born Into A Light » dévoile un Ryan Adams posé et des Cardinals maîtrisant leur Americana à merveille. Trop beau pour être vrai. Suivi par les insipides « Go Easy » et « Fix It », le morceau d’ouverture n’est qu’un faux espoir. Le Californien s’enfonce dans une structure bien trop uniforme. Et les vocalises, calquées sur un certain Bono, confirment le râteau. Il réitère donc ce que les critiques lui reprochaient lors de la publication de « Rock’n’Roll ». Ici, l’obstination ne fonctionne pas et « Cardinology » perd rapidement tout son intérêt. Le résultat ? Une anecdote de plus dans la discographie du jeune homme.

 

Simon Bookish

Everything/Everything

Écrit par

Alias Simon Bookish (NDR : traduisez par studieux) Leo Chadburn est un type bizarre. Et pas seulement pour son apparence extérieure. Portant des vêtements aussi osés que ridicules, l’homme aime plaire par ses traits de nerd déluré. Pourtant, cet intello aux allures de dandy extravagant est loin d’être né de la dernière pluie. En fait, c’est un genre qu’il se donne ; et puis c’est surtout sa musique qui nous intéresse.

Bookish avait réalisé ses deux premiers albums à l’aide d’un ordinateur (« Unfair/Funfair » en 2006 et « Trainwreck/Raincheck » en 2007). Or, seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis ; et Simon a donc délaissé –à moitié– son pc pour concocter cet « Everything/Everything ». Cet aventurier a ainsi décidé de plonger des tas d’instruments conventionnels (saxophones, piano, farfisa et même des chœurs, mais pas de guitare) dans son univers électronique. Ces instruments entretiennent des ambiances déstructurées, complexes qui évoluent aux confins du jazz contemporain. Faut dire que les instruments à vent peuplent généreusement cette troisième galette.

Rien de bien percutant cependant sur cet « Everything/Everything », mais onze titres qui méritent une attention particulière. En fait, l’artiste a simplement cherché à réaliser une expérience dans l’univers de la pop. Mais si les idées sont bonnes et le talent incontestable, l’écoute de ce disque suscite rapidement l’ennui. En fait, après un titre, on a vite compris où, Simon voulait en venir. Et il est regrettable qu’il ne se soit pas davantage focalisé sur la diversification de l’instrumentation, afin de varier les tendances. On retiendra cependant son lyrisme réfléchi (NDR : cet opus conceptuel traite de la science et de l’information) et son chant maniéré (NDR : qui a dit pompeux ?), ainsi qu’une tendance à la dimension cabaret proche d’un Parenthetical Girls ; car l’artiste dont la musique peut paraître agaçante, est loin d’être un crétin.

 

The Bronx

The Bronx III

Écrit par

Bordé des trois côtés par les rivières Hudson, Harlem, Bronx et East River, le Bronx, quartier injustement qualifié de repères des gangs les plus dangereux, est l’unique borough de New York rattaché au continent américain. The Bronx, c’est aussi le nom d’un solide groupe punk qui, paradoxalement est originaire d’une région beaucoup plus assimilée au rêve américain : le Sud de la Californie. On se souvient d’un brillant album éponyme sorti en 2003 et de son successeur tout aussi jouissif paru trois ans plus tard. Pour ce troisième opus, le combo s’est acoquiné au producteur Dave Shiffman, coupable de l’excellente production d’œuvres signées The Mars Volta ou System of a Down. Toujours aussi influencé par le Black Flag de Rollins et Iggy n’ the Stooges, The Bronx s’immisce sans complexe dans la mouvance punk revival ‘Made in USA’ et n’a rien à craindre des Rancid et autres NOFX ou Pennywise. Matt Caughtran soigne tout particulièrement la qualité de son chant et de ses textes, empreints de multiples réflexions sur la société occidentale et ses carences. D’un point de vue plus strictement musical, The Bronx se distingue de cette nouvelle scène par cette rage authentique qui caractérise les onze plages de cette troisième livraison rugueuse et revendicatrice à souhait.

Nettement moins commercial que l’ensemble des groupes punk ‘à singles’, il se démarque aussi par cette fabuleuse rythmique gonflée au groove. Ce qui n’est pas particulièrement courant dans le style. Des titres comme « Knifeman », « Past Lives » et « Digital Leash » font mouche dès la première écoute. Bruyant, rapide et dynamique, tout en conservant une certaine approche du son minimaliste, ce troisième opus privilégie l’efficacité et met l’accent sur l’indifférence de la politique américaine face aux laissés pour compte. On n’est pas loin de l’esprit de Jello Biafra et de ses Dead Kennedys. Un bon album que les fans de metal apprécieront également à sa juste valeur.

Coralie Clement

Toystore

Écrit par

Lorsqu’on est la sœur d’un artiste notoire, il est parfois difficile de passer sous silence ce lien de parenté ; surtout dès que les projecteurs se focalisent sur soi. Et il est d’autant plus ardu d’y parvenir, quand le frère en question est responsable de la confection de quasi-totalité d’un album. En gros, on doit l’assumer, point barre. Coralie Clément semble très bien s’en accommoder et nous présente même, assez fièrement, le travail de fratrie opéré entre elle et Benjamin Biolay : « Toystore ». Je dois avouer qu’à premier abord, je n’étais pas très chaud d’en connaître le contenu. Les albums précédents de la belle n’avaient pas gravé dans ma mémoire, un souvenir impérissable. En outre, en y mettant la dose, Biolay m’avait complètement saoulé… 

In fine, après écoute, la galette passe mieux la rampe. Balayé de maracas et d’accords d’ukulélé, le premier bricolage familial se décline sous le titre de « L'effet Jokari ». Il plante le décor tout en douceur et fraîcheur. Comment ? En faisant vibrer ces objets aussi variés qu’amusants. Tout l’album s’enroule ensuite plus ou moins dans le même style. Autour du bâton, vient se coller des filaments de sucre, qui n’ont de cesse de prendre du volume au fur et à mesure des rotations. Que ce soit en anglais (« So Long Babyline, « Share The Day»), en italien (« Sono io »), en duo (« Je ne sens plus ton amour » partagé en compagnie de Daho et « Sono io », de Chia­ra Mas­troian­ni), chaque variante a son cachet. Elle apporte sa petite touche personnelle à cette barbe à papa de foire. Même la reprise de « La Reine des Pommes », que Lio chantait dans les années 80, en deviendrait presque savoureuse. Toujours sobre et charmant, « Toystore » embrasse un romantisme frais et réfléchi, en proposant des textes simples sur des compos enfantines. Pourquoi faire compliqué, quand on a tout pour faire simple ? Coralie Clément aurait-elle trouvé sa voie, et un univers qui lui convient ? Attention, en tout cas, de ne pas en abuser. Trop de sucre finit par écœurer…

 

Foo Fighters

Live at Wembley Stadium (Dvd)

Écrit par

Les 7 et 8 juin 2008, les Foo Fighters sont parvenus à remplir le pharaonique stade de Wembley. Un privilège qui n’est accordé qu’à des grosses pointures telles AC/DC ou Metallica dans le domaine du rock lourd. C’est dire si Dave Grohl devait baigner dans le bonheur lors de ces deux dates historiques accordées à son groupe ; car même quand il était batteur de Nirvana, il n’avait pas connu pareil triomphe au pays de Sa Majesté.

Appelé sobrement « Live at Wembley Stadium », ce set témoigne d’un set rondement mené, une prestation au cours de laquelle on ne s’ennuie jamais. Et tant la réalisation vidéo qu’audio confirme cette impression. Foo Fighters s’avère d’ailleurs beaucoup plus metal que sur CD. Au sommet de son art, il réussit à faire parler la poudre. Mais surtout à convaincre l’immense foule réunie à Wembley. Un pari qui n’était pas forcément gagné d’avance. La qualité des interprétations ne faiblit jamais durant les quatorze classiques interprétés ces soirs là. Nous revivons ainsi les grands moments de la discographie des Fighters. La puissance y est même décuplée. « The Pretender », « No Way Back », « Breakout », « Skin and Bones », « My Hero », « Everlong », “Cold Day in the Sun”, “Monkey Wrench”. Que du brut de décoffrage! Mais le comble de l’extase est atteint lorsque les deux Led Zeppelin, Jimmy Page et John Paul Jones, débarquent pour les rappels, sur l’immense scène dressée au centre du stade. « All My Life », « Rock n’ Roll » et « Ramble On ». On imagine l’émotion de l’ex Nirvana durant cette trop courte apparition de la paire Page/Jones plus enjouée et complice que jamais. Un très grand moment, heureusement immortalisé sur ce « Live at Wembley Stadium »…

 

Gangbe Brass Band

Assiko

Écrit par

« Assiko » constitue le troisième et excellent album de cette fanfare béninoise placée sous le signe du Ganbe, ‘le son du métal’ en fon. La musique du Ganbe Brass Band est le fruit de la fusion des rythmes traditionnels béninois aux éléments de jazz et de funk. Les composants folkloriques renvoient aux sonorités et rythmes du Nigéria, pays géographiquement proche. « Assiko » est un disque nerveux et mélodique, doté d’un énorme sens du groove et traversé par d’excellentes improvisations jazz. Mais la fanfare n’est pas qu’instrumentale puisque les intermèdes chantés en français et en fon sont légion. Le disque recèle des odes à l’Afrique (« Beautiful Africa »), à la paix (« Salam Alekoum »), à l’amour (« Rakia ») ou tout simplement à l’éducation (« Sida »). Un disque furieusement vivant partagé en douze morceaux de grande qualité, trempés dans la chaleur humaine et reflétant un optimisme jamais béat. Vivement conseillé !

Veence Hanao

Saint-Idesbald

Écrit par

Veence Hanao est loin d’être un illustre inconnu. Enfin, si vous vous intéressez au hip hop bruxellois. Mais pour les néophytes, une courte présentation s’impose. En fait, ce jeune emcee/beatmaker hyperactif multiplie les expérimentations novatrices depuis quelques années. Que ce soit Festen (dans une veine proche de TTC) ou encore Autumn, les projets réalisés par Veence Hanao (en compagnie de ses compères Noza et Teme Tan) volent bien au-dessus de la mêlée. Ils ont d’ailleurs toujours téléchargeables gratuitement sur le net…

« St-Idesbald » constitue le premier disque commercialisé de Veence Hanao, une œuvre intimiste réalisée en quatre mois dans une maison de la côte belge, loin des distractions de la capitale. Pour l’occasion il s’est privé des excellents beats de son complice Noza et a composé toute les musiques du disque. « St-Idesbald » est un disque hivernal et enfumé. Les thématiques y sont surtout personnelles (rupture, remises en question). Les musiques croisent souvent des vieux samples de jazz calés sur des beats électro acides et un traitement audacieux des voix. Veence Hanao sabote allègrement les formats classiques et cherche surtout à se faire plaisir. Tout n’est certainement pas réussi, mais quelques titres sont tout bonnement excellents. On citera le mélancolique « Manège », l’interlude « Solitude », la tension de « Il(s) », l’acide « Ils écoutent du rap » ou encore ce « Force et Honneur » en forme de manifeste. Du bon boulot fait en toute sincérité et sans calcul, par un artiste qu’il faut tenir à l’œil !